En mai 1944, le Conseil national de la Résistance (CNR) proposait dans son programme « un plan complet de Sécurité sociale visant à assurer à tous les citoyens les moyens d’existence dans les cas où ils sont incapables de se la procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et l’état ». En octobre 1945 la Sécurité sociale était créée par voie d’ordonnances et instaurait un espace de démocratie sociale. Nous fêterons donc à Septèmes, le 27 septembre, les 80 ans de ce grand et beau moment de notre histoire sociale.
Mais pour être à la hauteur des fondateurs (Ambroise Croizat, Pierre Laroque, Alexandre Parodi, à des titres divers), il faut engager des débats citoyens et trouver les moyens de mobiliser le plus largement possible, pour reconquérir et étendre le champ d’une Sécurité sociale, enfin redevenue bien commun du monde du travail actif et retraité.
Le débat citoyen (syndical, associatif, politique au sein des gauches – mais aussi entre toutes ces forces de transformation sociale) sur la stratégie à mettre en œuvre pour rétablir les solidarités attaquées depuis près de six décennies, et en construire de nouvelles, est nécessaire et urgent… En effet, du côté de la gestion de la Sécu, un premier recul a été infligé dès 1967, avec la séparation de la caisse unique en quatre et l’instauration d’une gouvernance à parité avec le patronat. à partir de 1995, c’est le pouvoir politique, avec la création des lois de financement de la Sécurité sociale, qui prend le pas sur le paritarisme et la démocratie sociale. Depuis, le processus d’étatisation de la Sécurité sociale s’est accentué et la période récente montre que même le Parlement a peu de marges de manœuvre. Le recul de la cotisation sociale et la fiscalisation du financement de la Sécu nourrissent son étatisation et entraînent une confusion de plus en plus grande entre le budget de la Sécurité sociale et celui de l’état.
de convergences
Ce sont ces questions, historiques et prospectives, que la Journée Promemo, coorganisée avec l’association FTP et la municipalité de Septèmes, voudra revisiter (voir ci-dessous), et ce en trois temps.
La contribution de Colette Bec, sociologue, « La Sécurité sociale, une institution de la démocratie », sera prolongée par une première table ronde associant chercheurs et responsables mutualistes (Gérard Leidet, Patrick Magro, Lucien Marchettini).
L’exposé d’Henri Sterdyniak (économiste) « 80 ans après : Quel bilan, quel financement, quelles perspectives ? » sera suivie d’une seconde table ronde réunissant syndicalistes et militants mutualistes, l’histoire de la mutualité en France ayant connu des rapports complexes avec le syndicalisme (avec Jean-Marie Angeli, Pierre Bachman, et Frank Casado).
Nous aurons enfin un dialogue entre Patrick Osenda, trésorier des Mutuelles de France, et Thierry Marque, ancien dirigeant des Mutuelles de Provence. Avant de clôturer la journée avec la projection du film La Sociale, de Gilles Perret.
La santé demeure une préoccupation majeure de nos populations, notamment envers les plus démunies, mais on peine à faire converger les nombreuses mobilisations locales. Celle de Septèmes aura pour ambition, modeste et déterminée, de faire émerger les possibilités de convergence qui sont grandes, car l’espérance sociale, là comme ailleurs, est largement partagée.

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