Tag: Préfecture

  • Un élu RN jugé pour son inscription frauduleuse sur la liste électorale

    Un élu RN jugé pour son inscription frauduleuse sur la liste électorale

    Comparution pathétique de Stéphane Simond, 55 ans, attaché parlementaire et suppléant du député des Bouches-du-Rhône José Gonzalez (RN). Dénoncé par un colistier de la liste Reconquête!, Stéphane Simond est accusé d’avoir conduit la liste RN aux municipales à Plan-de-Cuques (23,5% au premier tour) et d’avoir été réélu conseiller municipal en s’inscrivant frauduleusement, en novembre 2025, sur les listes électorales, alors qu’il demeurait à Allauch.

    Bien qu’ayant avoué aux enquêteurs « avoir fait un faux pour me présenter sur Plan-de-Cuques », l’élu RN a subitement rétropédalé, ce mardi. « J’ai dit aux enquêteurs ce qu’ils voulaient entendre. Ils m’ont mis la pression. Je disais “oui oui”. » Avant de narrer une fable : « C’est juste une boîte aux lettres pour recevoir ma nouvelle carte d’électeur que j’avais perdue le temps de trouver un appartement. J’étais par monts et par vaux. Je dormais un peu chez ma copine à Allauch, chez mes parents et à Paris », bredouille Stéphane Simond, décomposé à la barre. « Pourquoi n’avoir tout simplement pas demandé à vos parents, à Allauch, pour recevoir le courrier ? », tente la présidente. Prévenu d’avoir signé une fausse attestation d’hébergement, son ami Jean-Marc rame lui aussi : « J’ai pas l’habitude avec les policiers. J’ai bafouillé on va dire. Les élections, j’y comprends rien. J’ai pas pensé que c’était un faux juste pour une liste électorale. »

    « Il ment mal et éhontément. Toutes ses manœuvres lui ont permis de se faire réélire conseiller municipal ! Il a fait tourner en bourrique les agents de la commune et de la préfecture », proteste l’avocate de la commune de Plan-de-Cuques, qui l’a radié, depuis, des listes. « Ce type de comportement pollue la vie publique », dénonce Julien Pinelli, conseil de Jean-Pierre Courtaro, à l’origine du signalement et qui est un colistier du candidat Reconquête!, Jean Toselo.

    « C’est inquiétant d’être élu en se présentant sur un mensonge », résume la procureure Isabelle Candau, qui requiert 8 000 euros d’amende et 2 ans d’inéligibilité. Sa défense proteste : « D’une mouche on veut faire un éléphant. Il s’est trompé de procédure de changement d‘adresse en cliquant sur le mauvais onglet. On l’accuse même d’emploi parlementaire fictif ! Tout cela est de la fiction. » Délibéré le 8 juin.

  • L’état de la ressource en eau rassurant à l’approche de l’été

    L’état de la ressource en eau rassurant à l’approche de l’été

    À l’instar de ce qui est fait à travers le projet Var Bleu, le département du Var est mobilisé contre les risques de stress hydrique. C’est à ce titre que le Comité ressources en eau se réunit à intervalles réguliers, sous la direction du préfet du Var Simon Babre, pour réaliser un état des lieux. Un exercice important à l’approche de la saison estivale, qui s’est tenu jeudi 28 mai en compagnie des acteurs de la gestion de l’eau et de la sécheresse dans le département (services de l’État et établissements publics, élus, collectivités, usagers et associations).

    Le premier constat se veut rassurant : après une saison de recharge de l’hiver 2025-2026 excédentaire (+24% de précipitations, soit 775 mm pour 626 attendus), les nappes souterraines sont à un niveau satisfaisant. « Fin 2025, les nappes, notamment celles du centre Var, étaient déjà rechargées, et le niveau des nappes côtières était stable, un peu en dessous de la moyenne », explique Marc Moulin, hydrologue au Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM). « Il y a eu un tournant en décembre avec les crues spectaculaires du Gapeau, de la Giscle et de l’Argens, ce qui a conduit les nappes alluviales, situées sous les fleuves côtiers, à des niveaux plutôt hauts. »

    Pas de prévisions saisonnières fiables

    Comme en 2025, les trois premiers mois de l’année ont conforté cette tendance, notamment grâce aux nouvelles crues de février ayant placé les nappes « en position hautes à très hautes. On a désormais commencé la phase de tarissement », poursuit le scientifique, qui annonce « un étiage relativement modéré cette année. Comme on part de haut, on ne va pas arriver très bas, même si le tarissement est un peu précoce par rapport à d’habitude. » Et ce, malgré l’absence de pluie et des températures assez élevées depuis le début du mois d’avril.

    Mais avec des cours d’eau en baisse, il conviendra cependant de faire preuve de sobriété, annonce la préfecture, afin de restreindre tant que possible les mesures de restriction. D’autant plus que pour ce faire, on ne pourra pas vraiment compter sur les prévisions en termes de précipitations, celles-ci n’offrant pas « de tendances marquées à trois mois en Europe de l’ouest. Il y a trop d’incertitudes car nous sommes sur une zone de latitude moyenne », annonce Hélène Correa, responsable du service Prévision et Climatologie de Météo France sur la région sud-est.

    Ce Comité ressources en eau a aussi permis d’aborder la question de l’amélioration de la connaissance des prélèvements (près de 210 millions de m³ par an dans le Var) : 62% destinés à l’eau potable, 32% pour les usages agricoles et 6% pour d’autres usages économiques (golfs, ports, industries…). La Chambre de commerce et d’industrie a également présenté le programme ReS’Eau, qui accompagne les entreprises du tourisme vers la sobriété hydrique, du diagnostic des usages jusqu’à la mise en place d’actions concrètes.

  • [Entretien] Sophie Trochet : « Une attaque des libertés syndicales et d’expression » dans l’Aude

    [Entretien] Sophie Trochet : « Une attaque des libertés syndicales et d’expression » dans l’Aude

    La Marseillaise : Vous avez été reçue le 22 mai en préfecture. Quelle était votre requête ?

    Sophie Trochet : Faire remonter au préfet de l’Aude qu’on a besoin de faire légiférer de façon urgente sur le sujet des Bourses du travail. Cela peut se faire par décret ou ordonnances progressistes, comme pour la Sécurité sociale, pour sacraliser les Bourses du travail et Maisons des syndicats. Ce sont des locaux interprofessionnels qui ne sont pas prévus par le Code du travail. À minuit moins une avant la possible arrivée du RN au pouvoir, c’est une question de liberté d’expression et de liberté syndicale.

    Pourquoi le maire RN veut-il expulser l’UL et l’UD CGT ?

    S.T. : Tout est parti en avril d’une manifestation de jeunes contre l’extrême droite pour laquelle la CGT, FSU, Solidaires et la CFDT ont affiché leur solidarité. Le maire Christophe Barthès a annoncé couper nos subventions et nous expulser des locaux. Le 5 mai, on reçoit un premier courrier pour justifier de notre titre d’occupation sous peine de procédure d’expulsion à compter du 13 mai. Il se trouve qu’il y a eu un quiproquo. En 2023, au moment de signer une nouvelle convention avec l’ancienne municipalité, on leur avait signalé des travaux à réaliser, du coup ils ne nous l’ont pas envoyée et on ne l’a pas signée. Ceci dit, on a des archives de 1938 qui indiquent qu’on est là depuis 89 ans !

    Une Bourse du travail sans syndicat, quel intérêt ?

    S.T. : Le but d’une Bourse du travail est d’y loger les syndicats, d’avoir un échange de coordination, de faire de la formation syndicale, économique et sociale (obligatoire pour les élus CSE) et d’accueillir les salariés sans représentation syndicale (entreprises de moins de 11 salariés). Or, les très petites entreprises (TPE) forment la majorité du tissu économique de l’Aude. On a aussi les inspections du travail qui nous envoient régulièrement des salariés pour les aider à monter leurs dossiers aux prud’hommes surchargés. On héberge aussi plusieurs boîtes aux lettres d’associations et les précieuses archives de l’Institut de l’Histoire sociale de la CGT.

    Pourquoi la CGT est-elle la seule ciblée ?

    S.T. : La LDH l’a été aussi. C’est une bataille idéologique. La mairie RN se cache derrière une soi-disant absence de titre. En fait, la CGT dérange car elle affirme ses valeurs de solidarité envers tous les salariés en disant que le RN c’est l’inverse : le repli sur soi, la haine de l’autre, la division des travailleurs et c’est pro-patronat. On invite les citoyens à être curieux. Le RN a voté contre l’augmentation du Smic, des pensions, contre l’indexation des salaires sur les prix. Contre toutes les mesures qui pouvaient donner du souffle aux salariés et retraités. Sans parler que ce parti, fondé par des anciens de l’OAS, est issu du fascisme. Le RN fait même du révisionnisme. Le 1er-Mai, il fête Jeanne d’Arc plutôt que les luttes des travailleurs. S’ils peuvent virer la CGT, ils continueront. On ne lâchera rien.

    Quelle est la date butoir ?

    S.T. : Un courrier nous a signifié notre sortie au 1er juin. On a une intersyndicale solide*. On a fait un courrier commun aux ministres du Travail et de l’Intérieur qui demande à ce que l’État prenne le dossier à bras-le-corps contre cette attaque des libertés syndicales et d’expression.

    * Un rassemblement intersyndical s’est tenu devant la mairie jeudi 28 mai.

  • L’État et la Ville opposés à la fermeture de la poste de Pissevin à Nîmes

    L’État et la Ville opposés à la fermeture de la poste de Pissevin à Nîmes

    L’annonce a surpris tout le monde. Par un simple appel au directeur de cabinet de Vincent Bouget, la direction de la Poste a fait savoir qu’elle allait fermer le bureau de poste dans le quartier Pissevin. « La santé et la sécurité de ses collaborateurs et de ses clients sont une priorité pour la Poste, ce qui l’a amenée à fermer le bureau de Nîmes Debussy situé place Claude-Debussy depuis le jeudi 21 mai », précise le groupe dans un communiqué.

    Si l’insécurité à Pissevin n’est pas nouvelle, le quartier est pourtant plutôt calme ces derniers mois. Les agents de la Poste s’offusquent surtout des conditions de travail et notamment de l’insalubrité des locaux. « Les habitants du quartier sont invités à se rendre au bureau de poste de Nîmes-Cadereau, situé 6 rue de Verdun, où ils pourront retrouver leurs courriers et colis en instance, effectuer leurs opérations postales et bancaires habituelles, ainsi qu’envoyer leurs colis et lettres recommandées », ajoute le groupe.

    Si cette mesure a été présentée comme transitoire, certains s’inquiètent qu’elle vise plutôt à contourner le droit de veto du maire qui peut s’opposer aux fermetures de bureaux de poste. « En tant que maire, je ne peux pas accepter qu’une telle décision puisse être prise de manière unilatérale, sans avoir mis tout en œuvre pour trouver des solutions. Cet après-midi [le 21 mai, Ndlr], à l’initiative du préfet, une réunion a rassemblé tous les acteurs concernés. J’ai proposé de trouver une solution qui empêcherait la fermeture du bureau de poste de la place Debussy. Cette volonté, partagée par l’État, a conduit à l’organisation d’un nouveau rendez-vous mardi (26 mai) afin de trouver une issue favorable. Nous ne pouvons pas opposer les conditions de travail des salariés à l’accès au service public, pour toutes et tous, partout », réagit le maire Vincent Bouget.

    Un quartier abandonné

    Cette décision est particulièrement brutale pour un quartier qui assiste à la désertification de ses services publics. Ces derniers mois, Pissevin a en effet vu le départ de la médiathèque Marc-Bernard (même si une annexe a été ouverte en novembre dernier) et la création d’un commissariat dont les horaires ne permettent pas une présence renforcée dans un territoire qui en a pourtant cruellement besoin. La présence de médecins dans le quartier est également un problème récurrent. Face à cette situation, la préfecture du Gard s’est aussi rapidement positionnée contre la fermeture du bureau de poste. « Un bureau de poste qui disparaît dans un quartier qui a vu les fermetures successives de différents services publics constitue un coup supplémentaire pour ses habitants, pour les habitants de notre ville », confirme Vincent Bouget.

    Mardi 26 mai, c’est le centre social des Mille couleurs qui a appelé à un rassemblement devant le bureau de poste. Une cinquantaine de personnes ont répondu à l’appel, dont Vincent Bouget, venu rassurer la population quant à sa volonté de tout mettre en œuvre pour le sauver. « La mairie, l’État et toutes les structures sont contre la fermeture », confirme Frédéric Deschamps, cosecrétaire du PCF gardois. « Le redéploiement proposé par la Poste sur Valdegour et Cadereau ne résout pas le problème des 12 000 habitants de Pissevin. »

    « La réponse aux légitimes aspirations des personnels à de bonnes conditions de travail ne peut être la fermeture pure et simple. Il faut, au contraire, assurer et développer la présence de tous les services publics », a réagi de son côté la section communiste nîmoise. Si la réunion organisée mardi soir n’a pas encore permis de trouver une solution, le bureau de Vincent Bouget confirme que les discussions se poursuivent avec la direction de la Poste.

  • La fin de Carbon n’est pas celle du contournement

    La fin de Carbon n’est pas celle du contournement

    L’annonce de l’abandon du projet de giga-usine de panneaux solaire de Carbon, la semaine dernière, a immédiatement suscité l’inquiétude quant à la pérennité des aménagements annexes. En particulier le contournement autoroutier de Port-de-Bouc attendu depuis cinquante ans par les populations environnantes et défendu depuis par les élus locaux.

    Sollicitée après l’annonce de Carbon, la Préfecture de Région lève le doute en affirmant, mardi, que « l’abandon du projet Carbon ne remet pas en question les projets d’aménagement et d’équipements de la zone », tel que le contournement, jugés « indispensables à l’accueil de nouvelles industries comme à la transformation et au développement de celles existantes » par l’État.

    600 millions d’euros publics « sanctuarisés »

    Le contournement fait partie du projet partenarial d’aménagement délibéré en décembre 2025, associant la Région, le Département, la Métropole et le Grand port maritime de Marseille (GPMM). « Transports routiers et ferroviaires, desserte électrique renforcée : ces chantiers essentiels y demeurent pleinement inscrits », d’après les services de l’État en région. Au total, « ce projet sanctuarise plus de 600 millions d’euros de crédits publics pour les 5 prochaines années » à horizon 2030.

    Cet engagement n’est nullement entravé, insiste la Préfecture. « Malgré l’abandon de Carbon, la zone de Fos-étang de Berre demeure un site d’excellence nationale et européenne pour la décarbonation et le déploiement d’industries vertes » selon l’État, prenant en exemple les investissements de Marcegaglia à Fos pour 450 millions d’euros, ou d’Hynaero à Istres avec un milliard d’euros.

    Les travaux du contournement doivent débuter en 2027.

  • À Aubagne, une foule se dresse pour la gratuité des transports

    À Aubagne, une foule se dresse pour la gratuité des transports

    « Liberté, égalité, gratuité ». C’est le slogan qui sera retenu par l’assemblée générale d’habitants et d’élus du Pays d’Aubagne, réunis en masse mercredi dans la salle du Bras d’Or à Aubagne pour défendre un droit vieux de 17 ans. La gratuité des transports pour tous, en place depuis 2009 dans les 12 communes du Pays d’Aubagne et de l’Étoile*, pourrait en effet voir sa pérennité menacée par les finances serrées de la Métropole Aix-Marseille, en déficit de 123 millions d’euros. Un retour en arrière inenvisageable pour l’Association se déplacer en liberté (Asdel) qui appelait donc mercredi habitants et maires du secteur à se rassembler pour rappeler les effets positifs d’une mesure envisagée comme une « grande avancée sociale » par de nombreux élus locaux. « On ne parle pas d’une utopie mais bien d’un acquis social qui passera bientôt l’âge adulte, s’est ému Jean-Pierre Squillari, maire (DVG) d’Aubagne. La solidarité n’est pas une option, mais bien un devoir. Monsieur le préfet, vous ne toucherez pas à la gratuité [le maire s’adresse au préfet car la Métropole, refusant de voter un budget, est passée sous tutelle de la préfecture des Bouches-du-Rhône, Ndlr]. » Après un rapide rappel sur les modes de financements actuels de la gratuité en Pays aubagnais – permis grâce au versement mobilité, (notre édition du 26/05) –, de nombreux participants, citoyens comme élus, ont pu exprimer leur attachement à un service qu’ils considèrent comme répondant à un impératif de solidarité, de protection de l’environnement et de santé publique.

    Trois actions identifiées

    Surmotivés à conserver cet acquis, qui sonne plus qu’actuel au regard des conditions climatiques et de l’état du pouvoir d’achat français, les membres de l’assemblée ont identifié trois actions à venir. Parmi elles : une mobilisation le samedi 13 juin, au Pôle d’échanges d’Aubagne. L’Asdel est entre-temps chargée de rédiger une pétition qu’elle fera ensuite circuler dans toutes les communes concernées. Les mairies sont également invitées à manifester leur soutien à l’aide d’affichages prônant le message : « Liberté, égalité, gratuité ».

    * Aubagne, Auriol, Belcodène, Cadolive, Cuges-les-Pins, La Bouilladisse, La Destrousse, La Penne-sur-Huveaune, Peypin, Roquevaire, Saint-Savournin et Saint-Zacharie.

  • À Bel Ombre, tous les partenaires seront associés à la sauvegarde

    À Bel Ombre, tous les partenaires seront associés à la sauvegarde

    La défaillance du syndic de cette copropriété du 11e arrondissement et les lourdes dettes accumulées ont conduit à une dégradation du bâti et de graves dysfonctionnements qui ont conduit la justice à la placer sous administration provisoire, confiée à AJAssociés en 2023. Le 3 avril dernier, un plan de sauvegarde a été décidé par la préfecture en coordination avec les collectivités pour permettre d’engager des travaux d’urgence, notamment la remise en fonctionnement des huit ascenseurs qui desservent 16 étages.

    Plusieurs centaines de milliers d’euros ont été mobilisés par l’État, à travers en particulier des subventions de l’Agence nationale de l’habitat (Anah) mais la situation financière non redressée plombait l’avancée des travaux. L’État a donc engagé en mars une nouvelle étape avec la décision prise en avril d’élaboration d’un plan de sauvegarde. À cet effet, un opérateur, dont la désignation organisée par la Métropole est prévue à l’automne, sera chargé d’assurer un accompagnement portant à la fois sur les aspects financiers et le suivi des travaux.

    Le 19 mai, face à l’inquiétude des copropriétaires et locataires de la résidence qui ne voient pas d’amélioration dans leur quotidien, une réunion initiée par Isabelle Epaillard, préfète déléguée à l’égalité des chances, faisait un nouveau point d’étape sur l’avancement du dossier. L’Anah a accordé en octobre 2025, comme l’État s’y était engagé, rappelle la préfecture, « une subvention à hauteur de 50% du montant du devis de l’ascensoriste AMS proposé par les copropriétaires, soit plus de 700 000 euros ». L’administrateur a reçu l’agrément ainsi que l’avance de 70%, soit plus de 500 000 euros en janvier dernier. AJAssociés a lancé les appels de fonds auprès de l’ensemble des copropriétaires, « 3 580 euros en moyenne par copropriétaire, au lieu de 7 000 précédemment » précise l’administrateur. Cependant, AJA « n’est pas en mesure de signer les devis faute de fonds suffisants, seuls 19 copropriétaires sur 247 ont versé leur quote-part à date, soit 70 000 euros », indique la préfecture.

    Des procédures longues

    Auxiliaire de justice, le cabinet AJA est le seul en capacité de représenter juridiquement la copropriété, de rendre compte de sa gestion et d’engager des décisions opérationnelles. Parmi les copropriétaires, 64% sont bailleurs contre 36% occupants. « Mais nous sommes aujourd’hui tous coincés, or nous refusons de laisser sombrer Bel Ombre, de laisser les marchands de sommeil et le deal s’emparer de nos immeubles, comme c’est le cas dans d’autres copropriétés dégradées », plaide Yoann Titous, porte-parole de 130 signataires d’une pétition pour exiger des réponses d’urgence et être associés au comité de suivi du plan de sauvegarde.

    « Ces copropriétés présentent des dysfonctionnements depuis des décennies. Cela témoigne d’une fragilisation sociale sur un temps long de certains copropriétaires qui n’ont pas eu les moyens d’assumer leurs responsabilités d’entretien de leur bien, souligne la préfecture, ces renoncements aboutissent à un mur des investissements pour remettre aux normes les équipements qui se conjugue à un mur des impayés des charges ».

    Pour désenrayer la spirale, « nous voulons la transparence sur les devis car il y a un écart énorme entre celui présenté par AJA et ceux des copropriétaires et c’est en raison de ce désaccord que les fonds n’ont pas été réunis », objecte Radhouane Ouachani, membre de LFI, en soutien à l’association Préservons Bel Ombre qui réunit 148 propriétaires et locataires, sur 233 appartements. La transparence sera faite, s’est engagée Isabelle Epaillard.

  • À Eurenco Sorgues, les gendarmes évacuent les grévistes

    À Eurenco Sorgues, les gendarmes évacuent les grévistes

    En conflit social (avec FO) depuis plus de quatre mois avec la direction d’Eurenco pour, entre autres, des augmentations salariales, une dizaine de militants du syndicat, qui manifestaient contre le licenciement d’un salarié syndiqué, ont été évacués de l’entrée du site ce mercredi 20 mai par des gendarmes vers 17h après avoir été contactés par la direction de l’entreprise, pour laisser entrer des camions devant les livrer. La section vauclusienne du syndicat et sa secrétaire générale, Laurence de Villèle, dénoncent dans un communiqué ce jeudi 21 mai « une répression syndicale inacceptable ainsi qu’une atteinte au droit de grève ».

    Alors que la préfecture de Vaucluse assure que des camions, en attente depuis 7h du matin, « transportaient des matières dangereuses qui devaient impérativement entrer sur le site », la CGT condamne cette décision « instrumentalisée par la direction d’Eurenco, décomplexée face à des travailleuses et travailleurs qui luttent pour des augmentations de salaires et contre la criminalisation de l’action syndicale ».

    Une lettre ouverte au préfet a également été adressée ce 21 mai. Tout en dénonçant des décisions de l’entreprise, comme les sanctions de salariés, comme constituant « une mesure de discrimination et de répression syndicale », elle regrette le manque d’échanges avec la préfecture. « Nous constatons avec colère qu’alors que le patronat semble bénéficier d’une écoute attentive des services de l’État, l’Union départementale CGT de Vaucluse n’a, pour sa part, jamais été reçue par vos services malgré de multiples demandes de rendez-vous restées sans réponse », pointe le syndicat dans sa lettre ouverte. Et estime que le rôle de l’État « ne peut être de soutenir implicitement des pratiques antisyndicales ni de participer à la répression d’un mouvement social légitime ».

  • Pour l’emploi, la CGT appelle à la mobilisation

    Pour l’emploi, la CGT appelle à la mobilisation

    « On part en croisade pour l’emploi. » Ce lundi, Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13, donne le ton des échéances à venir pour son organisation.

    Et autant dire qu’elle va prochainement avoir plusieurs fers au feu. « Il y a urgence à agir face à tous les plans sociaux qui se multiplient dans le département. On ne laissera pas les Bouches-du-Rhône devenir une zone qu’axée sur les emplois tertiaires du tourisme », campe le syndicaliste, le ton grave. Une inquiétude qui ne vient pas de nulle part mais bien d’incertitudes concrètes autour de l’avenir de sites de plusieurs industriels phares du département : « Il y a des menaces particulièrement visibles, qui concernent des dossiers industriels tels qu’ArcelorMittal, Kem One ou Fibre Excellence, avec des milliers de salariés menacés directement. » Trois usines d’importance pour le département et les filières qui dépendent de leur production respective (lire nos articles du 30/03, 02/04 et 27/04). « Arcelor, c’est 20 000 emplois directs et indirects. Fibre, c’est 5 000 emplois induits… », calcule François Canu, secrétaire de l’UD CGT 13, pour donner un ordre de grandeur.

    « Monter le rapport

    de force »

    D’autant qu’il faut aussi ajouter « des suppressions d’emplois moins visibles » « Dans le commerce avec la location-gérance qui aboutit à la perte des deux tiers des effectifs par magasin, dans la fonction publique avec des non-renouvellements de postes… », énumère Marc Pietrosino.

    L’UD CGT 13 met aussi le curseur sur deux collectivités territoriales en difficulté financière : « Il y a la situation très particulière de la Métropole Aix-Marseille qui n’a pas voté son budget mais qui emploie 1 200 contractuels… Sans être alarmiste, on est inquiets pour leur avenir. » « Et le Département qui réduit son budget de plus de 10% pour la protection sociale, c’est un autre mauvais signal », ajoute François Canu. L’organisation évoque aussi le cas de la Coopérative de presse et de messagerie méditerranéenne (CPMM) qui s’inquiète de sa viabilité économique à terme au regard de « l’absence d’aides de l’État ».

    En résumé, la situation économique décrite par la CGT est particulièrement terne. « On a déjà 200 000 demandeurs d’emploi localement selon les chiffres de France Travail », s’alarme Marc Pietrosino. D’où la volonté de relancer un processus de mobilisation autour d’un triptyque revendicatif cher à la CGT : « Vivre, travailler
    et vieillir dignement dans les Bouches-du-Rhône.
     »

    Concrètement, l’organisation affiche sa volonté de mettre les bouchées doubles d’ici la saison estivale. « On commence avec une action dès le 21 mai, avec une mobilisation devant le Medef local. On va l’interpeller, il a sa responsabilité dans la situation actuelle », annonce le secrétaire général. Après des interpellations de la préfecture et de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI), l’objectif est donc de viser le patronat. « La restructuration du monde du travail est impulsée par le patronat, l’emploi ne peut plus être la variable d’ajustement des comptes d’exploitations », juge Marc Pietrosino. Avant de développer le calendrier : « On déclinera avec d’autres actions sur le territoire par la suite. Ce mardi, on a une réunion à l’Union locale de Fos-sur-Mer avec plusieurs acteurs. »

    Quid de mouvements de grève à venir ? « Plusieurs acteurs sont déjà partants pour monter le niveau du rapport de force. Des actions de grève d’ici fin juin dans la zone ont été évoquées », répond François Canu, secrétaire de l’UD. Avant de résumer le plan : « On va solliciter tous azimuts les acteurs politiques et économiques. »

  • Un bar continue d’exploiter un rooftop illégal à Malmousque

    Un bar continue d’exploiter un rooftop illégal à Malmousque

    Le bar Pigment au 237, corniche Kennedy (7e) persiste depuis septembre dernier à ouvrir un rooftop non autorisé mais très médiatisé sur les réseaux sociaux à l’approche de la saison estivale. Une dizaine de copropriétaires et riverains ont saisi la justice et les élus sur la persistance de cette exploitation illicite.

    Les plaintes s’amoncellent auprès des élus et des services et jusqu’au procureur de la République. « La clientèle et le personnel empruntent les parties communes, couloir et les escaliers de la copropriété. On a vu des clients pénétrer dans nos cours et jardins. Un week-end, plus de 40 personnes occupaient simultanément le rooftop », dénonce le collectif. Au-delà des nuisances engendrées, les enjeux de sécurité publique sont prégnants : quid de la résistance d’un toit non conçu pour supporter les charges d’un public important, l’absence d’issues de secours signalées, de dispositifs anti-incendie et ce « service de douches » proposé à la clientèle ?

    « On a toutes les autorisations nécessaires de la Ville et de la Préfecture sinon vous vous doutez bien qu’on n’ouvrirait pas », répond crânement Benjamin Honnorat, le gérant joint vendredi. « Je montre tous les documents à la police municipale quand elle est appelée chaque semaine par les voisins et ça se passe très bien. Il n’y a aucun sujet », coupe-t-il.

    « L’accueil de public est strictement interdit »

    L’exploitant, locataire du bar au rez-de-chaussée, n’a en réalité demandé aucune autorisation d’urbanisme pour démolir deux cabanons sur le toit, retirer deux puits de lumière, poser des garde-corps et procéder à un changement d’usage privatif en exploitation commerciale. Dès l’ouverture en septembre, le service de l’urbanisme a dressé un PV d’infraction et saisi le Parquet. Le bar « Pigment » n’a pas davantage d’autorisation de la commission communale de sécurité pour utiliser ce toit en extension du bar. Il a été mis en demeure par la Ville dès le 25 septembre 2025 qui lui a signifié « l’interdiction d’accueillir du public sur le toit-terrasse ». Après un avis défavorable le 9 décembre à sa demande de mise en conformité « en raison d’un défaut d’accessibilité », le bar a déposé une nouvelle demande qui est à l’instruction. « L’accueil de public sur le toit-terrasse est strictement interdit », lui a signifié en caractère gras et souligné la conseillère municipale déléguée à la commission communale de sécurité et des périls, Laure Rovera, dans un courrier du 5 mai notifié par la police municipale cette semaine. Il fait suite à une nouvelle alerte de la maire de secteur Sophie Camard inquiète d’un « effet d’entraînement » sur d’autres exploitants. « L’exploitant engage sa responsabilité pénale en cas d’ouverture au public » a nous a précisé hier la Ville.

    « C’est une terrasse privée d’appartement ouverte au grand public sans autorisation. L’accès se fait par les parties communes d’un immeuble d’habitation bourgeoise. Le règlement de copropriété n’autorise pas d’activités commerciales ou professionnelles dans les étages », résume l’avocate du syndicat des copropriétaires, Me Hinde Kalai qui affute une assignation en référé.