Tag: Préfecture

  • Centrale de Gardanne : des suspicions de partialité sur le rédacteur de l’arrêté

    Centrale de Gardanne : des suspicions de partialité sur le rédacteur de l’arrêté

    L’actualité avait fait grand bruit, lorsqu’en septembre 2018 près de 30 000 étudiants de 400 écoles d’enseignement supérieur s’étaient engagés « pour un réveil écologique », promettant d’« inciter tous les acteurs de la société […] à mener les changements nécessaires vers une société enfin soutenable ». Mais cet appel désormais structuré en collectif s’invite aujourd’hui au cœur du bras de fer autour de la centrale biomasse de Gardanne. Deux ans après l’annulation par le Conseil d’État de son autorisation d’exploitation, un nouvel arrêté a en effet été pris par la préfecture des Bouches-du-Rhône égrenant de nouvelles prescriptions sur quelque 80 pages. Des restrictions particulièrement dures, qui alarment aussi bien les salariés que l’exploitant (notre édition du 03/12). De quoi doucher les espoirs de relance durable, après la réembauche en préfecture des premiers salariés qui avaient été licenciés.

    Or, selon nos informations, l’auteur de cet arrêté, diplômé de polytechnique, est lui-même membre du collectif Pour un réveil écologique, pour lequel il a rédigé un rapport sur le bois-énergie. « Une bible qui permet de poser un regard nouveau, précis et sans concession sur le bois-énergie », décrit l’association Printemps écologique qui conseille les comités sociaux et économiques sur les questions de transition. Et avec laquelle il s’est opposé en 2022 à l’installation d’une chaudière biomasse pour l’entreprise Purina de Nestlé en Loire…

    « Cette note n’a pas pour objet de donner un avis tranché pour ou contre le bois énergie », tempérait son auteur. Mais selon ce responsable de la Dreal, l’usage du bois pour l’énergie n’est pertinent que s’il complète la demande en bois d’industrie, pour financer des coupes d’éclaircie en forêt. S’alarmant des subventions accordées par l’Ademe en faveur de la biomasse pour les chaudières. Et de dénoncer : « La centrale thermique de Gardanne, pour ne citer qu’elle, consomme des volumes considérables de bois énergie pour la production d’électricité alors que la filière bois d’œuvre est extrêmement faible voire inexistante dans la région. » Quant à la pyrogazéification, qui est portée par les salariés de la centrale, il juge son développement « irréaliste », sans fermer la porte à de la recherche industrielle.

    Ces convictions personnelles ont-elles pesées pour rédiger l’arrêté préfectoral, avec ses fortes restrictions qui menacent l’activité de la centrale ? Sollicités, ni l’auteur ni la préfecture n’ont pu nous répondre ce jeudi.

  • Lutte contre le narcotrafic : le Préfet Witkowski dans le vif du sujet

    Lutte contre le narcotrafic : le Préfet Witkowski dans le vif du sujet

    Dès son installation, lundi, il a affiché la ligne : lutter contre le narcotrafic. Promettant une « férocité républicaine » et « une détermination totale » à l’égard des réseaux criminels qui gangrènent Marseille, Jacques Witkowski appelait à « continuer le combat, être inflexible, intransigeant et à la fois extrêmement résilient » et invitait à une mobilisation collective de tous les acteurs, y compris sociaux. Face à la remise en cause d’« une de nos libertés fondamentales », la sécurité civile et du quotidien, lui menaçait « tous ceux qui viennent troubler la paix publique, qui empêchent les libertés individuelles et collectives de s’exprimer au quotidien ».

    De la parole aux actes, le nouveau préfet de région était mardi soir sur le terrain à Marseille avec la préfète de police déléguée, aux contacts des policiers mobilisés sur une opération contre le narcotrafic au cœur de la cité des Flamants (14e). C’est là que des agents de la maison départementale des solidarité exercent leur droit de retrait depuis la mi-octobre après avoir été menacés par les membres du point de deal installé à côté.

    Âgé de 62 ans, diplômé de l’École de Saint-Cyr, l’homme a démarré sa carrière dans la gendarmerie. Il a été commandant militaire à Matignon sous Juppé, puis préfet, notamment en Seine-Saint-Denis (2021-2024), où il a géré les enjeux sécuritaires liés aux JO de Paris.

  • La centrale biomasse sous le poids des restrictions

    La centrale biomasse sous le poids des restrictions

    Lors de la Révolution culturelle, la Chine maoïste avait eu, un bref temps, l’idée de remplacer les feux verts par des feux rouges. C’est manifestement le même type de feu vert que la préfecture a donné, le lundi 24 novembre dernier, pour la centrale thermique de Gardanne, en assortissant son autorisation d’exploitation de 80 pages de prescriptions particulièrement restrictives.

    Le document était pourtant particulièrement attendu. La précédente autorisation avait en effet été retoquée par le Conseil d’État le 27 mars 2023, la juridiction estimant que l’étude d’impact réalisée restait incomplète. Il avait alors fallu compléter cette étude et mener une nouvelle enquête publique sur un périmètre élargi de quelque 324 communes pour finalement déboucher, de nouveau, sur un avis favorable, nuancé par cinq réserves et quatre recommandations (notre édition du 16/08).

    Des limites bloquantes

    « L’instruction de la demande a montré que les impacts attribués au projet n’induisent pas de dangers ou d’inconvénients sous réserve de la mise en œuvre de mesures d’évitement, de réduction et d’accompagnement », confirment désormais les services de l’État dans leur arrêté, soulignant notamment la nécessité de limiter la consommation des ressources forestières locales « a minima sur les trois premières années ». Mais ils ajoutent aussi de nouvelles prescriptions, notamment à travers « un durcissement des valeurs limites d’émissions atmosphériques à la cheminée de la tranche 4 », assume la préfecture.

    De quoi rendre « restrictif » cet arrêté d’autorisation d’exploitation, déplore le secrétaire général de la CGT des travailleurs de la centrale, Jean-Michel Roccasalva. Alors même que le syndicat vient de remporter une victoire symbolique après sept ans de bataille, mercredi dernier, avec la signature en sous-préfecture des premiers contrats d’embauches pour les anciens salariés licenciés (notre édition du 27/11). « Pour nous, avec les éléments en notre connaissance, l’arrêté ne met pas en péril le fonctionnement à court terme, décrypte le responsable syndical. Mais à moyen terme, trois éléments nous interrogent, et nous allons prendre attache avec la préfecture pour connaître les modalités précises de mise en application. »

    La tranche de biomasse utilise en effet environ 10% de produits de récupération issus de l’ancienne exploitation minière, chargés en terre et en silice. « La préfecture a appelé ça dans son arrêté charbon cendreux, pointe Jean-Michel Roccasalva. Mais dans le contrat biomasse signé l’année dernière, nous avons l’obligation de sortir du charbon au 31 décembre ! »

    Les valeurs limites d’émissions autorisées interrogent aussi particulièrement. D’autant plus qu’elles ont été placées, sans justification, très en deçà des seuils fixés par arrêté ministériel. Jusqu’à cent fois moins, pour des métaux lourds. Avec un risque de bloquer le projet porté par les salariés. « Dans le cadre du projet Biométhane de Provence, la première phase, c’est la vente de plaquettes de bois en fin de vie à GazelEnergie pour être utilisées par la tranche de biomasse, détaille le syndicaliste. Mais les valeurs d’émissions sont trop basses pour les mettre en œuvre ! »

    Difficile traçabilité

    L’arrêté réclame aussi à l’exploitant de revoir sa copie pour assurer la traçabilité sur la biomasse locale, excluant le bois issu de zones protégées Natura 2000 et de coupes rases, avec un tonnage défini sur trois ans. « Nous estimons que c’est une bonne chose pour calmer les inquiétudes des citoyens, mais GazelEnergie indique qu’ils ont besoin de six mois pour cela », pointe Jean-Michel Roccasalva. Attentif à ce que le tonnage international soit bien maintenu pour assurer l’activité portuaire. « Certains éléments pourraient être modifiés par des portés à connaissance », espère-t-il. Avant d’insister : « Nous avons besoin de cet outil, pour les emplois et pour les besoins des usagers ! »

    « Nous avons besoin de
    cet outil ! »

  • Jacques Witkowski devient officiellement préfet de région

    Jacques Witkowski devient officiellement préfet de région

    Une main de fer dans un gant de velours ? Nommé le 19 novembre, Jacques Witkowski, nouveau préfet de région, de la zone de défense et de sécurité Sud et des Bouches-du-Rhône, est officiellement devenu, ce lundi 1er décembre, le représentant de l’État sur notre territoire. Tout droit arrivé du Grand Est après le passage éclair de son prédécesseur, Georges-François Leclerc, parti de Marseille rejoindre, le 30 octobre, les ors de la République en tant que directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, il lui a aussi succédé durant trois ans en Seine-Saint-Denis.

    « Je sais ce que je trouve, il sait ce que je vais faire », a-t-il lâché dans un sourire au cours de son allocution, reconnaissant qu’il n’imaginait pas se retrouver dans la cité phocéenne. « Je suis avec vous et tout à vous », assure-t-il néanmoins, devant un large parterre d’élus et de représentants du monde politique et économique. Le style tranche déjà son prédécesseur, le nouveau préfet affichant sa volonté d’être à l’écoute. « Vous me trouverez toujours à vos côtés, c’est dans la lettre que j’ai envoyée ce matin à l’ensemble des maires du département », affirme-t-il. Trois mots « seront toujours [son] guide », détaille-t-il : « Un État lisible, proche, réactif. » Il développe : « Lisible car il faut faire savoir ce que l’on fait. Sur les grands projets, le déficit d’explications, parfois, nous met à la peine. » La proximité, car « il faut que les services de l’État puissent avoir cette attention, avec chacun de nos citoyens ». Pour la réactivité, « vous aurez un préfet qui sera ouvert d’esprit et qui essaiera de faire des choses le plus vite possible… quand ça l’est », s’engage-t-il.

    Le narcotrafic

    en ligne de mire

    « J’ai conscience que les Bouches-du-Rhône, la région Paca, Marseille, ce n’est pas un poste comme les autres », estime Jacques Witkowski, fort de ses « 26 affectations ». Avant de laisser à voir son expérience méditerranéenne, « il y a quelques années à Montpellier » en tant que préfet de l’Hérault de 2019 à 2021, et de faire part de son attachement au sud.

    Il promet d’être « très attentif au développement de l’ensemble de la région Provence Alpes Côte d’Azur » où « de nombreux projets structurants sont devant nous », comme les Jeux olympiques, un dossier sur lequel il a travaillé plus de trois ans lors de son passage en Seine-Saint-Denis. « Un enjeu » dont la Région, est-il persuadé, sortira « gagnante avec le Département et la Ville ». Il pointe également des dossiers départementaux « aussi nombreux et d’une importance considérable » dans « une ville monde, une ville port, Marseille ». « Je n’ignore pas tous les enjeux liés aussi au savoir-vivre ici. Pour bien vivre, il faut être bien logé. Pour bien vivre, il faut avoir un travail », martèle le représentant de l’État.

    Mais qu’on ne s’y trompe pas, l’essentiel de sa feuille de route a déjà été clairement affichée : la lutte contre le narcotrafic. C’est même pour ça qu’il a été choisi par le président de la République, alors que l’assassinat de Mehdi Kessaci choquait tout le pays. Sous le côté affable, on devine sans peine la rectitude pour ne pas dire la tendance plus que droitière du diplômé de Saint-Cyr et gendarme. Pour mémoire, après des incendies de voitures et autres tirs de mortier pour le Nouvel An 2024 en Alsace, il n’avait pas hésité à convoquer en préfecture les parents étrangers des mineurs fautifs, se réservant même la possibilité de réexaminer leur titre de séjour…

    Pointant la remise en cause d’« une de nos libertés fondamentales », celle de la sécurité civile et du quotidien, il assène : « Je m’investirai à 100%. Je serai particulièrement réactif. » Il sera même « à fond », d’« une détermination totale ». Et de menacer « tous ceux qui viennent troubler la paix publique, qui empêchent les libertés individuelles et collectives de s’exprimer au quotidien », de sa « férocité » toute « républicaine ». Les voilà prévenus…

  • Hérault : l’État signe l’arrêt de mort d’une association jugée trop critique

    Hérault : l’État signe l’arrêt de mort d’une association jugée trop critique

    Les mines sont graves et les gorges, nouées. Au 31 décembre, l’action menée depuis 10 ans par Area auprès des habitants des bidonvilles de Montpellier prendra fin. Le temps qu’un autre opérateur prenne le relais, 400 personnes en situation de grande précarité se retrouveront donc sans accompagnement social. Et les dix salariés de l’association, en liquidation judiciaire, seront licenciés.

    Ainsi en a décidé la préfecture de l’Hérault en ne renouvelant pas la convention annuelle qui la lie à Area. Un arrêt du financement de l’État qui entraîne la perte de l’ensemble des autres subventions (Fonds social européen, mairie, CAF, ARS, Drac) adossées à cette mission sur les bidonvilles.

    Entourée de représentants du monde associatif et de personnes accompagnées venus la soutenir, l’équipe a tenu à dénoncer publiquement, le 26 novembre, cette décision lors d’une conférence de presse où se sont tour à tour exprimées colère, inquiétude et émotion. Car « il ne s’agit pas d’un choix budgétaire, mais d’une décision politique de rétorsion », souligne Catherine Vassaux, administratrice et ancienne directrice d’Area. « Il nous est clairement reproché d’avoir une position trop critique, c’est pour ça que nous sommes sanctionnés. Ça nous a été dit par les services de l’État à plusieurs reprises et ça nous a aussi été écrit », assure-t-elle.

    « Vous m’avez indiqué que l’association se positionne dans une posture critique des institutions à des fins d’amélioration continue de l’accompagnement des personnes en difficulté sociale sur les bidonvilles. Cette posture a amené à plusieurs reprises mes équipes à s’opposer à vos positions, depuis plusieurs années, tout en acceptant de continuer à financer la mission d’accompagnement au vu de vos résultats », écrit le directeur départemental de l’emploi, du travail et des solidarités de l’Hérault dans un courrier en date du 30 septembre – dans lequel il reconnaît la qualité du travail de l’association. « Aujourd’hui votre posture sur l’opération de résorption du bidonville de Jasse de Maurin ainsi que vos déclarations dans la presse et celles de votre équipe démontrent l’incompatibilité de votre position avec un financement de l’État », poursuit-il. Trop critique, donc.

    « Les pouvoirs publics

    en donneurs d’ordre »

    « Cette décision est prise aux dépens du travail social », déplore Catherine Vassaux. L’État finance en effet six des dix postes d’Area (les 4 autres dépendent d’autres subventions). « Ça veut dire que si une association ou un opérateur prend la suite de notre action, il y aura moins d’accompagnement social, puisqu’il y aura pratiquement 40% de financements en moins. » Selon l’ancienne directrice de la structure, ce qui arrive à Area n’est pas un cas isolé. « De plus en plus d’associations sont sanctionnées suite à des prises de position critiques. L’Observatoire des libertés associatives a rendu en juin dernier un rapport qui révèle que 30% du secteur associatif a été sanctionné pour des positions qui ne convenaient pas à l’administration. »

    « Longtemps, dans le travail social, les projets ont été portés par les associations sur la base de ce que qu’elles constataient sur le terrain. Les pouvoirs publics, eux, finançaient ces projets et leur mise en œuvre. Désormais, ils se positionnent en donneurs d’ordre qui attendent des associations qu’elles soient des prestataires », dénonce Damien Nantes, administrateur d’Area. « Ça a des conséquences directes sur le travail social, car on a des dispositifs imaginés par des personnes éloignées du terrain, qui demandent aux associations de les appliquer à la lettre. Or l’accompagnement social est le fruit d’une interaction entre les travailleurs sociaux et les personnes accompagnées. Les dispositifs doivent s’adapter aux besoins des gens. Aujourd’hui on fait l’inverse : on demande aux travailleurs sociaux d’adapter les personnes aux dispositifs », s’agace-t-il. L’association a donc pointé, au cours de ses dix années d’expérience sur les bidonvilles, ce qu’elle estimait être des erreurs, des points faibles ou des manquements. « 10 ans de tensions permanentes sur des sujets récurrents », soupire le directeur de l’association, José Lagorce, visiblement éprouvé. « On nous dit qu’on est une association militante. Mais ce que fait Area, c’est simplement utiliser Légifrance pour demander l’application d’un droit », poursuit-il. « Sur le bidonville de l’avenue de Maurin, par exemple, il y a des personnes qui relevaient de la stabilisation ou du CHRS auxquelles on a refusé l’entrée dans ces dispositifs en raison de l’irrégularité de leur séjour, alors que cette question ne devait pas se poser. Ça veut dire qu’on laisse en errance des gens qui n’auront d’autre choix que d’aller reconstruire un bidonville ailleurs. Ces exemples se multiplient », assure José Lagorce. « Ce qui nous arrive et arrive à d’autres associations en France va se multiplier. Il faut faire en sorte que notre exemple ne provoque pas de la peur, mais donne envie de résister. »

    Reste l’énorme gâchis humain causé par cette décision brutale. Car « au-delà de la vacance de l’accompagnement, c’est aussi un lien qui va être perdu. Un lien de confiance, ça ne se crée pas en quelques jours parce qu’on signe un financement avec un prestataire quelconque. Ça se construit dans le temps », insiste Damien Nantes. La preuve par les témoignages émus livrés à la fin de la conférence de presse. « J’ai 27 ans. Voilà plus de 10 ans que je suis accompagnée par Area. Ils font partie de mon histoire. J’ai habité plusieurs années sur le bidonville du Zénith. Ils m’ont aidée à trouver du travail et un logement. Je suis là pour les remercier », déclare une jeune femme au bord des larmes. « Mes premiers pas à l’école, c’était avec eux. Grâce à eux, je suis allé jusqu’au bac, alors que je voulais arrêter. Ils m’ont trouvé un logement social. Ça fait des années qu’ils suivent ma famille, qu’ils se battent pour nous. Ce sont des éducateurs exceptionnels. Je n’arrive pas à croire que le travail de cette association s’arrête », renchérit un jeune homme. Le cri du cœur. Le plus bel adieu.

  • La police municipale s’installe sur l’avenue de Saint-Jérôme

    La police municipale s’installe sur l’avenue de Saint-Jérôme

    C’est une ancienne boucherie qu’une dizaine d’agents de la police municipale a officiellement investie ce vendredi 28 novembre, avenue de Saint-Jérôme (13e). Un effectif qui devrait doubler d’ici quelques mois. Après le 42, la Canebière, et avant que n’ouvre « très bientôt » la rue Loubon (3e), cette nouvelle antenne de proximité devrait permettre de mieux répondre aux demandes des habitants, a estimé le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG) venu dévoiler la plaque d’entrée.

    L’idée : que la police municipale investisse tous les quartiers, « d’ici 5 à 6 ans ». « Une police qui connaît la topographie des lieux est essentielle dans le continuum de sécurité », déclare-t-il, fier de cette police « la mieux armée de France dans tous les sens du terme ». Elle « a été déterminante, essentielle, dans les enquêtes en cours », assure Benoît Payan. Un rôle accru que le maire de Marseille assume sans ambages, déplorant le manque d’effectif de la police nationale.

    « On est une grande ville, cinq fois Lyon et deux fois et demie Paris, est-ce que vous savez combien de policiers nationaux tournaient cette nuit ? 35 », affirme-t-il pour qui « ce n’est pas sur la sécurité que nous devons faire des économies » pas plus que sur « tout ce qui représente la République ». Entendre la police, la gendarmerie, les hôpitaux, la Poste, les associations, bref « celles et ceux qui font qu’on est debout ». Marseille a besoin « d’une police nationale qui soit calibrée », insiste Benoît Payan, s’indignant que l’année dernière, « le ministre de l’Intérieur ait décidé de supprimer une préfecture de police de plein exercice ». Intolérable pour l’élu dans une ville confrontée de plein fouet au narcotrafic…

  • Des embauches plus que symboliques pour les salariés de la Centrale de Gardanne

    Des embauches plus que symboliques pour les salariés de la Centrale de Gardanne

    Enfin, la lumière au bout du tunnel pour les salariés de la Centrale de Gardanne. En sous-préfecture d’Aix-en-Provence, ce mercredi, représentants des salariés, de l’État, de l’association des travailleurs du site et de la CGT se sont réunis pour des signatures de contrats de travail inédites. Inédites, car le projet industriel qu’ils portent depuis plusieurs années, fruit d’âpres luttes syndicales et d’innombrables conflits sociaux, devient enfin concret.

    Après la fermeture de la centrale à charbon en 2018, depuis reconvertie en centrale biomasse, l’idée de la création d’une unité de production d’énergie sur le site, qui permettrait la réembauche des salariés licenciés du fait de la fin du charbon, avait germé. Cette idée est désormais une réalité avec la signature des trois premiers contrats de la société d’exploitation Provex, issue du travail de l’Association des travailleurs de la Centrale de Gardanne (ATCG) porteuse du projet « BioMéthane Provence ».

    « On a toujours eu les idées claires pour l’avenir, on avait l’exemple des Fralib… Comme quoi la lutte paie ! », se réjouit Michaël Bounoua, pour la CGT du site. « C’est une journée un peu exceptionnelle qui scelle dans le marbre un combat de 7 ans », renchérit Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT du Grand port maritime de Marseille (GPMM) et représentant l’UD CGT 13 ce jour. Même le sous-préfet d’Aix, Mathieu Gatineau, s’affiche grand sourire : « c’est la clôture heureuse d’un épisode social douloureux. » Avant de développer : « C’est la fin d’un épisode historique et le début d’une nouvelle ère que nous espérons tous. Les travailleurs de la centrale ont été dans l’innovation. »

    Une nouvelle ère qui devient concrète pour Nicolas, Khalil et Bouziane, qui signent un contrat au statut des travailleurs des Industries électriques et gazières (IEG). Tous ont été licenciés du site, deux sont issus d’un sous-traitant de GazelEnergie, propriétaire de la Centrale, mais ont quand même « subi de plein fouet le plan de licenciement puisqu’ils étaient avec la CGT dans le mouvement social ». Le troisième a directement été visé par le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) mené à la centrale, en 2021, et fait partie des « 27 licenciés » pour lesquels les travailleurs de la Centrale se sont tant battus.

    À l’origine, 90 travailleurs de la Centrale étaient concernés par ce PSE, dont une « quarantaine de licenciés contraints ». Mais, entre les départs à la retraite et ceux qui ont préféré partir pour d’autres horizons, on arrive aux fameux 27. Lesquels ont été soumis à un congé spécifique d’accompagnement (CAS), dispositif mis en place suite à la fin du charbon, qui devait bientôt prendre fin pour la plupart, impliquant donc du chômage pour ces derniers. Mais il faut retenir que tous vont être réembauchés, à terme, grâce à BioMéthane Provence. « Une solution a été trouvée pour chacun », insiste Mathieu Gatineau. « C’est ce qui nous a animés : que chaque salarié retrouve un emploi », abonde Loïc Delpech, président de l’ATCG (lire entretien ci-contre).

    « Décarboner en créant

    de l’emploi »

    Après ces trois recrutements, une deuxième vague de huit autres salariés est prévue, le mois prochain, puis le reste des licenciés d’ici janvier 2027. À terme, le projet prévoit une cinquantaine d’emplois directs. « Même si ça a été un sentier long et tortueux, on salue la responsabilité des autorités, qu’il a fallu bousculer, par des mots et par moments », note Pascal Galéoté. Avant de souligner « le travail colossal » des salariés pour faire aboutir le projet et d’applaudir « l’exemple de ce que peut amener la lutte ».

    Un exemple à plus d’un titre, notamment sur le plan industriel et écologique. Maël Disa, fondateur de Gazotech, entreprise nantaise et associée aux salariés pour la création de Provex, loue une « première étape d’un projet de reconversion sociale qui est bien plus large : un projet industriel neuf sur le site de la Centrale ». Il rappelle que l’industrie à venir est « ambitieuse, quasi une première mondiale », puisqu’elle s’appuie sur de la récupération de bois déchet et un procédé de pyrogazéification pour la création de biogaz et son injection dans le réseau. « Et, ultimement, être liquéfié pour servir de carburant GNL [Gaz naturel liquéfié] pour les navires », développe-t-il. Avant de préciser : « On est sûr un projet circulaire, avec des intrants locaux, qui sinon partiraient ailleurs par camions. Et avec une récupération des cendres pour en faire du biocharbon qui remplace le fossile ». En bref : « Décarboner tout en créant de l’emploi. »

    Encore des étapes à franchir

    « On va continuer à accompagner le projet, sur le plan financier avec une partie des études qui restent à faire et aider à aller chercher des financements auprès de l’ensemble des partenaires institutionnels », précise le sous-préfet, Mathieu Gatineau. Car il reste bien quelques étapes d’importantes. Comme le résume Pascal Galéoté : « On ne parle pas encore de victoire, car le chemin est encore long. » Et notamment « des études qui doivent permettre l’aboutissement total du projet », précise Loïc Delpech. Et aussi une « autorisation environnementale à faire instruire ». Le tout étant intrinsèquement lié à l’activité de la centrale de Gardanne, dont l’arrêté préfectoral d’autorisation d’exploitation avait fait l’objet de débats juridiques et d’une nouvelle enquête publique, cette année.

  • Le Préfet du Var dévoile le dispositif de mise à l’abri hivernale

    Le Préfet du Var dévoile le dispositif de mise à l’abri hivernale

    Ces deux dernières semaines, le froid a fait son retour dans le Var. Localement, le mercure est parfois descendu sous les 0°C et quelques flocons sont tombés à très basse altitude, tandis que les reliefs du Haut-Var ont légèrement blanchi. Une première offensive hivernale qui rappelle que le soleil et la chaleur ne sont pas un apanage annuel. Et qui, surtout, marque le début d’une période particulièrement difficile pour les personnes précaires et sans-abri. En France, depuis le début de l’année, 614 d’entre elles sont décédées.

    C’est pourquoi comme chaque année, la préfecture du Var met en place son dispositif de mise à l’abri hivernal. Piloté par la Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS) sous l’autorité du préfet, avec le soutien des associations de terrain et du Siao 115, celui-ci est en place depuis le 1er novembre.

    Un plan à deux niveaux

    Un dispositif complémentaire aux 955 places d’hébergement d’urgence mises à disposition toute l’année par les services de l’État et les associations, et qui doit permettre « d’offrir un accueil pour toute personne qui demande à être à l’abri en cas de températures ressenties négatives », affirme la préfecture. Deux niveaux d’alerte sont ainsi établis : le niveau 1 pour les températures comprises entre -1°C et -4°C, et le niveau 2 pour les températures inférieures ou égales à -5°C.

    Le niveau 1 implique l’ouverture de deux accueils de nuit (7 places en file active sur l’agglomération de Hyères et 10 places à destination des femmes seules à Toulon), de 5 salles paroissiales et associatives (44 places) en plus des 8 places déjà ouvertes sans condition climatique sur les agglomérations de Hyères et Saint-Raphaël, des huit accueils de jour avec des extensions horaires, mais aussi des mises à l’abri hôtelières complémentaires au sein de 11 établissements partenaires, et la mise en place d’un tiers-lieu alimentaire pour les familles à la rue ou hébergées à l’hôtel. Le niveau 2 consiste en un renforcement de l’alerte, via l’intensification des maraudes effectuées par les équipes mobiles et les bénévoles. Au total, ce dispositif permet d’accueillir 955 personnes par jour.

    Pour encadrer ce dispositif, le Siao-115 du Var mobilise ses équipes sur le terrain et dans les centres d’appels et informe la DDETS du Var en temps réel de l’évolution des demandes. Un médecin est disponible sur Toulon pour coordonner le parcours de soins des personnes vivant à la rue, avec des interventions du Smur dans le cadre de la régulation médicale du centre 15 suite à un signalement au 15, 18 ou 112. Si une personne refuse la mise à l’abri alors qu’elle semble en danger, il appartient aux agents d’user de toute leur persuasion et, en cas d’échec, de prévenir le Service d’aide médicale urgente (Samu) qui activera les moyens de secours adaptés. La préfecture invite à multiplier les dons matériels (vêtements, nourriture, kits d’hygiène…) et pécuniaires auprès des associations, et à appeler le 115 en cas de repérage d’une personne sans-abri en difficulté ou en danger.

  • Yoann Toubhans nommé nouveau sous-préfet de Carpentras

    Yoann Toubhans nommé nouveau sous-préfet de Carpentras

    Âgé de 48 ans, il prendra officiellement ses fonctions le 8 décembre. Le haut fonctionnaire arrive de Corse, où il était sous-préfet de Calvi depuis 2021. Des fonctions précédemment occupées également à Nice-Montagne et Toul en Meurthe-et-Moselle. Initialement fonctionnaire territorial, Yoann Toubhans a commencé sa carrière en qualité
    de chargé d’études à la direction des affaires administratives et juridiques du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, en 2001.

  • Vague de froid : le gymnase Vallier devient un refuge

    Vague de froid : le gymnase Vallier devient un refuge

    Alignés les uns aux autres, des lits de camp kaki recouvrent le lino du gymnase Vallier. Samedi, en fin d’après-midi, environ la moitié de la literie est déjà occupée par des hommes isolés vivant à la rue. Face à l’épisode de froid qui sévit actuellement, « la Ville de Marseille a proposé aux services de l’État d’ouvrir un équipement municipal pour les accueillir », explique Audrey Garino, adjointe au maire de Marseille déléguée aux affaires sociales, à la solidarité, et à la lutte contre la pauvreté (PCF).

    « On a un accord avec la préfecture : on met à l’abri les hommes, avec des associations qui assurent la gestion du gymnase notamment le Service intégré d’accueil et d’orientation (SIAO), l’Accueil de jour et nuit (ADJ) et la Croix Rouge, et l’État ouvre des places d’hôtel pour les femmes et les familles. » Après une première nuit, du 21 au 22, quasiment complète avec 46 personnes accueillies sur les 50 places disponibles, la Ville a ajouté 40 lits pour les prochains jours, puisque le dispositif s’étendra au moins jusqu’au mardi 25 novembre.

    Pas de sortie sèche

    Pour Thiago, sans domicile depuis 15 jours, cette mesure est un soulagement. Lui a choisi de quitter son appartement par peur de s’endetter auprès de son propriétaire après avoir été arnaqué par son employeur qui lui doit deux mois de salaire. « Quand les températures ont baissé, on a essayé de s’abriter dans un parking du Vieux-Port mais il faisait tellement froid qu’on n’a pas réussi à dormir, même avec des couvertures », raconte-t-il. La faute, aussi, à une hypervigilance qu’il a développée depuis qu’on lui a volé ses papiers alors qu’il s’était assoupi.

    Au gymnase, il est « rassuré » et se sent entouré de « personnes accueillantes et bienveillantes ». « Venir ici m’a aussi permis d’avoir accès au SIAO, qui va essayer de me trouver un logement, poursuit Thiago. Ils doivent me donner la réponse lundi ! »

    Sabine Fabiani, directrice adjointe en charge du pôle « aller vers » de l’ADJ, explique : « Le but, c’est qu’à la sortie, on leur propose quelque chose. En janvier dernier, sur 90 personnes, au moins 70 ont été orientées vers des foyers d’urgence, des Maisons relais, des pensions de famille ou des Centres d’hébergement et de réinsertion sociale. »

    Environ 7 000 places d’hébergement d’urgence sont ouvertes à Marseille, dont 500 créées par la Ville depuis le début du mandat de Benoît Payan. « On a capté 13 bâtiments municipaux pour le faire et on a un objectif de 500 places supplémentaires », précise Audrey Garino, qui détaille : « Une halte de nuit devrait sortir dans les premières semaines en prévision de l’hiver pour les personnes les plus exclues. »