À la question de savoir si la loi devrait imposer la parité des maires en France, Marie-Pierre Pons, maire sortante de Cessenon-sur-Orb, concède : « Intellectuellement, on ne devrait pas en avoir besoin, mais c’est évident que la loi sur la parité des listes a donné un coup d’accélérateur et nous avons gagné beaucoup de temps. »
La maire sortante considère pourtant que rien ne l’empêchait « a priori » d’accéder à la tête de sa commune, si ce n’est ses propres « barrières mentales » : « J’ai mis du temps avant de me sentir légitime, ce qui, je pense, est profondément féminin malheureusement. J’ai toujours peur de ne pas me sentir à la hauteur. »
Marie-Pierre Pons est également conseillère départementale du canton de Saint-Pons-de-Thomières. « Il y a 16 femmes maires dans le canton et nous parlons beaucoup ensemble, raconte-t-elle. Elles disent toutes qu’être une femme maire peut parfois être difficile, parce que la place ne nous est pas laissée facilement : il faut s’imposer. Nous devons constamment prouver que nous sommes compétentes, alors que certains hommes sont considérés comme compétents “a priori“. D’ailleurs, les autres femmes maires que je connais sont toutes des bosseuses, parce que pour nous, il faut aller chercher cette légitimité. » L’édile se rappelle avec humour s’être retrouvée dans des situations où des personnes s’adressaient plus volontiers à son adjoint qu’à elle, parce qu’il était un homme.
Elle conclut : « Je ne peux qu’encourager les femmes à se lancer dans cette belle aventure, parce que c’est très enrichissant. Cependant, cela représente quand même une charge mentale importante, qui peut être dure à concilier avec la vie privée : dans mon canton, la plupart des maires ont une cinquantaine d’années ou sont retraitées. »

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