Des zones « sensibles » ou « interdites d’accès » pour risque « d’espionnage industriel », on pourrait croire qu’on entre dans une base militaire ou un site nucléaire. Mais rien de tout ça à Apt : guirlandes et autres oursons et pères Noël illuminés et disséminés le long de la route dévoilent le pot aux roses. C’est l’entrée de Blachère Illumination, fleuron français et même mondial des illuminations de Noël, mais pas seulement.
L’entreprise, fondée en 1973 par Jean-Paul Blachère en Vaucluse à Apt, capitale du Luberon, au sein de sa maison autour de laquelle s’est construit le désormais géant de l’illumination, éclaire aujourd’hui les plus belles avenues du monde. À commencer évidemment par les Champs-Élysées, véritable fierté pour tous les employés du site. Sans oublier d’autres axes et lieux phares des grandes et moins grandes villes françaises, comme la promenade des Anglais à Nice ou le Vieux-Port de Marseille. Mais aussi à l’international, avec par exemple les illuminations sur la 5e avenue de New York, du centre commercial The Palm à Dubaï ou encore du palace le Mandarin Oriental à Londres. En tout et pour tout, les illuminations issues des 28 filiales de Blachère se retrouvent dans 1 000 villes de 80 pays.
Et souvent, les décors sont personnalisés en créant « un projet unique, une scénographie », détaille Julie Taton, directrice artistique de l’entreprise. Les collectivités ont ainsi le choix de prendre des produits du catalogue, mais aussi de faire le choix du sur-mesure.
Volontaire sur l’innovation, les avancées et investissements de ces dix dernières années ont également permis à Blachère Illumination d’être présent dans nos communes à d’autres périodes que celle des fêtes. Les décorations multicolores de l’Été Marseillais, qui ont enjolivé, entre autres, l’ombrière du Vieux-Port, ont par exemple été réalisées dans la capitale du Luberon.
les plus grandes du monde
Et précisément dans un grand local bien précis, « l’atelier print », comme on l’appelle sur place. En son sein tournent, en haute saison, soit les mois qui précèdent la période des fêtes, presque 24 heures sur 24, les sept imprimantes-robots 3D de presque 3 mètres de haut. « Des comme ça, il n’y en a que trois dans le reste du monde, et c’est tout », lance fièrement Franck Le Briquer, responsable de l’atelier print. En cette mi-décembre, seuls deux bras robotiques sont en marche en milieu de matinée. Des ornements dorés, destinés à décorer, sont réalisés à la chaîne en environ une dizaine de minutes par pièce d’un mètre de long.
Et le tout à l’aide d’un plastique issu de bouteilles recyclées. Depuis la mise en place de ce système en 2016, plus de 4 millions de bouteilles ont été transformées en décors. Des installations « top secrètes », nous glisse-t-on, tout en nous enjoignant de ne pas les prendre en photo, par risque, comme évoqué précédemment, de copier le procédé, et donc de perdre l’avantage technologique sur la concurrence.
Une grosse partie de l’espace occupé sert à recevoir les décors. Dans ce grand hangar, les employés, une douzaine en ce début de mois de décembre, car « ce sont les derniers à envoyer », glisse une « câbleuse », comme on les surnomme, s’activent à enrouler et dérouler des rennes et des ours polaires de dizaines de mètres de fils lumineux. « Ils sont testés et réparés un par un, à la main, avec minutie, selon des critères de réparation et de révision très pointilleux », assure-t-on du côté de la direction de Blachère Illumination. Magique !
REPERES
4 000 000
de bouteilles plastiques transformées en décors
35 000
décors révisés chaque année au sein de l’entreprise

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