La France est un pays de bas salaires », dénonçait déjà la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet au mois de novembre 2025. Dans sa dernière publication, consacrée à l’évolution des salaires dans le secteur privé, publiée le 22 octobre dernier, l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) alertait de son côté : « En 2025, les salariés les mieux rémunérés en équivalent temps plein ont bénéficié de hausses de salaires plus élevées que ceux aux rémunérations les plus faibles ».
Ainsi lorsque le pouvoir d’achat des Français gagnant moins de 1 519 euros net mensuels en équivalent temps plein avait augmenté de 1% par rapport à 2024, ceux qui gagnaient plus de 4 441 euros voyaient une hausse de leur niveau de vie de 1,6% en un an, et même de +2,2% pour ceux qui gagnaient 10 552 euros. Ce sont les professions intermédiaires qui connaissent la plus faible évolution de leur rémunération brute (+1,1%) suivies des employés (+1,2%) et des cadres (+1,2%). « Ces évolutions tranchent avec celles observées en 2024, où les hausses de pouvoir d’achat des salaires étaient plus homogènes », pointe l’étude. Surtout, elles inversent la tendance des deux années précédentes marquées par des baisses de pouvoir d’achat qui ont touché notamment les cadres, tandis que les augmentations successives du Smic compensaient en partie une hausse des prix qui frappe en premier lieu les classes populaires. Après « plusieurs années de resserrement », les inégalités augmentent de nouveau, même si elles restent encore moins marquées que lors de la période précédent le Covid selon l’Insee. Mais alors que le pouvoir d’achat repart à la hausse, « la progression demeure toutefois limitée au regard des évolutions sur longue période », explique l’institut statistique. Tandis qu’entre 1996 et 2019 le pouvoir d’achat du salaire net augmentait en moyenne de 0,6% par an, il n’a augmenté que de 0,2% par an depuis 2019.
Dans la région en 2023, selon une étude de l’Insee publiée au mois de septembre 2025, la moitié des salariés gagnaient moins de 2 118 euros nets en équivalent temps plein. Au total, une personne sur dix perçoit un salaire net inférieur à 1 500 euros nets par mois, et même 4% gagnaient même moins que le Smic, en raison des minima de branche trop faibles (lire par ailleurs). Si les deux tiers des salaires sont compris entre 1 et 2 Smic, seuls 2% des salaires atteignent au mois cinq fois le Smic, soit 6 915 euros. Mais comme dans le reste du pays, la même stagnation des revenus est observée. Par rapport à l’année précédente, le salaire net moyen pour les personnes restées dans la même structure n’avait augmenté que de 0,3%, contre 0,7% au niveau national.
Une autre étude, publiée le 6 octobre dernier, s’intéresse de son côté à l’évolution du niveau de vie à Marseille, entre 2013 et 2021. Elle révèle que si le niveau de vie a globalement augmenté dans la ville, qui reste la plus pauvre des cinq premières métropoles françaises, c’est dans les quartiers les plus modestes que cette hausse reste la plus faible (+6,2%, soit +760 euros par an en moyenne) et dans les quartiers les plus aisés qu’elle est la plus forte (+8,5%, soit +2 340 euros).




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