En quelques secondes, la colonne d’affichage municipal, à deux pas du marché ce jeudi, est vite recouverte d’affiches de Joris Hébrard. Le maire (RN) sortant tente de briguer un 3e mandat et arrive sur place. Pourtant, il a bien moins de chances que d’écraser la concurrence comme en 2020 où, face à trois listes DVD, il avait été réélu au 1er tour (57,20% des voix).
La dynamique est cette fois inverse. « Le fond de cette campagne, c’est que l’extrême droite se divise et que les autres forces se rassemblent », constate Michel Lovera, militant communiste, et candidat sur la liste de Jean-Firmin Bardisa. Ce dernier, cadre territorial au Département, concourt pour la 3e fois et a réussi à bâtir une liste citoyenne et républicaine. « On se présente comme alternative entre une liste RN officielle et une liste RN dissidente [Patrick Suisse, frais ex-premier adjoint, Ndlr.] », expose-t-il, en distribuant tracts et trombinoscope de liste, aux côtés également de Christophe Roux, candidat (UDI) en 2020. « Sans être investi par aucun parti politique, on a rassemblé des citoyens, de gauche, de droite ou du centre qui se trouvent ensemble sur des dénominateurs communs comme la santé », fait valoir Jean-Firmin Bardisa.
Entre la météo maussade et le ramadan, les étals ne débordent pas. Les candidats font aussi leur marché et certains Pontétiens ont, dans leurs mains, plus de tracts que de fruits et légumes. « La situation est assez pagnolesque avec le premier adjoint démissionnaire qui explique qu’il va faire mieux que ce qu’il n’a fait en 12 ans », raille la tête de liste. Pour rappel, alors élu député en juin 2022, Joris Hébrard avait laissé l’Hôtel de ville à Patrick Suisse avant de l’éconduire quelques mois plus tard quand il a préféré revenir en mairie. « J’avais dit à M. Suisse, si tu veux rester dans le fauteuil de maire, faut se présenter devant les Pontétiens, ne fais pas ton usurpateur, je m’occuperai de toi si tu me mets dans l’opposition », campe aujourd’hui Joris Hébrard, bien obligé de « renouveler 70% de son équipe », une partie ayant rejoint Patrick Suisse.
Semblant assez détaché, le maire ne se dit « pas forcément inquiet » mais convient que le match sera serré. « La liste de M. Bardisa, c’est une mosaïque de partis mais les rassembler ne signifie pas rassembler l’électorat, ici des gens non RN votent pour moi », estime-t-il. Pour autant, « l’occasion est unique de déloger l’extrême droite », reconnaît Patrice Enjolras. Cet ouvrier chez Liebig, militant CGT, est 25e de liste. « On veut changer les choses en place et si on peut inverser la tendance du projet qu’on nous promet au national avec un tapis rouge déroulé… », espère-t-il. Marie-Claude, retraitée, n’a jamais supporté de voir sa ville passer au RN. « Je n’ai jamais mis les pieds en mairie, pas même pour récupérer le colis de Noël, chacun a ses idées au niveau national mais l’intérêt de la ville est plus important », apprécie-t-elle au sujet de la liste Bardisa.
Mais, comme à Orange avec la liste citoyenne d’Antoine Boudet, faire campagne contre l’extrême droite n’est pas un fonds de commerce électoral. « Ce qui m’a séduit c’est le projet, je ne serai jamais engagé si c’était une liste d’opposition au RN », commente Najibe Lmoumène, 5e de liste. Ce médecin est aux premières loges pour constater la désertification médicale de la commune « avec l’absence de médecin traitant et des délais de six mois pour prendre des rendez-vous ». Jean-Firmin Bardisa prévoit la création d’un centre municipal de santé. « On se retrouve aussi sur la jeunesse ou les aînés », appuie Michel Lovera. Création d’un pass job étudiant, d’une salle municipale d-esport ou d’une navette sécurisée les soirs de week-end pour se rendre à Avignon sont annoncés. Un principe décliné aussi pour les seniors en journée pour le centre-ville.

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