Tag: Politique

  • Le moment de dire stop

    Le moment de dire stop

    Les sénatoriales qui ont lieu ce dimanche dans nos départements sont, dit-on, des élections de spécialistes. Seul scrutin indirect de notre République, elles mobilisent des « grands électeurs » qui sont pour l’essentiel des élus municipaux.

    Et pourtant, la campagne fut étonnamment dépolitisée. De nombreux candidats ont tenté de convaincre en proclamant leur amour du territoire, leur soutien aux communes ou leur proximité personnelle avec tel ou tel maire.

    Un peu court alors que les collectivités ploient sous le poids des contraintes budgétaires imposées par les budgets d’austérité votés au plan national par les députés et… les sénateurs.

    Révolte

    Les candidats de la droite et du centre ne pourront pas esquiver longtemps le débat. S’ils venaient à être élus, c’est sur la copie budgétaire du gouvernement Lecornu qu’ils auront à se prononcer. Voteront-ils les 54 milliards d’économies et les nouvelles coupes notamment sur les moyens dédiés aux collectivités ?

    Les candidats d’extrême droite ont, quant à eux, bien du mal à cacher les votes du RN à l’Assemblée nationale qui ont validé la perte de 4,9 milliards sur la dotation globale de fonctionnement des collectivités en 2026 avec toutes les conséquences connues sur les services publics locaux et la vie quotidienne des habitants dans la ruralité comme dans les grandes villes.

    Alors, austérité stop ou encore ? C’est la question posée aux grands électeurs ce dimanche. Les communes vont-elles se révolter dans l’intérêt de leurs habitants ? Elles disposent des bulletins de rassemblements des progressistes pour le faire.

  • Vent debout contre l’élevage industriel de poules

    Vent debout contre l’élevage industriel de poules

    Alors que les premiers travaux de terrassement du projet d’élevage industriel de poules pondeuses ont commencé mardi à Saint-Jurs, et qu’un permis a été accordé pour un projet similaire à Roumoules, plusieurs associations ont déploré mercredi lors d’une conférence de presse la multiplication de ces installations sur le plateau de Valensole, qu’elles estiment « illégales ». Elles souhaitent déposer « dans les prochaines semaines » « un référé suspension » et « une plainte » concernant le projet de Saint-Jurs, a annoncé l’avocat et ancien adjoint marseillais Sébastien Barles, dénonçant des atteintes à la biodiversité et aux nappes phréatiques. Hervé Garcin, président de cette nouvelle association de protection de l’environnement du plateau de Valensole, a expliqué « mener la lutte » contre cette « épidémie de poulaillers industriels ». L’ancien député LFI Léo Walter et de nombreuses associations étaient à ses côtés mercredi pour dénoncer ces projets, alors qu’une réunion publique était organisée à Saint-Jurs.

    « Je ne comprends pas cette mobilisation, parce qu’on est sur des élevages qui sont relativement petits, et qui n’ont aucune nuisance sur l’environnement », a réagi Stéphane Monmagnon, gérant de la Compagnie générale d’agriculture, en charge des deux projets d’installation de poulaillers. Il affirme que les animaux y seront « dans des conditions confortables, à l’extérieur » et que ces projets garantissent des « revenus pour l’agriculteur entre 2 500 et 3 000 euros net par mois ». « On a suivi le parcours que nous impose la loi, y compris les instances de protection de la nature, personne n’a eu à redire », affirme-t-il. Contactée, la mairie de Saint-Jurs n’a pu être jointe dans l’immédiat.

  • Drapeau confédéré : le Collectif aixois contre l’extrême droite s’insurge

    Drapeau confédéré : le Collectif aixois contre l’extrême droite s’insurge

    Symbole raciste et suprémaciste, une bannière confédérée a été déployée, samedi, lors de l’American day organisé par les associations Bikers 100 P et Hors Limites, à Simiane-Collongue. L’organisateur et le maire assument une simple « décoration » . Le Collectif Aixois contre les idées et les violences d’extrême droite a réagi dans un communiqué, mercredi : « L’exposer, c’est diffuser dans l’espace public le message que le racisme et le suprémacisme blanc relèvent d’un patrimoine culturel acceptable ». Le collectif ajoute : « Notre collectif s’étonne qu’aucun des élus présents n’ait jugé nécessaire de demander le retrait de cet emblème, ni de s’en désolidariser publiquement. Plus grave encore : le chef de la police municipale a posé devant ce drapeau, pour une photo que l’on peut voir sur le compte Facebook de l’élue déléguée à la Communication (…). » La structure demande notamment « que Philippe Ardhuin, maire de Simiane-Collongue, et Renaud Muselier, président de la Région, condamnent publiquement et sans ambiguïté le drapeau confédéré et ce qu’il représente, que le maire de la ville recadre le chef de la police municipale (…) ».

  • Alternative progressiste pointe l’inertie du RN sur les dossiers clés

    Alternative progressiste pointe l’inertie du RN sur les dossiers clés

    Après le conseil municipal de mardi, nous retrouvons aujourd’hui les conseillers municipaux d’opposition de gauche dans le centre-ville de l’ex-cité des Chantiers pour une analyse de la gestion par l’extrême droite de la commune ces six premiers mois.

    Concernant le volet des écoles, dont le maire Dorian Munoz affirme avoir fait sa priorité avec la sécurité, l’enseignant Cédric Turco (PCF) explique que, mis à part quelques travaux engagés, la rentrée s’est effectuée dans des conditions totalement insatisfaisantes. « Dans la deuxième ville du Var, on a des écoles dans un état lamentable. On est loin d’être à la hauteur des besoins », affirme-t-il. Et donc l’absence d’avenant budgétaire pour répondre à l’urgence dénote une absence de volonté politique malgré l’affichage, pointe l’élu.

    Et de poursuivre : « Les préfabriqués de l’école Victor Hugo sont amiantés et sont de vraies passoires thermiques : c’est irrespectueux pour les enseignants, pour le personnel municipal et pour les élèves de travailler dans ces locaux ».

    L’occasion aussi de rappeler que le groupe Alternative progressiste ne lâchera rien à propos de la construction du nouveau groupe scolaire Verne-Mabily qui aurait dû accueillir les élèves depuis 2021. Un projet que la droite précédemment aux manettes a jeté aux orties sans autre forme de procès. En attendant la solution trouvée n’a apporté aucune amélioration, explique-t-il. Au contraire même, puisque « le fait que la maternelle Mabily partage les locaux avec la maternelle Cotton engendre de gros problèmes au niveau de l’organisation ». Sans compter que « l’école Verne est amiantée du sol au plafond ».

    L’autre point noir dénoncé réside dans le manque de transports scolaires. Et l’embauche d’un chauffeur de bus contractuel risque de ne pas suffire. Pour la gauche, « une sortie scolaire annulée, c’est une activité pédagogique qui disparaît, et un enfant qui ne peut pas partir en sortie parce que la collectivité n’a pas les moyens de l’y emmener, c’est aussi une inégalité d’accès aux activités scolaires ».

    Écoles délabrées

    Cédric Turco rappelle également que l’apprentissage de la natation obligatoire pour les élèves de la maternelle au CM2 n’est toujours pas assuré faute de piscine.

    « C’est une obligation légale pour les communes de plus de 30 000 habitants », insiste Stéphane Sacco (GRS).

    Concernant, leur présence aux côtés des personnels de l’hôpital de La Seyne mobilisés pour que continue de vivre le service psychiatrique, les élus de gauche rappellent qu’ils ont été les seuls à les soutenir et à participer à tous les rassemblements devant l’établissement.

    « Nous avons contacté nos élus parlementaires et il y a eu une question écrite posée au gouvernement », précise Brigitte Cheinet (PCF). Et de poursuivre : « On a pu obtenir la mise en place temporaire pendant l’été d’un certain dispositif et il avait été annoncé la venue d’un professeur, le professeur Diaz, avec des internes pour faire vivre ce service. Donc nous, on ne lâche pas ce dossier, on le suit de très près ».

    Autres sujets sur lequel Alternative progressiste souhaite intervenir, celui de la traversée du port de La Seyne et le projet de réhabilitation de la corniche de Tamaris qui s’enlise.

    « Sur le centre-ville, Monsieur Munoz est dans les pantoufles de Minniti [l’ancien maire de droite, ndlr] et poursuit des opérations qui étaient déjà préparées », déclare Stéphane Sacco.

    Et de préciser : « Pour nous, la priorité dans la rénovation du centre-ville, ce n’est pas simplement de refaire des places ou de déplacer du mobilier urbain mais de réhabiliter le logement existant, permettre à de nouvelles familles, à des jeunes actifs de pouvoir s’y installer. C’est comme cela que nous créerons de la mixité sociale tout en préparant les mobilités de demain ».

    Concernant la corniche, l’élu interroge : « On nous avait notamment annoncé des travaux qui devaient commencer et même une réalisation à l’horizon 2026, or ils n’ont toujours démarré. Où en est réellement ce projet ? ».

    Concernant ensuite le tunnel sous le port que la droite avait présenté comme une solution pour désengorger la traversée du centre-ville, Alternative progressiste ne se dit pas surprise par les premières conclusions de faisabilité. « Pendant la campagne, nous avions déjà expliqué que ce projet posait des problèmes techniques importants, notamment au niveau des accès et des sorties du tunnel, avec des conséquences sur les secteurs concernés », détaille Stéphane Sacco.

    La gauche insiste sur le fait que la solution à adopter ne devra pas faire l’impasse sur l’arrivée du BHNS comme c’est le cas aujourd’hui.

  • [Quoi de neuf] « Il y a un angle mort sur le Midi blanc, conservateur »

    [Quoi de neuf] « Il y a un angle mort sur le Midi blanc, conservateur »

    Rémy Cougnenc : Le festival les Fourmilières contre les idées l’extrême droite est une première. Qu’est-ce que cela révèle du climat actuel ?

    Emmanuel Négrier : L’importance de l’enjeu et la très grande difficulté dans laquelle se trouvent les grands mouvements ciblés par l’extrême droite aujourd’hui. À savoir : trouver les armes pour lutter contre cette ascension. On voit dans le spectre électoral, les dynamiques de partis, les prises de position, une droitisation généralisée du discours et donc la fragilisation de personnes, groupes sociaux ou culturels ciblés par le RN. On le constate dans les premières expériences des villes conquises par le RN. L’urgence que manifestent ces mouvements, c’est de reprendre un peu la main pour faire le travail des partis politiques [de gauche, ndlr]. Il est essentiel de revenir sur l’Histoire pour ne pas se laisser berner par des discours populistes.

    Rémy Cougnenc : Philippe Secondy, c’est une plus-
    value historique que vous avez amenée au débat
    à la Carmagnole du 15
     septembre ?

    Philippe Secondy : Tout à fait. Je donne un éclairage sur l’esprit des lieux. Chaque territoire a des singularités politiques. Il est nécessaire de faire un long détour dans les archives pour montrer comment ces territoires ont été imprégnés sur le plan politique par des conflits parfois ancestraux avec des dimensions sociales, religieuses, économiques… qui ont pu peser.

    Rémy Cougnenc : Dans votre ouvrage, « La persistance du Midi Blanc » (catholicisme traditionnel, royauté, antirépublicains), vous expliquez que la crise viticole de 1907 a bouleversé les rapports de force avec le « Midi Rouge »…

    Philippe Secondy : Pour comprendre 1907, il faut comprendre ce qui s’est passé depuis la fin du XVIIIe siècle. En Languedoc et dans le sous-secteur rhodanien, on a un affrontement net entre les « rouges » et les « blancs ». Les « bleus » – les Orléanistes et Bonapartistes – étaient quelque peu marginaux. L’extrême droite a des racines dans ce Midi royaliste, dans lequel la religion va jouer un rôle de ciment fédérateur. Au XIXe, il y aura plusieurs dimensions. Dès 1819 avec la Restauration, durant Louis XVIII, Montpellier est la première ville de France à ériger un monument en l’honneur du « roi martyr », Louis XVI. La pose de la première pierre a donné lieu à un grand rassemblement populaire en 1819. La statue a été érigée place des Capucins aujourd’hui place du marché aux fleurs (à côté de la préfecture). On a des grands propriétaires terriens nobles alliés à la haute bourgeoisie mais aussi un enracinement de cette culture politique au sein des couches populaires. Tout cela sera confirmé lors des élections de 1849 après l’instauration du suffrage universel direct masculin. On va voir surgir des bastions « blancs » notamment dans l’est de l’Hérault. Au fil du siècle, ce Midi blanc va se consolider avec le journal L’Éclair qui naît en 1881 et qui existera avec un impact important jusqu’en 1944, dirigé par des membres de la noblesse et de la grande bourgeoisie. Ils seront rejoints par l’évêque Monseigneur de Cabrières qui jouera un rôle central durant un demi-siècle. En 1907, il va tendre la main aux révoltés de la viticulture et des perches à certains membres du « Midi rouge » qui est assez éclaté avec des radicaux-socialistes vus comme des radis : rouges de l’extérieur mais blancs de l’intérieur. Il va profiter de ce moment d’union nationale pour essayer de récupérer sur le plan politique ces viticulteurs massivement mobilisés contre l’État central [face à la surproduction de vin].

    Olivier Nottale : C’est vrai que les jeunes de 2026 n’ont pas forcément connaissance qu’il a pu exister ce « Midi blanc » à Montpellier…

    Philippe Secondy : En fait, il y a longtemps eu une focalisation sur le « Midi rouge » avec des travaux importants de l’historien Jean Sagnes ou Paul Alliès en science politique. Il y a un angle mort de ce Midi conservateur structuré par les royalistes. Chez eux, il y aura des entrepreneurs politiques qui ont accepté les règles de la modernité électorale avec le suffrage universel. Je pense notamment à l’avocat André Vincent qui à la fin du XIXe siècle va développer la jeunesse royaliste, laquelle va entamer un bras de fer avec les notables « blancs », favorables à une sorte d’honorable modération, ne souhaitant pas participer au jeu politique. Or, André Vincent et ses émules comprennent que pour agir concrètement, il faut adopter les nouvelles règles. Grâce au concours de l’Église, ils vont créer des structures de type associatif, vecteurs essentiels pour ancrer ce « Midi blanc ». On met aussi en avant ce qu’il se passe dans les monarchies européennes voisines. Une sorte de programme politique assez moderniste sur certains points se met en place.

    Rémy Cougnenc : Comment le « Midi blanc » a-t-il encaissé la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État ?

    Philippe Secondy : Cela a été un coup derrière la tête mais aussi un moment important de mobilisation politique. Mgr de Cabrières qui sera aussi cardinal va défier le Pape Léon XIII qui prônait le ralliement à la République. Il va écrire le manifeste d’Avignon.

    Écoutez l’émission en cliquant sur le lien.

  • Un auteur nationaliste pour la Semaine provençale d’Avignon

    Un auteur nationaliste pour la Semaine provençale d’Avignon

    La lecture d’un texte de Charles Maurras, auteur d’extrême droite nationaliste, xénophobe et antisémite du XXe siècle, lors d’une conférence organisée ce vendredi 2 octobre à la bibliothèque municipale Ceccano d’Avignon, en collaboration avec l’association l’Oustau de la Culturo Prouvençalo d’Avignoun, interroge.

    Un nom que la librairie avignonnaise Youpi n’a pas manqué de noter. « Il nous paraît opportun de rappeler que Charles Maurras, antisémite antidreyfusard et xénophobe notoire, est à l’origine du mouvement politique français d’extrême droite nationaliste et royaliste qu’est l’action française », rappelle-t-elle dans un mail adressé à la direction des bibliothèques. Et insiste que « l’étude de ses écrits, dont certains sont certes rédigés en provençal, mérite sans doute un petit peu de précautions dans le cadre d’un événement grand public dans un établissement municipal ».

    Contactée, la municipalité affirme qu’elle « n’a pas vocation à censurer les œuvres ni les auteurs présentés dans le cadre d’une programmation culturelle ». Mais que « compte tenu de la nature » des positions de Charles Maurras, « une contextualisation claire de cette lecture nous paraît en revanche indispensable ». Et que l’association en charge de la programmation « indique elle-même vouloir garantir le pluralisme des œuvres présentées et s’est engagée à contextualiser l’œuvre auprès du public présent ».

    Vive réaction chez la section locale de la France insoumise qui estime que « présenter Maurras par sa seule prose provençale, sans contextualiser ce qu’il fut politiquement, ce n’est pas faire œuvre de pluralisme ».

  • [Parole de maire] David Gehant, (DVD – Forcalquier) : « Faire perdurer l’héritage de Daniel Spagnou »

    [Parole de maire] David Gehant, (DVD – Forcalquier) : « Faire perdurer l’héritage de Daniel Spagnou »

    C’est le rendez-vous du lundi deux fois par mois dans La Marseillaise. En interrogeant sans concession les premiers magistrats des communes de Provence, sur les chantiers, leurs décisions, leurs perspectives, La Marseillaise met en lumière la vie des communes, cellule de base de la République.

    La Marseillaise : Quels sont les gros chantiers prévus pour la rentrée à Forcalquier et sur la communauté de communes ?

    David Gehant : Nous sommes très portés sur le respect des engagements qu’on a pris. Le programme pour lequel on est élu, pour certains candidats ou pour certains politiques, c’est un document qui sert à se faire élire, alors que pour nous, c’est vraiment une feuille de route. Là-dedans, il y a un certain nombre de projets qui sont des grands projets d’envergure. Je pense au pôle des arts et de la culture notamment pour rassembler tous les arts vivants, danse, chant, théâtre, musique, dans un même lieu.

    Ou encore à la réhabilitation de la piscine et sa transformation en pôle aqualudique. Cela devient de plus en plus urgent parce que la piscine actuelle a 60 ans et est dans son jus. On colmate chaque année les brèches jusqu’au moment où on ne pourra plus. Et on sait que c’est un service public qui est très important, notamment pour la cohésion sociale, parce que c’est un lieu de rencontre.

    Il y a aussi l’agrandissement ou la création d’un nouveau pôle de santé. Notre centre de soins non programmé au mandat précédent a créé une dynamique positive et donc il y a des médecins qui viennent ou qui veulent s’installer. On avait des locaux disponibles à l’étage qui sont aujourd’hui pleins. On ne veut surtout pas qu’il y ait une rupture dans la dynamique et on va donc assez rapidement créer des lieux supplémentaires pour accueillir ces praticiens.

    Vous êtes dans une volonté d’apaisement avec l’opposition ?

    D.G. : On l’a toujours plus ou moins été. Dès 2020, au lendemain de l’élection, j’ai dit que le combat électoral, c’est pendant la durée d’une élection, mais que nous serons les élus de tous les Forcalquiérens et que la minorité ou l’opposition a une place là-dedans. Cette main tendue n’a pas forcément été saisie en 2020. J’ai l’impression que déjà en fin de mandat, les choses avaient un peu évolué et les protagonistes qui étaient vraiment anti-rapprochement avaient démissionné. Il restait un ou deux éléments qui avaient une perception très idéologique de l’engagement politique et public qui, par définition, empêche le rapprochement et le bon sens. À l’élection du maire, j’ai eu plus de voix que ce que j’ai de collègues majoritaires. C’est la preuve que l’opposition a aussi voté pour moi. C’est quand même un signe d’apaisement. Le soir même de la victoire, j’ai fait très attention à ce que Jean-Michel Grès [tête de la liste citoyenne Forcalquier en commun, ndlr] soit traité très correctement. Je l’ai fait monter avec moi sur l’estrade. Je lui ai proposé de prendre la parole. Il y a des campagnes, c’est normal. Une fois qu’elle est passée, on est tous là pour l’intérêt général.

    Vous disiez lors de l’annonce de votre candidature que Daniel Spagnou vous avait choisi depuis plusieurs mois pour prendre sa suite à la tête de l’association des maires. Pourquoi, selon vous, avait-il pensé à vous ?

    D.G. : Il y a d’abord le jour de la Marianne d’or qu’on a reçue ici, quand il annonce au micro, devant toutes les autorités, qu’il me considère comme son successeur. Il y a un premier message politique qui est posé. Ensuite, il y a le choix de Forcalquier comme lieu pour l’Assemblée générale, symboliquement, pour prendre la succession de Daniel. Daniel ne laissait rien au hasard. Et donc, s’il choisit Forcalquier, il y a un symbole.

    Je veux continuer à faire perdurer son héritage. Après, nous sommes deux générations différentes. Et donc, on va appréhender les choses sous un angle différent. On va essayer d’apporter une touche de modernité sur la manière de faire, notamment, on le fera dès l’assemblée générale, où on va arrêter les discours sans fin. C’était un peu devenu ça, toutes les autorités ont envie de s’exprimer, mais les maires ne viennent pas pour écouter dix discours d’un quart d’heure chacun. On a besoin de modernité, d’interactivité, d’échange. Donc, on va mettre ça sous forme de table ronde, où chaque autorité pourra s’exprimer, mais en même temps, interagir avec la salle. Ce sera quand même, à mon avis, plus constructif.

    Qui est-ce que vous soutenez pour les élections sénatoriales ? Jean-Yves Roux (PRG) revendiquait votre soutien, mais ça n’a jamais été annoncé officiellement. Est-ce que vous soutenez plutôt Stéphanie Colombero (LR) ?

    D.G. : Il m’est très difficile, à trois semaines d’une élection à la présidence de l’association des maires du département, que je revendique comme neutre, de prendre position. Qu’est-ce que comprendraient les gens de droite, si j’appelais à voter pour un candidat de gauche, et inversement ? J’ai beaucoup d’amitié et d’estime pour Stéphanie Colombero. On a mené des combats politiques ensemble. Et en même temps, je travaille très bien avec Jean-Yves Roux. On a réfléchi souvent ensemble, avec Daniel Spagnou, à comment trouver des solutions pour l’association des maires.

    Vous disiez que les parlementaires du département n’avaient plus de voix à porter parce qu’ils ne siégeaient pas dans la majorité. Pour vous, c’est important d’avoir quelqu’un qui est dans la majorité ?

    D.G. : Je disais d’abord que les parlementaires sont démonétisés par le non-cumul des mandats. Force est de constater que ça a surtout servi à niveler par le bas le niveau des élus. Comme il n’est plus possible de cumuler mandat local et parlementaire, on n’a pas forcément les meilleurs, et donc, progressivement, on a diminué le niveau des parlementaires. On a deux députés qui sont dans l’opposition. Le sénateur, c’est un peu différent, parce qu’il a quand même des liens avec la majorité sénatoriale. Quand vous êtes dans l’opposition, vous n’avez aucun poids.

    Vous parlez de « deux extrêmes ». Est-ce que pour vous, LFI représente le même danger que le RN ?

    D.G. : Oui. Je pense qu’aujourd’hui, la position qui est prise par Jean-Luc Mélenchon, par les parlementaires toute la journée, que ce soit à l’Assemblée ou que ce soit sur les plateaux télé, est très claire. Ils n’ont plus du tout envie d’un pays unifié. Ils alimentent le débat politique au travers de sujets qui ne peuvent que diviser et fracturer le peuple français. Et c’est en cela qu’il y a un lien entre les deux extrêmes. Cette volonté commune de morceler, de segmenter la population.

  • Un collectif intersyndical antifasciste lancé à Digne

    Un collectif intersyndical antifasciste lancé à Digne

    Carcassonne, Hénin-Beaumont, Orange, Fréjus… Les intervenants de la table ronde lançant officiellement le collectif VISA (Vigilance et Initiatives Syndicales Antifasciste) dans le département ont exposé les dangers de l’extrême droite au pouvoir, samedi. Une journée festive et culturelle était organisée par la CGT, la FSU et Solidaires salle Perchot pour officialiser la création de ce collectif intersyndical. Des membres de collectifs antifascistes du Var et des Bouches-du-Rhône, de la CGT et deux habitantes de Reillanne, où la mairie a baissé de 35% les subventions aux associations, sont intervenus pour la table ronde ouvrant cette journée.

    « La période nous amène à monter le rapport de force vis-à-vis de l’extrême droite et des risques qu’elle amène, puisqu’elle n’a jamais été aussi haute dans le pays », a souligné Sylvain Moretti, secrétaire général de l’union départementale de la CGT, à l’ouverture de la table ronde. « Cet événement festif et culturel, ouvert à toutes et tous, est un contre-pied et un pied de nez à ce qu’est l’extrême droite et le RN », a ajouté le co-secrétaire départemental de la FSU, Gweltaz Broudic, présentant les intervenants et les deux habitantes de Reillanne venues « pour expliquer ce qui s’est passé aux dernières municipales et comment, en quelques jours, toute la situation d’un village a basculé ». Christine Gadeyne et Cathy Keller ont raconté « le coup de massue » qu’a été la coupe des subventions « dès le premier conseil municipal », et la manifestation organisée en protestation.

    « Une vision marchandable de la culture »

    L’extrême droite et le RN « ont une vision très marchandable de la culture et des fonctionnaires du territorial », a analysé Sasha Quiles de la CGT Sisteron, également membre de la liste d’union de la gauche Demain Sisteron aux municipales, citant comme exemple Fréjus, où « il y a une augmentation de 90% des contractuels pour permettre de les remplacer plus facilement s’ils n’adhèrent pas à l’idéologie de la mairie ».

    « C’est une constante pour l’extrême droite de s’attaquer à la culture. En 1995, faire le tri dans les abonnements aux journaux, dans les ouvrages, on l’a déjà vécu à la mairie de Toulon. Ça a été fait à Marignane, à Vitrolles et à Orange à l’époque. Et ça continue, c’est systématique avec l’extrême droite », a avancé Pascal Brun du Comex 83, un collectif entre associations, partis et syndicats contre l’extrême droite. « On traque tout ce que font les maires d’extrême droite pour dénoncer ce qu’ils font, montrer la réalité d’une mairie d’extrême droite et documenter dans le temps », a-t-il détaillé. « Le RN est l’ennemi du syndicalisme », a également ajouté Philippe Challande du même collectif intersyndical et antifasciste VISA dans les Bouches-du-Rhône.

    Le témoignage anonyme d’une responsable de bibliothèque subissant la censure de sa mairie passée à l’extrême droite a également été diffusé pour illustrer les conséquences du RN au pouvoir dans les communes. L’agente a été contrainte par la mairie d’acheter des journaux et des livres d’extrême droite, et a dû « cacher des livres comme forme de résistance ».

    La table ronde a été suivie d’une pièce de théâtre racontant l’histoire d’une famille venue de Kabylie dont la cité est détruite par des bulldozers. Un repas, un concert de Soul Shakers et un DJ set ont ensuite été proposés.

  • [Sénatoriales] Jean-Michel Arnaud défend son ancrage local dans les Hautes-Alpes

    [Sénatoriales] Jean-Michel Arnaud défend son ancrage local dans les Hautes-Alpes

    Je suis un élu local avant d’être un sénateur », assure Jean-Michel Arnaud, le sénateur sortant des Hautes-Alpes. Conseiller municipal de Tallard, commune dont il a été maire pendant plus de 20 ans et actuellement président de l’Association des maires des Hautes-Alpes, il se représente aux élections sénatoriales sous la bannière des Centristes avec comme suppléante Christine Maximin. « Même si je suis dans la majorité sénatoriale, je ne représente aucune sensibilité politique, dit-il. Ma seule préoccupation est de défendre le département et ses élus ».

    Durant son mandat, il a notamment été à l’origine d’une loi votée en 2025 qui vise à assouplir la gestion de l’eau et de l’assainissement en supprimant l’obligation pour les communes de transférer de ces compétences aux intercommunalités. Jean-Michel Arnaud a également été rapporteur de la loi d’organisation des Jeux Olympiques. « C’est l’opportunité de laisser un héritage positif pour la population, estime-t-il. Par exemple en ce qui concerne la remise à niveau des chemins de fer. »

    Il a aussi dressé le bilan de 40 ans de la loi Montagne et Littoral, et en a ressorti 36 recommandations, visant entre autres à donner plus de libertés aux territoires et à élargir la taxe Gemapi (Gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations). En ce qui concerne l’agriculture, il défend la mise en place de réserves stratégiques d’eau, appelées aussi mégabassines : « Il faut des réserves stratégiques multi-usages, pour l’eau potable, le loisir, la neige de culture… » Il a notamment voté la loi d’urgence agricole, adoptée par le Sénat cet été.

    Grand favori de ces élections, il se dit serein : « Les électeurs savent que je suis très proche d’eux », affirme-t-il.

  • Dans le Gard, Charles Ménard (LFI) est décédé

    Dans le Gard, Charles Ménard (LFI) est décédé

    C’est une figure de la gauche gardoise et opposant historique aux idées d’extrême droite qui s’est éteint vendredi 18 septembre. Coiffé de son habituel chapeau, Charles Ménard était l’une des figures les plus connues de la France insoumise (LFI) dans le département.

    Ce proche de Jean-Luc Mélenchon s’était en effet présenté aux élections municipales de 2020 comme tête de liste face au Rassemblement National à Beaucaire. En 2022, il était également candidat aux élections législatives sur la première circonscription du Gard. Une candidature qu’il avait à nouveau portée en 2024 sous les couleurs du Nouveau Front populaire, battu au second tour par le député sortant Yoann Gillet (RN, 45,78 % des voix). Pendant plusieurs mois, une rumeur sur une candidature à Nîmes pour les élections municipales de 2026 courait mais il avait finalement renoncé.

    « Infatigable militant des causes justes, tu manqueras à l’intérêt général », a sobrement réagi Nicolas Pellegrini, militant LFI dans le Gard. « Charles était, depuis plusieurs décennies, un militant de gauche sincère et dévoué qui a joué un rôle important dans le département », lui a de son côté rendu hommage Jacques Chabalier, secrétaire de la section PCF à Nîmes.