Tag: salariés

  • Une convention entre Action Logement et l’État pour loger les futurs salariés de l’industrie de Défense

    Une convention entre Action Logement et l’État pour loger les futurs salariés de l’industrie de Défense

    Signée il y a deux semaines par le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou et la ministre de la Défense Catherine Vautrin, la feuille de route André Jubelin a vocation à mettre en place 35 mesures pour le développement de la filière de l’industrie de Défense, dans le cadre de l’augmentation de la loi de programmation militaire (36 milliards d’euros investis entre 2024 et 2030). Celle-ci prévoit, entre autres, le recrutement de 10 000 personnes à horizon 2030. De futurs salariés qu’il faudra loger, dans un département qui connaît une crise importante en la matière.

    Un quota de logements sociaux pour ces salariés

    C’est dans cette optique que le ministre de la Ville et du Logement Vincent Jeanbrun, le préfet du Var Simon Babre, la maire de Toulon Josée Massi et Action Logement ont signé une convention, jeudi. Son principe : accorder, dans la Métropole toulonnaise, un quota de logements sociaux aux salariés recrutés par les entreprises de Défense (pris en partie sur le quota des salariés d’État, abaissé de 30 à 25 %, sans toucher aux 25 % dédiés aux publics prioritaires), ainsi qu’une priorité de candidature de cinq jours sur les logements sociaux et intermédiaires.

    Si les estimations de demandes ne sont pas fixées, le nombre de logements disponibles dans le parc social du territoire (4 700 attributions annuelles pour 45 000 demandes, soit plus de dix demandes par logement) est encore largement insuffisant. « La situation deviendrait encore plus critique si on laissait arriver 10 000 salariés sans avoir anticipé », justifie Vincent Jeanbrun, qui prévoit, pour satisfaire les besoins, « de produire du logement, de construire du neuf ou de réhabiliter, comme dans cette copropriété dégradée de plus de 250 logements que l’on a visités jeudi matin ». « On souhaite faire de l’habitat diffus. On a retravaillé le prochain contrat de mixité sociale, abonde Josée Massi. On a pris une délibération où chaque construction doit intégrer 30 % de logements d’intérêt général. On en a déjà produit 1 000 en trois ans. » Autrement dit, des logements sociaux et intermédiaires.

    Pour y accéder, les salariés devront toutefois remplir les conditions sociales d’attribution, alors que d’autres accompagnements (accès social à la propriété, logement privé classique) sont en réflexion.

  • Les salariés de Fibre Excellence occupent l’usine

    Les salariés de Fibre Excellence occupent l’usine

    Ils ne lâcheront rien. Après Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, les salariés de Fibre Excellence de l’usine de Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône, ont débuté, jeudi, l’occupation de leur site « à durée indéterminée ». « Notre mobilisation se poursuivra aussi longtemps que la situation l’exigera, jusqu’à ce que de véritables réponses soient apportées », prévient la Filpac CGT Fibre Excellence Provence, dans un communiqué.

    Les travailleurs du groupe de pâte à papier placé en redressement judiciaire, en avril dernier, entendent ainsi maintenir la pression avant l’examen lundi, par le tribunal de commerce de Toulouse, de l’offre de reprise portée par le financier Matthieu Pigasse. Ce projet est le seul qui garantissait la reprise de la totalité des salariés, soit 660 personnes, auxquels s’ajoutent les 228 de la papeterie de la Chapelle-Darblay – dont Fibre Excellence est repreneur – et plus de 10 000 emplois indirects. Sur les banderoles déployées sur les sites, le ton est accusateur : « Macron va-t-il tuer 10 000 emplois ? », interrogent les protestataires.

    « Quels sont les engagements de l’État pour rééquilibrer le marché du bois et garantir la viabilité du projet de reprise ? », écrivent dans un courrier adressé au couple exécutif Carole Delga, présidente (PS) de la Région Occitanie, Renaud Muselier, président (Ren) de la Région Sud, et les numéros un de la CGT, Sophie Binet, de la CFDT, Marylise Léon, et de FO, Frédéric Souillot. Ces derniers se sont prononcés en faveur du projet du banquier d’affaires dit « de gauche » avec Combat Holding.

    Mais le gouvernement se montre très critique. Interrogé lors de l’ultime séance de questions au gouvernement, mardi, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, estime que « l’offre de reprise (…), à ce stade, n’est pas au niveau parce qu’elle demande une aide supplémentaire de l’État ». Si l’on suit les calculs du locataire de Bercy, l’État, qui a déjà engagé plus de 90 millions d’euros dans le sauvetage du groupe et se dit prêt à ajouter 100 millions d’euros supplémentaires, devrait mettre 100 millions d’euros de plus pour suivre le plan de Matthieu Pigasse. Tandis que ce dernier alignerait « cinq misérables millions d’euros », dixit le ministre, « ça me rappelle non pas Robin des bois, mais le shérif de Nottingham qui fait des actions avec l’argent des autres », tacle-t-il. Sur franceinfo ce jeudi matin, il accuse le patron auquel on prête des ambitions élyséennes de « faire de la politique sur le dos des salariés ».

    Le temps presse. L’État doit se positionner et vite. « S’il y a liquidation, personne ne pourra dire qu’il ne savait pas sur la disparition de près de 80% de la capacité française de production de pâte marchande, de 660 emplois directs, de plusieurs milliers d’emplois indirects et d’un outil industriel stratégique qu’il sera pratiquement impossible de reconstruire », préviennent les syndicats et les collectivités.

  • [C’est l’été] Sophian, ancien salarié de Solvay, n’a pas fini la lutte

    [C’est l’été] Sophian, ancien salarié de Solvay, n’a pas fini la lutte

    Sophian est l’une des figures de la lutte des salariés de Solvay à Salindres. Ce délégué syndical CGT avait en effet été l’un des premiers à alerter dans l’entreprise sur la dangerosité du TFA, produit sur le site gardois, après avoir beaucoup échangé avec les associations écologistes. La Marseillaise lui avait ainsi déjà consacré un portrait en octobre 2024, quelques semaines après l’annonce de la direction de la fermeture de l’usine de production.

    Après le départ de l’entreprise, Sophian a traversé une période difficile. « Ça a laissé des traces, comme chez beaucoup d’autres salariés. J’ai pris 30 kilos que j’ai perdus depuis. J’ai arrêté de fumer en même temps, ça n’a pas dû aider. Et j’ai déclenché un psoriasis. Il y a eu trop de choses en même temps et ça a dû jouer sur ma petite tête », explique-t-il aujourd’hui.

    Si certains de ses collègues sont partis chez Orano, Sophian fait partie de ces salariés dégoûtés par l’aventure Solvay qui veulent désormais éviter tout emploi industriel. Au détour d’un forum, il a bien postulé chez Perrier mais n’a pas eu de retour. « Je pense que quand les responsables des ressources humaines tapent mon nom sur internet, ils voient que je suis à la CGT et que je me suis mobilisé chez Solvay, ils se tournent alors vers un autre profil », dit-il sans dépit. Après une période de congés de reclassement, Sophian est désormais au chômage depuis le mois de juin même s’il a effectué quelques extras dans le restaurant familial. Surtout, il aimerait maintenant se réorienter vers le social et changer complètement de branche. Ou trouver un poste pour continuer d’alerter sur la dangerosité des Pfas…

    « Les Pfas dans la tête »

    Car Sophian n’a pas abandonné son combat pour alerter la population, faire reconnaître les dangers encourut par les ouvriers en contact avec ces substances chimiques, et plus largement, lutter contre cette pollution : « J’avais une petite conscience qui m’a permis d’ouvrir les yeux sur ces substances chimiques mais je ne pensais pas que c’était à ce point. Je pensais qu’on était dans un pays où on était un peu protégé. Après 13 ans passés à Solvay, je connais l’odeur du TFA. Beaucoup de salariés sont en colère car ils se sont rendu compte a posteriori qu’ils ont été surcontaminés ».

    Toutes les semaines, Sophian participe à une réunion avec des associations écologistes. « Il n’y a pas une journée sans que j’aie les Pfas dans la tête », reconnaît-il. Il continue aussi de répondre aux journalistes et il est même apparu dans un documentaire diffusé sur Arte : « J’essaie de défendre les ouvriers en général et les anciens salariés parce que sinon j’aurais tout abandonné ».

    Ce travail a payé puisqu’il a réussi, avec d’autres associations, à faire intégrer 25 anciens salariés de Solvay à l’étude Opal : « C’est une étude d’imprégnation sur les salariés », explique-t-il. « Il y a l’étude Perle sur les riverains à Lyon et Opal concernait jusqu’ici une centaine de salariés d’Arkema Daikin. Nous avons désormais 25 salariés de Salindres qui font des prises de sang ». Les premiers résultats devraient être rendus publics dans les prochains mois avant la restitution complète en 2027. En attendant, Sophian continuera de se mobiliser.

    Tristan Arnaud

  • Avignon : la grève se poursuit au cloître Saint-Louis

    Avignon : la grève se poursuit au cloître Saint-Louis

    Les murs du cloître Saint-Louis, siège du In à Avignon, ont tremblé, ce mercredi 22 juillet, en plein Festival. Les grévistes de l’établissement hôtelier ont en effet donné de la voix pour rappeler la grève lancée le 3 juillet dernier.

    Une dizaine de salariés ont initié ce mouvement afin d’obtenir une amélioration de leurs conditions de travail. « En été, à la réception, il fait plus de 40 degrés. Et en hiver, il fait parfois 8 degrés. Ce n’est pas tenable », confie l’un d’entre eux. « Ce n’est que le début. On ne va rien lâcher », s’égosille, micro en main, Laetitia Pancuvilier, déléguée CGT.

    Les salariés réclament également une augmentation salariale de 5%. « Ils sont quasiment tous tout en bas de la grille salariale. Il faut qu’ils soient augmentés à la hauteur de leurs efforts », demande Carlos Acha Moreno, secrétaire de l’UL CGT Avignon. Une dizaine de personnes, soit près de la moitié des employés d’après le syndicat, débrayent plusieurs jours par semaine « car cela nous coûte cher », rappellent-ils. Sans oublier la fermeture annoncée d’un ou deux sites pour des travaux. Période durant laquelle une perte de rémunération de 28% est prévue.

    Appel à la direction

    Des « Direction démission ! » ont fusé pendant plus d’une heure dans l’enceinte de l’établissement, où se promènent quelques festivaliers curieux. Car le dialogue entre les représentants syndicaux et la direction est quasiment au point mort. « On est là et on restera jusqu’au bout ! Sortez pour venir nous parler », lance Laetitia Pancuvilier. Peine perdue. La direction n’a également pas répondu aux sollicitations de La Marseillaise. « Bientôt trois semaines de conflit, mais il n’est pas trop tard pour arrêter l’hémorragie. Nous ne lâcherons pas. Vous serez tenus responsables de toutes les conséquences que le mouvement aura sur vos équipes », insiste l’Union locale du syndicat. Un autre employé évoque un « pseudo-dialogue » qui n’en est pas un. « Il y a même une forme de discrimination mise en place. Comme des pauses où on nous laisse seuls ou des moments sans nous », glisse-t-il.

    Les soutiens se multiplient et les modalités de poursuite de la mobilisation sont actuellement en discussion. Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, s’était rendue sur place il y a une semaine.

  • Paca, première région maritime avec plus de 100 000 emplois

    Paca, première région maritime avec plus de 100 000 emplois

    Baignée au Sud par la Méditerranée, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur reste numéro un dans le pays en termes d’économie maritime. C’est ce que confirme une étude de l’Insee, en collaboration avec la Dreets et la collectivité, présentée en conférence de presse ce jeudi à Toulon et publiée dans la foulée. Cette économie maritime représentait fin 2022, quelque 25 600 emplois salariés. Si l’on ajoute les 14 200 de la marine nationale – avec le premier port militaire de France – et les 62 200 du tourisme littoral, ce sont au total 102 000 emplois salariés, soit 5,3 % de la part d’emploi salarié régional que compte cette économie.

    « Notre littoral n’est pas seulement un décor ou une destination. Il est un espace économique majeur, qui fait vivre l’hôtellerie, la restauration, les activités nautiques, les ports, les transports, le commerce et de très nombreux services », indique François de Canson, vice-président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur en charge du développement économique, de l’attractivité, du tourisme et de la prévention des risques majeurs.

    Cette économie de la mer est divisée en huit grands secteurs d’activité, ici nommés « segments », avec le transport maritime et fluvial et la construction-réparation navale qui concentrent l’essentiel des emplois salariés. Avec, respectivement 11 900 travailleurs pour le premier et 7 900 pour le second, soit près de quatre emplois salariés sur cinq. Dans le détail, c’est 90 % de l’emploi régional du transport maritime et fluvial qui est polarisé dans les Bouches-du-Rhône, avec les grands acteurs que sont le Grand port maritime de Marseille (GPMM), la CMA CGM et Corsica Linea. Quand le Var centralise 72 % de la construction-réparation navale, avec Naval Group et Eca Robotics.

    Les autres secteurs mentionnés sont l’intervention publique, recherche et protection de l’environnement, la logistique portuaire, les travaux publics maritimes, les produits de la mer (dont la pêche). L’extraction de matériaux marins et la production d’énergie, ne concernent pas notre zone.

    L’économie des métiers de la mer est concentrée au sein de grandes entreprises. Dès lors, les établissements de plus de 50 salariés représentent 75 % des emplois, et ceux de plus de 500 salariés emploient 10 700 personnes.

    Seuls 25 % des salariés

    sont des femmes

    Ces travailleurs de la mer gagnent en moyenne 3 910 euros net mensuels en équivalent temps plein. La part de cadres est de 40 % et les ouvriers qualifiés y sont six fois plus nombreux. À titre comparatif, le salaire moyen dans l’ensemble de l’économie régionale est de 2 470 euros par mois.

    Mais cette économie est, sans surprise, peu féminisée. Et compte une grande majorité des hommes, âgés de 25 à 49 ans. Les femmes elles, n’occupent que 25 % des postes. Une part inégale en fonction des segments, s’il y a peu d’ouvrières, il y a presque autant de femmes que d’hommes dans la logistique portuaire par exemple.

    « Cette étude va servir au diagnostic et au pilotage des politiques publiques », veut croire Olivier Tessier, directeur régional adjoint de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (Dreets), citant le « retard » sur l’éolien en mer Méditerranée, une « filière d’avenir », pousse-t-il. À ses côtés, le maire de la Londe-les-Maures, pressenti pour succéder à Renaud Muselier à la tête de la Région, appelle à ne « jamais opposer économie et écologie » : « être la première région maritime française impose de savoir concilier les usages. Notre littoral accueille des activités industrielles, militaires, portuaires, touristiques, scientifiques, de pêche, de plaisance et de protection de la nature », soulève François de Canson.

    CHIFFRES

    1,3

    En pourcentage, c’est le nombre de salariés de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur qui travaillent dans l’économie maritime, où sont recensés près de 4 200 établissements en 2022.

    63

    Le département des Bouches-du-Rhône concentre à lui seul 63 % de l’emploi salarié de l’économie maritime de la Région, le Var 30 % et les Alpes-Maritimes seulement 7 %.

    4 500

    En euros, c’est le salaire moyen net mensuel en équivalent temps plein dans le transport maritime et fluvial, dont 40 % des salariés sont des cadres. Le salaire moyen dans la Région est de 2 470 euros pour l’ensemble de l’économie.

  • Des conteneurs recyclés en tremplins vers l’emploi à Berre-l’Etang

    Des conteneurs recyclés en tremplins vers l’emploi à Berre-l’Etang

    De loin, ils ressemblent à de simples conteneurs maritimes. En s’approchant, les équivalents vingt pieds entreposés sur le terrain d’Homeblok sont en réalité des bureaux, des logements ou des éco-habitats. À Berre-l’Étang, les salariés de la marque portée par LVD Energie ont ainsi construit les vestiaires du stade Roger-Martin.

    C’est dans cette unité de la filiale inclusive du Groupe la Varappe que Bernard Cazeneuve, en opération séduction dans le département ce week-end après avoir publié un texte de 86 pages dans lequel il détaille ses pistes pour redresser le pays, s’est arrêté ce vendredi.

    Pour parler avenir industriel, mais surtout saluer le volet insertion de l’entreprise, qui a accompagné plus de 40 travailleurs en 2025. Actuellement, sur les 22 salariés qui font tourner le site, la moitié sont en contrat d’insertion. Pour l’ancien Premier ministre de François Hollande, « faire passer l’insertion de la marge à la norme, c’est créer la possibilité pour chacun d’avoir accepté d’avoir accès au travail ». Et de saluer : « Cette entreprise est emblématique de ce qui marche dans les territoires. (…) L’objectif c’est d’aller chercher des citoyens très loin du monde du travail, de les familiariser à l’apprentissage d’un métier et de leur donner l’amour de la profession. Ce qui m’a marqué ici c’est qu’il y a une véritable passion de l’objet fabriqué, une véritable fierté de l’engagement. Tout ça est un facteur de développement économique mais aussi d’épanouissement individuel. »

    Un ancrage territorial

    Lucas a intégré les équipes d’Homeblok en contrat d’insertion il y a huit mois. Lui qui n’avait pas de « métier de rêve » et arrivait « sans attente » a trouvé sa vocation. « Je ne connaissais rien de la soudure en arrivant ici et ça m’a directement plu. Je me vois plus faire autre chose. Ce que j’aime c’est pouvoir transformer, rendre les choses habitables, voir ce que je produis et l’avancement de mon travail. »

    Salim Berrada, le chef de site, a aussi trouvé sa voie grâce à la filiale inclusive. « Je suis resté trois ans en insertion, je n’avais pas de diplôme, je suis parti de zéro et j’ai pu évoluer avec le temps. Ça prouve que quand on veut on peut, même si j’ai peut-être aussi eu une bonne étoile. » Après avoir été militaire, intérimaire, pizzaïolo, équipier McDo, agent de sécurité, le trentenaire a trouvé une stabilité dans un emploi de manager qui l’épanouit.

    Pour lui, Homeblok est un bon outil professionnel. « On propose de découvrir tous les métiers de la construction, de la menuiserie à la plomberie en passant par l’isolation, l’étanchéité, l’électricité… C’est très polyvalent. » Mais Salim Berrada pointe surtout l’aspect social de la structure. « On est une équipe, on s’entraide. Ici, on a tous un passé, on s’ouvre, il y a une confiance totale et ça nous libère un peu. »

    Pour le président d’Homeblok Laurent Laïk, tout l’enjeu des années à venir pour la filiale de la Varappe réside dans son ancrage dans le territoire. « On est en plein cœur de tout le développement pressenti, on a le double volet d’accompagner économiquement les entreprises en offrant par exemple des logements temporaires pour les gens qui vont arriver, mais aussi en proposant des candidats par rapport aux emplois qui vont être créés demain. On considère que chacun doit trouver sa place mais doit jouer son rôle dans la société. »

  • Les salariés de Kalhyge poursuivent leur combat

    Les salariés de Kalhyge poursuivent leur combat

    Deux ans et une enquête de l’inspection du travail plus tard, l’accord de performance collective (APC) ne passe toujours pas auprès des salariés de Kalhyge. Ce type d’accord permet aux entreprises de modifier le contrat de travail des salariés afin de répondre aux nécessités nouvelles du fonctionnement de l’entreprise. En pratique pour la blanchisserie industrielle, cela se traduit par la modification des conditions de travail, la réduction de la durée du travail, ou du salaire. « Entre autres, on nous a supprimé la prime d’ancienneté et la rémunération de la pause méridienne », énumère Kamel Bouanani, délégué CGT Kalhyge Marseille, lors d’une conférence de presse ce jeudi. Et de compléter : « C’est le piège de l’accord : le refuser, c’est provoquer son propre licenciement ».

    L’enquête de l’inspection du travail a démontré que cet accord signé par Kalhyge constituait une infraction : le contournement d’un plan social. « Car le recours au plan social est obligatoire quand plus de dix salariés sont licenciés en moins de 30 jours. Ce qui était le cas de Kalhyge », explique Maître Léa Talrich, l’avocat des salariés. Cette infraction constatée, le parquet de Marseille a décidé qu’il n’était pas compétent, et a transféré l’affaire au parquet de Créteil et « son pôle dédié au droit du travail » en avril dernier. « Depuis, on est sans réponse », souffle l’avocate.

    Un va-et-vient judiciaire qui dure depuis le début de l’enquête de l’inspection du travail, en 2024. Mais les salariés de Kalhyge Marseille sont, eux, mobilisés depuis plus longtemps. Dès 2020, date de la signature de l’accord, ils se sont mis en grève pendant dix jours.

    Une quarantaine de postes supprimés

    Depuis ce transfert, les salariés n’ont plus accès à leur dossier : « On est contraints de demander une information judiciaire pour obtenir une place dans le dossier, et prouver l’infraction de Kalhyge auprès du juge d’instruction, avant un éventuel renvoi devant le tribunal correctionnel », pose l’avocate. Un nouveau champ de bataille pour les employés qui réclament le retour de leurs avantages. Mais il leur faudra prendre leur mal en patience, car la procédure risque de durer encore…

    Concrètement, ce sont près de 40 postes supprimés, non remplacés, sur 143 salariés basés à Marseille. Sans compter les licenciements de CDI, substitués par des CDD ou des contrats intérimaires. « Tout ça pour des conditions de travail d’un autre temps, et un salaire à peine plus haut que le SMIC », se désole maître Talrich. Une réelle « opération de réduction des effectifs intentionnelle de la part de l’entreprise », selon elle. La direction n’a pas répondu, pour l’heure, à nos sollicitations.

  • À Primark, les salariés à temps partiel veulent travailler davantage

    À Primark, les salariés à temps partiel veulent travailler davantage

    Face à une conjoncture économique difficile pour de nombreux foyers, en particulier ceux dotés de ressources limitées, il n’existe parfois qu’une seule solution : travailler davantage. Une conception très libérale du monde du travail, promue par Nicolas Sarkozy à travers son slogan de campagne pour la présidentielle 2007, qui ne traduit pas toujours une orientation politique, mais une nécessité dans la situation actuelle, avec des salaires qui ne suivent pas l’inflation.

    Les salariés de Primark, à La Valette-du-Var, sont concernés. Certains d’entre eux (86 sur les 123 vendeurs de l’enseigne), employés à temps partiel (25 heures hebdomadaires maximum), souhaitent travailler davantage, mais ne se voient pas proposer d’heures supplémentaires ou complémentaires par leur direction. « Pour beaucoup, le temps partiel n’est pas un choix, mais une contrainte. Les heures complémentaires représentent un ajout indispensable pour payer un loyer, financer des études, assurer les dépenses du quotidien ou constituer une épargne pour les mois où les revenus diminuent », dénonce la CGT Primark La Valette. Parmi eux, des contrats étudiants (8 à 16 heures), qui se retrouvent « particulièrement touchés. Pendant les vacances d’été, nombre d’entre eux ne perçoivent pas de bourse et comptent sur leur emploi pour préparer leur rentrée universitaire. Aujourd’hui, cette possibilité leur est refusée, les plaçant dans une situation financière difficile ».

    L’ombre de la grève

    Une situiation incompréhensible pour la CGT, eu égard aux récentes embauches, dont elle se félicite cependant, mais qui « ne doivent pas se faire au détriment des salariés déjà présents qui souhaitent augmenter leur temps de travail. Embaucher est une nécessité ; permettre à ces salariés de bénéficier d’heures complémentaires, lorsque l’activité le permet, l’est tout autant ».

    Alertée par les syndicats, la direction a indiqué « faire le maximum dans la mesure de [ses] possibilités économiques et organisationnelles, pour proposer des compléments d’heures lorsque les besoins de l’activité le permettent. Leur engagement (…) est reconnu, apprécié, et il constitue un élément important dans [ses] réflexions ». Des mots que la CGT considère comme « contradictoires » et « insuffisants » vis-à-vis de la situation, alors que les salariés s’étaient vus présenter la possibilité d’effectuer des heures supplémentaires lors de leur recrutement. Elle demande à la direction de « respecter les engagements affichés envers les salariés à temps partiel », sans quoi un mouvement de grève pourrait être enclenché.

  • Jean-Pierre Farandou : « Déployer le modèle de la feuille de route de l’industrie de Défense dans tous les secteurs où c’est nécessaire »

    Jean-Pierre Farandou : « Déployer le modèle de la feuille de route de l’industrie de Défense dans tous les secteurs où c’est nécessaire »

    La Marseillaise : Vous venez de signer une feuille de route visant à accompagner le développement industriel de la filière défense dans le Var. Ce modèle est voué à être répliqué ailleurs et dans d’autres domaines ?

    Jean-Pierre Farandou : Oui, l’objectif est de vérifier que les grands secteurs industriels souverains de notre pays disposent des salariés et des compétences nécessaires. On sait, par exemple, que dans la défense, il y aura énormément de commandes qui vont arriver. C’est 10 000 emplois à créer d’ici 2030. Et ce modèle-là, je m’apprête à le déployer partout en France où ce sera nécessaire. Ce sera la même chose dans le nucléaire, autour de l’énergie. Donc il faut s’organiser. Bien sûr, il y a déjà des filières qui existent, des formations. On voit bien qu’on a un saut quantitatif à faire. Et donc, j’ai voulu m’assurer que les industriels auraient bien les salariés nécessaires à cela. Et ensuite, on vérifiera que sur le territoire, on s’organise, et il faut le faire au niveau local.

    Quels vont être les acteurs
    à mobiliser et les grands enjeux pour organiser au mieux
    cette filière
     ?

    J.-P. F. : On mise sur la formation, les élus locaux, les industriels, l’éducation nationale, d’abord pour exprimer les besoins, et vérifier si on dispose des ressources, si on a enclenché les bonnes formations. Il y a aussi des sujets connexes comme le logement. Par exemple, il faudra loger les militaires, tel que Madame la ministre des Armées l’a rappelé. Il faut aussi être capable d’attirer des gens qui vont venir. Et donc, il faudra pouvoir les loger. Il y a aussi la question des services publics à apporter, la mobilité… Et j’ai toute confiance dans la capacité des forces vives du Var pour être à la hauteur des enjeux.

    Les liens avec les entreprises industrielles sont-ils établis ? Comment se matérialisent-ils ?

    J.-P. F. : Oui, elles sont très présentes avec nous. C’est pour elles qu’on se mobilise, mais elles-mêmes nous aident, bien évidemment. Elles financent, à l’image de l’école d’ingénieurs dans laquelle on est aujourd’hui [lire encadré]. Tout le monde se tend la main.

    En sortant du cadre strictement varois, les épisodes de canicule sont de plus en plus fréquents. Des dispositions sont-elles prévues pour garantir les droits des travailleurs ?

    J.-P. F. : Depuis 2025 un décret chaleur impose aux entreprises de prendre des mesures pour protéger leurs salariés en cas de chaleurs intenses : aménagement des horaires de travail, adaptation des postes et des lieux de travail, mise à disposition d’eau fraîche, augmentation des temps de pauses… Dès le 22 mai, afin de m’assurer, que les mesures de protection étaient bien prises, j’ai demandé à renforcer les contrôles de l’inspection du travail. Nous en sommes déjà à plus de 4 500 contrôles, soit plus que l’ensemble des contrôles réalisés en 2024 sur la période estivale. 430 mises en demeure ont été prononcées. Je rappelle que les employeurs peuvent être sanctionnés par une amende de 10 000 euros par salarié concerné. J’ai également invité les préfets des départements en vigilance rouge à arrêter les chantiers de 13 h à 21 h s’ils estiment que la situation locale l’exige, c’est une première en France. Enfin j’ai convoqué la semaine dernière les plateformes de livraisons et les représentants des livreurs pour qu’ils prennent des mesures concrètes de protection, et les plateformes ont pris la décision de suspendre les livraisons entre 14 h et 18 h pour les départements en vigilance rouge canicule. J’appelle également les restaurants à faire preuve de solidarité avec les livreurs en leur permettant l’accès à l’eau et à des espaces de fraîcheur. Dès aujourd’hui, le Premier ministre a activé le tout nouveau plan ORSEC « Chaleurs extrêmes », qui vient renforcer la réponse et la coordination des moyens face aux fortes chaleurs, sur l’ensemble u territoire.

    Le 27 juillet aura lieu l’audience de reprise de l’entreprise Fibre Excellence. L’Élysée a assuré qu’une solution serait trouvée pour lever les conditions suspensives. Qu’en est-il ?

    J.-P. F. : C’est un dossier particulièrement suivi par le gouvernement puisque plus de 600 emplois [directs] sont en jeu. Depuis 2020, l’État a soutenu l’entreprise avec près de 100 millions d’euros investis et est prêt à mobiliser 150 millions supplémentaires. En ce qui concerne le volet social du dossier, j’ai décidé d’enclencher le dispositif d’activité partielle de manière dérogatoire depuis le mois d’avril pour préserver les compétences et les chances de reprise. Cette mesure coûte presque 1 million€ par mois. À ce stade, l’investisseur potentiel évoque une participation de 5 millions et demande une mobilisation de l’État supplémentaire de 80 millions. Le projet de reprise doit reposer sur un modèle économique solide, et financé notamment par des fonds privés. Nous serons très attentifs à l’évolution de la situation dans les prochaines semaines.

    Dans la région, en été,
    les travailleurs saisonniers
    sont souvent confrontés
    à des difficultés de logement.
    Le ministre du Logement
    a soumis l’idée de créer
    des résidences emploi
    . Est-ce un
    dossier sur lequel vous travaillez ?

    J.-P. F. : On travaille avec Vincent Jeanbrun puisque la difficulté d’accès au logement est un des principaux freins à l’emploi. Cela concerne les saisonniers mais aussi les jeunes ou les salariés en reconversion. Des solutions peuvent être élaborées dans les territoires concernés. Je pense à Saint-Nazaire où le préfet de Loire-Atlantique a accompagné la création d’une foncière logement avec les collectivités et les entreprises, pour créer 300 logements afin d’accueillir les salariés des chantiers navals. Pour les travailleurs saisonniers je suis pleinement mobilisé pour favoriser des solutions d’hébergement en dur. En lien avec le ministère de l’agriculture, j’ai décidé de lancer un groupe de travail interministériel avec les partenaires sociaux du secteur agricole pour répondre au sujet de l’hébergement pour les saisonniers du secteur.

  • Les syndicats alertent de la fermeture de l’hôpital privé Vert Coteau

    Les syndicats alertent de la fermeture de l’hôpital privé Vert Coteau

    « On est très préoccupés pour les salariés », martèle Karine Cheniclet, secrétaire médicale à l’hôpital privé Vert Coteau et déléguée syndicale centrale Unsa du groupe Sainte-Marguerite, ce jeudi. Les sept hôpitaux privés avaient été rachetés le 3 février 2026 par Almaviva. Cinq mois plus tard, les salariés ont appris le projet du groupe : fermer progressivement l’hôpital privé Vert Coteau d’ici juin 2027.

    Le risque de suppression d’emplois

    « Sur les 239 salariés, 80% seraient transférés à l’hôpital privé Beauregard », explique Sandrine Cartier, aide-soignante retraitée de Beauregard et élue CGT à Sainte-Marguerite. « Les 20 % restants seraient répartis dans les autres hôpitaux du groupe », ajoute-t-elle.

    Pour assurer le transfert des salariés, Almaviva doit obtenir une autorisation officielle de l’Agence régionale de Santé. « Le problème, c’est qu’ils ne l’ont pas », affirme Gaëtan Fine, préparateur en pharmacie et élu Unsa à Vert Coteau. Almaviva déclare attendre la fin du processus de consultation des instances représentatives du personnel avant de déposer le dossier à l’ARS.

    « Il y a une zone grise dangereuse pour les salariés », s’indigne Karine Cheniclet. Les délégués syndicaux craignent le pire pour les employés mais ils assurent souhaiter des réponses de la part de la direction. Almaviva affirme vouloir trouver « les meilleures solutions pour l’ensemble des salariés, quelles que soient les étapes à venir ».