Tag: Préfecture

  • [Incendies] Christian témoigne de ses difficultés à (se) reconstruire

    [Incendies] Christian témoigne de ses difficultés à (se) reconstruire

    Tout en haut de la montée Pichou, une vue à couper le souffle sur la mer… Et des collines toujours noircies après le passage des flammes, voilà un an déjà. C’est là qu’habite Christian Apercé. De sa petite maison de 50 mètres carrés au sol il ne restait rien que quatre murs noircis. « On a évacué avec ma femme et nos petits-enfants. Je suis toujours perturbé, en colère, parce que j’estime que ma maison n’aurait pas dû brûler », nous confie-t-il ému.

    S’il a eu « la chance » de pouvoir être logé par sa famille puis de trouver un appartement meublé en location au Rove, il aura passé l’année à se battre avec les assurances. « C’est un véhicule qui a brûlé qui a provoqué l’incendie, on a notre assurance en première ligne, qui rembourse en principe les frais de la maison, mais pas tout », explique-t-il. Et pour ce qu’elle ne prend pas en charge, c’est avec celle de « la voiture, la Métropole, la commune des Pennes Mirabeau, du conseil départemental » qu’il faut traiter. Malgré six réunions, le chiffrage des dégâts est repoussé « en novembre, puis décembre, janvier, février » poursuit-il, « et là, je l’ai eu dernièrement au mois de juin. » Problème : il n’est pas d’accord. Pour lui il manque 50 000 euros…

    Des normes drastiques

    Car sa maison, située en zone rouge, nécessite des mises aux normes drastiques. « Certains postes n’ont pas été pris en compte pour la reconstruction », précise Christian, comme l’installation d’un écran entre les tuiles et la charpente pour éviter l’embrasement ou des volets capables de résister une demi-heure au feu.

    Membre de l’association des victimes de l’incendie qui rassemble selon lui 200 personnes, il attend toujours le compte rendu de l’intervention des pompiers pour savoir ce qui s’est passé ce 8 juillet 2025, estimant que les réponses de la préfecture ne sont « pas très claires. » « Pourquoi les pompiers ont mis tant de temps à venir ? Pourquoi on n’a pas eu les canadairs ? Pourquoi nous a-t-on confinés ? Une voisine a cru mourir dans sa cave ! », déroule-t-il dans un souffle. Il raconte les gens qui ont éteint avec des seaux plongés dans la piscine, cette voisine qui a été brûlée par le nuage de cendres chaudes… « Et pendant qu’on cramait, Monsieur le préfet félicitait ses troupes », s’indigne-t-il.

    Durant 20 ans, il a sensibilisé sur les risques incendie avec son association environnementale. « On a mis des citernes dans la colline autour, elles n’ont pas servi. Tout ça pour ce résultat catastrophique… », se désole-t-il. Ce qui le fait tenir, c’est la solidarité. « On sent qu’il y a des liens très forts, des copains que je n’avais pas vus depuis longtemps m’ont recontacté », raconte-t-il. Malgré les incendies qui ont de nouveau démarré cette année, il n’a « pas peur ». Et pense réintégrer ses pénates en début d’année prochaine, « si ça se passe bien… ».

  • À Montpellier, des associations réclament des mesures pour les personnes sans-abri

    À Montpellier, des associations réclament des mesures pour les personnes sans-abri

    Être à la rue, ça peut tuer. C’est vrai aussi en été », alerte une pancarte. Mardi 30 juin, à la mi-journée, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées sous un soleil de plomb devant la préfecture de l’Hérault, à Montpellier, pour interpeller les pouvoirs publics sur la situation des personnes sans-abri durant les périodes de chaleur intense, mais aussi pour pointer les défaillances structurelles de l’État en matière d’hébergement d’urgence, alors que le nombre de personnes sans logement explose.

    « En 2002, l’Insee recensait 120 000 personnes à la rue en France. 20 ans plus tard, ce nombre a pratiquement triplé, puisque la Fondation pour le logement dénombrait 350 000 personnes sans logement en 2025 », illustre Cécile, de l’association Droit au logement (DAL) Montpellier. « C’est le résultat de choix politiques faits depuis des années, qui précipitent une fraction croissante de la population dans la rue. La crise du sans-abrisme est liée à celle du logement. » Selon les associations mobilisées, « au moins 1 000 personnes » seraient actuellement sans-abri à Montpellier et 34 seraient mortes dans la rue l’année dernière. « Ça fait une personne tous les 11 jours ! », insiste la militante du DAL. « En France, l’espérance de vie de quelqu’un qui a connu la rue est de 49 ans. C’est dérisoire », renchérit Gilles, du collectif contre le sans-abrisme.

    Pas plus qu’en hiver, la vie dans la rue n’est soutenable en été, par des températures de plus en plus caniculaires et régulières. « Pour une personne sans-abri, une vague de chaleur n’est pas un simple inconfort, c’est un danger : déshydratation, épuisement, aggravation des pathologies et, dans les cas les plus graves, décès », liste Gilles.

    « Combien faudra-t-il encore de morts ? »

    « Il y a quelques jours, je faisais la manche vers le centre commercial du Polygone, et j’ai un fait un malaise », témoigne Alex, sans-abri montpelliérain présent au rassemblement. « Quand on fait la manche, on est en plein cagnard. Mais on n’a pas le choix, il faut qu’on mange le soir… Parfois on se fait virer par la police, qui nous dit d’aller ailleurs. Alors on essaie de se mettre à l’ombre dans des parkings, mais la police nous vire encore… C’est épuisant. J’ai 35 ans, j’en fais 50… »

    « Le sujet de la canicule et des sans-abri n’est pas très médiatique, hélas. Il ne faut surtout pas qu’il y ait trop de personnes âgées qui meurent, car en 2003 ça a fait du grabuge, mais on ne se préoccupe pas vraiment des morts sans-abri. Il n’y a aucune statistique là-dessus  », dénonce Gilles. « On va attendre une vigilance orange voire rouge pour agir, parce qu’on ne sait mettre en place que de la gestion de crise. On attend qu’il y ait des catastrophes pour éventuellement trouver des solutions. Combien faudra-t-il encore de morts pour que les pouvoirs publics prennent la mesure de l’urgence ? », interroge-t-il. « Un nouvel épisode caniculaire est prévu dans les jours qui viennent. On exige des pouvoirs publics qu’ils prévoient des lieux d’hébergement de jour comme de nuit.  »

    Des mesures immédiates pour parer à l’urgence qui, insistent les associations mobilisées, ne doivent pas masquer le problème plus global des réponses apportées à la crise du sans-abrisme. « On rappelle que l’État a une obligation légale d’hébergement d’urgence inconditionnel. Or le dispositif d’hébergement d’urgence est notoirement insuffisant depuis des années. Mais au lieu de créer des places, leur nombre baisse, au contraire  », relate Cécile, qui dénonce « une politique de cruauté sociale. Aujourd’hui, on souhaite visibiliser les conséquences de ces décisions. On est venu demander des comptes à la préfecture, qui n’a pas donné suite à notre demande d’audience », déplore la représentante du DAL. Les associations mobilisées ont également envoyé une lettre ouverte au maire de Montpellier et président de la Métropole Michaël Delafosse pour l’inciter à prendre, lui aussi, des « mesures d’urgence », comme ce fut le cas cet hiver avec l’ouverture, durant quelques jours, du gymnase Gambardella. Elles l’invitent également, fort de sa « compétence supplétive », à s’« attaquer de manière structurelle à cette situation en lançant un plan massif de mises à l’abri ».

    Amélie Goursaud

    « On essaie
    de se mettre
    à l’ombre dans des parkings, mais la police nous vire… »

  • Préfecture et Sdis mettent les bouchées doubles contre les feux

    Préfecture et Sdis mettent les bouchées doubles contre les feux

    « Notre département compte 470 000 hectares de forêt, soit un taux de boisement de 60%. Cette richesse est vulnérable. L’année 2025 a marqué une aggravation sensible du risque avec 196 incendies recensés, contre 120 en 2024. Et depuis le 1er janvier 2026, dix feux ont déjà été déclarés, sans compter ceux de ce week-end », a rappelé, lundi, la directrice de cabinet de la préfète, Fabienne Monmarson, avant de présenter le dispositif de prévention et de lutte contre les feux de forêt aux côtés du Sdis. « Notre climat devient plus sec et chaud chaque année », a complété Jean-Claude Castel, président du Sdis 04.

    « Les premières patrouilles ont été mises en œuvre dès ce matin, compte tenu du niveau de danger et de l’analyse qui a été faite hier soir », a annoncé le colonel Sylvain Besson, directeur départemental du Sdis. Il estime que « deux feux sur trois pourraient être évités » dans le département, entre « jets de mégots et travaux réalisés dans de mauvaises conditions ».

    Les pompiers ont ensuite mis en œuvre une démonstration d’intervention sur un feu en temps réel, à Cruis, sur la montagne de Lure, particulièrement sujette aux incendies. Ce sont les patrouilles de l’ONF qui sont les premières à intervenir sur le terrain, avant de passer le relais aux pompiers, qui ont des véhicules avec une capacité de stockage d’eau plus importante et des tuyaux beaucoup plus longs. Des renforts aériens peuvent également être demandés. Pendant ce temps-là, au poste de commandement, un tableau recense les victimes et les personnes confinées identifiées.

    Des drones équipés d’intelligence artificielle et de caméras thermiques permettent d’identifier des départs de feu et des points chauds résiduels parfois invisibles à l’œil nu, car enfouis à 20 ou 30 centimètres sous terre. Les pompiers peuvent donner des instructions très précises aux drones, comme trouver un véhicule d’une couleur bien précise, comptabiliser les piétons ou les voitures de manière automatique. Le drone mesure l’intensité et la température du feu en temps réel. Il envoie les coordonnées GPS précises du feu aux patrouilles, ce qui peut leur faire gagner 20 ou 30 minutes dans des secteurs difficiles d’accès. « L’usage de drones permet aujourd’hui d’envisager des solutions techniques pour détecter encore plus rapidement ces départs de feu », résume le colonel Besson. Ces dispositifs de la société toulousaine Menaps, surnommés Fire Eagle, seront expérimentés dans le département cet été.

    Les gendarmes interviennent ensuite sur place pour investiguer et trouver la cause du départ de feu. Ils cherchent à identifier le sens de propagation et cherchent des traces d’hydrocarbures. Ils grattent le sol et inspectent tout sur leur passage : végétation, insectes, escargots ou encore tissus imbibés d’hydrocarbures.

    Les pompiers de Manosque ont par ailleurs fait l’acquisition, il y a quinze jours, d’un véhicule « nouvelle génération avec près de 10 tonnes de charge pour la lutte » contre le feu.

    « Neuf feux sur dix d’origine humaine »

    « Neuf feux sur dix sont d’origine humaine, dont la moitié est liée à l’imprudence. Plus préoccupant encore, la malveillance est en forte progression et a représenté 16% des départs de feu en 2025. Les investigations de la gendarmerie, notamment par l’exploitation des indices et de la vidéoprotection à Forcalquier et à Riez, ont permis d’identifier et d’interpeller des auteurs. Tout acte de mise en feu volontaire sera recherché, identifié et poursuivi », a martelé Fabienne Monmarson.

    « Débroussailler dans un rayon de 50 mètres autour des habitations situées à proximité des massifs n’est pas qu’une obligation réglementaire. C’est le geste vital pour protéger sa famille et ses voisins », a rappelé la sous-préfète.

    Dans le département, ce sont les zones autour de Manosque et de Valensole qui sont les plus à risque.

  • Plus de 300 transats et matelas saisis sur la plage de La Ciotat

    Plus de 300 transats et matelas saisis sur la plage de La Ciotat

    C’est dans la matinée de jeudi que des agents de la Direction départementale des territoires et de la mer ont procédé à la consignation du matériel de plusieurs établissements situés sur la grande plage de La Ciotat, dans le cadre du recul du trait de côte (lire notre édition de vendredi).

    Dans un communiqué publié vendredi, la préfecture des Bouches-du-Rhône précise que « cette opération concerne environ 330 transats et matelas, ainsi que des parasols, tables, brise-vues et autres dispositifs de délimitation ».

    « Persistance

    de cette situation »

    Les services de l’état précisent être intervenus « afin de mettre fin à une occupation sans autorisation du domaine public maritime » après « plusieurs contrôles et demandes de mise en conformité restés sans effet ». Le 7 mai, les autorités constatent sur un espace de la grande plage de La Ciotat « relevant du domaine public maritime de l’État » une activité de location de matelas sans autorisation. « Face à la persistance de cette situation », malgré un avertissement verbal puis un mail début juin, restés sans réponse, le matériel a été saisi.

    La mairie de La Ciotat avait réagi dès jeudi, dans un communiqué, prenant « acte » de cette opération : « Afin de soutenir les personnels saisonniers et leur famille, la Ville a décidé de mettre en place une cellule d’accompagnement afin de soutenir les personnels saisonniers et leur famille. »

  • Tranquillité publique : régler les problèmes ensemble au commissariat

    Tranquillité publique : régler les problèmes ensemble au commissariat

    Dans la petite salle du commissariat du 12e arrondissement, c’est un peu l’effervescence ce mercredi matin. C’est là que tous les 15 jours se tient le « GPO » pour Groupe de Partenariat Opérationnel. Représentants des CIQ, des collectivités, de l’Éducation nationale, de la RTM et bien sûr police nationale et municipale se retrouvent pour évoquer les problèmes du quotidien rue par rue. Depuis la mise en place en 2018 de ces structures dans les Bouches-du-Rhône, pas moins de 7 600 réunions de ce type se sont tenues. « C’est un des départements qui fonctionnent le mieux », se félicite la préfète de police déléguée, Corinne Simon. Après une visite de terrain à la Viste (15e), elle est venue prendre la température dans les quartiers Est de la ville. Là encore, l’objectif reste le même : aller chercher l’information à la source, détecter les « signaux faibles » précise la préfète pour agir en conséquence sur la tranquillité et la sécurité publique.

    Cambriolages en baisse de 31%, nuisances sonores, stationnement plus qu’approximatif, jets de cailloux sur une école, dépôts de poubelles, barbecues nocturnes… On ne peut pas dire que le secteur soit franchement impacté par la délinquance reconnaît le responsable du commissariat qui mène les débats de main de maître. Mais cette approche microscopique trouve justement tout son intérêt dans la capacité à faire en sorte que tout le monde vive ensemble.

    « S’ils le pouvaient les gens iraient avec leur voiture dans la salle de sport ou sur le terrain de boules mais c’est vrai qu’en même temps se garer dans cette ville est devenu insoluble », commente un président de CIQ. Plus de ronde de la police municipale, PV dressés avec « discernement » sont autant de solutions évoquées.

    Éteindre le feu qui couve aussi. Quand un autre représentant des habitants signale l’installation d’un nouveau point de deal, le patron du commissariat prend de minutieuses notes. « Poursuivez ce travail de fourmi », incite la préfète, soulignant les bienfaits de toutes ces « interactions. »

  • Marché du Soleil : toute une fratrie au secours du patriarche

    Marché du Soleil : toute une fratrie au secours du patriarche

    « On n’est pas une famille de contrefacteurs », assure Théodore Dayan, 60 ans, accusé avec trois autres frères d’« avoir participé et profité à cet écosystème de contrefaçons » de Georges l’aîné et usé de moyens illégaux pour le sauver. « Ce n’est pas une gestion familiale, on a aidé chacun à son niveau dans la fratrie à sortir notre frère du problème. » Depuis trente ans, cet architecte tente de mettre aux normes ce marché qui depuis juin 2008 cumule les arrêtés municipaux de fermeture jamais appliqués.

    « Tous ont essayé de faire jouer leurs relations »

    « Je n’imaginais pas que la contrefaçon avait pris cette ampleur. Pour moi c’est un problème uniquement de police », explique Théodore. « Il a fallu 200 à 300 policiers et gendarmes pour fermer le marché et vous pensez que mon frère, dans l’état où il est, aurait pu faire face à 170 commerçants qui ne sont pas là d’ailleurs aujourd’hui. C’est un procès de contrefaçons sans contrefacteur ! »

    Le président lui oppose une écoute de janvier 2026 où Théodore lance à Abdelhamid, un gardien du marché qui explique qu’il presse les commerçants de vider leur stock de contrefaçons : « Moi honnêtement s’ils font ça discrètement, je m’en fous, tant que c’est pas visible ! Moi ce que je veux c’est que ça ne se voit pas, c’est tout. » Que Leila Hireche, la gestionnaire soit accusée de prendre des commissions ? « J’en ai rien à foutre, honnêtement tant que le marché était ouvert et que les loyers rentraient ! », balance Théodore au téléphone.

    Solliciter l’intervention d’une agent de la préfecture s’inscrit dans cette mobilisation familiale pour sauver le marché. Six mois de fermeture préfectorale, c’est un million d’euros perdus ! « Je n’étais pas au courant », répond Théodore à la barre. « Chacun maladroitement ou naïvement a essayé de faire quelque chose. De toute façon, ce n’est pas une secrétaire de préfecture qui pouvait rouvrir le marché. » « Les frères ont tous entrepris de faire jouer leurs relations pour obtenir une réouverture anticipée », écrit l’enquêtrice des douanes.

    Michel Dahan, 69 ans, répond de trafic d’influence : la remise d’une enveloppe de 1 500 euros au domicile d’une fonctionnaire en arrêt maladie de la préfecture, Zoubida Kerbadou, 66 ans, qui l’avait déjà aidée, pour qu’elle joue de son influence. « Elle m’a sorti d’un problème pendant le Covid, elle peut nous avoir un rendez-vous avec le préfet », dit-il sur écoute. À la barre, il est mal. « Je me suis fait beaucoup d’illusions. Elle me disait c’est en cours, c’est en bonne voie… La vérité, elle m’a baladé. Si ça avait réussi, on aurait mis le marché en gérance tout remis d’aplomb et viré tous ceux qui faisaient de la contrefaçon. »

    « Pour moi la corruption, c’est ce qu’a fait Sarkozy »

    Bernard Dahan, 72 ans, a retiré les 1 500 euros de sa banque. « J’ai pas réfléchi. On était vraiment perturbé. On a fait une grave erreur. Nous sommes des gens sérieux, sans casier. On est des commerçants tranquilles. Pour moi la corruption, c’est ce qu’a fait Sarkozy… »

    Absente au procès, l’adjointe administrative à l’intercommunalité avait nié en garde à vue avant d’être confrontée aux preuves. Sur écoutes, elle était prudente. « Moi je n’aime pas parler au téléphone, j’ai la misophonie, une maladie qui touche le conduit auditif, je ne peux pas rester longtemps au téléphone. Je préfère que les personnes passent chez moi pour discuter. » Elle était déjà intervenue dans le passé pour 200 euros comme intermédiaire d’un policier qui lui a empoché 13 000 euros pour arranger un titre de séjour à une clandestine qui au final n’a rien obtenu. « À la préfecture, y’en a beaucoup qui font des bêtises », entend-on sur l’écoute.

    Dernier frère jugé, William Dahan, 73 ans et sa SCI qui détient un lot de près de 1 200m2 du Marché du Soleil. Installé en Israël, il n’a jamais été entendu.

    Le réquisitoire de la procureure Anne Sophie Larrouy est attendu aujourd’hui.

  • À Avignon, un plan de sécurité et de santé pour les Festivals

    À Avignon, un plan de sécurité et de santé pour les Festivals

    « Les dispositifs ne sont pas fondamentalement différents, mais la vague de chaleur ajoute des enjeux particuliers », résume le préfet de Vaucluse, Thierry Suquet, lors de la conférence de presse de présentation des dispositifs de sécurité lors des Festivals Off et In, du 4 au 25 juillet.

    « Un événement qui reste exceptionnel et qui, en dépit de son âge, continue d’attirer énormément de monde », poursuit le préfet. Une période lors de laquelle 100 000 personnes arpentent chaque jour la ville. Cinquante policiers nationaux seront mobilisés en plus des policiers municipaux à l’occasion de la 80e édition du In et de la 60e du Off. Le plan Vigipirate « Alerte attentat » étant toujours activé, des militaires vont également patrouiller dans les rues de la Cité des Papes. La circulation sera également fortement réduite, avec un filtrage à l’entrée des remparts. Quatre portes seront même réservées aux secours.

    Un focus a également été fait sur la sécurisation des lieux de spectacles eux-mêmes. Les services des pompiers et de la Ville sont ainsi en train de contrôler chaque théâtre sur les normes incendie. Un sujet particulièrement surveillé depuis le drame de Crans-Montana, en janvier dernier.

    Vigilance canicule

    Un centre de secours va également être installé en intra-muros, avec la Croix-Blanche, et sera déployé de 12h à 2h chaque jour. Face aux craintes liées aux vagues de chaleur qui arrivent, Harold David, directeur délégué du Off, se veut rassurant en rappelant que « 95% des salles ont la climatisation ». L’ARS et à la préfecture soulignent que « les bons gestes à adopter en cas de fortes chaleurs seront rappelés systématiquement, comme porter une casquette, éviter l’alcool et boire beaucoup d’eau ».

  • Les syndicats alertent sur l’état des écoles du Vaucluse

    Les syndicats alertent sur l’état des écoles du Vaucluse

    Le syndicat l’Unsa Éducation du Vaucluse a demandé au préfet et au directeur académique la fermeture des établissements les après-midi des 22 et 23 juin, ainsi que des aménagements pour les oraux du baccalauréat et le brevet. Le rectorat d’Aix-Marseille répond que d’éventuelles fermetures seront décidées « au cas par cas », selon chaque établissement. Les municipalités de Mazan et Carpentras ont, elles, décidé de fermer les écoles maternelles et primaires lundi et mardi après-midi.

    Le président de la Région Sud, Renaud Muselier, assure que les lycées seront « opérationnels » pour accueillir les candidats au grand oral et aux oraux de français. Un constat que partage en partie l’Unsa Éducation. Si le syndicat estime que le bac pourra être maintenu grâce aux mesures anticipées, son secrétaire départemental, Olivier Montel, s’inquiète davantage des collèges, où le brevet approche, et des écoles primaires, souvent installées dans des bâtiments des années 1960-1970 devenus de véritables « passoires thermiques ». « Les conditions d’apprentissage des élèves et de travail des personnels sont dégradées, avec des salles dépassant les 30°C dès 8 h », alerte-t-il.

    À Avignon, le plan canicule est activé. Une veille est assurée auprès des établissements, des brasseurs d’air sont progressivement déployés et des casquettes ou gourdes distribuées si besoin assure la mairie. Les fermetures de classes ou d’écoles ne seront envisagées qu’« en dernier ressort ». FO réclame la communication du plan canicule de la Direction académique, rappelant avoir « frôlé des drames » lors des précédents épisodes et demande des mesures pour protéger les personnels. À défaut, le syndicat se dit prêt à appeler au droit de retrait. Olivier Montel appelle enfin à faire de « l’adaptation du bâti scolaire une priorité ».

  • Menace d’expulsion au 5, rue des Frères Pérez à Marseille

    Menace d’expulsion au 5, rue des Frères Pérez à Marseille

    Donnant suite à la plainte déposée fin octobre 205 par le nouveau propriétaire du 5, rue des Frères Pérez (2e), un arrêté préfectoral du 5 juin a mis en demeure des occupants de neuf logements d’évacuer dans un délai de 7 jours. La préfecture s’appuie sur l’article 38 de la loi Dalo qui est un accélérateur d’expulsion en cas d’effraction de logement.

    Certains occupants sont titulaires d’un bail de sous-location émis par « Un abri pour tous », une association dissoute en septembre 2023 que présidait l’ancien propriétaire. D’autres ont été régularisés par un bail du nouveau propriétaire. Quelques-uns semblent des squatters. Pour ajouter à ce tableau déjà complexe, l’immeuble dégradé est sous le coup depuis deux mois d’un arrêté de mise en sécurité, censé avoir suspendu les loyers. Or des occupants disent être sollicités pour verser le loyer.

    Pour autant, plusieurs habitants de cet ancien « hôtel social » de 25 studios (notre édition du 28 avril 2026) disent avoir été abordés par un individu se présentant comme un policier en civil, qui leur a signifié de partir, leur précisant que l’expulsion aurait lieu ce lundi. Cette menace d’une évacuation sauvage inquiète des associations et des avocats, de précédentes tentatives ayant déjà eu lieu ces derniers mois. Alertée par Me Antonin Sopena, avocat d’un requérant qui produit un bail, la préfète déléguée pour l’égalité des chances, Isabelle Epaillard, a indiqué qu’elle n’avait pas envisagé de recourir à la force publique ce lundi.

    L’avocat Antonin Sopena, qui défend un habitant, a prévenu la préfète du dépôt de son recours suspensif et l’a alerté sur ce qui serait une nouvelle forme d’intimidation et de manœuvre pour vider l’immeuble. « Une présence des forces de l’ordre lundi serait la bienvenue », estime l’avocat.

  • Marché du Soleil, le procès de la face occulte

    Marché du Soleil, le procès de la face occulte

    Le Marché du Soleil, c’était depuis 1987 un vaste bazar populaire de 3 500m2 dans le quartier de la Porte d’Aix. Il est fermé depuis six mois après une vaste opération des Douanes qui ont démantelé dans ce quadrilatère labyrinthique compris entre la rue du Bon Pasteur et la rue Fauchier, « une organisation structurée associant production, stockage et commercialisation massive de contrefaçons ».

    En tête d’affiche du procès qui s’ouvre pour la semaine à la caserne du Muy, Georges Dahan, 81 ans, et cinq membres de sa famille. Le patriarche, interpellé le 12 novembre 2025 avec 24 000 euros en espèces sur lui, présidait la société AMG Promotion qui durant des années a défié les autorités, se fichant des arrêtés municipaux de fermeture pour non-conformité aux règles de sécurité. Sa fidèle gestionnaire Leïla H. est jugée aux côtés des deux gardiens du marché, Abdelhamid D. et Abdelmalek E. Un commerçant résume le rôle central de cette femme : « Il y a une loi en France, une à Marseille et une au Marché du Soleil. En gros là-bas, c’est que des illettrés sans-papiers. Si les commerçants font pas ce qu’elle veut, elle envoie la police pour leur créer des problèmes avec les papiers. Elle clôture le bail, elle empêche les gens de travailler. »

    « Une organisation criminelle sophistiquée »

    Début février, la Douane fouillait 108 des 182 boxes commerciaux de vêtements, de quincaillerie et deux zones de stockage. 99 boxes contenaient des contrefaçons. L’opération menée sous l’égide de la loi Narcotrafic a entraîné la fermeture par la préfecture du marché. Après des années de cécité sur ce trafic de notoriété internationale, l’État se vante d’avoir mis à bas « une organisation criminelle sophistiquée, constituant un modèle économique intégré allant du stockage, à la confection et la commercialisation de contrefaçons à grande échelle, dispositif installé au cœur même de la ville de Marseille ».

    L’enquête estime que 70% des loyers perçus proviennent d’une activité non déclarée. Depuis 2021, plus de 5 millions d’euros ont été encaissés par la société de Georges Dahan venant de sociétés n’ayant aucune existence légale. L’opacité dans la gestion locative des cellules commerciales est criante avec un système de sous-locations à des personnes introuvables. En tout, 206 875 articles contrefaits ont été saisis pour une contre-valeur totale de plus de 42 millions d’euros, « ce qui atteste du caractère massif d’économie souterraine liée à la contrefaçon au sein du Marché du Soleil à Marseille », décrit l’enquête des Douanes qui parle d’« un processus sophistiqué reposant sur la réalisation à flux tendus de contrefaçons sur la base d’articles génériques notamment textiles ».

    « Recours à la corruption »

    « Le recours à la corruption d’agents publics qu’ils soient fonctionnaires de police municipal ou agent de préfecture donne à cette organisation les caractéristiques s’apparentant à une organisation mafieuse », analyse l’enquête. Un membre de la famille Dahan a ainsi reconnu avoir corrompu une agent de la préfecture, Zoubida K., 66 ans, adjointe administrative à l’intercommunalité, pour qu’elle intercède en faveur de la réouverture du marché. Une première somme de 1 500 euros en espèces lui a été remise à son domicile le 6 février 2026. « C’est une somme tellement faible que cela ne me paraît pas être de la corruption. C’est un service rendu », a minoré Michel Dahan, 69 ans, en audition.

    Sont jugés enfin le brigadier-chef principal Ali T., 45 ans, l’agent Yanice E., 35 ans, et le brigadier Grégory P., 34 ans. Ces trois policiers municipaux affectés à la Brigade de tranquillité publique sont accusés de s’être fait remettre des contrefaçons en échange de services rendus à Leïla H., la femme de confiance de Georges Dahan, qui se servait d’eux pour diriger des contrôles sur des sans-papiers ou bien fermer les yeux sur des vendeurs.