L’étude réalisée par l’Insee sur les écarts de salaires entre les femmes et les hommes dans le secteur privé, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, confirme la présence du plafond de verre pour les femmes. Réalisée à partir de données de 2024, l’étude, présentée ce jeudi en partenariat avec le préfet de région, met en lumière des inégalités toujours marquées, malgré une légère amélioration ces dernières années.
Entre 2018 et 2024, l’écart de salaire a diminué de 3,5 points. En moyenne, les femmes continuent de percevoir des revenus inférieurs à ceux des hommes dans la région. Même à temps de travail équivalent, l’écart reste significatif, preuve que les inégalités ne s’expliquent pas uniquement par la durée de travail. « Ces différences s’expliquent en partie par la place occupée par les femmes dans le monde professionnel. Moins présentes dans les postes les plus rémunérateurs, elles restent sous-représentées dans les plus hauts niveaux de salaire, ce qui contribue directement à creuser les écarts », détaille l’Insee.
Tous les départements ne sont pas logés à la même enseigne. Les écarts sont particulièrement marqués dans certains territoires, atteignant plus de 15% dans les Bouches-du-Rhône et les Alpes-Maritimes, contre 6,1% dans les Hautes-Alpes. « Ces différences s’expliquent notamment par la structure des emplois et la concentration de métiers plus rémunérateurs », ajoute l’Institut.
Les femmes restent moins bien rémunérées dans presque toutes les catégories socioprofessionnelles. L’écart est particulièrement marqué chez les cadres (-14,9%) et les ouvriers (-14,7%), tandis qu’il est beaucoup plus limité chez les employés (-2,5%).
Les inégalités s’accentuent au fil de la carrière. Chez les jeunes de moins de 30 ans, l’écart est relativement faible : les femmes gagnent environ 5% de moins que les hommes, et ce dans presque toutes les catégories. Seule exception chez les employés, où l’écart tombe à seulement -1,1%, toujours chez les moins de 30 ans.
Avec l’âge, l’écart se creuse fortement. Entre 30 et 49 ans, puis à partir de 50 ans, les femmes se retrouvent de plus en plus loin derrière les hommes en termes de salaire. « Cela montre des trajectoires professionnelles différentes entre femmes et hommes. » Face à ce constat, la préfecture insiste sur la nécessité d’agir : « L’importance est de porter des politiques publiques ambitieuses pour faire face à ces données. » Avec l’objectif de réduire durablement les inégalités salariales.
20,2%
C’est l’écart moyen de salaires entre les femmes et les hommes dans le secteur privé, en Paca. Cet écart prend en compte toutes les situations, notamment les temps partiels, situation de travail assez fréquente chez les femmes dans la région. Il donne ainsi une vision globale des inégalités salariales.
13,8%
À temps de travail égal, l’écart existe toujours : les femmes gagnent encore moins que les hommes. Cet écart de 13,8% exclut les différences liées au temps partiel et permet de comparer des situations similaires. Il met en évidence des écarts de rémunération qui subsistent entre les salariés hommes et femmes.
21%
Les femmes ne représentent que 21% des 1% des salariés les mieux payés. Elles sont donc très minoritaires parmi les postes les plus rémunérateurs. Elles sont également sous-représentées parmi les 10% les mieux rémunérés, où elles constituent 29% des effectifs. Les femmes représentent 43% des salariés du privé.

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