Les bénéfices du Prado Carénage s’envolent

Les feux sont au vert pour la Société marseillaise du tunnel Prado – Carénage. Selon les premiers résultats publiés ce mardi en fin de soirée, à l’issue de son conseil d’administration, l’exploitant du péage urbain le plus cher de France a vu son résultat net s’envoler de 11,4% en 2025, pour un bénéfice s’élevait à quelque 10,5 millions d’euros.

Le « premier ouvrage urbain, en France, de circulation routière à péage », comme le rappelle en préambule la société, a pourtant vu le nombre de véhicules passer sous ses barrières diminuer de 0,8%, « notamment en raison de l’effet calendaire dû à l’année bissextile ». Au total, quelque 14,3 millions de voitures ont emprunté les tunnels en 2025, soit 110 000 véhicules de moins que l’année précédente.

Mais la société a pu bénéficier « de l’augmentation tarifaire appliquée en janvier 2025 », rappelle-t-elle dans son communiqué de presse, une hausse de 10 centimes sur chaque passage consécutive à celle déjà imposée l’année précédente. Son chiffre d’affaires a ainsi augmenté de 3,7% en 2025, pour s’élever à 39,5 millions d’euros. La société, détenue aux deux tiers par Eiffage et Vinci, a aussi pu réduire ses réserves financières pour répondre à ses obligations de maintien en bon état du domaine concédé par la Métropole Aix-Marseille et, surtout, a pu se désendetter massivement (-6 millions d’euros) et profiter de taux d’intérêt plus faibles pour améliorer son résultat net.

« Pseudo-racket »

Déjà, en 2024, son chiffre d’affaires avait augmenté de 2,6%, entre croissance du trafic automobile et augmentations de 10 centimes des tarifs appliqués. Ce qui n’avait pas suffi à compenser une baisse du résultat d’exploitation face aux investissements menés pour ouvrir la bretelle Schloesing, contrepartie à la prolongation de la très lucrative concession par la Métropole Aix-Marseille. Cela n’avait pas empêché ses actionnaires d’approuver l’augmentation de leurs dividendes, au mois de mai, pour atteindre 12,8 millions d’euros. De quoi susciter un tollé : la publication un mois plus tôt d’un rapport de la chambre régionale des comptes avait déjà soulevé une polémique face aux bénéfices retirés par Eiffage et Vinci et le thème s’était imposé dans la campagne des municipales. « Aujourd’hui, c’est du pseudo-vol, du pseudo-racket », lançait le candidat (DVG) Benoît Payan, au moment de présenter son programme (notre édition du 18/02). « Je n’ai pas envie que les Marseillais soient les vaches à lait de ces actionnaires ! », insistait-il. Désormais réélu dans son siège de maire, il va avoir à négocier pour tenir la promesse du « passage à 1 euro avec abonnement » auprès de la Société marseillaise du tunnel Prado-Carénage. Pendant que le flux de véhicules ne se tarit pas, en augmentation encore de 0,5% au mois de janvier.

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