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  • [Mars bleu, le colon passé au crible 3/3] Adapter les traitements en fonction du profil de la tumeur

    [Mars bleu, le colon passé au crible 3/3] Adapter les traitements en fonction du profil de la tumeur

    Médecin senior depuis plus de trois ans, Roxane Mari est oncologue spécialisée en oncologie digestive à l’Institut Paoli-Calmettes. Une discipline transversale où le travail se fait en collaboration avec des chirurgiens, des gastro-entérologues ou encore des radiologues. « Ainsi, nous pratiquons beaucoup de traitements en radiologie interventionnelle avec des thérapeutiques faites par les radiologues », souligne la professionnelle. Comme pour la chirurgie (lire édition du 20 et 21 mars) les traitements administrés dépendent du stade de la maladie. Il faut d’abord la définir pour savoir si elle est, ou non métastatique.

    Si ce n’est pas le cas, le traitement en première intention sera la chirurgie, pierre angulaire du traitement. Elle-même précédée ou suivie d’une chimiothérapie. « Avant, pour essayer de faire diminuer le volume de la lésion tumorale et donc de la rendre plus facilement résécable. Après, s’il s’agit d’une tumeur à risque plus élevé de récidive et ainsi diminuer ce risque », précise le docteur Mari.

    Trouver la meilleure option

    « Si une tumeur est localisée au niveau du rectum et non métastatique alors il y aura un traitement néo-adjuvant, c’est-à-dire avant la chirurgie qui est un traitement lourd avec trois mois de chimiothérapie puis de la radiothérapie associée à cette chimiothérapie par voie orale, suivi de la chirurgie et enfin la possibilité en cas de nécessité de refaire 3 mois de chimio par voie intraveineuse cette fois. » Un traitement lourd car ce genre de tumeur est plus agressive et présente un risque plus fort de récidive à l’endroit même où elle a été opérée. « Avec ensuite de gros retentissements fonctionnels et des chirurgies secondaires à haut risque d’être très délabrantes », ajoute-t-elle.

    Quoi qu’il en soit, les traitements proposés sont, le plus possible, personnalisés en fonction du profil de la tumeur mais aussi du patient. « Nous ne ferons pas le même traitement à un patient de 50 ans qu’à un patient de 85 ans, c’est une évidence. Sans compter que nous essayons également de nous adapter autant que faire se peut aux souhaits que peuvent avoir les patients concernant leur traitement », indique Roxane Mari.

    C’est donc à ce moment-là qu’intervient la réunion pluri-disciplinaire afin de trouver la meilleure option. « En effet, c’est très codifié mais rien n’est jamais tout blanc ou tout noir », constate-t-elle. Le tout en essayant là aussi en fonction des traitements de trouver un équilibre. « Seuls 10 à 15% des patients ont des tumeurs qui permettent d’avoir accès à une immunothérapie. Pour la chimiothérapie, nous utilisons un agent qui s’appelle Oxaliplatine et qui peut entraîner une toxicité neurologique. Tout l’enjeu c’est donc de trouver un équilibre pour ne pas que le patient subisse des toxicités au long cours et même après guérison. »

  • Top départ

    Top départ

    Alors que l’essentiel des conseils municipaux élus dimanche dernier aura choisi leur maire au terme de ce week-end, l’heure des premières mesures a sonné.

    L’impulsion politique d’un nouveau mandat est un message envoyé aux électeurs dès les premiers jours par les nouveaux maires. Certains ont été réélus et donneront ainsi une coloration nouvelle à ce mandat, d’autres arrivent en responsabilité et souhaitent montrer aux habitants un changement significatif.

    Tous ont à relever un défi d’une grande importance : redonner crédit à l’action publique après un scrutin marqué par l’abstention et la progression de l’extrême droite qui prospère sur le « tous pareils, tous pourris ».

    Capacité d’action abîmée

    Pendant longtemps, les maires ont représenté pour les Français, des points de repère, des élus « à portée d’engueulade », des gens de confiance. Force est de constater que la crise politique en cours dans une Ve République à bout de souffle contamine l’échelon local et abîme la relation des habitants avec leurs représentants. La baisse des dotations de l’État et la généralisation d’intercommunalités souvent imposées, a entamé la capacité d’action des maires et donc leur crédibilité dans la population.

    Ils sont pourtant les acteurs indispensables de la démocratie de proximité.

    Les attaques que l’État leur inflige pour masquer ses propres turpitudes budgétaires doivent cesser. L’échelon communal doit redevenir le lieu prioritaire de réponse aux besoins de la population. Beaucoup d’idées et d’envies s’expriment en ce lendemain d’élection. Tant mieux.

    Top départ !

  • La première mesure de leur mandat

    La première mesure de leur mandat

    Benoît Payan, maire (DVG) de Marseille

    « Ma première action est un axe fondamental de notre programme pour Marseille. Protéger les Marseillaises et les Marseillais, c’est aussi soutenir leur pouvoir d’achat et lutter contre toutes les formes de précarité. Nous allons proposer la création d’un guichet unique du pouvoir d’achat, avec une offre complète de dispositifs nouveaux ou renforcés : l’assurance habitation municipale, une mutuelle municipale, la multiplication des gratuités pour les cantines scolaires et les petits-déjeuners à l’école… »

    Josée Massi, maire (SE) de Toulon

    « Nos priorités sont d’abord la sécurité, parce qu’elle est la première des libertés. Nous agirons vite pour ajuster l’organisation de notre police municipale, pour renforcer sa présence en proximité. Je souhaite que nous engagions aussi sans tarder une démarche forte pour les quartiers, notamment au Pont-du-Las et à Saint-Jean-du-Var, en nous inspirant de ce qui a été fait avec succès pour le centre-ville. Je veux que ces quartiers sentent rapidement que quelque chose se remet en mouvement. »

    Alexandre Roux, maire (DVG) d’Entrechaux

    « Même si j’ai été réélu pour un second mandat, l’équipe a été renouvelée de moitié. Une des premières choses sera un tour du patrimoine communal avec l’ensemble des élus pour que tout le monde ait connaissance des sujets. Autre chose symbolique, la réalisation d’une seconde fresque murale monumentale sur la place de l’église. La suite sera de poursuivre rapidement le projet au cœur du village, avec le nouveau quartier, les Jardins d’Isaline voué à accueillir entre 8 et 10 habitations pour des familles et pérenniser nos 4 classes à l’école. »

    Laurent Belsola, maire (PCF) de Port-de-Bouc

    « La première mesure phare, j’ai demandé à rencontrer le ministre de l’Intérieur pour mettre en place le commissariat mixte. Le local actuel est vide depuis des années, on aimerait y installer la police nationale et la police municipale. Après avoir réussi à faire reculer les trafics de drogue, on reste vigilants. Autrement, on est dans la continuation des grands projets en cours. On a l’Anru qui va nous prendre beaucoup de temps, avec la démolition de la barre de la Lèque et de la cité Bellevue, qui va être refaite, et l’aménagement des extérieurs des Comtes. »

    Paul Sabatino, maire (PCF) du Rove

    « Ma première mesure est l’extension du périscolaire de 7h30 à 18h30 et la mise en place du centre aéré le mercredi. Mon premier objectif est d’aider au maximum les parents qui travaillent. »

    André Molino, maire (PCF) de Septèmes-les-Vallons

    « Nous allons continuer à œuvrer au niveau de nos groupes scolaires et de nos crèches, travail que nous avions entamé durant le précédent mandat. Nous poursuivrons également le développement de nos centres de santé sur notre territoire. Nous soutenons aussi la création d’un commissariat de plein exercice à Plan-de-Campagne. Environ 300 000 véhicules passent par cette zone le week-end, ce qui nécessite la mise en place d’un système de sécurité efficace. Au global, nous travaillerons à appliquer le projet sur lequel nous avons été élus. »

    Sophie Joissains, maire (UDI) d’Aix-en-Provence

    « La première chose que je vais faire après avoir été réélue, c’est aller saluer les Écrivains du sud ce soir, ensuite nous allons ouvrir la Biennale (qui débute le 11 avril), puis je pense aller saluer les services municipaux. Ce sont des activités, plus que des mesures ! Mais je ressens une ardeur au travail, on ne s’est pas arrêtés, depuis lundi. Oui, on sera dans la continuité (du précédent mandat). Il n’y a pas de priorités nouvelles, mais il y a beaucoup de choses à faire, le programme est dense. »

    Julien Di Benedetto, maire (SE) de Digne-les-Bains

    « La première mesure, pour nous, c’est très rapidement travailler sur le centre-ville avec l’association des commerçants. On participera à leur assemblée générale dès lundi soir. Le sujet, c’est vraiment le centre-ville dès le départ, ce qui n’enlève rien ensuite à la santé. Je vais rencontrer les personnels hospitaliers rapidement. Puis il y a aussi le conservatoire de musique de Digne, qui est dans un état très difficile. Le personnel attend de rencontrer les nouveaux élus. Voilà les trois gros chantiers qu’on va ouvrir la semaine prochaine. »

    Laurence Dépieds, maire (SE) de Saint-Martin-de-Brômes

    « La première chose qu’on va faire, c’est acquérir une parcelle sur laquelle il y a une ancienne menuiserie, qu’on va destiner à de la location, à un logement et à un atelier pour le personnel technique. Il y a énormément de demandes et on n’arrive pas à satisfaire la demande des jeunes du village qui cherchent de la location sur des petites surfaces. On a aussi la problématique des loyers élevés. Donc on cherche à faire quelque chose. On a déjà mis à la location un logement qu’on a rénové à loyer modéré. »

    Loïc Gachon, maire (DVG) de Vitrolles

    « La première mesure, avant le débat d’orientation budgétaire, sera l’élection, dès dimanche, d’un adjoint spécial, délégué au quartier des Bords de l’étang. Ce quartier, parce qu’il est géographiquement déconnecté du reste de la ville, (…) a besoin d’un accompagnement spécifique. L’idée est que ses habitants puissent avoir un interlocuteur unique pour toutes les thématiques, que ce soit sur l’aménagement, la mobilité, le stationnement, mais aussi l’éducation ou le sport. »

    Olivier Galzi, maire (DVD) d’Avignon

    « Il sera urgent, dès lundi, d’essayer d’y voir plus clair sur nos marges de manœuvre financières. En attendant, il va falloir faire attention aux engagements en cours. On va passer par un audit. D’ici là, on va voir ce qui est dans les tuyaux, les dépenses indispensables ou pas. Et ne pas se précipiter sur le parapheur à la signature qu’on va me proposer au premier jour. Je compte bien sûr sur les services pour m’aider à y voir plus clair. Il y a aussi une grande attente légitime des agents, à qui il faudra redonner du sens et les embarquer dans un projet collectif que les électeurs ont voulu. »

    Jean-Pierre Squillari, maire (DVG) d’Aubagne

    « Ma toute première mesure, sera de stopper la bétonisation d’Aubagne, avec un moratoire immédiat. La ville a été abîmée par le béton pendant les deux derniers mandats. Beaucoup d’habitants ne la reconnaissent plus. Nous allons remettre à plat l’ensemble des projets d’urbanisation, étudier les permis de construire un par un. Nous allons sanctuariser les terrasses agricoles, où des permis ont été délivrés, alors que c’est illégal. Il faut directement stopper l’urbanisation dans les espaces naturels, pour les préserver. »

    Lila Desjardins, maire (DVG) de Peyruis

    « Le premier dossier, c’est un café brasserie sur le terrain vague à côté de la place du village, avec, s’il y a la place, une supérette à côté. On va le déposer le plus rapidement possible. Soit on trouve un gérant privé, soit ce sera un café associatif, soit communal. On a été approché par une ou deux personnes intéressées par la gestion. C’est important car aujourd’hui il n’y a plus de café. Notre idée, c’est de recréer de la vie, un lieu de convivialité, permettre aux gens de sortir de leur isolement, d’échanger, recréer de la solidarité, du lien. »

    Chantal Eymeoud, maire (Horizons) d’Embrun

    « Pour ce nouveau mandat, notre première mesure d’ampleur sera le lancement de l’opération de requalification du quartier du Haut de ville. Cette opération vise notamment à renaturer les espaces publics, sécuriser l’accès aux groupes scolaires et améliorer la qualité des espaces publics. En complément de cette première action pour la commune, nous avons engagé le renforcement des effectifs de la police municipale de la commune. »

  • [Cinéma] L’itinéraire de Shoaib et Chandan dans l’Inde contemporaine

    [Cinéma] L’itinéraire de Shoaib et Chandan dans l’Inde contemporaine

    Pour son deuxième film, Ghaywan signe un drame en hindi sur l’amitié quasi fraternelle de deux jeunes originaires d’un village du nord de l’Inde. Un pays dirigé par le nationaliste hindou Narendra Modi depuis 2014, qui a façonné la démocratie ethnique. Car si, dans l’Inde contemporaine, le système de caste est aboli, les divisions perdurent. Jouant sur la différence entre légitimité et légalité, l’État autorise les violences et humiliations quotidiennes sur les citoyens de seconde classe.

    Au-delà des clichés

    Shoaib est musulman et Chandan est un dalit (appelé autrefois intouchable). Ils rêvent tous deux d’intégrer la police car dira l’un : « Avec l’uniforme, on ne regarde pas tes origines sociales. » Passer le concours est une sacrée bataille : 2,5 millions de candidats pour 3 500 postes. Comme tous les jeunes sans emploi ou cumulant petits boulots, une lutte âpre les attend : se rendre au centre d’examen (quais bondés, trains surchargés), attendre les résultats du concours (serveur vocal saturé, évaluations suspendues), sans parler du report du recrutement à une date indéfinie. Chandan est reçu, Shoaib est recalé. Une fracture se déclare entre eux. Chandan essuie les remarques désobligeantes du prétendu privilège des dalits grâce au système de quotas. Shoaib dans une rage contenue, démissionne de son poste de commercial suite aux propos racistes et hilares de sa hiérarchie. S’en prenant au passage à l’un d’eux, complice par son silence : « Des gens instruits comme toi n’osent rien dire. » Une des scènes les plus abouties du film.

    Ayant grandi dans une famille dalit, le cinéaste explore la difficulté de trouver sa place dans l’ordre social. Lui-même a longtemps éprouvé le syndrome de l’imposteur après le succès international de son premier film Masaan (prix Fipresci à Cannes en 2015). Dix ans plus tard, il dit avoir effectué un travail cathartique, avec Une jeunesse indienne.

    Homebound (confiné à domicile) est le titre international du film. La seconde partie aborde le calvaire de travailleurs indiens jetés sur les routes pendant l’épidémie de Covid. Ghaywan explique s’être inspiré d’une photo d’article paru dans le New York Times en 2020 montrant un homme effondré, assis en bordure d’autoroute tenant dans ses bras son ami frappé d’insolation. Partis loin de chez eux, dans la cité industrielle de Surat, Chandan et Shoaib travaillent dans une usine de textile en attendant de trouver mieux. Un espoir contrarié par sa fermeture administrative et le confinement où les lits se partagent entre équipes de jour et équipes de nuit.

    Subsistance

    Comment aider leur famille, comment payer les mensualités d’un prêt, comment finir la construction de la maison familiale ? Le film nous plonge dans une réalité oubliée : le sort de millions d’ouvriers migrants désemparés, privés de salaires, ne pouvant pas rentrer chez eux suite à un confinement brutal.

    Le cinéaste dit avoir « voulu explorer les luttes silencieuses de personnes invisibilisées et trop souvent réduites à des statistiques ». C’est bien l’intérêt du film. La colère est intérieure, la honte dévastatrice, le sectarisme est banalisé, le harcèlement légitimé. Mais le scénario peine à sortir d’une lecture excessivement émotive et des dialogues trop explicatifs. Et si la jeune génération se heurte à des murs, leurs familles démunies financièrement restent humainement riches. Une fin douce-amère en guise de fin heureuse.

    Une jeunesse indienne, de Neeraj Ghaywan, Inde, 2h, sortie le 25 mars.

  • Les femmes toujours lésées sur les salaires dans la région

    Les femmes toujours lésées sur les salaires dans la région

    L’étude réalisée par l’Insee sur les écarts de salaires entre les femmes et les hommes dans le secteur privé, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, confirme la présence du plafond de verre pour les femmes. Réalisée à partir de données de 2024, l’étude, présentée ce jeudi en partenariat avec le préfet de région, met en lumière des inégalités toujours marquées, malgré une légère amélioration ces dernières années.

    Entre 2018 et 2024, l’écart de salaire a diminué de 3,5 points. En moyenne, les femmes continuent de percevoir des revenus inférieurs à ceux des hommes dans la région. Même à temps de travail équivalent, l’écart reste significatif, preuve que les inégalités ne s’expliquent pas uniquement par la durée de travail. « Ces différences s’expliquent en partie par la place occupée par les femmes dans le monde professionnel. Moins présentes dans les postes les plus rémunérateurs, elles restent sous-représentées dans les plus hauts niveaux de salaire, ce qui contribue directement à creuser les écarts », détaille l’Insee.

    Différences selon les territoires

    Tous les départements ne sont pas logés à la même enseigne. Les écarts sont particulièrement marqués dans certains territoires, atteignant plus de 15% dans les Bouches-du-Rhône et les Alpes-Maritimes, contre 6,1% dans les Hautes-Alpes. « Ces différences s’expliquent notamment par la structure des emplois et la concentration de métiers plus rémunérateurs », ajoute l’Institut.

    Les femmes restent moins bien rémunérées dans presque toutes les catégories socioprofessionnelles. L’écart est particulièrement marqué chez les cadres (-14,9%) et les ouvriers (-14,7%), tandis qu’il est beaucoup plus limité chez les employés (-2,5%).

    Les inégalités s’accentuent au fil de la carrière. Chez les jeunes de moins de 30 ans, l’écart est relativement faible : les femmes gagnent environ 5% de moins que les hommes, et ce dans presque toutes les catégories. Seule exception chez les employés, où l’écart tombe à seulement -1,1%, toujours chez les moins de 30 ans.

    Avec l’âge, l’écart se creuse fortement. Entre 30 et 49 ans, puis à partir de 50 ans, les femmes se retrouvent de plus en plus loin derrière les hommes en termes de salaire. « Cela montre des trajectoires professionnelles différentes entre femmes et hommes. » Face à ce constat, la préfecture insiste sur la nécessité d’agir : « L’importance est de porter des politiques publiques ambitieuses pour faire face à ces données. » Avec l’objectif de réduire durablement les inégalités salariales.

    En chiffres

    20,2%

    C’est l’écart moyen de salaires entre les femmes et les hommes dans le secteur privé, en Paca. Cet écart prend en compte toutes les situations, notamment les temps partiels, situation de travail assez fréquente chez les femmes dans la région. Il donne ainsi une vision globale des inégalités salariales.

    13,8%

    À temps de travail égal, l’écart existe toujours : les femmes gagnent encore moins que les hommes. Cet écart de 13,8% exclut les différences liées au temps partiel et permet de comparer des situations similaires. Il met en évidence des écarts de rémunération qui subsistent entre les salariés hommes et femmes.

    21%

    Les femmes ne représentent que 21% des 1% des salariés les mieux payés. Elles sont donc très minoritaires parmi les postes les plus rémunérateurs. Elles sont également sous-représentées parmi les 10% les mieux rémunérés, où elles constituent 29% des effectifs. Les femmes représentent 43% des salariés du privé.

  • Toutes et tous aux abris

    Toutes et tous aux abris

    À la suite des effondrements de la rue d’Aubagne en 2018, le thème central de la campagne de 2020 portait sur la résorption de l’habitat indigne. Le SAF déplore que l’actuelle campagne porte principalement sur la surenchère sécuritaire au détriment de ce sujet central.

    En 2022, on recensait plus de 16 000 sans-abri à Marseille.

    D’autres communes, comme Bordeaux ou Grenoble, endiguent la carence de l’État en s’y substituant par la création de places d’hébergement d’urgence et en engageant sa responsabilité financière auprès du Tribunal administratif. La Mairie peut mobiliser son patrimoine foncier et encourager le Préfet à réquisitionner les biens de tourisme non déclarés et les 57 000 logements vides au profit de l’hébergement des plus précaires. La Mairie doit également se substituer à l’État en matière de contrôle des hôtels conventionnés, et donc subventionnés, afin de garantir la décence et la salubrité des hébergements au sein de ces établissements.

    85 % des Marseillais sont éligibles à un logement social.

    À Marseille on dénombre 50 000 demandeurs en attente, pour un délai d’attribution supérieur à 5 ans. Toutefois, l’opacité dans l’attribution des logements sociaux, y compris ceux relevant du contingent municipal, reste de mise. Malgré une augmentation de ses effectifs, le service communal d’hygiène et de salubrité apparaît toujours sous-dimensionné par rapport à la réalité du mal-logement, ce qui implique des délais excessifs de traitement des signalements, des classements de dossiers sur la base des dires des bailleurs sans procédure contradictoire et sans notification du motif du classement, ainsi que l’absence de contrôle municipal en dehors des signalements effectués par les locataires. Pour rendre le contrôle de la décence des logements loués effectif, ce service doit être redoté. Les locataires doivent être adressés vers des associations partenaires et informer sur le droit d’être assisté d’un avocat et sur le mécanisme de l’aide juridictionnelle, afin d’obtenir la réalisation des travaux et demander une diminution ou une conservation du loyer.

    La ville de Marseille s’est constituée partie civile dans 14 affaires correctionnelles en 2024/2025 et a communiqué sur la condamnation de 29 marchands de sommeil depuis 2020. La majeure partie des poursuites pénales proviennent de plaintes de victimes ou d’associations. Pourtant, les agents communaux sont les premiers à découvrir les situations d’indignité des logements et la soumission de personnes vulnérables. L’article 40 du code de procédure pénale qui prévoit que « tout fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur », doit davantage être mise en œuvre.

    Par le SAF

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  • Des femmes oui, mais progressistes !

    Des femmes oui, mais progressistes !

    La loi qui a étendu le scrutin de liste paritaire aux communes de moins de 1 000 habitants a mécaniquement provoqué une progression notable du nombre de conseillères municipales. Mais il est toujours très difficile pour une femme d’accéder au fauteuil de maire. Le plafond de verre est loin d’avoir disparu et les femmes sont encore barrées pour les têtes de liste et restent cantonnées à certaines délégations que les vieilles idées reçues persistent à voir comme « féminines ».

    Si la parité est un vrai combat, il ne saurait être déconnecté de la bataille politique, ni coupé des autres faits marquants de cette élection. La grande tendance est celle de la progression à droite et de l’implantation de l’extrême droite. Tendance qui se retrouve dans les résultats de notre région.

    Double combat

    Les trop rares femmes élues sont souvent de droite ou d’extrême droite. Difficile de ne pas se réjouir qu’une Laure Lavalette n’ait pas accédé à la tête de la mairie de Toulon, fut-elle une femme. Comment ne pas avouer qu’à Aix-en-Provence, on aurait préféré voir la liste progressiste prendre les clés de la mairie, fut-ce par un homme, Marc Pena, et à une femme, Sophie Joissains ? Et personne ici n’oublie Mme Thatcher ou ne votera Marine Le Pen parce qu’elle est une femme.

    Si la gauche met davantage que les autres partis politiques des femmes tête de liste, c’est manifestement encore insuffisant. Les femmes progressistes sont donc confrontées à un double combat : faire progresser des idées de progrès social et prendre leur juste place dans cette bataille.

  • Femmes et progressistes : le double combat

    Femmes et progressistes : le double combat

    C’était la grande nouveauté de ce scrutin 2026 pour les communes de moins de 1 000 habitants : l’obligation de listes paritaires. Cette loi vise à améliorer la représentativité des femmes dans les conseils municipaux. Pourtant, cette année, elles ne seront par exemple que 38, dans les Alpes-de-Haute-Provence, à être maires, contre 50 en 2020. Dans le Vaucluse également, elles seront moins nombreuses, passant de 36 à 29, pour ce nouveau mandat. Les Bouches-du-Rhône voient toutefois leur nombre de femmes maires augmenter, passant de 17 à 20 (hors mairies d’arrondissement à Marseille).

    Au niveau national, le nombre d’édiles féminines a quelque peu augmenté par rapport aux élections de 2020, passant de 21,1% à 22,6%. Une hausse continue depuis la première loi imposant la parité en 2000, mais qui reste lente et tend même à s’essouffler. Au sein des conseils municipaux, on comptait 42% d’élues en 2020.

    Même si la parité est établie dans les listes engagées lors de ce scrutin 2026, dans la région, moins d’un quart d’entre elles étaient menées par des femmes. C’est donc dès le choix des têtes de liste que le plafond de verre se fait sentir pour elles.

    Selon Sandrine Raymond Lucarini, maire (SE) réélue à Saint-Pierre-de-Vassols, dans le Vaucluse, et initiatrice d’un groupe WhatsApp pour les maires vauclusiennes, le manque de femmes à la tête de municipalité s’explique avant tout par un manque de représentativité. « à chaque élection, on a le droit au portrait-robot d’un maire. Et souvent, c’est un homme de 60 ans. Il faut que nous, les femmes, nous nous inspirions entre nous, pour montrer que l’on peut être maire. Car beaucoup se disent que ce n’est pas un rôle pour elles. »

    Pour la membre du bureau de l’association des maires de France et des maires ruraux, l’autocensure est l’un des facteurs explicatifs de cette sous représentation, mais n’est pas le seul : « Il y a aussi un problème financier. Car les indemnités pour les maires ruraux sont très faibles, et les femmes étant plus souvent dans des situations de précarité, elles envisagent moins de s’investir dans ce rôle. »

    Sans étiquette

    L’édile vauclusienne évoque aussi la question de la parentalité : « Souvent, on vous fait des reproches, on vous demande comment vous pouvez vous occuper de vos enfants… Alors qu’on ne fait jamais ce genre de remarques aux hommes. […] Et puis, il y a plus de femmes monoparentales qui ne peuvent donc pas faire garder leurs enfants », explique la mère de famille.

    Des barrières qui semblent un peu moins présentes dans les Hautes-Alpes, où les petits villages sont surreprésentés. Le rôle de maire est légèrement plus féminisé dans ce département, avec 22,6% de femmes maires en 2026, soit autant qu’au niveau national, alors qu’elles représentent 19,59% dans l’ensemble de la zone regroupant Bouches-du-Rhône, Var, Vaucluse, Hautes-Alpes et Alpes-de-Haute-Provence.

    Par ailleurs, l’absence d’affiliation à un parti politique semble leur être favorable. Alors qu’elles n’étaient qu’un peu plus de la moitié à mener des listes sans étiquette (SE), celles-ci représentent au final 84,5% des femmes maires, dans toute la zone des cinq départements. Au niveau national, les élus sans étiquette ne représentent pourtant qu’un peu plus de la moitié des maires français.

    à droite toute

    Et lorsqu’elles portent des couleurs politiques, elles sont très souvent bleues, voire brunes. Les deux plus grandes villes de la région Sud ayant installé des femmes dans le fauteuil du maire sont toutes deux situées à droite de l’échiquier politique : Sophie Joissains (UDI) à Aix-en-Provence et Josée Massi (DVD) à Toulon.

    Car ce que révèlent également ces élections, c’est la quasi-absence de femmes élues marquées à gauche. En effet, les femmes étaient moins présentes à la tête de listes de gauche ou d’extrême gauche (52) que sur des listes de droite ou extrême droite (63), dans la zone des cinq départements. Une féminisation de l’extrême droite qui a notamment pour but aussi de féminiser son électorat, autrefois majoritairement masculin. Il est donc urgent que le camp progressiste brise ce plafond de verre s’il souhaite porter plus haut et plus loin son ambition d’une société plus juste.

    En chiffres

    155

    femmes ont été élues maires, en 2026, dans les 791 communes des Bouches-du-Rhône, Var, Vaucluse, Hautes-Alpes et Alpes-de-Haute-Provence. Soit 19,59% de l’ensemble des édiles.

    22,8%

    C’est le taux de femmes élues maire dans les Hautes-Alpes. Un meilleur chiffre que les Bouches-du-Rhône, Var, Vaucluse et Alpes-de-Haute-Provence. Le Var affiche seulement 16,9%.

    52

    listes affiliées à la gauche ou l’extrême gauche ont été portées par des femmes dans les cinq départements, contre 31 pour l’extrême droite et 32 pour la droite.

    84,5%

    des femmes élues sont sans étiquette.

  • Les conseillers municipaux doivent élire leur maire d’ici dimanche

    Les conseillers municipaux doivent élire leur maire d’ici dimanche

    Aix-en-Provence

    Vendredi (10h), les 55 conseillers, dont 41 de la liste victorieuse de Sophie Joissains (UDI), éliront la maire sortante pour son deuxième mandat.

    Aubagne

    Ce samedi, à 11h, les nouveaux élus , majoritairement membres de la liste de Jean-Pierre Squillari (DVG) feront repasser le conseil municipal à gauche, après les deux mandats de Gérard Gazay, du parti LR.

    Arles

    Ce samedi à 16h, les 33 nouveaux conseillers municipaux de la liste de Patrick de Carolis (DVC) pourront réélire le maire sortant, face au 12 élus d’opposition, dont 8 de la liste d’union de gauche portée par Nicolas Koukas (PCF).

    Avignon

    Ce samedi, à 11h, la cité des Papes repassera officiellement dans le giron de la droite avec l’élection de la tête de liste (DVD) Olivier Galzi.

    Carpentras

    À 19h, ce vendredi, se réuniront à l’hôtel de ville les 39 nouveaux élus. La conseil passe de la gauche à l’extrême droite, menée par Hervé de Lépinau (RN).

    Digne-les-Bains

    À 9h, ce samedi, c’est un conseil marqué la le succès de la liste Toujours Digne, estampillée divers gauche, qui se réunira pour élire Julien Di Benedetto.

    Gap

    Vendredi soir, les 43 sièges seront une nouvelle fois majoritairement tenus par les soutiens de Roger Didier (DVD), maire depuis 2007 et réélu pour un nouveau mandat.

    La Seyne-sur-Mer

    C’est un conseil passé aux couleurs de l’extrême droite qui se réunira, ce samedi à 11h, pour élire Dorian Munoz (RN).

    Marseille

    Les 111 nouveaux conseillers municipaux sont convoqués pour le premier conseil, ce samedi à 10h, où Benoît Payan (DVG) sera élu pour poursuivre sa mission de maire.

    Martigues

    Vendredi à 18h, les élus participeront à leur premier conseil de la nouvelle mandature. Gaby Charroux (PCF) sera reconduit pour son quatrième mandat.

    Toulon

    Vendredi matin, la maire sortante Josée Massi (DVD) briguera officiellement son premier mandat après avoir été élue sur son nom. Elle avait après avoir remplacé Hubert Falco en 2023.

    Vitrolles

    Maire depuis 2009, Loïc Gachon (DVG) devrait être reconduit par le conseil municipal, ce dimanche à 11h, après avoir battu de peu le RN.

  • La relève progressiste en ordre de bataille

    La relève progressiste en ordre de bataille

    à la faveur des élections, une salve de nouveaux élus arrive dans les hémicycles des différents départements, à Marseille, Le Rove, Martigues, Arles, Aix-en-Provence, Aubagne, La Seyne-sur-Mer, Avignon, Sisteron ou Gap.

    Militants associatifs ou politiques, ils ont été motivés par leur engagement, leur volonté de changer la vie des gens ou de prolonger une action dans laquelle ils se retrouvaient.

    Au sein d’une majorité municipale ou sur les bancs de l’opposition, comment envisagent-ils leur travail ? « Humilité », « envie », « enthousiasme » mais aussi « travail collectif », « solidarité », « exigence », « respect des engagements »…

    Autant de mots qui résonnent dans leurs témoignages et qui augurent d’une motivation très forte. Ces nouveaux élus, tous engagés à gauche, se sont confiés à « La Marseillaise ».

    Amine Kessaci, militant associatif, élu de la majorité (Marseille)

    « Que les mères endeuillées ne soient plus abandonnées »

    Militant engagé très jeune, Amine Kessaci avait créé son association Conscience pour sensibiliser à l’écologie. Avant de voir sa vie bouleversée par l’assassinat de son frère aîné en 2020, sur fond de narcotrafic. De quoi forger son engagement, en réorientant le travail de son association pour aider les familles de victimes, jusqu’à interpeller le président de la République en visite à Marseille, en 2021. Accompagné un temps par le préfet délégué à l’égalité des chances, il a finalement rallié les écologistes, dont il a été le candidat sur la liste des européennes, puis lors des dernières législatives dans la 3e circonscription des Bouches-du-Rhône, où il n’a échoué face au RN que de 800 voix.

    L’assassinat de son petit frère Mehdi, le 13 novembre dernier, par un commando qui voulait l’intimider, a violemment ajouté au drame. Et fait du jeune homme de 23 ans une figure nationale de la lutte contre le narcotrafic, malgré lui. Si elle l’a profondément affecté, la tragédie ne l’a pas fait renoncer à son combat, même placé sous protection policière. Jusqu’à faire campagne dans toute la France pour alerter et s’engager auprès du maire de Marseille (DVG) sortant, Benoît Payan. « Je veux continuer le travail engagé par le Printemps marseillais, pour réparer cette ville, qu’il n’existe plus d’inégalités entre le nord et le sud, qu’il n’y ait plus de zones où on laisse les gens mourir, faire en sorte que ces mères endeuillées ne soient plus laissées de côté, abandonnées », partage-t-il. Dès le lendemain de l’élection, témoigne le jeune militant, il s’est mis au travail, pour aller à la rencontre des associations. Avec une envie de travailler sur les enjeux liés au narcotrafic, « avec une approche très globale ». « Nous signerons tout de suite la charte du relogement des familles de victimes », annonce-t-il.

    Lucile Venet, professeure, élue d’opposition (Arles)

    « Je veux être une représentante »

    Syndicaliste depuis 1989 au sein du Snes-FSU, Lucile Venet n’a jamais été ni sur une liste, ni dans un parti. Mais depuis dimanche, elle est devenue conseillère municipale d’opposition avec la liste de Nicolas Koukas (PCF) à Arles. Son investissement dans la campagne municipale commence avant même son arrivée sur la liste. « Avec une dizaine de personnes, on a co-créé l’Appel d’Arles. Notre but, c’était que la gauche soit unie pour être élue et éviter que l’extrême droite ne passe et que M. de Carolis ne rempile. »

    Une mobilisation apparue comme évidente pour cette professeure : « Sur le terrain, on voit que ses politiques sont en défaveur des quartiers ou des villages. Les gens se sentent abandonnés. » Le mouvement organise donc, pendant plusieurs mois, des ateliers pour réunir citoyens et militants « de gauche » autour de thématiques diverses. C’est par cet investissement que Lucile Venet décide donc de rejoindre la liste de Nicolas Koukas, qui représentait pour elle « cette volonté d’union ».

    À présent élue, elle espère continuer à travailler en atelier pour préparer les conseils municipaux. « J’ai vraiment envie d’être une représentante, de ne pas parler en tant qu’individu. J’aimerais bien essayer de maintenir la dynamique qui a été installée de travail collectif avant chaque conseil », insiste cette militante, pour qui la démocratie participative est essentielle.

    Mohamed Itrisso, travailleur social, élu de la majorité (Marseille)

    « Apporter un peu de mon vécu »

    Engagé très jeune aux Jeunesses communistes, après son grand frère, issu d’une fratrie de neuf enfants « où il fallait que chacun puisse aider l’autre », Mohamed Itrisso avait 18 ans en 1995, lorsqu’Ibrahim Ali, d’un an son cadet et d’origine comorienne comme lui, a été tué par des colleurs d’affiches du FN. « Cela a été mon vrai déclic », explique celui qui a intégré le collectif Ibrahim Ali et s’est battu pendant vingt-sept ans avant que, finalement, une avenue puisse porter son nom à Marseille.

    Engagé au PCF en 1998, « quand Marie-George Buffet était ministre de la Jeunesse et des Sports », il a multiplié les engagements. En créant avec d’autres jeunes franco-comoriens, en 2008, l’association MDH, « pour faire le lien entre ici et là-bas, avec des valeurs qui mélangeaient culture et solidarité ». Si une nouvelle génération a pris la relève, elle organise toujours la fête de l’Indépendance des Comores sur le Vieux-Port, de l’aide aux devoirs, des journées culturelles. Après le crash de la Yemenia Airlines en 2009, il cofonde l’association Ushababi, pour accompagner les familles de victimes.

    « Il y a beaucoup de mépris envers les quartiers populaires, je me bats pour qu’on puisse apporter des solutions pour améliorer leur quotidien », partage le travailleur social qui veut « apporter un peu de (s)on vécu » après avoir été candidat aux départementales et aux municipales : « Le travail fait par la majorité actuelle nous donne envie d’apporter notre pierre à l’édifice. »

    Mickaël Tedesco, technicien de distributeurs automatiques, élu de la majorité (Aubagne)

    « Je ne reconnaissais plus ma ville »

    Déjà candidat en 2020, c’est la première fois que Mickaël Tedesco est élu au conseil municipal. Il y entre grâce à la victoire de la liste d’union de la gauche (hors LFI), Aubagne en commun, menée par Jean-Pierre Squillari. Pour cet Aubagnais de naissance, c’est le passage à droite de la municipalité qui a motivé son engagement sur les listes municipales.

    « J’étais militant en 2014, mais je ne ressentais pas le besoin de faire plus. Mais voir ma ville se dégrader m’a poussé à m’investir d’avantage. Je suis né ici, mais je ne reconnaissais plus ma ville », confie-t-il.

    Adhérent du Parti communiste depuis plus d’une dizaine d’années, c’est en 2020 qu’il s’engage une première fois, mais ne sera pas élu. Puis il réitère cette année : « Je me suis dit que c’était le moment. Que je devais tout faire pour que l’on récupère la mairie. »

    C’est à présent chose faite. Et de son siège au conseil municipal, ce père de deux enfants compte en faire bon usage. « Le plus important pour moi, c’est redynamiser le centre-ville, insiste le trentenaire. Cela pourra créer un poumon qui permettra aux commerces de revenir. »

    Pour cet enfant du quartier des Passons, où il vit encore avec sa famille, la question des logements est également une priorité : « Je veux me battre contre les logements indignes et pour les enfants aussi, car ils représentent notre avenir. »

    Ilhem Delmas Zeghadi, chercheuse, 2e adjointe au maire (Le Rove)

    « Agir pour le progrès social »

    Néo-rovenaine, Ilhem Delmas Zeghadi a fait son entrée en force dans la majorité du maire du Rove, Paul Sabatino (PCF), en tant que 2e adjointe. « À l’élection du maire et de la liste des adjoints, j’ai ressenti beaucoup de reconnaissance. Reconnaissance envers mes camarades du PCF qui m’ont fait confiance et envers Paul Sabatino », relate-t-elle, la voix pleine d’émotion.

    D’autant que c’est sa « première expérience à ce niveau en politique ». Mais elle a le « communisme municipal » chevillé au corps et ne vient pas de nulle part : « J’ai grandi dans une petite commune communiste en Lorraine. Je suis issue d’une famille ouvrière et je dois tout au service public. » Cette chercheuse, qui a fait un doctorat à l’école des Mines à Paris, entame son mandat avec « beaucoup d’humilité ». « Entrer au conseil municipal, voir la Marianne : c’est le symbole de notre démocratie, ça représente notre République. Et derrière cela, c’est le combat des communistes pour sa défense », explique Ilhem Delmas Zeghadi.

    Elle se dit « très enthousiaste » pour le mandat, notamment car sa liste a battu avec la manière « les idées xénophobes de l’extrême droite ». « Nous sommes une liste de rassemblement de gauche, de citoyens. Et l’échelle de la commune, c’est justement la solidarité et la fraternité citoyenne, c’est ce qui nous a liés tout au long de la campagne », développe-t-elle. Elle entend « agir pour le progrès social » et axer le mandat sur « la proximité avec la population ».

    Anthony Gonçalves, professeur d’oncologie, élu de la majorité (Marseille)

    « Transformer la vie des gens »

    Issu d’une famille ouvrière, le chef de file des communistes pour ces municipales à Marseille, Anthony Gonçalves, reconnaît qu’il a toujours eu « une vieille conscience politique et sociale depuis tout petit », avec une culture générale puisée dans la lecture quotidienne de l’Humanité et de La Marseillaise, « que j’étais le seul à lire pour de bon et à acheter à la maison, malgré le fait que j’étais plus dans les études et le boulot ».

    Professeur de médecine à Aix-Marseille Université et responsable du département d’oncologie médicale de l’Institut Paoli-Calmettes, il s’est en effet dans un premier temps surtout consacré à son travail, « une vie tout entière dédiée aux malades du cancer et à la recherche clinique ». Avant de passer le cap en 2014 et de rejoindre le Parti communiste français, « de ne pas seulement regarder ça en spectateur mais d’intervenir ». Candidat à plusieurs reprises, depuis les législatives de 2017 aux élections européennes et lors des dernières municipales en position inéligible, il a cette fois été désigné chef de file pour le PCF. « Je me suis mis à disposition des communistes qui m’ont sollicité », explique-t-il. Insistant sur le travail mené pour ancrer le programme bien à gauche. « Nous allons tout faire pour ce que l’on a présenté comme objectifs devienne réalité, pour transformer la vie des gens », s’engage-t-il, se disant « à disposition du collectif ». « La lutte contre le RN passe par l’amélioration de la vie quotidienne : quand on rénove une école, qu’on crée des lieux de culture, qu’on améliore l’accès au sport, on tarit les conditions qui le font monter. » Et il précise : « Comme tous les élus communistes, je vais reverser la totalité de mes indemnités à mon parti. »

    Marc Beltran, ancien proviseur, élu de la majorité (Martigues)

    « Il faut faire confiance à la jeunesse »

    « C’est la première fois que je suis élu quelque part. Je me suis d’abord engagé pour défendre mes valeurs. » Marc Beltran est l’un des nouveaux visages du conseil municipal de Martigues. À 59 ans, il a décidé de se présenter sur la liste du maire sortant (PCF) Gaby Charroux, par crainte de la montée de l’extrême droite dans sa ville. Sympathisant de longue date du Parti communiste, il choisit, il y a trois ans, de devenir adhérent et militant. Un engagement qu’il traduit cette année en participant à la liste de son maire sortant.

    Habitant dans la commune depuis 2022, lorsqu’il est devenu proviseur du lycée Langevin, il souhaite notamment mettre en place des mesures en faveur de la jeunesse martégale. Pour le quinquagénaire, « il faut leur faire confiance et ne pas en avoir peur ». Les questions de formation pour les jeunes martégaux seront au cœur de son combat en tant qu’élu de la majorité. Cet ancien proviseur veut « que les jeunes puissent faire au maximum leurs études dans la ville. Car c’est un enjeu de justice sociale que d’avoir accès à cela sans avoir besoin de faire beaucoup de transports ou de déménager », affirme-t-il.

    Il porte également des valeurs d’inclusion, continuité de son ancien poste de proviseur. Atteint d’une maladie dégénérative qui lui a fait perdre la vue il y a deux ans, il ne peut plus exercer son métier. « Mon investissement militant n’était pas lié à ma maladie, mais c’est vrai que le vivre soi-même change mon regard sur ces questions », affirme le nouveau conseiller municipal, qui siégera pour la première fois dans l’hémicycle, ce vendredi.

    Sophie Delfino, enseignante, conseillère municipale d’opposition (Gap)

    « Maintenir le lien avec les citoyens »

    « Une opposition critique et constructive », voilà ce que souhaite incarner Sophie Delfino au conseil municipal de Gap, où elle siégera dans l’opposition, aux côtés des dix autres représentants de la liste d’union de la gauche « Agir ensemble pour Gap », dont elle était la directrice de campagne. Secrétaire départementale de la fédération communiste des Hautes-Alpes, Sophie Delfino, enseignante de français et de théâtre, elle était en charge de la thématique action sociale sur la liste d’Élie Cordier.

    Petite-fille de Résistant, elle s’est engagée en 1981 au PCF, elle avait alors 18 ans et voulait, elle s’en souvient avec un sourire, « tirer la veste du nouveau gouvernement par sa manche gauche ». Militante pendant plusieurs années à Marseille, elle a été élue à la tête de la fédération du Parti communiste des Hautes-Alpes en 2018 et au sein de la direction nationale du parti. Elle promet de « maintenir le lien avec les citoyens », créé pendant la campagne depuis deux ans et de créer une lettre d’information sur les débats au conseil municipal.

    Pour elle, siéger comme élue dans la première ville du département permettra de donner « plus de visibilité au Parti communiste et aux actions des camarades élus », comme Vincent Berchaud, deuxième adjoint auprès de Maurice Brun, nouveau maire de Laragne-Montéglin, ou Aloïs Eymard, élu d’opposition à Embrun.

    En parallèle, elle souhaite aussi poursuivre « la reconstruction de l’adhésion populaire au PCF », par le contact de proximité et notamment par « la culture et la convivialité ». Elle cite en exemple le succès notoire de la fête de la fédération locale, moment musical et festif qui connaît une belle affluence depuis sa réédition il y a deux ans.

    Rémy Blanc, professeur des écoles, conseiller municipal d’opposition (Avignon)

    « Défendre les quartiers populaires »

    Déjà conseiller départemental sur le canton de Montfavet et Morières, Rémy Blanc va entamer un nouveau mandat, toujours dans l’opposition. Difficile encore à chaud d’analyser la défaite de dimanche face à Olivier Galzi (DVD), entre « démobilisation de certains quartiers populaires, une part du bilan de Cécile Helle qui a été repoussé ou une entrée en campagne tardive ».

    Pas question pour autant de mettre la gauche en sourdine. Rémy Blanc entend continuer « de défendre les intérêts des quartiers populaires », fil rouge du programme autour de l’urgence sociale et écologique. « On aura un regard très serré sur la question du CCAS, de comment on répond aux besoins des plus précaires et des plus démunis ». Même s’il est encore loin, le prochain budget sera scruté de près. « On veillera à ce que tout l’argent ne soit pas dilapidé sur l’aspect sécuritaire, avec plein de caméras au détriment de la médiation et de la proximité ». Le tout sans quitter le terrain, « porter un message éclairant à la population, parce qu’on a quand même vécu une campagne avec beaucoup de manipulations et de promesses ».

    L’élu communiste ne quittera pas des yeux « la qualité du service public, notamment sur les cantines ». « Il faudra regarder ce qu’envisage M. Galzi sur cette gestion en régie publique actuellement », prévient-il, sans occulter la réforme des rythmes scolaires où le futur maire souhaite revenir à 4 jours. « Cela signifie la fin du périscolaire, que vont devenir tous les agents et animateurs ? », questionne Rémy Blanc, qui envisage d’être constructif, « en espérant être entendus et écoutés ». Mais il ne se leurre pas : « Les choses vont nous échapper pendant 6 ou 7 ans, mais on va essayer d’avoir les espaces et les leviers les plus efficaces pour résister ».

    Brigitte Cheinet, conseillère municipale d’opposition (La Seyne-sur-Mer)

    « Être sur le terrain est essentiel »

    Forte de son engagement syndical de longue date, Brigitte Cheinet va faire ses débuts en tant qu’élue. À 69 ans, la secrétaire générale de l’Union syndicale des retraités CGT du Var (poste qu’elle occupe depuis 2017), ancienne employée municipale à Alès, sa commune d’origine, puis à Bourges et Bagnolet, n’en reste pas moins une militante politique de la première heure, ayant rejoint le PCF à l’âge de 16 ans.

    Celle qui occupait la deuxième place sur la liste d’union de gauche de Stéphane Sacco fait donc partie des quatre élus progressistes qui siégeront au conseil municipal seynois. Une nouvelle aventure qui s’inscrit dans « la continuité de (ses) convictions. Je suis membre du PCF, très attachée au social, je vais me battre pour faire entendre la voix communiste et de l’ensemble des forces de gauche », promet-elle.

    Et le challenge sera de taille : lutter contre l’influence du Rassemblement national, porté par le nouveau maire Dorian Munoz, en position de force (37 sièges) dans la deuxième ville du Var. « Notre objectif sera de défendre la population contre toutes les attaques qu’elle va subir, les salariés aussi, avec les trois autres colistiers », assure-t-elle, affirmant son « intention de lutter, avec les citoyens qui ont envie de combattre ce qu’il se passe actuellement ». Et pour cela, « être sur le terrain nous semble essentiel. On pourra compter sur nous. On sera présent, on ne se laissera pas endormir. »

    Une nouvelle casquette qui n’empêchera pas cette militante hyperactive de poursuivre son engagement à l’USR CGT. Deux fonctions qu’elle considère « ne pas être antinomiques. Quand je suis à la CGT, je suis indépendante du parti. Mais en tant que citoyenne, je m’exprime à travers mes idées. »

    Zoé Lerouge, enseignante et conseillère municipale d’opposition (Sisteron)

    « Etre une force de proposition »

    « Notre objectif pour le mandat à venir, c’est d’être à la fois une force de vigilance et de proposition sur les sujets qui nous tiennent à cœur : la défense des services publics, la lutte contre la discrimination, la transition écologique. » Malgré le relativement faible score réalisé par la liste citoyenne d’union de la gauche Demain Sisteron au second tour (14,91%), qui ne garde que deux sièges au conseil municipal, la tête de liste et nouvelle conseillère municipale d’opposition Zoé Lerouge reste motivée à peser sur les décisions de la municipalité.

    La professeure d’histoire-géographie a emménagé à Sisteron « il y a trois ans et demi », avec « l’envie d’un mode de vie plus calme et de campagne ». Elle a grandi entre Marseille, Lille et Bordeaux, et a étudié les sciences politiques à Paris. « J’ai toujours été engagée dans le milieu militant et associatif, notamment dans les milieux écologistes et féministes. Mais je n’avais jamais fait de campagne politique avant celle-ci », explique la nouvelle élue, également syndiquée chez SUD Éducation.

    Elle se réjouit de participer à ses premiers conseils municipaux, même si elle espérait plus de sièges pour Demain Sisteron. « On va voir comment on peut faire pour faire avancer ces sujets qui nous tiennent à cœur », comme salarier des médecins ou créer une maison des associations. « On va se demander pour chaque politique publique mise en œuvre si elle va dans le sens de la justice sociale, de la solidarité, de la transition écologique, de la transparence et de la participation citoyenne », affirme-t-elle. Elle espère « réussir à identifier les actions qui ont le meilleur ratio investissement efficacité ».

    David Tessier, enseignant, conseiller municipal d’opposition (Aix-en-Provence)

    « Porter la voix des travailleurs »

    Engagé dans la campagne de la liste Aix Avenir, née d’une union des forces de gauche et écologistes, menée par Marc Pena, David Tessier (PCF) siégera pour la première fois au conseil municipal, aux côtés de huit autres élus d’opposition issus de la liste. Pour rappel, Marc Pena est arrivé derrière Sophie Joissains (maire sortante) au second tour. Dans ce conseil municipal siégeront également deux élus issus de la liste de Philippe Klein (Horizons), et trois élus issus de la liste de Jean-Louis Geiger (RN). « J’attends de la gauche, au cours de ce mandat, qu’elle tienne les engagements qu’elle a pris pendant la campagne électorale, c’est-à-dire de porter au conseil municipal toutes les propositions sur le logement, sur le transport, la solidarité, sur la sécurité, pour les faire vivre. Et si possible, d’essayer de leur donner une dimension concrète, déroule David Tessier. J’attends la possibilité pour nous, à gauche, de proposer des mesures qui soient utiles à tous et à partir de là, voir s’il est possible de dégager une majorité réelle qui permette de construire. » Enseignant et militant pour le Parti communiste, l’élu rappelle qu’il aura « aussi cette place particulière de l’élu communiste qui est de porter la voix des travailleurs, du mouvement social et d’être à leurs côtés pendant toutes ces années où je serais en fonction. Ce mandat, tant que je l’exercerai, sera évidemment, et bien sûr, un mandat et un travail de conseiller municipal d’opposition, mais il sera aussi celui d’un élu communiste qui, s’il y a une grève, est d’être à cinq heures du matin sur le piquet pour apporter son soutien aux salariés », poursuit-il. Si différents partis de gauche composent cette équipe (PS, Écologistes, PCF…), « je n’ai aucune inquiétude sur la capacité collective qu’on aura à y arriver, y compris avec des différences », assure-t-il.

    Hanifa Taguelmint, militante associative, élue de la majorité (Marseille)

    « Donner de la force au programme »

    Au surlendemain du second tour des municipales, « je suis entre la joie et l’angoisse », souffle Hanifa Taguelmint, militante des luttes antiracistes des années 1980. Un engagement qui a commencé avec le meurtre de Lahouari Ben Mohamed, tué par un policier aux Flamants en 1980. « Quand ça se passe près de chez toi, ça n’a pas la même résonance qu’à la télévision, témoigne-t-elle. Ma conscience militante est née à ce moment-là. Après, je n’ai pas arrêté. »

    Dans le même temps, celle qui allait devenir la première bachelière de sa famille voit sa vie bousculée par le décès de son frère, et doit abandonner les études pour commencer à travailler dans l’animation. Après la marche pour l’égalité et contre le racisme en 1983, elle travaille à la maison pour tous de Kléber (3e) avant de rejoindre Marseille Habitat pour s’attaquer à la résorption des bidonvilles de l’Estaque, où elle s’est installée. Au centre social Picon-Busserine en 1993, elle rencontre Martine Aubry, qui venait de créer sa fondation contre l’exclusion : cela la convaincra de prendre sa carte au PS quand la Lilloise remporte le congrès de 2009, jusqu’en 2015. Après avoir repris ses études, elle a aussi travaillé pour le bailleur Logirem sur des projets éducatifs, s’est impliquée dans de nombreuses associations. « Je suis une touche à tout, avec une spécialité sur le retour à l’emploi », résume la militante. Un temps à LFI où elle rejoint le comité électoral, elle quitte le mouvement, rebutée par « le côté influenceur Tiktok ». C’est à l’occasion du déplacement du maire de Marseille à Alger qu’elle se rapproche du Printemps marseillais, avant de le rejoindre en janvier, face à la menace du RN. « Pour continuer ce qui a été entamé, donner de la force au programme et éviter que le Front ne récupère la ville », résume-t-elle, voulant « agir sincèrement pour ne pas trahir les électeurs et donner de l’ambition aux Marseillais ».