L’extension du centre de primatologie fait toujours débat

Rappel des faits. En avril, la presse rapportait largement le projet d’extension de la station de primatologie, gérée par le CNRS et basé sur la commune. Les animaux élevés sur ce site permettent notamment de répondre aux besoins d’instituts de recherche publique dans la recherche biomédicale. Or, depuis l’interruption d’importations chinoises de primates, post-Covid, l’État renforce sa « souveraineté nationale » dans ce domaine. C’est dans ce contexte qu’une extension estimée à 6 000 m² de plancher, pour l’élevage d’environ 1 800 primates doit voir le jour. Le projet a largement fait couler de l’encre, notamment du côté des associations animalistes, malgré les assurances du CNRS de « conditions optimales » pour les primates. De son côté, le CNRS organise depuis le 16 octobre une large concertation préalable et ce, jusqu’au 16 novembre. Le 3 novembre, le tribunal administratif de Marseille examinait un recours déposé par One Voice « contre le refus du CNRS et de l’université Aix-Marseille de communiquer l’ensemble des documents publics relatifs aux primates exploités dans leurs laboratoires », indiquait l’association.

Toujours des questions

Ce mercredi, c’est dans une salle Emile-Ventre sous surveillance policière, que les équipes et les associations animales se sont retrouvées pour débattre, au lendemain d’une visite organisée sur les lieux. « (Le projet) a encore du sens, ne cessera de répéter Bruno Lucas, responsable du bureau éthique et consultation pour le CNRS, rappelant que les primates représentent 0,2% des animaux dans la recherche. Dans certains cas, les méthodes alternatives ne sont pas prêtes à répondre à l’immunologie et aux neurosciences. » « Ce ne sont pas des objets, ce sont des êtres sensibles ! », lance l’une des participantes. Si les enjeux médicaux du projet ont largement été réitérés par les équipes, le sujet de l’impact territorial a occupé les trois quarts de la présentation. Emplois, environnement, avec de premiers résultats d’un premier diagnostic faune et flore… « Il est incomplet, puisque les périodes de prospection ne sont pas indiquées », pointe une militante environnementale. « Il sera mis à jour avant la fin de la concertation », assure Nicolas Auroy, adjoint responsable au service technique du CNRS. « Ce projet ne devrait pas voir le jour, le dossier ne contient aucune vision prospective. Qu’en sera-t-il dans 5 ou 10 ans ? interroge Denis Schmid, président du Collectif vauclusien de protection animale. La meilleure façon de préserver la biodiversité est de ne pas réaliser le projet. On nous parle du bien-être animal, mais que deviennent les animaux une fois sortis de ce qu’on nous présente comme le club Med pour macaques ? »

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