Au 50 chemin de la Madrague-Ville, la percée dans l’ancien mur d’enceinte du site industriel portuaire laisse s’envoler des volutes de poussière. Le chantier de construction lancé en juillet 2024 avance. Sur le terrain de 25 000m2, les engins sont encore en action et les ouvriers du gros œuvre donnent les derniers coups de pelleteuses avant de passer à la phase d’aménagement des six bâtiments, représentant une surface plancher de 18 000m2.
En 2022, le projet impulsé par Cyril Zimmerman a reçu le soutien de l’Établissement public d’aménagement Euroméditerranée et l’accompagnement de l’Anru. « On est aujourd’hui à un peu plus de la moitié des travaux réalisée », annonce Jérôme Rousson, directeur de programme d’Icade, promoteur désigné du campus. Ce dernier sera complété par la construction d’une résidence de 175 chambres qu’Unicil a choisi de financer pour héberger les étudiants du Campus et d’autres établissements d’enseignement supérieur, à Marseille. Cette résidence doit être livrée en juillet 2026.
Sur la vaste terrasse en R+2, réservée aux étudiants et reliée aux bâtiments par des passerelles, les charpentiers s’activent à la réfection d’un toit ancien, sans le loisir de contempler la rade marseillaise. « Nous privilégions le recyclage autant que se peut, précise Agathe Sicard, de l’agence d’architectes Encore Heureux. Une partie des vieilles charpentes métalliques servira à fabriquer des arceaux pour vélo ». Quant aux tuiles, « elles ne portaient pas la marque de certification NF pour être réutilisées, elles serviront au paillage des jardins ».
Ouvert sur le quartier et desservi par le futur tramway, le campus vise à offrir un espace aéré, végétalisé et propice à l’activité comme aux loisirs. En plus de l’école numérique et d’une école de cuisine, y sont prévus des espaces culturels : trois salles de cinéma, un auditorium de 900 places avec 11 m de plafond et des gradins rétractables pour laisser place à une salle de concert, des espaces d’exposition et de médiation culturelle. En rez-de-chaussée, des commerces de proximité et des services solidaires sont prévus : incubateur associatif, épicerie solidaire, café, restaurant, ateliers de réparation et d’artisanat. Un terrain de sport et 33 places de stationnement en sous-sol complètent le tableau.
Un bâtiment attend encore sa destination. Les lots sont en cours de commercialisation. L’opération implique « une grosse gymnastique », avouent les guides. Les revirements dans un projet d’une telle envergure sont monnaie courante.

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