Delogu appelle Payanà un « front antifasciste »

Il est 21h35 lorsque Sébastien Delogu pénètre l’Afriki Djigui Theatri, quartier général de la liste qu’il mène, « Marseille fière et populaire ». « Oh, vous êtes silencieux ou quoi ? », s’étonne-t-il devant de nombreux militants, avant que ces derniers n’embrayent par des applaudissements et n’entonnent Siamo tutti antifascisti. Dans ces locaux situés dans le quartier de Belsunce, rue du Baignoir, la douche paraît presque écossaise. Si le candidat LFI peut se targuer d’environ 12% à l’heure où nous écrivons ces lignes, « un résultat considérable pour une première participation à ce scrutin sur l’ensemble de la ville », il déplore qu’« un trop grand nombre de Marseillaises et Marseillais ne se soient pas rendus aux urnes ». Mais, ajoute-t-il, « fidèles à nos habitudes, nous continuerons à lutter pour une participation électorale la plus large possible ».

« Nous sommes prêts

à nous réunir »

Alors que le roquet du RN Franck Allisio réalise un score considérable, juste derrière Benoît Payan, et fait plus que jamais planer son ombre sur Marseille, Sébastien Delogu l’affirme : « On ne laissera jamais passer l’extrême droite dans cette ville. C’est pourquoi nous appelons dès ce soir à la constitution d’un front antifasciste pour empêcher le RN de conquérir Marseille. Nous tendons la main à l’ensemble des composantes du Printemps Marseillais et leur candidat, Benoît Payan, pour construire ce front. Nous sommes prêts à nous réunir et à travailler les conditions nécessaires d’une victoire. L’heure est à la responsabilité. Les Marseillais nous ont qualifiés au second tour. Nous y serons d’une manière ou d’une autre avec la ferme intention de battre le RN ».

Face au péril Allisio, l’heure est grave et appelle les deux candidats de gauche à s’entendre, leur programme n’étant finalement séparé que par quelques mesures dignes d’un papier à cigarettes. Mais depuis plusieurs mois, les invectives, de part d’autres, n’ont pas cessé par réseaux et médias interposés, LFI ayant fait campagne sur le ton du « tous pourris » et le Printemps marseillais ayant rétorqué par la diabolisation de son adversaire. Alors, un rassemblement, mais sous quelles conditions ? « Nous appelons déjà à une rencontre avec Benoît Payan et les conditions seront exposées à leurs têtes de listes. On l’appelle à une rencontre la plus rapide possible », esquive à moitié Sébastien Delogu. « La chose la plus importante, c’est de savoir si aujourd’hui, oui ou non, Benoît Payan veut faire tomber la ville dans les mains des fascistes », met-il la pression sur son adversaire qu’il espère rallier. Quelles que soient leurs stratégies, aucun humaniste ne pardonnerait au candidat de la France insoumise ainsi qu’à celui du Printemps marseillais de jouer avec le feu d’une souillure RN sur la ville.

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