Tag: Toulon

  • Charles Berling : « La scène nationale doit rester un service public »

    Charles Berling : « La scène nationale doit rester un service public »

    La Marseillaise : Après 15 années passées à Châteauvallon, vous avez décidé de prendre votre retraite. Qu’est-ce qui a motivé cette décision ?

    Charles Berling : Je pense que 15 ans c’est bien. Cela fait très plaisir d’avoir construit quelque chose, mais il est temps de passer la main. C’était en même temps une grande joie et une charge, avec plein de devoirs. Je n’étais pas directeur avant, je ne le serai pas après. Je veux continuer ma carrière artistique, ce qui était le deal au départ, même s’il a parfois fallu faire des choix. Je retourne à ma liberté, car quand on dirige une scène nationale, on a une responsabilité publique et sociale très forte. Quand on est artiste aussi, mais ce n’est pas la même chose. Je ne suis pas pour la direction à vie. Je crois qu’en démocratie, il faut que le pouvoir tourne.

    Quel bilan tirez-vous de votre gouvernance ?

    C.B. : On a commencé en 2010, on a créé le théâtre Liberté. On est devenu scène nationale en 2015, sous la direction de Christian Tamet. Je suis très heureux et fier, d’avoir noué une relation de confiance avec un large public. D’avoir participé à une sorte d’émancipation de la métropole toulonnaise, qui l’a vue sortir de son enclave entre Marseille et Nice depuis les années 2000. Et je suis très heureux d’avoir bâti, avec la soixantaine de personnes qui composent l’équipe, une hiérarchie plus horizontale qu’habituellement. Cette équipe est autonome, responsable, passionnée. Je suis également très heureux d’avoir été vers tous les publics, dans les quartiers, d’avoir rempli ce qu’est la signature d’un service public. On a aussi lancé le festival LGBT+ « In&Out », qui a ramené la gay pride à Toulon. J’ai connu Toulon il y a longtemps. C’était un désert culturel, on allait à Marseille, Avignon… Aujourd’hui, ce n’est plus le cas.

    Si vous ne deviez conserver qu’un souvenir, lequel serait-ce ?

    C.B. : Ce serait dommage de n’en garder qu’un, mais je dirais l’inauguration du théâtre Liberté, avec Fanny Ardant, le ministère de la Culture, Falco… Fanny m’avait dit : « La première chose que tous ces officiels vont faire, c’est regarder du théâtre et écouter Marguerite Duras. » Ça me restera, c’était une très belle inauguration, un très beau souvenir. Mais on en a tellement, un magnifique festival d’été, les 60 ans de Châteauvallon, avec le film réalisé par des enfants. Pour moi, la jeunesse d’aujourd’hui doit imaginer les 60 ans à venir de Châteauvallon-Liberté. Ça m’a bouleversé, et je crois que c’est ce qu’il faut que nous fassions plus dans la société : croire en les enfants.

    Comment voyez-vous en l’avenir pour Châteauvallon ?

    C.B. : Dans des lieux où on fait du spectacle vivant, on peut faire du business. Mais la première chose, c’est qu’il faut qu’une scène nationale reste un service public, vecteur de lien social. Elle ne doit pas rentrer dans la violence du mercantilisme et du business. Avoir fait de la culture un service public, c’est l’exception culturelle française. À l’heure des réseaux sociaux, il est fondamental que nos lieux fassent la différence, car ce n’est pas du virtuel. Je veux que Châteauvallon-Liberté continue de se développer dans cette relation magnifique entre ville et campagne, mais au sein d’un service public. Il ne faut pas vendre son âme, il ne faut pas vendre Châteauvallon. Et aussi la Cité des sciences et de la Nature. On a besoin de marier les arts, les sciences et le soin de la nature. Châteauvallon doit rester au cœur de cette ambition, et que des jeunes s’en emparent pour continuer de défendre ce supplément d’âme, non pas comme un business mais comme un bien commun.

    L’avenir de la culture est menacé, avec des financements en chute libre et un mouvement réactionnaire qui vise à le défaire. Êtes-vous inquiet ?

    C.B. : Oui, car quelque chose de très irrationnel se produit. Des gens votent pour des politiques qui les arnaquent totalement. C’est un rapport au totalitarisme qui est délirant pour moi. Je ne comprends pas comment les Américains pauvres peuvent faire confiance à Trump, alors qu’ils sont en train de se faire voler comme le dit Robert de Niro. C’est pareil en France avec le RN, qui prétend s’appuyer sur le populaire, le social, mais qui est soutenu par des Bolloré, des Stérin, qui manipulent avec de l’information abominable. C’est comme un torrent de boue qui nous arrive dans la gueule (sic) et on a nos petits canoës pour essayer de remonter le courant. Mais en même temps, quand on mène des événements participatifs, et qu’on voit cette population française très diversifiée qui a la volonté de raconter la nation ensemble, ça donne du baume au cœur. Certaines chaînes TV font de la désinformation à dessein, ou en tout cas appuient sur les mêmes boutons à des fins électorales. La population est beaucoup plus unifiée et forte qu’on le dit. Mais il y a à nouveau un affrontement direct entre des forces réactionnaires, fascistes, et des forces progressistes. Il faut se battre de façon positive en essayant de bâtir ensemble.

    Quels sont vos projets pour les années à venir ?

    C.B. : Je suis Varois, Toulonnais, je vais continuer à l’être. Je vais continuer de traîner par là dans les deux ans qui viennent, y compris au théâtre, puisqu’on a produit des spectacles qui tournent beaucoup. Après, je vais pouvoir tourner un peu plus au cinéma et à la télé mais je vais travailler et rester dans la région tant que je le pourrai. Ce n’est pas une rupture, même si je laisse la place à d’autres pour la direction, en espérant que ce sera quelqu’un qui continuera à respecter le passé de l’institution, pas un Bolloré (rires).

  • A défaut d’être libéré de ses démons, le RCT veut bien finir l’année face à Perpignan

    A défaut d’être libéré de ses démons, le RCT veut bien finir l’année face à Perpignan

    Les semaines se suivent et se ressemblent pour le RC Toulon. Meilleure équipe ex æquo du Top 14 avec Toulouse à domicile (six victoires en autant de matches, cinq bonus), il présente le 11e bilan hors de ses bases (une victoire, six défaites). La donne est la même en Champions Cup, avec une bouillie de rugby en guise de premiers pas à Edimbourg il y a trois semaines, puis une prestation d’un autre calibre face à Bath, à Mayol, une semaine après. Et au-delà de ces faits, c’est le contenu qui interpelle. Lors de leurs trois dernières sorties, les Rouge et Noir ont encaissé 59 points à Toulouse, 51 à Paris et donc 46 face à l’UBB, dimanche dernier, en n’en marquant que sept en retour. Fébriles, maladroits, dépassés dans l’intensité, les coéquipiers de Charles Ollivon ont cette fois perdu le fil dès les premières secondes, alors qu’ils avaient parfois su bien démarrer leurs matches à l’extérieur. Au point de réaliser « certainement, la plus mauvaise sortie » de sa saison, déplorait Pierre Mignoni.

    « Toulon ne mérite pas ça »

    « On avait une équipe de qualité ce soir, qui a battu le champion d’Angleterre (Bath). On a deux visages. C’est notre mystère à nous. Toulon ne mérite pas ça. Je ne sais pas quoi dire à part que je suis désolé », s’excusait même l’entraîneur du RCT, qui a semblé, pour la première fois, à court de ressorts.

    Mais à défaut de trouver tout de suite les clés qui lui permettront d’acquérir la constance nécessaire à ses ambitions, le club de la Rade va devoir bien terminer l’année, dimanche, face à une équipe de Perpignan dans une situation bien plus critique que la sienne. Bons derniers du Top 14, les coéquipiers de l’ancien Toulonnais Mattéo Le Corvec viennent toutefois d’enregistrer leur premier succès de la saison face à Clermont (26-20). De quoi redonner du baume au cœur dans la course au maintien.

    Pour bien terminer 2025 dans un stade à guichets fermés, Pierre Mignoni pourra notamment compter sur le retour de plusieurs blessés importants et de plus ou moins longue date (Domon, Villière, Ribbans, Brennan), et peut-être sur son nouvel ouvreur argentin Tomas Albornoz, qui s’entraîne depuis le début de semaine. Mais il devra se passer de Swann Rebbadj (genou) et Priso (commotion), qui viennent agrémenter la (trop) fournie infirmerie toulonnaise.

  • [Les illuminations font un carton] À Toulon, quand la ville amie des enfants brille de mille feux

    [Les illuminations font un carton] À Toulon, quand la ville amie des enfants brille de mille feux

    En ces temps difficiles où beaucoup peinent à voir la lumière au bout du tunnel hivernal, la ville de Toulon éclaire tous les soirs depuis le 21 novembre les visages ébahis des enfants. « Des instants hors du temps où la réalité s’estompe au profit d’un doux sentiment où se mélangent tradition, nostalgie, joie et espoir » , explique la première magistrate du Port du Levant.

    Et pour ce faire, plus d’une centaine de kilomètres de guirlandes lumineuses ont été installées dans toute la ville. Et plus de 1 400 décors lumineux disposés non seulement dans le centre-ville, mais aussi dans les différents quartiers afin que personne ne soit oublié.

    Un des points d’orgue est, comme chaque année, le majestueux sapin de Noël installé sur la place Victor-Hugo et au pied duquel viennent se positionner de nombreux badauds.

    Et puisqu’on est là, devant l’Opéra de Toulon, il ne faut pas rater le spectacle son et lumière projeté tous les soirs à partir de 18h30. Une invitation à un voyage sensoriel unique, est-il expliqué. En tout ça marche, les images projetées racontent une histoire intemporelle afin d’embarquer les spectateurs dans un monde où les rêves deviennent réalité.

    Le somptueux bâtiment historique imaginé par Léon Feuchère se pare pour l’occasion de lumières et de couleurs. Espérons que les minots, bouche bée devant l’édifice, auront bientôt envie d’aller s’inviter dans ce temple de la culture jadis très populaire un peu trop aujourd’hui « réservé » à un public socialement privilégié.

    Une invitation à réenchanter

    le monde

    Mais pas question de s’engourdir trop longtemps ici, même si les températures sont plutôt douces pour la saison. Mieux vaut, une fois la projection terminée poursuivre son chemin sur le pavé toulonnais histoire de se réchauffer et d’aller voir ce qui se passe sur la place de la Liberté. Une fois dépassés les chalets de Noël, on aperçoit un autre monument du patrimoine toulonnais sur lequel la Ville a décidé de donner pour l’occasion un autre éclairage. Il s’agit de la fontaine de Fédération réalisée par les frères Allar en 1870.

    Ici pompes et projecteurs jouent de concert avec différents effets d’eau et de couleurs afin de créer un véritable show aquatique : jets droits, pirouettes, volcans, éventails ou corolles, les figures se succèdent au rythme de la sono.

    En redescendant on croise une des parades animées qui se relaient à travers la ville. Ici, « Les souffleurs de rêves », chuchotant de la poésie à l’oreille de chacun.

    Tout est fait pour communier avec les autres baladeurs nocturnes tout aussi attendris par leurs enfants ou petits-enfants ou tout simplement par leur propre innocence perdue.

    La magie de Noël quoi ! Une parenthèse avant de retomber d’ici quelques jours dans une réalité qui n’est pas faite que de fraternité.

    Alors, une fois les illusions dissipées mieux vaut avoir appris à cultiver son jardin intérieur et ne pas renoncer à vouloir politiquement réenchanter le monde.

  • Une nouvelle société portuaire pour gérer le port de commerce de la rade

    Une nouvelle société portuaire pour gérer le port de commerce de la rade

    C’était dans les tuyaux, c’est désormais officiel. Jeudi, la Métropole TPM a acté la création de la société portuaire de Toulon – La Seyne pour la gestion, l’exploitation et l’aménagement du port de commerce. Un choix de gouvernance qui vise à mettre en commun les missions d’exploitation, et à lancer un programme d’investissement de modernisation : poursuite de la transition énergétique, maintien de la compétitivité, réfection des services portuaires, et adaptation à la montée des eaux. Une première phase de 35 millions d’euros, au cœur d’un programme public et privé estimé à près de 150 millions, sera menée sur 5 ans.

    Cette nouvelle entité entérine la récupération de la compétence portuaire par la Métropole. La concession pour la gestion et l’exploitation du port avait été confiée à la CCI du Var par l’État en 1956, initialement pour 50 ans, puis prolongée par plusieurs avenants jusqu’au 31 décembre 2026. En 2017, la législation a confié la compétence portuaire à la Métropole TPM, consacrant cette dernière Autorité Portuaire propriétaire du port de commerce Toulon- La Seyne Brégaillon. En parallèle, elle est en charge d’investissements tels que la connexion électrique des navires à quai, l’entretien lourd des quais, ou encore le dragage et le remorquage.

    Un pôle multi-activités

    Effective au 1er janvier pour 50 ans, cette société de droit privé à capitaux 100% publics doit répondre aux enjeux de développement du territoire et des multiples activités du port, avec la spécificité de la présence de la Marine nationale. TPM en est l’actionnaire majoritaire, aux côtés de la CCI, de la Région Sud et du Département du Var. Les communes de Toulon, La Seyne et Saint-Mandrier, ainsi que le ministère des Armées, seront membres du Comité des partenaires, institué pour permettre l’expression des territoires et de la Base de Défense. Les salariés de l’actuelle concession seront intégrés à la nouvelle structure.

    Le port de commerce regroupe les terminaux de Toulon – Côte d’Azur, de Brégaillon et du Môle d’armement sur la commune de La Seyne. Il accueille des ferries et des navires de croisière, du fret, des yachts, des navires scientifiques, et des entreprises en lien avec les activités maritimes (chantiers navals, centres de recherche…). Parmi les grands projets à venir, la construction des infrastructures d’accueil du Porte-avions de nouvelle génération (PANGI) en 2027. Dans ce cadre, la Marine nationale a prévu la réquisition d’une partie du foncier portuaire de deux hectares sur La Seyne-Brégaillon.

  • Claude Viallat fait tourner la forme et les couleurs à Toulon

    Claude Viallat fait tourner la forme et les couleurs à Toulon

    Dans bon nombre d’œuvres présentées dans l’exposition », écrit Michel Hilaire, commissaire d’Avatar 2005 – 2025, visible jusqu’au 25 avril 2026 à l’Hôtel des arts de Toulon, « Claude Viallat malmène la forme, n’hésitant pas à la rogner, la déchiqueter ou la tourner dans tous les sens. Il joue volontiers sur la notion de vide et de plein à travers des raboutages inattendus ou incongrus ». Ce parcours s’inscrivant « dans la continuité » d’une exposition précédente réalisée il y a 20 ans, « se veut aussi un hommage à Jean Fournier (1922-2006) qui fut le marchand de Viallat de 1967 à 1997 ». Sa peinture acrylique vient se déployer tour à tour sur des draps, bâches militaires et autres fragments de tentes et tissus, dans un geste chatoyant.

    Les goûts et les couleurs

    Comme le rappelle le conservateur général honoraire du patrimoine Claude Hilaire, Claude Viallat résume son art ainsi : « Ma peinture prolifère, elle éclate, elle part dans tous les sens. Elle joue en tressé et en ébouriffé ». Parmi les pionniers et fondateurs du mouvement Support/Surfaces à la fin des années 1960, Claude Viallat se place aussi dans les pas de « grands maîtres de la couleur, depuis Delacroix en passant par les fauves (Derain, Matisse, Chabaud) jusqu’à Simon Hantaï », estime le commissaire de l’exposition. Le résultat, que les visiteurs ont le loisir de contempler dans cette exposition, se matérialise par une tempête d’éléments et formes bigarrés qui font souffler dans ses toiles le vent d’une abstraction toujours en mouvement depuis 60 ans. Un affranchi de l’art qui dit, indique Claude Hilaire : « Il y a des moments où le travail se tend, à une rigueur, et il y a des moments où il se lâche et redevient plus rigoureux, et ainsi de suite (…) J’essaie de jouer avec le goût, de jouer avec le mauvais goût ».

    Ouvert du mardi au samedi de 11h à 18h. Entrée gratuite

  • Toulon en Commun en avance sur le programme

    Toulon en Commun en avance sur le programme

    À quelques jours de Noël, l’équipe de Magali Brunel (PS) tête de liste pour 2026 de Toulon en Commun (Tec) tient à offrir aux Toulonnais le fruit de longs mois de travail.

    Pas de crèche ni de sapin, lâche malicieusement André De Ubeda (PCF) mais déjà la possibilité pour les habitants de découvrir de nouveaux éléments programmatiques.

    Du concret insiste le conseiller municipal d’opposition en exercice plutôt que « des phrases creuses et des slogans marketings », sans nommer personne. À ces côtés, Magali Brunel met en avant pour commencer « la méthode unique certainement en France » : « Depuis 6 ans, Toulon en Commun consulte les associations, les syndicats, les professionnels pour faire des constats et proposer des solutions ».

    Ces dernières sont au final validées par l’Assemblée populaire qui reste souveraine. Un exercice démocratique qui donne toute sa force au collectif. Et de poursuivre : « Six conférences-débats ont également permis de s’inspirer des réussites d’autres villes en invitant leurs élus à expliquer leurs démarches ».

    Résultat, en matière de logements, Toulon en Commun annonce l’encadrement des loyers. Mais aussi la création de logements sociaux pour lutter contre la pénurie et améliorer l’habitat dégradé privé, comme à Pontcarral ou à la Grande Plaine. Ainsi qu’une réglementation stricte pour encadrer les locations saisonnières.

    Trois centres de santé,

    l’eau municipalisée

    Quant aux services publics, il est prévu la création de trois centres de santé et la remunicipalisation de l’eau, avec les premiers mètres cubes gratuits. Côté transport, c’est le choix du tramway qui est défendu mais aussi la gratuité des transports en commun et beaucoup plus de moyens pour les mobilités douces.

    Sur le sujet sensible de la sécurité publique la gauche veut « réorienter le rôle de la police municipale vers plus de présence de proximité ».

    Toulon en Commun prévoit également une rénovation thermique massive des logements publics et l’obligation d’escales plus longues et moins nombreuses pour les bateaux de croisière et les ferries afin de les obliger à se connecter à quai.

    L’équipe met également en avant un passeport culture pour les jeunes et annonce la gratuité des fournitures scolaires. Pour renforcer la démocratie locale, des assemblées de quartier et de référendums d’initiative citoyenne seront mis en place. Encore des cartes abattues. Vivement que chacun en fasse autant pour que la campagne démarre réellement projet contre projet, pour la bataille des idées.

  • Un double test pour le RC Toulon sur le terrain de l’Union Bordeaux-Bègles

    Un double test pour le RC Toulon sur le terrain de l’Union Bordeaux-Bègles

    C’est une rengaine depuis de longues semaines : souvent solide, presque inébranlable, voire brillant à Mayol, le RC Toulon l’est beaucoup moins hors de ses bases. Au-delà du score, qui n’a jamais été à son avantage depuis le début de saison, hormis lors du match inaugural à Montpellier (17-27), c’est le contenu, aussi irrégulier que frustrant, qui interpelle, donnant l’impression répétée d’une équipe aux deux visages, capable de bien démarrer ses rencontres avant de s’écrouler, comme il y a deux semaines, à Édimbourg.

    Cet aspect a donc été au cœur de la préparation du déplacement sur le terrain de l’Union Bordeaux-Bègles (UBB), concurrent direct au top 2 qui reste sur une défaite à Chaban-Delmas face à Pau (33-34), il y a un mois. « On en a parlé avec les joueurs, pour identifier à quel moment, pourquoi », livre Pierre Mignoni, qui décèle un problème d’état d’esprit : « Quand tu loupes quelque chose, il faut repartir pour en faire du positif. Il nous arrive d’être trop négatifs et de ne pas réussir à basculer. L’adversaire met beaucoup de pression, tu ne trouves pas de solutions, tu t’énerves, tu commences à perdre le momentum. Il faut déjà retrouver les bons gestes techniques, prendre les bonnes décisions et avoir la bonne attitude. Si tu as déjà ces trois éléments-là, ça va t’aider à retrouver le fil. »

    Communication et jeunesse

    Pour l’entraîneur varois, l’une des clés réside dans « la communication. Ils doivent s’aider beaucoup plus, pas que le 9 et le 10, qui ont un rôle essentiel dans ces moments-là. Mais il y a des joueurs à côté qu’on ne voit pas qui ont un rôle primordial ». Un travail renforcé « depuis 15 jours, et on a montré de choses très positives contre Bath », mais que le staff mène depuis plusieurs saisons : « Je vois la différence en trois ans. Aujourd’hui, les garçons sont beaucoup plus dans l’échange. C’est un cheminement à mettre en place. Mais sur le terrain, on doit encore progresser sur ça. Le rugby est beaucoup plus simple comme ça. Des fois, on l’oublie, ou on ne le fait pas bien et on laisse des joueurs à des postes clés », déplore Pierre Mignoni.

    Autre facteur de développement, la jeunesse, avec plusieurs joueurs (Ametlla, Sorhaindo, Toevalu…) présents dans le groupe et qui auront un rôle à jouer au vu des nombreux blessés, auxquels se sont ajoutés Gros et Lucchesi, respectivement out pour 6 et 3 semaines : « On les prépare. C’est un peu tôt pour les aligner parfois, mais on est contraint par les blessures. On essaye de ne pas les mettre en même temps, mais dimanche, on va devoir en aligner plusieurs. On en a lancé quelques-uns, il va y en avoir d’autres, donc c’est bien », se satisfait l’entraîneur, en espérant que le péril jeune soit (enfin) fontaine de jouvence.

    REPERES

    Garbisi parti pour rester ?

    Contrairement à ce qu’annonçait la presse italienne ces dernières semaines, Paolo Garbisi devrait rester au RCT : « On a libéré Enzo (Hervé), et Paolo ne sera pas là pendant le tournoi des VI Nations. Quand tu perds deux joueurs au même poste, comme on l’a vu avec Marius (Dolmon) et Melvyn (Jaminet), c’est compliqué », explique Pierre Mignoni pour justifier l’arrivée dans les prochains jours de l’ouvreur argentin Tomas Albornoz. « Ca ne condamne ni Matéo (Garcia), ni Paolo, annoncé partant alors que ce n’est pas vrai du tout, en tout cas pas que je sache », affirme l’entraîneur toulonnais.

    UBB –RC Toulon

    12e journée de Top 14

    Dimanche 21 décembre, 21h

    Stade Chaban-Delmas, Bordeaux

    Arbitre : Adrien Marbot

    UBB (probable) : Perchaud, Lamothe, Sadie ; Gray, Coleman ; Woki, Vergnes-Taillefer, Matiu ; Lucu (c), Jalibert, ; Bielle-Biarrey, Moefana, Depoortere, Penaud ; Buros.

    RC Toulon (probable) : Priso, Baubigny, Sinckler ; Rebbadj, Alainu’uese ; Querre-Karaba, Abadie, Ollivon (c) ; Serin, Garcia ; Tuicuvu, Smaïli, Brex, Dréan ; Ferté.

  • Un Toulonnais traverse la Tunisie et la Suède… à pieds

    Un Toulonnais traverse la Tunisie et la Suède… à pieds

    Un homme, ses pieds et ses chiens. À 28 ans, Bacem Guizani, jeune aventurier et documentariste originaire de Toulon, voyage léger. Ce passionné de grands espaces et de philosophie, admirateur de Diogène, aspire à « se détacher de son confort. Ça ne m’attire pas de dormir dans un Airbnb, ce n’est pas une question d’ego ».

    Une soif de découverte née en 2022, lorsque le jeune homme traverse une partie de la Tunisie à pieds, avec ses deux chiens, Iggy et Dante, pour se recueillir sur la tombe de son père. « Je n’avais jamais vraiment voyagé. Ça m’a mis une claque et donné envie d’en voir davantage », décrit-il. Un mois après, en novembre, il part découvrir l’univers des chiens de traîneau, en Norvège, aux côtés d’un musher français, avec l’idée d’en faire un documentaire. Il y retourne un an plus tard, pour quelques semaines, avant de décider de passer une année entière en Scandinavie, en Suède cette fois, dès septembre 2024.

    Carnets de voyage

    Toujours avec sa caméra au poing, Bacem parcourt 200 km à pieds, direction la Laponie. L’aventure n’est pas sans accroc : il apprend le décès d’un ami qu’il tentait de faire venir en Suède en travaillant, en contrepartie, gratuitement chez une musheuse, qui l’exploite. Il s’enfuit alors, d’abord chez un autre musher, puis pour un nouveau périple, de 900 km, cette fois, à travers le pays. Juste avant de partir, l’un de ses chiens se blesse à la gorge sans être correctement soigné par les vétérinaires suédois, si bien qu’il lui faudra de longs mois et un retour en France pour guérir totalement. « Ça n’a pas été facile, notamment à cause du fait qu’il n’a pas fait nuit pendant deux mois », avoue-t-il.

    De ces aventures maghrébines et arctiques, Bacem Guizani veut tout raconter. Il le fait à travers des photos, des carnets de voyage, disponibles sur son site internet*, et via des documentaires, dans lesquels il met en scène ses chiens, fils rouges de ses expéditions : l’un consacré à son voyage en Tunisie, d’autres aux chiens de traîneau, donc, à l’Arctique Norvégien, à sa traversée de la Suède… Des projets en cours de réalisation, qui viennent s’ajouter à d’autres plus locaux, disponibles sur sa chaîne YouTube. Le dernier en date, soutenu par le Muséum départemental du Var, intitulé Le Las, un fleuve et des chiens, et que le documentariste projette de présenter en festival, nous emmène à la découverte de ce fleuve toulonnais aux multiples surprises. Car « avant de découvrir le monde, émerveillons-nous de ce qu’il y a autour de chez nous », soutient-il. Heureux qui comme Bacem…

    *Infos sur 2dogs1guy.com

  • Pas de plan anti-LBB contre l’UBB

    Pas de plan anti-LBB contre l’UBB

    De l’eau a coulé sous les ponts. Mais nombre de Toulonnais repensent à cette demi-finale de Top 14 de juin dernier, qui avait brisé leurs rêves de Brennus, au terme d’un match que le RCT, éreinté par sa saison, n’a pas su prendre par le bon bout. « Je ne pense pas qu’on l’ait oublié, mais on ne l’a pas revu. Le contexte est complètement différent. Il y avait eu une grosse performance de Bordeaux, mais c’est sûr qu’on n’avait pas vu un grand Toulon », ressasse laconiquement Pierre Mignoni, décidé à ne pas s’embarrasser du passé. Car demain n’est plus très loin. Et s’il aura, tel que dit précédemment, valeur de test hors de ses bases pour le RCT, « c’est (aussi) un bon match pour voir nos progrès », projette le technicien, qui ne regarde pas uniquement Bielle-Biarrey et Penaud, ni la propension girondine à jouer long : « On les connaît bien. Ils ont comme nous des qualités et des faiblesses sur le jeu aérien. Il n’y a pas de plan anti-LBB. Le plan, c’est se multiplier dans les tâches, doubler les efforts. Si tu fais ça, tu seras en position pour qu’il y ait match. Sinon, tu leur laisseras beaucoup trop d’espaces. »

    Il y aura un match dans le match entre les deux flèches bordelaises et Gaël Dréan, qui aura l’occasion de montrer qu’il peut prétendre à un accessit bleu : « C’est motivant de jouer de gros joueurs. Ça permet de voir ce qui se fait de mieux. Ils n’ont pas beaucoup de points faibles, on va essayer de faire au mieux. » « Il a des concurrents directs, mais ce n’est pas le discours que j’aurai envers lui. Il sait ce qu’il a à faire, peu importe qui il a en face », insiste son entraîneur.

  • Toulon vote un budget pour maintenir un cap « responsable »

    Toulon vote un budget pour maintenir un cap « responsable »

    « Je ne vous cache pas que c’est pour moi un moment important, un moment porteur de sens, car voter un budget, c’est forcément projeter la collectivité dans l’avenir, même si, ici, dans cette assemblée, aucun de nous ignore les échéances à venir », commence la maire sans étiquette de Toulon Josée Massi, en rappelant le contexte national de grande imprévisibilité dans lequel il a dû être élaboré. Et sous le poids des contraintes qui pèsent sur les collectivités locales. « Cela ne nous a pas empêchés de nous atteler à la tâche avec sérieux et responsabilité », ajoute-t-elle. Avec un budget qui « s’inscrit dans une continuité ».

    C’est-à-dire qu’il respecte les même impératifs suivis depuis 2001, date de la prise de la ville au Front national par Hubert Falco (DVD). À savoir, pas d’augmentation d’impôt, « une dette maîtrisée et un équilibre raisonné entre épargne et emprunt pour financer [les] investissements ».

    La première magistrate a mis ensuite en avant les priorités dont ce budget se veut le reflet. Avec en tout premier lieu l’éducation et la jeunesse. Mais aussi la culture, et la poursuite de la renaissance du centre-ville. Sans compter les subventions aux associations qui augmentent de 8,7% en 2026. Et de conclure : « Ce budget montre que la Ville de Toulon avance, investit, protège et prépare son avenir. »

    La conseillère municipale d’opposition Cécile Muschotti (Union des écologistes centristes) considère que « cette stabilité a du sens », mais elle regrette « une forme de retenue, une prudence, qui laisse un peu de place à l’expression d’un souffle nouveau pour la ville ».

    La dernière séance

    « Les gouvernements Macron pratiquent un double standard : opulence pour les uns et austérité pour les autres avec l’étranglement des collectivités territoriales », commence le conseiller municipal de Toulon en Commun André De Ubeda (PCF). Une situation, déclare-t-il, qui conduit à des difficultés encore plus importantes pour la municipalité.

    Et de prendre pour cible le député Yannick Chenevard (Ensemble) adjoint de cette majorité. « Comment faire semblant de regretter à Toulon ce que vous votez à Paris ? », interroge l’élu.

    L’extrême droite en prend également pour son grade, en rappelant que « quand Bayrou demandait 40 milliards d’économie le RN en demandait 100 ! ».

    Toulon en Commun reconnaît l’inflexion positive donnée par Josée Massi depuis presque trois ans, mais la juge encore « malheureusement insuffisante pour répondre aux besoins des Toulonnais ».

    Pour André De Ubeda, « les investissements augmentent mais trop tard et l’endettement légitime mais tardif va creuser la dette ». Et de conclure : « Nous restons sur notre position : la dette n’est pas une mauvaise chose si elle permet des investissements vertueux et susceptibles de procurer des économies et des revenus supplémentaires. Mais quel dommage de ne pas l’avoir fait avant lorsque les taux d’intérêt étaient moins élevés. »

    Josée Massi, répondra que c’est un budget de responsabilité, de solidarité et d’ambition. « Car seule une gestion saine permet d’agir et d’investir », conclut-elle. Une séance riche et apaisée pour un bel exercice de démocratie communale.

    En bref

    André Herrero, « Le Grand »

    Le 23 octobre 2025 disparaissait le rugbyman André Herrero qui a marqué de son empreinte la grande Histoire du rugby français et toulonnais.

    Surnommé « Le Grand », véritable légende du Rugby Club Toulonnais, André Herrero est reconnu pour son courage et sa combativité.

    Le Conseil municipal lui rend hommage en donnant son nom au parvis du stade Mayol.

    Médiathèque François Trucy

    Dans le cadre du projet de création d’une médiathèque et d’un jardin au cœur du quartier de Saint-Jean-du-Var, rue Marnata, la Ville de Toulon souhaite rendre hommage à l’ancien sénateur-maire François Trucy, disparu le 25 mars 2025.

    Celle-ci portera donc son nom.

    La gauche a rappelé qu’elle avait demandé qu’elle soit appelée Aragon, né à Toulon. Mais poursuit : « Nous avons du respect pour M. Trucy notamment parce que c’est le seul maire qui n’a pas été condamné avec vous madame le maire en 66 ans de mandature de la droite et de l’extrême droite. »

    Yannick Chenevard s’improvise chef de file

    La situation est assez cocasse pour être relatée. Nous avons plutôt l’habitude en d’entendre l’opposition se positionner sur le budget, un peu moins un adjoint de la majorité. Le député Yannick Chenevard a en effet pris la parole pour dire « Nous voterons ce budget ». Est-ce à dire qu’un traquenard avait un été un temps envisagé pour embarrasser la maire sortante ?

    Les adieux émouvants de Léopold Trouillas

    Le conseiller municipal de la majorité a fait en guise d’au revoir un plaidoyer pour la culture qui « arme nos cerveaux ». Et a conclut en citant Christian Bobin : « C’est en se quittant qu’on se dit tout. »