Tag: Politique

  • Sur la Rocade, la gauche veut résister « aux fascistes et réactionnaires »

    Sur la Rocade, la gauche veut résister « aux fascistes et réactionnaires »

    Le tout en musique. Environ 150 personnes étaient présentes autour de David Fournier (PS) et Mathilde Louvain (LFI) qui ont fusionné leurs listes. « À l’heure où certains font le jeu dangereux de la division et de la haine de l’autre, nous avons choisi le rassemblement », prônent les candidats.

  • L’appel des Écologistes pour contrer la droite et l’extrême droite à La Seyne

    L’appel des Écologistes pour contrer la droite et l’extrême droite à La Seyne

    « La désunion (…) de la gauche et des écologistes aboutit à un désastre. Ce 22 mars, les électrices et électeurs de la 2e ville du Var auront trois choix possibles : une gauche écologique, l’extrême droite ou la droite divisée et poreuse aux idées extrémistes. Les écologistes varois appellent chacun, chacune, en conscience, à rejeter tous les projets portés aujourd’hui à La Seyne, par l’extrême droite et les deux listes de droite. Les écologistes et la gauche se doivent de tirer les conséquences de cette situation seynoise », souligne le mouvement.

  • À Gardanne, Claude Jorda appelle à voter J.-M. La Piana

    À Gardanne, Claude Jorda appelle à voter J.-M. La Piana

    Les deux hommes s’étaient affrontés lors des municipales de 2020, laissant Hervé Granier rafler la mairie à la gauche. Mais cette année, le rassemblement à gauche est complet à Gardanne.

    À la veille du second tour, le communiste Claude Jorda lance un appel à faire gagner le rassemblement. « Dimanche 22 mars pour le deuxième tour des élections municipales j’appelle les Gardannaises et Gardannais, les Bivéroises et les Bivérois à se rassembler pour la liste conduite par Jean-Marc La Piana », écrit-il dans une déclaration.

    Ville protectrice

    « Liste de rassemblement elle réunit des représentant.es des différentes formations de gauche ainsi que des habitantes et des habitants de notre ville engagés, qui ont à cœur de lui redonner une place dans notre département, de mettre en avant la justice sociale et le vivre ensemble », ajoute-t-il avant de rappeler qu’« avec mes amis élus du Collectif Citoyen Gardanne Biver nous avons combattu sans relâche ces dernières années en conseil municipal les dérives de la municipalité Granier, ses mensonges et rappelé ses promesses non tenues, nous avons dénoncé le mal-être au travail vécu par les agents de la Ville ainsi que son refus d’associer la population aux décisions municipales et de donner aux associations les moyens de se développer ».

    Pour l’élu sortant « les choix municipaux impactent notre vie au quotidien: dans la défense des services publics, le développement culturel, les moyens pour l’école, le logement, la lutte contre les discriminations… À un moment où le monde va si mal, où les bruits de bottes se font de plus en plus inquiétants nous avons besoin d’une ville protectrice et fraternelle ».

    « Alors ensemble dimanche faisons le choix d’un meilleur avenir pour notre ville, votons Jean-Marc La Piana », conclut-il.

  • « Quand on est un travailleur à Aix… »

    « Quand on est un travailleur à Aix… »

    Important signal en direction du monde du travail envoyé depuis le plus important quartier populaire de la cité du Roi René : en introduction de l’ultime réunion publique de la liste Aix Avenir conduite par Marc Pena, une prise de position de François Canu, responsable syndical, est venue appuyer la démarche de rassemblement des progressistes.

    C’est Agnès Daures, élue sortante, candidate de la société civile, elle-même militante syndicale qui l’a transmis aux participants. « Quand on est un travailleur à Aix, on a besoin d’une politique sociale et environnementale, qui garantit l’égalité d’accès aux droits pour toutes et tous, une ville solidaire », indique la lettre.

    « On doit pouvoir se loger. Le prix au mètre carré et la pénurie de logement social excluent les travailleurs de notre ville. Ceux et celles qui travaillent à Aix doivent pouvoir vivre à Aix », mais aussi « pouvoir se déplacer » et « pouvoir se soigner », poursuit le texte.

    Ennemi mortel

    François Canu rappelle que « quand on est un travailleur, n’en déplaise au grand patronat, on ne fait pas que travailler. On se cultive, on fait du sport, on a des activités syndicales et associatives. On a besoin d’un accès pour tous aux pratiques culturelles et sportives, d’une ville qui soutient la vie associative et qui consulte les syndicats ».

    Il critique le désengagement financier de l’État vis-à-vis des collectivités et asphyxie les communes car quand les communes disposent de moins de moyens, ce sont les services publics qui reculent, les inégalités territoriales qui se creusent.

    Mais c’est quand le message du syndicaliste rappelle « que l’ennemi mortel des travailleurs, c’est l’extrême droite », que la salle applaudit le plus fort. Et de conclure :« Pas une voix du monde du travail ne doit aller à l’extrême droite. Leur politique raciste, antisémite, sexiste, LGBTQIAphobe, liberticide ne répond en rien aux urgences sociales, de plus, tous leurs votes, que ce soit à l’Assemblée nationale ou au Parlement européen, l’ont été contre le progrès social : contre l’augmentation du Smic, contre la réforme des retraites à 60 ans, contre l’imposition des plus riches, les droits des femmes et dernièrement contre la nationalisation d’Arcelor ? En conséquence, moi François Canu syndicaliste, j’appelle à voter pour la liste d’union de la gauche emmenée par Marc Pena, afin de battre la droite et l’extrême droite. »

  • Sprint final pour Marc Pena au Jas de Bouffan

    Sprint final pour Marc Pena au Jas de Bouffan

    Sprint final et dernier temps fort de campagne pour Marc Pena, le candidat d’Aix Avenir, liste d’union de la gauche, en lice pour le second tour de l’élection municipale dans la cité du roi René. Ce jeudi soir, à la salle du Cèdre au cœur du Jas de Bouffan, quartier populaire d’Aix aux dizaines de milliers d’habitants, le candidat a fait salle comble pour une réunion publique placée « sous le signe de l’échange ». Laquelle a débuté avec la manière via la lecture d’une déclaration du secrétaire de l’Union locale CGT de la ville (lire ci-dessous). Puis une prise de parole attendue du candidat, ce quartier étant le lieu de son premier meeting de campagne, manière de boucler la boucle : « On avait commencé au Jas de Bouffan, nous terminons au Jas de Bouffan. C’est un quartier emblématique, avec plus de 30 000 personnes ». Avant de regretter : « Il n’y a pas eu la mobilisation souhaitée ici avec un taux de participation qui n’atteint pas 30% dans certains bureaux, pendant qu’on vote à 65% à Puyricard [quartier du nord d’Aix, Ndlr.] » Mais rien n’est perdu à ses yeux, puisqu’il se remémore son élection comme député aux dernières législatives : « Dans un autre contexte, il y avait eu une forte mobilisation. Il faut donc à nouveau expliquer que le niveau communal est très important. Il faut rappeler que tout commence par là. » L’idée est donc de provoquer la mobilisation dans les quartiers jugés délaissés. Il développe le raisonnement en pointant « un problème d’égalité dans les territoires aixois ».

    Mobiliser les abstentionnistes

    « Le Jas de Bouffan peut s’interroger sur sa place dans la politique municipale, comme l’ensemble des quartiers populaires », poursuit-il. Et prévient : « Cela fait déjà 25 ans qu’on est gouverné par les Joissains, avec 7 ans de plus, la municipalité accentuerait ses politiques discriminatoires. » À l’inverse, il assure : « Notre liste est la seule qui peut changer Aix. »

    Et il énumère des raisons d’y croire. Arrivé 2e avec plus de 20% des suffrages exprimés, Marc Pena peut potentiellement espérer un report de voix de la liste insoumise (8%) et celle de Révolution écologique pour le vivant (Rev, 4,72%) qui n’étaient pas en capacité de se maintenir pour le 2nd tour (lire notre article du 19/03). Laquelle a clairement affiché son soutien à Marc Pena. « Il est encore possible de gagner. Il faut que nous allions convaincre les abstentionnistes mais pas avec des “y a qu’à et faut qu’on” mais en leur expliquant concrètement ce que signifie des services publics de qualité. » Il prend l’exemple de mesures concrètes de son programme : « Des logements étudiants pour qu’ils ne paient pas de loyer exorbitant pour un taudis, c’est ça la solidarité qu’on porte. » Ou encore « créer des maisons de quartier pour coconstruire les choses avec les citoyens, alors que Sophie Joissains ne consulte même pas ! ».

    « Des valeurs de progrès »

    Même si Sophie Joissains, la maire sortante le devance à l’issue du premier tour, il martèle : « Il y a des réserves de voix, il n’y a qu’une liste qui peut battre Sophie Joissains, nous devons tous nous être rassemblés ». « Les Joissains gouvernent depuis 25 ans, certains disent que c’est une fatalité, comme un vieux roi qui ne veut pas mourir », dénonce-t-il. Mais pas de fatalité de son côté : « N’ayons pas peur de rappeler nos valeurs de gauche, nos valeurs de progrès. Une fois élus, ce sera à nous de ne pas décevoir. »

    Des valeurs qui comptent vu le contexte aixois : « En face de moi, j’ai trois candidats de droite et d’extrême droite. (…) Hier, j’avais des croix gammées sur mon visage sur les affiches, ce n’est pas innocent. » D’où l’espoir d’Aix Avenir de changer la ville de l’intérieur.

  • [Tribune] Extrême droite aux portes de Carpentras : l’histoire n’est pas un détail

    [Tribune] Extrême droite aux portes de Carpentras : l’histoire n’est pas un détail

    « Justine, ô mon amour […] tes restes sont ici, lieu saint que je révère. » Par ces mots datés de 1861, mon aïeul, le Grand Rabbin d’Avignon Benjamin Mossé, rend hommage à son épouse. Ce poème est gravé sur sa tombe, dans le cimetière juif de Carpentras, dont quelques-uns seulement possèdent aujourd’hui la clé.

    L’histoire de la capitale du Comtat Venaissin est indissociable de celle des Juifs en Provence. Une présence plurimillénaire. Une vie organisée dans la « carrière », ce ghetto provençal longtemps lieu de contraintes mais aussi de culture et de transmission. Une synagogue, la plus ancienne de France encore en activité.

    Et puis, il y a l’indicible. En 1990, le cimetière juif de Carpentras fut le théâtre d’une profanation d’une ignominie macabre : 34 tombes éventrées, des corps exhumés, une violence méthodique et glaçante, dont furent jugés coupables des membres de groupes néonazis. Au-delà de l’abjection de cet acte antisémite, ce fut un moment politique charnière où l’affaire fut instrumentalisée, notamment par Jean-Marie Le Pen et par des journaux d’extrême droite, qui y virent l’acte de communistes, du KGB ou de mouvements islamistes palestiniens.

    C’est aussi de cette tragédie qu’est née la loi Gayssot, du nom du député communiste à son initiative, première loi mémorielle visant à réprimer tout acte raciste, antisémite ou xénophobe, longtemps critiquée pour son atteinte supposée à la liberté d’expression. Une résonance particulière à l’ère actuelle, marquée par le trumpisme et un chevauchement des idéologies libertariennes et néo-fascistes.

    Aujourd’hui, c’est dans cette même ville que le risque de l’extrême droite se précise : le député RN Hervé de Lépinau, arrivé en tête au premier tour, a fusionné avec deux autres listes d’extrême droite. Ancien du mouvement de Philippe de Villiers, adhérent au Front national depuis 2014, le catholique libéral-conservateur est, entre autres, un fervent opposant à l’IVG, allant jusqu’à comparer, sur Twitter en 2020, l’avortement à la Shoah.

    Que signifie alors confier les clés de Carpentras à ceux qui s’inscrivent dans l’héritage politique d’un courant qui a si souvent flirté avec le révisionnisme, l’antisémitisme et la haine des minorités ?

    Si les Juifs ne sont plus aujourd’hui la minorité ciblée par l’extrême droite vauclusienne et nationale, focalisée sur l’islam, il ne doit pas nous échapper que, lorsqu’ils parlent des « étrangers », c’est bien de nous qu’il s’agit. Racisme et antisémitisme reposent sur les mêmes mécanismes.

    Pour moi, Justine, née à Carpentras, dont les aïeux reposent dans ce cimetière israélite, il est inconcevable que la présence plurimillénaire des Juifs à Carpentras, les valeurs universalistes défendues à travers les siècles, et le traumatisme de la profanation de ce cimetière soient réduits à des « détails de l’histoire ».

    À la veille d’un choix décisif, rappelons-nous ce qui se joue derrière ce scrutin local : la responsabilité de ne jamais fermer ne serait-ce qu’un œil face au visage de la haine, y compris lorsqu’elle avance masquée.

  • [Tribune] Le monde du travail a tout à perdre avec l’extrême droite !

    [Tribune] Le monde du travail a tout à perdre avec l’extrême droite !

    Le premier tour des élections municipales l’a montré sans ambiguïté, l’extrême droite est aux portes de nombreuses mairies, y compris à Marseille et dans notre département. C’est un danger réel, immédiat, pour le monde du travail.

    Nous sommes syndicalistes, présents dans les entreprises, dans les services publics, sur le terrain. Ce que nous voyons chaque jour, c’est une colère sociale profonde et légitime : salaires insuffisants, services publics fragilisés, logements inaccessibles, conditions de travail qui se dégradent. Cette colère, nous la comprenons mais nous refusons qu’elle soit confisquée et détournée contre ceux qui la vivent.

    Car l’extrême droite n’apportera aucune réponse à ces réalités. Elle s’oppose à l’augmentation des salaires, à la justice fiscale, au renforcement des services publics. Son seul moteur, c’est la division, opposer les travailleurs entre eux, désigner des boucs émissaires, détourner la colère vers les plus fragiles plutôt que vers les véritables responsables. Pendant ce temps les droits reculent. C’est pourquoi nous combattons le racisme, l’antisémitisme et toutes les formes de discrimination. Notre syndicalisme se bat pour l’égalité réelle des droits, quand l’extrême droite promeut une société fondée sur les inégalités et les injustices sociales.

    Ce n’est pas une hypothèse. Partout où l’extrême droite exerce des responsabilités, les conséquences sont concrètes : subventions aux associations réduites, politiques sociales remises en cause, services publics locaux fragilisés, habitants dressés les uns contre les autres… Ce qui se décide dans les communes touche directement nos vies, qu’il s’agisse de l’accès aux soins, au logement ou à l’éducation. Laisser l’extrême droite s’en emparer, c’est accepter que ces choix soient utilisés contre nous !

    Nous appelons l’ensemble des citoyennes et des citoyens à se mobiliser massivement dans les urnes le 22 mars.

    Dimanche, notre responsabilité est claire, ne laisser aucune ville à l’extrême droite là où elle peut être battue

    Signataires

    Ryad AOUADI, Secrétaire général adjoint CGT Lyondellbasel Berre

    Stéphane BERTOLINO, Secrétaire général CGT Chantier naval de La Ciotat

    François CANU, Secrétaire général de l’UL CGT d’Aix-en-Provence/Secrétaire UD CGT

    Christophe CLARET, Secrétaire général CGT Dockers de Fos

    Serge COUTOURIS, Secrétaire général adjoint Fédération CGT Ports et docks

    Stella ESTAQUE, Secrétaire générale CGT La Poste

    Pascal GALÉOTÉ, Secrétaire général CGT GPMM/Secrétaire UD CGT 13

    Nicolas GUGLIELMACCI, Secrétaire général CGT CPMM

    Monia HADDAOUI, Co-secrétaire générale CGT Educ13

    Renaud HENRY, Secrétaire général
    CGT Energie

    Rémy HOURS, Secrétaire général CGT Cheminot

    Noël KOUICI, Secrétaire général CGT Réparation navale de Marseille

    Frédéric LARIVÉE, Secrétaire général CGT Finances publiques

    Ludovic LOMINI, Secrétaire général CGT Dockers de Marseille

    Sabrina MANCA, Secrétaire UD CGT

    Stéphane MARTINS DE ARAUJO, Secrétaire général CGT Arcelors

    Claude MAS, Secrétaire général CGT USR

    Marc PETROSINO, Secrétaire général UD CGT 13

    Jean-Michel ROCCASALVA, Secrétaire général CGT Centrale de Gardanne

    Marie RUGGIU, Co-secrétaire générale CGT Territoriaux de Marseille

    Messaoudi ZOHEIR, Secrétaire général UL CGT Quartier nord

  • Face au danger RN dans les Bouches-du-Rhône : les points chauds du département

    Face au danger RN dans les Bouches-du-Rhône : les points chauds du département

    Aubagne

    À Aubagne (54,95% de participation), l’extrême droite, Joëlle Mélin (RN) en tête du 1er tour (24,94%) suivie du maire sortant (LR) Gérard Gazay à 24,83% et de Jean-Pierre Squillari, le candidat de l’union de la gauche (23,34%). Plus loin Giovanni Schipani (DVC) a obtenu 16,06% des suffrages. Dans ce paysage aubagnais fragmenté, la fusion opérée entre ces deux dernières listes ouvre des perspectives à gauche. Reste à savoir où fileront les 791 voix de l’insoumise d’Elodie Malek. Pour s’accrocher à son strapontin, Gérard Gazay s’est lui allié à la liste (DVC) de Salem Mohammed (6,56%). Le RN a un très maigre réservoir de voix pour barrer la route à la gauche.

    Carry-le-Rouet

    À Carry où la participation (68,13%) a été forte, Valérie Guarino (DVD), ex-adjointe du maire sortant René-Francis Carpentier (DVD) et Jean-Christophe Trapy, conseiller municipal d’opposition (DVD) soutenu par le RN à travers le label « La Provence qu’on aime », ont fusionné leur liste. La vice-présidente du Département présidé par Martine Vassal (DVD) arrivée en seconde position (29,31%) intègre huit candidats de l’extrême droite (21,72%) au 1er tour. Arrivé en tête (40,56%), Jean-Christophe Trapy est menacé.

    Châteauneuf-

    les-Martigues

    Un seul point séparait le maire sortant (DVD) Roland Mouren (43,25%) et le candidat RN Alain Vaccalluzzo (42,23%) au 1er tour (57,82% de participation). La candidate de l’union de la gauche, Laurence Jouanaud, créditée de 14,52% a refusé de se retirer au second tour.

    Châteaurenard

    À Châteaurenard où quatre listes étaient qualifiées, le second tour propose une triangulaire après le retrait de Christophe Dijon (13,58%). À qui cela profitera-t-il ? Au maire sortant (DVC) élu au 1er tour en 2020, Marcel Martel (30,13%), au candidat de l’extrême droite Chantal Alex (29,65%) ou à la liste de droite de Vincent Lescot (16,15%) ?

    Fos-sur-Mer

    À Fos, la non-candidature du maire sortant (DVG) René Raimondi bouscule une ville habituée à une majorité stable. Soutenu par le RN, Philippe Maurizot (DVD) est arrivé en tête (34,71%), suivi de Rémi Esnault (DVG) à 30,70%, le candidat du maire sortant, et de Jean-Michel Leroy (DVG) à 26,49%. La division de la gauche, pourtant majoritaire, profitera-t-elle à la droite dure ? 8,10% des suffrages se sont portés sur une quatrième liste au centre… Où iront-ils ?

    Martigues

    À Martigues où la participation a été solide (57,59%), le maire communiste sortant, Gaby Charroux, n’a pas été élu dès le 1er tour comme en 2020 mais il est arrivé en tête avec 35,71% des suffrages. Et au second, la triangulaire s’annonce serrée avec le candidat de l’extrême droite Emmanuel Fouquart (RN) crédité de 28%, et celui de la droite, Jean-Luc Di Maria (LR) crédité de 25,34%, les négociations engagées entre ces deux listes dimanche n’ayant pas abouti… Les voix des listes de l’insoumis Frédéric Grimaud (7,90%) et de la dissidente Anne-Marie Sudry (3,04%) compteront.

    Rognac

    Dans cette commune où le sénateur (LR) Stéphane Le Rudulier a laissé un champ de ruine, la dynamique de l’extrême droite semble forte. Christophe Gonzalez (RN), élu fin 2024, a frôlé l’élection dès le 1er tour (49,28%) devançant les deux listes (DVD) de Willy Nicollet (28,75%) et Sébastien Garrel (21,97%). Mais la leçon de la municipale partielle semble avoir été retenue. Willy Nicollet s’est retiré.

    Tarascon

    Dans une ville où le maire sortant (DVD) Lucien Limousin ne brigue pas un nouveau mandat, le duel du second tour fait peur. 45 voix séparent les deux candidats en tête : Alexandre Ducouret (RN) pour l’extrême droite a décroché 45,56%, des suffrages devant Fabien Bouillard (DVD) à 44,66%. Valérie Laupies (Les patriotes) crédité de 9,78% a été éliminée. Un petit réservoir pour le RN dans une ville où la participation a atteint 59,49%.

    Vitrolles

    Le maire sortant Loïc Gachon (PS) est arrivé en tête (41,11%) au 1er tour (52,75% de participation) devant le candidat du RN, Fabien Bravi (36,54%), et Philip Farrugia (DVC) crédité de 22,35%. La triangulaire s’annonce serrée. à Vitrolles, l’extrême droite est de nouveau en embuscade et ça inquiète.

  • Des rappeurs phocéens haussent le ton contre le RN

    Des rappeurs phocéens haussent le ton contre le RN

    « On entend des gens dire : “on n’a jamais essayé le RN, on ne peut pas savoir.  Moi, je n’ai jamais testé de manger des excréments, mais je sais que ce n’est pas bon. » L’extrême droite, beaucoup en parlent, mais c’est peut-être le jeune rappeur Maze qui la résume de la manière la plus parlante.

    Comme certains de ses autres camardes, ils sont quelques MC’s et chanteurs, la plupart assez jeunes, à avoir tenu à exprimer leur refus de voir le RN accéder au pouvoir à Marseille, en ce jeudi 19 mars, à l’Après-M. Un lieu de restauration rapide tout autant que plateforme sociale et banque alimentaire, situé à Sainte-Marthe. Dans le secteur des 13-14, ici même où le RN est arrivé en tête au premier tour des élections municipales. « Dans toute l’histoire de notre ville, le monde artistique a fait preuve d’engagement face au racisme et à l’extrême droite : des mouvements des quartiers des années 1980 jusqu’à aujourd’hui, en passant par les mobilisations après le meurtre d’Ibrahim Ali », rappellent les organisateurs de cette prise de parole.

    « Ce vote, c’est pour notre survie et les gens qui nous entourent. Il faut aller voter. Même si ce n’est pas votre choix de base, ça sera toujours mieux d’avoir Payan pendant 7 ans que le RN pendant 7 ans », appelle la rappeuse DZ Kaïna, qui se réfère aux exemples du passé comme du présent : « Regardez ce que l’extrême droite a fait avec l’Allemagne nazie, ce qu’elle fait en Palestine, aux États-Unis avec l’ICE… »

    Parmi les autres artistes présentes, Lansky Namek prévient pour sa part : « On est là pour faire barrage aux idées nauséabondes du RN. Marseille, c’est une unité plurielle et ça le restera. »

    Si une majorité de présents sont plutôt jeunes, un pilier du rap marseillais a répondu présent, en la personne de Jo Popo. « Marseille est à un tournant de son histoire. Si les gens ne se mobilisent pas, ils vont le regretter », alerte cette moitié du groupe emblématique 3e Oeil, qui redoute également la destruction du tissu associatif et culturel de la ville si le RN accède à la tête de la mairie.

  • À la croisée des chemins

    À la croisée des chemins

    La deuxième de France connaîtra son prochain maire dans moins de 48 heures. C’est sans doute, l’enjeu le plus important au plan national au regard de la configuration du second tour.

    C’est la ville la plus peuplée sur laquelle le RN a mis une cible. Dans sa stratégie de conquête du pouvoir, tout entière tournée vers la présidentielle, le parti d’extrême droite espère faire de Marseille le plus beau de ses trophées.

    Marine Le Pen, aux prises avec la justice, et Jordan Bardella, sa doublure en cas de condamnation pour la course à l’Élysée, ont décidé d’investir Franck Allisio comme un symbole de leur volonté de « normalisation ».

    Langue de bois, communication lisse, cravate ajustée, expression hésitante, il a été choisi pour trancher avec Stéphane Ravier et incarner une extrême droite « présentable ».

    Grimace

    Le pari était presque réussi lorsqu’au soir du premier tour, le candidat s’est félicité d’avoir mis à son plus bas niveau la droite républicaine, espérant transformer l’essai ce dimanche.

    Son sourire s’est transformé en grimace lorsque le candidat insoumis a pris la responsabilité de se désister et que la candidate de droite dont il espérait vampiriser définitivement l’électorat s’est quant à elle maintenue.

    Il a laissé échapper des mots laissant transparaître son projet politique : division, mépris, rejet.

    Pour autant rien n’est joué. Progressistes, démocrates, républicains sincères, abstentionnistes du premier tour doivent se mobiliser pour faire échec à l’extrême droite, elle représente le pire de notre histoire. Évitons à Marseille de connaître le pire de son avenir.

    La deuxième ville de France est à la croisée des chemins.