Jouer l’amour et le sexe de façon sûre au Théâtre Joliette

Je rends le sexe réaliste. Pas réel. Tout est chorégraphié », résume dans sa note d’intention Ben Kidd. Sur un texte écrit par Emilie Pine, et avec son alter ego de la compagnie Dead Centre, Bush Moukarzel, qui en assure la dramaturgie, il met en scène Good sex. Le point de départ de cette création originale qui prend ses quartiers du mardi 24 au vendredi 27 mars au Théâtre Joliette, dans le cadre de la programmation hors les murs du Gymnase : « Deux comédiens et comédiennes qui ne se connaissent pas, reliés par une oreillette à un souffleur qui leur dicte leur texte, jouent une histoire d’amour. » En cette époque où les cas de harcèlement et d’agressions sur les femmes se multiplient aussi sur les planches comme sur les tournages, ce collectif irlandais manie à la fois humour, tendresse et bienveillance.

Coordinatrice d’intimité

Chaque soir, en plus des comédiens Emilie Maquest, Nicolas Payet et Josépha Sini, « deux nouveaux interprètes racontent une histoire de désir, de trahison et de solitude. Ils n’ont jamais répété ensemble, ni même lu le scénario. Ils ne savent presque rien et sont étrangers », écrit encore Ben Kidd, au sujet de ces deux acteurs d’un soir qui n’auront pour répétition, quelques heures auparavant, qu’un « atelier avec une coordinatrice d’intimité qui encadre les scènes de sexe simulées, entièrement chorégraphiées pour donner l’illusion, au public ». Dans Good sex, les interprètes « s’embrassent, se touchent avec un désir auquel nous devons croire. Comment faire pour que des gestes naturels dans la vraie vie se répètent sur scène avec la même aisance ? ». Tel est, selon les mentions du programme, la mission dévolue au Dead Centre. Avec un rôle pivot occupé par cette coordinatrice d’intimité qui va « les aider et les guider ». Un métier répandu dans le monde anglosaxon, et beaucoup moins en France, qui devient encore plus nécessaire à l’ère post #Metoo. Good sex illustre ainsi à quel point le sexe simulé à la scène comme à l’écran, « n’est pas toujours une partie de plaisir ».

Mardi 24, jeudi 26 et vendredi 27 mars à 20h et mercredi 25 mars à 19h. Entre 10 et 24 euros. www.lestheatres.net

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