Tag: Politique

  • À Forcalquier, un militant controversé jugé en appel pour violences

    À Forcalquier, un militant controversé jugé en appel pour violences

    Antivax, créateur d’une « zone de défense active de la culture », condamné pour violences conjugales… Le Forcalquiéren Merlin Longuet, déjà connu pour de nombreuses actions militantes et déjà condamné pour plusieurs faits de violences, sera à nouveau jugé en appel, à Aix-en-Provence mardi. Présumé innocent, il est poursuivi pour des faits de violences sur un autre militant, Guillaume D., survenus à Forcalquier en juin 2023.

    « Guillaume D. a été froidement frappé, au sol, seul, par plusieurs personnes, dont l’une était vraisemblablement armée », décrit le procès-verbal du jugement en première instance, en novembre 2024. « Guillaume D. a été passé à tabac au motif qu’il a été présent dans un lieu où Merlin Longuet avait décidé qu’il n’était pas le bienvenu. Merlin Longuet utilise une rhétorique laissant penser qu’il a pu se considérer comme dépositaire d’une violence légitime qu’il s’est senti en droit d’exercer, en groupe, contre un individu ayant enfreint les règles qu’il avait fixées sur ce qu’il considère comme son territoire », est-il par ailleurs précisé.

    Au moment des faits, Guillaume D. s’était récemment installé sur un terrain à Forcalquier, près de la communauté autogérée Longo Maï, avec laquelle Merlin Longuet était alors en conflit. « Merlin m’a fait toute une cérémonie, disant que ses hommes avaient des doutes sur moi et qu’il fallait que je fasse preuve d’allégeance à son groupe », se rappelle celui qui a quitté le département suite à cette agression. « Lui, il considérait que Forcalquier, c’était son fief. Il avait le droit d’entrée ou pas sur la commune. Du coup, les gens qui ne voulaient pas obéir à ses ordres n’avaient rien à faire sur Forcalquier. »

    L’ex-compagne de Merlin Longuet a tenu à apporter son témoignage, versé au dossier de l’affaire. « Merlin n’a aucune pitié pour personne », « des coups portés injustement, il y en a eu un paquet », « il faut se vouer au collectif et faire ce que Merlin dit », « il faudrait être kamikaze pour aller porter le premier coup sur Merlin, d’autant plus s’il est entouré de ses hommes de main », affirme-t-elle dans son attestation de témoin. « Si, par malheur, tu as le courage de t’opposer, tu passes illico au rang de banni, voir d’ennemi juré, avec tout le collectif à dos, prêt à te détruire par tous les moyens », ajoute-t-elle.

    Plusieurs personnes connaissant le collectif évoquent même un fonctionnement sectaire. Merlin Longuet avait été condamné à 24 mois de prison, dont 12 avec sursis, pour des violences commises sur cette ex-compagne.

    Dérives conspirationnistes

    Selon le dossier, Merlin Longuet prônait la désobéissance et était à la tête du Café des libertés, à Forcalquier. Son mouvement est connu pour des dérives conspirationnistes et notamment antivax. Il a également été proche du mouvement des gilets jaunes.

    Contacté, le cabinet de son ancien avocat, Me Emmanuel Ludot, indique ne plus assurer sa défense. Merlin Longuet reconnaît avoir porté trois coups à Guillaume D., mais affirme que ce dernier aurait frappé en premier. Il avait d’ailleurs déposé plainte contre Guillaume D., se considérant comme victime.

    En première instance, Guillaume D. avait été condamné à une amende de 1 000 euros, tandis que Merlin Longuet avait écopé de huit mois d’emprisonnement à domicile sous surveillance électronique. Guilaume D. nie avoir porté des coups, mais n’a pas fait appel.

    Audience à la cour d’appel
    d’Aix-en-Provence mardi à 14h

  • L’adjoint à la propreté d’Avignon va porter plainte contre une élue d’opposition

    L’adjoint à la propreté d’Avignon va porter plainte contre une élue d’opposition

    Les premières passes d’armes entre majorité et opposition au conseil municipal d’Avignon devraient déjà se poursuivre dans l’enceinte d’un tribunal. L’adjoint à la propreté Michel Adam, ancien directeur du service propreté jusqu’en 2024, a sollicité la protection fonctionnelle, accordée par le maire Olivier Galzi (DVD), et va porter plainte contre Marie-Anne Bertrand (L’Après).

    Cela fait suite à une question orale de l’élue d’opposition en fin de conseil municipal ce lundi 20 avril à propos du contenu d’une lettre ouverte écrite supposément par des agents municipaux qui « exprimaient leurs inquiétudes » sur la présence de l’adjoint dans l’équipe municipale. Dans celle-ci, elle citait donc des extraits de la publication datée du 30 mars sur le groupe Facebook « Collectif Avignon : propreté, sécurité et fluidité ! », toujours en ligne. Parmi lesquels on peut lire « qu’une politique mafieuse s’est installée au fil des années sous la protection du précédent mandat ». Mais aussi que « ce même directeur a mis en place un système dans le but d’étouffer ce service en ne lui donnant aucun moyen de sanction envers une minorité de personnes » et que « rien n’est accordé aux agents, les décourage totalement et ne permet pas d’être épanouis dans leur rôle ». Et de poursuivre que « l’intérêt était que ce service indispensable à une ville passe à une prestation privée, particulièrement pour bénéficier à la société de nettoyage ELITE (anciennement Excellence), les statuts ayant récemment changé, qui maintient un lien plus qu’étroit avec ce directeur M. Adam Michel. »

    En réponse aux questions de l’opposante de gauche, qui demandait au premier édile de « rassurer les auteurs de cette alerte » en demandant ce qu’il compte mettre en œuvre. Mais aussi s’il pouvait confirmer que « Michel Adam, qui a rédigé le marché public et qui a contrôlé et traité avec la société ELITE, prestataire de la ville depuis plusieurs années, n’est intervenu à aucun moment et à quelque titre que ce soit dans la gestion de la société ELITE durant son activité au sein du service de la propreté urbaine de la ville d’Avignon, mais aussi après avoir quitté la collectivité entre avril 2024 et mars 2026 ». Olivier Galzi répond que ces propos le « mettent vraiment en colère. » Trois jours après une virile visite du service propreté en question, il poursuit : « Si je comprends bien, vous venez de lire in extenso des propos qui sont diffamatoires, haineux et mensongers qui ont été tenus sur internet sur un réseau social. Et donc, en les lisant, vous les faites vôtres. Vous transformez une injure en un propos public de la part d’une élue de la République. Vous commencez bien mal. Ces propos sont répréhensibles », pose-t-il calmement avant de demander si son adjoint demandait la protection fonctionnelle pour des poursuites judiciaires. Ce que ce dernier a confirmé.

  • À Avignon, l’opposante Zinèbe Haddaoui démissionne

    À Avignon, l’opposante Zinèbe Haddaoui démissionne

    La composition des bancs de l’opposition de gauche a changé depuis le premier conseil municipal. En effet, plus de Zinèbe Haddaoui, ancienne adjointe aux sports de la précédente maire Cécile Helle (PS) et élue depuis 2014. À sa place était présent le nouveau venu Khalid El Yousoufi, colistier sur la liste de gauche, et initialement sur celle de Mathilde Louvain (LFI) au premier tour.

    Dans un message posté sur ses réseaux sociaux ce samedi 18 avril, l’ancienne du PS explique qu’elle est « arrivée au bout de ce que je peux apporter dans le cadre actuel ». Et décrit une perte de sens dans son action politique car « le rythme, les codes, les rapports de force et les stratégies de couloir ont fini par faire oublier à certains l’essentiel : ceux pour qui nous agissons au quotidien », avec des « règles du jeu qui ne servent plus l’esprit d’équipe, mais des ambitions personnelles ». Tout en confiant que ce départ « n’est pas un retrait, mais juste un retour aux sources », sans en dire plus.

    Une décision qui n’a pas fait réagir dans l’Hôtel de Ville, ce lundi soir. Mais c’est une autre ancienne conseillère municipale d’opposition, Christine Lagrange (EELV), qui était pourtant sur la même liste que Zinèbe Haddaoui au second tour, qui porte publiquement un regard critique, également sur ses réseaux sociaux. Après avoir rappelé que l’ancienne adjointe a adhéré au PS en 2024 et l’a quitté en 2025 après avoir perdu l’investiture contre David Fournier, elle pointe une « éthique à géométrie variable », estimant qu’« on ne peut pas fustiger les partis après avoir tenté de s’en servir comme d’un tremplin personnel », conclut-elle.

  • À Barcelone, un sommet progressiste contre l’internationale de la haine

    À Barcelone, un sommet progressiste contre l’internationale de la haine

    Les leaders de plus d’une vingtaine de pays se sont réunis samedi à Barcelone pour un sommet international progressiste, dans le cadre de la quatrième édition de Global Progressive Mobilisation. La veille, s’était tenu une rencontre entre l’Espagne et le Brésil qui consacrait un large accord entre Pedro Sanchez et Lula da Silva. Parmi les autres participants pour la journée du samedi, étaient présents notamment : Claudia Sheinbaum présidente du Mexique, le président de la Colombie Gustavo Petro, Catherine Connolly présidente d’Irlande, Inga Ruginiené première ministre de Lituanie, Lars Klingbeil vice-chancelier d’Allemagne, David Lammy vice-Premier ministre du Royaume-Uni… Pour leur part, Hillary Clinton, Michelle Bachelet, Bernie Sanders et le maire de New York Zhoran Mamdani, ont envoyé des messages de salutations et appellent aussi à la mobilisation progressiste du monde.

    Les représentants de tous les pays ont notamment réclamé que l’ONU joue un rôle plus transcendant, et décidé d’explorer les mécanismes pour améliorer la gouvernance digitale, diagnostiquant que la désinformation passe par les réseaux sociaux. Ils ont également convenu que pour faire face à l’extrémisme, il faut mener un « combat contre les inégalités ». Le diagnostic étant que l’extrême droite prospère quand les pouvoirs publics ne sont pas en capacité d’offrir des solutions aux citoyens.

    Il a d’ailleurs été décidé d’impulser un « agenda pour la justice sociale » qui mette en avant « la cohésion, l’égalité des opportunités, la participation de la jeunesse et l’égalité des genres ». À ce propos, la présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum, a estimé que « la démocratie implique la liberté, mais que la liberté reste un mot creux si elle n’est pas accompagnée de justice sociale ».

    Le président du Brésil, Lula da Silva, a dénoncé la dérive belliciste des États-Unis. Adressant un message pour l’ONU, Lula a déclaré : « Accomplissez votre obligation de garantir la paix du monde, et arrêtez la folie de la guerre. La crédibilité de l’ONU doit être restituée (…) l’invasion de l’Irak a été basée sur un mensonge, la destruction de la Lybie a été basée aussi sur un autre mensonge et le génocide de Gaza est commis au nom d’un autre grand mensonge. » Lula a pointé les États-Unis, qui sont « les créateurs de guerres successives, le monde vit une dérive dangereuse (…) défendre la politique internationale aujourd’hui, c’est défendre un multilatéralisme réformé et défendre que le droit prévale sur la force et que la paix prévale sur la guerre ».

    Tout au long de ces deux journées, les leaders de gauche et de centre gauche ont réactivé un pôle d’opposition au monde que dessine Donald Trump, et un contrepoids à ce que Pedro Sanchez appelle l’internationale de la haine. « Le temps de l’intervention de l’ultradroite et de ses valets de la droite est arrivé à son terme, ce sommet est le point d’inflexion pour une alliance qui à partir de maintenant sera orgueilleuse d’exister, une alliance progressiste, pacifiste, écologiste et féministe. »

    Cette rencontre de Barcelone a été aussi l’occasion pour les chefs de gouvernement d’Espagne, du Brésil et du Mexique d’émettre un communiqué commun à l’issue de cette journée de samedi en soutien à Cuba : « Nous exprimons notre énorme préoccupation pour la grave crise humanitaire que traverse le peuple cubain et nous demandons que soient adoptées les mesures nécessaires pour soulager cette situation (…) et que soient évitées les actions qui aggraveraient les conditions de vie de la population, ou celles qui sont contraires au Droit international. »

  • Ces jeunes-là ne sont pas invisibles. Et ils chantent « Bella Ciao ! »

    Ces jeunes-là ne sont pas invisibles. Et ils chantent « Bella Ciao ! »

    En Italie, le 25 avril marque la célébration de la libération du nazisme et du fascisme. La fin d’une dictature, le point de départ de la démocratie. Ce jour-là, il y a quatre-vingt-un ans, furent posés les fondements historiques de la Constitution.

    Cette année, le 25 avril revêt une signification particulière. Car, avec le référendum sur la justice du 23 mars, les Italiens furent, de fait, appelés à défendre les valeurs de la Charte constitutionnelle. Supprimer certaines dispositions aurait porté atteinte à certains des principes fondamentaux du droit qui régit notre démocratie.

    Contre toute attente, 58,9% des Italiens se sont rendus aux urnes. 53% ont rejeté la réforme.

    Mais le revirement spectaculaire ne résidait pas seulement dans la victoire du Non. C’était aussi le fait que 61% des jeunes de 18 à 34 ans aient voté « non ».

    Un chiffre frappant, inattendu, inimaginable. Il a soulevé de nombreuses questions, tant à droite qu’à gauche. Et un coup dur pour Giorgia Meloni et sa coalition. Car ces jeunes qu’elle imaginait hypnotisés par leurs écrans de téléphone portable, donc influençables et soumis, se sont mobilisés pour défendre la liberté.

    Où étaient-ils cachés ? se demandaient Giorgia Meloni et Elly Schlein, secrétaire du Parti démocrate. Sans oublier les analystes de la société italienne qui les imaginaient survivre péniblement, dans leur situation précaire, pour un salaire de misère.

    Pourtant, un signe était là. Lors des grandes manifestations pour Gaza en octobre dernier, qui ont rassemblé deux millions de personnes dans les rues, on a remarqué une forte présence des moins de 30 ans.

    Les jeunes sont donc là. Invisibles en politique, mais présents dans le grand chœur italien qui n’a pas oublié les accents de Bella Ciao !

    « Les jeunes nous ont sauvés ! », ont commenté de nombreux partisans du Non.

    Il s’agit maintenant d’aller de l’avant. D’élaborer des propositions politiques pour reconquérir ces énergies, qui ont prouvé qu’elles étaient loin d’être indifférentes.

    La droite tente de rectifier le tir en revoyant certaines positions qui se sont révélées contre-productives, à commencer par son soutien au trumpisme.

    La gauche commet la grave erreur de se poser la question des candidatures futures, sans saisir pleinement le message qui, grâce à l’appel du syndicaliste Maurizio Landini, est émané de la grande marche pour Gaza, où la jeunesse « invisible » s’est manifestée pour la première fois.

    Dans cette Italie, outragée par Trump, qui insulte même le Pape, et qui paie et paiera le prix de certaines amitiés malheureuses, pouvons-nous renouer avec le débat politique ? Et surtout, nous adresser aux jeunes ?

    Le 25 avril sera une nouvelle occasion cruciale de le comprendre. Ces événements surviennent alors que Giorgia Meloni rencontre Edi Rama, le Premier ministre albanais, pour renforcer la coopération en matière d’immigration et d’infrastructures. Alors que les centres de détention en Albanie demeurent un échec coûteux et illégal, dénoncé par les manifestations et les tribunaux. Alors que le pays, chiffres à l’appui, est englué dans une pauvreté qui touche également la classe moyenne. Alors que les 18% de jeunes ni en études ni en emploi représentent le deuxième taux le plus élevé d’Europe, cela souligne une crise profonde.

    C’est pourquoi le 25 avril ne sera pas seulement le Jour de la Libération. Ce sera aussi un jour de résistance qui, après 81 ans, est nécessaire pour défendre les valeurs de paix et de liberté. Un acte indispensable dans un monde devenu fou, où seuls ces jeunes, privés même du droit de rêver, peuvent nous sauver.

  • Le député marseillais Hendrik Davi au chevet des Alpins

    Le député marseillais Hendrik Davi au chevet des Alpins

    Hendrik Davi, député de l’Après (Alliance pour une République écologique et sociale), parti prônant l’union de la gauche, est venu spécialement de Paris ce vendredi pour une petite tournée gapençaise à l’invitation du responsable local du mouvement, Laurent Eyraud-Chaume. Il a rencontré une dizaine de sympathisants et de curieux, venus échanger avec lui devant l’hôpital de Gap. Membre de la commission des affaires sociales à l’Assemblée nationale, le député de Marseille est le chef de file du groupe écologiste sur les travaux liés au financement de la Sécurité sociale.

    Soucieux dit-il « de partir des problématiques de terrain pour les faire remonter à l’échelle nationale », le député a donc participé à une discussion collective dont le thème était centré autour du système de santé public, de sa crise et de comment le (re) créer, en France et dans les Alpes du Sud. « C’est une question importante à Gap, même si ce n’est pas un désert médical à proprement parler puisque le territoire est très bien doté en professionnels de santé, a-t-il expliqué en préambule, mais ils sont très inégalement répartis sur un territoire enclavé où les temps de déplacements sont très fortement rallongés. »

    Préserver les centres

    de santé en milieu rural

    Parmi les problématiques rencontrées sur le territoire, Jean-Claude Eyraud, président de l’Union départementale de l’économie sociale et solidaire (Udess) 05, a évoqué les centres de santé, souvent l’unique accès au soin dans les communes rurales. « De nombreux centres sont menacés, notamment celui des Alpes-de-Haute-Provence car ils sont déficitaires, a-t-il expliqué. Ancien responsable d’un centre, il explique que ceux-ci sont déficitaires « parce qu’on y reçoit tout le monde, même ceux qui n’ont pas de droit ouvert et qu’on pratique des tarifs bas et qu’on rend des services de soin qui ne sont pas rentables mais essentiels ». Selon lui, sans démarche volontaire de l’État, « on va perdre ces lieux indispensables pour le soin sur les territoires ruraux ». Jean-Claude Eyraud a aussi évoqué la crise des urgences dans les Alpes-de-Haute-Provence, régulièrement fermées la nuit et qui ne sont plus accessible que via un appel obligatoire au 15, « une situation catastrophique qui amène beaucoup de personnes précaires ou isolées à renoncer aux soins », selon lui.

    Face à ce constat, quelles solutions ? Le député de Marseille Hendrik Davi en a cité plusieurs, parmi lesquelles, l’instauration de centres de santé communautaires non lucratifs, où sont regroupés des soignants mais aussi des professionnels du social et financés par une dotation globale, échappant ainsi à la logique de rentabilité. « C’est ce que nous avons implanté dans la cité Kalliste, à Marseille, raconte-t-il. Au début, tout le monde nous a ri au nez. Là où il y a régulièrement des épisodes de violence et de dégradation, personne n’a jamais touché au centre de santé, car c’est là que tout le monde est soigné, pris en charge, ça marche du tonnerre. »

    Face à ces services publics en souffrance, Hendrik David, a aussi appelé à ne pas trop « parler d’achever la bête », au risque d’en précipiter la mort, mais à aussi mettre en lumière ce qui fonctionne pour le préserver et l’améliorer, et notamment la Sécurité sociale, qui reste « un système exceptionnel pour répondre aux besoins des populations et pour sécuriser les parcours de vie ». Après une série de rencontres ce vendredi autour de l’union de la gauche et de la démocratie participative, le député sera samedi à 10h30 à la Nouvelle librairie de Gap pour discuter de son dernier livre, Sciences En résistance – Pour une recherche libre et Émancipatrice.

  • Jean-Michel Grès : « L’idée, c’est de trouver un consensus tous ensemble »

    Jean-Michel Grès : « L’idée, c’est de trouver un consensus tous ensemble »

    La Marseillaise : Qu’avez-vous pensé du conseil communautaire Pays de Forcalquier – montagne de Lure de mardi ?

    Jean-Michel Grès : La breaking news, c’était l’abandon de la piscine couverte, projet pharaonique du programme de David Gehant (maire réélu et président de la communauté de communes). Un gros budget de 2,5 millions d’euros est prévu pour l’école de musique. Il y a une grosse attente, les gens y viennent de partout, ils sont à l’étroit. Mais le terrain n’a toujours pas été acheté. Les deux projets phares sont donc mis en balance. C’est pas ce qu’il avait promis. C’était de l’esbroufe.

    La situation de la montagne de Lure a également été évoquée ?

    J.-M.G. : C’est une station où il n’y a plus de neige. Il y a eu cette année la première neige depuis cinq ans. Avant le réchauffement climatique, il neigeait tous les hivers. Les installations de la station de ski ont été démontées il y a une quinzaine d’années. Un projet de montagne en quatre saisons a été initié en 2020. David Gehant a raison, la montagne de Lure se suffit à elle-même, c’est un beau lieu de nature sauvage, préservé, avec des chamois, des loups.

    Considérez-vous être dans l’opposition ?

    J.-M.G. : On n’est pas vraiment dans l’opposition. On se considère comme une minorité. L’idée, c’est de travailler en concertation et de trouver un consensus tous ensemble. C’est ce qu’on voulait faire en tant que majorité, il n’y a pas de raison qu’on ne le fasse pas en tant que minorité. Le conseil des maires rééquilibre la gouvernance. C’était clairement un de nos éléments de programme. On ne peut être que d’accord, si David Gehant utilise nos arguments. On pourrait dire “attendez, ça on l’a dit avant vous”, mais c’est pas l’idée non plus.

    Trouvez-vous que David Gehant fait des propositions qui vont dans le sens de votre programme ?

    J.-M.G. : Oui, je pense, il a clairement fait une campagne de centre gauche. Il n’a pas eu tort. Ses propositions rejoignent les convictions centre gauche, socialistes de certains électeurs. S’il se tient bien droit dans l’arc républicain, cela ne posera aucun souci de travailler avec lui.

    Quels sont vos objectifs pour ce mandat ?

    J.-M.G. : D’arriver à ce que les idées sur lesquelles on est d’accord puissent vraiment être réalisées. D’arriver à faire des propositions sur des éléments passés sous silence. Par exemple, dans le programme de David Gehant, il n’y a aucune allusion aux personnes en situation de handicap. On sera vigilants sur différents projets d’aménagement, qu’on reste le plus possible dans le cadre des préoccupations écologiques. On ne s’opposera pas bec et ongles. On fera des contre budgets. On veut avoir un fonctionnement municipal apaisé.

    Pensez-vous que David Gehant aurait sa place en tant que président de la Région ?

    J.-M.G. : S’il est vraiment capable de faire barrage au RN, oui. Il y a une nuance entre l’ennemi mortel et l’ami imparfait. S’il reste dans l’arc républicain, au moins on peut discuter avec lui. Si on se retrouve avec une présidence RN, on va tous souffrir. On a un ennemi commun.

    Vous pensez donc qu’il y a du potentiel pour travailler ensemble ?

    J-M.G. : C’est ce qu’il dit. Il tend la main : jouons ce jeu. On verra jusqu’où il est prêt à aller. Par exemple, on a les moyens d’arrêter l’augmentation de la taxe d’habitation. Le budget festivités municipal est quand même passé de 80 000 euros en 2019 à 400 000 euros en 2025. Il y a des moyens d’économiser.

  • À Gap, un débat municipal marqué par de vifs échanges

    À Gap, un débat municipal marqué par de vifs échanges

    Ce lundi, le conseil municipal s’est tenu au Quattro, en attendant que la salle dédiée à l’hôtel de ville soit rendue accessible aux personnes à mobilité réduite comme l’exige la loi depuis 2005. Une mesure réclamée par les militants insoumis de Gap en marge du dernier conseil. Si ce déplacement a été salué par l’opposition comme le maire, la concorde fut de courte durée. l’atmosphère s’est vite tendue lorsqu’Elie Cordier, élu de l’opposition de gauche, a interrogé Roger Didier sur sa décision d’augmenter la somme des indemnités annuelles des collaborateurs de son cabinet, de 206 000 à 352 000 euros par an, doutant du bien-fondé de ce choix « au vu du contexte économique que nous connaissons. » Ce à quoi Roger Didier a répondu que cette somme était seulement un plafond permis par la législation.

    Des indemnisations qui scandalisent l’opposition

    Par la suite, Aurélie Allemand, conseillère d’opposition de gauche élue pour la première fois, s’est étonnée qu’à Gap les élus d’opposition ne perçoivent aucune indemnité de mandat. Une mesure justifiée par Roger Didier en raison du manque de présence de ces derniers dans les commissions électorales. Des absences que Charlotte Kuentz, élue d’opposition du mouvement citoyen Ambition pour Gap, a expliqué en raison de « de l’impossibilité totale de débattre » au sein desdites commissions. Elie Cordier a également questionné les augmentations décidées pour plusieurs élus de la majorité durant le précédent mandat et proposé l’idée émise plus tôt par Axel Berriaud, élu d’opposition de gauche, d’indexer les indemnités des conseillers sur leur taux de présence en conseil, proposition qui n’a pas été retenue par le maire.

  • Gap : Roger Didier réélu à la tête de la communauté d’agglomération

    Gap : Roger Didier réélu à la tête de la communauté d’agglomération

    C’était attendu, c’est désormais chose faite. Président de la communauté d’agglomération depuis sa création en 2017, Roger Didier a été réinvesti à cette fonction par le conseil communautaire, composé de 59 élus et conseillers municipaux des 17 communes membres. Le maire de Gap a récolté 44 des 58 suffrages exprimés. S’il ne s’est pas présenté, Elie Cordier, tête de file de l’opposition de gauche à Gap a cependant été crédité de 10 votes. Son groupe d’union de la gauche gapençaise, représenté par sept conseillers communautaires, n’a pas présenté de candidature. Elie Cordier a dit tenir à « ne pas importer au sein de la communauté le débat de la vie municipale gapençaise », tout en appelant ses pairs à « voter librement, pour un candidat, si ce n’est une candidate, présentant un état d’esprit rassembleur ».

    S’en sont suivies les élections respectives des 13 vice-présidents du conseil. Au poste de premier vice-président, Roger Didier a annoncé la candidature de Christian Hubaud maire de Pelleautier. Elie Cordier a lui annoncé celle de Sophie Delphino, élue d’opposition à Gap, arguant qu’« en 2026, il serait temps de respecter la parité au sein du conseil communautaire ». C’est toutefois Christian Hubaud qui a remporté le siège de premier vice-président avec 41 voix contre 12 pour sa concurrente.

    Les élus de gauche ont demandé plus de parité

    Tout au long de la soirée, Elie Cordier et les membres de l’opposition gapençaise ont témoigné leur inquiétude quant au non-respect de la parité, avec dix hommes élus à la vice-présidence contre seulement trois femmes, sans compter le président du conseil lui-même. L’élu de gauche a proposé, sans concertation préalable et avec l’accord spontané de ces dernières, les candidatures de Blandine Allamanno, maire de Curbans, au poste de 12e vice-président et de Sophie Deschamps, 1ère adjointe à Sigoyer, au 13e. Sans succès. Claudie Boyer, élue d’opposition à Gap, a tenu à rappeler qu’en 2020 déjà, une seule femme avait été élue au conseil contre douze hommes, et que le taux de 2026, certes en augmentation, reste très loin de la parité. « La moitié de la population est sous-représentée dans les instances politiques, l’égalité est pourtant une exigence démocratique », a-t-elle conclu. « Ce souci d’avoir plus de femmes dans l’exécutif est positif, et il faudra que nous y travaillions ensemble pour faire plus, je prends acte de vos appels », s’est engagé le sénateur des Hautes-Alpes, Jean-Michel Arnaud, mentionné à plusieurs reprises par Elie Cordier pour ses engagements en faveur de la parité en politique.

  • [Entretien] Camille Feller : « Tous les actes sont politiques dans les petits villages »

    [Entretien] Camille Feller : « Tous les actes sont politiques dans les petits villages »

    La Marseillaise : Comment s’est passé le conseil communautaire de mardi ?

    Camille Feller : La situation financière de la communauté de communes est catastrophique, les caisses sont vides, les capacités d’autofinancement sont faibles. Cela s’est vraiment mal passé sur le mandat précédent, à cause notamment du problème de l’eau en gestion publique, et là je pense que David Gehant [président de la communauté de communes] essaye de repartir sur des bonnes bases, en tout cas c’est ce qu’il nous a dit.

    Pourquoi vos relations se sont-elles dégradées lors du précédent mandat ?

    C.F. : David Gehant voulait qu’on passe l’eau à la communauté de communes, qu’on transfère la compétence. Sauf que Forcalquier est déjà à la SEM (Société des eaux de Marseille), et donc il voulait qu’on aille tous à la SEM. Nous, on n’était pas du tout d’accord. On a fait des réunions publiques, des pétitions… Peut-être que j’ai un peu exagéré, mais en même temps, sinon, on ne compte pour rien à la communauté de communes. On a fait pas mal de bruit, on a pas mal mobilisé, et du coup, ça l’a beaucoup agacé.

    Pourquoi la situation financière est-elle si détériorée ?

    C.F. : Il y a eu un transfert des charges de la commune de Forcalquier sur la communauté de communes, notamment une augmentation de la masse salariale. Par exemple, on a refait un terrain de foot à 800 000 euros qui était avant à Forcalquier. Là, ils vont faire la crèche et la déchetterie à Saint-Étienne-les-Orgues, mais ça sera la première fois qu’ils vont investir pour des bâtiments ailleurs qu’à Forcalquier… Notre commune a porté le projet du bistrot de pays, alors qu’ailleurs, c’est la communauté de communes qui le porte.

    Considérez-vous être une municipalité de gauche ?

    C.F. : On est bien à gauche, je suis bien à gauche. En face, pour les municipales, il y avait une autre liste avec à sa tête quelqu’un qui est très proche de David Gehant. Cela nous a encore plus motivés à aller contre. C’est drôle parce qu’il y a quand même des gens pas du tout de gauche qui ont voté pour nous. On accueille la marche des fiertés. Ils n’arrivent pas à avoir de salles, parce qu’ailleurs, c’est compliqué. Les gens disent que dans les petits villages, il n’y a pas de politique, mais moi, je trouve que c’est le contraire. Je trouve que tous les actes sont politiques.

    Quelle est la principale problématique à Montlaux ?

    C.F. : On a un ancien camping qui a été récupéré par un promoteur véreux qui a fait une résidence légère de loisirs et qui a séparé ça en 36 habitations. La commune a attaqué l’autorisation d’urbanisme qu’il avait eue pour faire ça, et elle a gagné au bout de 7 ans au Conseil d’État. Du coup, les constructions sont devenues illégales, et elles le sont toujours. Elles ne sont pas régularisables, parce qu’en fait, si vous construisez quelque chose et que personne ne vous dit rien, au bout de 6 ans, on ne peut plus rien vous dire. On est en train de changer le document d’urbanisme pour rendre la zone constructible, et pour pouvoir leur redonner des permis. Ils vont devoir redéposer des permis de construire sur des choses qui existent déjà. Les habitants sont en grande précarité, ils habitent dans des chalets, des caravanes et des mobil-homes. Les biens n’existent pas sur le papier donc ils n’ont pas de factures à leur nom et ne peuvent pas toucher d’aides.

    Pourquoi avez-vous tenu à évoquer la montagne de Lure au conseil communautaire ?

    C.F. : La montagne de Lure appartenait précédemment à la commune de Saint-Étienne-les-Orgues. Il y avait une station de ski qui marchait très bien dans les années 1950, 1960, 1970. Et puis, à un moment, la communauté de communes l’a reprise dans ses compétences. Avant 2020, il y a eu des gros investissements, des gros travaux qui ont été faits avec un local qui s’appelle le Caillou, qui a coûté 49 000 euros. Il devait y avoir des agents pour louer des bouées, des luges, mais tout cela a été abandonné…