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  • La maire Josée Massi donnée gagnante face au RN à Toulon

    La maire Josée Massi donnée gagnante face au RN à Toulon

    Les résultats révélés ce mercredi en exclusivité par nos confrères de Var Matin collent en tout point à l’analyse politique que nous livrons dans ces colonnes, depuis le mois de mai dernier. Nous étions en effet les seuls à affirmer que la maire sortante sans étiquette, Josée Massi, serait bien candidate. Et passions pour d’illuminés stratèges en expliquant que son positionnement lui permettait de réunir plus de voix que le candidat LR, Michel Bonnus, pour le second tour.

    Le sondage réalisé par l’Ifop entre le 16 et le 26 janvier, sur un échantillon de 602 personnes, donne en effet Josée Massi vainqueure du duel de second tour face à la candidate d’extrême droite Laure Lavalette, avec 4 points d’avance, en recueillant 52% des suffrages. Ce qui montre, dans ce cas de figure, un front républicain fonctionnant sous son nom à plein régime. Ce qui est loin d’être le cas – en tout cas dans les mêmes proportions – lorsque c’est le LR Michel Bonnus qui est testé en position de rempart contre le RN, la gauche se retrouvant peut-être alors un peu moins encline à voter pour un proche de Bruno Retailleau.

    Cela étant dit, mieux vaut rester prudent et prendre l’image fournie aujourd’hui pour ce qu’elle vaut : un indicateur des intentions de vote mesurées à ce moment-là.

    D’ailleurs, du côté de Josée Massi, on se garde bien de tout triomphalisme, même si intérieurement on ne doit pas bouder sa joie après les mauvais coups reçus et les petites trahisons entre amis encaissées. « Les sondages ne font pas les élections. Je les regarde, mais je n’en fais pas une boussole », réagit-elle sobrement, dans un communiqué. Elle poursuit : « Ma campagne démarre. Ma première ligne d’arrivée, c’est le 15 mars. » Ce qui ne l’empêche pas de voir, dans ce sondage, un encouragement, d’autant qu’elle n’avait pas encore déclaré sa candidature au moment où il a été réalisé.

    Le président de Région lâche Michel Bonnus

    Pour autant, rien n’est encore gagné ou perdu pour qui que ce soit. Il est important de le garder en tête. La ville est encore loin d’être à l’abri de la menace persistante de l’extrême droite. Il suffit de regarder le résultat obtenu dans cette enquête au premier tour, où celle-ci ne recueillerait pas moins de 39% des voix, c’est-à-dire plus que Jordan Bardella aux élections européennes de 2024 à Toulon. En tout cas, loin devant tout le monde, le deuxième candidat (Josée Massi) étant alors distancé de 15 points.

    Pour ce qui est des réactions, force est de constater que les amitiés en politique sont volatiles. On est bien placé à Toulon pour le savoir. Cette fois, c’est le président de la Région Sud, Renaud Muselier (Ren.), qui donne le la. Il a annoncé dès mercredi soir à la presse : « Michel Bonnus doit se ranger derrière Josée Massi pour battre Laure Lavalette. » C’est bien de mesurer l’urgence de la mobilisation contre l’extrême droite, mais cela reste tout de même savoureux puisqu’il était jusqu’à présent un fervent soutien du candidat LR Michel Bonnus. Son « grand ami », l’ancien maire de Toulon Hubert Falco (DVD), a dû apprécier. Ce dernier, après avoir annoncé soutenir la maire sortante au mois de mai, s’était mis, l’automne venu, à déclarer : « Voter Bonnus, c’est voter Falco ! »

    Pour ce qui est du camp progressiste, Magali Brunel, candidate de la liste de gauche « Toulon en commun », parvient, selon ce sondage, à se qualifier pour le second tour avec 13% des voix, les mélenchonistes en lice venant parasiter ce score. « Nous notons une nette progression de la gauche par rapport à 2020, malgré la division et l’attitude de LFI », déclare André De Ubeda (PCF), en deuxième position sur la liste. Et de poursuivre : « Nous nous réjouissons que Lavalette puisse être battue. Elle est nettement en dessous des résultats aux législatives. »

    Le responsable politique note également que, pour la troisième place, les différences entre les concurrents tiennent dans un mouchoir de poche. Et de parier donc que si « Toulon en Commun » parvient à récupérer une partie des électeurs de Pierre-Jacques Depallens (ni système, ni extrême) qui, tout comme Cécile Muschotti (voir notre édition de mercredi), a renoncé à une candidature en solo, le mouvement de gauche pourrait ravir la place au LR Michel Bonnus. Il conclut : « Tout reste possible à gauche compte tenu des 30% qui se déclarent encore indécis. Magali Brunel peut battre Lavalette avec le soutien clair des autres listes. »

  • [Entretien] Cécile Muschotti : « Il y a urgence à s’unir à Toulon pour battre l’extrême droite »

    [Entretien] Cécile Muschotti : « Il y a urgence à s’unir à Toulon pour battre l’extrême droite »

    La Marseillaise : Votre liste
    «
     ni système ni extrême » a jeté l’éponge. Pourquoi ?

    Cécile Muschotti : Dans ce contexte où le centre et la droite partent divisés, où la gauche refuse d’ouvrir une alliance jusqu’au centre et face au gros danger du Rassemblement national, je ne peux pas prôner un discours de rassemblement, dire que le danger est à nos portes et, en même temps, finalement, faire comme les autres. C’est dû aussi au non-débat et à la non-volonté de certains avec qui on aurait pu s’allier pour construire un groupe plus large, avec un positionnement clair sur des axes programmatiques pour la ville. En tout cas, j’ai essayé de faire des efforts, j’ai pris le temps d’aller rencontrer Magali Brunel et d’échanger avec Josée Massi.

    Mais sur quelle base auriez-vous
    pu passer un accord
     ?

    C.M. : J’ai siégé au conseil métropolitain avec M. Leroy, de Toulon en commun, et nous avons porté mot pour mot le même combat pendant six ans. Parce que nous avons la même vision pour sortir Toulon et sa Métropole des embouteillages, de la pollution… par le tramway. Mais, aussi, sur la transition environnementale, la végétalisation, les pistes cyclables… et pour faire en sorte que Toulon prenne toute sa part et devienne un exemple dans ce domaine. On aurait pu se retrouver également sur la question de l’éducation et de la culture.

    J’aurais espéré, comme ça a pu être le cas par exemple à Vitrolles ou même à La Seyne-sur-Mer en son temps, de construire un groupe qui aille du Parti communiste jusqu’au centre. Parce que je suis persuadée qu’il faut se tourner vers le centre dans une ville comme Toulon.

    Vous définissez-vous toujours comme une femme de gauche ?

    C.M. : Absolument, je le revendique. Et j’en veux d’ailleurs beaucoup à mes anciens camarades du Parti socialiste qui n’ont pas pris le temps de suivre mes travaux parlementaires. Parce que le macronisme, que j’ai quitté il y a maintenant 3 ans, et pour lequel je suis critique, c’était une jambe gauche et une jambe droite. Je rappelle qu’on est plus de 60% des socialistes à avoir rejoint Emmanuel Macron en 2017. Je ne suis pas l’hurluberlue du coin. Malheureusement, la jambe droite a pris le pas. Pour autant, moi, pendant 5 ans, quels ont été mes votes pour et mes votes contre ? Quand je me suis érigée contre la loi anti-casseurs, contre la loi qui concernait l’immigration.

    Et à l’inverse, j’ai porté la loi et le rapport sur l’IVG, pour un meilleur accès de l’IVG en France. Et mené une mission de 6 mois sur la création d’un défenseur de l’environnement, pour que cette cause soit au cœur de toutes nos décisions publiques. J’aurais aimé que mes anciens camarades s’intéressent à la politique de plus près plutôt que de me faire de mauvais procès.

    Vous n’avez donc pas renoncé…

    C.M. : Je milite depuis que j’ai 15 ans, je ne renoncerai jamais à me battre, particulièrement dans ce contexte. Alors j’essaie de prendre la parole à chaque fois qu’on me la donne. Ou je la prends sur les réseaux sociaux : j’ai osé rappeler d’où venait Laure Lavalette. J’en suis à pratiquement 900 commentaires, dont beaucoup sont haineux. Donc je vais continuer à me battre. Parfois, j’entends des gens qui disent qu’ils ne vont plus voter parce qu’il n’y a aucun candidat qui leur correspond… Moi, je suis prête à faire des concessions sur mes idéaux pour faire barrage à Laure Lavalette coûte que coûte.

    Parce que la menace est bien là…

    C. M. : L’influenceuse Laure Lavalette a réussi à mettre en place une stratégie de communication et de vente de son produit, et une grande partie de Toulonnaises et de Toulonnais refusent d’entendre d’où elle vient, de voir que Rassemblement national, c’est le Front national. Je suis inquiète parce qu’il semble parfois qu’on brasse du vent à essayer de rappeler l’histoire d’une extrême droite violente, raciste, fasciste. Et le programme de Laure Lavalette, c’est quoi ? Refaire les trottoirs, mettre des chichis frégis et un peu plus de policiers. Il faut être sérieux. C’est un parti politique accusé d’avoir volé de l’argent public… On sent qu’il y a un sentiment de rejet global. Mais rejeter pour mettre des voyous racistes et fascistes, c’est ça la solution ?

    De quoi Toulon a-t-elle besoin ?

    C.M. : Il nous faut des élus qui aient conscience de ce que nous sommes en train de traverser. La question climatique doit être au centre de toutes les décisions politiques. Il en va de la survie de nos enfants. Je ne parle pas d’une planète qui mourrait dans 1 500 ans. Je parle de nos enfants qui sont aujourd’hui à l’école. Quel avenir on va leur laisser ? Et vous avez, en parallèle, Amaury Navaranne [le conseiller municipal RN, Ndlr] qui assume son climato-scepticisme publiquement en conseil municipal. Les questions d’éducation, de culture, d’aménagement, de développement économique, tout ça suivra à partir du moment où on a cette conscience précise dans chacune des décisions. Je répète qu’il y a urgence à s’unir face à la menace de l’extrême droite, mais la responsabilité appartient aujourd’hui à Mme Massi et Mme Brunel : la balle est dans leur camp, puisque ce sont elles qui ont refusé jusqu’à maintenant les mains tendues. En tout cas, je dirais haut et fort ce que je vote. J’estime, en tant qu’élue, en tant qu’ancienne parlementaire, je peux être transparente sur mon choix. Aujourd’hui, il n’est pas fait.

  • Ces gestions calamiteuses des villes varoises par l’extrême droite

    Ces gestions calamiteuses des villes varoises par l’extrême droite

    Dans un département qui a envoyé sept députés RN sur huit à l’Assemblée nationale, mieux vaut rafraîchir les mémoires en cette période préélectorale. C’est ce que s’applique à faire ici la Codex, qui a passé au crible les frasques de ces élus, ou anciens élus, ainsi que leurs déboires judiciaires.

    à commencer par Le Luc, aujourd’hui sorti des griffes du RN. En 2014, l’élection de Philippe de La Grange tourne court : il jette l’éponge quelques mois plus tard. Patricia Zirilli lui succède pour une petite année avant de renoncer, elle aussi. Pourquoi ? « À cause des pressions d’une équipe qui n’arrive pas à se projeter, qui me reproche de ne pas être assez FN… », déclare-t-elle alors. Pascal Verrelle prend donc la suite en mars 2016, avant que la majorité n’enregistre deux nouveaux départs.

    À part ces frasques, rien de bien glorieux à mettre à leur actif, si ce n’est le recrutement de copains, l’augmentation des indemnités des élus et une concession d’aménagement à la société d’économie mixte, la Sagep, jugée « catastrophique ». La Ville devra lui verser 1,8 million d’euros, suite à la décision du tribunal administratif.

    « Se servir et faire du bien à leurs amis »

    À Cogolin, ce n’est guère mieux, avec une extrême droite toujours aux manettes. Même si Marc-Étienne Lansade, élu en mars 2014 sous l’étiquette FN, a été démissionné en juillet 2025 après sa condamnation en appel pour abus de faiblesse. Devenu entre-temps proche d’Éric Zemmour, il dirigeait la délégation locale de Reconquête. Lorsqu’il s’assoit dans son fauteuil de maire, il recrute comme conseiller spécial en urbanisme Jean-Marc Smadja, un cousin d’Isabelle Balkany ayant piloté la bétonisation de Levallois-‑Perret. Dans le Sud, ce sont 1 846 logements qui sortent de terre entre 2020 et 2025. Pas du logement social, bien sûr. Devenue première magistrate après l’empêchement de Marc-Étienne Lansade, Christiane Lardat porte plainte en décembre contre son prédécesseur, « qui s’est lancé dans une campagne de dénigrement ».

    À Fréjus, tout le monde a en tête les démêlés judiciaires de David Rachline, élu lui aussi en 2014 à seulement 26 ans, avec un avenir alors prometteur dans le parti de Jean-Marie Le Pen. La Codex met en avant la dilapidation des « bijoux de famille » pour réduire la dette de 16 millions d’euros en quatre ans. « Pour arriver à ce résultat, le maire vendait des terrains municipaux à ses amis entrepreneurs », dénonce la Codex. Une stratégie court-termiste puisqu’en 2024, le préfet menace de prendre la main. La dette de la Ville est alors de 151 millions d’euros. Et il est exigé que la commune rectifie le tir.

    Contraint de démissionner de la vice-présidence du RN en décembre 2025, David Rachline n’a même pas obtenu l’investiture du parti à la flamme. Grandeur et décadence. « Dans ces quatre villes, si on ajoute Toulon, ça a été une catastrophe, un naufrage », analyse Pascal Brun, pour Visa, l’association antifasciste membre de la Codex. Et de poursuivre : « Nous, ce qu’on dit, à la lumière de ces fiascos, c’est “est-ce que vous avez réellement envie de retenter l’expérience en 2026 ?” »

    « À un moment donné, il est difficile de ne pas prendre conscience, vu la somme de tous les problèmes judiciaires, que ces gens-là veulent le pouvoir, non pas que pour appliquer leurs programmes, mais aussi pour pouvoir se servir et faire du bien à leurs amis », conclut-il.

    Le problème, c’est qu’il n’y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir.

  • Magali Brunel face aux lecteurs à Toulon

    Magali Brunel face aux lecteurs à Toulon

    L’enseignante, actuellement conseillère municipale d’opposition, est interrogée sur le projet démocratique, social et solidaire dont elle est porteuse, en particulier ici sur les moyensà mettre en place pour juguler la crise du logement ou comment améliorer les dotations aux écoles afin de favoriser l’égalité des chances. Mais aussi comment promouvoir l’usage des transports en commun, faciliter les mobilités et rendre la ville plus solidaire, plus accueillante. Tout un programme.

    Alain Tournay : On ne va pas se mentir, l’école ne va bien du tout. Comment faire en sorte d’améliorer les dotations pour qu’elles soient à la hauteur des besoins ? Pareil pour la restauration scolaire qui a un train de retard, voire un tramway, alors qu’on sait que certains élèves ne font qu’un seul vrai repas par jour à Toulon ?

    Magali Brunel : Alors d’abord, sur la dotation scolaire, je pense qu’il est bon de resituer un petit peu les choses, puisque nous sommes trois élus d’opposition depuis six ans dans la municipalité actuelle. Et c’est un sujet sur lequel on s’est toujours mobilisés. À chaque budget, à chaque occasion où un sujet éducatif était sollicité, on est revenu sur la question d’un meilleur soutien pour l’école, que ce soit sur les dotations aux classes qui servent justement à acheter les fournitures et puis à développer des projets, ou les sorties scolaires et les classes transplantées, puisque ce ne sont pas les mêmes lignes budgétaires.

    Ce sont deux sujets sur lesquels on s’est beaucoup battus, André de Ubeda en particulier, puisqu’il était en charge de la commission éducation. Et on a obtenu d’ores et déjà des choses. La revalorisation des crédits de dotation a été marquante aux alentours de 40 000 euros. Et pareil pour les classes transplantées.

    Mais ce n’est pas suffisant. Il faut avoir une vision un petit peu globale de l’enjeu que c’est d’accompagner toute une génération dans de bonnes conditions matérielles. Et à Toulon, c’est sûr qu’on n’est pas au rendez-vous. Je crois qu’on est dans les plus bas des classements en termes de dotation par élève. Nous pensons que d’abord, on peut y répondre avec, dès la rentrée, une prise en compte de la nécessité d’équiper les enfants de kits scolaires gratuits. Ça se fait à Marseille aujourd’hui, et dans plusieurs autres communes de la région. Ça met tous les élèves à égalité.

    On sait que la pédagogie de projet et l’ouverture hors de l’école, c’est un des moyens de lutter contre les inégalités scolaire et sociale, parce que nos enfants, s’ils reçoivent tous le même enseignement, ils sont à l’école devant le même enseignant, ils n’ont pas le même environnement pour profiter de ces cours qui leur sont dispensés. Donc, c’est sur l’environnement, sur le projet, sur l’ouverture qu’il faut jouer.

    Concernant ensuite la cantine, c’est un sujet qui est, à mon sens, sous-évalué aujourd’hui. L’alimentation en général dans une collectivité, d’ailleurs. Nos seniors s’alimentent mal, et cela accentue leur problématique de vieillissement ; les personnes les plus démunies s’alimentent mal et ça accentue les problématiques de leur vie quotidienne ; et nos enfants, qui sont l’avenir, sont soit mal alimentés, soit s’alimentent mal parce que l’environnement n’est pas suffisamment favorable. Et cela a des conséquences sur leur développement, leur santé, leurs apprentissages. Nous pensons qu’il faut mettre le paquet sur la restauration scolaire.

    De ce point de vue là, on a également des références, avec des municipalités qui ont déjà mis des choses en place et qui ont très bien fonctionné. C’est le cas dans des petites communes comme Correns ou Mouans-Sartoux, qui font office de modèles. Mais c’est le cas aussi à Lyon, qui est quand même une collectivité plus importante que Toulon. Donc, nous, on se situe entre deux. Si on arrive à faire mieux que Correns et Mouans-Sartoux et juste en dessous de Lyon, on ne sera déjà pas si mal.

    Et on a des moyens de le faire, parce qu’à Toulon, tout ce qui est production alimentaire n’est pas mobilisé par des sous-traitants qui donnent des repas prêts à l’emploi. Nous avons des personnels qui sont des cuisiniers et des cuisinières et qui ont donc un savoir-faire.

    Il faut qu’on s’appuie sur ces savoir-faire. Et il faut qu’on réfléchisse à davantage nous appuyer aussi sur nos producteurs locaux, rentrer dans une boucle positive pour qu’eux vivent mieux et qu’ils nous permettent de mieux alimenter nos enfants.

    Salima Arrar : Que prévoyez-vous en termes de politique de santé, et concernant le devenir des cliniques privées ?

    M. B. : Le paysage qui se dessine, c’est celui d’une santé à deux vitesses qui a été encouragée par l’installation de groupes privés. Et puis, il y a l’hôpital public et tous les acteurs de la santé publique qui sont en grande souffrance, notamment du fait de resserrement des budgets nationaux. Avec des corps de métier qui sont en très grande tension.

    Pour ce qui concerne la gouvernance municipale, la priorité est de faire en sorte qu’il y ait une offre de soins pour tous les habitants de la ville. Et donc, de ce point de vue là, pour prendre l’exemple de la clinique Saint-Jean, quand il a été question de son éventuel déménagement sur La Crau par le groupe Sainte-Marguerite, notre rôle a été de mettre en évidence le véritable problème que cela pouvait créer pour ce quartier déjà en difficulté. Il est important de s’attacher à maintenir des systèmes qui fonctionnent là où ils sont implantés, à proximité des habitants. Nous avons eu des réserves sur les conditions de la reconfiguration et l’extension négociée par Madame Massi [maire de Toulon SE, Ndlr], parce que cela impacte un parc, et que nous pensons qu’il faut trouver d’autres solutions que de couper des arbres et de sacrifier de l’espace vert. Parce que c’est aussi une question de santé que les gens puissent bénéficier d’espaces verts. Mais, ceci étant, je le répète, nous soutenons un projet qui consisterait à permettre à une structure existante et qui fonctionne dans l’environnement de rester dans son lieu.

    Nous avons d’ailleurs voté il y a quelques semaines, un contrat local de santé et de santé mentale, qui est une manière pour la collectivité de coordonner l’action des acteurs locaux. C’est un outil intéressant, mais là encore, un outil qui nécessite de la concertation et de la co-réflexion réelle. Ces outils-là ont de valeur que si tout le monde est sollicité, tout le monde contribue : la médecine de ville, les différentes structures privées de santé, la structure publique et les autres acteurs de santé comme le CCAS. Donc nous, nous souhaitons faire vivre ce contrat local de santé pour qu’il soit un véritable organe de régulation, de concertation et d’amélioration de la politique de santé municipale.

    Je termine en évoquant les centres de santé qui sont des lieux où on peut aller se faire soigner, qui sont coordonnés avec l’hôpital et qui appartiennent au réseau de la santé publique. De notre point de vue, il y a un audit à mener pour clarifier où sont les besoins sur le territoire municipal. On a parlé de cliniques privées, d’hôpital public, mais il y a des zones blanches. Dans le quartier de Claret, par exemple, le dernier médecin généraliste va partir à la retraite et il n’y a personne pour le remplacer. Pour nous, il faut répondre à ces problématiques non pas simplement en termes de bâti, en mettant à disposition un local et en laissant faire ceux qui souhaiteraient y aller, mais bien identifier les besoins et faciliter l’installation de médecins qui pourraient être salariés et donc faire partie du personnel public. Cela nous permettrait de répondre aux besoins là où ils sont.

    Xavier Hardy : On est vraiment très soucieux du traitement réservé aux migrants, aux personnes à la rue ou en grande difficulté… Comment allez-vous permettre cet accompagnement social par les structures ?

    M. B. : Nous nous y étions engagés en 2020, nous n’avons pas changé d’avis : nous serons signataires de la charte de l’Anvita [Association nationale des villes et territoires accueillants, Ndlr]. Donc si Toulon en Commun est appelé à mener la municipalité nous assumerons les différents articles de cette charte. Et nous envisageons les actions de solidarité dans la durée. Parce qu’on n’est pas solidaires un jour par an au moment par exemple de la collecte de la Croix-Rouge ou la journée de ceci ou de cela.

    Pour moi, investir la mairie c’est respecter les trois mots qui caractérisent la vie publique : liberté, égalité, fraternité, sans en laisser un de côté. La fraternité se traduit notamment, il me semble que c’est un signe fort, dans la manière dont une ville traite les gens qu’elle accueille : les plus fragiles, les personnes qui ont subi des exils, des traumatismes, des accidents de vie. Nous avons à les accueillir avec humanité. Et c’est ensemble que nous devons le faire.

    Notre programme s’est bâti à la fois dans le collectif mais aussi grâce à des rencontres avec des acteurs associatifs, des acteurs de la solidarité, des personnes aussi qui ont cette expérience-là. Voir des enfants à la rue, des femmes passer des nuits dehors avec leurs petits gamins, ce n’est juste pas possible !

    Alors, comment on soutient ? D’abord en facilitant et en accompagnant le travail des associations. On a la chance sur Toulon d’avoir un tissu déjà créé qui sait travailler ensemble, et donc il faut s’appuyer sur les compétences et sur l’expertise existantes. Aider aussi à l’identification de ces structures, parce que quand on débarque à Toulon dans une situation souvent terrible, qu’on est à la recherche d’un toit et de quoi manger, il faut qu’on ait une solution rapidement identifiable, donc des cartographies qui permettent de savoir à qui s’adresser rapidement.

    Jean-Paul Jambon : Quelles propositions faites-vous
    pour remédier à la carence
    de logement social
     ?

    M. B. : Il y a en fait deux problématiques. Celle de la construction, pour commencer. Et on s’aperçoit que les leviers pour produire davantage de logements sociaux ne sont pas actionnés. La deuxième concerne le vieillissement du parc existant, qui fait qu’on met des habitants, des locataires qui paient leur loyer régulièrement, dans des situations d’indignité du logement. Ce qui rajoute des problèmes, parce que quand on vit dans un logement dégradé on veut légitimement en partir. Et donc on demande à muter, ce qui ajoute, en quelque sorte, une pièce supplémentaire dans la machine.

    Il faut traiter les deux problèmes en même temps et pas de manière différenciée. La construction du logement social, c’est un sujet, lui aussi, sur lequel depuis 6 ans, là dans le cas précis, c’est moi, on intervient en conseil municipal. Au début, c’était M. Falco qui me répondait « Mais Mme Brunel, là, il y a la mer, là, il y a la montagne, il n’y a pas un seul mètre carré de foncier disponible ». Bon, on a trouvé beaucoup de mètres carrés pour faire du logement privé et des belles résidences.

    A priori, il n’y en avait pas pour les classes populaires. Donc évidemment, ce traitement n’est pas admissible. Et ça veut dire qu’il faut mettre en face de cela une stratégie qui marque la rupture. Et pour commencer abaisser les seuils d’obligation à construire du logement social lorsque l’on construit des résidences. Ce qui va augmenter leur nombre dans un espace de mixité sociale.

    Parce que quand on fait cela, on ne construit pas une tour où on concentre des populations issues des mêmes milieux socio-économiques, mais on fait vivre ensemble des populations différentes avec des niveaux d’acceptabilité qui font que nous coexistons et nous coexistons avec harmonie. Donc en cela, on répond à la fois à un problème de logement et à un problème de mixité qui s’enchaîne sur la mixité scolaire. Enfin, vous voyez, c’est la chaîne vertueuse au lieu de rester dans une chaîne de blocage.

    Il est urgent également de rénover le parc social et d’améliorer la vie quotidienne des habitants, parce qu’on a laissé tomber les locataires, on a laissé tomber les cités. Et on a rajouté en plus des problèmes au moment de la rénovation urbaine du centre-ville, c’est-à-dire que les personnes qui vivaient dans le centre ancien depuis des années, on les a déracinées. J’ai rencontré des messieurs qui avaient toujours vécu ici dans ce centre-ville et qui ont été envoyés à la Beaucaire où ils sont perdus, parce que c’est ici qu’ils ont leur cercle.

    Ça, c’est très choquant. Il faut s’engager à ce qu’une rénovation urbaine ne soit pas une façon de sortir les habitants de leur lieu de vie, mais qu’on construise avec eux le logement pour eux et pour demain.

    Sandra Gérard : Nous avons un double problème à Toulon du fait du manque de logements mais aussi de la cherté des loyers. Ce qui oblige beaucoup de salariés à s’éloigner de Toulon, et provoque un engorgement de la circulation… Comment comptez-vous agir sur ces deux phénomènes ?

    M. B. : On est toujours sur la difficulté d’accès au logement. Le problème c’est qu’on est dans un enkystement de la situation qui a conduit, notamment après le Covid, à une augmentation des prix de l’immobilier qui n’a fait que s’accentuer. Et ça continue d’ailleurs du fait du nombre de résidences secondaires qui se multiplient sur la ville et qui ne sont pas découragées. Sans compter le développement des moyens de location de meublés touristiques type Airbnb, mais pas que, et qui bloquent du logement. Parce que c’est plus rentable de louer en succession à plein de touristes qu’à une famille qui en a besoin. Ce qu’on identifie dans les différentes analyses, c’est que, en plus, les effets de la pénurie de logement et la cherté des loyers touchent particulièrement les jeunes actifs et les familles avec enfants qui sont obligés comme vous le dites de quitter Toulon.

    Donc ça signifie qu’il faut absolument apporter des réponses parce qu’on dévitalise une ville aussi. Et il faut d’abord s’attaquer à la question des Airbnb. Il y a des solutions très simples, votées récemment. Donc on a les dispositifs, les outils.

    Dans le Pays Basque, ils ont fait ça de manière très volontariste avec des résultats qui sont évidents. Donc faisons en sorte de limiter les abus. Il ne s’agit pas d’interdire de louer 15 jours son appartement quand on est en vacances, mais bien les abus qui créent du blocage à la location de longue durée.

    Deuxième sujet, la question du prix des loyers. Il y a une façon très raisonnable de faire les choses, c’est de prévoir un encadrement. Un encadrement, ce n’est pas que tout le monde a le même loyer. Le loyer est analysé en fonction de l’offre et dans une marge de manœuvre raisonnable qui permet de valoriser éventuellement un appartement qui est plus attractif par rapport à un autre qui l’est moins, mais dans une proportion raisonnable de façon à permettre aux locataires de payer un juste prix.

    Et puis il y a une troisième solution qui est le permis de louer, qui fait que la municipalité est garante de ce qui est offert à louer aux locataires. Parce que quand vous vous retrouvez à payer 800 euros un taudis ou un endroit ultra-humide, c’est indigne. Et ça ne devrait pas être admissible par une collectivité qui a les moyens de régler cela. Le permis de louer permet de faire en quelque sorte un filtrage pour mettre à la location un logement qui peut effectivement être habité.

    Ça peut être d’ailleurs associé aux aides de la CAF. Donc ça veut dire qu’on a des leviers pour soutenir tout simplement des gens qui sont responsables dans la location qu’ils mettent à disposition. Il ne s’agit pas du tout de faire la guerre à des propriétaires ou à des organismes qui fonctionnent de manière tout à fait citoyenne, mais de se prémunir des abus et des positions de faiblesse dans lesquelles on met les locataires et les gens qui veulent accéder à la propriété.

    C’est-à-dire ?

    Libérer le parc, c’est permettre aussi un accès à la propriété plus facile aux ménages qui à force d’efforts ont pu faire en sorte de dégager des économies pour investir. Là aussi il y a des solutions qui permettent d’acheter le bâti et que le foncier reste à la propriété de la ville, et qui font qu’on peut devenir propriétaire à moindre coût.

    Et quand on s’attaque à la question du logement, on limite aussi les problématiques d’embouteillage automobile qui sont un poison pour les gens, pour les travailleurs en termes d’écologie et de bien vivre dans la ville. Néanmoins, évidemment, il faut faciliter la mobilité quand elle n’est pas contrainte.

    Et pour nous, l’un des points forts de notre programme c’est le tramway comme axe structurant l’ensemble de la métropole de la Seyne, au moins, à La Valette, et si possible plus loin encore. C’est-à-dire l’axe majeur de circulation au sein de notre territoire. Parce qu’il est beaucoup plus efficace et plus écologique. C’est la solution la plus adaptée à notre ville. Et que nous pensons que ce travail sur des investissements structurants, doit être associé avec une gratuité progressive.

    Parce que pour changer de mode de transport, toutes les études montrent dans des métropoles comparables que seulement l’offre ou seulement la tarification ne suffisent pas. C’est l’association des deux qui font qu’à un moment donné un usager, un habitant choisit de passer à une autre modalité de transport. C’est ce que nous voulons faire et nous comptons l’articuler avec les autres moyens de transport intra-urbains qui sont notamment les moyens ferroviaires. On a parlé d’un RER toulonnais mais il n’est pas encore à sa vitesse de croisière.

    Roland Biache : Est-ce que votre programme intègre a minima le maintien des volumes financiers en cours à destination
    des associations, voire a prévu
    de les faire progresser ?

    M. B. : Alors, nous d’abord, on est évidemment convaincus que le tissu associatif c’est le filet de la cohésion sociale. Et c’est souvent, concernant les associations de la solidarité, le filet de survie et le filet de sécurité de toute une série de populations précaires. Donc nous avons un regard absolument attentif à ce tissu associatif. Et ça fait partie aussi des sujets sur lesquels on est intervenu plusieurs fois en conseil municipal parce que le discours abusif de M. Falco était le maintien. On maintient les sommes telles qu’elles ont été accordées l’année précédente.

    Mais comme on peut en faire facilement le calcul, les 23 ans à la direction de cette municipalité de M. Falco, compte tenu à la fois de la hausse des recettes de la ville et de l’inflation, ont abouti à ce que les associations fassent les frais au final de budgets en baisse. Donc nous avons demandé chaque année, non pas qu’on nous parle de maintien, mais qu’on nous parle de réactualisation, au moins, au même taux, et sur lesquelles les associations peuvent s’appuyer. C’est notamment quelque chose qu’on a réussi à obtenir les deux dernières années, parce que notre argument a été entendu et que l’hypocrisie a été quand même levée.

    Nous allons aussi regarder de près l’utilisation de l’argent public, comment on s’en sert, quel est son usage, quel est le public qui en est bénéficiaire. Aller voir concrètement les effets, les résultats. C’est pourquoi la proposition d’une commission de concertation me paraît être une bonne solution, parce qu’elle permet à la fois de voir les bonnes pratiques, d’être clair sur les critères et donc qu’il n’y ait pas, en quelque sorte, de concurrence déloyale.

    On a parlé tout à l’heure des associations de logements. Voilà typiquement un sujet sur lequel on peut avoir des grosses inquiétudes quant à la transparence de leur action. Et donc il est certain que nous, à Toulon en Commun, qui avons une logique participative pour notre propre mode d’action, nous considérons que la concertation et la transparence sont la règle d’or du fonctionnement de toute action citoyenne et donc aussi celle des associations. La proposition de budgets pluriannuels me semble une bonne solution. Je pense que l’idée de se dire qu’on part sur une échelle plus longue pour permettre aux gens de travailler sereinement est une idée à explorer, c’est une réponse au stakhanovisme des dossiers à compléter qui occupent beaucoup les associations au détriment de leur travail sur le terrain et celui des agents municipaux. Et donc peut-être qu’on gagnerait à se faire confiance sur un temps donné, à être réellement attentifs aux bilans et donc à voir de près quels sont les bénéfices et ainsi faire travailler les gens sereinement.

    Je tiens également à dire que la culture n’est pas une variable d’ajustement dans un budget municipal. Pour nous, elle participe de la citoyenneté. Elle est un levier de citoyenneté et elle doit être partout.

    Focus sur les lecteurs

    Alain Tournay, enseignant (responsable syndical)

    Salima Arrar, aide-soignante (syndicaliste et membre du PCF)

    Xavier Hardy, retraité (collectif Migrants)

    Jean-Paul Jambon, retraité (Fondation pour le logement)

    Sandra Gérard, fonctionnaire de catégorie B à l’Arsenal de Toulon

    Roland Biache, retraité (militant associatif)

  • Toulon au forceps face à Montpellier

    Toulon au forceps face à Montpellier

    La météo a encore fait des siennes dans le ciel de Toulon.

    Comme le 22 septembre, des trombes d’eau se sont abattues sur la Rade. Mais, si le duel face à La Rochelle avait été remis, le derby contre Montpellier a juste été décalé d’un jour. C’est donc dimanche que les deux formations sudistes ont finalement pu en découdre. Avec néanmoins une retouche côté varois. Seretaki Tuicuvu, malade, ayant dû céder sa place à l’aile à Mathis Ferté.

    Si Toulon a été le premier à marquer des points, la première période a été à l’avantage de Montpelliérains qui ont su exploiter l’indiscipline varoise pour d’abord creuser l’écart. Mais Gaël Dréan permettait au RCT d’atteindre la pause avec un handicap minimum.

    La dynamique changeait de camp après les citrons. Avec des Toulonnais plus incisifs qui allaient faire la différence, grâce notamment à la botte de Marius Domon, l’ouvreur varois qui y allait également de son essai, sur une contre-attaque éclair qui devait donner le signal de la reconquête des Rouge et Noir.

    Toutefois, les Héraultais ne lâchaient rien et ressortaient la tête de l’eau après l’heure de jeu. Jordan Uelese permettant aux visiteurs de revenir à trois longueurs. Les dernières minutes voyaient Montpellier faire le forcing pour arracher plus que le point du bonus défensif. Mais la grosse défense varoise permet aux Toulonnais de conserver leur léger avantage.

    Ils signent un succès qui leur permet de sécuriser leur place dans le Top 6. Alors que leurs visiteurs se contentent du minimum.

    Toulon 30 (16)

    Montpellier 27 (17)

    15e journée du Top 14

    Stade Felix-Mayol (spectateurs)

    Arbitre : T. Charabas.

    TOULON : 3 essais de Dréan (40), Domon (49), Gigashvili (65), 3 transformations et 3 pénalités (4, 22, 32) Domon.

    Avertissement : Ludlam (26).

    MONTPELLIER : 3 essais de Hounkpatin (10, 26), Uelese (70) 3 transformations, 2 pénalités (39, 55) de Miotti.

    Avertissement : Bécognée (32).

  • Rugby : Toulon – Montpellier reporté

    Rugby : Toulon – Montpellier reporté

    Comme le 22 septembre, lors de la venue de La Rochelle, les fortes pluies sur le Var ont entraîné le report du derby entre Toulon et Montpellier. Thomas Chabaras, l’arbitre de la rencontre, a estimé que les conditions n’étaient pas bonnes pour le déroulé du match, qui a été reprogrammé dimanche, à 15h30.

  • Toulon veut surfer sur la vague dynamique

    Toulon veut surfer sur la vague dynamique

    En se qualifiant pour les 8e de finale de la Coupe des Champions, le RCT a réussi sa première mission de la saison.

    Les Rouge et Noir ont même engrangé un petit bonus. Car ils disputeront leur duel face aux Sud-Africains des Stormers. Un avantage non négligeable pour envisager de poursuivre l’aventure européenne. Mais d’ici le 4 avril, il va se passer beaucoup de choses dans la Rade et dans un Top 14 qui reste encore indécis.

    Et pour revenir au quotidien du championnat, les Toulonnais auront un derby à se mettre sous la dent, avec la réception de Montpellier, samedi à Mayol. Mais, surtout, ce sera une opposition entre le cinquième qui accueille son suivant immédiat au classement. Ce qui donne un aspect particulier. Surtout si le RCT avait la bonne idée de s’imposer.

    D’autant plus qu’après avoir joué plusieurs matches à flux tendu, du fait d’une infirmerie bien remplie, Pierre Mignoni a récupéré du monde cette semaine. Les talonneurs Gianmarco Lucchesi et Pierre Damond, le pilier droit Beka Gigashvili, le centre Ma’a Nonu et l’ailier Gabin Villière sont apparus sur le terrain principal du Campus RCT. Un mélange entre jeunesse, expérience et surtout fraîcheur qui ne sera pas de trop pour affronter les voisins héraultais et leur densité physique.

    Kpoku, première

    Montpellier que les Toulonnais ont battu chez lui (27-17), lors de l’ouverture de la saison. Mais qui, depuis, a su obtenir des résultats probants. Dany Priso se méfie de ces retrouvailles. « Nous les avons battus chez eux en début de saison, ils vont arriver avec les crocs. À nous d’être sérieux dans notre jeu pour faire ce qu’il faut », note le pilier.

    Pierre Mignoni est lui aussi méfiant avant ces retrouvailles. « Ce ne sera pas le même Montpellier. L’équipe est en progrès, comme l’indique son parcours européen », souligne le manager varois.

    Ce derby devrait permettre au public de Mayol de découvrir la recrue surprise. Le RCT a en effet récupéré l’international anglais Junior Kpoku, qui a quitté le Racing et s’est engagé pour six mois. Toutefois, s’il a bien été a retenu dans le groupe par Pierre Mignoni, il l’est en tant que finisseur. Prêt à apporter son écot à un succès qui permettrait aux Varois de repartir sur de bonnes bases dans leur championnat, où ils restent sur une punition à La Rochelle (0-66).

    15e journée de Top 14

    16h35, stade Félix-Mayol

    Arbitre : Thomas Charabas.

    TOULON : Domon – Dréan, Brex, Cowie, Tuicuvu – Albornoz ( o p, Serin ( m ) – Abadie, Ollivon, Ludlam – Alainu’uese, Ribbans – Sinckler, Baubigny, Priso.

    MONTPELLIER : Banks – Ngandébé, Vincent, Piccardo, Taofifénua – Miotti ( o ), Price ( m) – Bécognée, Vanipola, Nouchi – Duguid, Verhaeghe – Hounkpatin, Tolofua, Erdocio.

    « Ils vont arriver avec les crocs. À nous d’être sérieux »

  • Retrait à Toulon de la liste « ni système ni extrême »

    Retrait à Toulon de la liste « ni système ni extrême »

    « Depuis plusieurs mois, nous travaillions avec conviction à la construction d’un projet collectif pour Toulon. Avec une seule boussole : Toulon », explique-t-elle. Et de constater qu’« après des mois d’efforts », les « conditions de rassemblement ne sont pas réunies ». Pourquoi ? « Trop de logiques d’appareils.

    Trop de calculs. Trop de peurs.

    Trop de frontières que certains refusent de franchir », conclut Cécile Muschotti.

  • Une journée à la découverte de l’IUT et l’Université de Toulon

    Une journée à la découverte de l’IUT et l’Université de Toulon

    Que faire après le Bac ? Les questions concernant l’orientation pèsent lourd dans les préoccupations des lycéens tant il va être déterminant pour eux. C’est pour tenter de les aider à y voir un peu plus clair que l’Université de Toulon organise une journée portes ouvertes sur tous ses sites, La Garde, Toulon et Draguignan, le samedi 31 janvier.

    Avec la mobilisation de tous ses services pour apporter les informations nécessaires concernant les formations et les aider les futurs étudiants à préparer au mieux leur avenir professionnel. Tout aussi important les renseignements sur les possibilités de logements, de bourses ou les offres de transport disponibles pour assurer quotidiennement leurs déplacements seront également disponibles sur les campus. On sait comme cela peut influer sur leurs décisions. Tout comme la possibilité de pouvoir exercer dans sa vie étudiante des pratiques sportives, culturelles ou associatives.

    Préparer son avenir

    Une journée enfin pour maîtriser les modalités de candidatures et d’inscription. Bref, pour rassurer et dissiper quelque peu le brouillard épais auquel font face certains jeunes, souvent les plus éloignés familialement de cet univers. À l’heure des choix à effectuer via la toujours très décriée plateforme Parcoursup. Afin que la visite soit le plus profitable, l’Université de Toulon conseille de préparer sa visite en visionnant sur le site internet dédié* contenant le programme complet de la journée ainsi que des vidéos sur les filières et les infrastructures. Mais aussi plus largement toutes les offres de formation sur le portail www.univ-tln.fr.

    *https://jpo.univ-tln.fr l

    Retrouvez le programme complet de la Journée Portes Ouvertes par campus. Préparez votre visite

  • Des personnels toujours engagés pour une ville plus solidaire et plus humaine

    Des personnels toujours engagés pour une ville plus solidaire et plus humaine

    Vous œuvrez chaque jour auprès des plus vulnérables, des plus fragiles, des plus isolés. Vous accueillez, vous écoutez, vous accompagnez, vous tendez la main. Vous soutenez parfois, sans bruit, sans reconnaissance immédiate, mais toujours avec humanité », a commencé la directrice générale Virginie Cauquil, devant les personnels du Centre communal d’action sociale de Toulon qui ont répondu en nombre à l’invitation.

    « Je sais pouvoir compter sur vous toutes et vous tous qui donnez votre cœur et votre énergie à servir la cause du CCAS », les a remerciés à son tour la vice-présidente, le docteur dominique Andreotti, en leur souhaitant tout le bonheur possible. Et d’ajouter : « Le CCAS continuera, j’en suis sûre, à porter haut les valeurs qui sont inscrites dans notre hall d’entrée, de professionnalisme, d’humanité, de solidarité, pour être toujours présent auprès des personnes les plus fragiles, les plus isolées et les plus âgées. »

    La parole a ensuite été donnée à la maire de Toulon Josée Massi (SE) qui assure également la présidence de cet établissement public : « Il est essentiel pour moi de venir régulièrement à votre rencontre, d’échanger avec vous, de vous écouter. Car je m’enrichis de votre expérience, de votre regard, de votre sens du terrain », explique-t-elle. Et de poursuivre : « C’est grâce à vous que Toulon devient chaque jour une ville plus solidaire, plus inclusive, plus humaine. »

    Au service des plus fragiles

    L’occasion aussi d’expliquer que ces vœux interviennent dans un temps particulier qui bouscule la tradition. Pas question en effet en cette période pré-électorale de dresser le bilan de l’année écoulée ou d’évoquer les projets à venir. « Alors, c’est peut-être un mal pour un bien : cela va me permettre de concentrer mon propos sur l’essentiel, à savoir les remerciements que je souhaite vous adresser », ajoute-t-elle. Et de poursuivre à l’intention des personnels du siège, des résidences seniors et des Ehpad, ou qui exercent sur le terrain comme infirmières, aides à domicile ou porteurs de repas : « Votre travail est inestimable. Grâce à vous, nos concitoyens les plus fragiles se sentent moins seuls. Grâce à vous, ils retrouvent confiance, espoir et dignité. »

    Ce qui suppose, reconnaît-elle, la tâche difficile « de porter, jour après jour, le poids de la détresse, de la solitude, des urgences sociales ». Et ce d’autant plus que « l’année 2025 n’a pas été un long fleuve tranquille », avec « son lot d’incertitudes et de défis » auxquels les services ont su faire face. Ce qui révèle, insiste Josée Massi, « la solidité » du Centre d’action sociale toulonnais.

    Et de souhaiter donc qu’il poursuive dans cette voie en 2026, « celle de la cohésion, de la rigueur, de l’écoute, du dialogue, et du respect des valeurs du service public ». Et au personnel : « Une année apaisée, constructive et porteuse d’espoir. »