Tag: maires

  • Les Communes forestières affûtent leur stratégie face au risque incendie

    Les Communes forestières affûtent leur stratégie face au risque incendie

    Après les élections municipales, il est temps pour les communes de renouveler leurs représentants au sein de l’association des Communes forestières du département. Interlocuteur privilégié des collectivités sur les questions forestières, cette structure accompagne les élus dans plusieurs projets : gestion des massifs, prévention des risques d’incendie, valorisation du patrimoine forestier…

    Dans un département particulièrement exposé aux feux de forêt, elle joue également un rôle de relais entre les communes, l’État et les différents acteurs de la filière forêt-bois. « Nous sommes le second réseau d’élus après l’Association des maires de France », rappelle Jérôme Bonnet, directeur général.

    Ce lundi 15 juin, le réseau tient justement son assemblée générale. à cette occasion, l’ensemble des maires et des élus communaux se retrouvent à Pélissanne. Premier enjeu de cette rencontre et « caractère particulier » de celle-ci : renouveler les instances qui siègent au sein de l’association. Le président actuel, le maire de Saint-Antonin-sur-Bayon, Christian Delavet, devrait être candidat à sa réélection. « Les Communes forestières sont une force pour les politiques : elles représentent les maires sur l’ensemble des prérogatives forestières », rappelle Jérôme Bonnet.

    Autre enjeu, à l’approche d’une période à haut risque d’incendies : les obligations légales de débroussaillement (OLD), un levier organisationnel essentiel dans la prévention. « L’association est un outil d’accompagnement dans le quotidien des maires », rappelle Jérôme Bonnet. Le réseau d’élus, rappelle le directeur général, permet ainsi de mieux répondre aux défis des maires : renouvellement des forêts et adaptation au changement climatique, prévention des incendies notamment en matière d’aménagement du territoire et mise en œuvre des obligations légales de débroussaillement, jugées « complexes » par de nombreux élus, selon Jérôme Bonnet.

    L’an dernier, le réseau comptait 68 collectivités adhérentes, soit 55% des communes du département, représentant 78% de la forêt communale. Autre motif de satisfaction : son action sur les obligations légales de débroussaillement, avec 261 élus et agents sensibilisés au cours de l’année.

  • Y aura-t-il des accords à gauche dans l’Hérault ?

    Y aura-t-il des accords à gauche dans l’Hérault ?

    La gauche héraultaise conservera-t-elle ses 3 sièges de sénateurs au Palais du Luxembourg le 27 septembre ? Bien malin qui peut le dire. Car le corps électoral a profondément été modifié avec les municipales et la division guette les uns et les autres.

    Si les jeux sont ouverts, c’est d’abord parce que deux des trois sénateurs de gauche sortants ne se représentent pas dans l’Hérault. Il s’agit des deux élus du PRG qui siègent dans le groupe RDSE. À savoir : le viticulteur Henri Cabanel et le maire de Péret, Christian Bilhac. Le premier, qui a échoué à réformer en profondeur le statut des parlementaires et leurs privilèges, estime avoir fait le tour de la politique. Le second, plus âgé, a envie de « prendre du temps » pour lui. Mais Christian Bilhac ne restera pas spectateur. Il soutiendra Florence Brutus. Déjà numéro 2 sur sa liste en 2020, la conseillère régionale des hauts cantons de l’Hérault a l’investiture du PRG. La conseillère municipale du village de Causses-et-Veyran se dit prête à ouvrir sa liste à « toute personne à gauche en capacité de rassembler, hors LFI ». « Je suis pour une liste d’union. Notre intérêt est d’ouvrir la liste au-delà du PRG. On discute avec nos partenaires. »

    Parmi eux pourraient figurer les communistes, dont la stratégie dans l’Hérault n’a pas encore été arrêtée. Discussions possibles aussi avec le partenaire historique du PS. De ce côté-là, le sénateur sortant Hussein Bourgi a annoncé sa candidature. Qui sera sur sa liste ? Dans le lanterneau, il se murmure que Julie Frêche pourrait être en seconde position, la seule des six a priori éligible. Contactée, la vice-présidente de la Métropole de Montpellier n’a ni confirmé ni infirmé. « Je ne souhaite pas encore m’exprimer sur ce sujet. »

    Il semblerait que rien ne soit facile en raison des équilibres à préserver entre l’urbain et la ruralité mais aussi avec les partenaires potentiels dont le PCF ou peut-être les Écologistes… Le 31 mai, ces derniers ont choisi leurs 6 noms d’une liste que pourrait mener l’élue municipale d’opposition à Pézenas, Agnès Gizard. Troisième sur la liste écolo, la Lunelloise Lise Florès, favorable à l’union de la gauche, se dit ouverte à des accords. À une condition : « Ne pas être des supplétifs et faire entendre de vraies propositions écologistes en réponse aux problèmes du quotidien dans les zones périurbaines et rurales. »

    Règlements de comptes ?

    Ça bouge aussi du côté du Département de l’Hérault. Le 30 mai, Audrey Imbert (sans étiquette) a officialisé sa candidature hors des formations politiques. « Doit-on laisser ces élections sénatoriales aux seuls partis politiques quand on constate aujourd’hui leur état ? », questionne l’élue du canton de Mèze, qui estime connaître son territoire en tant que conchylicultrice.

    Elle trouvera sur sa route Aurélien Manenc. Depuis le 1er juin, le maire sans étiquette de Lunas-les-Châteaux dit vouloir incarner la candidature des territoires et de la ruralité. En tant qu’édile et pompier au Sdis, il pense « être le mieux placé pour mesurer ce que vivent mes collègues maires avec la fuite des services publics, la fermeture des écoles, les problèmes de mobilité ». Sa « vision complémentaire aux candidats urbains » concurrence directement Hussein Bourgi, dont il était le numéro 3 en 2020… « Ce n’est pas un règlement de comptes, il y avait aussi des listes PRG à l’époque », répond
    A. Manenc. Reste qu’il est soutenu par le président héraultais Kléber Mesquida (DVG). Lequel, depuis son départ du PS, semble en froid avec Carole Delga à la Région et Michaël Delafosse à Montpellier…

    Enfin, LFI montera aussi une liste sur un « programme de rupture ». Elle sera soit avec des amis de la Nupes, soit Insoumise pur jus. « Au plan national, on discute avec le PCF et les Verts », glisse le co-référent héraultais Sylvain Carrière. Le député sait qu’arracher un siège serait un exploit mais pour LFI l’essentiel est ailleurs : continuer à s’implanter et préparer la course aux parrainages pour Jean-Luc Mélenchon.

    Autant de stratégies dissonantes qui pourraient jouer des tours à la gauche le 27 septembre ? Pas forcément, même si des accords sont préférables. En 2020, 14 listes dont 6 de gauche étaient en lice dans l’Hérault et la gauche avait obtenu trois sièges sur quatre.

  • [Sénatoriales] Julien Audemard : « Un corps électoral politisé avec un vote stratégique »

    [Sénatoriales] Julien Audemard : « Un corps électoral politisé avec un vote stratégique »

    La Marseillaise : Le rôle du Sénat est méconnu. À quoi sert-il ?

    Julien Audemard : C’est une chambre parlementaire, une chambre haute qui ne représente pas directement les individus mais les territoires au travers de leurs élus. C’est donc une élection indirecte. Les sénateurs ont un rôle législatif même s’il est moindre et que les députés peuvent avoir le dernier mot. C’est tout de même un contre-pouvoir fort. Les sénateurs ne peuvent pas censurer le gouvernement mais ne peuvent être touchés par une dissolution.

    Comment vont être désignés

    les délégués le 5 juin ?

    J.A. : Le collège électoral qui va élire les sénateurs le 27 septembre est constitué de tous les conseillers régionaux, départementaux, des parlementaires (députés, sénateurs), des élus municipaux (maires, élus municipaux) et leurs délégués élus le 5 juin qui représentent à eux seuls 95% du corps électoral. Dans les communes de moins de 9 000 habitants, les élus municipaux vont élire entre 1 et 15 délégués en fonction de la taille de la commune. Au-delà de 9 000 habitants, tous les conseillers municipaux sont délégués de droit. Et dans les villes de plus de 30 000 habitants, ils vont en plus élire des délégués supplémentaires en dehors du conseil municipal : un par tranche de 800 habitants. Il n’y a pas de restriction, il faut juste être inscrit sur les listes électorales de la commune.

    En quoi les municipales ont-elles modifié le corps électoral ?

    J.A. : Au niveau national, on a eu environ 40% de renouvellement dans les mairies. Dans l’Hérault, les rapports de force restent à peu près stables même si des communes ont basculé, la plupart du temps de la gauche vers la droite ou le centre (Grabels, Juvignac, Villeneuve…). Mais cela ne pèse pas grand-chose à côté de Montpellier. Le RN a pris Agde mais ailleurs l’extrême droite a obtenu peu d’élus. La gauche ne devrait pas s’écrouler mais restons attentifs à l’offre de gauche.

    Justement la multiplication des listes est-elle risquée à gauche ?

    J.A. : Il y a un risque d’émiettement qui va surtout concerner les petits partis. Hussein Bourgi (PS) devrait être réélu. La question se pose pour Florence Brutus (PRG) qui pourrait pâtir de cet éparpillement. Ceci étant, le mode de scrutin est spécifique dans le Gard et l’Hérault : c’est un scrutin de listes proportionnelles avec l’attribution des sièges restants à la plus forte moyenne, ce qui en général est plutôt favorable aux listes qui ont obtenu peu de voix. Il faudra (maximum) 600-650 voix pour obtenir un siège sur environ 2 000 votants dans le Gard, 2 500 dans l’Hérault.

    Dans le Gard, la progression du RN peut-elle lui faire rafler un siège ?

    J.A. : Aux municipales, le RN n’a pas gagné Nîmes mais a confirmé son ancrage dans le Gard. Il a gagné Vauvert et Bagnols-sur-Cèze en conservant Beaucaire. Ils avaient déjà les 6 députés. Ceci étant, je ne pense pas que ce sera suffisant pour avoir un sénateur. Peut-être plus dans le Tarn avec le basculement de Castres, dans le Tarn-et-Garonne (Moissac, Montauban) voire dans l’Aude avec Carcassonne. Mais obtenir le soutien des élus des petites communes ne se fait pas du jour au lendemain. Pour le PCF c’est compliqué parce que, finalement, Denis Bouad (PS) repart [lire page 7]. Et il n’y aura pas que les communistes qui vont essayer de se positionner sur sa liste. L’élection à Nîmes change toutefois la donne : il y a pour le PCF un vrai levier de pression avec le PS. Il risque d’y avoir un arbitrage entre le national et le local.

    Les maires sans étiquette rendent-ils ce scrutin imprévisible ?

    J.A. : Sans tenir compte du contexte, oui sans doute. Ceci dit, les maires soi-disant sans étiquette sont soit dans de petites communes soit proches de forces partisanes donc, en réalité, on connaît leur tendance. Les autres sont très dépendants de leur intercommunalité ou du Département. L’idée d’une fronde de leur part me paraît très hypothétique. Je verrais une relative stabilité dans l’Hérault à une incertitude près. Dans le Gard, à voir à quel point la gauche peut être dispersée et s’il peut avoir des accords locaux entre la droite et des élus RN. Le corps électoral est très politisé avec une forte dimension de vote stratégique.

    Certains parlent de rapports
    de force entre le président du Département Kléber Mesquida,

    le maire de Montpellier, Michaël Delafosse et la présidente de
    la Région Carole Delga…

    J.A. : Les motivations peuvent être multiples mais dans le cas d’Aurélien Manenc (PRG et candidat dans l’Hérault) j’ai du mal à penser que cela n’a pas de lien. Kléber Mesquida [qui n’est plus au PS] a ses propres stratégies. Au-delà des guerres de personnes, il y a eu des précédents aux législatives avec des candidats soutenus [par Carole Delga] contre ceux de la Nupes.

  • Gard : 129 nouveaux maires, un seul rendez-vous

    Gard : 129 nouveaux maires, un seul rendez-vous

    Dans le Gard, les élections municipales ont rebattu les cartes jusque dans les plus petites mairies. Avec 129 nouveaux maires sur 350 communes, des milliers d’adjoints et de conseillers fraîchement élus, le Salon des communes et intercommunalités du Gard arrive à point nommé. Le rendez-vous se tiendra jeudi 4 juin au Parc des expositions, pour une 10e édition qui prend des airs de passage de relais.

    Car derrière les rubans coupés et les stands alignés, c’est bien du quotidien des habitants qu’il sera question : éclairage public, écoles à rénover, réseaux d’eau vieillissants, subventions à décrocher, dossiers administratifs à déminer. En 2025, le salon avait réuni 2 400 participants. Cette année, les organisateurs espèrent faire mieux, avec 145 exposants, dont 80% d’entreprises locales.

    Un espace de ressources

    « Les maires morflent, on a besoin d’être ensemble », résume Joël Roudil, maire de Carnas et élu de l’AMF 30. Dans une période où les communes encaissent les contraintes budgétaires et les injonctions contradictoires, ce salon veut offrir un lieu de respiration, mais surtout d’outillage. Services de l’État, intercommunalités, entreprises, notaires, acteurs de l’énergie ou de l’Europe : tout est pensé pour permettre aux élus de repartir avec des contacts et des réponses.

    La journée s’ouvrira par l’assemblée générale de l’AMF 30, où Philippe Ribot devrait être réélu. Le maire de Saint-Privat-des-Vieux défend une association capable de dépasser les étiquettes politiques : Vincent Bouget, maire communiste de Nîmes, et Christophe Rivenq, maire LR d’Alès, sont ainsi pressentis comme vice-présidents. Une manière de rappeler que, dans les villages comme dans les villes, la défense des communes reste d’abord une affaire de terrain.

  • [Parole de maire] Cathy Venturino-Gabelle : « Un mandat ne suffit pas pour réaliser certains projets »

    [Parole de maire] Cathy Venturino-Gabelle : « Un mandat ne suffit pas pour réaliser certains projets »

    C’est le rendez-vous du lundi deux fois par mois dans La Marseillaise. En interrogeant sans concession les premiers magistrats des communes de Provence, sur les chantiers, leurs décisions, leurs perspectives, La Marseillaise met en lumière la vie des communes, cellule de base de la République.

    La Marseillaise : Vous avez été réélue avec près de 67% des voix. On vous imagine confortée et satisfaite…

    Cathy Venturino-Gabelle : On en est honorés. Et ça nous donne aussi une obligation parce que quand les gens placent cette confiance en vous, vous ne pouvez pas les décevoir. Nous voulons continuer notre chemin et faire encore mieux. On a eu l’épreuve de devoir revoter en 2024 [après la démission de plus de la moitié du conseil municipal, Ndlr], mais on l’a passée.

    Le mandat a été mouvementé, notamment dans les relations avec votre ex-adjoint, François Volpi, qui a quitté la majorité
    en 2023 et avec qui les relations semblent tendues depuis…

    C.V.-G. : En 2020, il est venu me trouver pour intégrer l’équipe. C’est la question des locations des salles pour les associations qui a mis le feu aux poudres. Une délibération de 2015, bien avant notre élection, dit que pour des animations gratuites, les salles sont prêtées gracieusement, mais que si elles sont payantes, les associations s’acquitteront d’une location pour 24 euros le week-end. Il a utilisé ce moyen pour se dissocier de la majorité, qui voudrait selon lui tuer les associations. Je pense qu’il y avait autre chose derrière, car 24 euros, je ne pense pas que ça mette en péril une association. Je n’ai aucun grief contre lui, je regrette juste ses façons de faire. Pour autant, nous sommes ouverts. On a créé des commissions extra-municipales, des comités de quartier, les rendez-vous du maire. On travaille avec toutes les personnes qui le veulent, y compris eux, d’autant qu’ils sont élus. Mais ils sont présents une fois sur trois aux commissions. Quand ensuite vous arrivez en conseil en disant que vous n’avez pas d’informations, c’est un prétexte pour éviter de prendre position ou pour prendre position contre.

    En 2024, lors des élections partielles, vous avez été accusée d’avoir reçu le soutien du député RN Philippe Schreck. Comment avez-vous vécu cela ?

    C.V.-G. : Nous avons une liste qui va de la gauche à la droite, mais on a toujours évité les extrêmes. Je n’ai jamais reçu le soutien du député. Philippe Schreck avait un contentieux personnel avec François Volpi et à chaque fois qu’il est intervenu, c’était pour parler de cela, mais il n’a jamais invité à voter pour nous. J’ai toujours refusé le soutien des extrêmes, j’ai même fait un communiqué pour dire que je refusais que des personnes extérieures viennent se mêler de la campagne. On n’a pas reçu M. Schreck à Barjols, il est venu une fois à mes vœux mais il n’était pas invité. On n’est pas là pour faire de la politique politicienne. Le seul qui en fait, c’est François Volpi. Quand il est arrivé dans notre équipe en 2020, il était attaché parlementaire de Valérie Gomez-Bassac, qui était LR et a été député macroniste, et a pris les décisions avec nous pendant trois ans, alors qu’il ne se revendique que de gauche…

    Parmi vos grands projets,
    il y a celui de la maison de santé
    de Barjols. Où en est-on
     ?

    C.V.-G. : C’est un projet privé dont la commune est facilitatrice en essayant de déverrouiller les freins au niveau des services de l’état (emplacements, PLU, zonage…). L’investissement est conséquent et dépasse les 3 millions d’euros. Le permis est purgé de tout recours. On est dans les dédales administratifs des débuts de chantier, cela prend du temps. Les travaux devraient commencer à l’automne pour 12 à 18 mois.

    Cela fait écho aux paroles
    du président du département
    Jean-Louis Masson, qui s’exprime souvent à propos du poids des normes sur les projets locaux…

    C.V.-G. : Quand j’ai été élue, on me disait qu’un mandat ne suffisait pas pour réaliser certains projets, et j’ai pu le mesurer. Mais je le modère car ma commune bénéficie du programme « Petite Ville de Demain », qui nous offre un contact privilégié avec les services de l’État via un chef de projet dédié, grâce à qui on ne se perd pas dans les méandres des services. Cela facilite le montage des dossiers et nous a permis de réaliser des projets comme celui de la désimperméabilisation et la végétalisation de la place de la Rouguière, ou la rénovation du centre de loisirs, pour un gain énergétique de 93%.

    Mercredi, à la conférence de l’APVF du Var, vous avez pris la parole sur l’articulation entre vie privée et vie publique. En tant que femme maire, les choses sont plus compliquées ?

    C.V.-G. : Oui. Je suis en plus PMR, mais j’en fais plutôt une force. En 2020, un adversaire avait dit qu’on n’allait pas avoir une femme maire et en plus handicapée. Sur le dernier mandat, dans la Communauté de communes Provence Verdon, j’étais la seule femme. Lors de ma première réunion, j’avais posé une question, on m’avait dit qu’on ne me répondrait pas parce que je n’allais pas comprendre. Ce n’est pas facile d’être une femme en politique, malgré la loi sur la parité. Sur ce mandat, nous avons désormais 4 femmes maires sur 15 à Provence Verdon. Le statut de la femme fait qu’il est plus compliqué d’articuler vie publique et vie privée, car dans notre société patriarcale, ce sont les femmes qui s’occupent des enfants et de la vie de famille. J’ai fait le choix d’emmener mes enfants le plus souvent possible avec moi pour être ensemble et qu’ils prennent conscience de la vie en société. Je pense que ça les aguerrit.

    Quels sont vos objectifs
    pour ce mandat
     ?

    C.V.-G. : Poursuivre la transformation et l’adaptation de notre commune, notamment du centre-ville, et continuer à améliorer le quotidien de nos administrés. On a un gros projet sur la réhabilitation des anciennes tanneries. C’est un dossier très complexe. Il y a eu une DUP, et il doit y avoir reconstruction, mais on n’y est pas encore car il y a des dossiers à monter, des études de pollution, de sol… Et on n’a pas eu assez de temps et d’argent entre 2021 et 2026, car même si on arrive à faire financer 80% de nos projets, on doit faire une avance de trésorerie et payer les taxes. Il s’agira de relier ces friches à la place de la Rouguière et au boulevard Grisolle via la rue de la République à travers une zone de rencontre qui donnera une bulle d’oxygène aux commerçants. On veut aussi poursuivre la rénovation énergétique des bâtiments, et de l’église de la Collégiale, qui est classée bâtiment historique. On a encore de beaux et longs projets.

  • L’APVF fait se rencontrer les maires des petites villes du Var

    L’APVF fait se rencontrer les maires des petites villes du Var

    Échanger pour préparer les villes de demain. C’était l’objectif de la première rencontre organisée mercredi à l’hôtel du Département par l’Association des petites villes de France (APVF) – dont font partie 11 communes varoises de 2 500 à 25 000 habitants –, et son représentant départemental, le maire (SE) du Val Jérémy Giuliano. Un lieu symbolique, tel que l’explique ce dernier, « le Département étant le principal financeur des communes ». « Le Département est aussi votre maison », lui a répondu Jean-Louis Masson, le président (LR) du conseil départemental. « Je souscris totalement aux propositions que vous portez pour préserver notre libre administration, rognée au fil de réformes écrasant les élus locaux sous le poids des normes. »

    Une douzaine de communes étaient de la partie, en plus du président de l’Association des maires du Var, l’édile brignolais Didier Brémond, et de Christophe Bouillon, président de l’APVF et de l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT).

    Des témoignages

    de femmes maires

    Deux séquences étaient au programme. La première abordait la question des moyens d’action des collectivités territoriales dans le cadre de la transition écologique. « Elle est en chemin, il faut réfléchir à comment rendre nos villes plus souveraines pour qu’elles soient plus habitables », explique Jérémy Giuliano, qui rappelle que « le climat du Var sera celui de Séville d’ici 2050, avec 2,5 °C de plus, sauf que la végétation et l’habitat n’auront pas eu le temps de s’adapter ». Et dans cette optique, si « les petites villes ont le foncier pour travailler sur la sobriété énergétique », il s’agit de penser à « l’électrification pour compenser les usages thermiques », et donc « à la production d’énergie ». Il a enfin été question, également, de l’augmentation effective des risques environnementaux, comme les incendies et les inondations.

    La deuxième séquence avait quant à elle trait au statut de l’élu local, créé par la loi Agatel du 22 décembre 2025. Une avancée qui doit permettre, pour le maire du Val, de « protéger l’élu, de cadrer les jeunes, les étudiants, ceux qui ont des enfants… Avec des dispositifs pour accompagner l’élu dans sa vie privée, on pourra créer des vocations ». À ce titre, les maires de La Garde et de Barjols, Hélène Arnaud-Bill et Cathy Venturino-Gabelle, se sont exprimées sur la conciliation entre vie publique et vie privée, et offert des témoignages de femmes élues, mères avant d’être maires.

  • Face à des narcotrafiquants puissants, l’État tente de s’organiser

    Face à des narcotrafiquants puissants, l’État tente de s’organiser

    Un électrochoc. C’est ce que souhaitait Amine Kessaci, aujourd’hui adjoint au maire de Marseille, au lendemain de l’assassinat de son frère Mehdi le 13 novembre dernier, dénonçant inlassablement l’emprise d’un narcotrafic de plus en plus puissant et violent. Un meurtre « d’intimidation » qui marquait un « point de bascule » avait analysé à chaud le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez (alors que l’hypothèse d’une erreur sur la cible est plus que probable selon Le Monde de ce 12 mai), ce dernier promettant de se rendre régulièrement à Marseille.

    Depuis, il y a annoncé le 9 avril la reprise en main par la police judiciaire (PJ) des opérations et surtout une meilleure coopération entre les services. Il a aussi lancé un plan « Investigation » pour renforcer les capacités de la PJ pour faire face à l’évolution du crime organisé mais surtout remédier à la crise de la filière après la réforme de la police nationale. D’après une mission d’information menée en 2025 pour en faire le bilan, 82% des fonctionnaires se disaient insatisfaits de leurs conditions de travail et 77% en sous-effectif.

    Concrètement, la préfète de police déléguée n’a de cesse de relayer le message de l’État assurant de sa « mobilisation déterminée contre le narcotrafic, avec un recours rapide et ferme à tous les leviers disponibles », au fil des annonces de saisies de cannabis ou de cocaïne.

    Des policiers mobilisés

    Fin avril, elle affichait un bilan positif de « +18% de mise en cause au premier trimestre 2026 » soit un total de 1 044 personnes. Outre l’enquête, la doctrine, c’est aussi de s’attaquer aux petites mains avec les interdictions administratives de paraître, le cap des 200 ayant été franchi fin avril dans les Bouches-du-Rhône, sans oublier les consommateurs avec 8% d’augmentation des amendes forfaitaires délictuelles pour stupéfiants au premier trimestre 2026.

    Les maires tentent aussi d’agir. Une fiche pratique élaborée par la gendarmerie nationale, avec l’Association des maires de France (AMF), a été publiée cette semaine sur la plateforme Gend’élus évoquant notamment la prévention.

    Reste que la tâche est immense. Dans son rapport rendu le 10 avril sur l’état de la menace, le Sirasco (Service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée) pointe un « niveau de violence sans précédent », des « profits criminels [qui] s’accroissent », et des réseaux qui « ont su mettre à leur profit toutes les avancées technologiques » indiquait sa cheffe, Annabelle Vandendriessche.

    De la technocratie pour la CGT

    Réagissant à l’annonce du plan « Investigation » et de ses 125 mesures, la CGT Intérieur estime que le gouvernement « empile les mesures techniques sans jamais affronter la réalité : la police judiciaire traverse une crise structurelle ». Le syndicat rappelle « le manque d’effectifs, l’absence de reconnaissance des enquêteurs et une organisation déjà fragilisée » et appelle à « un changement de cap ». Le syndicat propose de revaloriser le métier, de « garantir des effectifs » ou encore de « maintenir un lien fort avec l’autorité judiciaire ».

  • L’association des maires passe le message au préfet

    L’association des maires passe le message au préfet

    L’amphithéâtre des archives départementales, à Marseille, n’a pas fait le plein, jeudi, à l’occasion de l’assemblée des maires des Bouches-du-Rhône. Un rendez-vous annuel organisé dans un contexte post-municipales et l’élection de 33 nouveaux maires dans le département. Plusieurs d’entre eux, dont Jean-Pierre Squillari (DVG) élu à Aubagne, avaient répondu à l’invitation.

    Au total, 65 étaient présents ou représentés sur les 93 adhérents de l’association d’un territoire comptant 119 communes. Parmi les absents figuraient Benoît Payan, maire (DVG) de Marseille – représenté par Pierre Huguet (G.S), son adjoint aux relations institutionnelles et 1er vice-président de la Métropole – ainsi que Nicolas Isnard, nouveau président de l’EPCI. En déplacement, il avait donné pouvoir à Georges Cristiani.

    À la tribune, le président de l’association des maires s’est chargé de faire passer les messages. Saluant le soutien de Martine Vassal, présidente (DVD) du Département – « un partenaire privilégié » -, et celui du président de Région (Renaissance), Renaud Muselier, sur lequel il sait pouvoir compter « pour défendre des citadelles municipales », Georges Cristiani s’est montré plus rude envers l’État, qui a retiré 5 milliards aux collectivités, et le Gouvernement qui, citant Beaumarchais, « a l’art de plumer la poule sans la faire crier ».

    Assis à ses côtés, le préfet Jacques Witkowski s’est aussi vu rappeler le bref passage de son prédécesseur, parti rejoindre le cabinet du président de la République. « Il ne nous a pas laissé un souvenir attendri (…), c’est le seul préfet que je connaisse qui a réussi à nous abîmer », glisse le représentant des maires, « avec vous, qui êtes un homme d’action, je sais que nous aurons des gestes, des actes et pas seulement des mots ».

    « Prenons garde »

    Le premier attendu est la formalisation du budget de la Métropole que les maires ont refusé de voter, le 28 avril, sur fond de déficit de 123 millions d’euros imputé aux ponctions de l’État sur les deux dernières années. Les élus redoutent notamment une intervention de la chambre régionale des comptes (CRC) sur les Attributions de compensation, l’un des leviers susceptibles d’être actionnés, au même titre que la fiscalité des ménages (taxe foncière) ou celle des entreprises (versement mobilité). « Les lois de finance rectificatives sont encore plus sournoises, prenons garde à nos attributions de compensations », glisse Georges Cristiani après avoir enjoint le préfet à faire passer le message.

    Avant cela, Martine Vassal avait rappelé l’effort financier du Département – 920 millions reversés aux communes entre 2018 et 2023 -, insistant sur la nécessité d’un « partenariat » et d’un « dialogue républicain » avec l’État. Renaud Muselier, lui, n’a pas caché son inquiétude : « Monsieur le préfet, nous sommes tous rabotés de façon régulière et systématique. À un moment, on est à l’os et on ne peut pas se laisser faire. On vous tend la main, on est avec vous. »

    à l’amorce d’une mandature « particulière » avec les élections nationales à venir et la fin « de la mondialisation bienveillante », le préfet assure que « la commune est l’élément clé », puis glisse quelques « messages de service » sur l’organisation des élections sénatoriales, la sécurité, l’effondrement démographique et son lot de fermetures d’écoles, « l’âme d’une commune ». Et de les prévenir ensuite que les lettres d’objectif triennal de la loi SRU ont été signées et envoyées. Assis au premier rang, le sénateur d’extrême droite, Stéphane Ravier, ricane. En 2026, les municipalités ne respectant pas l’obligation de 25% de logements sociaux vont payer 15,6 millions d’amendes…

    Le préfet assume son « rôle de contrôle des décisions des maires »

    « Les maires sont des chevilles ouvrières sans lesquelles le pays ne fonctionnerait pas comme il le fait. » À l’assemblée des maires des Bouches-du-Rhône, le préfet, Jacques Witkowski, était attendu sur le budget de la Métropole pour lequel il a saisi, lundi, la CRC. Interrogé, il s’est fait discret à la sortie : « Tout le monde exprime dans ces moments des préoccupations et soucis. Les maires sont confrontés à des politiques parfois complexes parce que l’intérêt individuel peut se heurter à l’intérêt collectif. Il est très important d’entendre ce que les maires ont à dire, mais aussi rappeler que l’État est d’abord un État partenaire, d’accompagnement, mais j’ai aussi un rôle de contrôle des décisions des maires, il faut l’assumer. »

  • [Entretien] Renaud Calvat : « On a l’un des taux les plus bas de France »

    [Entretien] Renaud Calvat : « On a l’un des taux les plus bas de France »

    La Marseillaise : Cette hausse de la taxe foncière était-elle inévitable ?

    Renaud Calvat : Oui. Le débat qu’on peut avoir, c’est quel niveau de taxe foncière. La Métropole a été créée en 2015 en recevant des dépenses dynamiques des communes et des recettes statiques. Cela peut marcher un an, quatre ans… mais au bout d’un moment le différentiel est énorme. C’est une erreur originelle liée à la loi Mapam. Des compétences ont été transférées : l’urbanisme, la voirie… et un calcul a été fait à l’époque pour savoir ce que chaque commune dépensait. Sauf que cela n’a pas été harmonisé. Certaines mairies mettaient beaucoup d’argent pour désherber, d’autres préféraient les MJC, le soutien scolaire… Depuis, il y a eu de l’inflation mais aussi de nouvelles routes, des lotissements, des arbres plantés à entretenir… Tout cela se fait avec la même somme d’argent qu’en 2015. À cela s’ajoute l’argent que nous prend l’État : 12 millions d’euros au titre de la contribution aux retraites des fonctionnaires par exemple.

    Des maires de droite en ont conclu qu’alors, il ne fallait pas faire la gratuité des transports…

    R.C. : Je suis en total désaccord, cela ne changerait rien. Que les gens payent le service en achetant un ticket ou un impôt, c’est toujours le citoyen qui paye. Le seul moyen de ne pas avoir de dépense, c’est de la réduire. Tout le monde trouve normal de payer un ticket de tramway mais le coût de gestion de la route est aussi important et c’est l’impôt qui finance. Si vous voulez moins de recettes (pas de hausse fiscale), il faut moins de dépenses. Or, tous les maires nous demandent plus de services publics.

    Pourquoi n’avoir choisi que la taxe foncière (payée par les propriétaires) et pas les entreprises ?

    R.C. : Sur la Contribution foncière des entreprises (CFE), on est déjà sur un taux (36,58%) comparable aux autres Métropoles. Sur le versement mobilités, on est au maximum légal. En revanche, le taux de la taxe foncière était historiquement bas, en raison d’un choix politique voulu en 2001 par Georges Frêche lors de la création de l’Agglomération. La recette du foncier bâti c’était à peine 2 millions d’euros pour les ménages contre 300 millions pour les impôts des entreprises. Avec l’ancien taux de 0,167%, pour une taxe foncière de 1 200 euros, seuls 5 euros allaient à la Métropole [le reste à la commune, Ndlr.] ! Les propriétaires payaient entre 2 et 7 euros, avec le nouveau taux (5,8%), ce sera entre 70 et 250 euros par an en fonction du logement (fois 36 !). On a l’un des taux les plus bas de France. Ce sera la seule hausse du mandat et avec l’usine CSR, on vise à terme une baisse de la taxe sur les ordures ménagères (14,62%).

    C’était ça ou réduire les services publics ?

    R.C. : Oui. On a des dizaines de milliers d’habitants qui vont dans les médiathèques, à la piscine… Le coût réel c’est 7 euros de l’heure, pas un habitant ne paye cela. Ce sont des choix politiques. Un piéton pourrait râler en disant qu’il n’a pas besoin de route, ou un contribuable d’école s’il n’a pas d’enfant. Le principe même de l’impôt c’est de mutualiser les coûts pour un meilleur service à un meilleur prix. La vraie question c’est : l’impôt est-il excessif au vu du service en face ?

  • Résister face à la guerre culturelle du RN

    Résister face à la guerre culturelle du RN

    « Nous lancerons un festival apolitique du film et du livre, développerons la feria et ferons revivre nos traditions comme la fête du cochon de dame Carcas. Nous n’avons pas de temps à perdre. » Mardi 5 mai, le nouveau maire RN de Carcassonne (Aude), Christophe Barthès, a présenté « ses projets en matière de culture et d’événementiel » et sa vision très particulière, à l’extrême droite toute.

    Les choix du maire de Carcassonne cochent en effet toutes les cases de la vision ethnocentriste et identitaire, pour ne pas dire fantasmée, de la culture par l’extrême droite. En creux mais le message est limpide, son projet de « festival apolitique du film » est une réponse directe au Festival du film politique organisé chaque année par l’association CinéBastide. Ses membres ont annoncé le 15 avril qu’ils ne demanderaient pas de subventions à la mairie (10 000 euros par an, environ 5 % du budget) et se passeraient du prêt des locaux. Un geste de résistance au cœur de la cité fortifiée (lire page 6). D’ailleurs, les priorités de Christophe Barthès sont ailleurs : « Plus de sécurité, plus de propreté, plus de proximité. »

    Au-delà des coupes budgétaires pour les associations qui ne sont pas à son goût, l’extrême droite impose sa vision de la culture. C’est le cas depuis 2014 à Béziers, dirigé par Robert Ménard, explique Richard Vassakos, historien et auteur de l’ouvrage La Croisade de Robert Ménard : Une bataille culturelle d’extrême droite (éditions Libertalia, 2021). « Sur le fond, [Robert Ménard] a une vision réactionnaire, une sorte de national-catholicisme qui s’inscrit dans la longue tradition de l’extrême droite depuis Charles Maurras. Ménard a des usages de l’Histoire qui sont problématiques et idéologiques » (lire page 7).

    Une orientation que l’on constate aussi à Beaucaire dans le Gard, dirigée aussi par l’extrême droite depuis 2014. Par exemple, « à Beaucaire, on met en place ces fêtes américaines pour effacer le 1er mai des calendriers », confirme Jean Vanhaute, président de l’institut d’histoire sociale de la CGT du Gard. (lire Page 7). Drapeaux US en place de la fête internationale des travailleurs !

    Le maire de Montpellier Michaël Delafosse (PS), fustige ces attaques de l’extrême droite. Pour lui, le « premier acte de l’extrême droite gagnant une mairie » c’est « massacrer la culture » a-t-il déclaré au moment de l’annulation du Festival Jazz à Vauvert par la nouvelle mairie RN. A contrario, il rappelle que « dans un contexte financier pourtant très contraint, – baisse des dotations de l’État, explosion des coûts de l’énergie, hausse des taux d’intérêt  nous avons décidé de sanctuariser les moyens dédiés à la culture. C’est un choix politique clair. Un acte de résistance face à la montée des forces réactionnaires à l’œuvre partout dans le monde » (lire aussi page 8) Outre le festival de jazz la municipalité RN de Nicolas Meizonnet aurait deux autres associations dans le collimateur : les avocats du Diable et Atout philo. Benjamin Rouvière, fondateur de cette dernière, a été convoqué par le maire mais n’a pas souhaité se rendre au rendez-vous (lire page 6). Des subventions sont drastiquement baissées.

    Mais le RN ne se contente pas de supprimer. Il investit aussi le terrain des récits. Identité, patrimoine, roman national, histoire locale : tout devient matière à conquête idéologique. « Ils pratiquent le retournement », analyse l’adjoint à la culture de Nîmes, Denis Lanoy, étonné d’entendre des élus d’extrême droite citer Gramsci ou Walter Benjamin. « Ils ont très bien lu les auteurs marxistes et ils essayent d’en tirer profit, mais pas du tout pour l’émancipation. Pour imposer un autre récit » (lire page 9). Le milliardaire Vincent Bolloré l’a bien compris. Pour l’éditrice gardoise Marion Mazauric, cette prédation dans le milieu de l’édition, « est avant tout la conséquence du manque de régulation de la concentration industrielle sur ce marché, mais c’est aussi la conséquence de l’arrivée d’industriels qui investissent désormais dans la production des idées, pour prendre le contrôle de la fabrique des opinions et de l’idéologie du pays ». (lire ci-contre).

    Le politologue Emmanuel Négrier insiste non pas tant sur les budgets que sur le contenu de la politique culturelle de l’extrême droite. « L’offre continue d’exister, elle n’est plus tout à fait la même, et effectivement les nostalgies coloniales, discours contre-révolutionnaires et récits révisionnistes y ont une place de choix, tandis que les projets d’action culturelle dans les quartiers populaires y sont châtiés » (lire page 9).