Tag: Aménagement du territoire

  • Au tour du grand col du Noyer de faire peau neuve

    Au tour du grand col du Noyer de faire peau neuve

    Cyclistes, randonneurs, touristes… À 1 664m d’altitude, sur le Col du Noyer, où s’achève abruptement le massif du Dévoluy pour laisser place à la vallée du Champsaur, règne une agitation de petit centre-ville. C’est pour mieux gérer ces croisements de flux que la signalétique, les espaces de stationnement, le mobilier public et les supports pédagogiques ont été repensés au Col du Noyer. Des aménagements que le président du Département Jean-Marie Bernard (LR) est venu inaugurer ce lundi matin sur place.

    Depuis plusieurs années, le Département s’est lancé dans une politique de réaménagement des « Grands cols », au Galibier, à Agnel, à Vars, à l’Izoard, au Lautaret, au Noyer et au Granon. « Je me suis interrogé en circulant dans le département, explique Jean-Marie Bernard. On voyait des cols un peu abandonnés, le col du Lautaret il y avait de vieux bâtiments et pas d’aménagements, le Noyer pareil, le col de l’Isoard, il n’y avait qu’une stèle ancienne qui datait de la guerre de 40, des stationnements un peu n’importe comment… Bref, rien d’organisé. Ce n’était pas la bonne solution pour valoriser la montagne haut-alpine. » Après le Noyer, Jean-Marie Bernard projette de terminer les travaux du Col du Lautaret avant la fin de l’année, ceux des cols Agnel, du Galibier et de Vars sont à l’étude. Au total, les opérations, à hauteur de 6 millions d’euros sont prises à 80% en charge par l’État, l’Europe et la région Paca. Enjeu spécifique du Noyer, le réaménagement a permis de mieux préserver les sols polygonaux, des renfoncements et surélévations des sols, formés durant la dernière ère glaciaire quaternaire.

    Protéger les sols polygonaux du Noyer

    Au printemps, une végétation spécifique pousse dans ces aspérités, dessinant ainsi des lignes et des motifs qui rappellent des polygones. « Le col était peu organisé et parcouru de manière libre et un peu anarchique, et les sols polygonaux étaient parfois utilisés comme zone de stationnement ou zone de déambulation motorisée, explique Guillaume Laulan, paysagiste concepteur chez Topo Grafik, entreprise qui a participé aux travaux. Or, c’est une formation géologique assez exceptionnelle, on en trouve dans l’Himalaya mais aussi et surtout sur Mars, car ce sont des sols qui se forment dans des moments très froids et des conditions géologiques très particulières. » Désormais, le stationnement réorganisé préserve ces sols que l’on peut observer depuis l’un des sentiers créés autour du col.

  • Le maire d’Oraison hausse le ton contre la SNCF

    Le maire d’Oraison hausse le ton contre la SNCF

    Cinq ans d’études et un million d’euros demandés par la SNCF pour le projet de voie douce traversant le passage à niveau : la pilule a du mal à passer pour Benoît Gauvan, le maire (Renaissance) d’Oraison, depuis qu’il a appris cette nouvelle. « Je suis en colère, parce que le projet avançait bien et rapidement, et on se retrouve bloqués, scandalisés par le coût, déplore-t-il. Acheter un appartement sur les Champs-Élysées nous aurait coûté moins cher ! »

    Le projet, porté par le Département et la mairie d’Oraison depuis de nombreuses années, a pour objectif de relier Oraison à la gare de La Brillanne en mobilités douces. « Depuis le Covid et la démocratisation du télétravail, on a beaucoup d’Aixois et de Marseillais qui se sont installés à Oraison et qui font fréquemment des allers-retours », explique Benoît Gauvan. Cette voie douce d’1,6 km leur permettrait de rejoindre la gare à moindre coût environnemental, et en toute sécurité, alors que le trajet est pour l’instant très dangereux à parcourir à pied ou à vélo, selon le maire. « On a besoin de sécuriser de la sortie d’Oraison jusqu’à Intermarché, parce qu’on a beaucoup de gens qui y vont à pied, et que c’est très dangereux puisque les gens marchent sur la route pour faire le tour des platanes », précise-t-il.

    Le projet coûte très cher, puisqu’il nécessite de déplacer une partie de la voie routière pour laisser place à la voie verte, sur un terrain pentu.

    « Il s’agit d’un dossier pour lequel la SNCF est en relation avec le département, qui a récemment fait l’objet d’une convention de financement », a indiqué la SNCF, qui ne pouvait fournir plus d’éléments dans l’immédiat.

  • [Entretien] Éliane Barreille : « Je me bats pour avoir des subventions pour la Rochaille »

    [Entretien] Éliane Barreille : « Je me bats pour avoir des subventions pour la Rochaille »

    La Marseillaise : Pourquoi ce projet concernant le Pas de la Rochaille, que vous surnommez « le chantier du siècle », est-il si important pour le département ?

    Éliane Barreille : C’est un projet qui mûrit depuis longtemps, parce que c’est un secteur qui est un couloir d’éboulement. Il a été répertorié six couloirs d’éboulement et la nécessité absolue de conforter et la paroi et le soutien de la route. Nous avons décidé de passer à la réalisation, parce que c’est une route extrêmement importante, qui relie l’Italie à la France avec un trafic élevé, en moyenne 832 véhicules par jour et un pic estival à 2 000 véhicules par jour avec les touristes. Le trafic venant de l’Italie est plus important que celui français.

    En 1992, il y a eu des éboulements importants et des accidents mortels. Ce secteur a été classé à un niveau de risque très élevé. Depuis, on étudie ce risque, on met en place des capteurs, des filets. Il y avait une urgence. Il a été proposé de faire des galeries par bloc, qui vont protéger des éboulements. Il faut aussi renforcer la route, puisqu’avec le passage des camions, elle est très affaiblie. Donc il s’agit là de faire sur six endroits des murs de soutènement et de sécuriser la montagne. C’est un projet lourd.

    Quelles seront les conséquences du chantier sur les habitants
    et les usagers ?

    E.B. : Les nuisances et les contraintes portent sur la longueur du chantier avec des alternatives très contraignantes pour les usagers. Je pense que pendant cinq ans, on va gérer le mécontentement des utilisateurs de la chaussée.

    Un itinéraire alternatif sera-t-il disponible pour les travailleurs qui empruntent cette route
    au quotidien
     ?

    E.B. : Les services ont beaucoup planché sur une possibilité d’utilisation d’une chaussée existante en fond de vallon, qui aujourd’hui est une voie communale qui ressemble plus à un sentier qu’à une route, puisqu’elle n’est même pas goudronnée, et sur laquelle il y a un pont très fragile et nécessitant beaucoup de travaux.

    Ceci étant, je ne veux pas fermer la porte, et donc lundi après-midi, nous irons sur place avec les services des routes et le maire de la commune pour voir s’il est possible quand même d’utiliser quelque chose. La difficulté est que là, on est sur du communal, plus sur du départemental. Donc c’est compliqué, et si on faisait passer par cette route, ça veut dire que le maire prendrait quand même une grosse responsabilité, puisqu’elle n’est pas prévue pour accueillir du passage.

    Comment s’est passée votre rencontre avec des élus italiens
    il y a deux semaines ?

    E.B. : Je me bats déjà depuis un moment pour avoir des subventions complémentaires. Je suis allée en Italie pour ça, j’ai fait un aller-retour à Aoste, onze heures de route. J’étais déjà allée l’année dernière à Nice au moment du comité du Quirinal, mais je n’avais pas été entendue, donc j’y suis retournée. Là, je crois que j’ai été entendue, je l’espère. J’ai tapé à toutes les portes, je n’arrête pas de saisir un coup le président de la République, un coup le Premier ministre, un coup le ministre des Transports. Là c’était le ministre des Affaires étrangères et de l’Europe français, et son homologue italien. Je leur ai dit que si je n’étais toujours pas entendue, j’envisageais très sérieusement d’interdire le passage des camions sur cette route. Quand je leur ai dit que les camions venaient essentiellement d’Italie, ils ont réagi en me disant qu’on n’allait pas en arriver là.

  • [Entretien] « L’avancée du nouvel hôpital d’Aubagne dépend du préfet »

    [Entretien] « L’avancée du nouvel hôpital d’Aubagne dépend du préfet »

    La Marseillaise : Vous attendiez-vous à cette nomination en tant que délégué spécial ?

    Mohammed Salem : Oui, complètement. Je discute avec le maire actuel depuis deux ans et nous avons de bonnes relations, malgré le fait que je me sois présenté aux élections municipales [d’Aubgane, Ndlr.]. On est en phase sur ce projet qui est plus que nécessaire pour Aubagne et pour le territoire dans sa globalité. Je discute avec tous les maires du territoire, au-delà des étiquettes partisanes. Aujourd’hui, c’est une nécessité d’avoir un hôpital qui répond aux normes modernes et qui s’inscrit dans l’évolution de la médecine publique.

    Concrètement, quel est votre rôle ?

    M.S. : Ce projet a 7 ans et nous n’avons toujours pas réussi à en sortir quelque chose de complet et cohérent. Il s’agit d’un dossier avec beaucoup de protagonistes : l’ARS [Agence régionale de santé, Ndlr.] Paca, l’État, l’hôpital qui porte le projet, mais aussi la Ville d’Aubagne, la Métropole, pour l’aménagement et la mobilité, puis la Région et le Département. Tout cela nécessite beaucoup de travail de coordination. Aujourd’hui, une version du projet, retravaillée par les équipes de l’hôpital après avoir été retoquée par l’ARS, a été approuvée par le cabinet du Premier ministre, même si plusieurs recommandations ont été faites.

    Quelle est la prochaine étape ?

    M.S. : La question du foncier pose aujourd’hui quelques problèmes. Le terrain où est envisagée la construction, celui des Gargues, n’appartient pas à Aubagne, mais à des propriétaires privés. Nous avons donc fait une demande de DUP [Déclaration d’utilité publique, procédure administrative permettant de réaliser une opération d’aménagement sur des terrains privés en les expropriant, précisément pour cause d’utilité publique, Ndlr.]. Elle a été validée par le commissaire-enquêteur et attend aujourd’hui la signature du préfet. Une fois cette signature obtenue, tout le reste devrait découler. C’est une priorité. Même si, bien sûr, nous comptons aussi sur le bon sens des propriétaires et ne souhaitons pas forcément passer par une procédure d’expropriation.

    Ensuite, un comité de pilotage avec toutes les parties prenantes est prévu le 26 juin. C’est l’occasion de commencer à piloter ce projet qui nécessite vraiment d’être centralisé. Je pense qu’il faut vraiment que nous parlions d’une seule voix avec toutes les communes concernées [le conseil municipal d’Aubagne a appelé, vendredi 5 juin, à la création d’un « front commun territorial » avec les 19 communes directement touchées par l’arrivée du nouvel hôpital, Ndlr.].

    Un plan d’efficience, impliquant une potentielle réduction de la masse salariale de l’hôpital pour réduire son déficit, a été évoqué par l’ARS. Quelle est votre position ?

    M.S. : Moi, j’ai l’intention de mener ce projet sans toucher, bien sûr, à la masse salariale de l’hôpital. Le service pédiatrie d’Aubagne est le seul à l’est de Marseille jusqu’à Toulon. Il est très reconnu au niveau de la région. Nous avons également un service d’urgences ultra-performant. L’été, on donne souvent un coup de main à l’hôpital d’Aix-en-Provence ou de La Ciotat. Il y a le déficit, d’accord, mais il y a aussi tout cela à mettre sur la balance. Si on s’engage à faire un projet de nouvel hôpital avec moins de personnel, ce n’est même pas la peine.

  • Cécile Albert, chercheuse au CNRS : « Avec BioValidR, nous aiderons à choisir où restaurer les habitats naturels »

    Cécile Albert, chercheuse au CNRS : « Avec BioValidR, nous aiderons à choisir où restaurer les habitats naturels »

    La Marseillaise : Début 2026, vous avez décroché une bourse du Conseil européen de la recherche pour mener le projet BioValidR. De quoi s’agit-il ?

    Cécile Albert : C’est une suite du projet Scaled qui s’achève cette année. Nous avons montré à quel point le nombre d’habitats et leur accessibilité étaient importants pour la biodiversité à différentes échelles, mais dans des conditions assez simples. Nous testerons la même chose dans des conditions plus proches du réel pour aboutir à des résultats plus concrets permettant d’aider à bien choisir où restaurer les habitats naturels. Pour cela, nous adopterons une approche inédite : tester des aménagements avec des modèles vivants sur une maquette inspirée d’un vrai territoire.

    Lequel ?

    C.A. : Celui de Plaine Commune Grand Paris (Seine-Saint-Denis). Le paysage sera construit en se calquant sur la carte du territoire, en mettant les zones favorables là où eux ont des parcs ou des zones boisées et les zones défavorables là où eux ont des autoroutes, des lignes ferroviaires… Nous pourrons tester différentes stratégies d’aménagement et évaluer comment cela modifie la dynamique des populations de collemboles qui évolueront dans ces maquettes.

    Il y a une demande de la part de ce territoire ?

    C.A. : Oui et cela ne vient pas de nulle part. C’est aussi la suite d’un autre projet (FAR) qui est en cours et qui vise à créer des scénarios de renaturation du territoire avec les habitants dans une démarche à la fois scientifique et artistique. Nous utiliserons ces scénarios pour les tester dans BioValidR.

  • Le maire d’Ollioules Robert Bénéventi à la tête du SCoT

    Le maire d’Ollioules Robert Bénéventi à la tête du SCoT

    L’élection du président et de ses sept vice-présidents s’est déroulée à bulletins secrets, la semaine dernière, en préfecture, lors de l’assemblée du comité syndical du SCoT Provence-Méditerranée.

    Sans surprise, puisqu’il était le seul candidat, Robert Bénéventi a été reconduit à ce poste qu’il occupe depuis 25 ans, avec 29 voix sur 31 votants (deux bulletins blancs ont été comptabilisés).

    Pour un aménagement durable

    Pour mémoire, ce Schéma de cohérence territoriale dépasse aujourd’hui largement le périmètre de la seule métropole Toulon Provence Méditerranée (TPM), puisqu’il s’étend également à la communauté d’agglomération Sud Sainte-Baume, à la Vallée du Gapeau et à Méditerranée Porte des Maures. Un document central, précise Robert Bénéventi, pour un aménagement durable des territoires. Il joue ainsi un rôle de pivot entre les politiques publiques et les réalités locales.

    Après sa désignation, ont été élus à ses côtés en qualité de vice-présidents : Josée Massi, maire de Toulon et présidente de TPM, qui a recueilli 28 voix. Gilles Vincent, maire de Saint-Mandrier, et Robert Deledda, maire de La Cadière.

    Arrive ensuite François de Canson, maire de La Londe, qui devient donc le quatrième vice-président, suivi d’Yves Palmiéri, maire de La Farlède, Franck Chouquet, adjoint au maire de La Garde, et Véronique Bernardini, maire d’Hyères, septième vice-présidente.

    Le RN Mathieu Perchoc, adjoint à La Seyne-sur-Mer, avait lui aussi candidaté pour ce poste, mais n’a finalement obtenu que 7 voix contre 23 pour Véronique Bernardini.

  • À l’Estaque, le rêve collectif d’accès à la mer se fait entendre

    À l’Estaque, le rêve collectif d’accès à la mer se fait entendre

    Depuis 20 ans, ils ferraillent pour un accès à la mer. Et depuis 20 ans, les grilles continuent à barricader le paysage, du port de la Lave à la plage de Corbières. Un nouveau projet « d’amodiation pour trois ans du quai de la Lave à un privé, probablement pour y installer de nouvelles étagères à bateaux, donc de nouvelles clôtures », redoute Pierre-Yves Gilles, président de l’Association Estaque environnement (AEE).

    La journée a démarré avec TerreMer, qui a débarrassé les 2,5 hectares du quai en friche de bouteilles en verre, canettes et autres plastiques. De quoi remplir « 27 sacs de 100 litres », précise l’association. En 30 ans, les promesses du Grand projet urbain de Marseille n’ont accouché ici que « de l’Espace Mistral, d’une mise à l’eau et d’un encorbellement au-dessus du port », regrette Christian Apercé, membre du collectif.

    Pas que des chichis

    Le choix du site de la fête, devant le « Camembert », anciens bains de l’Estaque fermés après Covid et le hangar où dort depuis 1970 le « Saga », plus grand sous-marin civil imaginé en 1966 par Cousteau et repris en 1981 par la Comex, ne tient pas du hasard. Désamianté, mais voué à la démolition par le Grand Port maritime de Marseille (GPMM), le premier a été sauvé par la mobilisation du collectif, même si son avenir reste suspendu à un appel à projets. La trentaine de structures du collectif rêve d’y accueillir un « centre de recherches océaniques, des ateliers d’artistes, des locaux associatifs… », listait le CIQ de l’Estaque.

    Si « on rame dans les commissions, où on a le sentiment d’être entendu, mais où on n’obtient pas de vision claire dans les projets sur le littoral, un accord tripartite entre le GPMM, la Ville et le collectif devrait voir jour » a bon espoir Pierre-Yves Gilles. L’intérêt du nouveau maire des 15-16, Jean-Marc Coppola (PCF), et la création d’une Scic (société coopérative d’intérêt collectif) semblent de bon augure. Quant au bâtiment marin, son déplacement semble trop coûteux et dangereux pour l’environnement. En attendant les résultats d’une contre-expertise, l’association Les compagnons du Saga y reprend ses visites, ouvertes au public dès le mois de juin.

    « On aimerait avoir un peu plus que des chichis », lâche une habitante, confirmant les résultats invariables de deux enquêtes menées par l’AEE auprès de la population en 2007 et 2018 : le souhait d’un accès à la mer, de pistes cyclables, d’espaces publics préservés accessibles à tous.

  • À l’Estaque, les riverains plaident pour un littoral associatif et populaire

    À l’Estaque, les riverains plaident pour un littoral associatif et populaire

    Tous aux quais ! Retrouvailles à la mer », tel est le nom que le collectif Faites le Grand Estaque avec nous ! (Faites GEAN !), composé d’une trentaine d’associations, donne à sa nouvelle action, organisée samedi au 149 plage de l’Estaque, au pied du symbolique « camembert de Cousteau » (16e), de 10h à 20h.

    Ouvert à tous et construit en écho aux manifestations tenues les 13, 14 et 15 juin derniers, le rendez-vous « festif et familial » porte une grande ambition : « Célébrer » le partage du littoral nord en « montrant que certains espaces peuvent être réinvestis par les habitants et les savoir-faire locaux », souligne Michel Teule, de la Fédération des comités de quartiers (CIQ) du 16e arrondissement. Spectacle, conférence, balades en bateaux, inventaire botanique, flash mob par les jeunes du Centre social de l’Estaque… La journée sera animée par l’ensemble des associatifs membres du collectif, venus témoigner de la potentielle « rentabilité sociale » d’un espace pour l’heure « inexploité » par le Grand Port maritime de Marseille (GPMM), propriétaire du foncier.

    En juin dernier déjà, les associations de riverains s’étaient unies pour organiser un week-end festif afin de réclamer de nouveaux travaux autour de l’Estaque et un meilleur accès à la mer. Les habitants se désolaient alors que les engagements pris pour l’aménagement du Grand Estaque ne soient pas tenus. Ils lançaient du même coup leur mot d’ordre, désormais monté en collectif : « Faites le Grand Estaque avec nous ! ». En août, Faites GEAN ! avait réaffirmé sa volonté de faire vivre le secteur, prônant la sauvegarde du « camembert de Cousteau » (16e), propriété du GPMM et menacé de démolition. Un point aujourd’hui « en bonne voie », selon Michel Teule.

    « Rendez-nous la mer »

    Mais la revendication de ce week-end dépasse celle de l’exploitation du « camembert » : il s’agit de réclamer un meilleur aménagement du littoral au global, pour permettre un meilleur accès à la mer. « C’est honteux que le seul endroit où on nous laisse nous installer soit entouré de grillages, s’indigne Marie Prost-Coletta, vice-présidente de l’association Cap au nord. Nous ce qu’on veut c’est la mer, rendez-nous là ! »

    Le collectif évoque notamment l’exploitation du quai de la Lave (16e), investi pendant plusieurs semaines par les membres de la Flottille partie pour Gaza, le 4 avril. Un épisode que Michel Teule tient pour preuve de la possibilité d’une exploitation sereine et populaire des lieux. Faites GEAN ! appelle, dans les plus brefs délais, à une réunion tripartite, entre le GPMM, la mairie de secteur avec la mairie centrale et le collectif des habitants afin de réfléchir sur la manière dont doit s’organiser la modélisation du littoral. Le collectif de riverains, soutenu par Jean-Marc Coppola, nouveau maire des 15-16 (PCF), espère obtenir l’appui de la mairie centrale.

  • [Maj] Nîmes Métropole bascule à gauche

    [Maj] Nîmes Métropole bascule à gauche

    C’est un basculement politique autant qu’un signal envoyé à l’ensemble du territoire gardois. Un mois après avoir remporté la mairie de Nîmes, Vincent Bouget réalise le doublé en étant élu ce mardi 14 avril président de Nîmes Métropole, avec 74 voix contre 21 à Julien Sanchez (RN), sur 95 suffrages exprimés (dix bulletins blancs ou nuls). Après Jean-Paul Fournier, Yvan Lachaud et Franck Proust, l’Agglo change de cap : pour la première fois depuis sa création en 2002, la présidence bascule à gauche. Et ce résultat a une portée particulière ici : dans un territoire où le vote RN s’est durablement installé depuis les législatives de 2017, cette élection acte un choix politique clair à l’échelle intercommunale. Elle dit aussi, en creux, qu’une majorité peut se construire pour tenir tête à l’extrême droite et refuser sa banalisation.

    Au Colisée, siège de l’agglo, la scène avait quelque chose d’une passation historique. La candidature de Vincent Bouget, portée par Rémi Nicolas (DVG, maire de Marguerittes) « au nom de l’ensemble des maires de l’agglomération », traduisait le travail de contact mené ces dernières semaines avec les 38 autres édiles. Face à Bouget, Julien Sanchez (RN) a tenté d’installer un contre-récit lors de sa prise de parole, dénonçant un supposé « sectarisme » et tentant de rallier au-delà de son camp. Mais le scrutin a confirmé un rapport de force net : après la ville-centre, c’est bien l’intercommunalité qui entre dans une nouvelle phase.

    « Chaque commune

    et habitant comptera »

    Depuis la tribune, Vincent Bouget a plutôt choisi l’axe du rassemblement, en insistant sur la réalité d’un territoire de 39 communes et de près de 260 000 habitants, où la Métropole décide du quotidien (transports, eau, déchets, développement économique) : « Cette confiance que vous m’accordez est à la fois un honneur et une très grande responsabilité. Depuis des siècles, notre territoire est un carrefour. Aujourd’hui, chaque commune de Nîmes Métropole tient à sa manière une partie de cet héritage (…) Je suis convaincu que cette diversité est une force et que nous n’en tirons pas encore suffisamment parti. Chaque commune et chaque habitant comptera dans notre métropole. À nous de faire en sorte que notre pluralité soit une force. »

    Le message n’est pas anodin. Dans une agglo souvent perçue depuis les petites communes comme trop nîmo-centrée, le nouveau président veut manifestement désamorcer les craintes d’écrasement par la ville-centre. Il assume aussi le cumul mairie-présidence, critiqué par ses adversaires, mais présenté par lui comme un outil d’efficacité : « Ce n’est pas une volonté de cumuler les pouvoirs, mais un gage d’efficacité pour dynamiser notre action collective. »

    Une promesse

    de réorientation

    Sur le fond, Vincent Bouget a esquissé plusieurs directions. Le développement économique restera un axe fort, mais avec une exigence de cohérence et de retombées concrètes pour le territoire. Magna Porta, l’aéroport, Oc’Via, le marché gare : autant de dossiers qu’il dit vouloir examiner « avec attention et pragmatisme », sans céder à l’éparpillement ni au pilotage hors-sol. Même logique sur les transports, où il promet de « franchir un cap » en matière de tarification, de dessertes et d’intermodalité, sans opposer la voiture aux transports collectifs. Il a aussi replacé la transition écologique, la question de l’eau, le logement et les filières économiques locales dans le cœur du mandat.

    Derrière ces premières annonces, une idée affleure : remettre l’agglo sur des politiques utiles au quotidien, loin des seuls effets de vitrine. Pour la gauche nîmoise, qui a longtemps dénoncé une intercommunalité verrouillée par la droite, l’enjeu est désormais clair : montrer qu’une autre pratique du pouvoir local est possible, plus concertée, plus lisible, plus attentive aux communes et aux habitants. L’après-midi, l’élection des quinze vice-présidents a prolongé cette volonté d’équilibre entre fidèles, les élus nîmois et les maires d’autres sensibilités politiques mais reconnus pour leurs compétences.

    Reste maintenant le plus dur : transformer l’essai. Car l’événement politique est là, incontestable. Mais à Nîmes Métropole, l’histoire retiendra moins le basculement que la capacité du nouveau président à faire vivre sa promesse : que, cette fois, chaque commune compte vraiment.

    Le profil des 15 vice-présidents

    Rémi Nicolas (PCF) : 1er vice-président, finances et administration. Maire de Marguerittes, proche de Vincent Bouget, et pilier de la majorité.

    Fanny Daguenet (PCF) : mobilités et transports. Conseillère municipale nîmoise, engagée sur les questions sociales et de déplacement.

    Bernard Clément (PCF) : eau et assainissement. Maire de Domessargues, président du Syndicat des eaux de Domessargues et Saint-Theodorit.

    Fidéline Sébileau (SE) : petite enfance et solidarité. Nouvelle maire de Bernis.

    Olivier Fabregoul (DVD) : développement économique. Maire de Caissargues, reconduit dans ses fonctions.

    Pierre Jaumain (PS) : urbanisme et rénovation urbaine. Adjoint à Nîmes, secrétaire PS du Gard.

    Eddy Valadier (LR) : attractivité et grands projets. Maire de Saint-Gilles, poids lourd politique du territoire.

    Sibylle Jannekeyn (EELV) : transition écologique. Adjointe nîmoise, co-secrétaire des Ecologistes du Gard.

    Gilles Gadille (SE) : ruralité et agriculture. Maire de Cabrières, relais des petites communes.

    Nicolas Cadène (DVG) : citoyenneté et participation. Conseiller municipal nîmois, issu de la société civile.

    Gaël Dupret (SE) : travaux et voirie. Maire de Sernhac, en prise avec les enjeux de proximité.

    Gilles Guillaud (PRG) : finances. Adjoint aux finances à Nîmes.

    David-Alexandre Roux (SE) : équipements publics. Maire de Manduel, nouvel élu en responsabilité.

    Michel Verdier (SE) : environnement et cadre de vie. Maire de Saint-Côme-et-Maruéjols, reconduit.

    Gaëtan Prévoteau (DVD) : culture et vie associative. Maire de Langlade, ouverture vers des profils moins politisés.

  • Une candidate pour redynamiser Pra Loup

    Une candidate pour redynamiser Pra Loup

    Plus de transparence, développer les infrastructures estivales, investir dans des projets d’avenir… Telles sont les propositions de la jeune candidate de 35 ans Clémentine Marinier à Uvernet-Fours, commune où se trouve la station de ski de Pra Loup. Commerçante à Pra Loup pendant 13 ans, elle s’est entourée d’une équipe de 10 colistiers : une agricultrice, une restauratrice, un charpentier ou encore une enseignante.

    Le maire sortant, « un ancien militaire » à la tête de la commune depuis 2014, « préférait faire des économies plutôt que d’investir sur du long terme », selon Clémentine Marinier. « En 15 ans, j’ai vu Pra Loup stagner, quand les autres stations autour de nous évoluaient et se modernisaient », déplore-t-elle.

    Une liaison entre Pra Loup et la Foux d’Allos

    La candidate regrette notamment que la mairie n’ait « pas son mot à dire », « pas le droit de donner son avis » concernant le projet à 43 millions d’euros de liaison à ski reliant la Foux d’Allos à Pra Loup. Elle souhaite « redynamiser, revaloriser le patrimoine, avoir des emplacements plus verts ».

    Concertation citoyenne vendredi à 8h à l’office de tourisme.