Début juillet, l’espoir d’aboutir à un rassemblement – plus ou moins large – à gauche en vue des municipales des 15 et 22 mars était de mise. À l’initiative de Génération.s et de l’Après (Association pour la république écologique et sociale), fondée par des insoumis mis au ban, des réunions se sont tenues au début de l’été en faisant vivre un Nouveau front populaire local. Se posant en facilitateurs d’unions, les deux partis, sans vouloir revendiquer de tête de liste, prônaient une méthode pour l’union.
En cette rentrée, l’Après constate que l’été a rimé avec déchanté, tout comme Cécile Helle, la maire PS sortante (lire l’encadré). « On est extrêmement agacés de voir tous ces gens qui se déclarent candidats et mettent en avant leurs égos et logiques d’appareils, déplore Frédérique Boyer, co-fondatrice de l’Après 84, qui tenait un point presse ce jeudi. Ne mettons pas la charrue avant les bœufs, l’heure est à la construction d’un programme municipal, le choix de la tête de liste viendra après. L’actualité, ce n’est pas qui va faire quoi mais le quoi. » Dans son viseur notamment, David Fournier, chef de file du PS qui, lors d’un point presse le 25 août, revendiquait sa légitimité par le fait qu’Avignon soit dirigée par une maire socialiste, Cécile Helle. Mais « la ville appartient à ses habitants, pas aux partis politiques », rétorque Frédérique Boyer, en rappelant « les 68% d’abstention en 2020 au second tour », dans un contexte certes de Covid.
Ces deux derniers mois n’ont pas permis aux candidats déclarés membres de la majorité actuelle, David Fournier et Joël Peyre (PRG), d’échanger en vue d’un possible terrain d’entente. Lassé, le premier adjoint Claude Nahoum s’est, lui, rangé derrière Place publique, dont le chef de file, Benoît Belvalette, s’affiche clairement candidat.
« La démarche actuelle d’incarnation n’est pas satisfaisante, on ne peut pas être phagocyté par un thaumaturge, la tête de liste ne pourra sortir que d’un programme construit avec les Avignonnais », veut croire la conseillère municipale Marie-Anne Bertrand, qui vient de rejoindre l’Après, transfuge de Génération.s. « Le fond contre l’égo devrait faire l’unité », résume Bela Loto, militante. Ce combat des chefs menant à la division, s’il se confirme, ouvrirait une voie royale à la droite ou l’extrême droite. « Au sein du NFP local, beaucoup de gens sont favorables à l’union mais, de l’autre côté, chacun tire avec son parti », constate Yves Marie-Cardine, co-référent de l’Après 84, qui reste « optimiste ». Il reste encore un peu de temps pour s’entendre et peut-être même sur d’autres élections nationales avant en cas de nouveau chamboule-tout politique la semaine prochaine.

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