Quitter un poste d’ingénieur chez Airbus pour aller travailler dans les champs. C’est le choix qu’a fait Frédéric Berthelot en 2021, cofondateur des Ateliers Icare, une association toulousaine née dans le sillage du Covid.
« Je me suis rendu compte qu’on ne pouvait plus continuer comme ça », raconte cet ancien salarié du groupe aéronautique. Déjà sensible aux enjeux environnementaux, il décide de reprendre des études en éco-ingénierie à Toulouse et de s’engager dans un projet mêlant travail, agriculture et écologie. L’idée des Ateliers Icare : permettre à des salariés de consacrer environ 20% de leur temps de travail à une activité agricole, principalement dans des fermes maraîchères situées près de chez eux. Une manière, selon l’association, de « réconcilier travail et écologie ».
Créé sous forme de collectif en 2020 avant de devenir une association en 2022, le projet a réellement commencé à se structurer en 2024. Une cinquantaine de bénévoles ont participé à une première phase d’expérimentation. Depuis 2025, plusieurs entreprises testent le dispositif avec des salariés volontaires, sur de petits effectifs. « On voit beaucoup de personnes qui ressentent une perte de sens dans leur travail », explique le cofondateur. «Elles ont besoin de retrouver un équilibre entre activité intellectuelle et activité manuelle, de participer à quelque chose de concret. »
Une journée par semaine aux champs
Le maraîchage constitue aujourd’hui le principal terrain d’expérimentation. « C’est une activité accessible, qui demande beaucoup de main-d’œuvre et peu de formation initiale », précise Frédéric Berthelot. Les fermes volontaires ne manquent pas. L’enjeu consiste plutôt à trouver des salariés prêts à franchir le pas et des entreprises disposées à adapter leur organisation.
Le fonctionnement reste flexible. Une journée par semaine, quelques jours par mois ou des périodes plus intensives selon les saisons : tout se construit entre le salarié, l’entreprise et l’exploitation agricole. Pour les Ateliers Icare, cette polyactivité choisie pourrait répondre à plusieurs défis contemporains : la souffrance au travail, la difficulté de recrutement dans les métiers agricoles ou encore le manque de relève dans certaines exploitations.
Un projet appelé à se développer
« Aujourd’hui, les activités essentielles comme l’agriculture, la santé ou l’éducation sont souvent les moins reconnues et les moins rémunérées », estime l’association. « À l’inverse, certains secteurs très attractifs contribuent parfois davantage aux déséquilibres écologiques. »
Un rapport doit être publié après l’été afin d’évaluer les premiers résultats des expérimentations. Les Ateliers Icare espèrent ensuite élargir le dispositif à davantage d’entreprises et de territoires, notamment autour de Paris et Lyon. L’association échange également avec des institutions publiques pour intégrer cette approche dans des dispositifs de retour à l’emploi ou de reconversion professionnelle.
Pour ses fondateurs, l’objectif dépasse la simple expérience agricole. « Il ne s’agit pas forcément de tout quitter pour changer de vie, explique l’ancien ingénieur. Peut-être qu’une journée par semaine suffit déjà à retrouver du sens et un autre équilibre ».
Par Anaïs Jean-Baptiste La Dépêche du Midi
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