Tag: Préfecture

  • [Entretien] Simon Babre : « Faire de la prévention des risques une force naturelle »

    [Entretien] Simon Babre : « Faire de la prévention des risques une force naturelle »

    La Marseillaise : Le fil rouge de vos vœux pour 2026, c’est la prévention…

    Simon Babre : Alors, ça peut comme ça sembler un peu bizarre, mais je mesure, depuis que j’ai pris mon poste il y a sept mois, l’extrême acuité des risques naturels. On a fait le décompte, l’année dernière en 2025 : le Var a été décrété par Météo France 100 fois en vigilance jaune et 9 fois en vigilance orange, ce qui représente un tiers de l’année. Donc, nous avons passé collectivement un tiers de l’année en vigilance décrétée par Météo France. Nous avons eu les crues du 20 mai 2025, qui sont les plus graves que nous avons eues l’an dernier, avec trois morts au Lavandou, où il est tombé 255 mm en 3 heures. Vu la hauteur des flots à Cavalière et la force des courants, aucun ouvrage de prévention du type de ceux qu’on fait dans les programmes d’action de prévention des inondations ne serait pertinent. Et la seule solution, sous réserve de confirmation d’une étude qui est en œuvre, ce sera de déplacer les maisons.

    Pourtant, la rivière est longue de 1 800 mètres seulement. Donc, pour moi, c’est un peu le paroxysme de la crise climatique et de ce à quoi il va falloir qu’on travaille, même si on a déjà fait plein de choses. L’objectif est de faire de la prévention des risques une force naturelle, comme devaient l’annoncer nos cartes de vœux.

    Vous dites que l’on est en train de changer d’échelle…

    S. B. : L’année 2025 confirme l’idée qui n’est pas nouvelle, mais qui s’installe petit à petit dans les esprits, en tout cas dans l’esprit des décideurs publics, qu’on change de monde, qu’on change de dimension en matière de dérèglement climatique. J’ajoute à ça l’érosion côtière, le fait que le Var est le département le plus concerné de France, en tout cas de l’Hexagone, par l’érosion côtière. Mais également les 180 départs de feu qu’on a eu cet été dans le Var, qui fort heureusement ont été très vite jugulés. Cela conduit à considérer que nous avons des risques maximums et que le dérèglement climatique les accentue. Qu’on est aux avant-postes en France hexagonale sur l’impact et les conséquences de ces risques et qu’il nous faut absolument jouer collectif et faire toujours plus en matière de prévention.

    Concernant les départs d’incendie, comment lutter efficacement ?

    S. B. : Plus que jamais, la priorité doit être donnée aux obligations légales de débroussaillement (OLD). Mais nous ne sommes qu’à 30% de mise en œuvre des OLD en moyenne, chaque année, dans le département. J’aimerais qu’en 2026, on réfléchisse, avec tous les acteurs du département, à réconcilier mise en œuvre de ces OLD, dans un des départements les plus boisés de France, et la valorisation de la ressource bois. D’autant qu’on a des usines de production d’électricité qui utilisent la biomasse et qui ont en ce moment des difficultés à trouver de la ressource bois. Le prix de la ressource bois augmente, alors même que le prélèvement reste plus ou moins stable. Cela pourrait même permettre d’intéresser les propriétaires financièrement à réaliser leurs obligations de débroussaillement.

    Je suis également un fervent partisan des coupures agricoles, c’est-à-dire remettre des cultures dans ce que l’on a cartographié comme des couloirs de feu. Créer ces coupures agricoles avec des espèces cultivées plus résistantes à l’incendie que notre forêt méditerranéenne classique, c’est une voie d’avenir. On a trois ou quatre demandes d’autorisation à l’instruction aujourd’hui dans le Var.

    En matière de transports, comment se dessine l’avenir du Var ?

    S. B. : Dans les grands projets qui me semblent très porteurs pour le département, je citerai la LNPCA [Ligne Nouvelle Provence Côte d’Azur, Ndlr], avec tous les investissements qui vont s’amplifier et la promesse qui sera bientôt concrétisée d’un train par quart d’heure entre Saint-Cyr et Carnoules, et qui va faire de la voie ferrée la colonne vertébrale des transports publics dans le département. Avec, ensuite, tous les projets d’intermodalité qui vont s’organiser autour. Là un BHNS (Bus à haut niveau de service), je rappelle que l’État a versé 40 millions d’euros pour le BHNS de la Métropole de Toulon, ailleurs des voies de covoiturage. Ici, des bus, ailleurs des pistes cyclables. Et tout ça va prendre place dans une stratégie qui sera labellisée, qu’on appelle le Serm, le Service Express Régional Métropolitain. Et ce sont plus de 600 millions d’euros qui sont prévus dès lors que nous aurons la labellisation pour révolutionner la mobilité dans le département.

    Concernant la pénurie de logements sociaux, 2026 marquera l’année du bilan triennal. Allez-vous, comme votre prédécesseur, adopter une politique de fermeté ?

    S. B. : En la matière, l’année 2025 est plutôt très bonne, puisqu’on a labellisé, du côté des services de l’État, 2 212 logements sociaux, ce qui est un record depuis 8 ans. Ça a toujours été une politique constante de l’État et du représentant de l’État dans le département. Et je ne varie pas par rapport à mon prédécesseur, ni par rapport à ceux qui l’ont précédé. Produire du logement social reste une des priorités essentielles qui devraient être celles des pouvoirs publics, quels qu’ils soient, sur tout le département. Ce qui a changé la donne, c’est qu’en 2025, on a décidé de réconcilier cette injonction de production de logements avec d’autres enjeux, de sobriété foncière notamment et d’usage du foncier qui soit adapté à ce qu’est le Var. Et c’est le préfet de région qui a pris cette décision. Il a dit : en fait, les aides à la pierre, qui sont l’outil d’action de l’État pour favoriser la création de logements sociaux, directement versées aux bailleurs sociaux, au lieu d’être calculées forfaitairement par type de logement, vont être majorées lorsque l’on est face à des opérations de réhabilitation, restructuration, destruction, reconstruction. Et on est passé d’une aide qui était à 8 000 euros à une aide qui est à 35 000 euros pour un T2, dès lors que le T2 prend place dans un ensemble réhabilité, donc sans consommation ni d’espaces naturels, ni d’espaces agricoles. Donc, on a des friches urbaines, on a des friches commerciales, on a des maisons de village qui sont abandonnées, on a des taux de vacances dans chacun des villages du Var entre 5 et 7%. Et donc il y a moyen d’intéresser les acteurs du logement à faire de l’acquisition réhabilitation, plutôt que de continuer comme avant, c’est-à-dire d’entropiser des surfaces vierges.

    Cela va-t-il suffire ?

    S. B : Alors il faudrait qu’on ait pendant 5 ans ce rythme qui se maintienne pour qu’on arrive à diminuer les files d’attente et à faire que les plus nécessiteux de nos concitoyens puissent trouver plus rapidement des logements sociaux.

    Dans cette année d’élections municipales, après les différentes plaintes mettant en avant des fraudes supposées à Toulon dans le quartier de la Beaucaire en 2021, comment garantir cette fois l’entière honnêteté du scrutin ?

    S. B : C’est la responsabilité des services de la préfecture d’être un des acteurs majeurs de la sincérité du scrutin. Par les règles qui sont rappelées aux organisateurs du scrutin municipal que sont les mairies. Par les commissions de recours qui sont aussi organisées par la préfecture avec la présence de magistrats. La fraude est intolérable en la matière car c’est notre constitution démocratique en elle-même qui est remise en cause. Je suis très déterminé à ce que l’équité dans le scrutin puisse être absolument respectée. Depuis que je suis arrivé, on a instauré une lettre numérique qui, tous les quinze jours, est adressée aux maires. C’est pour nous un des outils majeurs de diffusion des règles à tous les maires qui vont organiser l’élection. J’ai l’occasion d’en rencontrer de différentes sensibilités qui viennent me faire part de leurs craintes. L’occasion de leur rappeler, par exemple, que la présence de scrutateurs dans les bureaux de vote est absolument essentielle. Et qu’il y a des règles de base de fonctionnement d’un bureau qui doivent être répétées à ceux qui président, à ceux qui scrutent, à ceux qui sont observateurs dans les bureaux de vote, et dont la discipline est la garantie fondamentale de la sincérité du scrutin.

  • Les impacts de la base navale sur les populations

    Les impacts de la base navale sur les populations

    Durant la réunion du Comité d’information qui s’est réuni en préfecture le 8 janvier, le sujet de l’application du plan particulier d’intervention nucléaire du port militaire, et la mise à disposition en juin dernier des comprimés d’iode dans les pharmacies des communes concernées, ont été abordés. La FNE remerciant pour cette « étape importante qui a été appréciée ».

    Mais des précisions ont été demandées au niveau de la surveillance radiologique, en précisant que l’autorité de sûreté pour la surveillance des sites civils demande l’installation de stations de mesure à la périphérie des sites suivant les points cardinaux et sous l’influence des vents dominants. L’océanographe Dominique Calmet relevant que les stations de la base navale sont installées au Nord, à l’Est et l’Ouest du site mais qu’aucune pour l’heure n’est installée au Sud, dans l’axe du Mistral, à Saint-Mandrier.

    Les autorités ont expliqué que l’installation d’une balise de surveillance en territoire civil relève de l’Autorité de sûreté nucléaire mais que le sujet reste à l’étude.

    Le responsable associatif a rappelé également l’accident survenu sur le chantier de refonte d’un appontement de la zone Milhaud, le 18 août dernier, au cours duquel quatre salariés d’une entreprise sous-traitante de la Défense présents sur une barge ont été blessés. Parmi les causes envisagées, l’explosion d’un obus datant de la Seconde Guerre mondiale dans les sédiments.

    Risques neutralisés ?

    « Si cette hypothèse est confirmée, un risque d’explosion d’anciennes munitions existe donc pour les navires à propulsion nucléaire à quai ou manœuvrant à proximité des quais », s’inquiète l’APE.

    Ce que l’on sait c’est qu’une enquête technique est en cours et qu’« il n’y aura pas de reprise des travaux dans cette zone avant d’en connaître les conclusions ». Mais qu’« il n’y a eu aucun impact sur les activités nucléaires du port ».

    L’autre sujet important évoqué par Dominique Calmet concerne les épaves toujours présentes le long du littoral du site de stockage des hydrocarbures du Lazaret. Une mise en œuvre, comme cela a été fait sur la partie civile, très attendue a précisé Dominique Calmet en pointant que la zone de ces échouages se trouve à proximité des tables de mytilicultures et piscicoles ce qui présente une menace de pollutions chimiques.

    Là encore la réponse a été rassurante avec une action qui devrait être réalisée rapidement.

  • Le tribunal confisque la cave louée à un précaire à Marseille

    Le tribunal confisque la cave louée à un précaire à Marseille

    Un agent immobilier et sa SCI ont été reconnus coupables de soumission de personne vulnérable à des conditions d’hébergement incompatibles avec la dignité humaine et refus de relogement du jeune occupant de la cave située 48 rue Curiol (1er) à Marseille, définitivement interdite à l’habitation par arrêté préfectoral d’insalubrité.

    Christian Castel, 67 ans, qui avait boudé son procès et n’était pas non plus présent, mardi, au délibéré, a écopé de 2 ans de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende. Son bien immobilier est confisqué. Il lui est fait interdiction d‘acheter tout bien immobilier à usage d’habitation pendant trois ans. La SCI dont il est le gérant est condamnée à 20 000 euros d’amende mais avec sursis. La Ville, partie civile dans les procès d’habitat indigne, se voit allouer 1 000 euros au titre du préjudice moral et 1 500 euros pour ses frais de justice.

    « Il devait être aux abois »

    S’assurant une rentabilité de 25%, le propriétaire louait 300 euros par mois dont 20 euros de charge et 40 euros d’électricité depuis 4 ans cette cave humide achetée en 2010 pour 15 000 euros et pourtant décrite dans le règlement de copropriété comme un « local indépendant à usage commercial ». Le lot de 17 m² était composé d’une pièce principale de 9 m² et d’une salle d’eau de 2,6 m², équipé d’une petite fenêtre en soupirail donnant à même le trottoir de la rue. Après signalement par le syndic aux autorités, un arrêté préfectoral d’insalubrité a été pris le 13 novembre 2024 interdisant définitivement ce « local impropre à l’habitation compte tenu de l’éclairement naturel insuffisant ». Le bail indiquait mensongèrement que le local faisait 30 m² et présentait la location comme meublée alors qu’aucun meuble n’était fourni, mis à part un chauffage, une plaque et un petit frigo.

    Pour le tribunal, la vulnérabilité du locataire est patente, s’agissant d’un jeune homme de 22 ans en grande précarité sociale et économique, arrivé seul et mineur en France et auparavant logé dans des foyers d’urgence. Le propriétaire ayant même déclaré en audition « il devait être aux abois pour prendre quelque chose comme ça ». Après un passage en hôpital psychiatrique, le jeune a été relogé par un bailleur social.

    Christian Castel est propriétaire de 9 logements en plus du sien. Il tire de son patrimoine un revenu locatif de 3 660 euros par mois. La police a visité trois de ses logements rue Fortuné-Jourdan, rue Sainte-Thérèse et rue Docteur Laennec notant que certains d’entre eux étaient « proches de l’insalubrité ». Il est par ailleurs l’objet d’une enquête pour la location d’une autre cave au 100 rue Saint-Savournin frappé aussi d’un arrêté d’insalubrité et où vivait jusqu’à 4 migrants. L’année 2025 a connu un regain de prise d’arrêtés préfectoraux d’insalubrité dans les Bouches-du-Rhône. L’analyse de 140 des 187 arrêtés publiés à ce jour au recueil de la préfecture permet de préciser que 89 arrêtés engageaient la procédure à l’encontre de propriétaires sur tout le département dont 43 à Marseille. 44 arrêtés ont acté la fin de la procédure après constat de travaux réalisés ou de démolition. Sept arrêtés ont prononcé des astreintes jusqu’à 200 euros par jour.

  • Déjà 50 SDF mis à l’abri du froid au stade Vallier de Marseille

    Déjà 50 SDF mis à l’abri du froid au stade Vallier de Marseille

    Dimanche, 39 hommes sans abri ont dormi sur ces lits de camp et 38 femmes et enfants qui étaient à la rue ont été hébergés en hôtel. » Au stade Vallier, Audrey Garino est venue faire un point avec les équipes partenaires du SIAO (Ville, Samu social, Croix Rouge et Direction des services de solidarité de la préfecture), soit une vingtaine d’agents qui se relaient sur l’accueil.

    Il est 10h30 et une dizaine d’hommes y sont encore à se réchauffer. « Il y a déjà 50 inscriptions pour la soirée, précise l’élue municipale (PCF) en charge de la solidarité. On reste ouvert au moins jusqu’à jeudi ou vendredi. » Dans l’ambiance feutrée dans ce gymnase réquisitionné, encore plongé dans l’obscurité, ils sont quelques uns à émerger des couvertures sur les lits de camp. La nuit a été dure. « J’étais depuis une semaine près des Docks, mais avec le vent qui traverse le duvet, on n’arrive plus à dormir », explique Maxime, 43 ans, agent d’entretien intérimaire, qui vit depuis quelques semaines dans la rue, après 3 ans d’hébergement « à droite, à gauche ». Il a fait la route depuis Toulouse avec Ludo, 51 ans, parti se resservir une tasse de café et embarquer une madeleine « pour reprendre des forces avant d’aller faire la manche ». Ils rejoignent Tony, marseillais « à la rue depuis trois ans » à une table. Tous sont chaudement vétus, mais ont encore du mal à se réchauffer.

    « Le 115 n’a pas de place »

    « La douche est glacée », regrette Ludo. Habitué du dispositif d’urgence, Tony les rassure : « Il y a toujours un temps de mise en route. Le disjoncteur pète, après ça va… » Gilles Aspinas, délégué (PCF) aux affaires sociales confirme : « Vous pouvez y aller, tout est rétabli. » Pour Ludo, « le problème c’est le manque de logements sociaux, à la base ». Comme les deux autres, il est célibataire « donc pas prioritaire. Alors difficile de se remettre en selle. D’autant que je me suis fait volé mes papiers ». Tony lui indique les agents à l’accueil : « Les services sociaux sont réactifs, ils vont t’aider. »

    Hamad s’avance sur ses béquilles pour demander « un gros sweat ». Emmitouflé dans une parka élimée et trop large, il décrit : « J’ai tout perdu d’un coup, mon logement, mis en péril. Mon boulot, mis en liquidation. » En un an et demi de rue, il n’a décroché « que des jobs au black, du coup, personne ne me loue ». Comme les trois autres, il « refuse de squatter ». Depuis, sa « bascule », il a tenté comme les autres « le 115, à de nombreuses reprises, mais il n’y a jamais de place ».

    En novembre dernier, durant la première vague de froid de cet hiver, Vallier a abrité 81 personnes. Ces ouvertures récurrentes restent temporaires. Un manque de places structurel sur lequel la Ville alerte depuis des années les services d’un gouvernement loin de son objectif « Zéro SDF ».

  • Baptême du feu arrosé pour la nouvelle préfète de l’Hérault

    Baptême du feu arrosé pour la nouvelle préfète de l’Hérault

    Pour les représentants de l’État qui changent régulièrement de poste, les prises de fonction sont souvent des marronniers sans grand intérêt. Celle de Chantal Mauchet n’a rien eu d’un parcours de santé. Entre les fortes intempéries et la crise bovine, l’ancienne préfète de l’Ain a connu un baptême du feu mouvementé, lundi 22 décembre.

    Un département en vigilance orange pluie/inondations/orages, des cours d’eau en vigilance rouge, des dizaines de routes barrées, une centaine d’interventions des secours à coordonner, 3 000 foyers privés d’électricité à Montpellier ou Palavas… Sans oublier, en parallèle, la vaccination d’une douzaine d’élevages dans 18 communes avec l’appui de la Chambre d’agriculture et du Sdis. Au lieu des cocktails de bienvenue, les premiers jours de Chantal Mauchet ont été consacrés à gérer les urgences. « Les vaccins sont arrivés et disponibles, cela va aller très vite », a-t-elle promis pour rassurer les éleveurs dont les bovins sont sous la menace de la dermatose nodulaire contagieuse.

    Pour avoir été en contact avec des responsables agricoles, Chantal Mauchet promet de garder un œil attentif sur la conchyliculture qui « pourrait souffrir des pluies abondantes ». Se sachant dans une région viticole, elle assure vouloir mettre en place le plan d’urgence du gouvernement.

    « Ferme »

    sur le narcotrafic

    Nommée en Ariège (2018) puis dans le Tarn-et-Garonne, l’énarque de 61 ans titulaire d’une maîtrise de droit et d’une licence d’ethnologie, devient la première préfète de l’Hérault. « Je suis très honorée. Je tiens à faire vivre l’égalité, l’éducation, la prévention. Je veux déconstruire les stéréotypes, travail dès l’enfance mené par l’Éducation nationale. » À moins de 3 mois des municipales, la représentante de l’État tient aussi à promouvoir la parité. « Parfois les femmes peuvent s’autocensurer sur les compétences, la gestion des temps. Je veux leur apporter une aide, un appui pour être candidates. »

    En ce début 2026, Chantal Mauchet va profiter des cérémonies de vœux pour aller à la rencontre des élus et forces vives. « Je suis pragmatique, j’aime aller sur le terrain. Je joue collectif, j’ai l’habitude de demander l’avis des services et je tiens à bien comprendre mon département pour ne pas prendre de décision hors-sol. »

    Il y a bien des sujets sur lesquels elle veut d’emblée s’affirmer. Le projet décrié de Contournement ouest de Montpellier (COM) va suivre son cours avec les fouilles puis le début des travaux fin 2026 ou début 2027. À l’instar de son prédécesseur François-Xavier Lauch, la nouvelle préfète promet « une grande fermeté contre le narcotrafic ». « Nous allons continuer d’agir sur le terrain contre ces criminels. » Les opérations anti-délinquance (ex-Places nettes) seront poursuivies, ainsi que les fermetures administratives d’épiceries véreuses ou le travail avec les bailleurs sociaux.

    Côté social, certaines manifestations continueront-elles à être interdites à Montpellier ? « Le principe est la liberté de manifester. Il peut y avoir des interdictions au vu du contexte. Le guide reste les risques à l’ordre public. » Enfin, sur le volet laïcité, reste à savoir si Chantal Mauchet sera plus ferme que ses prédécesseurs. Voilà des années que la préfecture n’attaque plus la Ville de Béziers de Robert Ménard qui installe une crèche de Noël dans la mairie. Une violation de la loi de 1905 déjà condamnée 7 fois en justice.

  • Les drones étendent leur surveillance sur le réveillon à Marseille

    Les drones étendent leur surveillance sur le réveillon à Marseille

    La tradition veut que l’on s’embrasse sous le gui pour le nouvel an. Les Marseillais, eux, pourront le faire sous le regard des drones. Ce lundi soir en effet, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône a autorisé leur déploiement pour surveiller tout le centre-ville de Marseille à l’occasion de la Saint-Sylvestre, de 17h jusqu’à 6h du matin. Vingt cités « concernées par des faits de violence urbaine » sont aussi ciblées, depuis la Castellane (16e) jusqu’à la Soude (9e) en passant par Air Bel (11e).

    C’est que le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a promis avoir donné des « consignes de fermeté et d’autorité » aux préfets. Dans les Bouches-du-Rhône, la préfecture de police annonce ainsi « plus de 2 000 forces de sécurité et forces de secours mobilisées », avec en particulier plusieurs compagnies de CRS déployées « dans les quartiers et zones les plus sensibles aux phénomènes de violences urbaines ». Des arrêtés interdisant la vente, le port et l’utilisation d’artifice ainsi que de contenants de carburants complètent le dispositif.

    « Certaines zones à surveiller sont dépourvues de caméras de vidéoprotection permettant une vue sur les différents points hauts présents sur les différentes cités », justifie la préfecture de police dans son arrêté autorisant le survol par drones. Elle craint que soient installés sur les toits des « objets dangereux pouvant mettre en péril la sécurité des effectifs amenés à intervenir », notamment des mortiers d’artifice. Et que les dégradations bloquent la circulation sur les grands axes.

    Plus de 250 arrêtés pris

    Le dispositif pourtant reste inédit pour un réveillon à Marseille. En 2023, le périmètre se cantonnait aux environs de la Soude. La secrétaire d’État chargée de la Ville, Sabrina Agresti-Roubache, était allée à la rencontre des policiers de la division Sud à l’occasion de la Saint-Sylvestre. L’année suivante, six cités étaient cette fois visées. Sollicitée pour expliquer cette évolution au fil des ans, la préfecture de police indiquait, ce mardi, ne pas être en mesure de répondre. La veille, un arrêté similaire pris par le préfet de l’Ariège a pourtant été annulé par la justice, le juge administratif pointant « une atteinte grave et manifestement illégale au droit au respect de la vie privée ».

    L’arrêté pris pour Marseille, de son côté, prend bien le soin d’expliquer que les engins voleront à plus de 60 mètres de hauteur, « ne permettant pas ainsi une captation d’images à l’intérieur des habitations ». La préfecture de police est rodée à l’exercice : le 9 décembre, à l’occasion d’opérations coordonnées contre le narcotrafic (notre édition du 10/12), le cap de 250 autorisations a été atteint dans le département selon notre décompte, les trois-quarts pour Marseille. Seules un quart d’entre elles concernent directement la lutte contre les trafics, tandis que les mobilisations sociales sont de plus en plus visées.

    Circulation interdite sur le Vieux-Port

    Alors que l’Algérie affronte la Guinée équatoriale en Coupe d’Afrique des nations à partir de 17h ce 31 décembre, la préfecture de police a décidé d’interdire la circulation de tout véhicule motorisé le long du quai des Belges, craignant des rassemblements. Dimanche, la victoire des Fennecs fêtée par 800 personnes sur le Vieux-Port n’avait pas été anticipée, « nécessitant le déploiement inopiné d’un service d’ordre ». La circulation pourra reprendre « si l’état des routes le permet ».

  • La circulation interdite sur le Vieux-Port pour la Coupe d’Afrique des nations

    La circulation interdite sur le Vieux-Port pour la Coupe d’Afrique des nations

    Par un arrêté pris ce mardi 30 décembre, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône a décidé d’interdire la circulation de tous véhicules à moteur sur l’espace qui avoisine le Vieux-Port du 31 décembre à 18h jusqu’au 1er janvier à 2h. « Le résultat de certains matches engendre des réactions provoquant des rassemblements de plusieurs centaines de personnes notamment dans le centre-ville de Marseille », justifient les pouvoirs publics, alors qu’à 17h doit être donné le coup d’envoi du match Guinée Équatoriale – Algérie, à l’occasion de la Coupe d’Afrique des Nations.

    « Ces rassemblements s’accompagnent de l’occupation des voies de circulation ainsi que d’usages d’artifices de divertissement et d’articles pyrotechniques, dont des mortiers notamment utilisés contre les forces de l’ordre », cible la préfecture de police qui a déjà interdit leur achat et leur transport pendant la période des fêtes. Les forces de l’ordre n’avaient ainsi pas anticipé la victoire de l’Algérie contre le Burkina Faso dimanche, fêtée par 800 personnes « nécessitant le déploiement inopiné d’un service d’ordre ».

    «La réouverture des axes routiers concernés sera effective si l’état des routes le permet et qu’aucun obstacle à la circulation n’y est présent», conclut l’arrêté préfectoral.

  • Le plan grand froid activé en Vaucluse pour héberger les sans-abri

    Le plan grand froid activé en Vaucluse pour héberger les sans-abri

    « En raison des tensions sur les dispositifs d’hébergement d’urgence ainsi que des prévisions des températures ressenties en Vaucluse sur les prochaines nuits, le préfet de Vaucluse active à compter de ce jour les mesures d’accueil d’urgence : les capacités d’hébergement d’urgence ainsi que les dispositifs de veille sociale sont renforcés dans le département », indique la préfecture dans un communiqué édité vendredi.

    En premier lieu, un centre d’hébergement exceptionnel pour les sans-abri est mis en place à Avignon. « La maison municipale de Mérindol, située 15 rue Paul-Mérindol est mise à disposition par la Ville d’Avignon. Son activation au bénéfice des personnes en situation de vulnérabilité est permise grâce à la mobilisation des services de la Ville d’Avignon, du service intégré d’accueil et d’orientation (SIAO), de la Croix-Rouge, du Secours populaire aux côtés des services de l’État », souligne la préfecture. Cet accueil à destination des personnes sans-abri est ouvert chaque jour de 18h à 9h. « Une évaluation des besoins sera conduite par les services de l’État permettant le maintien de cet accueil jusqu’au radoucissement des températures », précise-t-elle.

    Appel à la vigilance

    De plus, en parallèle le SIAO va continuer d’assurer la coordination et le suivi des capacités d’hébergement d’urgence ainsi que l’orientation des demandes d’hébergement. Des effectifs du SIAO seront par ailleurs présents, aux côtés des bénévoles de la Croix-Rouge et du Secours populaire, au sein de la salle Mérindol. Et à la préfecture d’appeler « particulièrement les maires à la plus grande vigilance en cette période, en accueillant toute personne en difficulté qui leur serait signalée ».

    Les demandes d’hébergement ou le signalement de personnes en détresse est à signaler au 115, le numéro d’urgence joignable 24h/24 et 7J/7.

  • Marseille : à la Valentine, Auchan ne surveillait pas les légionelles

    Marseille : à la Valentine, Auchan ne surveillait pas les légionelles

    Une menace d’amende administrative pouvant s’élever jusqu’à 45 000 euros sous le sapin. En ce début de mois de décembre, les services de l’État ont adressé une mise en demeure à Auchan pour lui imposer la réalisation de prélèvements et d’analyses de ses tours aéroréfrigérantes, dans son hypermarché de la Valentine dans le 11e arrondissement de Marseille, afin de détecter la potentielle présence de légionelles.

    C’est que les agents qui ont contrôlé l’hypermarché de quelque 14 000 mètres carrés, le 23 septembre dernier, n’ont pu que constater que contrairement aux règles en vigueur, « suite au redémarrage saisonnier des tours aéroréfrigérantes en mai 2025, aucune analyse en legionella pneumophilia n’a été réalisée dans un délai d’au moins quarante-huit heures et d’au plus une semaine », relève l’arrêté préfectoral. C’est que les dernières analyses remontaient au 4 mai 2024. Soit depuis la fermeture de l’ancien Casino, repris par le groupe Mulliez. Or, cette bactérie qui se développe dans les circuits d’eau peut causer de sévères infections respiratoires, avec un taux de mortalité de l’ordre de 10%. En 2023, quelque 223 cas de légionellose ont été référencés en région Provence-Alpes-Côte d’Azur selon Santé publique France. De quoi justifier la mise en demeure, avant que la climatisation de l’immense hypermarché ne soit remise en service, pour le mois de mai prochain, même si les analyses réalisées le 16 septembre ne relevaient aucun risque.

    Mais le géant de la grande distribution n’est pas le seul à être visé. À Vitrolles, la société Provence huiles a reçu au début du mois une mise en demeure similaire, après une inspection réalisée le 30 septembre dernier, faute d’avoir révisé son analyse méthodique des risques de prolifération de légionelles depuis… quinze ans.

    70 contrôles réalisés

    C’est que la préfecture a voulu taper du poing sur la table. Une campagne de sensibilisation a ainsi été lancée cet été, sous l’égide de la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal), expliquent les services de l’État par communiqué ce mercredi. Près de 200 établissements ont ainsi été contactés au mois de juin, avant une opération de contrôle de grande ampleur pour 70 d’entre eux en septembre. « Plus de la moitié présentaient des non-conformités », pointe l’État. Avant de rassurer sur « une maîtrise globalement satisfaisante du risque ». À Marseille, ces inspections préconisaient notamment de mettre en demeure la municipalité pour qu’elle mette à jour l’analyse des risques aux Docks des Suds, et de lui prescrire des travaux à la Friche de la Belle de Mai. Des mises en demeure étaient également demandées pour la Nouvelle compagnie des détergents savons de Marseille à Sainte-Marthe (14e) et pour le syndic Michel de Chabannes, pour sa copropriété de la Riante (8e), où les seuils de concentration en légionelles ont été dépassés en juin 2024.

  • Des logements sociaux dans l’ancien chai Cazel à Septèmes

    Des logements sociaux dans l’ancien chai Cazel à Septèmes

    Le bailleur social Logis Méditerranée programme la création d’un immeuble de 20 logements sociaux et d’un équipement d’intérêt collectif à Septèmes-les-Vallons dans l’ancien chai Cazel jeune à l’abandon. Un projet de reconversion de ce vieux commerce de vin très attendu dans le contexte où la commune rattrape sa carence en logements sociaux avec un taux qui se situe déjà à 18% contre 25% attendus par la loi SRU.

    Cet ancien bâtiment a été racheté par l’Établissement public foncier Paca à la demande de la commune. Il est au cœur du centre ancien, le long de l’avenue du 8-Mai 1945. Ce n’est pas le premier projet porté par la commune qui a inauguré lundi dernier la fin de la réhabilitation de 20 logements sociaux répartis sur 6 sites du centre ancien. 9 autres logements sociaux seront encore livrés en décembre dans l’ancienne bastide Val Fleuri, chemin de la Bédoule.

    Pour l’ancien chai Cazel, il s’agit d’insérer dans ce bâtiment proto-industriel 12 logements sociaux, d’en créer 8 autres sur un nouveau bâtiment au sud, d’y adjoindre en rez-de-chaussée un local d’activité de 203 m² dont la destination et de créer 28 places de stationnements en sous-sol tout en conservant le jardin. « On réhabilite, on travaille sur les friches inutilisées » explique Sophie Celton (PCF), première adjointe. « On est aussi au démarrage de la reconversion de l’ancienne friche Duclos avec 350 logements attendus dont 40% de logements sociaux. Ce nouveau quartier va permettre d’éviter une dent creuse entre le centre-ville ancien et le quartier des Caillols. Et sur l’ancien chai, on garde l’histoire de ce bâtiment », se réjouit-elle. Dans quelle proportion conserver cette histoire ? Alertée par des habitants, Sites & Monuments a demandé au maire de retirer ce permis, certes purgé de tout recours, mais qui a enjambé allègrement trois avis défavorables consécutifs de l’Architecte des bâtiments de France (ABF) des 2 avril, 30 juin et 31 juillet 2025 qui ne sont même pas mentionnés aux visas de l’arrêté accordant le permis. Or l’ABF est en avis conforme pour cet édifice en covisiblité avec un monument historique, la cheminée-colonne qui domine la commune. Aussi, l’association a saisi la ministre de la Culture d’une demande d’instance de classement le temps de « trouver une solution alternative ».

    « La destruction de la toiture et de la façade nord de cet édifice à fort caractère patrimonial, alliant bâtiment proto-industriel et maison de maître, revenant à une démolition quasi totale, altérerait les abords proches de la cheminée-colonne dont elle est contemporaine », écrit en effet l’ABF dont le dernier avis concluait qu’« un projet de reconversion plus respectueux du caractère patrimonial et historique du lieu formant abords du monument historique serait susceptible de recevoir un avis favorable ».

    « On est au point d’équilibre entre la protection, les enjeux d’avenir et la forme urbaine », assure Patrick Magro (PCF), conseiller municipal délégué à l’histoire et à la mémoire locale. Il est à l’origine de la protection au PLUi de la façade et de la grille du chai. À ses yeux, le projet est dans « le respect absolu de la façade principale qui sera à l’identique de ce qu’elle était historiquement et aussi de la grille. Avec ce projet, on laisse une vraie trace de la mémoire. » Tant pis si la toiture et la façade arrière doivent être détruites. D’ajouter : « L’intégrisme ne vaut rien sur ces questions. On a sauvé cet édifice qui aurait pu devenir une ruine ou être livré au squat en le faisant protéger et acquérir par l’EPF pour du logement social. Et en plus on a pris la décision politique de ne pas artificialiser le jardin dans le respect total de l’objectif du zéro artificialisation nette. »