La lutte contre le narcotrafic, qui a marqué le Vaucluse en 2025 avec plusieurs fusillades mortelles notamment à Avignon, restera en 2026, comme en 2025, « la priorité numéro 1 », assure le préfet Thierry Suquet, lors d’une conférence de presse pour faire le bilan de l’activité des services de sécurité publique au cours de l’exercice.
Entouré des représentants des forces de police, de gendarmerie et des parquets d’Avignon et de Carpentras, le préfet chiffre cette lutte sur 2025 et entend la poursuivre. La préfecture affirme que 11 points de deal ont été fermés en un an. Il en resterait 19 sur le territoire, contre 30 en 2024 et 66 en 2022. Mais aussi 364 armes saisies, soit 11,7 % de plus qu’en 2024. Dans le même temps, 4 653 infractions à la législation sur les stupéfiants ont été constatées en zone police et gendarmerie. Une progression liée notamment à la loi contre le narcotrafic de juin 2025. Celle-ci a notamment permis 4 fermetures administratives de commerces dont le lien avec des activités illégales avait été constaté. « Quand c’est lié à la délinquance, ces fermetures sont très importantes car cela permet de taper dans le porte-monnaie. Les saisies, cela fait parfois plus mal aux délinquants que d’aller en prison », glisse le colonel de gendarmerie William Mialon.
Du côté de la procureure d’Avignon, Stéphanie Aouine, qui affirme que le Vaucluse « s’est approprié très rapidement les nouveaux dispositifs », on se réjouit également d’une collaboration plus poussée entre les services dans ce combat. « C’est une stratégie qui paye. Il n’y a pas un jour où on ne travaille pas un dossier en lien avec le narcotrafic. Il faut être cohérent et coordonné sur ce sujet », ajoute-t-elle. « Les trafics et la délinquance s’adaptent. Ces dossiers nécessitent plus de technicité », ajoute Hélène Mourges, procureure de Carpentras, qui assure que sa juridiction a deux fois plus de dossiers liés au trafic de stupéfiants que d’autres de taille similaire. D’autant que le nombre de tentatives d’homicide a également augmenté de 28 % avec 45 faits en 2025. Et que « bon nombre de ces faits ont un lien, direct ou indirect, avec des réseaux criminels impliqués dans le narcotrafic », assure la préfecture.
« Les stupéfiants, et les addictions en général, y compris à l’alcool, sont aussi présents dans énormément de dossiers de violences par exemple, notamment intrafamiliales », poursuit Hélène Mourges.
La lutte contre les violences intrafamiliales est d’ailleurs pointée comme la deuxième priorité des forces de sécurité. Car celles-ci ont nettement augmenté sur le département avec une hausse de 32,5 % des interventions de la police et de la gendarmerie, avec 1 946 actes. Mais surtout quatre homicides en contexte familial.
Mais aussi la lutte contre les violences faites aux femmes, dans un territoire qui a été le théâtre du procès des viols de Mazan. En 2025, il y a eu 3 842 plaintes de femmes majeures enregistrées, soit une augmentation de 7,2%. Et souligne qu’en 2025, il y a eu moitié plus de peines d’emprisonnement dans des affaires liées à ces violences. Tout en restant vigilants sur d’autres facteurs comme la sécurité routière ou encore les atteintes aux biens.

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