Tag: Toulon

  • La CGT du Var mobilisée pour les travailleurs migrants

    La CGT du Var mobilisée pour les travailleurs migrants

    Le 23 janvier, alors ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau établissait une circulaire sur les orientations générales relatives à l’admission exceptionnelle au séjour prévue par le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda). Une manœuvre ayant pour but de réduire de 30% (de 30 à 20 000) les titres de séjour accordés, et de « discipliner le corps préfectoral », dénonce la CGT. Cela, en conditionnant drastiquement les conditions d’obtention de titres de séjour (7 ans de présence sur le territoire contre 5 auparavant [hors régularisations par le travail, qui restent à 3 ans], maîtrise de la langue…).

    Une orientation qui ne modifie pas la loi, ni les dispositions prévues par le Ceseda : chacun peut demander une CST (Carte séjour temporaire en salarié, ou travailleur temporaire) ou VPF (Vie privée vie familiale), pour des considérations humanitaires, pour les personnes confiées à l’Aide sociale à l’enfance ou à un tiers de confiance entre 16 et 18 ans suivant depuis six mois une formation professionnelle. L’article L-435 traite quant à lui des métiers en tension. C’est sur celui-ci qu’incite à se baser la circulaire Retailleau, alors que la liste « n’est pas finalisée et ne contiendra que très peu de métiers exercés par les travailleurs migrants car occupés et donc pas en tension », pointe la CGT.

    Les OQTF « assimilés

    à des terroristes »

    Une circulaire que dénonce l’UD CGT 83, mobilisée jeudi devant la préfecture dans le cadre de la Journée internationale sur la protection des droits des migrants. « Ces gens fuient la guerre, travaillent, et sont mis en situation de grande précarité. On veut des titres de séjour pour les travailleurs sans-papiers, un accès rapide pour les renouveler et la continuité des droits sociaux », exige Richard Roméo-Giberti, secrétaire général UD CGT 83.

    « La circulaire ralentissant la délivrance, des travailleurs sont licenciés faute de titres de séjour renouvelés à temps. L’objectif est de faire pression sur la préfecture. Les demandes de renouvellement sont réalisées quatre mois en avance, cela laisse largement le temps de les traiter », soutient Patrice Moulun, secrétaire générale de l’UL CGT Toulon. « Des corps entiers dépendent des travailleurs immigrés, comme la propreté, où 85% des salariés ne sont pas nés en France, la restauration, le bâtiment… C’est hypocrite car on les accepte pour travailler, tout en leur mettant une pression inhumaine. Certains sont même victimes de traite d’êtres humains, sans contrat ni salaire » dénonce Sébastien Bois, secrétaire du syndicat de la propreté du Var.

    Derrière tout cela est pointée la réalité de la majorité des OQTF, « souvent assimilés à des terroristes alors qu’ils ne sont pas des criminels, mais subissent la lenteur administrative. D’où leurs difficultés à aller aux prud’hommes, et les hésitations à faire valoir leurs droits, qui ne disparaissent pourtant pas avec l’OQTF », dénoncent de concert les trois syndicalistes. Ces deniers ont demandé une audience « sur les problèmes concrets, au cas par cas » au préfet, avec qui ils travaillent « depuis quelques semaines pour prendre en compte la réalité locale », et espèrent pouvoir mobiliser, par la grève, « afin de faire bouger les choses, comme ça a été le cas en Île-de-France ».

  • Toulon : la police ouvre le feu et blesse grièvement la passagère d’un véhicule après un refus d’obtempérer

    Toulon : la police ouvre le feu et blesse grièvement la passagère d’un véhicule après un refus d’obtempérer

    Il est 19h30, ce mercredi soir, lorsque des coups de feu se font entendre dans le quartier du Pont du Las, à Toulon, près de l’église Saint-Joseph. Une voiture blanche de type berline vient d’être ciblée par des agents de la police nationale après avoir renversé un policier stagiaire suite à un refus d’obtempérer.

    Le chauffard tentait d’échapper à un contrôle consécutif à une infraction routière, tel qu’on peut le voir sur une vidéo qui circule sur internet.

    Malgré les tirs, il parvient à prendre la fuite. Le véhicule est retrouvé à l’abandon, 500 mètres plus loin, avec à son bord la passagère, grièvement blessée par balle, notamment au niveau de la nuque, tel que le rapporte le procureur de la République de Toulon. Particularité : celle-ci se trouvait à gauche, puisque la voiture était de type anglo-saxon, ce qui pourrait avoir eu une incidence sur la destination des tirs.

    Elle est rapidement transportée en urgence absolue en direction de l’hôpital Sainte-Anne, où elle a subi une intervention chirurgicale pendant la nuit.

    Le conducteur rapidement interpellé, le parquet et l’IGPN ouvrent deux enquêtes.

    Le conducteur du véhicule, en état d’ébriété avancé, est interpellé quelques minutes plus tard, près du domicile de la victime. Il est placé en garde à vue pour « refus d’obtempérer aggravé, non assistance à personne en péril, vol de véhicule (qui appartenait à un membre de sa famille) et tentative d’homicide sur un policier ».

    Le Parquet de Toulon a ouvert une enquête confiée à la Division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) du Var. Comme le prévoit la procédure, les deux policiers ayant fait usage de leurs armes ont également été placés en garde à vue. Ils s’y trouvaient encore ce jeudi matin. Une seconde enquête de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été ouverte pour « violence avec arme par personnes dépositaires de l’autorité publique ».

    Le policier renversé, légèrement blessé mais choqué, a été pris en charge par les secours.

  • Un livre pour éviter le piège de la division

    Un livre pour éviter le piège de la division

    On a vu bien trop souvent cette stratégie mise en œuvre par les capitalistes pour pouvoir étendre leur taux de profit et leur influence politique, et dévier la colère des travailleurs », dénonce Jean-Pierre Kaspereck, président de l’Institut d’histoire sociale (IHS) de la CGT du Var, en présentant à la Bourse du travail le dernier ouvrage édité par l’IHS : L’Arabe, nouveau bouc émissaire du capital*. Il s’agit d’en démonter les rouages afin d’armer les syndicalistes pour mener la bataille des idées sur le terrain en répondant à l’offensive des extrêmes droites.

    « Si j’ai écrit ce livre, c’est d’abord parce que nous vivons un moment de bascule où le capitalisme, en crise profonde, cherche à survivre non pas en répondant aux besoins des peuples, mais en désignant de nouveaux coupables », explique à ses côtés André Prone. Après le Juif, l’Arabe, le musulman ou le migrant sont devenus aujourd’hui, explique-t-il, les boucs émissaires privilégiés pour détourner la colère des peuples et fracturer le monde du travail. Avec pour résultat une montée en puissance des extrêmes droites.

    Un racisme utilisé comme outil politique, poursuit l’essayiste, pour faire accepter la précarité, la financiarisation, le chômage de masse et la destruction des droits sociaux orchestrés par le néolibéralisme.

    Nouvel ennemi intérieur

    Un nouvel ennemi intérieur apparaît, le musulman ou le jeune des quartiers populaires, désigné comme responsable de tous les maux pour faire oublier ceux qui prospèrent toujours davantage sur la misère. Une stratégie de pouvoir visant à « empêcher l’unité des exploités ». Il s’agit, une fois encore, de diviser pour mieux régner, c’est-à-dire opposer les éléments d’un tout pour les affaiblir et à user de son pouvoir afin de les influencer.

    « C’est pour cela que ce livre est profondément syndical, profondément CGT : parce qu’il parle du cœur de la lutte de classes », insiste André Prone.

    L’ouvrage L’Arabe, nouveau bouc émissaire du capital entend en effet démontrer, argumente l’auteur, comment les discours racistes et sécuritaires deviennent aujourd’hui un mécanisme de gouvernement, alimenté par des médias possédés par des milliardaires et une classe politique qui court derrière l’extrême droite. Pendant ce temps, « l’État criminalise les solidarités et s’attaque aux mouvements sociaux ».

    Une analyse renforcée par la préface du politologue Raphaël Porteilla, qui inscrit ce livre dans le temps long. Celui des luttes anticoloniales, de la résistance au fascisme et au racisme d’État, mais aussi celui, toujours actuel, de l’internationalisme défendu par la CGT depuis sa création.

    Pour continuer ce combat, il ne suffit pas de dénoncer. Il faut aussi montrer la voie. C’est ce que propose ce nouveau livre de l’IHS, qui se veut également être « une boussole ».

    Le tout étant de bien comprendre que « l’extrême droite n’est pas un accident démocratique, mais la conséquence logique d’un capitalisme qui n’a plus rien d’autre à offrir que la peur, le racisme et la guerre. Et il rappelle surtout que si la division est l’arme du capital, l’unité est l’arme des travailleurs ». C’est pourquoi L’Arabe, nouveau bouc émissaire du capital est davantage qu’un constat, mais « un appel à reconstruire un mouvement social conscient et à refuser la guerre et la haine ».

    « Il est urgent de montrer la source du mal-être pour ne pas que la colère continue de s’abattre sur tous ceux qui n’y sont pour rien », conclut Jean-José De Ubeda, membre de l’IHS.

  • Pour porter un autre regard sur l’Histoire des migrations et ses richesses

    Pour porter un autre regard sur l’Histoire des migrations et ses richesses

    C’est devant le panneau d’expression libre du boulevard Tessé à Toulon que nous retrouvons les militants du Comptoir des idées pour une nouvelle campagne d’affichage. Il s’agit cette fois d’inviter la population toulonnaise à venir s’informer sur les richesses que recèle le terme d’immigration si empreint de fantasmes et de contre-vérités sur lesquels prospèrent les extrêmes droites. Histoire de faire tomber le voile qui cache une réalité à se réapproprier pour déjouer les manipulations idéologiques et se retrouver mieux armé pour mener la bataille des idées. Pour faire vivre le débat et la réflexion l’historien Yvan Gastaut viendra présenter jeudi à l’Hélice* le livre France terre d’immigration (Documents), qu’il a coécrit sous la direction de Nicolas Bancel avec Pascal Blanchard et Naïma Yahi.

    Un ouvrage ambitieux qui donne à voir les multiples échanges mis en place par la France avec les populations issues du monde maghrébo-oriental, et ce du début du VIIIe siècle jusqu’à nos jours. « Avec des relations parfois conflictuelles, parfois fusionnelles, mais jamais rompues, et encore en tout cas beaucoup trop méconnues », explique le président du comité Toulon- La Seyne de la Ligue des droits de l’Homme Roland Biache.

    Treize siècles de rencontres et d’échanges

    L’occasion de porter un autre regard sur les liens ainsi tissés, mais aussi sur les mouvements migratoires qui vont se densifier à partir du XIXe siècle avec le besoin de main d’œuvre engendré par la révolution industrielle et se développer au siècle suivant, notamment en provenance du Maghreb, d’abord d’Algérie puis de Tunisie et du Maroc. Et de montrer tous les apports engendrés génération après génération, que ce soit au niveau politique, sportif, économique, artistique et littéraire.

    « Ce métissage n’est pas le résultat d’une prétendue brusque vague migratoire, mais bien celui de treize siècles d’histoire commune », insiste le militant des droits humains. Dont la colonisation fait également partie. Tout comme l’orientalisme, ce courant artistique qui a tant fait rêver au XIXe siècle. Une soirée au cours de laquelle il sera également question de la place de ces travailleurs immigrés dans la construction de la France.

    L’occasion de mettre en avant le soutien de la CGT qui leur a permis de se battre pour la reconnaissance de leur dignité, après avoir été très longtemps maltraités, sous-traités et sous-payés. Il sera aussi question de tout ces hommes que l’ont a fait venir pour combattre sur le sol européen lors des deux guerres mondiales, et rapatriés dans leur pays d’origine une fois la paix revenue. Comme les tirailleurs sénégalais du fameux camp tyronne, près de Dakar, sur qui le 1er décembre 1944, l’armée française a ouvert le feu alors qu’ils ne faisaient que réclamer le versement de leur solde, rappelle Roland Biache.

    Une perspective historique salutaire dans une actualité où les opinions se racornissent.

    *Ouverture de la salle à 18h

    68 Av. Victor Agostini,
    83000 Toulon.

  • En finir avec la précarité des élèves handicapés

    En finir avec la précarité des élèves handicapés

    « Je dois gérer 11 élèves en situation de handicap en 24 heures par semaine, comment appeler ça un accompagnement digne de ce nom ? ». Ce mardi, à la Bourse du travail de Marseille, les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) tapent du poing sur la table. À l’occasion d’une journée d’action et de grève dans tout le pays, à l’appel de plusieurs syndicats (FSU, Unsa, CFDT, CGT et Sud), ces personnels se sont mobilisés pour réclamer « un vrai statut » pour leur profession. Et pour cause : « On est indispensable au fonctionnement de l’école inclusive mais nous sommes invisibles et maintenus dans la précarité », résume Cécile, AESH depuis plus de 11 ans dans le département, sous la bannière de la FSU-SNUipp 13. Comme ses homologues, elle met en avant des arguments qui en disent long sur le traitement de ces personnels au sein de l’Éducation nationale : « Contrats précaires avec des temps partiels imposés, des revenus en dessous du seuil de pauvreté, avec peu ou pas de formation. »

    Avant un rassemblement devant la DSDEN (direction des services départementaux de l’Éducation nationale), les témoignages qui font part d’une détresse s’enchaînent en conférence de presse. « Des enfants qui doivent être accompagnés plusieurs heures ne le sont souvent qu’une heure… Une AESH qui a 9 ans d’expérience ou 1 an, a quasiment le même salaire, ce n’est pas normal », dénonce Murielle, AESH à Port-de-Bouc depuis 2009, pour la CGT Éduc’Action 13. Les organisations syndicales évoquent plus de 45 000 élèves sans accompagnement, au niveau national, du fait « d’un recrutement insuffisant ».

    Un salaire net en dessous du seuil de pauvreté

    Avec une majorité de contrats qui tournent autour des 24 heures hebdomadaires, nombreuses sont les AESH à recevoir un salaire net en dessous du seuil de pauvreté. « C’est une urgence sociale et éducative, on accompagne les enfants les plus vulnérables. On ne peut parler d’inclusion scolaire sans parler d’un vrai statut pour nous », dénonce Cécile. D’où le coup de pression du jour à l’attention du ministère de l’Éducation nationale. « Il se tient aujourd’hui une instance au ministère, dans laquelle il est prévu des interventions des syndicats sur la nécessité de créer un statut pour ces personnels », expose Franck Delétraz, pour le SE-Unsa. La pétition intersyndicale revendiquant « la création d’un corps statutaire de fonctionnaires pour les AESH » rassemble plus de 88 000 signatures. Une « nécessité » pour les syndicats : « C’est le deuxième corps de l’Éducation nationale mais ils ont un statut précaire. » Élodie Boussarie, pour Sud Éducation 13 résume la problématique : « On ne peut plus conditionner l’accès aux droits des enfants aux conditions de travail ! »

  • Face à l’Histoire, résister se conjugue au présent dans le Port du Levant

    Face à l’Histoire, résister se conjugue au présent dans le Port du Levant

    Dans un département qui a envoyé à l’Assemblée nationale 7 députés RN sur 8, et dans un moment où les extrêmes droites parviennent à l’échelle internationale à imposer une lecture révisionniste de l’Histoire, mettre en avant le devoir de mémoire est un impératif politique.

    C’est ce qui en substance a été rappelé ce lundi, à Toulon, à l’occasion du 84e anniversaire de l’assassinat de Gabriel Péri au Mont Valérien par les troupes d’occupation nazies. Un hommage poignant, rendu par le président de l’Association nationale des anciens combattants et amis de la Résistance (Anacr) Gérard Estragon. Et ce aussi bien à l’égard de l’ancien député communiste né à Toulon qu’au capitaine de corvette Honoré d’Estienne d’Orves et à la revendeuse des Halles de Toulon Esther Poggio. Tous trois payant de leur vie le refus de la défaite morale et de la soumission après un engagement sans faille dans la Résistance.

    Le premier, issu de la diaspora corse par son grand-père et Italien par sa grand-mère maternelle, est, rappelle Gérard Estragon, dès l’adolescence saisi par trois passions indissociables : le journalisme, le socialisme et la politique.

    « Le lit des régimes despotiques »

    Il tiendra la rubrique de politique internationale du journal L’Humanité durant quinze ans. Pacifiste lucide, mais farouche antifasciste, il dénonce très tôt la montée en Europe de ces idéologies mortifères. « Et pressent que les lâchetés, les renoncements, les intérêts égoïstes, l’exacerbation des nationalismes et la paupérisation des classes populaires font le lit des régimes despotiques conduisant à la guerre. »

    Un fascisme qui surgit quand les élites économiques préfèrent la dictature à la réforme sociale, analyse-t-il alors.

    Le président de l’Anacr en profite pour rappeler que seuls 80 parlementaires auront le courage de dire « non » à Pétain, et parmi eux six sont alors varois. « C’était un autre temps », lance-t-il. Malheureusement, en effet.

    Pour Honoré d’Estienne d’Orves, « c’est sa foi bouleversante en Dieu, qui lui a permis de toiser la mort sans frémir ».

    Alors que pour Gabriel Péri, c’est son engagement pour des lendemains qui chantent « dans un monde où l’exploitation de l’homme par l’homme ne sera plus la règle ». Une soif d’idéal qui entre le reniement et la mort, leur feront choisir la mort.

    À ces deux parcours s’ajoute celui d’Esther Poggio, « fille d’immigrés italiens dont les Halles restaurées portent fièrement son nom ». « Nombreux sont les enfants issus de l’immigration qui ont donné non seulement leur force du travail, mais également leur vie pour la France », souligne le président de l’Anacr. Ça aussi il est bon de le rappeler.

    Dès la fin 40, la résistante procure des fausses cartes d’identité et approvisionne les maquis des Francs-Tireurs et Partisans (FTP). Arrêtée le 3 juillet 1944, elle sera exécutée le 15 août, le jour du Débarquement de Provence.

    « En 2025, puisons, dans ces vies exemplaires, le courage nécessaire pour résister au populisme racoleur des manipulateurs de l’opinion publique qui fondent leur succès détestable sur la haine, la xénophobie, le racisme, l’antisémitisme, la peur de l’autre et le nationalisme borné. » Gérard Estragon concluant que « résister, à notre modeste niveau, c’est s’opposer à cette xénophobie, à ce racisme dont les manifestations croissantes ne peuvent qu’inquiéter ».

    L’esprit de résistance

    « Cette transmission de la mémoire est absolument vitale, pas pour la connaissance pure et éthérée mais parce qu’elle a des conséquences sur notre vie, sur notre futur, et sur l’avenir de l’humanité », explique le conseiller municipal d’opposition de Toulon en Commun André De Ubeda (PCF).

    Et de poursuivre : « Il y a des menaces terribles qui pèsent sur notre pays. Il faut absolument les combattre avec la même intelligence et le même courage qu’Honoré d’Estienne d’Orves, Esther Poggio et Gabriel Péri. »

    Même son de cloche pour la maire sans étiquette de Toulon Josée Massi : « C’est bon de rappeler ces beaux exemples. Et cet esprit de résistance qui doit continuer à nous animer. »

  • Un programme d’actions pour améliorer la santé à Toulon

    Un programme d’actions pour améliorer la santé à Toulon

    D’une durée de 5 ans et établi autour d’un diagnostic reposant sur des données statistiques et différents entretiens menés avec les habitants et les professionnels de santé, le Contrat local de santé (CLS) signé jeudi a pour objectif de renforcer l’action municipale en matière de santé publique et à la faire connaître à l’ensemble des habitants. L’ambition affichée étant « de ne laisser aucun Toulonnais sur le bord de la route ».

    Ce programme d’actions a été coconstruit avec différents acteurs institutionnels, professionnels de santé, mais aussi des associations travaillant dans les domaines du médical, de la prévention, de l’insertion, de l’inclusion, ou de l’environnement. Et tend à pérenniser et mettre en cohérence les démarches existantes tout en proposant des réponses adaptées et coordonnées aux difficultés identifiées dans le Diagnostic local de santé. En parallèle, un Contrat local de santé mentale a été également mis en place.

    Les politiques locales comportent en effet de nombreux leviers pour l’amélioration et la préservation de la santé de tous, y compris des plus fragiles. « Grâce à ses nombreuses actions et ses infrastructures, Toulon œuvre au quotidien pour permettre à ses habitants de se loger, de travailler, de pratiquer une activité physique ou culturelle, de créer du lien social et de vivre dans une ville où il fait bon vivre », a-t-il été entre autres rappelé. La Ville met également en place chaque année des actions de promotion et de prévention de la santé notamment via la nutrition, l’activité physique adaptée et la vaccination. Avec le CLS l’ensemble des partenaires se retrouvent fédérer pour pousser dans le même sens.

  • [Entretien] Olivier Masini : Dans le Var, « tout le monde peut être Père Noël vert »

    [Entretien] Olivier Masini : Dans le Var, « tout le monde peut être Père Noël vert »

    La Marseillaise : En novembre, vous avez lancé, comme chaque année, la campagne « Père Noël Vert » : expliquez-nous en quoi cela consiste.

    Olivier Masini : Le Père Noël vert, dont on va bientôt fêter les 50 ans, a été mis en place en 1976. Il a pour objectif de donner la main là où le Père Noël rouge ne peut pas passer. Il est vert, car c’est la couleur de l’espoir. La campagne a débuté mi-novembre et se poursuit jusqu’à fin décembre. C’est un moment important, où on a beaucoup d’initiatives réalisées par des partenaires. Des personnes, notamment des salariés d’entreprises, organisent, en lien avec leur direction, des collectes de jouets. Pour certains, c’est la première fois, d’autres le font depuis des années car en général, quand on l’est une fois, on le reste. Tout le monde peut être Père Noël vert. L’important est de porter la solidarité.

    Comment cela s’inscrit-il dans
    le cadre de l’action globale du Secours populaire
     ?

    O.M. : Nous sommes une association généraliste de la solidarité, qui apporte une aide inconditionnelle. Nous voulons permettre à chaque personne en difficulté de remettre le pied à l’étrier, et parfois de retrouver la dignité. A travers nos campagnes, on fait en sorte que les personnes accueillies deviennent aussi actrices de la solidarité. Quand quelqu’un rentre dans un accueil du Secours populaire, personne ne peut dire si les personnes sont des bénévoles ou des personnes accueillies. On crée aussi les conditions pour faire se rencontrer les personnes. On veut montrer que la solidarité est une richesse, d’autant plus dans le contexte d’aujourd’hui.

    Qui sont les partenaires qui vous épaulent sur cette campagne ?

    O.M. : On a des partenariats historiques avec des CSE d’entreprises. J’y suis attaché car cela signifie que le personnel s’attache à l’action solidaire. A ce titre on a, entre autres, des liens de longue date avec le CASI des cheminots du Var et la CMCAS EDF. Ils ont fait leurs arbres de Noël. Grâce à cela, une vingtaine d’enfants ont participé avec les autres enfants du personnel. Ils nous aident aussi sur les autres campagnes de l’année. Mais on a besoin de davantage de CSE, et il suffit d’en parler aux salariés, qui adhèrent en général. On a aussi le monde du sport, avec un partenariat avec le RC Toulon, qui organise un lancé de peluches pour son dernier match de l’année, comme c’était le cas ce dimanche. On a aussi un partenariat avec le Hyères Toulon Var Basket. Vendredi, des enfants du Secours Populaire vont assister au match et rentrer sur le terrain avec les joueurs. C’est bien, car on a l’image d’un fournisseur d’aide alimentaire et vestimentaire. Mais ce qui compte pour nous, c’est l’accès au droit, au sport, à la culture, au loisir, des choses auxquelles on ne pense pas forcément quand on est en grande difficulté. On est aussi soutenu par des associations comme « les Rockeurs ont du cœur ». Les dons sont par ailleurs tracés, car il est normal de rendre compte des actions.

    Combien de personnes vont-elles pouvoir en profiter et que vont-elles recevoir ?

    O.M. : On fait attention, à travers nos partenariats, à s’approvisionner en circuit court, pour avoir des produits de qualité. Il y aura un peu de tout : des colis alimentaires avec du poisson, des friandises, des desserts… Pour les jouets, c’est selon ce qu’on reçoit, en essayant de classer par sexe et âge. On insiste sur les livres, mais les parents peuvent choisir. On ne sait pas encore exactement le nombre de bénéficiaires, mais cela augmente chaque année. Rien qu’à Toulon, au moment de Noël, 500 familles sont suivies. Dans le département, on sera certainement entre 9 500 et 10 000 personnes accueillies. La semaine dernière, ils ont accueilli plus de 100 personnes sur une journée à Toulon, c’est énorme. C’est une réalité sérieuse, il n’y a plus de profil type, et on reçoit autant de jeunes étudiants, bien plus que les autres années, que de retraités.

    Que peut on vous souhaiter pour 2026 ?

    O.M. : Que cette solidarité ne baisse pas. Quelles que soient les difficultés, quand on organise des initiatives et qu’on le fait très largement avec des bénévoles, des personnes accueillies, on se rend compte de l’efficacité de ces projets-là. Il faut qu’ils perdurent et se multiplient. On veut montrer qu’il y a d’autres choix possibles, qu’il n’y a pas de fatalité dans la vie, et qu’on n’est pas isolé quand on vient faire des actions solidaires. La force du collectif permet de faire de grandes choses. Et cela est essentiel dans un contexte où les personnes se renferment sur elles même face aux difficultés. Particulièrement pour les enfants. Notre rôle à ce sujet est important car nous sommes une association d’éducation populaire. On intervient d’ailleurs dans des écoles pour enseigner la solidarité dans le cadre de l’instruction civique. Si on commence à avoir cette vision dés le plus jeune âge, on ne l’oublie pas adulte. Et cette petite lumière vient se rallumer à certains moments de la vie.

  • Champions Cup : Sous pression, le RC Toulon domine Bath et se relance

    Champions Cup : Sous pression, le RC Toulon domine Bath et se relance

    Au pied du mur après son premier match de Champions Cup raté à Edimbourg la semaine dernière, le RC Toulon n’avait d’autre choix que de l’emporter face à Bath, champion d’Angleterre, leader de son championnat, vainqueur de la Champions Cup et de son premier match dans la compétition face au Munster (40-14). Mission accomplie, non sans souffrir, mais avec une âme retrouvée, et un précieux bonus offensif.

    Dans un début de rencontre très physique, les deux équipes se rendent coup pour coup au tableau d’affichage. Ce sont les Anglais qui dégainent les premiers sur une pénalité de l’inévitable Finn Russell (0-3, 9e). Bousculés jusque lors, les Toulonnais réagissent, puisque quatre minutes plus tard, Alainu’uese inscrit le premier essai du match, sur un ballon porté consécutif à une touche (7-3, 14e).

    Après deux pénalités de Russell (16e) et Garcia (19e), ce sont les Anglais qui parviennent cette fois à franchir l’en-but grâce à Hill, suite à une succession de rucks devant la ligne, pour reprendre l’avantage (10-13, 22e). De courte durée, puisque Garcia envoyait une nouvelle pénalité entre les perches (13-13, 25e), avant que Brex ne conclut une attaque initiée par Serin, permettant aux siens de rentrer aux vestiaires avec un avantage de cinq points (18-13, 34e).

    Le RCT prive Bath du Bonus défensif

    Le second acte redémarre sur les mêmes bases. Garcia, sur une nouvelle pénalité, donne un peu d’air aux siens (21-13, 47e). Les Anglais recollent rapidement par Carreras (21-20, 51e). Dans la foulée, Dréan redonne huit longueurs d’avance au RCT (28-20, 55e). Mais Bath n’abdique pas, et replace Toulon sous sa menace sur un essai de Green, en force (28-27, 61e).

    La partie n’a pas encore choisi son vainqueur. Alors, il faut forcer le destin. Et c’est le RC Toulon qui parvient à le faire, grâce à Ludlam, suite à une mêlée à cinq mètres de la ligne, pour l’essai du bonus offensif (35-27, 67e). Garcia, sept minutes plus tard, gonfle encore le score (38-27, 74e). Mais comme trop souvent, les hommes de Mignoni sont victimes de leurs sautes de concentration. Sur une mêlée anglaise, Hennessey se fait oublier et transperce la défense toulonnaise, pour offrir aux siens le point du bonus offensif et remettre, une énième fois, les coéquipiers de Charles Ollivon sous pression (38-34, 74e).

    Un petit bémol sans conséquence, et que le RCT parvient finalement en quelque sorte à effacer, grâce à un ultime essai, en force, de Baubigny, qui enlève, sur la sirène, le bonus défensif aux Anglais (45-34, 80e). Le RC Toulon est relancé dans la course à la première place.

    RC Toulon 45 – 34 Bath (MT : 18-13)

    2e journée de Champions Cup

    Dimanche 14 décembre, 16h15

    Stade Mayol, Toulon

    Arbitre : M. Amashukeli (GEO)

    RCT : Gros (Priso, 59e), Lucchesi (Baubigny, 41e), Sinckler ; Rebbadj (Mézou, 67e), Alainu’uese ; Ludlam (Quere-Karaba, 80e), Ollivon (c), Mercer (Abadie, 61e) ; Serin (White, 67e), Garcia ; Tuicuvu, Sinzelle, Brex (Smaili, 74e), Dréan ; Ferté.

    BATH : Obano, Dunn, Sela (Van Wyk, 56e) ; Roux (Richards, 55e), Molony ; Hill, Underhill (Reid, 55e), Barbeary (Green, 55e) ; Carr-Smith (Le Roux, 71e), Russell (c) ; Arundell, Redpath (Hennessey, 67e), Ojomoh, Cokanasiga ; Carreras

    Points RCT : 5E Alainu’uese (13e), Brex (34e), Dréan (55e), Ludlam (67e), Baubigny (80e) ; 4T Garcia (14e, 56e, 67e, 80e) ; 4P Garcia (19e, 25e, 47e, 74e)

    Points Bath : 4E Hill (22e), Carreras (51e), Green (61e), Hennessey (74e) ; 4T Russell (22e, 51e, 61e, 74e) ; 2P Russell (9e, 16e)

  • Champions Cup : Bath, pas le meilleur adversaire pour rebondir pour le RCT

    Champions Cup : Bath, pas le meilleur adversaire pour rebondir pour le RCT

    Pour se relancer, le RCT aurait certainement préféré un autre adversaire. Car se coltiner Bath, auréolé d’un triplé coupe-championnat-Challenge Cup la saison dernière, et qui a débuté cet exercice sur les mêmes standards (leader du championnat avec 5 victoires en 6 matches, et vainqueur 40-14 face au Munster en Champions Cup) est tout sauf un cadeau.

    « Ils ont beaucoup d’expérience, avec des joueurs habitués à ce genre de matches. C’est un des favoris, donc ce sera un très gros match », annonce Pierre Mignoni, qui se fait une idée précise de son adversaire du week-end : « Ils te mettent beaucoup de pression chez toi, ils veulent te coincer dans un coin du terrain et attendre une faute. C’est une équipe qui ressemble beaucoup aux équipes françaises. Elle est très physique, elle attaque tous ses rucks, avec une défense qui ne te laisse pas beaucoup d’oxygène. »

    Parmi ses principaux atouts, l’ouvreur écossais Finn Russell, référence mondiale du poste : « C’est un grand joueur. Il faut lui laisser très peu de temps pour manœuvrer. Il faudra le mettre sous pression, monter un peu plus fort », prévient Jérémy Sinzelle, rejoint par son entraîneur : « Bath a beaucoup d’individualités, mais il les fait bien jouer. Il alterne énormément son jeu, il est capable d’animer à la main, de faire des passes au pied, de te mettre sous pression. On le connaît, il a joué en France, c’est un très grand joueur, mais ce week-end il ne faudra pas trop lui laisser le temps de choisir. » Les Rouge et Noir sont prévenus.