Tag: Vaucluse

  • À Avignon, Olivier Galzi se prépare à changer de costume

    À Avignon, Olivier Galzi se prépare à changer de costume

    Contrairement à dimanche, le vote prévu ce samedi matin, à l’Hôtel de ville d’Avignon, ne devrait réserver aucune surprise. C’est ce jour-là qu’Olivier Galzi deviendra officiellement maire d’Avignon, lors du conseil municipal d’installation, où les nouveaux élus voteront pour désigner le maire et ses adjoints.

    Depuis ce lundi, le désormais ex-candidat DVD s’attelle à préparer son entrée en mairie et endosser un nouveau costume. « Ma troisième vie », dit-il à Vaucluse Matin, après une carrière de journaliste, notamment sur France 2 comme présentateur du JT, puis de vice-président d’Edeis, société de conseil et ingénierie auprès des collectivités locales.

    « Il a la volonté de bien faire les choses, ne pas se précipiter », indique-t-on dans son entourage au sujet de cette semaine de tuilage au cours de laquelle il doit rencontrer, ce mercredi matin, la maire sortante Cécile Helle, pour une première présentation des rouages municipaux. La construction de son cabinet est aussi en cours, avec un directeur en passe d’être intronisé et qui n’était pas dans son équipe de campagne. Romain Lautier, qui pilotait sa campagne, ne prolongera pas l’aventure.

    Au conseil municipal, Olivier Galzi disposera d’une majorité de 38 élus, qui devront s’engager sur une charte éthique autour de l’intégrité. Doyen des conseillers municipaux et issu de sa liste, l’ex-entraîneur de foot Claude Le Roy, déjà élu lors de la mandature 2001-2008 dans l’opposition de gauche d’alors, sera chargé de présider ce premier conseil municipal. La liste de David Fournier (PS) obtient 10 élus. Il n’est pas exclu que deux groupes de gauche se montent, entre les 6 issus initialement de sa liste et les 4 venus de celle portée par Mathilde Louvain (LFI). Le RN et ses 5 conseillers compléteront le casting.

    Dans son discours d’investiture, Olivier Galzi dévoilera la liste de ses premières décisions, qui tourneront autour de son triptyque sécurité-propreté-circulation. Un audit des finances sera certainement commandé, même si la chambre régionale des comptes rendra bientôt un rapport sur la gestion de la Ville. « La tâche est immense », disait-il, dimanche soir, avec la volonté de « rassembler », aussi bien les équipes municipales – là aussi une priorité de rencontres à venir – que l’opposition, « car les Avignonnais n’ont pas besoin de logique partisane ».

  • En Vaucluse, la gauche recule, la droite engrange

    En Vaucluse, la gauche recule, la droite engrange

    Au-delà de l’extrême droite qui s’enracine (lire page précédente), la gauche et la droite ont connu des fortunes diverses.

    Une gauche quasi disparue

    Dimanche, à la nuit tombée, au QG d’un soir de la gauche avignonnaise, on se lamentait. « Il reste quoi comme ville chez nous dans le département ? », entendait-on. Silence gêné dans l’assistance, qui réalisait déjà mal la perte en cours de la ville préfecture, Avignon. La réélection, dimanche dernier, d’Anthony Zilio (SE mais issu de la gauche) à Bollène face à trois listes d’extrême droite, a vite été éclipsée. Ensuite, hormis Entraigues-sur-la-Sorgue, où William Bouquet (DVG) a pris la suite de Guy Moureau (PCF), voire le village de Velleron, dans le Grand Avignon, avec Philippe Armengol (DVG) seul candidat en lice dimanche dernier, et donc réélu maire, le bilan est famélique. Si, avant le scrutin, la gauche ne détenait déjà pas beaucoup de mairies, le faible nombre était compensé par l’importance des communes, les deux plus grandes étaient à gauche : Avignon avec Cécile Helle (PS) et Carpentras avec Serge Andrieu (DVG). Leurs pertes, au profit respectif d’Olivier Galzi (DVD) et d’Hervé de Lépinau (RN), laisse donc un grand vide. Dans une autre mesure, Monteux où Christian Gros, maire (DVG) depuis 1989, n’a pas préparé sa transition, a vu le RN largement s’imposer ce dimanche.

    La droite en regain avec Avignon

    À quelques courtes voix près à Apt et Cavaillon, la droite aurait pu perdre deux bastions au profit du RN, mais Jean Aillaud (DVD), 1er adjoint sortant d’Apt, et Gérard Daudet (DVD), maire depuis 2017 de Cavaillon, ont réussi à conserver, dimanche, dans leur giron, ces communes importantes. À voir si le résultat sera bien validé, les candidats RN battus ayant annoncé leurs intentions de déposer des recours. À l’Isle-sur-la-Sorgue, Pierre Gonzalvez (DVD) rempile, lui, pour un 4e mandat, même si sa victoire n’a pas été aisée face à Romain Dufaud (DVC), qu’il devance de 200 voix sur 9 600 exprimées. Mais c’est surtout la victoire à Avignon d’Olivier Galzi (DVD) qui permet à la droite de reprendre des couleurs, bien que l’ex-journaliste a mené campagne sans le soutien officiel des partis traditionnels, excepté UDI et Horizons. Dimanche dernier, Jean-François Périlhou, président des Républicains 84, et Patrick Adrien (DVD) avaient déjà été confortablement réélus à Vaison et Valréas.

  • La lutte contre le narcotrafic reste la priorité numéro 1

    La lutte contre le narcotrafic reste la priorité numéro 1

    La lutte contre le narcotrafic, qui a marqué le Vaucluse en 2025 avec plusieurs fusillades mortelles notamment à Avignon, restera en 2026, comme en 2025, « la priorité numéro 1 », assure le préfet Thierry Suquet, lors d’une conférence de presse pour faire le bilan de l’activité des services de sécurité publique au cours de l’exercice.

    Entouré des représentants des forces de police, de gendarmerie et des parquets d’Avignon et de Carpentras, le préfet chiffre cette lutte sur 2025 et entend la poursuivre. La préfecture affirme que 11 points de deal ont été fermés en un an. Il en resterait 19 sur le territoire, contre 30 en 2024 et 66 en 2022. Mais aussi 364 armes saisies, soit 11,7 % de plus qu’en 2024. Dans le même temps, 4 653 infractions à la législation sur les stupéfiants ont été constatées en zone police et gendarmerie. Une progression liée notamment à la loi contre le narcotrafic de juin 2025. Celle-ci a notamment permis 4 fermetures administratives de commerces dont le lien avec des activités illégales avait été constaté. « Quand c’est lié à la délinquance, ces fermetures sont très importantes car cela permet de taper dans le porte-monnaie. Les saisies, cela fait parfois plus mal aux délinquants que d’aller en prison », glisse le colonel de gendarmerie William Mialon.

    Du côté de la procureure d’Avignon, Stéphanie Aouine, qui affirme que le Vaucluse « s’est approprié très rapidement les nouveaux dispositifs », on se réjouit également d’une collaboration plus poussée entre les services dans ce combat. « C’est une stratégie qui paye. Il n’y a pas un jour où on ne travaille pas un dossier en lien avec le narcotrafic. Il faut être cohérent et coordonné sur ce sujet », ajoute-t-elle. « Les trafics et la délinquance s’adaptent. Ces dossiers nécessitent plus de technicité », ajoute Hélène Mourges, procureure de Carpentras, qui assure que sa juridiction a deux fois plus de dossiers liés au trafic de stupéfiants que d’autres de taille similaire. D’autant que le nombre de tentatives d’homicide a également augmenté de 28 % avec 45 faits en 2025. Et que « bon nombre de ces faits ont un lien, direct ou indirect, avec des réseaux criminels impliqués dans le narcotrafic », assure la préfecture.

    Violences familiales

    « Les stupéfiants, et les addictions en général, y compris à l’alcool, sont aussi présents dans énormément de dossiers de violences par exemple, notamment intrafamiliales », poursuit Hélène Mourges.

    La lutte contre les violences intrafamiliales est d’ailleurs pointée comme la deuxième priorité des forces de sécurité. Car celles-ci ont nettement augmenté sur le département avec une hausse de 32,5 % des interventions de la police et de la gendarmerie, avec 1 946 actes. Mais surtout quatre homicides en contexte familial.

    Mais aussi la lutte contre les violences faites aux femmes, dans un territoire qui a été le théâtre du procès des viols de Mazan. En 2025, il y a eu 3 842 plaintes de femmes majeures enregistrées, soit une augmentation de 7,2%. Et souligne qu’en 2025, il y a eu moitié plus de peines d’emprisonnement dans des affaires liées à ces violences. Tout en restant vigilants sur d’autres facteurs comme la sécurité routière ou encore les atteintes aux biens.

  • L’optimisme de Renaud Muselier face aux résultats régionaux

    L’optimisme de Renaud Muselier face aux résultats régionaux

    Dans un très long communiqué, le président (Ren.) de la Région Sud, Renaud Muselier, a livré ce lundi son analyse du scrutin municipal. Tout d’abord et largement pour se féliciter de ce qu’il analyse comme « l’échec » de la performance de l’extrême droite dans la région. Elle « ne remporte pas la victoire éclatante que les pronostiqueurs lui prédisaient ».

    Celui qui avait soutenu Martine Vassal, dont les piètres résultats à Marseille sont notamment expliqués par son manque de clarté vis-à-vis de l’extrême droite, se démarque clairement, cite « l’échec cuisant » du RN à Marseille et Toulon et se réjouit : « Ils détiennent aujourd’hui seulement 15 communes de plus de 9 000 habitants. Sur les 946 communes de la région, ils détiennent moins de 2,5% des communes, toutes tailles confondues. »

    « Victoire probante

    du bloc central »

    Et de détailler la situation par département pour se réjouir « qu’aucune mairie » ne soit gagnée dans les Hautes-Alpes et les Alpes-de-Haute-Provence, que dans les Bouches-du-Rhône, « seulement deux communes ont basculé à l’extrême droite soit 1,6% du département » ou que, « en Vaucluse, sur 151 communes, le RN a échoué dans sa conquête, sauf dans quatre villes ». Même dans les Alpes-Maritimes, il trouve une lecture optimiste à l’« élection violente et fratricide » entre Éric Ciotti et Christian Estrosi : la ville « est conquise par l’extrême droite (UDR), mais pas par le Rassemblement national ».

    Renvoyant facilement dos à dos LFI et le RN, Renaud Muselier savoure que, « à gauche, la fusion des listes du Parti socialiste et de la France insoumise a été rejetée par les électeurs. Elle perd ses derniers fiefs de Vaucluse et de l’ouest des Bouches-du-Rhône », même si il « regrette la chute d’Aubagne » qu’il met sur le même plan que celle de Fos-sur-Mer – alors que la première a basculé à gauche et la seconde dans les bras de Philippe Maurizot, candidat soutenu par le label d’extrême droite de Franck Allisio – expliquant ces deux résultats par « le fruit de la division ».

    Et d’en profiter pour en tirer une conclusion toute à son avantage : « C’est donc une victoire probante du bloc central qui conserve trois des quatre grandes métropoles, 90 communes sur les 101 de plus de 9 000 habitants de la région, et 98% des 946 communes de la région. »

    Après avoir félicité « l’ensemble des maires élus et leurs équipes », Renaud Muselier envoie un message qui semble spécialement destiné à Martine Vassal : « Pour les élus d’opposition, je souhaite qu’ils engagent avec les majorités des débats apaisés dans leurs assemblées au profit de leurs concitoyens. »

  • À Avignon, trois enseignements d’un scrutin inédit

    À Avignon, trois enseignements d’un scrutin inédit

    Olivier Galzi, la stratégie payante

    Quand, au cœur de l’été dernier, le nom d’Olivier Galzi a jailli comme possible candidat à la mairie, la circonspection dominait. Que vient faire cet ancien journaliste TV, passé ensuite dans le groupe d’ingénierie auprès de collectivités locales Edeis et qui possède aussi sa propre société de conseil en relations publiques ? S’il a passé une bonne partie de sa jeunesse à Avignon, Olivier Galzi ne s’était jusque-là jamais impliqué dans la vie locale au sens large. À l’instar de Patrick de Carolis à Arles, ex-PDG de France TV devenu maire en 2020, Olivier Galzi aura donc réussi son pari.

    Novice en politique, sans soutien officiel de partis politiques, il insistait quelques minutes après s’être annoncé vainqueur sur le volet historique de sa victoire. « Le défi continue », commente-t-il, regardant dans le rétroviseur d’une demi-année, « où on est arrivé face à des partis structurés là depuis longtemps, qui avaient cultivé leurs réseaux et qui étaient persuadés de n’être jamais délogés ». Tout de même bien marqué à droite, avec une équipe de campagne ayant œuvré dans ces cercles-là et quelques colistiers aussi, Olivier Galzi a aussi profité de la défection, en novembre, de Julien Aubert (LR). Il a donc su aimanter et mobiliser l’électorat qui avait le plus envie de changement après douze ans de gestion de Cécile Helle (PS).

    Après être arrivé en tête au 1er tour sans creuser de forts écarts, la différence s’est opérée dans l’entre-deux-tours, où il a clairement donné le tempo, invisibilisant Anne-Sophie Rigault (RN), en perdition de voix (-800 en une semaine), pour se poser en alternative la plus crédible à la liste d’union à gauche. À l’image de ce que sait faire la gauche quand elle appelle au vote utile et faire barrage à l’extrême droite, Olivier Galzi a utilisé la même recette en « jouant sur les peurs », selon Anne-Sophie Rigault, pour dénoncer « l’alliance PS-LFI de la honte ». Avec un rassemblement dit citoyen, jeudi dernier, dans la plus pure tradition de la gauche. Dimanche soir, au sein de la gauche candidate, bien qu’en déplorant « une campagne dégueulasse », on ne pouvait que s’incliner face à « une stratégie de com’ qui a bien fonctionné ».

    À gauche, une fusion utile, mais sans dynamique

    Comme à Toulouse ou Limoges, où les listes PS et LFI ont fusionné, l’alliance n’a pas été couronnée de succès non plus à Avignon. Quasiment à égalité au premier tour (234 voix d’écart), David Fournier (PS, 19,89%) et l’insoumise Mathilde Louvain (19,03%) se sont rapidement mis d’accord pour poursuivre la campagne ensemble. Sur le papier, le cumul des voix pouvait permettre de nourrir de sérieux espoirs de victoire.

    À l’arrivée, le calcul était plutôt bon, puisqu’en une semaine, la gauche progresse de 450 voix et récolte 38,01% des suffrages. Bien, mais largement insuffisant face au boom dix fois plus important d’Olivier Galzi (+4 454 voix), alors que la participation a cru de 3,6 points. Dimanche soir, personne ne remettait en cause cette stratégie d’union, préalable indispensable pour espérer l’emporter à condition qu’une dynamique s’enclenche. « Il y a eu des réflexes réactionnaires à l’œuvre », analysait David Fournier à chaud, faisant un parallèle au national avec Toulouse, Limoges ou Poitiers. Mais au-delà de cet entre-deux-tours, une partie de la défaite réside aussi dans une ambiance fin de règne, où la course à la succession de Cécile Helle a laissé des traces, tandis que les insoumis et leurs partenaires gagnaient aussi du terrain. Durant de trop longs mois, les habitants ont assisté au bal des prétendants, la situation ne se décantant vraiment qu’un mois avant le 1er tour, avec le renoncement de Paul-Roger Gontard. Pendant ce temps-là, Olivier Galzi a pu imprimer auprès de la population.

    Une participation

    à revoir

    Avec 51,25% de participation dimanche, Avignon enregistre un léger mieux de 3,6 points, soit quelque 2 000 votants de plus. Mais on reste très loin de 65,4% des municipales de 2014 ou des 60,7% du second tour des législatives de juillet 2024. C’est là aussi que la gauche a joué une partie de sa défaite en ne mobilisant pas assez les quartiers dits populaires. Par exemple, au groupe scolaire Louis-Gros, bureau le plus faible en votants (32,53%), David Fournier réalise 58,39%. Son plus gros score est à Saint-Chamand (65,95%), là où seulement 33,15% des inscrits se sont déplacés. Lors des législatives, la participation était presque de 54% dans ce bureau, qui avait alors très massivement voté pour Raphaël Arnault. À l’inverse, Olivier Galzi fait le plein en centre-ville, comme à l’école Bouquerie, où il enregistre son meilleur score (63,29%) dans le bureau qui a le plus voté (68%).

  • Le RN s’ancre davantage dans la région avec 16 mairies remportées

    Le RN s’ancre davantage dans la région avec 16 mairies remportées

    Trois communes conquises dans les Bouches-du-Rhône, cinq dans le Var et huit dans le Vaucluse : le Rassemblement national progresse dangereusement dans la région Sud, tout en pérennisant son implantation dans les localités déjà obtenues en 2020. Dans le Var d’abord, David Rachline (RN) rempile pour un troisième mandat consécutif à Fréjus, grâce à une victoire dès le premier tour. Il a obtenu 51,01% des suffrages, devançant largement sa principale concurrente Emmanuelle Bonnemain (DVC) qui a cumulé, loin derrière, 29,94% des voix.

    Dans le Vaucluse, les quatre villes qui avaient opté pour l’extrême droite au précédent scrutin municipal reconduisent toutes le RN dès le premier tour. À Morières-lès-Avignon (moins de 9 000 habitants), Grégoire Souque (RN) est réélu pour un second mandat avec 66,66% des voix face à la seule autre candidate, Annick Dubois (DVG). Au Pontet, où vivent près de 18 000 âmes, le maire sortant Joris Hebrard (RN) conserve la ville et entame son troisième mandat (60,79% des suffrages). Philippe de Beauregard (RN), qui déjà en 2020 avait réussi une inquiétante percée en rassemblant 70,22% des voix, conserve lui son fauteuil à Camaret-sur-Aigues. Il l’emporte de nouveau dès le premier tour totalisant un score de 72,99%. À Orange, le scrutin marque la fin de la dynastie Bompard. Jacques Bompard, maire de 1995 à 2021, avait cédé son fauteuil à son fils Yann après avoir été condamné pour prise illégale d’intérêts et frappé d’inéligibilité. Yann Bompard, à son tour condamné en janvier 2026 à cinq ans d’inéligibilité pour une affaire d’emploi fictif, a été démis de ses fonctions quelques jours avant les élections, l’empêchant de se représenter. L’inéligibilité de Jacques Bompard ayant été levée en février 2026, celui-ci s’est finalement présenté à la mairie. Mais au second tour, il est battu par le candidat du RN, Jean‑Dominique Artaud, qui arrive en tête avec 35,76% des suffrages. En cumulant les voix de Jacques Bompard et de Jean-Dominique Artaud, les deux candidats classés à l’extrême droite totalisent 68,23% des suffrages exprimés.

  • En Vaucluse, cinq nouvelles villes conquises

    En Vaucluse, cinq nouvelles villes conquises

    L’histoire bégaye. En 1995, Jacques Bompard avait offert au FN d’alors une de ses premières mairies en France, à Orange, à la faveur d’une triangulaire. Une situation qui s’est reproduite en 2014, où Camaret et Le Pontet ont basculé à l’extrême droite lors d’un second tour à trois candidats. En 2020, la gauche avait été divisée lorsque Morières a viré brun. Ce dimanche, le scénario s’est reproduit à Carpentras, miné par la division à gauche de deux désormais ex-maires, et Monteux, où le RN s’est imposé en triangulaire.

    Municipales après municipales, l’extrême droite glane ainsi des mairies sans en perdre. Le cas orangeois mis à part, où Jean-Dominique Artaud (RN) a fini par mettre fin à plus de 30 ans de Bompard, une autre extrême droite, le parti lepéniste, s’implante. Après Le Pontet et Camaret en 2014 (lire aussi ci-dessous), où leurs maires Joris Hébrard et Philippe de Beauregard entament une 3e mandat, puis Morières en 2020 – Grégoire Souque a été réélu dimanche dernier, le RN a conquis cinq communes : Orange par Jean-Dominique Artaud, Carpentras avec le député Hervé de Lépinau – qui devra être remplacé à l’Assemblée par sa suppléante -, Monteux qui a élu Patrice de Camaret, Bédarrides avec Guillaume Taddio et Aubignan, gagnée par la conseillère départementale Marie Thomas de Malleville.

    Il s’en est fallu de très peu à Apt (16 voix) et Cavaillon (47 voix) pour que deux autres grandes communes ne basculent à l’extrême droite, mais finalement conservées par la droite (lire page suivante). En revanche, Louis Bonnet, maire sortant de Mazan, soutenu par le RN, a été battu par Stéphane Claudon (DVC). Pas de quoi consoler le camp progressiste qui a donc vu Carpentras, 2e ville la plus peuplée du département, s’offrir à Hervé de Lépinau. Contrairement à la gauche, l’extrême droite a su mettre de côté ses divisions dans l’entre-deux-tours pour unir ses trois listes. Sans cette fois trouver à redire au soutien de Christian Richaud-Simoni, le candidat initial du parti débranché suite à l’affaire des tweets racistes et injurieux. Ce dernier, bien que non-colistier, était présent dimanche en mairie, bras dessus-dessous avec Hervé de Lépinau. Bien moins radioactif que quand le RN l’avait désinvesti, pour des propos « en totale contradiction avec les valeurs et le projet portés par le RN », selon Thierry D’Aigremont, délégué du RN 84 et désormais conseiller municipal à Carpentras.

    Sénat et intercommunalités en ligne de mire

    « Ma ligne de conduite, c’est l’écoute, je ne ferai rien de violent », promet Hervé de Lépinau, qui devrait endosser l’habit de maire, ce vendredi soir, à l’issue du conseil municipal d’installation. Une réponse au sujet de sa future politique associative, dont les subventions et leurs orientations sont de véritables marqueurs (lire notre enquête du 13 février sur le sujet au sein des municipalités d’extrême droite du Sud-Est). « Plus que jamais, le RN est le premier parti de Vaucluse », s’enorgueillit le RN 84 dans un communiqué, se targuant d’obtenir 300 élus. Maire sortant et sorti, Serge Andrieu (DVG) redoute que « ce résultat, ce sont les plus faibles, les plus précaires, qui en paieront le prix pendant les prochaines années ». Dans un communiqué, relayé aussi par Julien Guérin, secrétaire de la section PCF et colistier de Serge Andrieu, celui-ci estime que « l’heure est donc désormais celle d’une nouvelle génération, qui doit organiser l’opposition à l’extrême droite ».

    Du côté de Renaud Muselier, président (Ren.) de la Région, on a une tout autre lecture des chiffres du RN. « En Vaucluse, sur 151 communes, le RN a échoué dans sa conquête. Il dispose aujourd’hui de huit communes, soit moins de 6% des communes du département », préfère voir Renaud Muselier dans un communiqué, alors que Jacqueline Bouyac, une de ses vice-présidentes à la Région, est réélue de justesse, dans l’opposition cette fois, aux côtés de Serge Andrieu. En attendant certainement l’élection d’un sénateur en septembre, les hauts scores du RN pourraient aussi lui permettre de gérer des intercommunalités, comme c’était déjà le cas à Orange. La Cove à Carpentras, actuellement présidée par Jacqueline Bouyac, ou les Sorgues du Comtat (Monteux, Camaret) sont des cibles possibles.

  • Retour du marché des producteurs ce soir à Avignon

    Retour du marché des producteurs ce soir à Avignon

    Ce retour démarre dès ce lundi à Avignon (17h-19h, allées de l’Oulle). Suivront les mardis à Châteauneuf-de-Gadagne (à partir du 31 mars) sur le plateau de Campbeau (17h-19h) ; les mercredis à Pernes (dès le 25 mars), place Mistral (18h-20h) ; les jeudis à Cavaillon (dès le 26 mars), au Grenouillet (16h-18h30) ; les vendredis à Montfavet (dès le 27 mars), place de l’Église (16h30-19h). Le principe reste le même : proposer des produits 100% locaux (fruits, légumes, pain, fromages, œufs, miels..) et 100% en vente directe.

  • Carpentras emportée par la vague brune devant une gauche divisée

    Carpentras emportée par la vague brune devant une gauche divisée

    La division de la gauche à Carpentras aura donc conduit à ce que la mairie tombe, pour la première fois de son histoire, entre les mains de l’extrême droite. C’est le candidat du Rassemblement National, Hervé de Lépinau, qui l’emporte avec une majorité absolue, avec 50,78% des suffrages exprimés, et obtient 30 sièges au conseil municipal. Francis Adolphe (DVG), maire de 2008 à 2018, contraint de quitter ses fonctions après une condamnation pour violences conjugales, arrive deuxième avec 24,70% et obtient 5 sièges. Le maire sortant, Serge Andrieu (DVG), recueille quant à lui 24,52% et 4 sièges. L’abstention reste élevée : 40,68%.

    À 20 heures, dans les couloirs de l’Hôtel de ville de la capitale du Comtat Venaissin, l’annonce des résultats par Serge Andrieu a commencé avec un souffle d’abattement devant une centaine de personnes acquises à la cause du candidat du parti à la flamme. Après quelques railleries venues du camp d’extrême droite du député de la 3e circonscription de Vaucluse, et avoir serré la main du nouveau premier édile, Serge Andrieu file sans dire un mot.

    Il s’exprimera finalement par communiqué quelques minutes plus tard. « Le résultat de ce soir est une terrible nouvelle pour Carpentras. L’extrême droite remporte notre ville. Elle va en faire son laboratoire, y développer des politiques xénophobes, inégalitaires et profondément injustes. Ce résultat, ce sont les plus faibles, les plus précaires, qui en paieront le prix pendant les prochaines années », pose-t-il. Avant de s’attaquer à celui avec qui une fusion n’a pu s’effectuer : « La responsabilité de Francis Adolphe dans la période sombre qui s’ouvre est immense. Sa haine à mon égard, son orgueil, sa soif de revanche ont condamné notre ville au pire », assure-t-il, avant d’ajouter que « pour contrer l’extrême droite, nous avons besoin de clarté, de conviction et de constance. Tout ce dont Francis Adolphe est dépourvu. L’égo de Francis Adolphe, condamné par la justice pour violences conjugales, était démesuré. C’était profondément contraire à mon honneur de marchander la démocratie ». Il conclut qu’il ne se dérobera pas à ses responsabilités et que « l’heure est donc désormais celle d’une nouvelle génération, qui doit organiser l’opposition à l’extrême droite dans notre ville ».

    « Pff, c’est tout »

    L’ambiance était tout autre au sein du QG de campagne du troisième protagoniste qui, malgré sa défaite, a fini second en devançant Serge Andrieu de seulement 22 voix. « Ça va, on est devant Andrieu », glisse un de ses soutiens. « On est devant Andrieu, j’emmerde le reste », lance une autre. « On n’a rien pu faire. Je ne vais pas verser de larme car je suis toujours dans le coup d’après », lâche, la voix cassée, Francis Adolphe devant une tablée remplie de boissons et de chips. Et comme seule réaction à l’élection de Hervé de Lépinau, un « Pff, c’est tout ». Ses yeux sont désormais tournés vers la Communauté d’Agglomération Ventoux Comtat Venaissin : « J’apporterai ma voix au candidat qui sera le plus proche de nos valeurs, c’est-à-dire qui ne sera pas dans l’extrême droite. Et le combat sera là. » Un combat après l’autre. Mais la division mène à la chute.

    Le vainqueur du soir était lui-même présent en mairie, avec à ses côtés les deux candidats d’extrême droite qu’il avait devancés au premier tour et qui l’ont rejoint ou soutenu au second. À savoir Bertrand de la Chesnais, ancien directeur de campagne d’Éric Zemmour, et Christian Richaud-Simoni, qui était initialement investi par le parti à la flamme, puis désinvesti suite à la découverte de tweets racistes dont quatre colistiers ont rejoint Hervé de Lépinau. Les trois se sont affichés main dans la main. Hervé de Lépinau se réjouit d’une alliance « pas si évidente » et assure qu’il va « redonner du dynamisme » à la ville, sans accabler le bilan du maire sortant. Interrogé sur les inquiétudes des associations concernant d’éventuelles baisses de subventions, il affirme vouloir s’appuyer sur la loi NOTRe de 2015, qui redéfinit les compétences entre collectivités, et précise qu’il attendra des résultats pour chaque contrat passé. Une annonce qui n’augure rien de rassurant pour les structures associatives.