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  • [Entretien] Christiane de Félice : « Il faut prendre des mesures pour la santé au travail »

    [Entretien] Christiane de Félice : « Il faut prendre des mesures pour la santé au travail »

    Alors que la question des morts au travail se pose face aux épisodes de chaleur, le Gouvernement travaille sur des économies dont le plafonnement des indemnités des victimes d’accidents du travail ou de maladies professionnelles.

    La Marseillaise : Votre association dénonce un plan d’économie sur les accidents de travail et les maladies professionnelles. De quoi s’agit-il ?

    Christiane de Félice : Le Gouvernement a demandé à la caisse des accidents du travail et des maladies professionnelles [AT-MP] de la Sécurité sociale de réaliser 800 millions d’euros d’économies au prétexte de déficit de la branche. Ces économies vont directement toucher les victimes de Troubles musculosquelettiques [TMS], la maladie professionnelle la plus répandue. Le gouvernement envisage en plus de limiter les indemnités journalières dans ces cas-là à 4 ans alors que certaines personnes cumulent parfois plusieurs maladies. Il faut savoir qu’en 2024, 50 598 nouvelles maladies professionnelles étaient reconnues, soit 3 100 de plus qu’en 2023, et dont 90 % sont des TMS. On parle des travailleurs ayant les tâches les plus difficiles et ingrates, qui au bout de 20 ans au même travail deviennent invalides. Il y a eu 150 000 déclarations d’inaptitude en 2024, souvent soldées par un licenciement. Et encore, c’est quand l’entreprise ne dit pas de rester à la maison sans déclarer ! Toute une population va être précarisée. Car l’invalidité saute à la retraite contrairement à la rente des maladies professionnelles.

    Mais s’il y a déficit, il faut bien combler quelque part ?

    C.d.F. : La branche AT-MP, malgré ce qu’on dit, est toujours en excédent. Les exonérations de cotisations patronales représentent 80 milliards d’euros par an en moins. C’est un détournement financier des droits des salariés qui eux continuent à financer la solidarité par la cotisation sociale. De plus, rendons-nous compte que la sous-déclaration des maladies professionnelles représente entre 2 et 3,6 milliards d’euros. Mais le 5e plan santé au travail 2026-2030 ne propose aucun objectif de résultats.

    Quelles sont vos propositions dans ce contexte ?

    C.d.F. : Il faut prendre des mesures draconiennes. Il faut de la clarté sur les maladies qui devraient être déclarées comme professionnelles et qui ne le sont pas. La création d’un registre de cancers dans chaque région industrielle. Une médecine du travail au plus près des salariés et de la médecine de ville. Rétablir les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail [CHSCT]. Stopper les exonérations de cotisations, car c’est avec ses cotisations que le travailleur peut se soigner, partir à la retraite ou pouvoir être couvert en cas d’accident. Une partie de cette exonération est financée par la TVA, payée par le salarié. Combien de fois sera-t-il encore pénalisé ?

  • Les ambulanciers de la région en plein malaise

    Les ambulanciers de la région en plein malaise

    « Pin-pon. » Les sirènes des ambulances retentissent Boulevard des dames, ce jeudi, devant l’Hôtel de Région. Ils sont 300 véhicules à bloquer les rues de la cité phocéenne. Rassemblés à l’initiative de l’inter-fédération des entreprises de transport sanitaire en raison d’un contexte économique difficile, les ambulanciers souhaitent se faire entendre par le gouvernement. « Nos tarifs sont trop bas pour assurer toutes les charges. Tout augmente, sauf nos tarifs, gelés depuis 2018. On souhaite une revalorisation des tarifs et une reconnaissance de notre métier », défend Virginie Allegre, 49 ans, chef d’entreprise et ambulancière dans le Vaucluse. « Je vois que les équipes souffrent. Les ambulanciers font de plus en plus de volume d’heures pour arriver à survivre. Mais on n’arrive pas à les payer correctement », regrette Tony Bondil, 27 ans, régulateur aux ambulances de Manosque.

    « Deux entreprises ferment chaque semaine »

    Le taux de rentabilité d’une entreprise d’ambulances varie entre 2 et 5%, selon eux. Mais les trois quarts seraient en déficit. « Notre société fait un chiffre d’affaires conséquent. Mais là, on a passé trois ans en négatif. Ça ne peut plus durer, ça va nous pousser vers la faillite », poursuit Tony.

    Depuis 2013, les coûts des entreprises ont explosé de 40%. Les tarifs des prestations des ambulanciers, eux, ont augmenté de seulement 10%, décrivent-ils. « On a plus aucune rentabilité. On arrive plus à assumer nos salariés et on nous en demande plus tous les jours. Ça fait des mois qu’on demande des audiences au ministre, des mois qu’on alerte, et on a aucun résultat. Les ambulanciers sont à bout. Deux entreprises ferment chaque semaine en ce moment. On est à un seuil où on a besoin que le gouvernement nous écoute, nous entende et prenne des mesures pour nous aider. Sinon, c’est toute la profession qui va s’effondrer. On est un maillon essentiel dans la chaîne de soins, ça va se retentir de tous les côtés », exprime Anthony Abihssira, représentant départemental de la fédération nationale des ambulanciers privés. Les transports sanitaires privés sont l’un des derniers services de proximité présents sur l’ensemble du territoire. « C’est aussi pour les patients qu’on se mobilise. Si on venait à disparaître, je pense que ça serait très compliqué pour certaines personnes », se désole Virginie Allegre.

    La mobilisation est nationale. Près de 400 ambulances se sont réunies à Paris, le 26 juin. Les ambulanciers se rassemblent ce vendredi, à Lyon.

  • Entre espoir et inquiétudes à Fibre Excellence après l’ultime report

    Entre espoir et inquiétudes à Fibre Excellence après l’ultime report

    « Hier au tribunal, ça n’a pas non plus été la joie », résume Frédéric Sanchez, secrétaire général CFDT de Fibre Excellence Tarascon, lors de l’assemblée générale des syndicats qui s’est tenue sur le parking de l’entreprise ce mardi 7 juillet. La veille, le tribunal de commerce de Toulouse a en effet repoussé jusqu’au lundi 27 juillet prochain l’examen de l’offre de reprise déposée par le financier Matthieu Pigasse (notre édition de ce mardi 7 juillet).

    Un report qui a été expliqué par les représentants syndicaux à la centaine de salariés présents, à l’ombre du garage à vélos et à motos, certains en tenue de travail, l’usine étant en service minimum, d’autres en claquettes ou en habits de ville, une partie des employés ayant été mise au chômage partiel. « Ils ne comprennent pas qu’il y a les mêmes conditions suspensives que dans l’offre précédente. Alors que sans elles, il ne peut pas y avoir de rentabilité dans un premier temps. Mais ils ont reconnu que le plan de financement est OK. Ça va être difficile, mais les juges font tout pour qu’on s’en sorte, donc on garde espoir », poursuit Frédéric Sanchez.

    En effet, dans son offre, le milliardaire demande à l’État une revalorisation du prix de l’électricité, un meilleur accès au bois qui sert à fabriquer la pâte à papier ainsi que la réintégration des quotas carbone. « Ces choses ne sont vraiment pas infaisables. Si l’État veut, l’État peut », insiste Jean-Michel Bulinge, secrétaire CGT du site.

    À l’AFP, le bras droit de l’investisseur, Mathieu Levieille, assurait ce lundi 6 juillet, en sortie d’audience, que le délai servirait à « demander à l’État des ajustements techniques pour sauver toute une filière, deux usines et des emplois ». S’il confirme que des discussions ont bien eu lieu autour de cette offre de plus de 100 millions d’euros, il ajoutait qu’il avait « obtenu des temps de parole qui ont été assez limités avec le ministère à Bercy ». Pour rappel, l’entreprise a été placée en redressement judiciaire en avril dernier. L’actionnaire principal, un homme d’affaires indonésien, s’était retiré. 10 000 emplois directs et indirects sont en jeu entre le site de Tarascon et celui de Saint-Gaudens (Haute-Garonne).

    « On pourra reprendre quand ? »

    « Tout est désormais dans les mains du gouvernement », confirme Jean-Michel Bulinge. Il interroge les personnes présentes pour savoir si elles sont prêtes à « se mobiliser pour mettre la pression à l’État afin qu’il fasse le nécessaire ». Et de confirmer que la prochaine échéance au tribunal « sera bien la dernière », qu’il faut qu’ils « se montrent de plus en plus » et qu’« il y a de nombreux soutiens, notamment les sous-traitants et les fournisseurs qui en pâtiraient aussi ». Une mobilisation dans une ville de la région est envisagée pour les semaines à venir. Tandis que le responsable syndical FO, Florian Berthon, plaide à nouveau pour une nationalisation au moins temporaire « pour reprendre au plus vite, car chaque jour, tout le monde perd de l’argent ».

    Après ces quelques minutes de rappel de la situation, les quelques dizaines de salariés présents n’ont pas hésité à interroger leurs représentants syndicaux sur l’avenir que laisse entrevoir ce projet, qui prévoit aussi une diversification. « Pour l’heure, c’est un plan en quatre phases. Avec des modifications vers 2028, car il faut des études, notamment pour modifier les lignes de production », précise le responsable CGT.

    Des interrogations aussi sur le court terme. « Je dois savoir si je peux garder mes enfants en août ou non. Il faut que je sache, si jamais le tribunal donne son accord, on pourra reprendre quand ? », demande une salariée. « Je dois donner les plannings à la crèche à l’avance », ajoute un autre. « Pour moi, pas avant octobre. Il devrait, si c’est bon, y avoir une reprise progressive », répond le responsable CGT. D’ici là, les salariés vont donc devoir attendre au moins trois semaines. La décision ne sera sans doute pas rendue le 27 juillet. Le tribunal aura, à partir de cette audience, au maximum 15 jours pour rendre sa décision.

  • Sauramps liquidée, la dernière page d’une institution

    Sauramps liquidée, la dernière page d’une institution

    Le silence a remplacé le bruissement des pages. Ce vendredi 3 juillet, le tribunal de commerce de Montpellier a prononcé la liquidation judiciaire du groupe Sauramps, refermant une histoire commencée en 1946 et transmise de génération en génération de lecteurs. Dans les couloirs du tribunal, comme devant les vitrines désormais figées, la stupeur avait pourtant quelque chose d’attendu : depuis des mois, la grande librairie du Triangle se vidait, ses rayons se clairsemaient, ses salariés travaillaient dans l’incertitude et les clients cherchaient en vain les nouveautés qui ne pouvaient plus être commandées.

    Placée en redressement judiciaire à la mi-juin, l’enseigne n’aura bénéficié que d’un court sursis. Aucun repreneur crédible ne s’est manifesté. Les pertes, évaluées autour de 4 millions d’euros, ont emporté les derniers espoirs d’un plan de continuation. À Montpellier, 48 salariés sont concernés. À Alès, six autres voient disparaître une librairie ouverte depuis vingt-quatre ans. Derrière le mot froid de « liquidation », il y a des métiers, des visages, des conseils donnés entre deux étagères, des paquets cadeaux de fin d’année, des livres glissés entre deux générations.

    Dans un message d’adieu publié par les équipes, l’émotion affleure à chaque ligne. « Après 80 ans d’existence au cœur de Montpellier et 24 ans au cœur d’Alès, les librairies Sauramps tournent une page avec beaucoup d’émotions », écrivent les salariés, remerciant « lectrices, lecteurs de tous âges, de tous horizons » pour leur fidélité, et saluant « le travail formidable des libraires » qui ont partagé leurs coups de cœur « avec passion ».

    Un gâchis social et culturel

    Sauramps n’était pas seulement un commerce. C’était une adresse populaire du livre, un lieu où l’on venait flâner, choisir un roman, chercher un manuel, discuter d’un auteur, croiser la ville. Sa disparition dit quelque chose de la fragilité d’une culture de proximité quand les charges explosent, quand les locaux vieillissent, quand les grandes plateformes imposent leur rythme et quand les pouvoirs économiques laissent les salariés porter seuls l’angoisse de l’effondrement.

    Après la décision du tribunal, la Région Occitanie et Montpellier Méditerranée Métropole ont assuré rester « plus que jamais mobilisées pour l’avenir de Sauramps ». Carole Delga, Michaël Delafosse et Christian Assaf disent apporter leur « soutien renouvelé » à la direction comme aux salariés « durement touchés ». Surtout, les collectivités veulent maintenir une perspective : « l’histoire de Sauramps n’est pas terminée », affirment-elles, en indiquant travailler depuis plusieurs semaines à un nouveau projet porté par David Lafarge, directeur général du groupe, en lien avec l’actionnaire principal François Fontès.

    L’enjeu est désormais de construire, « dans les prochaines semaines », une offre de reprise autour d’un projet « largement repensé et économiquement viable ». Plusieurs scénarios seraient en cours. La Région et la Métropole promettent d’accompagner cette reprise si elle se concrétise, au nom d’une marque jugée « emblématique » de la politique du livre à Montpellier et du rayonnement culturel régional. Une lueur, donc, mais qui ne doit pas masquer la violence du jour : 54 salariés se retrouvent au bord du vide.

    Le commerce fragile des idées

    La chute n’est pas née d’hier. Déjà sauvée en 2017 après un précédent redressement judiciaire, la librairie avait été reprise par l’architecte montpelliérain François Fontès, via Amétis. Depuis, plusieurs tentatives de relance n’ont pas suffi. Ces derniers mois, l’absence de trésorerie, les difficultés d’approvisionnement, le poids du magasin du Triangle et la perte progressive de confiance ont transformé l’institution en navire à quai. Même la Comédie du livre, rendez-vous historique du paysage littéraire montpelliérain, s’est déroulée sans elle cette année : un symbole de trop.

    Cette liquidation s’inscrit dans un secteur déjà secoué : Gibert, Furet du Nord, Decitre… les grandes enseignes du livre physique traversent une zone de tempête. Mais à Montpellier comme à Alès, la blessure est singulière. Sauramps faisait partie du décor mental des villes, de ces lieux où la culture se feuillette sans rendez-vous. Une librairie n’est jamais seulement une caisse enregistreuse : c’est un service public sans statut, tenu par des salariés passionnés, souvent peu payés, mais essentiels à la circulation des idées.

    Ce vendredi de juillet, l’année des 80 ans de Sauramps s’achève donc sur une liquidation. Peut-être pas sur une disparition totale, si le projet de reprise annoncé par les collectivités aboutit. Mais la page qui se tourne aujourd’hui, elle, est bien réelle : écrite non par les lecteurs, mais par les comptes, les loyers, les choix de gestion et l’impuissance collective à préserver, à temps, un bien commun. À Sauramps, les livres n’ont jamais manqué d’histoires. En espérant que la sienne puisse encore trouver une fin heureuse.

  • Grosses chaleurs : comment se prémunir ?

    Grosses chaleurs : comment se prémunir ?

    Au vu du manque de réaction au niveau mondial pour freiner le réchauffement climatique, il va falloir s’y faire. Dans les années à venir, les étés seront de plus en plus chauds. Responsable chez Shift Project, Luc Cervellin, prévient même qu’aussi étouffant qu’il puisse être, ce début d’été 2026 sera probablement l’un des moins suffocants qu’il nous reste à affronter (lire p.5).

    La raison est simple. Si la prise de conscience de la réalité du changement climatique a bien eu lieu, excepté chez certains complotistes ou climatosceptiques d’extrême droite, elle n’a pas été suivie de suffisamment de réalisations concrètes. Certes l’été 2003 et ses 15 000 morts ont agi comme un détonateur. Au fil des ans, des Ehpads ont été climatisés pour protéger la santé fragile de nos aînés. Des hôpitaux aussi, même si plusieurs services de CHU à l’instar de celui de Montpellier restent en surchauffe. Plus récemment, nombre de Villes (Montpellier, Grabels, désormais Nîmes…)
    – les majorités municipales de gauche donnant le ton – ont lancé de vastes opérations de désimperméabilisation des cours d’école, peu à peu végétalisées.

    Mais l’ampleur de la tâche est telle que bien souvent, ce genre initiatives, qui porteront leurs fruits à moyen terme, ne suffisent pas à parer l’urgence des canicules. De plus en plus fréquentes et de plus en plus difficiles à supporter pour les organismes. C’est le cas depuis deux étés consécutifs de beaucoup d’enfants, qui vivent un véritable enfer lors du dernier mois d’école. Dans de vieux bâtiments pensés pour une époque révolue, dans des salles rarement climatisées et pas assez rafraîchies, élèves et enseignants suffoquent de Béziers à Alès en passant par Sète ou Nîmes.

    Quid du droit du travail ?

    S’il est évident qu’à terme la généralisation de la climatisation ne fait qu’aggraver le problème du climat, son recours a minima dans les lieux des services publics ne pourra peut-être pas rester tabou longtemps… Plutôt que de s’entêter à prétendre, comme Emmanuel Macron, « qu’on ne pouvait pas savoir », l’État doit prendre urgemment ses responsabilités. Car pour l’heure trop peu d’investissements de grande ampleur ont été réalisés pour adapter nos constructions à la nouvelle réalité climatique. Si bien que plus de 20 ans après l’alerte de 2003, un logement français sur deux, le plus souvent occupé par une personne à faibles revenus, est inadapté. Et que dire des sans-abri ? Mardi 30 juin à Montpellier, un collectif a alerté la préfecture sur la vulnérabilité des SDF et réclamé la mise en place de mesures de protection (lire p 7).

    Il est grand temps aussi que les parlementaires se saisissent des questions relatives au droit du travail. Comme nous le rappelle une avocate spécialisée, il n’existe pas en France de seuil de température maximal au-delà duquel un travailleur peut stopper son activité (extérieure ou intérieure) en toute légalité. Certes le droit de retrait existe, l’employeur se doit de protéger ses salariés (eau à disposition voire douches, ventilation…) et les syndicats peuvent toujours mettre un coup de pression, mais trop souvent des personnes se mettent elles-mêmes en danger par forte chaleur. Soit par volonté de mener à bien leur travail, soit par obligation de ne pas tronquer leur revenu, comme le rappelle la CGT lunelloise (lire p 6), soit par méconnaissance de leurs droits.

    Pour l’heure, les autorités attendent d’être au pied du mur pour agir au cas par cas. La semaine passée (23 au 29 juin), la préfecture du Gard avait déjà pris un arrêté pour permettre à certains travailleurs d’exercer leur activité sur une plage horaire étendue. Pour travailler davantage à la fraîche, les chantiers peuvent se dérouler de 6h à 21h30. Le 30 juin et jusqu’au 15 septembre, la préfecture de l’Hérault lui a emboîté le pas pour les entreprises du paysage, du bâtiment et travaux publics en cas de vigilance rouge (du lundi au vendredi, travaux autorisés de 6h à 12h et interdits de 12h à 21h) ou orange (travaux autorisés de 6h à 21h).

    Dès le 26 juin, la préfecture de l’Hérault rappelait aussi aux propriétaires d’animaux domestiques, d’élevage ou de compagnie les bons comportements à adopter pour ne pas mettre leur animal en situation de souffrance. Notamment en ne les laissant jamais quelques minutes dans un véhicule en journée. Enfin, dans les prochaines semaines, les organisateurs de manifestations taurines sont invités à déplacer leurs festivités (abrivado, encierro, bandido…) au-delà de 20h.

  • Chez Haribo, des négociations qui ne font pas dans la douceur

    Chez Haribo, des négociations qui ne font pas dans la douceur

    Sifflets, drapeaux… Depuis une bonne semaine, les salariés de l’usine marseillaise Haribo tiennent un piquet de grève et débrayent deux heures par jour. Sur le boulevard Capitaine-Gèze (14e), les klaxons de soutien se multiplient. En cause, des négociations annuelles obligatoires (NAO) qui ne donnent rien, estime Marc Mansano, délégué syndical CGT, syndicat majoritaire. « Depuis 2 ou 3 ans, nous avons des décisions unilatérales de la direction, dénonce-t-il. Ils nous donnent ce qu’ils veulent nous donner. »

    À ses côtés, Thierry Cambola, délégué syndical FO, ne dit pas autre chose : « On n’a que des miettes. » Alors que l’entreprise est florissante, rappelle Marc Mansano. Selon ses comptes 2024, Haribo affiche une croissance de 4,1% de son chiffre d’affaires établi à 388 millions d’euros, pour un résultat net de 32 millions.

    Alors que le Smic a été revalorisé, la CGT réclame une hausse des salaires de 100 euros bruts par mois, une hausse de la tranche d’ancienneté des 3 ans et une revalorisation de prime. Mais, pour l’instant, après une réunion mardi, « nous sommes au point mort », déplore Marc Mansano, qui espère que la baisse de production, estimée à 100 tonnes par jour en temps normal, va porter ses fruits. À Uzès (Gard), l’autre usine du fabricant de bonbons, les salariés sont aussi mobilisés, ajoute-t-il. Ce que craignent aussi les 160 employés marseillais, c’est de voir leur unité de production disparaître dans le cadre d’un projet d’extension du site gardois. « On va réduire le personnel ici, on a une grosse inquiétude », commente le responsable CGT.

    Le soutien de la fédération CGT de l’agroalimentaire

    Fabien Trujillo, animateur régional pour la fédération nationale agroalimentaire et forestière CGT, est venu en soutien. « Depuis le début, nous sommes avec eux dans leur lutte pour de meilleurs salaires, mais aussi pour l’avenir du site », explique-t-il. Il rappelle qu’il y a « une dizaine d’années, quand il y avait un projet de construction d’un gros conditionnement en Allemagne, on avait fait la démonstration, avec le syndicat, que la particularité du marché français du bonbon, c’est que c’est le plus gros d’Europe ». Or, aujourd’hui, assure-t-il, « avec le futur site d’Uzès à sa capacité maximum, plus le site de Marseille, on n’arrive pas à couvrir la totalité de ce marché ». Et de promettre, « avec les syndicats, de faire la démonstration que les deux sites sont nécessaires et qu’il faut maintenir les emplois et les savoir-faire sur une spécificité bien française et aussi pour garantir la qualité des produits ».

    Contacté par La Marseillaise, le directeur général de Haribo, Anthony Deleter, assure que « le bien-être et la fidélité des salariés d’Haribo sont une de nos principales valeurs ». Pour le prouver, il sort la calculette : « En moyenne, un ouvrier Haribo perçoit une rémunération annuelle supérieure de 24% à la moyenne nationale des ouvriers. D’autre part, notre politique salariale garantit à chaque ouvrier une augmentation automatique de +30% sur les 30 premières années de carrière, en plus des augmentations générales ou individuelles ».

    Pour ce qui est des NAO, « Haribo France s’est toujours aligné sur l’inflation voire au-delà » avec, sur les cinq dernières années, « des augmentations qui ont dépassé l’inflation cumulée de 1,3 point ». Et « cette année encore, notre proposition est en lien avec l’inflation de l’année précédente », assure le directeur, mais « les demandes des organisations syndicales étant éloignées de cette proposition, les parties n’ont pas pu aboutir à un accord ». Reste que les syndicats ne comptent pas lâcher…

  • Surchauffe à la clinique psychiatrique Saint Roch

    Surchauffe à la clinique psychiatrique Saint Roch

    « Ils ont fait une erreur comptable et nous demandent de rembourser la part Urssaf », s’indignent les représentants des personnels de la clinique du 11e arrondissement. Cet oubli de la part des cotisations sociale dans le calcul d’une participation au bénéfice, accord d’entreprise obtenu de longue date, a déclenché un mouvement la colère des salariés.

    « C’est un accord d’entreprise obtenu depuis plusieurs années. On a du mal à comprendre cette erreur et la direction ne nous fournissait pas les documents comptables tout en nous demandant de prévenir les agents », précise Amandine Brachet, déléguée syndicale. Ce point d’orgue fait suite à une série de mécontentements : « Les salaires n’ont pas été augmentés depuis trois ans », dénonce le secrétaire départemental FO santé privée, André Descamps, qui soutient le mouvement. « Les téléphones portables ne passent pas. On doit se servir de nos appareils personnels car il nous est impossible de communiquer entre services en cas de problème », ajoute la représentante des personnels.

    Par ailleurs, patients et soignants souffriraient d’une « chaleur atteignant 37°C », en dépit de climatiseurs. La semaine passée, c’est à l’hôpital Edouard-Toulouse que le syndicat Sud alertait sur une climatisation inadaptée. Contactée, la direction de l’établissement Montfleuri Saint Roch n’a pas donné suite. Lundi, après une nouvelle réunion, la grève était reconduite.

  • À Marignane, Sabena technics jette l’éponge et ses soixante-dix salariés

    À Marignane, Sabena technics jette l’éponge et ses soixante-dix salariés

    Bonjour, on a appris la fermeture du site et on vient vous proposer notre aide et notre solidarité », lance François Le Verne au premier automobiliste se présentant au portail de Sabena Technics, à Marignane. Ce lundi, dès 5h30, ce militant retraité de l’Union locale CGT de Vitrolles-Marignane, accompagné d’autres syndicalistes, s’est présenté devant les emblématiques hangars Boussiron, investis par l’entreprise de maintenance aéronautique spécialisée dans les hélicoptères.

    Certains travailleurs s’arrêtent et échangent quelques mots. D’autres passent, la mine grise. Pour l’un d’entre eux, « c’est fini ! Je prends ma retraite », lance-t-il. Car l’entreprise ferme, aussi étonnant que cela puisse paraître dans le secteur aéronautique. 70 emplois directs sont menacés. Le climat est évidemment morose. « C’est incompréhensible. Il n’y a que colère et dégoût », livre ce mécanicien, présent depuis trois ans dans l’entreprise. « Il n’y a quasiment que des jeunes dans l’équipe, et si tu dis quelque chose, tu te fais dégager », dépeint-il, estimant que « l’aéronautique est un petit monde, faut pas faire de bruit si on veut travailler à côté ». Un autre salarié dit attendre juillet « pour se décider, si on bouge », en fonction des annonces de la direction.

    « La Ville doit agir »

    Le milieu de l’été est donc la période durant laquelle les travailleurs rencontrés estiment que sera mis en place le plan de sauvegarde de l’emploi. Dans ce contexte, l’Union locale CGT de Vitrolles-Marignane joue son rôle. « On a une permanence juridique à Vitrolles avec un expert des lois qui siège aux prud’hommes », explique François Le Verne aux salariés. « Si on te propose un PSE avec juste les indemnités légales, c’est pas la peine. Se mobiliser d’une manière ou d’une autre peut permettre d’aller chercher un peu plus », lance directement le syndicaliste à l’un d’entre eux. La démarche est assumée : « Nous, on amène la solidarité et on accompagne l’éventuel mouvement social. Mais ce sont les salariés qui décident », assure le syndicaliste.

    Dans le même temps, la conseillère municipale d’opposition (PCF), Ariane Lombardi, présente avec son colistier Youssef El Ouanaghly (PS), s’interroge : « On parle de 70 emplois directs, mais combien d’indirects ? ». « Nous sommes aux côtés de la CGT, en soutien des salariés, dans cette période difficile. Ils n’ont pas à subir des décisions prises sans eux », affirme l’élue. « Nous demandons à la mairie de prendre conscience de la situation et d’aller demander le reclassement digne des salariés auprès de la direction. La majorité ne peut pas se dispenser de cette initiative quand la casse sociale a lieu sur son territoire », estime Ariane Lombardi.

    Sollicitée, la direction de Sabena Technics n’a pas donné suite à nos demandes.

  • À Toulon, les employés de Brico Dépôt suivent le mouvement de grève national

    À Toulon, les employés de Brico Dépôt suivent le mouvement de grève national

    Comme dans tout ou partie des 124 magasins de l’enseigne, les employés de Brico Dépôt Toulon ont fait part de leur colère vendredi. « Nous sommes tous en grève, le magasin tourne avec des intérimaires », indique Christophe Laurent, vendeur et secrétaire CSE. En cause, des salaires qui ne suivent pas l’inflation et l’augmentation du SMIC de 2,41 % réalisée en juin. « Le SMIC a rattrapé les salaires les plus bas. Il n’y a plus de différence entre un nouvel arrivant et certains qui ont cinq à dix ans d’expérience et qui sont encore sur de bas coefficients bas », dénonce-t-il.

    Négociations nationales en cours

    Les conditions de travail sont aussi pointées du doigt, avec de nouveaux plannings « très aléatoires, gérés par un logiciel, qui suivent la fréquentation. Avant, on avait des équipes du matin et de fermeture, là on peut faire un matin, une journée, une fermeture dans la même semaine. Même les congés sont gérés par un logiciel, ça nuit à la liaison vie privée-vie professionnelle », souligne Nicolas Thibault, responsable CGT Brico Dépôt.

    Mis en cause également le manque de personnel, les démissions se succédant, et la charge de travail augmentant inexorablement, faute de remplacement. « Ça commence à faire beaucoup dans la même année. C’est pour ça que ça mobilise quasiment tout le monde », appuie Nicolas Thibault.

    En conséquence, plusieurs demandes ont été faites au niveau national par les syndicats : une revalorisation de 5%, une prime d’intéressement annuelle de 1 000 euros, une prime carburant et des embauches immédiates. Si les négociations, qui doivent être finalisées d’ici la semaine prochaine, n’aboutissaient pas, le mouvement pourrait être reconduit.

  • Var : grève de salariés d’établissements de la Croix-Rouge

    Var : grève de salariés d’établissements de la Croix-Rouge

    « Depuis le 1er juin, le Smic horaire a augmenté de 2,41%, soit 44 euros bruts par mois. [Faute d’augmentation], des milliers de salariés sont passés sous le salaire minimum. Ce n’est pas normal ! », s’indigne la CGT, qui exige « une augmentation immédiate de la valeur du point pour toutes les grilles. Si le Smic augmente mais que nos grilles ne s’adaptent pas, c’est la reconnaissance de nos métiers qui baisse ».