« Aucun casting macroniste ne pourra enrayer cette crise de régime »

La Marseillaise : Quel regard portez-vous sur cette plongée dans l’inconnu orchestrée par la décision du Premier ministre ?

Jérémy Bacchi : On a une rentrée qui s’annonce dense du point de vue institutionnel dans notre pays. Le Premier ministre a fait le choix de s’exposer à un vote de confiance qui peut conduire à son départ le jour même. Il essaie de soigner sa sortie en partant par la grande porte plutôt que par la fenêtre. Or c’est un changement d’orientation politique qui doit s’opérer, pas de casting. Si le budget reste le même, la réponse politique sera la même. Ce qui arrive à François Bayrou est ce qui est arrivé à Michel Barnier. En réalité, on est en train de passer d’une crise politique à une crise de régime qu’aucun nouveau casting macroniste ne pourra enrayer.

Quelle issue peut-on envisager face à cette crise profonde ?

J.B. : Les institutions vieillissantes de la Ve République ne sont plus en capacité de gérer la situation. Il s’agit donc de penser à une VIe République avec un renouvellement des institutions. Les communistes sont prêts à faire des propositions. Mais pour obtenir un progrès social, il faut qu’il soit porté par une mobilisation populaire de grande ampleur. C’est pour ça que je salue le haut niveau de responsabilité des organisations qui appellent à la mobilisation ainsi que la large majorité des citoyens de ce pays qui exprime un soutien à ce mouvement porteur de changement.

On l’a vu durant les derniers mouvements, la frontière entre politique et social est pourtant difficile à franchir. Comment s’y prendre ?

J.B. : Le ras-le-bol est suffisamment important aujourd’hui pour que tout ce qui cloisonnait encore hier, pour que ces clivages savamment entretenus, puissent voler en éclats afin de laisser place à une véritable convergence. L’urgence sociale a fait évoluer les mentalités des uns et des autres vers un besoin d’unité plus grand. C’est ce à quoi les communistes entendent travailler dans les prochaines semaines.

Qu’est-ce qui formera l’ordre du jour de la rentrée des communistes ?

J.B. : En ce qui concerne la rentrée parlementaire, et qui a été avancée au 8, si Bayrou tombe, les travaux seront avortés. Il nous faudra un nouvel agenda pour faire le point sur l’après Bayrou… Quant à celle des communistes du département, c’est un temps fort où il s’agit de tracer une feuille de route avec l’urgence sociale, ce calendrier des manifestations où nous avons toute notre place. Il y a également tous les enjeux municipaux qui seront présentés car nous sommes à huit mois des élections. Nous devons travailler à créer des majorités de gauche. Nous aborderons également tous les sujets liés à l’économie locale, l’énergie, l’industrie, le port…

Assemblée de rentrée du PCF 13, jeudi 4 septembre à 18h30 à la Maison des communistes, 280, rue de Lyon dans
le 15
e arrondissement de Marseille.

Comments

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *