Tag: Toulon

  • Top 14 : les Jaunards veulent reprendre des couleurs

    Top 14 : les Jaunards veulent reprendre des couleurs

    Défaits lors de leurs six derniers déplacements, les pensionnaires de l’ASM Clermont Auvergne débarquent à Mayol, ce samedi à 21h, avec pour objectif de rompre le sort. « Il faut déjà être beaucoup plus précis sur le plan défensif, car on a pris des essais trop facilement à Castres », reconnaît Frédéric Charrier, entraîneur des trois-quarts et de l’attaque clermontoise. « Cela va être un premier point à régler. Il y aura un autre point à régler, lié à la prestation offensive et être capables d’être plus efficaces. Il y a des choses qui n’ont pas fonctionné à Castres et on a été déçus du résultat. Il y avait moyen de faire autre chose qu’un point de bonus », ajoute-t-il, conscient du niveau de son adversaire. « Toulon est une grosse équipe. Il n’y a pas de matches simples en Top 14. Cela va être un match compliqué face à une équipe qui est au-dessus de nous au classement et qui bataille aussi pour la qualification. Ce sera un bon morceau à jouer. »

    Malgré des absences de marque, la formation toulonnaise continue d’impressionner. « Ils ont fait rêver des jeunes comme moi quand j’étais gamin ou comme Clermont aujourd’hui », souligne Selevasio Tolofua, le troisième ligne international français passé par la maison varoise entre 2023 et 2025. « Quand ce sont des grands clubs, il y a forcément de la tension. Je sais qu’il y a beaucoup de ferveur dans les deux clubs. Je suis très content d’aller rejouer là-bas ce week-end. J’espère qu’on va faire un gros coup là-bas », poursuit le natif de Saint-Laurent-du-Var.

  • Top 14 : le RC Toulon en quête de discipline face à l’ASM Clermont Auvergne

    Top 14 : le RC Toulon en quête de discipline face à l’ASM Clermont Auvergne

    Avec 181 pénalités concédées depuis le début de saison (soit huit par match), le RC Toulon est le troisième club le plus sanctionné du Top 14 derrière l’Usap (185) et le Racing (183). Une fâcheuse habitude largement mise en évidence face à Pau, il y a deux semaines, avec 16 fautes qui ont coûté cher. « Les choses vont changer », a promis Pierre Mignoni après la rencontre.

    Une dizaine de jours après, la teneur du discours de l’entraîneur toulonnais n’a pas changé : « Il y a des choses qui vont changer. Il y a eu des réajustements sur le court terme. Les joueurs ont besoin de monter le curseur, le staff aussi. » Car il le sait : si le RCT, relégué à huit longueurs du dauphin palois, et dont la place dans le top 6 est menacée, veut croire en son objectif de top 2, il faut arrêter de se saborder : « J’en ai marre qu’on montre un double visage. Sur le match, pendant 48 minutes, on est là. Je pense que c’était plus à Pau de douter sur les 30 dernières, mais ça a été nous. »

    Alors, aux grands maux les grands remèdes : « Ceux qui font des fautes ne joueront pas. On fait toujours des fautes dans un match, mais quand on en fait 18 ou 20… Quand tu donnes le bâton pour te faire battre, c’est beaucoup trop pour gagner à l’extérieur. C’est de la stupidité. Il y a des fautes auxquelles tu ne peux pas échapper. Mais quand tu es en retard, que tu grattes un ballon pour rien, ça montre que tu manques de lucidité, d’intelligence et que tu n’es pas dans le match. Et ceux qui sortent du match pénalisent l’équipe. »

    Ferté à la mêlée

    Pour endiguer le problème, Pierre Mignoni en appelle à ses leaders, mais pas que : « C’est un phénomène de contagion. Tu fais une faute, tout le monde suit. Il faut montrer l’exemple, les leaders doivent se reconnecter, refaire des choses simples. Mais ça ne suffit pas : il faut une prise de conscience individuelle. »

    Parmi eux, malgré son jeune âge, Mathis Ferté, qui sera aligné au poste de 9 samedi, fidèle à son statut de couteau suisse. « Il est vraiment polyvalent, capable de dynamiser et d’être dangereux, autour des rucks, mais pas que. Il va très vite. Son jeu au pied est en progrès. Il peut nous emmener le peps dont on a besoin », veut croire le technicien varois, qui a foi en la propension de son joueur le plus utilisé à performer directement à un poste auquel il n’a pas évolué cette saison. « Ce sont des joueurs rares qui ont une capacité d’adaptation rapide. Il joue au rugby, il connaît les rôles. Il peut se tromper, en 9, il aura forcément un peu plus de déchet, mais je ne suis pas très inquiet. » Et sa grinta ne sera pas de trop pour enchaîner un neuvième succès en autant de matches à Mayol, cette saison : « C’est un compétiteur incroyable, il déteste perdre. Un garçon qui a vraiment la rage et qui l’emmène sur le terrain. On va me dire qu’il n’est pas très costaud, mais quand vous l’avez en face-à-face, il n’est pas marrant. »

    TOULON – CLERMONT

    17e journée de Top 14

    Samedi 14 février, à 21h.

    Stade Mayol, à Toulon

    Arbitre : Benoit Rousselet

    TOULON : Jaminet – Tuicuvu, Sinzelle, Cowie, Villière – Albornoz, Ferté – Coulon, Mercer, Ludlam – Alainu’uese, Ribbans (cap) – Gigashvili, Baubigny, Priso.

    CLERMONT (compo probable) : Hamdaoui – Delguy, Loaloa, Simone, Jurand – Plummer (cap), Zamora – Hemery, Tolofua, Dessaigne – Ratuva, Simmons – Ojovan, Fourcade, Lotrian.

    Repères

    De l’amour dans l’air

    À l’occasion de la Saint-Valentin, le match RCT-Clermont sera aussi placé sous le signe des rencontres et du partage. Avec la Tribune des Célibataires, le Rugby Club Toulonnais invite ses supporters à vivre une expérience unique autour de la passion du RCT. Avant le coup d’envoi, les participants sont conviés à récupérer leur bracelet en Fan Zone, point de départ d’une soirée conviviale et festive. Une boisson offerte au stade viendra accompagner les premiers échanges, avant de vibrer ensemble en tribune.

    Dans l’atmosphère incomparable de Mayol, ce rendez-vous s’annonce comme « le moment idéal pour célébrer l’amour du rugby et peut-être faire une rencontre ».

  • Des mesures contre les agressions de pompiers annoncées à Toulon

    Des mesures contre les agressions de pompiers annoncées à Toulon

    Laurent Nuñez est arrivé au commissariat de police aux alentours de 17h. La séquence a débuté par une rencontre avec sept policiers adjoints et de futures recrues. Ces dernières, âgées de 18 à 29 ans, au nombre de 54, sont issues de la première cuvée du processus de recrutement 100% varois. Elles sont amenées à devenir policiers adjoints après une formation de quatre mois. S’ensuit un contrat de 3 ans renouvelable une fois, sans condition de diplôme, qui permet, après un an, de passer le concours de gardien de la paix.

    Après ces salutations lui ont été présentés plusieurs chantiers en cours : ceux des cellules et du bureau des plaintes de l’hôtel de police (achevés d’ici mai 2026) et le desserrement de ce dernier vers le conseil départemental, ainsi que ceux du chenil de la brigade canine et du nouveau commissariat de Sanary, qui sera inauguré le 20 février.

    Le ministre a ensuite pris la direction du centre d’incendie et de secours de Toulon, dans le contexte de la recrudescence des violences sur les sapeurs-pompiers. « Il y a eu un électrochoc en mai 2025 lorsqu’un sapeur-pompier de Haute-Savoie a été sauvagement agressé au point de presque y laisser la vie. Face à ces violences, il y a un principe simple : la tolérance zéro », martèle Julien Marion, directeur général de la Sécurité civile et de la gestion des crises, présent aux côtés du ministre.

    1 500 agressions par an sur les pompiers, 56 dans le Var

    Ce dernier a rappelé que les pompiers étaient victimes de « 1 500 agressions (physiques) par an depuis 2021 [dont 56 dans le Var en 2025, + 166% en un an, Ndlr]. Dans trois quarts des cas, elles sont le fait des personnes secourues, qui sont, une fois sur deux, sous l’emprise d’alcool ou de stupéfiants ». Pour endiguer ce phénomène, a été conçu un plan national de lutte contre les violences visant les sapeurs pompiers, « en concertation avec les organisations professionnelles », précise Laurent Nuñez, pour qui nombre de « ces 19 mesures ne seront efficaces que si elles sont déclinées dans chaque département ».

    Parmi celles-ci, « la cartographie des secteurs posant des difficultés », « faire systématiquement remonter les événements à l’observatoire des violences », « un état-major de sécurité annuel entre préfets et acteurs », le déploiement généralisé des « caméras embarquées », expérimentées dans certains départements, et des « gilets pare-lames », et enfin, le renforcement de « l’accompagnement des pompiers victimes d’agressions ». Un plan qui élude, comme souvent, les causes – sociales – au profit des conséquences, que Laurent Nuñez veut aussi doter de « référents en contact avec les forces de l’ordre », annonçant une réflexion pour « apporter des moyens supplémentaires aux services d’incendie et de secours ».

  • Les belles valeurs d’un solide Toulonnais engagé

    Les belles valeurs d’un solide Toulonnais engagé

    Derrière la carrure imposante de cet ancien pilier du RCT qu’il ne faut pas trop chatouiller se cache un être plein de générosité, à l’écoute des autres et complètement engagé pour sa ville, son parti et pour la défense des travailleurs de l’Arsenal. Une boîte qu’il intègre à l’âge de 15 ans et demi après avoir réussi le concours des apprentis et où il apprend son métier d’électromécanicien sur les sous-marins. Et dans laquelle il assume aujourd’hui le rôle de secrétaire général de la CGT. Un syndicat qui va jouer complètement son rôle émancipateur d’école de la vie le confrontant aux rudes luttes sociales qui se mènent à la Sorbe. Autant dire qu’il vaut mieux éviter de lui en promettre ou d’user de la langue de bois pour l’embrouiller.

    « Ça t’apprend à travailler avec des gens qui ne sont pas du même syndicat que toi, qui n’ont pas complètement les mêmes idées que toi. Ça t’apprend aussi qu’on n’a pas tous la vérité mais que si on reste sur les valeurs, on peut trouver un terrain d’entente », explique-t-il sobrement. Un sens du dialogue et de l’écoute également très apprécié de Toulon en Commun où il fait l’unanimité.

    Des attentions qui vont pour lui de soi : « Il y a neuf partis différents, alors forcément on ne pense pas toujours la même chose sur tout. Mais par contre, on a un objectif commun. Et on a des valeurs communes qui nous rassemblent. Et c’est ce qui fait qu’au-delà de l’aventure humaine qui m’intéresse aussi, parce que je place les hommes et les femmes avec qui je m’engage en premier, on trouve un chemin commun. »

    Son entrée en politique se fait avec la même force d’engagement, sans faire semblant. Cela se concrétise en 2020-2021, juste après le Covid. Il sera candidat aux élections départementales avec l’étiquette du Parti communiste.

    « Quand je décide d’adhérer à une démarche j’ai du mal à rester spectateur. J’aime bien m’investir, apporter ma pierre à l’édifice et essayer de faire changer les choses qui ne me plaisent pas, mais dans les règles de la structure où je suis en essayant de la faire évoluer en discutant, en parlant pour faire avancer les idées. »

    Ce que nous ne connaissions pas en revanche c’est son implication avec tout autant d’enthousiasme dans le milieu associatif. Et comme le gaillard préfère parler des autres que de lui-même, l’info est venue de son entourage politique. Interrogé, il acquiesce sobrement : « Oui, quand mes deux filles ont pris leur envol définitif, ça m’a libéré du temps. Alors, en accord avec mon épouse… »

    L’asso qui s’appelle « Étoile d’une nuit » maraude sur Toulon et vient en aide aux personnes démunies, sans-abri ou qui parfois ont un boulot mais avec un salaire qui ne leur permet pas de boucler les fins de mois. « Surtout les 30 derniers jours, comme dirait Coluche », ironise-t-il. Et d’expliquer : « Quand on a une vie meilleure que les autres, on ne construit pas des murs, mais on agrandit la table. Donc j’essaie de mettre en action ce credo en amenant un repas chaud, des vêtements chauds, un moment de partage, une discussion, une plaisanterie avec des gens. Tous les jeudis soir on est à la Porte d’Italie. »

    Dans tous ses combats on retrouve la même philosophie, le même humanisme… Mais il insiste, comme pour minimiser : « J’ai la chance de n’avoir jamais eu de soucis professionnels, j’ai toujours eu un salaire, je n’ai jamais eu de problèmes de santé graves. Alors, pourquoi ne pas donner un peu ? »

    Et de dire sa fierté du programme de Toulon en Commun qui porte « une vision pour la ville à court, moyen et long termes avec des propositions pour améliorer la vie des gens au quotidien mais aussi pour anticiper les effets du changement climatique ».

    Bref, un valeureux Toulonnais de 59 ans qui a vaillamment porté le maillot rouge et noir du RCT et qui est encore prêt à tout donner pour faire gagner son équipe, les valeurs de la gauche et de l’écologie.

  • Alain Hayot : « La priorité nationale est un projet d’apartheid »

    Alain Hayot : « La priorité nationale est un projet d’apartheid »

    « Lorsqu’en 1995, les 3 villes de Toulon, Orange et Marignane, puis Vitrolles en 1997, sont prises par le Front national, le slogan du parti était “Tête haute, mains propres” », rappelle Pascal Brun pour la Coordination départementale contre l’extrême droite (Codex). Slogan repris en 2011 par Marine Le Pen, elle-même, précise-t-il, alors que depuis les jugements de cour avaient mis à jour une tout autre réalité. Et le bilan des municipalités d’extrême droite montre quelle piètre interprétation se donnent ces idéologues affairistes du bien commun une fois aux manettes.

    Et le Var, où après Toulon en 1995, les villes de Fréjus, Cogolin et Le Luc tombent dans leur escarcelle en 2014, en donne une sinistre illustration.

    La Cour régionale de comptes (CRC), dans son rapport de 2002, pointe dans les quatre cas des dérives financières, une gestion chaotique des marchés publics, des frais de représentation abusifs, des dépenses à caractère personnel et un recrutement de cadres inexpérimentés effectués dans le sérail. Une gestion qui les font toutes sortir exsangue de cette période.

    Des condamnations

    Pour ce qui est des condamnations des maires, c’est encore pire. Celui du Port du Levant Jean-Marie Le Chevallier écope en 2001 d’un an de prison avec sursis, pour détournement de fonds publics et abus de confiance. Mais aussi d’un an de prison avec sursis, et 5 ans d’inéligibilité pour subordination de témoins dans l’affaire Poulet Dachary, son ancien adjoint et directeur de cabinet qui avait trouvé la mort en 1995.

    Sinon, l’ex-maire de Cogolin Marc-Etienne Lansade (FN puis Reconquête) vient de ramasser en juillet 2025 trois ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, 18 mois de prison avec sursis, pour abus de faiblesse. Pas très glorieux tout ça. Sans compter qu’à Fréjus, rappelle le syndicaliste, David Rachline est sous le coup d’une enquête du parquet national financier sur des faits présumés de favoritisme concernant l’attribution de marchés publics.

    Et de conclure : « Les Varoises et les Varois ont déjà testé le poison de l’extrême droite. Et ce n’est pas en se présentant sans étiquette à Toulon que la députée RN Laure Lavalette fera oublier le parti dont est issue. »

    « Il est grand temps aujourd’hui de reprendre l’offensive sur le plan culturel », développe ensuite Alain Hayot. Pour le sociologue auteur de Face aux nouveaux monstres, le sursaut (Les éditions L’Humanité), il est urgent de démonter les faux arguments de l’extrême droite repris aujourd’hui par une grande partie de la droite qui s’appuient sur le thème de la priorité nationale, pointant l’immigration comme cause de la crise. « Une thèse complètement ahurissante et erronée qui attribue aux immigrés tous les malheurs du monde », dénonce-t-il.

    Et de plus, précise le socio-anthropologue, « les immigrés dont on parle ce sont des Français depuis plusieurs générations ». Ça veut dire, poursuit-il, que « le thème de la priorité nationale, est clairement un projet d’apartheid ». Et de rappeler à quoi tout cela renvoie : « L’idée qu’il existe deux catégories de Français : “les Français de souche” et “les Français de papier”, le terme réutilisé par Retailleau, remonte à Charles Maurras au tout début du XXe siècle pour désigner les Juifs. » On sait comment cela s’est terminé.

  • Dans le Var, le narcotrafic recule, pas les violences conjugales

    Dans le Var, le narcotrafic recule, pas les violences conjugales

    L’heure était au bilan pour les faits de délinquance commis dans le Var l’an passé. Si la délinquance générale (infractions commises contre les personnes et les biens) a progressé de 0,66% en 2025 (45 584 faits contre 45 285 en 2024) après une année 2024 marquée par une baisse de 4,1%, le nombre de faits constatés (45 584) reste inférieur à celui de 2022 (46 076) et de 2023 (47 197). En ce qui concerne leur taux d’élucidation, il se maintient autour de 42%.

    Parmi les principales infractions, les atteintes aux biens sont en légère baisse (-0,5% après -7,3% en 2024). à ce titre, les cambriolages ont reculé de 9,1%. Cela s’explique par une stratégie engagée dès 2023 permettant de cartographier les secteurs les plus touchés, mais aussi par le succès des opérations tranquillité vacances (1 281, +12%). Les vols liés aux véhicules ont en, revanche progressé de 4,3%.

    Plus inquiétantes, les atteintes aux personnes progressent, comme depuis 5 ans (+3% en 2025). Si le nombre d’homicides chute de 80% (5 en 2025), les violences sexuelles stagnent (1 819 faits, +0,2%) et les violences conjugales augmentent (+2,4%). Pour y répondre, les services de l’État affirment agir afin de faciliter les dépôts de plainte et la prise en charge des victimes, notamment grâce au développement des postes d’intervenants sociaux en police et gendarmerie (huit aujourd’hui), à la formation des agents, ainsi qu’à une politique de prévention menée en partenariat avec les associations.

    La sécurité routière inquiète

    En ce qui concerne la lutte contre le narcotrafic, la préfecture se félicite de la baisse de 5,4% des infractions, quand on note une augmentation de 7,6% au niveau national. Les saisies de cannabis (+389% sur les plants, -49,4% sur la résine) sont en hausse, comme celles de cocaïne (+133%). Sur le plan pénal, les amendes douanières progressent : 15 818 410 euros en 2025 contre 11 235 140 euros en 2024, soit +40,8%. Enfin, le préfet a décidé de prendre un arrêté annuel concernant la détention et la consommation de protoxyde d’azote.

    Autre volet important : la sécurité routière. Les accidents mortels (65, +3%) et les blessés (1 134, +1%) sont en hausse, mais les accidents corporels (818, -6%) diminuent. L’indice de gravité reste inquiétant : 7,9 personnes perdent la vie tous les 100 accidents. Les causes restent les mêmes : vitesse (32% des accidents mortels, 21% des accidents corporels), alcool (28% et 16%) et stupéfiants (12% et 8%). Les automobilistes sont les plus touchés (23 décès), suivis des usagers de deux-roues motorisés (22) et des piétons (12). En conséquence, les contrôles se renforcent et ont entraîné +18% de suspensions de permis, +14% de dépistages positifs aux stupéfiants, ainsi que plus de 3 800 mises en fourrière pour des infractions graves. Les actions de prévention ont également augmenté de 29,5%.

    Pour conclure, notons que les services de l’État ont abordé la question – souvent démagogique – des OQTF, indiquant une hausse de 9,8% par rapport à 2024 et de 99,3% par rapport à 2022, pour atteindre 1 063 décisions, dont 175 refus de titres pour actes de délinquance. Rappelons toutefois qu’une très large part d’entre elles sont liées à la lourdeur des démarches administratives liées aux titres de séjours, encore renforcées par la circulaire Retailleau du 23 janvier 2025, demandant aux préfets de les prononcer automatiquement. Et ce même si ces personnes ont déposé leur demande de renouvellement dans les délais. Leurs dossiers n’étant toujours pas traités lorsque les dates de validité des titres ont expiré, elles sont considérées comme sans-papiers.

  • Josée Massi, maire de Toulon : « Les défis ne m’ont jamais fait peur »

    Josée Massi, maire de Toulon : « Les défis ne m’ont jamais fait peur »

    La Marseillaise : On connaît le personnage public mais qui est vraiment Josée Massi ?

    Josée Massi : Je suis arrivée à Toulon à six mois. Un de mes frères ayant de l’asthme, le médecin a recommandé un climat plus favorable que Lyon, où je suis née. Je suis la dernière de six enfants, d’un milieu modeste. Et nous avons grandi dans les HLM de Bon Rencontre, où j’ai été très heureuse. Ma mère a toujours cru que l’éducation serait un moyen pour nous de se faire une place. Et ça a marché, puisque ma sœur a été la première ingénieure mécanicienne de France. J’avais un frère qui était pilote de chasse. On a tous fait des études. Je voulais faire médecine, mais à ce moment-là, mon père est mort… Je suis devenue prof de maths.

    Vous vous êtes absentée un petit moment de Toulon ?

    J. M. : J’ai rejoint mon mari qui était photographe en Ardèche. J’y suis restée dix ans et j’y ai élevé mes trois enfants. Mais on a raison de dire « qui quitte Toulon, perd la raison ». J’y suis donc revenue.

    Pendant ce séjour en Ardèche, j’ai également été élue conseillère municipale d’un maire socialiste du petit village dans lequel j’habitais, au hasard des panachages de listes. Il n’y avait pas de parité à l’époque, nous n’étions que quatre femmes et je n’avais déjà pas l’habitude de me taire, j’étais donc un peu considérée comme la suffragette.

    Puis pour pouvoir être sûre de rentrer à Toulon, j’ai démissionné de l’Éducation nationale au bout de dix ans. C’est pour ça que les défis ne me font pas peur. Je suis donc repartie de zéro. J’ai même fait les vendanges pour commencer. Puis je suis retournée à l’enseignement par le social auprès des jeunes en difficulté, des jeunes en insertion dans le quartier de Berthe, puis au Greta. Je me suis régalée.

    C’est ensuite auprès des bénéficiaires du RMI que vous vous êtes engagée…

    J. M. : Je travaillais à ce moment-là pour Pôle emploi. Une dame est venue me voir pour me dire qu’elle était au Cedis [Centre départemental pour l’insertion sociale, Ndlr] et qu’on cherchait un directeur. Je me suis dit, pourquoi pas. C’était en 95. J’ai postulé et me suis retrouvée à la tête du Cedis. ça a été plus de 20 ans formidables.

    Je me suis rapidement aperçue que ce qu’il y a de mieux pour sortir du statut d’allocataire, c’est une fiche de paie. Donc, j’ai réuni un groupe d’allocataires et leur ai demandé quel était, selon eux, le premier frein à l’insertion, et c’est la garde d’enfants qui est ressortie. J’ai donc pris mon bâton de pèlerin pour chercher des locaux afin de créer une crèche et, à la mairie de Toulon, je réussis à avoir ceux d’Alexandre Ier. C’était les anciens hangars des Espaces verts. Du coup, j’ai créé la crèche là. Puis une autre au Pont du Las, dans les anciens locaux de la Poste. Puis celle de la Beaucaire. En tout, j’en ai fait une dizaine.

    Elles avaient une spécificité ?

    J. M. : Elles ont mis vingt ans à être labellisées comme crèches à vocation d’insertion professionnelle. Mais, dès leur création en 2003, elles étaient déjà comme ça, avec des places réservées aux allocataires. Mais surtout, toujours avec mon idée de l’ascenseur social, j’embauchais des allocataires pour le ménage et je les qualifiais pour passer le CAP Petite enfance. Elles passaient donc à l’encadrement des enfants et aujourd’hui, on en a qui sont directrices de crèche. J’adore ça, construire des parcours. Et vous verrez, dans la liste que je vous présenterai, il y a beaucoup de gens comme ça, qui ont des parcours atypiques, qui partent dans un CAP et qui finissent avocats. Un peu à l’image du mien, parce que moi, je n’avais aucune prédestination à être maire de Toulon.

    Comment passe-t-on justement de l’engagement associatif à la politique ?

    J. M. : Le déclic, c’est que sentant venir la retraite, comme je suis un peu hyperactive, je me suis demandé comment continuer à être utile. Hubert Falco est venu me chercher, donc je suis rentrée sur sa liste en 2014 et j’ai démarré douzième adjointe. Et bien sûr, on m’a mise dans ce que je connaissais le mieux : la petite enfance. En 2020, il me dit qu’on continue. Je suis alors à la deuxième place sur la liste. Puis Yannick Chenevard est élu député et je monte, première adjointe. La suite, vous connaissez : neuf mois après, je suis élue maire de Toulon, pour un temps. Chez moi, on nous a appris la loyauté, l’honnêteté et la volonté de servir. Donc, il n’y a aucune ambiguïté. Si Hubert Falco revient, je lui rends la place.

    Jusqu’à ce qu’il vous désigne publiquement comme la relève…

    J. M. : Oui, après la Cassation. Il fait un communiqué disant qu’il me soutient. On est en juillet. Je vais donc y aller. Puis il est revenu vers moi avec un certain nombre de demandes. Mais quand j’ai été élue, j’ai bien dit que je n’étais pas une plante verte, que j’avais du caractère. Il y a donc des demandes que je n’ai pas acceptées. Et, là aussi, vous connaissez l’histoire. Je le connaissais depuis 30 ans, mais là, je dois dire qu’il est arrivé à me surprendre.

    Quelle décision prise en tant que maire vous rend la plus fière ?

    J. M. : Sauver les cliniques à Toulon, ça a été un vrai combat. On ne pouvait pas perdre cette offre de santé de proximité dans les quartiers.

    Et puis, il y a aussi la végétalisation de la ville. J’ai commencé par les écoles. On en fait à peu près quatre par an.

    La reconstruction des groupes scolaires, aussi. On en a mis cinq en chantier dont l’un est en cours, c’est Saint-Roch.

    Mais on fera aussi Cousteau, on fera la Beaucaire, on fera Lazarre-Carnot. Surtout Sainte-Catherine.

    Quelle est, aujourd’hui, votre ambition pour Toulon ?

    J. M. : De continuer à en faire une ville apaisée à taille humaine, qui rayonne. Une ville de mixité, une ville populaire dans laquelle on vit bien. J’ai commencé à m’attaquer au problème du logement en signant, fin 2023 avec le préfet, un contrat de mixité. Mais il va falloir continuer. Je suis favorable à la construction de logements sociaux. Mais diffus. On ne peut plus faire de grandes concentrations. C’est fini ça.

    C’est compliqué à Toulon, parce qu’on est une ville coincée entre le Faron et la mer avec très peu de solutions. Très peu de foncier disponible. Donc, il faut reconstruire la ville sur la ville.

    Il faut réhabiliter les immeubles, réhabiliter les copropriétés délabrées. Alors là, j’ai un grand chantier sur la Grande Plaine. Et puis, surtout, il y a une délibération dont je suis assez fière et qui fait que chaque fois qu’on construit plus de 800 m², on doit avoir 30% de logements sociaux. Ça veut dire que dans tous les quartiers, chaque fois qu’il y a un immeuble qui sort de terre, vous savez qu’il y aura 30% de logements sociaux.

    Quel est votre état d’esprit aujourd’hui ?

    J. M. : C’est un bel encouragement de voir autant de gens qui vous suivent, qui vous poussent. Alors, on y croit. On va gagner.

  • À Toulon, les progressistes prônent transparence et contrôle renforcé

    À Toulon, les progressistes prônent transparence et contrôle renforcé

    Dans une ville et un département où se concentre l’un des plus grands nombres d’élus « démissionnés » par la justice, mieux vaut prendre la question au sérieux et réfléchir à des outils permettant d’éviter que d’autres ne s’écartent demain, volontairement ou non, du droit chemin. C’était tout le sens du forum organisé, ce mardi soir au Télégraphe, par la liste Toulon en commun, en compagnie d’Eva Joly et du journaliste d’investigation Claude Ardid.

    « L’ancien maire, président de la Métropole et ancien-président du conseil départemental, Hubert Falco, a été condamné à 18 mois de prison avec sursis, 30 000 euros d’amende et 5 ans d’inéligibilité pour recel de détournement de fonds publics », débute Magali Brunel, tête de liste.

    Elle souligne aussi que, dans ce même camp de la droite varoise, l’ex-maire de Sanary Ferdinand Bernard, l’ex-président du conseil départemental Marc Giraud ou encore l’ex-maire de La Seyne, Nathalie Bicais, ont eux aussi été condamnés ces derniers mois. L’actuel président du Département, Jean-Louis Masson, a écopé d’une amende de 15 000 euros pour prise illégale d’intérêts. Et de poursuivre : « Nous ne pouvons pas tolérer ces comportements douteux, ces détournements, ces corruptions… » L’occasion d’épingler l’extrême droite, et plus précisément le RN, « parti le plus condamné de France et pas seulement pour injures racistes », précise André De Ubeda (PCF), 2e sur la liste.

    « Tourner la page du cercle des barons »

    Plusieurs élus varois du parti de Laure Lavalette ont eux aussi été condamnés, notamment le député RN de la 7e circonscription Frédéric Boccaletti, impliqué dans une affaire de violences avec armes. Quant au maire de Fréjus, David Rachline, il sera jugé en septembre pour favoritisme. « Nous ne voulons ni des affairistes sans scrupule, ni du démantèlement de notre pacte social et républicain. C’est pour cela que nous devons mettre, dans le débat des municipales la probité, la transparence et leur corollaire, la participation de tous à la vie publique. C’est la base de notre démocratie », acte Magali Brunel.

    Toulon en commun s’engage à ce que tous les élus bénéficient de formations sur la probité et la transparence, et qu’ils soient accompagnés, lors du mandat, par le déontologue de la ville. L’équipe commandera également, dès son arrivée aux responsabilités, un audit de l’Agence française anticorruption. Pour réparer la confiance rompue entre citoyens et élus, elle promet aussi de rendre compte de manière transparente de l’action menée et des dépenses engagées.

    « Je prends rarement la parole, mais je suis très heureuse de le faire à Toulon, pour soutenir cette liste de gauche. Parce que je sais que ce qui se joue ici. Nous allons battre l’extrême droite », commence Eva Joly. Elle enchaîne sur le thème de la corruption, qui « détruit la confiance des citoyens ». Elle explique la facilité à l’accepter et la difficulté de résister : « On vient vous dire : il y a un grand projet de stade ou de pont, nous allons augmenter le prix artificiellement de quelques millions, et pour toi il y a 500 000 euros. Si tu signes, t’es bien vu. Par contre, résister, dire non, c’est t’exclure : tu deviens l’ennemi à abattre. »

    Le journaliste d’investigation Claude Ardid a rappelé qu’il avait été placé à trois reprises sous protection policière par le préfet du Var de l’époque, pour avoir enquêté sur les liens entre pègre locale et certains responsables politiques. Des faits qui remontent aux années 1990 : « Je n’oublierai jamais ce système mafieux qui a causé des morts et entraîné une corruption financière à un niveau très élevé. C’est moins pire qu’avant, mais ce n’est pas fini. »

  • À Toulon, quel écho pour le lamento d’Hubert Falco ?

    À Toulon, quel écho pour le lamento d’Hubert Falco ?

    Bien entendu, tout le monde garde en tête et met à son crédit d’avoir éjecté, en 2001, une extrême droite en pleine déliquescence de la tête de Toulon, puis rebâti la ville sur les ruines d’une mandature calamiteuse. Un certain courage politique également, en rompant avec son parti les Républicains devenu « trop à droite », bel euphémisme, sous Éric Ciotti.

    Tout cela étant dit, sa voix est-elle encore audible, aujourd’hui, pour les Toulonnais ? Beaucoup lui reprochent la perte d’une certaine cohérence politique. Il a beau aujourd’hui faire amende honorable, dire qu’il s’est trompé : la trahison risque d’être mal digérée et faire perdre un peu de sa splendeur à celui qui faisait de sa constance une force.

    Après avoir adoubé Josée Massi en juin 2024, nous avoir confié en exclusivité qu’elle était « l’avenir » de la ville puis confirmé un peu plus tard par communiqué son total soutien à la maire sortante aujourd’hui candidate (SE), il retourne subitement sa veste, à la rentrée, au bénéfice du candidat (LR) Michel Bonnus. Ce dernier, pourtant, avait débuté sa campagne sans même attendre les décisions des recours judiciaires de son ancien mentor, spéculant même sur sa chute annoncée.

    Mais bon, on a semble-t-il la mémoire courte de ce côté de l’échiquier politique, certains amis d’hier (ils n’étaient pas nombreux à se bousculer au portillon à l’époque) devenant des proscrits, alors que d’autres, un peu moins scrupuleux, retrouvant grâce.

    De quoi faire perdre leurs repères à pas mal de Toulonnais.

  • [Entretien] Manuel Bompard : « Au second tour, face à l’extrême droite, on se rassemble »

    [Entretien] Manuel Bompard : « Au second tour, face à l’extrême droite, on se rassemble »

    La Marseillaise : On vous voit régulièrement dans le Var, vous serez aussi à Toulon le 21 février pour le meeting d’Isaline Cornil. C’est un enjeu particulier pour LFI ?

    Manuel Bompard : C’est un département au contexte difficile car la quasi-intégralité des députés sont d’extrême droite. Il y a une volonté d’y mener un travail de résistance aux idées du RN. Je suis également le référent du Var pour LFI, je viens donc régulièrement apporter mon soutien aux militants engagés dans les mobilisations et les campagnes électorales.

    À La Seyne, à Toulon, comme dans de nombreuses villes, LFI présente sa propre liste. Pourquoi ce changement de stratégie, après avoir favorisé l’union de la gauche avec le NFP et la Nupes ?

    M.B. : Il y a un certain nombre de listes au niveau national dans lesquelles on est engagé et qui sont soutenues par d’autres formations. On a cherché à partir de notre programme, et on a proposé à celles et ceux qui voulaient construire ces listes avec nous de le faire. Ça a été possible dans certains cas, dans d’autres non. Notre conviction, c’est que les listes de gauche ne pourront gagner des villes que si elles s’engagent sur des mesures claires : des services publics qui ne sont pas délégués au privé, l’accès à certains biens communs fondamentaux comme la gratuité de la cantine scolaire, l’expérimentation du référendum d’initiative citoyenne, la lutte contre le logement indigne… On a d’abord l’objectif de répondre aux aspirations des habitants, et on essaie ensuite de rassembler autour de ces propositions.

    Si LFI se retrouve au second tour derrière une liste de gauche, notamment dans des villes sous la menace de l’extrême droite, peut-on s’attendre à un retrait ?

    M.B. : Pas le retrait, le rassemblement. C’est vieux comme la gauche que plusieurs listes se présentent au premier tour, puis qu’elles se rassemblent. Et souvent, elles fusionnent, pour que les différentes sensibilités puissent être représentées au conseil municipal. On est très clair : partout où on sera en tête à gauche, on proposera le rassemblement. Si les candidats en tête font la même démarche, on y travaillera. Est-ce possible ? Je pense que tout le monde devra prendre ses responsabilités. Il peut y avoir des désaccords, des débats extrêmement profonds, mais il y a ensuite un devoir de responsabilité. Et ceux qui utilisent des prétextes pour justifier la division, favorisant la victoire de la droite ou de l’extrême droite, prendraient une très lourde responsabilité. Mon discours est très clair, que chacun en fasse de même. C’est la moindre des choses quand on se revendique de gauche : au second tour, face à l’extrême droite, on se rassemble.