Tag: Préfecture

  • Marseille : les policiers manifestent pour plus de moyens

    Marseille : les policiers manifestent pour plus de moyens

    Prise de plainte dans un préfabriqué, cafards, voitures à bout de souffle et gyrophare en panne, les policiers sont « au bout » a dénoncé Sébastien Greneron, secrétaire départemental Alliance 13.

    Partis de l’Ombrière, près de 400 de ses collègues ont marché jusqu’à la préfecture dans le cadre d’un appel national du syndicat à manifester. Ils réclament des moyens et le soutien de l’État, souhaitant un « choc d’autorité. »

    Dans le cortège, de nombreux élus de droite et d’extrême droite étaient venus en soutien. Parmi eux, des représentants de la majorité de la présidente de la Métropole et du Département, Martine Vassal (DVD), comme Catherine Pila (LR) ou Sabine Bernasconi (LR). Mais aussi des référents de sa campagne municipale comme Laure-Agnès Caradec (LR), Sylvain Souvestre (LR), maire des 11-12 ou Marion Bareille (LR), maire des 13-14. En première ligne également, le candidat RN, Franck Allisio ou Nora Preziosi, ancienne alliée de Martine Vassal, seconde sur la liste « citoyenne » d’Erwan Davoux.

  • Les travailleuses sociales en quête de reconnaissance à Marseille

    Les travailleuses sociales en quête de reconnaissance à Marseille

    « Ce mouvement est inédit. » Ce jeudi, devant la préfecture des Bouches-du-Rhône à Marseille, les travailleuses sociales de la région mettent les bouchées doubles pour se faire entendre des pouvoirs publics. La sono du camion de la CGT pousse les décibels à fond et elles redoublent de slogans autour d’une demande unanime : « La reconnaissance de nos métiers. »

    La mobilisation est en effet inédite à plusieurs titres. D’abord, elle rassemble des assistantes sociales, éducateurs spécialisés ou conseillers de plusieurs organismes sociaux, des caisses d’allocations familiales (CAF), des caisses d’assurance retraite et de la santé au travail (Carsat) et des mutualités sociales agricoles (MSA). Ensuite, car elle est à l’initiative « des agents » réunis en collectifs pour une grève nationale, appuyée par les syndicats, CGT et FO localement. Enfin, puisque « le mouvement est particulièrement bien suivi avec des services en grève à 100% », comme le résume Béatriz Marques, responsable régionale de la fédération CGT des organismes sociaux. Il faut dire que les travailleuses sociales ont de quoi revendiquer. « Elles ont des Bac+3, mais sont reconnues comme des Bac+2 dans la classification professionnelle, ça a un impact négatif sur le niveau de rémunération qui ne correspond pas à leur diplôme », explique la syndicaliste.

    Des centaines d’euros de manque à gagner

    Selon les calculs syndicaux, le manque à gagner de cette mauvaise reconnaissance dépasse les 600 euros mensuels, a minima, en comparaison avec des travailleurs sociaux de collectivités territoriales. « On a une différence de presque 1 000 euros avec nos homologues de la fonction publique territoriale ou hospitalière pour une ancienneté similaire », abonde Isabelle Becchere, secrétaire générale de la CGT cadres et employés à la Carsat Sud-Est. De quoi pointer « un double discours » : « D’un côté, on nous dit que les travailleurs sociaux sont l’entrée essentielle dans la vie sociale pour les assurés précaires. Mais de l’autre, les budgets sont réduits. » Et surtout, c’est l’illustration d’un manque global de reconnaissance de leur métier. L’exemple de la « prime Ségur », résume à leurs yeux le manque de considération auxquelles elles font face. « Elle a été étendue aux métiers du social et du médicosocial suite à la deuxième version du Ségur. Mais les travailleurs sociaux de nos organismes en sont exclus », pointe Adeline Constantino, assistante sociale et représentante de la CGT CAF 13. Une situation ubuesque alors que des travailleurs sociaux de certaines collectivités y ont droit. « Il y a une fin de non-recevoir de nos ministères de tutelles pour nous y inclure », rajoute Sabrina Jorda, toujours pour la CGT CAF 13.

    Forcément, le refus de la revalorisation unanimement demandée est vécu comme « une injustice ». « On fait pas un métier anodin, on a des missions difficiles avec de l’épuisement professionnel », insiste Florence, du service social de la Carsat d’Aubagne. Sabrina Jorda conclut : « Au-delà de nous et de nos salaires, c’est une question de choix de société. Au travers du manque de reconnaissance de nos métiers et du manque de reconnaissance, c’est la rupture avec le système de solidarité voulu par le Conseil national de la Résistance dont sont issus nos organismes. »

  • La situation au Rojava mobilise 150 personnes à Avignon

    La situation au Rojava mobilise 150 personnes à Avignon

    Devant la cité administrative d’Avignon, alors que le soleil s’est couché depuis quelques minutes, ce sont les drapeaux jaune, rouge et vert du Rojava, zone autonome kurde du nord-est de la Syrie, et du PYD (Parti de l’union démocratique kurde-syrien), qui ont illuminé la place. 150 personnes se sont rassemblées en soutien au territoire qui subit, ces dernières semaines, des attaques du régime syrien dirigé par Ahmed al-Charaa, ancien combattant d’Al-Qaïda et de Daech.

    « Il faut mettre la pression sur l’État français et ses politiques pour qu’ils empêchent tout ça, clame Mehmet Ceri, représentant du Centre démocratique kurde d’Avignon. La première chose que les dirigeants syriens exigent, c’est l’arrêt de l’armée des femmes. Une défaite serait aussi un énorme revers pour le droit des femmes. » Pendant que le cortège remontait la rue de la République en direction de la place de l’Horloge et que des militants distribuaient des tracts expliquant la situation aux passants, des « Erdogan terroriste » résonnaient à travers la tranchée haussmannienne de la cité des Papes. Il est reproché au dirigeant turc de soutenir l’offensive des factions syriennes contre le Rojava.

    « Pour le peuple kurde, il s’agit clairement d’une guerre de survie face à un État islamiste. La révolution du Rojava porte nos espoirs à tous et toutes d’une société égalitaire véritablement démocratique », lance Pierre, militant du collectif No Pasaran 84, qui a coorganisé cette manifestation.

    Fumigènes interdits

    Le rassemblement s’est tenu dans le calme, avec une mobilisation policière conséquente, notamment devant le conseil départemental. La préfecture de Vaucluse avait notamment publié, ce mardi 27 janvier, un arrêté portant sur la « réglementation de l’achat, de la vente, de la cession, de l’utilisation, du port et du transport des artifices de divertissement et des articles pyrotechniques ». Ceci « afin de prévenir les débordements de voie publique à l’occasion de la manifestation revendicative », justifié à la fois par des tirs de mortiers survenus ces derniers mois dans plusieurs villes du département et par les incidents ayant émaillé la manifestation de Marseille du jeudi 22 janvier, au cours de laquelle des individus masqués avaient tiré sur les forces de l’ordre avec des mortiers d’artifice (lire notre édition de vendredi). Ces actes avaient été condamnés « avec la plus grande fermeté » par les organisateurs. À Avignon, le samedi 24 janvier, « une dizaine de participants » auraient également « tiré des fusées d’artifice ».

  • À Marseille, l’État met aux enchères une cave… pour y habiter

    À Marseille, l’État met aux enchères une cave… pour y habiter

    Une plateforme de vente chérie des collectivités et établissements publics programme la vente aux enchères, le 10 mars prochain, d’un bien immobilier des Domaines. En l’espèce une cave de 20 m2 située en sous-sol du 106 avenue des Chartreux (4e), à Marseille, et donnant sur une cour. Mise à prix initiale : 18 750 euros.

    Rien d’anormal de prime abord, mais des détails font vite piquer les yeux. à la lecture de l’annonce, le mot « appartement » surgit, puis la mention « destination : habitation ». L’État, pilote de la lutte contre l’habitat indigne, invite sans rougir ses concitoyens à acquérir une cave « par nature impropre à l’habitation », pour y loger. La cave, dans un « état dégradé », est vantée comme un « bien atypique » pour « projet audacieux » et même un « bien d’exception ».

    Une erreur pas vraiment rectifiée

    Est-ce parce que cette cave, située deux niveaux sous terre par rapport à l’avenue, est dotée d’une ouverture donnant sur une cour intérieure en partie commune, que cela suffirait à la rendre habitable ? Dans le règlement de copropriété, c’est une cave. Pour rappel, des marchands de sommeil, qui arguaient que leur cave aménagée bénéficiait d’un éclairage naturel, ont été condamnés au pénal. Il en va ainsi de la cave du 18, rue Briffaut (4e), louée durant des années par un marchand de sommeil à une personne vulnérable. Le jugement souligne que l’éclairage naturel par un soupirail n’effaçait pas le sentiment angoissant d’enfouissement, ni le froid, ni l’humidité, ni les nuisibles.

    Interrogée, la préfecture a transmis à La Marseillaise la réponse de la Direction des Finances publiques : « L’État a récupéré ce bien dans le cadre d’une succession vacante. [Sa] vente a été confiée à un prestataire de services, Agorastore, qui effectue des ventes pour le service des Domaines dans le cadre d’un marché national. Lors de la publication de l’annonce, Agorastore a coché par erreur la case “habitation”, mais il s’agit bien d’une cave. L’annonce a été rectifiée. »

    Une erreur rectifiée, vraiment ? Si les mentions « appartement » et « destination : habitation » ont soudain disparu, le local tout pourri reste néanmoins rangé dans la catégorie « bien atypique » et, il faut oser, « bien d’exception ». Le dossier technique téléchargeable, qui comprend les diagnostics réglementaires, mentionne toujours qu’il s’agit d’un « appartement-studio » et mentionne un mesurage de « surface loi Carrez habitable de 20 m2 ». Faut-il rappeler que l’article 46 de la loi Carrez de 1965 exclut à dessein les « caves, garages, emplacements de stationnement » de son application car ce ne sont tout simplement pas des surfaces habitables. L’article R1331-17 du Code de la santé publique stipule que « sont par nature impropres à l’habitation et ne peuvent en conséquence être mis à disposition aux fins d’habitation, à titre gratuit ou onéreux, par application de l’article L. 1331-23 : 1° Les caves, quels que soient les aménagements et transformations qui leur sont apportés ». L’article 27 du Règlement sanitaire départemental des Bouches-du-Rhône, bible des inspecteurs de salubrité, souligne « l’interdiction d’habiter dans les caves, sous-sols ». D’ailleurs, ce local ne dispose d’aucun sanitaire et pour cause.

    L’habitat souterrain encouragé

    L’annonce a été tellement été rectifiée qu’Agorastore a cru bon de créer un nouvel onglet qui suggère désormais que la cave pourrait être habitable : « Changement de destination possible sous réserve de l’obtention des autorisations de la copropriété et de l’urbanisme », peut-on lire.

    L’habitat souterrain est en plein essor à Marseille, boosté par la crise du logement. Un marchand de sommeil vient encore d’être condamné pour avoir loué à un malheureux une cave au 48 rue Curiol (1er). Il est mis en cause pour une autre cave habitée rue Saint-Savournin. Est-il nécessaire que les pouvoirs publics participent à ce phénomène, même si on l’a bien compris, l’objectif du vendeur est d’appâter le chaland pour se débarrasser d’un encombrant immobilier. Est-on conscient du pouvoir d’attraction d’une telle annonce sur les prédateurs de l’immobilier dégradé. Ne vaudrait-il pas mieux se prémunir de tout risque d’une mise en location qui nourrit le cycle de l’habitat indigne, en offrant cette cave à une association qui pourrait y stocker son matériel ? Ce n’est pas le chemin pris.

    En octobre dernier, La Marseillaise avait déjà pointé la mise aux enchères risquée, sur Agorastore, d’un studio avec son box confisqué par la Justice au Campus 1, avenue du Merlan (14e), une copropriété dégradée en péril et en plein naufrage. Aucune offre ne s’était exprimée.

  • L’usine de pâte à papier de Tarascon risque de partir en fumée

    L’usine de pâte à papier de Tarascon risque de partir en fumée

    « Si on tombe, c’est toute la filière française de bois qui est en danger. » Ce vendredi, les représentants de l’intersyndicale (CGT, FO et CFDT) de l’usine de pâte à papier de Tarascon, Fibre Excellence, ont le ton grave.

    Et pour cause : leur site et ses plus de 250 salariés sont « menacés de redressement judiciaire puis de liquidation » d’ici la fin du mois de mars. « C’est ce qui a été annoncé par notre PDG lors d’un comité social et économique extraordinaire mercredi dernier, sans mesures concrètes à la mi-février, on serait en redressement à la fin mars », explique Laurent Quinto représentant de la Filpac-CGT sur le site. Le lendemain, les syndicalistes du site étaient à Bercy, où ils enchaînent des réunions depuis décembre avec le comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri) entre quelques rencontres avec les maires environnants et en sous-préfecture. Leur objectif ? « Sauver le site et les 5 000 emplois induits ».

    Car l’usine qui produit de la pâte à papier, à partir de bois, laquelle sert ensuite de base à de multiples formes de papiers, cartons ou emballages, tourne à plein régime. En 2025, le site tarasconnais a « battu des records de production » avec quelque 230 000 tonnes de pâte produite. Mais elle fait face à une conjoncture plus que difficile. « En 3 ans, le prix du bois a pris plus de 50% », explique Laurent Quinto, évoquant un coût de plus d’une centaine d’euros la tonne. « On vend moins de 500 euros la tonne de pâte à papier », ajoute Edwige Le Gangneux, pour la CFDT. Et il faut environ 4 tonnes de bois pour faire une tonne de pâte à papier. À partir de là, le calcul est simple : « On est quasiment à perte. »

    Le site peut donc difficilement faire face à la concurrence américaine mais il est pourtant essentiel au tissu industriel local et même national. « On est l’un des derniers acteurs de la filière papetière française », insiste Laurent Quinto. Car l’usine se targue de se fournir en « bois essentiellement français » et de faire vivre une multitude de « forestiers locaux », une partie de sa matière première fournie par l’ONF. Avec une usine sœur à Saint-Gaudens, en Haute-Garonne et la reprise de la symbolique Chapelle d’Arblay par le groupe, une liquidation de l’entreprise aurait en effet des conséquences désastreuses sur l’économie forestière. Et, in fine, l’entretien des forêts en Paca et Occitanie.

    Un appel à l’aide à l’État

    L’intersyndicale s’en remet donc à l’État et aux élus locaux pour tenter de sauver le site dans un territoire au taux de chômage élevé, à près de 9% selon l’Insee. Et visiblement, ils ne peuvent pas compter sur leur actionnaire principal, Domtar (ex-Paper Excellence), pas vraiment en difficulté financière, pour mettre la main à la pâte. Rappelons que ce dernier avait fait la bonne affaire de reprendre son propre site en 2021 après l’avoir lâché, via une cessation de paiement. « L’actionnaire a dit plusieurs fois qu’il n’aiderait plus le groupe. Il a déjà fermé deux usines en deux mois au Canada, et bien plus grosses que nous », commente avec inquiétude Laurent Quinto. Les représentants des salariés ne croient pas non plus à un plan de sauvegarde : « On ne peut pas faire tourner le site avec moins de salariés. Après le dernier plan on est déjà au minimum, il n’y en aura pas d’autre », abonde Florian Berthone, pour FO. Un levier que veulent actionner les syndicats serait une revalorisation du prix de revente à EDF, donc l’État, de l’électricité que produit le site via ses résidus de bois et une turbine. Ils prennent l’exemple de la Centrale de Gardanne qui revend aux environs des 250 euros le mégawattheure, contre une centaine environ pour le site tarasconnais. « Si l’on passe à 200 euros, on sort la tête de l’eau immédiatement », assure Laurent Quinto. Une prochaine réunion à Bercy est prévue le 11 février. D’ici là, les salariés espèrent recevoir le soutien des présidents de Région respectives, Renaud Muselier et Carole Delga.

  • La préfecture a débloqué la situation des trois salariés

    La préfecture a débloqué la situation des trois salariés

    Vous nous avez sauvés ! Je vais recevoir ma carte de séjour qui sera valable jusqu’en 2035 et je reprends le travail lundi. Merci, merci ! J’étais désespérée. Je me demandais comment j’allais faire. Merci à La Marseillaise, vous êtes notre sauveur ! », exulte Mariama, 43 ans, mère de quatre enfants âgés de 9 à 16 ans, dont le titre de séjour avait expiré malgré ses démarches pour son renouvellement. Elle nous confirme la reprise lundi de son contrat de travail d’agent de production chez Kalhyge. La blanchisserie industrielle du chemin de Saint-Jean-du Désert (5e) avait dû la suspendre, dans l’attente du renouvellement de sa carte décennale de séjour.

    Une carte de séjour provisoire de trois mois lui a été délivrée jeudi avec une convocation pour se voir remettre sa nouvelle et troisième carte de séjour de dix ans. Elle avait perçu son dernier salaire de 1 700 euros et s’accrochait à la promesse faite par son employeur de la reprendre dès qu’elle obtiendrait la carte. L’entreprise n’avait pas d’alternative, le Code du travail l’oblige dans cette situation à suspendre la relation contractuelle. Mariama consultait régulièrement son dossier en ligne qui lui indiquait que sa nouvelle carte était « en construction ».

    « Tous les salariés étaient contents »

    Le délégué syndical CGT de l’entreprise, Kamel Bouanani, s’était immédiatement mobilisé pour venir en aide à cette mère et à deux autres salariés de l’entreprise placés dans la même situation : le dossier de renouvellement était quelque part en stand-by dans les méandres informatiques de la plateforme Anef (Administration numérique pour les étrangers en France) qui depuis juillet 2024 dématérialise complètement les démarches. Pour le syndicaliste, cela génère des situations extrêmement injustes et pénalisantes. « Les salariés comme les employeurs se retrouvent sans recours immédiat, la décision relevant exclusivement de la préfecture. Cette situation crée une impasse sociale et humaine inacceptable. »

    Faute de titre de séjour valide, le Code du travail ne laisse en réalité pas de choix à l’employeur, sauf à s’exposer à des poursuites pénales. « Nul ne peut, directement ou par personne interposée, embaucher, conserver à son service ou employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l’autorisant à exercer une activité salariée en France » dispose l’article L. 8256-2 du Code du travail modifié en janvier 2024 qui punit sa violation de cinq ans de prison et d’une amende de 30 000 euros. L’amende est en outre appliquée « autant de fois qu’il y a d’étrangers concernés ». La loi Immigration de janvier 2024 a même ajouté une amende administrative à l’employeur allant jusqu’à 5 000 fois le minimum garanti soit plus de 20 000 euros par salarié en infraction.

    L’article de La Marseillaise relatant cette terrible injustice aux lourdes conséquences humaines et sociales, a fait immédiatement réagir la Préfecture des Bouches-du-Rhône dont les agents se sont investis pour débloquer la situation. « C’est bon pour nos collègues. Un reprend le travail cet après-midi et les deux autres lundi », soupire de soulagement Kamel Bouanani. « Tous les salariés étaient contents d’apprendre que leurs collègues reprennent et au nom de tous les salariés nous remercions beaucoup La Marseillaise d’avoir relayé notre alerte. » La CGT a revendiqué de manière constante la délivrance d’un titre de séjour de plein droit pour tout travailleur.

    Des dysfonctionnements de la plateforme Anef remontent régulièrement et sont dénoncés comme des atteintes à l’exercice effectif des droits au séjour. Il faut saluer l’intervention rapide de la préfecture des Bouches-du-Rhône désireuse de trouver une solution pour ces trois travailleurs.

  • À Marseille, leur carte de séjour a expiré, des salariés sont suspendus

    À Marseille, leur carte de séjour a expiré, des salariés sont suspendus

    Émoi chez les salariés de Kalhyge, la blanchisserie industrielle située chemin de Saint-Jean-du-désert (5e) à l’annonce par la direction de la suspension des contrats de travail de salariés dont le titre de séjour n’a pu être renouvelé. Trois salariés plongent dans l’inconnu. Parmi eux une mère de quatre enfants.

    « Vendredi après-midi, deux salariés en CDI et un autre en CDD ont reçu un coup de téléphone de la direction leur annonçant que leur contrat de travail était suspendu suite au non-renouvellement de leur titre de séjour », alerte Kamel Bouanani, délégué syndical CGT de l’établissement qui emploie 134 salariés dont environ 80% sont de nationalité étrangère. « C’est très inquiétant. Ces salariés résident légalement en France depuis de nombreuses années. D’autres entreprises sont confrontées à des situations similaires, liées aux délais et décisions des préfectures. Nous constatons également que certaines entreprises profitent de ce contexte pour ne pas remplacer les salariés concernés, ce qui engendre une forte précarisation des salariés, des difficultés organisationnelles sur les sites, et surtout un véritable vide juridique, les salariés comme les employeurs se retrouvant sans recours immédiat, la décision relevant exclusivement de la préfecture. Cette situation crée une impasse sociale et humaine inacceptable », alerte le syndicaliste.

    « Ça sera trop dur sans salaire »

    Mariama, 43 ans, mère de quatre enfants, est agent de production en CDI depuis 2023. « Le travail m’a appelé pour me dire de ne pas venir lundi car mon récépissé avait expiré. » Ressortissante comorienne, elle vit en France depuis 1998. « C’était ma 2e carte de séjour après celle de 2015. J’ai fait les démarches de renouvellement en juin avant son expiration le 23 septembre. On m’a dit que tout était ok. Puis j’ai eu une prolongation de 3 mois qui a fini le 23 décembre. » Depuis juillet 2024, les démarches sont dématérialisées sur le site Anef (Administration numérique pour les étrangers en France). « Sur mon dossier en ligne, ils me marquent que ma carte est “en construction” », ne comprend pas Mariama qui s’est rapprochée de la Cimade pour interpeller la Préfecture. « Ça sera trop dur sans salaire. J’ai quatre enfants de 9, 12, 15 et 16 ans, un loyer de 935 euros et des factures à payer. » Elle a perçu son dernier salaire de 1 700 euros et se raccroche à la promesse faite par son employeur de la reprendre dès qu’elle obtiendra la carte.

    L’UL CGT des quartiers nord avait alerté la semaine dernière du refus de délivrance par la préfecture d’une carte de séjour à un salarié de Primark.

  • Mohammed, médiateur à Marseille, en grève de la faim pour interpeller l’État

    Mohammed, médiateur à Marseille, en grève de la faim pour interpeller l’État

    « Je suis prêt à dormir là », Mohammed Benmeddour, éducateur au sein de l’association Apis, a entamé, comme annoncé, sa grève de la faim ce mercredi 21 janvier. Il campe devant la préfecture avec Kaïs, 19 ans, tout juste sorti de prison et qui n’a nulle part où aller. Mohammed l’a récupéré à proximité d’un point de deal. « Je m’étais fait mon squat dans un bâtiment abandonné, un lit avec des couvertures, mais l’eau elle sort orange des tuyaux et il n’y a pas d’électricité », raconte Kaïs. Il est allé à France Travail affirme-t-il mais on ne l’a pas rappelé.

    Après avoir interpellé Emmanuel Macron lors de sa venue à Marseille le 16 décembre puis le ministre du logement la semaine dernière sur le manque de moyens mis dans la prévention pour éviter que les jeunes ne tombent dans le narcotrafic, sans succès, Mohammed réclame un dispositif d’urgence pour « ces jeunes qui veulent s’en sortir ».

    La préfète à l’écoute

    Interrogée, la préfète à l’égalité des chances, Isabelle Épaillard, assure avoir fait le nécessaire. « M. Benmeddour a contacté la préfecture de police la semaine dernière, on a regardé ce que l’on pouvait faire. Ce jeune homme est suivi par le service pénitentiaire d’insertion et de probation. Aucun retard n’a été pris dans la prise en charge », précise-t-elle ajoutant qu’une place a été trouvée en centre d’hébergement. Et d’ajouter que la préfecture a « fait le lien » entre France Travail et la mission locale. Mais pour Mohammed, la place trouvée ne correspond pas au profil du jeune homme…

  • Une grève de la faim pour que l’État agisse sur le narcotrafic

    Une grève de la faim pour que l’État agisse sur le narcotrafic

    Le bout du bout… Mohammed Benmeddour, médiateur avec l’association Apis depuis de nombreuses années, a décidé d’entamer une grève de la faim pour qu’enfin « l’État agisse sur le narcotrafic ». « J’ai récupéré un jeune à deux doigts de replonger. Il sort de prison, il s’est déjà pris une balle dans le genou, il n’a nulle part où aller et personne ne nous aide. Pire, on nous met des bâtons dans les roues », raconte-t-il, visiblement fatigué.

    Alors, il installera son lit de camp et celui de son protégé devant la préfecture, dès ce mercredi 21 janvier, « pour qu’on nous reçoive ». Lors de la venue du président de la République à Marseille, le 16 décembre dernier, Mohammed avait pu lui rappeler leur première rencontre en 2021, à la cité Bassens. Il lui réclamait déjà des moyens.

    Depuis, il a créé un projet de médiation nomade « peu suivi », déplore-t-il, allant notamment à la rencontre des jeunes au pied des immeubles.

    Dès qu’il en a l’occasion, le médiateur n’hésite pas à prendre la parole devant les caméras pour faire entendre sa voix et surtout celle de ceux qui « cherchent à s’en sortir ». Si Emmanuel Macron a publiquement pris l’engagement de soutenir la prévention et l’éducation, « d’accompagner les jeunes », Mohammed n’a rien vu venir. « Aucune suite n’a été donnée. J’ai même interpellé Vincent Jeanbrun, [ministre du Logement Ndlr] à la Maurelette ce vendredi, mais rien du tout », assure-t-il.

    Ultime recours

    Déplorant les effets d’annonce et de communication au fil des visites ministérielles et présidentielles, il s’indigne : « Je fais le travail le plus difficile, je vais à la rencontre des jeunes sur les points de deal, je vais parler avec des gars en prison et derrière, ça ne suit pas, on ne nous considère pas. Là, on a un cas concret. Je ne m’alimenterai plus jusqu’à ce qu’on me donne une réponse. C’est mon dernier recours ».

  • Immigration illégale en Vaucluse : des chiffres qui interpellent

    Immigration illégale en Vaucluse : des chiffres qui interpellent

    Fin août, la préfecture avait communiqué sur les expulsions de ressortissants étrangers en situation irrégulière, détaillant les CV « dangereux » de 5 d’entre eux. Une communication également relayée sur les réseaux sociaux de la préfecture, faisant énormément réagir. Une situation qui vient de se reproduire. En milieu de semaine dernière, la préfecture a délivré un bilan annuel des interpellations d’étrangers en situation irrégulière.

    Ainsi, 1 069 étrangers irréguliers ont été interpellés, « soit une hausse de 28% », précise la préfecture. « Cette mobilisation a abouti à la prise de 1 265 mesures d’éloignement, type obligation de quitter le territoire français (OQTF), contre 891 en 2024 (+41%) », enchaîne la préfecture. 193 OQTF ont été réalisées. Cela « s’explique en grande partie par les difficultés d’identification et de délivrance de laissez-passer par les consulats », justifie la préfecture, en insistant sur le fait que 40 étrangers expulsés sortaient de prison.

    Des données qui font réagir diversement : « 1 000 interpellés, 193 expulsés… il en manque juste 807 qui sont retournés dans la nature », ou « Bravo mais on pourrait largement faire mieux ». D’autres sont plus mesurés, tel Pierre Platon, retraité CGT, soulignant que ce « bilan n’est que celui établi pour faire plaisir à la politique répressive du gouvernement ». Ou pointent des « OQTF prononcées sans aucun discernement, à l’encontre de gens qui sont intégrés depuis longtemps et exercent un métier difficile dans des secteurs en crise ». Cela rappelle le cas de Fatou, une Ivoirienne alternante (notre édition du 9/12). Conclusion ironique : « J’ai hâte de voir les Vauclusiens dans les champs ramasser les fruits à la place de ces personnes qui font le taf et dont ils ne veulent pas. »