Tag: Préfecture

  • [Grève dans l’éducation nationale] En Vaucluse, plus de 40 fermetures de classes prévues malgré la fronde

    [Grève dans l’éducation nationale] En Vaucluse, plus de 40 fermetures de classes prévues malgré la fronde

    Les dix représentants syndicaux (quatre de FO, quatre de la FSU et deux de l’Unsa) ont voté contre la nouvelle carte scolaire du premier degré proposée par la direction académique de Vaucluse lors du Comité social d’administration (CSA) qui s’est tenu ce jeudi 2 avril, à Avignon.

    « Il y a plus de 40 fermetures confirmées pour l’instant pour entre 18 et 20 ouvertures et aucun poste de remplaçant. Ça va être très compliqué », regrette Olivier Montel, secrétaire départemental Unsa Éducation, à la sortie du rendez-vous, après plus de trois heures de réunion. Il met notamment en avant des « situations complexes avec des fermetures dans de petites écoles rurales ».

    Manifestation de mamans

    Tanguy Langlet, secrétaire départemental du syndicat Snudi 84-FO, abonde : « On a été assez choqués, car le directeur avait dit qu’il n’allait pas revenir sur les fermetures. Au final, il est revenu sur trois situations, mais c’est largement insuffisant. On voit de larges baisses d’effectifs de partout. Cela découle d’un budget de guerre qui laisse de côté l’éducation. »

    Une nouvelle réunion s’est tenue le soir même en préfecture, cette fois en présence de représentants de l’État et des différentes municipalités concernées. Un autre rendez-vous entre syndicats et direction académique autour de la carte scolaire devrait avoir lieu dans les prochaines semaines.

    Dès 9h ce jeudi, un peu moins d’une centaine de personnes s’étaient rassemblées devant la direction académique de Vaucluse pour s’insurger contre les fermetures ou réclamer des ouvertures de classes. Les parents d’élèves, majoritairement des mamans, ont fait entendre leur voix avec des chants en soutien à plusieurs écoles du secteur, comme Saint-Roch ou Mistral à Avignon, ou encore Jean-Moulin à Saint-Saturnin. « On vit très mal cette situation. 30 élèves par classe, ce n’est pas possible, surtout en maternelle où ils apprennent les bases », regrette Samia Mohammed, mère d’une élève en petite section maternelle, à Saint-Roch. « Il y a une deuxième fermeture en deux ans chez nous. On est dans un quartier où la maîtrise du langage est compliquée, donc ces suppressions pénalisent les enfants. On aimerait être en REP+, mais ce n’est pas accepté », abonde une maîtresse de l’établissement. « On a rencontré un représentant de la mairie, lundi, et il a dit qu’il allait voir le directeur académique. Monsieur le maire, où êtes-vous et où sont vos promesses ? », lance une parent d’élève.

    Sur place, les élus d’opposition Mathilde Louvain (LFI) et Oukacha Rtili (LFI) étaient présents. « L’école est le premier service public. En tant qu’élus, il faut être dans le rapport de force contre les fermetures », lance l’ex-tête de liste des Insoumis aux municipales. « Le point essentiel, c’est de former la jeunesse pour avoir de nouvelles générations d’ingénieurs. Mais on augmente dans le même temps le budget pour la guerre », ajoute Oukacha Rtili.

    Un nouveau rassemblement est déjà évoqué par FO pour le mercredi 8 avril à 14h30 devant la préfecture de Vaucluse.

  • Deux jours d’exercice nucléaire grandeur nature à Toulon

    Deux jours d’exercice nucléaire grandeur nature à Toulon

    Et si la métropole toulonnaise était victime d’un accident nucléaire majeur ? Avec pas moins de sept bâtiments à propulsion nucléaire présents sur la base navale, le risque zéro n’existe pas et doit être pris au sérieux.

    À cet égard, le Code de la sécurité intérieure relatif aux Plans particuliers d’intervention (PPI) introduit l’obligation d’exercice tous les cinq ans. Ces dispositifs concernent tous les sites industriels ayant une activité à risque, qui sont tenus d’en disposer.

    Préparé par le préfet, le PPI définit les mesures impliquant l’ensemble des acteurs concernés (exploitant, services d’urgences et d’État, communes avoisinantes, médias, exploitants de réseaux de transport, d’énergie, de télécommunications, éducation nationale…). Il précise aussi l’organisation et l’intervention des secours pour assurer la protection des populations et la sauvegarde de l’environnement, en cas d’accident radiologique.

    Ainsi, en complément des exercices d’état-major réalisés trois à quatre fois par an, la Marine, le préfet du Var et l’Autorité de sûreté nucléaire de défense organisent un exercice PPI afin d’entraîner les équipes des services publics, civils et militaires, et de mécaniser les procédures. Débuté mercredi, celui-ci se poursuit ce jeudi à la base navale de Toulon.

    Pour l’exercice en cours, un scénario fictif a été imaginé autour d’un accident majeur affectant la chaufferie d’un sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) basé en zone protégée Missiessy, au sein de la base navale de Toulon. Des dispositions sont alors mises en œuvre avec, dans un premier temps, les déclenchements des plans d’urgence interne (PUI) « installation » par le commandant du sous-marin et du PUI « site » de la base navale de Toulon, par le commandement d’arrondissement maritime. Puis, dans un second temps, le déclenchement du plan particulier d’intervention (PPI) par le préfet du Var.

    Des messages

    sur les smartphones

    La journée de mercredi était consacrée aux actions techniques et à l’évacuation des victimes de la base navale avec, pour principal objectif, le test de la mise en œuvre du PUI et de tout ce qui lui est lié : commandement, secours et mises à l’abri, maîtrise de l’accident nucléaire, évaluation des impacts, communication interne…

    Ce jeudi sera quant à lui consacré à la simulation du rejet ou d’une menace de rejet de produits radioactifs dans l’environnement. Il s’agira de mesurer la bonne articulation des PUI et du PPI, en évaluant les mesures de gestion du trafic (routier, autoroutier, ferroviaire et maritime) susceptibles d’être mises en œuvre (itinéraires d’évacuation, de contournement…), ainsi que la circulation de l’information, interne comme externe, à l’égard des médias (en simulant une pression médiatique), des élus et de la population. Une manière de sensibiliser, notamment en ce qui concerne les stocks de comprimés d’iode, disponibles gratuitement en pharmacie, qui permettent de réduire les risques sanitaires engendrés par un accident nucléaire, et dont chacun doit disposer chez soi.

    Ainsi, les sirènes de la base navale et des communes de Toulon, La Seyne, Ollioules et Saint-Mandrier seront déclenchées dans la matinée. La préfecture testera, au même moment, le système d’alerte et d’information FR-Alert auprès des personnes présentes dans un périmètre de 5 km autour de la base navale, qui recevront une notification accompagnée d’un signal sonore. Cette alerte pourrait dépasser la zone cible et atteindre les communes alentour, ainsi que les personnes circulant dans le secteur, en train, bateau ou voiture. Enfin, des exercices de mise en situation seront réalisés jeudi après-midi, à La Seyne, par le Sdis 83.

  • Une année encore riche pour la douane régionale

    Une année encore riche pour la douane régionale

    « L’année 2025 a été chargée, 2026 le sera tout autant », a promis, ce jeudi 26 mars, Michael Lachaux, directeur régional des douanes de Marseille, à l’occasion du bilan de ses services. Si ses 402 agents n’ont pas chômé, c’est d’abord parce que le département est un vaste hub économique, explique-t-il, avec une activité soutenue dans les Bouches-du-Rhône, 18 milliards d’euros d’exportations et 36 milliards d’importations. Pas moins de 979 312 déclarations ont été effectuées en 2025, soit -3,4% par rapport à 2024. Pas une baisse, mais une « régulation technique », précise Michael Lachaux.

    Tandis que les crises « s’additionnent », constate-t-il, entre guerre en Ukraine, conflit au Moyen-Orient et hausse des droits de douane américains quand les États-Unis sont la première destination hors-UE pour les entreprises locales, la douane « les accompagne pour utiliser au mieux la réglementation et en faire une arme », explique-t-il.

    Dédouaner en 5 mn chrono

    Faciliter et contrôler étant ses deux principales missions, le délai d’immobilisation des marchandises ne dépasse pas les 126 secondes et 96,6% d’entre elles sont dédouanées en moins de 5 minutes. Pour ceux qui ne jouent pas le jeu, 6 millions d’euros de droits et taxes ont été redressés en 2025, directement dans l’escarcelle de l’État.

    Autre mission, la protection du consommateur. Étalé ce jour-là dans les locaux du Port center, un aperçu des saisies : un mur de paquets de cigarettes, des jouets, des maillots de l’OM, de faux sacs et parfums, du viagra qui n’en a que le nom et autres miels aphrodisiaques.

    De la figue pleine de champignon cancérigène au four à pizza qui prend feu, en passant par les poussettes pour bébés qui tranchent les doigts, quelque 936 tonnes de produits alimentaires dangereux ont été refusés à l’import. Au total, 3 292 000 articles non conformes (+328%) ont été interceptés avant leur arrivée sur le marché européen et français.

    Côté stupéfiant, « on dépasse la tonne, c’est une année record, une augmentation de plus de 30% », se félicite Michael Lachaux. Dont 189 kg de cocaïne (+37% par rapport à 2024), 808 kg de cannabis (+194%) et 19 kg de drogue de synthèse. « C’est tous les ans plus », s’inquiète-t-il, pointant un « développement extrêmement rapide et inquiétant » de ces dernières, « notamment les amphétamines et l’ecstasy, que nous retrouvons de plus en plus dans les flux postaux ou dans les vecteurs routiers ».

    Sur le trafic de tabac, une des priorités des douanes, avec 10,5 tonnes saisies en 2025, « les Bouches-du-Rhône restent sur la même tendance haussière », ajoute le directeur régional. En coordination avec la préfecture de police, deux fois plus de contrôles d’épiceries, bars à chicha et autres ont été menés, aboutissant à 48 fermetures administratives.

    Un camion scan tout neuf

    « Nous sommes la première brigade de France à l’avoir. » Une cellule de 13 agents utilise au quotidien ce nouvel outil sur le port : un scanner embarqué à bord d’un petit camion, qui permet de lire à travers les parois des conteneurs que viendra admirer, ce vendredi, David Amiel, ministre des Comptes publics.

    L’équivalent d’une « radio chez le médecin » à rayons X, que les douaniers ont appris à décrypter, précise une agente, de quoi « fluidifier significativement les contrôles ».

  • Une délinquance « contenue » selon la préfecture des Hautes-Alpes

    Une délinquance « contenue » selon la préfecture des Hautes-Alpes

    « Notre but est non pas de nous féliciter, mais de rendre compte auprès des citoyens sur cette mission cardinale. » Par ces mots, Philippe Bailbé, préfet des Hautes-Alpes, a ouvert la conférence de presse consacrée à l’état des lieux de la lutte contre la délinquance, mardi. Il était accompagné de la procureure de la République, Marion Lozac’hmeur, ainsi que des représentants départementaux de la police nationale, de la gendarmerie, des douanes et de l’Office français de la biodiversité (OFB).

    Narcotrafic et accidents routiers en hausse

    Le département présente le plus faible nombre de faits de délinquance recensés sur l’année (6 268) de toute la région Paca, mais aussi le plus bas taux de faits par habitant : 44, contre 73 dans les Bouches-du-Rhône, département le plus touché. Marion Lozac’hmeur a souligné l’efficacité accrue de la réponse pénale, avec 1 323 poursuites engagées en 2025, contre 1 063 en 2024. La surpopulation carcérale de la maison d’arrêt de Gap, avec un taux d’occupation de 124% au mois de février, reste préoccupante.

    Les infractions liées aux stupéfiants ont augmenté de 35% en 2025, notamment après un homicide sur fond de trafic au col Bayard au printemps. Autre priorité : les violences intrafamiliales, qui représentent 41% des violences dans le département.

    Point d’alerte, « l’année passée a été marquée par un important relâchement au volant », a noté Philippe Bailbé, avec 217 accidents corporels dans les Hautes Alpes en 2025, contre 171 en 2024. Philippe Moullenc, responsable de l’OFB, a rappelé la nécessité de prévenir les atteintes à l’environnement, en particulier les incendies volontaires, les dépôts de déchets polluants dans les cours d’eau, le braconnage et la surfréquentation d’espaces fragiles comme les lacs en été.

  • Digital Realty ne surveillait pas les fuites de son data center

    Digital Realty ne surveillait pas les fuites de son data center

    Comme de l’eau dans le gaz. À travers un arrêté publié le 12 mars dernier, la préfecture des Bouches-du-Rhône a adressé une mise en demeure au géant des data centers, Digital Realty. En cause, les contrôles insuffisants sur les potentielles fuites de gaz refroidissant de son centre de données MRS3, installé dans l’ancienne base sous-marine allemande Martha, sur les emprises des bassins est du grand port maritime de Marseille-Fos. « Chacun des 18 groupes froids contient plus de 100 kg de gaz (…) sans disposer d’un système de détection de fuite », cible le document, qui pointe aussi des inspections semestrielles des équipements là où elles étaient censées se dérouler tous les trois mois. Et d’imposer la mise en place d’un système de détection sous quatre mois et, d’ici là, des visites de contrôle trimestrielles, faute de quoi des sanctions pourraient être prises.

    Si une large partie des systèmes de refroidissements de ces plus de 7 000m2 de serveurs informatiques qui tournent en continu est assurée par l’eau de la galerie à la mer qui évacue les eaux des mines de Gardanne, ils sont complétés par ces gaz fluroés afin de maintenir une température de 25°C. « Des pratiques de refroidissement de pointe et des conceptions idéales », vante le géant du stockage de données sur son site internet. Mais ceux-ci ont un impact plus de mille fois supérieur au CO2 dans le réchauffement climatique et détruisent l’ozone de l’atmosphère.

    Déjà, en octobre 2023, la préfecture avait mis en demeure Digital Realty de mettre en place, sous trois mois, ce système de détection de fuites face aux incidents récurrents qui touchaient les systèmes de refroidissement. « Les installations de production de froid du site MRS3 ont dû être rechargées, du fait de fuites, par 745 kg de fluide frigorigène R134A depuis 2021, ce qui correspond en équivalent CO2 à une distance de près de 9 millions de kilomètres effectuée avec un véhicule thermique sans malus ni bonus écologique », taclait l’arrêté.

    Trois ans plus tard donc, bis repetita. « L’ensemble des travaux de réparation des défauts a été réalisé », reconnaît le rapport de l’inspection réalisée le 27 août dernier, levant la précédente mise en demeure. Mais malgré cela, pour la seule année 2024, cinq fuites accidentelles avec 62,5kg de rejets de gaz fluorés ont été enregistrées, dont trois au niveau des joints « de la même typologie que celles constatées en 2022-2023 », malgré les réparations effectuées. « Le plan d’action mis en œuvre sur ce type de fuites n’a manifestement pas été suffisant », s’agacent les fonctionnaires, réclamant un rapport d’expertise technique sur cette problématique.

    Évolution réglementaire

    « Dans le cadre de la mise en demeure de 2023, Digital Realty s’est pleinement conformé aux obligations qui lui avaient été notifiées », répond de son côté Digital Realty. Et le géant des centres de données de préciser qu’il a « intégralement remplacé le fluide frigorigène sur tous les groupes froids du site par un fluide présentant un impact environnemental très limité, ce qui ne nécessitait plus alors la mise en place de dispositifs de contrôle des fuites ». De quoi permettre la levée de la première mise en demeure.

    Mais face à l’évolution de la réglementation européenne, « la préfecture a fait une interprétation de ces textes la poussant à émettre une nouvelle mise en demeure », regrette la société, qui indique que « l’interprétation de ces obligations fait actuellement l’objet d’échanges avec les services de la préfecture ». Et d’assurer qu’elle reste « pleinement engagée à respecter l’ensemble des obligations réglementaires ». Il vaut mieux, au moment où son cinquième – et plus grand – data center MRS5 prend forme en bord d’autoroute, sur les emprises du Grand port maritime.

  • Plus que quelques petits jours pour faire sa procuration de vote

    Plus que quelques petits jours pour faire sa procuration de vote

    Les personnes qui ne pourront pas se rendre dans leur bureau de vote, les dimanches 15 et 22 mars, peuvent faire une procuration, en confiant leur vote à un proche, qui glissera le bulletin pour elles. Mais quelles sont les modalités de la procédure et surtout, est-il encore temps de la faire à trois jours du scrutin ? La préfecture de police du département et le commissariat des 1-6 ont détaillé ladite procédure…

    Pas de panique, il n’est pas trop tard ! Pour les détenteurs de la nouvelle carte d’identité, plus besoin de se rendre au commissariat, puisqu’ils « peuvent faire leur procuration de manière dématérialisée avec le dispositif France identité », explique Agathe Foucault, commissaire et porte-parole de la police nationale.

    Pour les autres, direction le commissariat ou la brigade de gendarmerie les plus proches de chez vous. En se rendant sur place, il est encore possible de réaliser la procédure complète auprès des officiers de police. Mais pour gagner du temps, le dispositif mi-dématérialisé demeure le plus fréquent.

    Détails de la procédure

    Les votants doivent d’abord réaliser une demande de procuration, sur le site « Ma procuration », en se connectant grâce au portail France Connect, puis en renseignant l’état-civil du mandataire choisi, qui réalisera le vote. La demande de procuration peut porter sur le premier, le second ou les deux tours. Ils recevront une validation par mail, accompagnée d’un code de six signes, à préserver. Une fois cette étape réalisée, direction le commissariat, munis de votre code et votre document d’identité, où des agents valideront la procuration.

    Une quinzaine de personnes faisait la queue au commissariat de Noailles, ce jeudi à 9h. Mais l’attente reste raisonnable, puisqu’« un dispositif particulier est mis en place avec des policiers dédiés à la prise en charge des procurations », précise Agathe Foucault. Ici, deux policiers sont à l’accueil, effectif pouvant évoluer « en fonction de l’affluence, pour que les procurations soient faites rapidement », ajoute la porte-parole de la police nationale. Une jeune femme venue valider sa procuration affirme n’avoir « pas attendu trop longtemps, une dizaine de minutes, ce qui est raisonnable et en dessous de ce que je pensais ».

    Dernier détail : les délais ! Techniquement, « il n’y a pas de date limite » assure Agathe Foucault, avant d’ajouter : « Toutefois, il vaut mieux y aller au maximum la veille, pour être sûr que votre procuration soit reportée sur la liste d’émargement de votre bureau de vote. »

    Demande de procuration via : maprocuration.gouv.fr

  • Des nuances politiques parfois trompeuses

    Des nuances politiques parfois trompeuses

    Au moment de sortir de la préfecture, ce jeudi 26 février après-midi, l’adjointe en dissidence Christine Juste soupirait face au temps nécessaire pour déposer sa liste. « On m’a reposé des questions sur chacun de mes colistiers », expliquait-elle à la presse.

    à cette occasion, les services de la préfecture doivent en effet attribuer une nuance politique à chaque candidat pour les communes de plus de 3 500 habitants. « Le nuançage permet une présentation intelligible des résultats électoraux », nous explique le ministère de l’Intérieur.

    De quoi prendre à rebrousse-poil le discours de nombreux candidats. Dans ce scrutin de proximité par excellence où compte souvent davantage l’ancrage local, la tentation est forte d’effacer son appartenance politique et de nombreux candidats insistent pour se présenter « sans étiquette ».

    Le sujet avait même fait l’objet d’un bras de fer à Mimet, le maire sortant Georges Cristiani insistant pour que sa concurrente Sabrina Bourgeois soit présentée comme candidate de LFI après avoir été déléguée par le parti pour le dépouillement des européennes. « Si j’étais membre de LFI ou d’un autre parti, je vous l’aurais déjà indiqué sans équivoque », répondait-elle. La préfecture l’a classée divers gauche, et le maire sortant, divers centre.

    « Faisceau d’indices »

    « L’attribution des nuances politiques est effectuée à partir d’un faisceau d’indices objectifs tels que l’investiture ou le soutien apporté au candidat ou à la liste de candidats par une formation politique disposant d’une nuance propre, la trajectoire politique du candidat ou des membres de la liste, les prises de position publiques, le programme de campagne, ou encore les étiquettes politiques déclarées, l’appartenance à un parti, les manifestations publiques et les idées affichées », énumère le ministère de l’Intérieur. Et de préciser que ce nuançage « s’adapte à l’évolution et à recomposition permanente de l’offre politique ».

    Mais, alors que l’extrême droite s’échine à poursuivre sa normalisation, certaines décisions ne manquent pas d’interpeller. à Fos-sur-Mer, le candidat Philippe Maurizot avait signé pour le label du RN portant sur des éléments programmatiques et reçu le soutien de son délégué départemental, Franck Allisio. Il a été classé divers droite. à Marignane, le maire sortant éric Le Dissès était, lui, suppléant du député RN de la circonscription auquel il s’est allié en recréant un « RPR ». Le nom de sa liste « Marignane aux Marignanais » reprend le slogan nationaliste « la France aux Français », ses positions politiques ont été largement documentées par la presse. La préfecture l’a classé divers droite. Au risque de brouiller les repères républicains.

  • À Marseille, la logistique électorale s’active avant le vote

    À Marseille, la logistique électorale s’active avant le vote

    Seul le bruit du papier qu’on remue résonne dans l’immense entrepôt du Parc Chanot où, ce samedi matin, s’activent quelque 1 000 personnes. À une semaine du premier tour des élections municipales, la mise sous plis des professions de foi a commencé dès 7h30, explique Carine Laurent, directrice adjointe de la citoyenneté, de la légalité et de l’environnement à la préfecture des Bouches-du-Rhône, qui supervise les opérations avec son équipe.

    Il y a là 550 fonctionnaires « toute fonction publique confondue », précise-t-elle, qui se sont portés volontaires et ont été autorisés à venir avec un accompagnant. Avec 13 documents de propagande à mettre par enveloppe, chaque binôme ayant une part de 1 000 plis à réaliser, « c’est quand même un travail important, même s’il est un peu plus rapide que d’autres élections nationales que certains ont pu connaître », estime Carine Laurent.

    Pour ces premières municipales organisées après le passage de la loi PLM qui instaure un double scrutin à Marseille, soit 1 094 206 enveloppes à envoyer pour 547 103 inscrits recensés, cette mise sous plis à Chanot concerne uniquement la liste pour la mairie centrale et « trois communes, Allauch, Plan-de-Cuques et Septèmes » précise-t-elle. Le travail pour les listes marseillaises par secteur se faisant à Toulouse, confié à une entreprise privée, la société SMS. Tout comme la propagande destinée aux communes de Barbentane, Châteaurenard, Eyragues, Graveson, Noves et Rognonas indiquait dès décembre le préfet, dans un communiqué. Préfet qui a choisi de faire appel à « un marché régional qui existe, utilisé par beaucoup de préfectures, avec un prestataire qui a l’habitude de travailler sur les élections, qui le fait déjà depuis plusieurs années pour d’autres préfectures », indique la directrice adjointe, de ce côté-là, tout est déjà terminé depuis la veille se félicite-t-elle. Dans le département, la mise sous plis s’organise également par îlots, dans chaque sous-préfecture, complète-t-elle.

    La rémunération motive la plupart des troupes

    À l’intérieur, sur les grandes tables tout en longueur, des tas de feuilles soigneusement ordonnées ou classées dans des casiers en plastique. Chacun y va de sa méthode pour gagner en efficacité : le casque sur les oreilles, les gants fins, la glycérine pour éviter que le papier glisse, jusqu’à cette jeune femme équipée d’une petite boîte hermétique remplie d’eau, d’une éponge, pour mouiller les rabats encollés des enveloppes et mieux les sceller…

    On retrouve là David et Caroline. « Ça avance bien, c’est répétitif, il suffit d’être bien concentré, ne pas perdre le rythme », confient-ils. Un peu plus loin, Frédéric et Céline sont des habitués. « C’est mon mari qui est dans la fonction publique, et c’est comme dans les mariages, on a le droit d’amener un ami, on fait ça depuis dix ans », racontent-ils. Ils ont fait le déplacement aux aurores depuis Salon-de-Provence, râlent car ils n’ont pas eu accès au parking pour cause de salon de l’Étudiant.

    Ce qui les motive, comme la plupart, c’est la rémunération : très exactement 33 centimes par enveloppe. Même si, glisse quand même notre couple, ils ont aussi le sentiment de participer un peu au process démocratique. À 11h du matin, ils ont déjà atteint les 500, remplissant allègrement l’un des bacs à roulettes mis en bout de table. Une fois plein, les équipes de la Poste, positionnées à l’arrière du bâtiment, viendront les récupérer. « C’est fait au fil de l’eau », précise Carine Laurent. Une fois les 22 camions remplis, dont certains vont faire des rotations, « la Poste commence à livrer dans les centres de distribution. Elle n’attend pas », poursuit-elle. De quoi démarrer la distribution dès le lundi, quand tout devait être bouclé le dimanche en début d’après-midi, assurait, sereine, Carine Laurent.

    Sur l’organisation des élections en général, « les services de la préfecture ont l’habitude, on l’a vu même en cas de dissolution en 2024 », rappelle-t-elle. Tout est déjà calé pour les échéances logistiques, prévues les 18 et 19 mars, avant le second tour du 22 mars.

    Au Rove, les procurations s’anticipent

    À l’occasion des municipales, la commune du Rove, en lien avec la gendarmerie, met à disposition un service pour valider ses procurations, préalablement effectuées en ligne (maprocuration.fr). Accueil à l’Hôtel de Ville le lundi de 9h à 10h et le mercredi de 15h à 16h. Se présenter muni de la carte d’identité ou du passeport, le QR Code reçu après votre demande en ligne. Cette vérification, rapide et simplifiée, est assurée par des gendarmes spécialement mobilisés. Pour les personnes en difficulté, un agent municipal peut aider sur rendez-vous (04.91.46.80.00). Se munir de vos identifiants FranceConnect ainsi que des données d’état civil du mandataire.

  • En péril et insalubre, un hôtel de Didi évacué

    En péril et insalubre, un hôtel de Didi évacué

    Face à l’inaction du propriétaire, les autorités ont procédé, jeudi matin, à l’évacuation dans un grand calme de l’ex-hôtel meublé « Le Simplon », 7 rue du Musée, à Noailles. L’établissement de 16 chambres est frappé par trois arrêtés de mise en sécurité depuis 2023, d’un arrêté de fermeture administrative définitive en ERP (établissements recevant du public) et d’un arrêt préfectoral d’insalubrité depuis juin dernier.

    « L’État, conformément à ses engagements dans la charte de relogement des évacués marseillais, et la Métropole [compétente en secteur OPAH-RU], se sont substitués [au propriétaire défaillant] pour assurer la protection des personnes, en procédant à la mise à l’abri des occupants, dans le respect des compétences de chaque institution », déclare la préfecture.

    « Soulagés mais angoissés »

    « Le Simplon » appartient à la SCI 26, dont Mordechai Didi était l’associé unique, avant de transmettre le flambeau à son fils Nathan, mis en examen comme lui. Didi était aux manettes de treize autres hôtels meublés, dont le 18 rue des Feuillants, juste derrière, évacué il y a seize mois. Une information judiciaire est toujours ouverte pour soumission de personnes vulnérables à des conditions d’habitat indignes, mais aussi escroquerie par surfacturation des nuitées d’hébergement d’urgence payées par l’état, travail dissimulé et blanchiment en bande organisée. Il est question de 2,3 millions de préjudice sur les 7,2 millions d’euros de fonds publics versés sur ce petit empire lucratif d’hôtels conventionnés.

    L’association Soliha, missionnée par la direction opérationnelle de l’habitat de la Métropole, avait prévenu tous les occupants de ce « trois fenêtres » très dégradé qu’ils devaient quitter les lieux, sans retour possible, pour être relogés dans des appartements hôtel aux Chartreux. « C’était terrible. Tout est dégradé. On n’avait pas de chauffage. L’eau de pluie passe-partout », explique un jeune nigérian qui emporte une valise et une guitare. « On est à la fois soulagés de partir et angoissés car on nous dit que c’est un relogement temporaire. C’est pas rassurant quand on a une famille », confie ce père soucieux de mettre à l’abri sa femme enceinte et leur fils. Pour les rassurer, il leur a été dit que le relogement est dû jusqu’à mainlevée complète de l’arrêté d’insalubrité. « Je suis ici depuis 2007. Je payais 500 euros par mois la chambre », nous dit un résident tunisien éprouvé, comme les autres, par ces années d’habitat indigne. L’association Droits et Habitat est à leur côté. La plupart des occupants qui ont porté plainte sont partie civile dans la procédure pénale en cours.

    L’ensemble des évacués ont été acheminés en voiture à l’hôtel Bontempo, aux Chartreux. Sur la base d’un arrêté d’exécution de travaux d’office, le service municipal de la Protection des populations à la DPPGR a coupé les fluides et posé une porte anti-effraction pour empêcher tout squat. L’immeuble, désormais vide, avait été acheté 180 000 euros par la SCI 26, en 2008 . L’immeuble sous saisie pénale immobilière depuis mars 2024 encourt la confiscation.

  • Titres de séjour « étudiant » : plus de 1 000 dossiers en attente

    Titres de séjour « étudiant » : plus de 1 000 dossiers en attente

    Nous tenons des permanences toutes les semaines. Depuis quelque temps, des dizaines d’étudiants nous contactent car ils n’ont toujours pas reçu de confirmation du renouvellement ou de la demande de leur titre de séjour étudiant », explique Mathéo, membre de Réseau université sans frontières (RUSF) 34, qui accompagne des étudiants étrangers dans leurs démarches administratives.

    « Habituellement, dans ces cas-là, on contacte un délégué du défenseur des droits, qui interpelle la préfecture et nous permet, souvent, d’accélérer la situation, ou tout au moins d’avoir une réponse. Cette fois, malgré l’intervention du délégué du défenseur des droits, rien ne bouge », poursuit le militant.

    L’association a donc multiplié les sollicitations de la préfecture, laquelle a fini par répondre qu’« à ce jour plus de mille dossiers sont à traiter », au motif que « le service qui traite des demandes “étudiant” connaît actuellement une surcharge de travail et un sous-effectif croissant », rapporte RUSF. « La dégradation des conditions de travail des agents et la dégradation du service rendu aux usagers sont les deux faces d’un même problème : les coupes budgétaires et les politiques répétées d’austérité dans les services publics », dénonce l’association.

    « Cette situation alimente l’angoisse, l’incertitude et la précarité de nombreux étudiants dont la situation dépend directement de ces démarches administratives », insiste RUSF. Certains peuvent en effet voir leur année invalidée par l’impossibilité d’obtenir une alternance ou un stage faute de titre de séjour. Qui plus est, « sans titre de séjour on ne peut pas travailler à côté de ses études », complète Mathéo, qui pointe également l’impact psychologique de ces dysfonctionnements administratifs : « Il y a des étudiants qui font des crises d’angoisse, ils nous disent qu’ils sont débordés par la situation, que ça les stresse. Beaucoup envisagent d’abandonner leurs études. Ils vivent dans la peur d’un contrôle de police », décrit-il.

    Plus globalement, l’association dénonce les politiques menées au niveau national, jugées discriminantes : la loi « bienvenue en France », qui instaure des frais d’inscription différenciés, les étudiants extra-européens payant 16 fois plus cher (2 850 euros pour une inscription en licence et 3 879 euros pour un master) ; la décision récente du gouvernement de supprimer les APL (aide pour le logement) pour les étudiants non européens ; ou encore l’annonce d’un « travail » engagé pour « renforcer la sélectivité des étudiants étrangers », « ce qui risque une nouvelle fois de dégrader leurs conditions d’accueil et d’études ».

    Outre l’abrogation de ces mesures, RUSF 34 réclame « la mise en place de mesures exceptionnelles pour traiter les dossiers les plus urgents et la garantie qu’aucun étudiant ne soit pénalisé du fait des retards administratifs. » L’association revendique également « le recrutement immédiat de personnel supplémentaire » et appelle les étudiants concernés à se faire connaître*.

    * Par mail sur : rusf34montpellier@gmail.com