Tag: Var

  • La maire de Toulon vivement applaudie pour la nouvelle piste cyclable

    La maire de Toulon vivement applaudie pour la nouvelle piste cyclable

    Bravo et merci, Madame le maire, d’avoir le courage de faire ce projet que nous demandons depuis plus de 20 ans. » Une première dans le Port du Levant, puisque les félicitations émanent de Maurice Franceschi, président de Toulon Var déplacement et du Collectif tramway, un farouche militant habitué à ferrailler avec les politiques pour tenter de réduire la place de la voiture en ville au bénéfice des transports en commun et du vélo. On a bel et bien changé d’ère. C’est une véritable « vélorution », puisqu’une voie de circulation va être supprimée pour rendre la pratique de la petite reine sécurisée sur l’avenue de la République, dès la mi-juillet. « C’est un choix que j’assume », explique la 1ère magistrate, Josée Massi (SE).

    La piste cyclable bidirectionnelle va être implantée, à titre expérimental, sur la partie nord de cette artère très fréquentée, qui passe devant la mairie. Dès le mois d’octobre, un retour d’expérience sera réalisé afin de procéder, si besoin, à des ajustements, voire à un déplacement de la piste vers le sud.

    Ce projet, élaboré en concertation, nécessitera toutefois de faire appliquer strictement la réglementation concernant les livraisons, qui sont interdites hors emplacements réservés, de 7h à 9h et de 16h à 19h.

    Les travaux, d’un montant de 500 000 euros, débuteront le 17 juin.

    Sur la bonne voie, Toulon doit poursuivre sa transformation afin de favoriser, comme ici, un report modal accru vers le vélo. Des investissements bénéfiques pour l’environnement, la santé et le porte-monnaie. Grincheux s’abstenir, donc.

  • Natation : le bassin flottant de La Seyne ne répond pas aux besoins des élèves

    Natation : le bassin flottant de La Seyne ne répond pas aux besoins des élèves

    On connaît l’importance de l’apprentissage de la natation pour tous à l’école, surtout dans une commune littorale comme La Seyne, où les enfants sont fréquemment exposés aux plaisirs, mais aussi aux dangers de la mer. Et savoir nager – une évidence qu’il est bon de rappeler – réduit significativement le risque de noyade, qui demeure l’une des principales causes d’accidents graves chez les enfants.

    Pour pallier l’absence d’infrastructure digne de ce nom et rendre possible ces apprentissages obligatoires, La Seyne-sur-Mer a mis en place une solution provisoire, qui reste loin de remplir les objectifs en termes d’acquisition de cette compétence pourtant considérée comme un savoir de base, au même titre qu’écrire ou savoir faire du vélo. C’est ce que rappelle l’opposition de gauche, Alternative progressiste.

    « L’acquisition du savoir-nager avant l’entrée au collège constitue un enjeu de sécurité publique, d’égalité des chances et de santé », rappelle ainsi Stéphane Sacco (GRS ), en insistant sur le rôle prépondérant que cela joue également sur l’autonomie des jeunes, leur permettant de profiter pleinement et en sécurité de l’environnement maritime de leur territoire.

    « L’installation d’un bassin flottant en mer pour apprendre à nager aux élèves de CM1 et CM2 est une mauvaise réponse à un vrai problème », ajoute Cédric Turco (PCF). Pour l’élu, également professeur des écoles sur la commune, « il est inadmissible qu’une ville comme La Seyne-sur-Mer ne puisse pas assurer correctement cet enseignement pourtant inscrit dans les programmes scolaires ».

    La deuxième ville du Var n’a toujours pas de piscine

    Un dispositif qui, explique-t-il, peut être particulièrement anxiogène pour les enfants déjà craintifs de l’eau ou de la mer. Un bassin installé en pleine mer, soumis au mouvement des vagues, n’offre pas le cadre rassurant dont beaucoup d’élèves ont besoin.

    Sans compter, insiste le conseiller municipal d’opposition, que cet aménagement « soulève aussi des questions de sécurité ». Parlant d’expérience, il évoque le risque lié aux plaques composant la structure, qui peuvent s’entrechoquer sous l’effet de la houle, emprisonnant les mains et les doigts des enfants.

    Autre problème, qui cette fois ne relève pas du risque mais de la réalité : la capacité bien trop faible de la structure à accueillir tout le monde, avec un nombre d’heures suffisant, et sa dépendance aux conditions météorologiques. Avec des séances souvent annulées. « Nous sommes loin des véritables cycles d’apprentissage dont bénéficiaient auparavant les élèves grâce à la piscine Aquasud, avec un suivi régulier et des conditions adaptées », tempête-t-il.

    Alternative progressiste rappelle également que « de nombreux enfants sont tout simplement oubliés », le dispositif ne concernant que les élèves de CM1 et CM2. « Le savoir-nager doit être accessible à tous les enfants de la ville, dès le plus jeune âge et dans la durée », pointe l’opposition.

    L’occasion de rappeler aussi que la commune, dirigée par le maire (RN) Dorian Munoz, est dans l’obligation de mettre à disposition les moyens nécessaires à l’enseignement de la natation : le maire doit permettre aux élèves de bénéficier, dans le cadre scolaire, d’un véritable apprentissage.

    Florence Guaddacha (GRS) évoque « une solution de circonstance », alors qu’il faudrait « un investissement durable ». La seule réponse sérieuse serait de doter enfin La Seyne d’une piscine municipale.

    « Les enfants seynois méritent mieux qu’un dispositif provisoire. Ils méritent un équipement pérenne, sécurisé et adapté aux besoins de toute la population », conclut Brigitte Cheinet (PCF).

  • La politique environnementale du circuit pointée du doigt

    La politique environnementale du circuit pointée du doigt

    Le sport automobile se retrouve régulièrement sous le feu des critiques concernant ses nuisances écologiques. C’est pourquoi les institutions tentent, depuis plusieurs années, de décarbonner cette industrie à travers différents moyens : promotion de l’usage électrique et du biocarburant, développement de l’hydrogène, ainsi que de lignes de transports en commun pour les déplacements des spectateurs, principal facteur de pollution des compétitions de sport mécanique (82%).

    Des politiques sur lesquelles s’engage le Circuit Paul-Ricard, notamment au travers du compostage de ses biodéchets, l’installation de ruches et de panneaux photovoltaïques, la réduction et la surveillance des nuisances sonores, ou encore l’usage de voitures électriques pour ses équipes techniques. À cet égard, un comité consultatif environnemental est censé se tenir deux fois par an, pour présenter « les projets réalisés pour l’environnement, les résultats des études scientifiques commentées par des spécialistes, les innovations technologiques mises en œuvre afin de garantir la tranquillité publique », indique la direction du circuit.

    Problème : aucun ne se serait tenu depuis plus de deux ans, comme le rapporte l’association Groupe Vigilance 83. « C’est la seule rencontre où nous, voisins du circuit, pouvons faire valoir nos avis et ressentis sur la tranquillité publique, auprès des responsables du circuit, des maires, et des organismes d’État », affirme son président Michel Lahuet dans une lettre adressée au préfet du Var.

    Un comité prévu le 7 juillet

    Un signe, pour le Groupe Vigilance, que « la concertation environnementale n’est plus une priorité pour le nouveau directeur du circuit [Nicolas Deschaux, Ndlr.]. Les nuisances sonores et les troubles environnementaux s’amplifient avec (…) des roulages avec des nuisances sonores de 80 db ». Sur ce constat, l’association invite le préfet à se faire « témoin, du respect ou non, des voisins du Circuit ».

    De son côté, la direction du circuit informe qu’un comité « prévu le 10 mars a notamment dû être reporté au 7 juillet en raison de la période de réserve liée aux élections municipales », précisant qu’une réunion de concertation s’était tenue le 30 avril « en présence des représentants de la préfecture, ainsi que de membres des associations environnementales locales ».

  • Réorganisation provisoire des services de psychiatrie du Centre hospitalier de Toulon – La Seyne

    Réorganisation provisoire des services de psychiatrie du Centre hospitalier de Toulon – La Seyne

    Une béquille pour assurer la continuité des soins pendant l’été. Le CHITS annonce une réorganisation provisoire de son pôle psychiatrique, à compter de ce lundi. Une réponse attendue face à l’avenir incertain du service, pour lequel syndicats et soignants sont mobilisés depuis plusieurs mois, notamment eu égard au départ de trois de ses quatre médecins.

    En conséquence, la capacité de l’Unité de psychiatrie sans consentement (UPSI) de La Seyne passe de dix à sept lits d’hospitalisation, au profit de celle de l’Unité intersectorielle d’hospitalisation en soins sans consentement (UIHSSC) de Toulon, renforcée de 15 à 18 lits.

    Un « beau projet » qui nécessite du recrutement

    Ce réajustement permet aux autres unités de poursuivre leurs activités normalement, et « s’accompagne d’un redéploiement des ressources soignantes (six infirmiers de La Seyne à Sainte Musse) et de renforts médicaux (recrutement de quatre praticiens en formation : deux à Toulon et deux à La Seyne-sur-Mer + recours à l’intérim) afin de garantir des conditions de prise en charge adaptées aux besoins », précise le CHITS. Des mobilités que voulait éviter l’intersyndicale CGT-Sud-CFDT, qui a toutefois obtenu qu’elles reposent sur le volontariat. Mais, à ce jour, « le nombre de volontaires reste insuffisant », alerte-t-elle.

    Pour faciliter le recrutement, notamment via l’accueil d’internes, une fédération médicale regroupant une unité de l’hôpital Sainte Musse et les deux unités seynoises a été créée, sous la responsabilité d’un professeur associé de territoire. « Le médecin de l’Unité G1 de Toulon s’est proposé de fusionner les unités G4 et G5 de La Seyne pour développer l’ambulatoire et limiter les hospitalisations en privilégiant le fait d’aller vers le patient », détaillent Bérangère Mas (Sud) et Valérie Lardet (CGT), représentantes de l’intersyndicale CGT-SUD-CFDT, pour qui ce dispositif incarne « la psychiatrie de demain ».

    S’il a permis « d’éviter le pire, à savoir la fermeture de six services psychiatries essentiels pour la population seynoise », reconnaissent les syndicats, ce plan global n’en reste pas moins une solution d’urgence, et « sera réévalué dès que les recrutements permettront un retour à une organisation pérenne », appuie le CHITS. Il conviendra donc de « rester vigilants. On espère un recrutement rapide, on ne lâchera pas la pression. Le professeur propose un beau projet mais sans psychiatres, on ne fera rien », annoncent Bérangère Mas et Valérie Lardet. En plus de cela, l’intersyndicale réclame « le maintien d’une psychiatrie de proximité à La Seyne, le respect du volontariat dans les mouvements de personnel et une transparence totale sur l’avenir des structures psychiatriques du territoire. »

  • Le maire Dominique Lain s’est éteint à l’âge de 61 ans

    Le maire Dominique Lain s’est éteint à l’âge de 61 ans

    Le Var est en deuil. Dominique Lain, maire du Luc-en-Provence, est décédé dimanche 14 juin aux alentours de 23 heures, à l’âge de 61 ans. Hospitalisé à l’hôpital de la Timone à Marseille après un infarctus survenu à la fin du mois de mai, il avait été opéré, mais n’a finalement pas survécu. L’annonce a été faite par la mairie sur Facebook.

    « Engagé »

    La semaine dernière, l’élu avait annoncé sa mise en retrait de la vie politique pour quelques mois. Élu maire en 2020 puis reconduit en mars dernier, il était également conseiller départemental depuis 2015, vice-président du conseil départemental du Var chargé de la sécurité et de la prévention des risques, président du Sdis 83 (Service départemental d’incendie et de secours) et de la communauté de communes Cœur du Var.

    Le préfet du Var Simon Babre, dans un communiqué, salue « un élu de terrain, proche de ses concitoyens, engagé pour offrir une ambition à sa commune du Luc-en-Provence et pour la concrétiser ».

    L’émotion est forte dans le département. Le président du conseil départemental, Jean-Louis Masson, a évoqué « une immense tristesse » après la disparition de son « ami fidèle ». Il a salué « un élu d’exception, profondément attaché à son territoire et à ses habitants », soulignant son « courage », sa « loyauté » et sa « profonde bienveillance ». Dans un communiqué, les sapeurs-pompiers du Var décrivent un « président disponible et impliqué ». Les hommages se multiplient également de la part de nombreuses personnalités politiques varoises, tels que Thierry Bongiorno, maire de Gonfaron, ou Yannick Simon, ancien maire de Cabasse et ancien président de Cœur du Var, tous deux proches du disparu.

    Au Luc-en-Provence, un livre de condoléances a été ouvert à l’accueil de la mairie. La première adjointe, Élisabeth Mariottini, devrait assurer l’intérim à la tête de la commune jusqu’à l’élection d’un nouveau maire par le conseil municipal.

  • [Coupe du Monde] Les Diables Rouges arrivent lancés au Mondial face à l’Égypte

    [Coupe du Monde] Les Diables Rouges arrivent lancés au Mondial face à l’Égypte

    Arrivé en janvier 2025 à la tête d’une sélection noire-jaune-rouge traumatisée par deux tournois manqués (élimination au premier tour du Mondial-2022 et en huitièmes de finale de l’Euro-2024), le coach français a redonné de l’allant à la formation du plat pays.

    L’ancien entraîneur de Lille, l’AS Rome, l’OM, l’OL et Naples, a d’abord assuré sa légitimité en remplissant ses deux premiers objectifs : maintenir la Belgique dans le groupe A de la Ligue des nations et la qualifier pour la Coupe du monde américaine.

    Au-delà des chiffres, Garcia a surtout bien géré la passation de témoin entre la génération (a)dorée portée par Eden Hazard et la nouvelle vague de joueurs talentueux emmenée par Jérémy Doku.

    De Bruyne peut « profiter »

    De l’équipe qui avait terminé troisième du Mondial-2018, restent Thibaut Courtois, Axel Witsel, Thomas Meunier, Kevin De Bruyne et Romelu Lukaku sur lesquels Garcia continue de s’appuyer pour encadrer les jeunes.

    De l’avis des médias locaux, le principal mérite du coach français est d’avoir insufflé de l’enthousiasme au sein d’un groupe plombé par des problèmes d’ambiance lors des deux derniers tournois.

    « Chapeau à Rudi Garcia pour son coaching et sa gestion. Il a su s’adapter aux éléments à sa disposition tout en créant un équilibre et une bonne ambiance dans ce groupe », a récemment souligné l’ancien sélectionneur Georges Leekens.

    Samedi en conférence de presse, Kevin De Bruyne a confirmé : « Le coach a créé un bon lien avec tout le groupe. L’ambiance est vraiment bonne et on sent que tout le monde est à fond dans le projet. »

    Le joueur de 34 ans apprécie que Garcia lui « octroie de la liberté, à (son) meilleur poste », ce qui n’avait pas été le cas sous Domenico Tedesco au dernier Euro, ni en club cette saison à Naples avec Antonio Conte.

    « Je suis à un point de ma carrière où je peux davantage profiter de ce genre de tournoi. Je comprends mieux ce que signifie représenter son pays dans quatre Coupes du monde », a ajouté De Bruyne qui se félicite du « sentiment positif » qui règne dans le groupe.

    Les joueurs arrivent au Mondial avec le plein de confiance après des succès prometteurs en préparation au début du mois, 2-0 en Croatie et 5-0 face à la Tunisie.

    Et lors d’une mini-tournée américaine fin mars, les Diables Rouges avaient surclassé les États-Unis (5-2) avant d’accrocher le Mexique (1-1).

    « KDB » prévient toutefois ses équipiers : « Le premier match est toujours difficile car tout le monde est extrêmement motivé. Lors de mes trois premières Coupe du monde, je n’ai pas souvenir d’un match facile. »

    « L’Égypte a un jeu très physique donc ce ne sera pas facile mais nous faisons tout pour être prêt pour cette rencontre », assure le génial gaucher alors qu’après leur duel face aux Pharaons de Mohamed Salah, les Belges affronteront la Nouvelle-Zélande et l’Iran.

    Deux adversaires plus abordables sur le papier, mais qui restent capables d’un exploit contre des Diables Rouges parfois trop timorés.

  • [Entretien] Nathalie Rocailleux : « Le bruit des pantoufles c’est celui qui tue »

    [Entretien] Nathalie Rocailleux : « Le bruit des pantoufles c’est celui qui tue »

    La Marseillaise : Les années passent et on a l’impression d’être toujours confronté
    aux mêmes blocages concernant
    les violences faites aux femmes ou aux enfants. C’est votre sentiment
     ?

    Nathalie Rocailleux : Lorsqu’on a fondé AFL Transition, il y a 26 ans, l’objectif était de travailler main dans la main avec les services publics. C’est ce qu’on arrive à faire. Pas avec tous. Parce que la cause des violences faites aux femmes et des violences faites aux enfants dérange. On oppose souvent le bruit des bottes au bruit des pantoufles. Mais le bruit des pantoufles, c’est celui qui tue aujourd’hui, c’est celui qui a tué la petite Lyhanna.

    Il y a plusieurs façons d’être violent. Il y a cette violence passive, cette passivité violente, en fait. Quand on ne traite pas un dossier c’est une situation de personne qui souffre qu’on choisit d’ignorer. Ainsi que l’article 15.3 qui précise l’obligation de prendre la plainte. Et lorsque la plainte est prise, on accuse la victime, on lui fait porter la culpabilité. La semaine dernière, je suis allée porter plainte parce qu’un auteur a menacé mes équipes. Tout de suite, j’ai été culpabilisée. « Est-ce que vous êtes sûr que… », m’a-t-on demandé. Tout ça parce qu’on n’a pas envie de faire le job.

    Le citoyen ou la citoyenne qui va déposer plainte et qui est reçu comme ça sent bien que la personne n’a pas envie, qu’elle le fait à la dégoûté. Donc en fait, déjà, dès ce premier maillon-là, il y a un problème.

    La dernière situation de viol que j’ai accompagnée, c’était à Marseille. Il y avait des policiers qui rigolaient et qui se racontaient leurs dernières histoires sexuelles… Là où des mineurs viennent dire leur viol ! Il y a un problème d’annulation de la conscience morale. Donc le plus gros problème de ce système-là, c’est le cynisme.

    Comment en sortir ?

    N.R. : Il faut arrêter la culture du chiffre pour endosser une culture de la qualité réelle. Et la culture de la qualité réelle, c’est une qualité de capacité d’écoute, de soft skills, c’est-à-dire ce qu’on appelle les compétences douces. Être au minimum dans une capacité empathique, c’est ça, le professionnalisme. Donc ça suppose d’être formé, d’avoir une conscience morale forte, intégrée, un cadre d’action et une institution qui contrôle.

    Ce que je veux dire, c’est que le service public, l’institution publique et le service public, c’est quelque chose à défendre. Il faut arrêter de le diviser. Et quand on ne fait rien, on le divise en réalité. On le divise avec la population, on fait monter l’extrémisme puisqu’il y a un défaut de confiance. Et c’est contre ça que je suis le plus en colère en réalité. Parce qu’on est en train de créer une société de petites guerres intestines, une société de vengeance, au lieu d’avoir un État de droit et une société de justice.

    Vous dites que lutter contre
    les violences intrafamiliales,
    les prévenir, aider et soutenir
    les parents pour améliorer l’éducation de leurs enfants,
    c’est faire progresser la société sur tous les plans…

    N.R. : AFL Transition a été au départ fondée pour faire de la prévention. Parce que le curatif, ça ne fait pas tout.

    On a créé les pauses-parents, qui sont des lieux de prévention primaire avant que les problématiques arrivent dans les familles, pour repérer et aider les personnes qui ont eu des traumatismes complexes dans leur enfance et qui seraient susceptibles de les reproduire, soit du côté de l’auteur, soit du côté de la victime. Parce que ce qu’il faut savoir, c’est qu’une victime qui n’est pas traitée comme victime, qui n’est pas reconnue comme victime par la société, elle est potentiellement susceptible de devenir un auteur. Donc ça veut dire qu’une mère, qui a vécu des agressions sexuelles dans l’enfance et qui n’a pas été reconnue comme victime, va, potentiellement, inconsciemment reproduire le schéma d’être dans le désir de trouver un auteur de violences sexuelles sur enfant, pour exposer ses enfants afin que la justice passe enfin. C’est un schéma inconscient que nous, psychologues cliniciens, connaissons bien.

    D’où l’énorme responsabilité des services régaliens. Parce que plus on reconnaît les victimes, plus on va combattre aussi le crime de la génération d’après. On n’a pas le droit de ne pas s’en donner des moyens.

    Et quand je vois des scellés qui ne sont pas classés, perdus et qu’on ne mène pas d’action corrective, je dis que ce sont des problématiques opérationnelles qui entravent la justice.

    Ce qui pose le problème de
    la conservation des preuves…

    N.R. : Complètement. On a des prélèvements organiques sur des mineurs ou des majeurs victimes de viol, par exemple des prélèvements capillaires sur de la suspicion de GHB, une substance extrêmement volatile, pour lesquels les services de laboratoire de la police sursaturés passent 2 ou 3 mois après. Et il n’y a plus de preuves, puisqu’il n’y a plus de substance.

    On a dit qu’on allait faire baisser le nombre de féminicides mais il fallait investir totalement là-dedans. D’abord ça aurait évité des souffrances, évité de la criminalité. La justice mérite d’avoir des moyens parce que c’est la société tout entière qui mérite de sortir des logiques cyniques. À AFL Transition, on a reçu une lettre d’un procureur de Toulon d’il y a quelques années qui nous menaçait de supprimer nos financements si on continuait à dire dans la presse qu’il y avait 87% de classements sans suite. Pardon, mais c’est inacceptable. C’est inacceptable pour une société de paix. On a envie d’avoir une société de justice et de revaloriser ces services publics.

    C’est un problème sociétal
    et politique… Vous expliquez d’ailleurs que ces femmes victimes de violences portent
    en elles l’héritage douloureux
    de toutes les oppressions
    de l’Histoire…

    N.R. : Absolument. C’est tous les jours qu’on doit se souvenir de l’Histoire, les femmes et les enfants aujourd’hui restent les êtres les plus opprimés de la planète. Les femmes représentent la catégorie sociale la plus opprimée, c’est la prolétaire du prolétaire. L’esclave de l’esclave. L’opprimée de l’opprimé.

    De la pauvreté jusqu’aux violences, je pense qu’aujourd’hui on est dans une société qui dit stop !

    Les femmes n’ont jamais usé de la violence pour pouvoir dénoncer des faits. Elles auraient pu le faire. C’est pour ça que ça n’arrive qu’au XXIe siècle. C’est juste une prise de conscience qui aujourd’hui est partagée avec des hommes. Je dis bien avec les hommes. Je ne dis pas avec les mâles, parce qu’il y a encore beaucoup de mâles.

    J’espère que les qualités qui sont prêtées au féminin, les qualités de sensibilité, d’empathie vont arriver chez tout le monde dans notre société. Chez les hommes politiques en premier, parce que les gens en ont marre en fait, ils ont besoin de transparence, de sincérité, d’engagement réel. Quand on a monté la Maison Françoise-Giroud et que nous sommes allées voir Renaud Muselier, le président de la Région, c’est le médecin qui m’a répondu. Nous ne sommes pas du tout du même bord. Lui, c’est quelqu’un de droite moi je suis quelqu’un de gauche qui aime valoriser l’être humain et la dignité humaine.

    Pour conclure sur une note positive, après un sous-financement chronique qui a failli avoir raison de l’association, les choses se passent plutôt mieux aujourd’hui dans le Var…

    N.R. : On a un préfet intelligent qui a pris la peine de faire le tour des structures, d’aller rencontrer les acteurs, de se rendre compte sur place de ce qui se passe au lieu de rester dans son bureau à recevoir les gens. Il s’est forgé son libre arbitre, et ce libre arbitre ça sert toujours les institutions. Il a remis de la République dans son administration.

    « On n’a pas le droit de ne pas se donner les moyens d’avoir une société de paix et de justice »

  • À Toulon, une mobilisation le 16 juin pour que le 1er mai reste sanctuarisé

    À Toulon, une mobilisation le 16 juin pour que le 1er mai reste sanctuarisé

    Voilà 137 ans que la IIe internationale socialiste, réunie à Paris le 20 juillet 1889, a décidé de faire du 1er mai une journée de manifestation dédiée aux droits des travailleurs. Sanctuarisée au fil du temps, elle devint un jour férié et chômé en France en 1946, et est célébrée dans le monde entier en tant que Journée internationale de lutte pour les droits des travailleuses et travailleurs.

    Une loi « au nom du profit »

    Sauf que cet acquis est aujourd’hui remis en cause. Il l’a d’abord été de manière diffuse par François Bayrou, qui, alors Premier ministre, proposait en juillet 2025 de supprimer deux jours fériés, sans les cibler précisément, pour générer des recettes supplémentaires dans le cadre du projet de budget 2026. En avril, son successeur, Sébastien Lecornu, a remis l’idée sur la table en autorisant « les boulangers indépendants artisans, les fleuristes indépendants artisans (à) ouvrir ce 1er-Mai ». De quoi ouvrir une brèche, après avoir repoussé, sous la pression syndicale, un projet de loi. C’est une proposition de loi qui sera examinée par le Sénat ce 16 juin examinera. Si elle se limite aux boulangers et fleuristes, le danger de la généralisation est réel.

    De quoi susciter la colère de l’intersyndicale Unsa-CGT-Solidaires-FSU dans le Var. « Après les retraites, les droits sociaux et les services publics, le gouvernement veut banaliser le travail le 1er-Mai au nom du profit et des lobbies économiques », dénonce-t-elle, appelant à se mobiliser ce même jour, à 12h, devant les locaux de l’Union patronale du Var.

    « Faire travailler davantage celles et ceux qui peinent à boucler les fins de mois ne répond en rien à l’explosion des prix [..], aux salaires qui stagnent et à la précarité qui gagne du terrain », pointent les syndicats, qui dénoncent également les manœuvres de « l’extrême droite, [qui] tente de détourner la colère sociale en désignant des boucs émissaires et en essayant de se mettre dans la poche du patronat. Elle vote contre les intérêts des salariés, les droits syndicaux, les solidarités ». Avant de conclure : « Le progrès social se construit par l’unité des travailleurs, pas par la division ! »

  • 2000 personnes ont coloré les rues de Toulon pour la Marche des fiertés

    2000 personnes ont coloré les rues de Toulon pour la Marche des fiertés

    Une vague arc-en-ciel a déferlé dans les rues de Toulon samedi après-midi, à l’occasion de la 7e édition de la Marche des fiertés. Près de 2 000 personnes se sont offert un shot de couleur et de bonheur qui a largement dépassé les frontières du cortège. Le point d’orgue d’une après-midi festive et militante, débutée dès 13h place d’Armes, où était installé le Village des fiertés, animé par des associations LGBTQIA+. De quoi faire monter la température avant le départ de la Marche vers 17h.

    Chacun avait une bonne raison d’être là

    Cette année, le mot d’ordre de la Quinzaine des fiertés était « Être soi-même est un droit, pas un privilège ». Un slogan qui fait écho « aux lois votées sans être appliquées et aux discriminations subies par les personnes LGBT », explique Bruno Savian, président du collectif Fiertés Toulon. Chacun en a fait sien et a su trouver sa place en ce moment de communion, à l’image de Johanna, venue, avec sa fille de 10 ans, soutenir son fils, Tony, dans son parcours de transition : « Trop peu de parents le font », déplore-t-elle.

    Pour Élodie, c’était une première : « Je me suis renseignée sur l’événement et le contexte m’a beaucoup plu. » Et l’occasion d’inculquer à son petit garçon « qu’on est tous égaux, peu importe qui on est ». Stéphane et Yann, tous deux Seynois, sont des habitués. Dans une ville où le RN gagne du terrain, « il faut se faire entendre, à Perpignan aussi, par exemple, et dans toute la France ». Et ne plus avoir peur d’être soi : « Sortez du placard ! », s’exclame Yann. « Aujourd’hui, il y a des familles, des personnes handicapées… Cette Marche montre aux gens qu’ils ne sont pas seuls et qu’ils sont représentés. »

    Eva, elle, tient à rendre hommage « aux personnes qui sont mortes pour nos droits, pour pouvoir s’aimer ». Pour la jeune femme, il n’y a qu’un moyen de le faire : « Aimez-vous et ne le cachez pas. » Un message simple, pour une idée nécessaire.

  • Les sections du PCF de la région ont tenu leurs congrès

    Les sections du PCF de la région ont tenu leurs congrès

    De Martigues à Embrun en passant par Toulon ou Marseille, les différentes sections locales du Parti communiste français de toute la région ont tenu leurs congrès, ou conférences de section, ce week-end. « Il y aura eu 38 congrès de sections qui se seront tenu d’ici mardi soir. La plupart l’ont fait entre jeudi et ce week-end », relate Dylan Zeitoun, responsable fédéral de la vie du parti dans les Bouches-du-Rhône. Avant de rappeler que ces congrès se déroulent à quelques semaines du congrès national du PCF à Lille, début juillet : « L’objectif c’est aussi de travailler à l’unité des communistes signataires des 4 textes. » Dans son département, les militants ont approuvé à 74% le texte du conseil national (CN) comme base commune. « Il y a une confiance dans la direction et ses orientations. Pour autant, les camarades essaient de trouver un élan. » De quoi bien préparer les différents congrès fédéraux qui se dérouleront également simultanément, le week-end prochain. « On veut créer les conditions d’être en ordre de bataille dans la perspective des élections. Les communistes ne se cantonnent pas aux échéances électorales mais savent que c’est un moment attendu », martèle Dylan Zeitoun.

    Même retour dans les Alpes-de-Haute-Provence où 9 sections ont également fait leurs conférences. « Elles se sont déroulées dans la sérénité, avec la volonté d’avancer très sérieusement pour enrichir le texte de la base commune », explique Bertrand Perrin, secrétaire fédéral. Comme pour les Bouches-du-Rhône, ce moment de démocratie a permis un « renouvellement » dans certaines sections.

    « S’enrichir mutuellement »

    « Il y a des camarades qui laissent la place à des jeunes, avec le sentiment d’une passation générationnelle », développe Bertrand Perrin, notant que le texte de base commune a été voté à 65% dans son département.

    Si le texte proposé par le CN n’a été voté qu’à 48% dans le Var, les débats des congrès des 18 sections ont été tout autant enrichissant. « Il y a des discussions qui reflètent une diversité d’opinion mais une volonté de converger. Beaucoup de camarades veulent piocher de bonnes réflexions dans les différents textes, pour s’enrichir mutuellement », relate Pierre Daspre, secrétaire fédéral varois.

    « Tout le monde a quelque chose à amener, les congrès se sont déroulés de manière très fraternelle », abonde Sophie Delfino, secrétaire fédérale pour les Hautes-Alpes qui compte 5 sections et où « la base commune proposée par le CN a été plébiscitée à 84% ».