Tag: salariés

  • Fibre Excellence est lâchée par son actionnaire

    Fibre Excellence est lâchée par son actionnaire

    Nous ne sommes pas en mesure d’octroyer un financement additionnel au groupe. » Dans une lettre adressée au ministre délégué à l’Industrie Sébastien Martin, en date de ce jeudi 16 avril, l’un des dirigeants de Paper Excellence, qui a pris le nom de Domtar, propriétaire de Fibre Excellence, scelle, ou presque, l’avenir des usines françaises de pâte à papier. Après des mois de négociations entre le groupe et l’État sur des mesures de sauvetage de l’entreprise, puis un dépôt de bilan, ce mercredi 15 avril, voilà que la maison-mère annonce de mauvaises nouvelles.

    Pour rappel, en grande difficulté financière, Fibre Excellence réclamait un vaste soutien du gouvernement pour remettre ses comptes dans le vert, notamment une revalorisation du prix de vente de l’électricité produite sur ses sites, notamment à Tarascon dans les Bouches-du-Rhône. Un point sur lequel l’État s’était engagé à procéder à une « réévaluation des tarifs de rachat de l’électricité, jusqu’à +20% », en complément d’un premier « paquet de soutien », d’un ordre de 150 millions d’euros. Le tout face à l’urgence d’un potentiel redressement judiciaire et suite à une déclaration en cessation de paiements, cette semaine.

    « Nous tenons à vous remercier de votre courrier ainsi que des mesures de soutien que vous y exposez », débute le courrier de Peter Wardhana, l’un des directeurs de Domtar. Lequel note positivement que l’État « prenne en considération le niveau de consommation de trésorerie des sociétés du Groupe Fibre Excellence et reconnaît la nécessité d’une révision à la hausse du tarif d’achat de l’électricité ». Des politesses qui ne masquent pas le terrible constat de l’actionnaire : « Toutefois, au vu des projections financières, qui intègrent l’effet de l’ensemble des mesures de soutien envisagées par l’État (…), le Groupe continuerait d’enregistrer des pertes annuelles très substantielles. »

    Des salariés « dévastés »

    Jean-François Guillot, président du groupe Fibre Excellence, est d’ailleurs en copie de ce courrier. Concrètement, l’actionnaire principal de Fibre excellence lâche sa branche française : « En l’absence de démonstration de l’existence d’une trajectoire crédible vers une rentabilité durable, nous ne sommes pas en mesure d’octroyer un financement additionnel au Groupe. »

    Une position qui a été confirmée directement par Jean-François Guillot aux représentants des salariés, lors d’une réunion, ce vendredi après-midi. « Le PDG nous a confirmé que c’était fini avec l’actionnaire, qu’il nous lâche, il ne mettra pas un sou de plus dans le groupe », relate Laurent Quinto, représentant de la Filpac-CGT sur l’usine tarasconnaise. Puis par l’entreprise directement, dans un communiqué de presse : « Il n’a pas été trouvé de solution permettant d’éviter au groupe Fibre Excellence la procédure de mise sous protection du Tribunal de commerce. »

  • La CFDT Var apporte son soutien à la CGT Toulon après les menaces de mort

    La CFDT Var apporte son soutien à la CGT Toulon après les menaces de mort

    Après les menaces de mort à l’encontre de l’UL CGT de Toulon et celle de son secrétaire Patrice Moulun, découvertes mercredi 1er avril sur des panneaux et des tableaux électriques d’urbanisme, près du pont de la Gare de Toulon, les soutiens du monde syndical se multiplient.

    Après les unions départementales CGT du Var et des Bouches-du-Rhône, ainsi que la Fédération CGT des services publics notamment, c’est au tour de la CFDT du Var d’apporter « son plein soutien » et « son entière solidarité » aux cégétistes toulonnais, comme elle l’a fait savoir dans un communiqué diffusé ce vendredi 17 avril.

    « De tels agissements sont inadmissibles. Ils constituent une attaque intolérable contre un homme, mais aussi contre l’ensemble de celles et ceux qui s’engagent, souvent avec courage et désintéressement, dans l’action syndicale au service des salariés, de leurs droits et de leur dignité, indique la CFDT. La menace, l’intimidation et la violence ne sauraient avoir leur place dans le débat démocratique et social. Dans une société de droit, les désaccords, même profonds, ne peuvent jamais justifier que l’on s’en prenne à des militants en raison de leur engagement. S’en prendre à un syndicaliste, c’est chercher à faire taire une voix légitime du monde du travail et viser la liberté syndicale elle‑même. »

    La CGT Var en attente de nouvelles

    Une condamnation et une solidarité sans réserve malgré les divergences qui peuvent parfois exister entre les deux syndicats :

    « Au-delà des appartenances syndicales, il est des circonstances où l’essentiel doit nous rassembler. Lorsqu’un militant est menacé de mort pour son engagement, c’est l’ensemble du mouvement syndical qui est concerné. Dans un tel moment, la solidarité n’est pas une option : elle est un devoir. La CFDT du Var réaffirme donc son attachement indéfectible à la liberté syndicale, à la protection des militants, au respect du pluralisme et au refus absolu de toute forme de haine ou de violence politique, sociale ou idéologique. Elle adresse à la CGT du Var, à son militant visé, ainsi qu’à l’ensemble de ses adhérents et responsables, son soutien fraternel et sa vigilance résolue. »

    Le syndicat appelle ainsi « les autorités compétentes à tout mettre en œuvre pour identifier les auteurs de ces menaces, afin qu’ils répondent de leurs actes devant la justice. » Contactée, l’UD CGT Var, qui a déposé une plainte, dit attendre des nouvelles de la procédure.

  • Kem One sommé d’agir contre l’amiante

    Kem One sommé d’agir contre l’amiante

    « Pour nous, on a gagné une bataille. Mais pas la guerre. » Leur guerre, aux syndicalistes CGT de l’usine pétrochimique Kem One, sur la plateforme de Lavéra, c’est celle contre l’amiante et ses dégâts sur la santé comme l’envisage le délégué syndical CGT Geoffrey Del Baldo.

    Le comité social et économique (CSE) du 2 avril a marqué un tournant dans la lutte des syndicalistes pour leur sécurité et leur santé au travail. Une motion adoptée par l’ensemble des élus du personnel, moins une abstention, ouvre la voie à une nouvelle politique de prévention, et des actes. Cette motion que La Marseillaise a pu consulter fait part de « la plus grande inquiétude des élus quant à l’absence d’une politique structurée, documentée et effective de prévention du risque amiante sur le site », en violation du Code du travail selon les auteurs, « exposant directement la santé et la vie des travailleurs à un risque cancérogène avéré ». Plus précisément, les syndicats au travers de leur motion mettent en cause un « traitement superficiel et non conforme au cadre réglementaire du risque amiante » dans le document unique d’évaluation des risques professionnels de l’entreprise, ainsi que l’absence d’évaluation spécifique des unités de travail exposées à des agents chimiques dangereux présents sur le site.

    « Aucune prévention »

    De même, « les élus ont constaté l’absence totale d’une politique cohérente, documentée et effective de prévention du risque amiante sur le site avant 2019 », jugeant les actions entreprises depuis « largement sous dimensionnées et insuffisantes face aux risques et expositions avérés ». Soit des procédures de repérages avant travaux sur des installations anciennes « non systématiques », des interventions sans repérage, l’absence de plan de retrait ou de confinement lorsque des matériaux amiantés sont identifiés, l’absence de formation et la « défaillance du suivi médical » spécifiques pour les travailleurs exposés.

    C’est dans ce contexte que la direction du site Kem One de Lavéra est mise en demeure par les élus du CSE de prendre une somme de mesures selon un échéancier de 0 à 24 mois, en y associant le Service de santé au travail. Parmi les mesures immédiates exigées, la formation généralisée des personnels et la création d’une commission des expositions. À court terme, de 3 à 12 mois, de cartographier l’ensemble du site par zone, bâtiment et service de manière matérialisée, de fournir « un état des lieux complet et documenté du risque amiante sur le site ». Plus encore, la mise en place du suivi médical renforcé pour tous les travailleurs exposés, en lien avec la médecine du travail et en établissant les fiches d’exposition individuelles, de manière rétroactive.

    Pour Geoffrey Del Baldo, cette « victoire » réside dans le fait de « contraindre la direction dans la durée » par le suivi des mesures prises par le CSE. « Ce n’est que le début, nous resterons exigeants », promet le délégué syndical CGT. En perspective, la demande de reclassement des installations comme site amianté, initiée par la CGT, qui permettrait de prétendre au préjudice d’anxiété des travailleurs exposés ainsi que le départ à la retraite anticipé sous conditions. « Même si demain le dossier de reclassement n’aboutit pas, nous aurons déjà obtenu quelque chose pour la santé des salariés à long terme », conclut Geoffrey Del Baldo. Alors que le futur du groupe Kem One s’assombrit avec le départ annoncé du fonds Apollo propriétaire, la lutte syndicale offre encore des espoirs à l’horizon. Contactée, la direction n’a pas donné suite à nos sollicitations.

  • Des « supers voyageurs » tranquillisés et autonomes

    Des « supers voyageurs » tranquillisés et autonomes

    « Je me suis pris une amende alors que j’étais en règle, ça m’a pas trop fait rigoler. Et je leur ai dit parce que beaucoup de jeunes qui travaillent ici ont eu des problèmes. C’est parti de moi l’initiative. » Comme Dylan et Kevin, trisomiques, Théophile, lui atteint du syndrome de l’X-fragile, prend le train depuis Marseille pour venir travailler à la « Gare des étoiles », initialement la halte SNCF de Niolon. Un tiers-lieu investi depuis 4 ans par l’association « T’Cap 21 » qui propose de la restauration aux voyageurs avec son « Train Inc Café », permettant aussi aux jeunes de travailler en cuisine, au service ou à la plonge, sans oublier une multitude d’activités et d’actions pour l’inclusion. Et ces employés en témoignent, pour eux, se faire contrôler à bord du TER peut être une véritable épreuve, engendrant stress et incompréhension.

    La mauvaise expérience de Théophile a interpellé Julianne, conductrice de train sur la ligne Marseille-Miramas et membre de T’Cap 21 qui faisait déjà le lien avec le « Train Inc Café » en organisant des opérations « citronnades » où les jeunes apportaient sur le quai de quoi désaltérer les personnels de la SNCF. Elle en discute avec sa collègue Orkia, contrôleuse. « Je me suis dit il faut qu’on fasse quelque chose, qu’on puisse intervenir et qu’on les rassure ces jeunes. Moi je suis contrôleuse, je ne suis pas méchante », explique cette dernière.

    Sensibiliser les agents

    de la SNCF

    La hiérarchie a suivi. L’idée vient de démystifier le contrôle en y faisant participer les jeunes sur une journée puis de les munir d’un cordon avec un badge spécifique de « super voyageurs » pour leurs déplacements. « Avec cette identification forte, cela leur permet d’être visibles et d’éviter le stress de chercher l’abonnement dans le sac », explique Andrine Bernard, directrice des lignes TER Ouest Provence, pour qui « ce projet a pointé du doigt le fait que nos salariés, dans le cadre de leur formation, doivent être sensibilisés à tous nos voyageurs et toutes les situations qu’ils peuvent rencontrer », reconnaissant que « jusqu’à présent, c’est vrai qu’on était focalisés sur la partie sûreté, gestes et postures, potentiellement avec des voyageurs sans titre de transport ou avec un tarif non adapté ».

    Pour Nora, trésorière de T’Cap 21 et maman de Kevin, 32 ans, un des quinze « supers voyageurs », l’autonomie de son fils est primordiale. « Depuis ces 15 ans, il prend le taxi seul. Mon mari est décédé, je travaillais, on n’avait pas le choix. Là il va au café deux jours par semaine puis, le reste du temps, dans un foyer parce qu’il n’aime pas rester seul. La solitude est un poids. Il se débrouille, il fait un trajet d’une heure et demie tous les matins, tous les soirs », raconte-t-elle. Kevin nous montre fièrement son abonnement avec lequel il va aussi voir sa copine dans Marseille. « Dans le train, je suis avec le casque, dans ma bulle et avec le badge, et puis aussi Julianne, je suis rassuré », confie-t-il.

    La SNCF imagine développer le projet sur d’autres lignes, avec le soutien de la Région dont le représentant, Jean-Pierre Serrus (Ren.) est venu « en observateur ». « On accompagne cette initiative. La Région prend là des idées opérationnelles sur ce qu’on peut faire de plus pour que notre service public s’adresse à tout le monde… En particulier. On va réfléchir comment on va essaimer », annonce l’élu.

    Pour Julianne et Orkia, il faut aller plus loin : « Ces jeunes sont ceux qu’on connaît, qu’on aime, on est fiers d’eux mais on pense aussi à toutes les autres personnes en situation de handicap visible ou non, et pas que. Il y a aussi des personnes qui manquent de repères et pour qui prendre le train est une épreuve. Pourquoi pas étendre cette sensibilisation à ces gens-là aussi… »

  • Un long combat pour le 1er mai

    Un long combat pour le 1er mai

    1er mai 1886 : Genèse de la journée

    Aux États-Unis, les travailleurs s’organisent pour obtenir la limitation des journées de travail à 8 heures. La date du 1er mai est choisie car c’est la date de fin de la plupart des contrats. À Chicago, 400 000 travailleurs prennent part à la mobilisation. Après quatre jours de grève, des militants lancent une bombe sur les policiers qui ripostent en tuant une dizaine de grévistes. L’épisode a marqué la mémoire des luttes sociales.

    20 juillet 1889 : Internationalisation

    La IIe internationale vote pour l’instauration du 1er-Mai comme journée de lutte pour la réduction de la journée de travail à huit heures. L’année suivante, elle est célébrée dans de nombreux pays.

    1er mai : Massacre de Fourmies

    Neuf personnes sont tuées à Fourmies dans le nord de la France, lors d’une grève.

    En hommage, les ouvriers vont commencer à porter une églantine lors du 1er-Mai.

    23 avril 1919 : Institutionnalisation

    Le Sénat français vote la journée de huit heures et fait du 1er-Mai une journée chômée, mais non payée.

    24 avril 1941 : Fête du travail

    Le maréchal Pétain change le nom du 1er-Mai en Fête du travail et de la concorde sociale, pour s’éloigner de la référence à la lutte des classes. Les symboles révolutionnaires sont gommés, comme l’églantine remplacée par le muguet.

    29 avril 1948 : Jour férié

    Supprimée à la libération, la journée du 1er-Mai est réinstituée sous l’impulsion du député socialiste Daniel Mayer.

    Il devient jour chômé et payé dans le Code du travail français.

  • Après Chevignon et Pimkie, Amoniss s’empare de Jott

    Après Chevignon et Pimkie, Amoniss s’empare de Jott

    C’est incompréhensible ! » Pour Damien Laine, représentant des salariés au CSE (comité social et économique) de Jott, la décision du tribunal de commerce de Marseille, rendue ce lundi 13 avril, de confier l’emblématique marque marseillaise de doudounes au groupe Amoniss, ne passe pas. « La voix des salariés n’a pas été écoutée, la finance a encore gagné » a-t-il commenté, craignant un rapprochement avec des poids lourds de la fast fashion. Après un vote organisé auprès des employés des magasins et du siège, près de 70% du personnel soutenait l’offre « Mars », proposée par une partie de l’équipe dirigeante actuelle et Nicolas Gourdikian, un des membres fondateurs de l’entreprise, moins disante en termes de reprise de salariés avec 34% des plus de 200 employés gardés, mais « beaucoup plus familiale, un retour à l’ADN du groupe », estimait Damien Laine.

    Mode in Sud vigilant

    Amoniss, société d’investissement qui détient Chevignon et Pimkie, s’est positionnée avec la reprise de 77% des effectifs et un investissement de trois millions d’euros. Pimkie, « une des rares entreprises françaises à avoir fait un deal avec Shein » notait vendredi Jocelyn Meire, président de Mode in Sud, signataire d’un communiqué commun avec Jean-Luc Chauvin, président de la Chambre de commerce et d’industrie métropolitaine Aix-Marseille-Provence pour défendre la marque.

    « Jott a un avenir. Et c’est une bonne nouvelle » nuance-t-il ce lundi mais « dans un contexte où la filière mode est sous pression, chaque reprise dépasse la seule logique financière » estime-t-il, « la réussite de ce projet passera par sa capacité à s’inscrire durablement dans son territoire d’origine, (…) à dialoguer avec les acteurs qui en constituent l’environnement naturel ».

  • Marseille : après Chevignon et Pimkie, Jott tombe dans l’escarcelle d’Amoniss

    Marseille : après Chevignon et Pimkie, Jott tombe dans l’escarcelle d’Amoniss

    « C’est incompréhensible ! » Pour Damien Laine, représentant des salariés de Jott au CSE (Comité social et économique), la décision du tribunal de commerce de Marseille, rendue ce lundi 13 avril, de confier l’avenir de l’entreprise de doudounes au groupe Amoniss, ne passe pas. « La voix des salariés n’a pas été écoutée, la finance a encore gagnée » a-t-il commenté à chaud, craignant un rapprochement avec des poids lourds de la fast fashion.

    Après un vote organisé auprès des employés des magasins et du siège, près de 70% du personnel soutenait l’offre dite « Mars », proposée par une partie de l’équipe dirigeante actuelle et Nicolas Gourdikian, un des membres fondateurs de l’entreprise, moins disante en termes de reprise de salariés avec 34% des 200 employés gardés, mais « beaucoup plus familiale, un retour à l’ADN du groupe » estimait Damien.

    Le groupe Amoniss, société d’investissement qui détient déjà Chevignon et Pimkie, s’est positionné avec la reprise de 77% des effectifs et un investissement de trois millions d’euros.

  • Zeeman : une grève pour des mesures salariales

    Zeeman : une grève pour des mesures salariales

    C’est la deuxième grève de l’histoire du groupe en France, c’est historique ! » Devant le magasin de vêtements Zeeman, sur le boulevard d’Athènes à Marseille (1er), une petite vingtaine de salariés tiennent le piquet. L’enseigne d’habillement à bas coût a ses grilles fermées ce samedi, tout comme la plupart des autres boutiques marseillaises de la marque.

    En cause ? Un mouvement de grève national, à l’appel notamment de Force ouvrière, sur fond de négociations annuelles obligatoires (NAO). « La direction a proposé une enveloppe bidon. L’an dernier, on n’avait déjà presque rien eu et on avait été pris pour des imbéciles ! Pour obtenir quelque chose cette fois, on s’est dit qu’il allait falloir bloquer », expose Stéphane, délégué syndical FO et travailleur du magasin situé à l’avenue Jean-Lombard (11e).

    Dans le détail, le montant prévu pour ces NAO serait, pour l’heure, de 570 000 euros pour les 1 800 salariés du groupe. FO met en avant un montant correspondant à seulement « 0,3% du chiffre d’affaires ». Pas de quoi sauter au plafond. « C’est presque rien ! Sachant qu’on n’a pas de tickets-restaurants, pas de chèque vacance, peu de primes et pas de treizième mois », abonde Anis, élu Unsa, du magasin du Cours Julien. « On demande à ce que l’enveloppe soit dédiée à un treizième mois, c’est notre combat », développe Stéphane, alors que la prochaine réunion sur le sujet est prévue pour ce mardi 14 avril.

    Une petite famille

    qui ne connaît pas la crise

    Preuve du mécontentement des salariés, ils avaient déjà mené un premier jour de grève, le 8 avril dernier. Ils haussent le ton depuis : « Le magasin des Cinq avenues est fermé, celui du Merlan, celui de rue d’Italie aussi… Sur Marseille, ils sont presque tous fermés. » Rien d’anodin pour le secteur du commerce et encore moins alors que « la zone de Marseille est l’une des plus importantes de l’entreprise en France » selon les travailleurs présents. « Fermer un samedi, c’est pas de gaieté de cœur, mais on n’a pas d’autres choix que de mettre la pression pour obtenir quelque chose », abonde Jérôme, du magasin rue d’Italie. Il insiste : « On demande une reconnaissance, une motivation… Ça fait des années qu’on demande un geste et qu’il n’y a que des refus. »

    Comme le discounter Action, Zeeman est un groupe néerlandais qui ne lésine pas sur l’import de produits asiatiques pour pratiquer des prix défiant toute concurrence. Mais c’est surtout un capital détenu à 100% par les descendants de son fondateur Jan Zeeman, décédé en 2020 qui avait lancé le premier magasin en 1967 et l’une des plus grandes fortunes des Pays-Bas. Depuis, la croissance est exponentielle : 300 magasins en France, 1 300 au total sur plusieurs pays européens.

    Si moult enseignes de vêtements françaises sont en difficulté, comme Jott (lire notre article du 11/04), ce n’est pas le cas de Zeeman France qui a remonté la bagatelle de « 5 millions d’euros versés en dividendes au groupe en 2024 » selon les calculs de FO. « Le prévisionnel est bon, la croissance est là », assure Stéphane. En parallèle, les salariés ont de quoi revendiquer : « L’inflation, les loyers, l’essence… Tout augmente, mais notre Smic n’augmente pas ! »

    D’où l’attitude jugée « méprisante » de la direction à l’égard des demandes des représentants syndicaux. « La dernière fois, on est venu négocier et ils nous ont dit cash : “on parle pas du 13e mois” », s’indigne Anis. Comme un symbole, le rassemblement des salariés avait lieu devant un magasin « qui va bientôt fermer ». Contactée, Zeeman n’a pas répondu à notre sollicitation à l’heure où nous écrivons ces lignes.

    « 5 millions d’euros ont été versés en dividendes »

  • [Mémoire ouvrière] Lucien Molino : des entreprises rendues aux actionnaires

    [Mémoire ouvrière] Lucien Molino : des entreprises rendues aux actionnaires

    L’évolution de la situation et les prises de position de l’adversaire (minorité et PS) demandaient des méthodes d’organisation plus rapides : la création des pôles syndicaux auprès des entreprises nous permettait d’augmenter nos effectifs en développant les actions.

    Ces nouvelles intersyndicales n’avaient pas de permanents. Les militants des directions étaient élus au cours d’une assemblée de cadres du quartier.

    Ceci permettait de les faire connaître et de renforcer leur autorité non seulement dans les entreprises, mais aussi dans les quartiers. Toutes ces modifications permirent une intervention plus rapide et plus efficace. Dès le matin, à l’ouverture, nous nous trouvions devant les entreprises et échangions nos idées sur la situation et l’aide que nous apportions.

    Le nouveau bureau était composé ainsi : secrétaire général : Lucien Molino (transports), secrétaires généraux adjoints : Pierre Gabrielli (employé), Maurice Milhau (hospitalier), Exbrayat (métaux), secrétaires : Georges Brunero (transports), Line Cecaldi (PTT), Jean Comiti (métaux aviation), Joseph Giribone (produits chimiques), Pascal Posado (aviation). Les membres du bureau étaient : Marcel Andreani (docker), Raoul Arnaud (cheminot), Paulette Caresse (textile), Demaurizi (produits chimiques), André Fressinet (marins), René Le Guen (cadre), Marcel Paganacci (livre), Frédérique Roux-Zola (EDF).

    Déréquisitions

    Georges Dumonceau quitta la région pour prendre la direction d’une imprimerie dans le Nord, récompense d’un militant socialiste qui avait tout fait pour la scission syndicale.

    Au moment où se tenait le congrès, le statut des entreprises réquisitionnées que nous avions réclamé dès le début était en débat à l’Assemblée nationale. La commission économique, avec Francis Leenhardt (socialiste) et Germaine Poinsot-Chapuis (MRP), rejetait notre demande de statut. Seule Raymonde Nédelec, députée communiste, défendit les entreprises réquisitionnées. Les délégués présents au congrès acclamèrent celle‑ci et elle siégea à la tribune.

    Dans notre rapport d’activité, j’avais fait état du bilan magnifique de ces entreprises. Nous faisions la démonstration que les travailleurs, par leurs initiatives et dans de meilleures conditions sociales, avaient mis en échec les collaborateurs, les patrons et les traîtres. Mais le Conseil d’État, à la demande des patrons actionnaires, avait prononcé l’annulation des réquisitions, en premier celles des sociétés d’acconage, de la Société provençale de construction navale, de la Société phocéenne d’application électrique et, en juillet, des Aciéries du Nord.

    Des historiens écrivirent que notre riposte avait été modérée, ce qui est faux, preuves à l’appui : des centaines de motions de protestation accueillirent ces décisions et l’essentiel du débat à l’Assemblée nationale porta sur l’attribution des bénéfices réalisés sous la réquisition, l’État devant reverser une indemnité aux actionnaires.

    à suivre la semaine prochaine…

  • 1er-Mai : RN et droites s’unissent contre les salariés

    1er-Mai : RN et droites s’unissent contre les salariés

    C’est un déni de démocratie qui s’est déroulé vendredi à l’Assemblée nationale. Pour éviter le débat parlementaire sur le texte déposé par le macroniste Gabriel Attal, visant à faire travailler certains salariés le 1er-Mai, les députés favorables à ce texte ont pourtant voté une motion de rejet de ce même texte. La manœuvre est grossière mais elle permet d’empêcher le débat et de renvoyer la discussion au sein d’une commission mixte paritaire. Le but est de passer en force dès la semaine prochaine et d’imposer cette régression sociale dès le 1er-Mai 2026. Avec le soutien du gouvernement.

    Amendements à la trappe

    Déposée par le groupe présidé par Gabriel Attal (Ensemble pour la République), la motion de rejet tactique a été adoptée par 120 voix contre 105. Les quatre groupes de gauche s’y opposant tout comme le MoDem, hostile à la manœuvre plus qu’au fond du texte. Insuffisant toutefois contre le reste de l’hémicycle, des macronistes jusqu’au Rassemblement national, dans une alliance de la honte. Exit donc les quelque 140 amendements à discuter avant la fin des débats qui était prévu à 17h30, vendredi, le camp gouvernemental s’attendant ce que la gauche enlise à dessein les débats. Les quatre groupes de gauche se sont en effet insurgés, tentant de retarder le vote de la motion pour rameuter les troupes, demandant des interruptions de séance. Des députés allant de LFI jusqu’au PS ont même entonné debout La Marseillaise, puis L’Internationale. Le monde syndical est aussi vent debout. Devant l’Assemblée nationale, plusieurs dizaines de manifestants s’étaient rassemblées dans la matinée. Le 1er-Mai n’est pas un jour férié « comme les autres », c’est « historiquement le jour où on célèbre les travailleurs et les travailleuses », a rappelé vendredi sur TF1 Marylise Léon (CFDT). Si le Code du travail établit que « le 1er-Mai est jour férié et chômé », il admet qu’un artisan boulanger ou un fleuriste puisse ouvrir ce jour-là… mais seul ou presque. Il peut en effet compter sur lui-même ou des membres de sa famille non-salariés, mais pas sur ses employés. La proposition de loi doit clarifier les règles et « permettre aux salariés de certains établissements et services de travailler », en l’espèce « des commerces de bouche de proximité » comme les boulangeries, pâtisseries, primeurs, boucheries, fleuristes et établissements culturels (cinémas, théâtres)… Mais exclut la grande distribution ou les magasins d’outillage et travaux, par exemple. « Le volontariat ça n’existe pas », a critiqué près de l’Assemblée Natalie Huyghe, employée en jardinerie de 57 ans, et syndiquée CGT. « Si ça marche, ça va s’étendre à tous les corps de métier », s’est aussi alarmée Hadjia Djebbar, militante de 62 ans. « Nous assistons ici à (…) une négation du Parlement, parce que déposer des amendements, (…) se donner les moyens d’avoir un temps de débat approfondi sur une proposition de loi aussi inique que celle qui vise à supprimer le 1er-Mai, ce sont les droits du Parlement », a dénoncé le président du groupe GDR, le communiste Stéphane Peu. Son groupe propose de déposer une motion de censure, lundi.