Tag: Politique

  • Un voyage solidaire et agricole en Palestine

    Un voyage solidaire et agricole en Palestine

    Nicolas* et Juliette* ont raconté, jeudi soir, leur voyage en Cisjordanie, pendant lequel ils ont aidé des Palestiniens à produire sur leurs fermes. Ils ont évoqué leurs histoires et projeté leurs portraits, avec l’objectif de documenter l’avancée de la colonisation israélienne. Vivant tous deux dans une communauté agricole autogérée, ils ont pu échanger leurs savoirs avec les Palestiniens.

    Parmi eux, Bayan, une Palestinienne, professeure à l’université, qui « ne sait jamais combien de temps elle va mettre pour aller à l’université avec tous les checkpoints », et « qui a peur d’être tuée à chaque checkpoint », rapporte Juliette. « Dès qu’elle a une voiture israélienne derrière elle, elle est en panique. » Dans leurs fermes, les Palestiniens « ne peuvent pas utiliser de grosses machines, sinon, le bruit attirerait les colons, a-t-elle expliqué. Ils cultivent pour être autonomes de l’occupation et pouvoir manger leur propre production. »

    Nicolas a également relaté son voyage dans le village encerclé de colonies israéliennes, Al Mughayyir, où il s’est rendu avec ISM (International solidarity movement) pour faire de la « présence solidaire ». Il y a par exemple effectué des rondes pour éviter les attaques de colons pendant la nuit. « C’est l’un des endroits où la colonisation est la plus avancée en Cisjordanie », explique-t-il. « La colonisation prend plein de formes différentes, comme faire pâturer des moutons dans des vergers d’oliviers appartenant à des Palestiniens pour ruiner la récolte », relate-t-il. Il a également décrit les « jeunes des collines », ces enfants israéliens « qui ont des problèmes à l’école et qu’on envoie coloniser la Palestine ».

    *Les prénoms ont été changés

  • Vincent Roberti, directeur général surprise des JO 2030

    Vincent Roberti, directeur général surprise des JO 2030

    Non, Jean-François Vilotte, directeur général de la Fédération Française de Football, ne participera pas à l’aventure Alpes Françaises 2030. À la surprise générale, le préfet du Tarn-et-Garonne Vincent Roberti s’apprête à être nommé directeur général (DG) du comité d’organisation des JO d’hiver. L’homme, âgé de 59 ans, devrait être intronisé ce lundi 11 mai, durant le bureau exécutif.

    Son nom n’avait alors jamais filtré, mais il figurait bien dans une liste élargie de 51 candidats. Jean-François Vilotte, pas officiellement candidat mais pressenti, a lui préféré se concentrer sur ses missions auprès de la « 3F », avec en ligne de mire la Coupe du monde de football dans à peine plus d’un mois (du 11 juin au 19 juillet).

    Ingénieur de formation, énarque, Vincent Roberti n’est pas non plus totalement étranger au monde de la montagne. Il connaît la région Auvergne-Rhône-Alpes (Aura) pour y avoir vécu. Il a également dirigé le conseil départemental de l’Isère durant quatre années. « C’est Roberti, très bien, bienvenue. Il faut que ça marche », glisse le président de la Région Sud Renaud Muselier au journal L’équipe.

    Le 11 février, suite à de nombreux désaccords, Cyril Linette avait dû quitter son poste de directeur général et laissait donc Edgar Grospiron, président du Cojop, seul aux manettes. Aussi annoncé sur la sellette, le champion olympique 1992 de ski de bosses a redressé la barre et continue de mener le comité d’organisation. Un intérim avait été réalisé par Michel Cadot, ex-délégué interministériel aux JO 2024.

    Déjà des missions

    sur la table

    Le successeur de Cyril Linette a donc bien le profil d’un dirigeant et affiche une certaine complémentarité avec le patron du Cojop 2030, Edgar Grospiron. Fabrice Pannekoucke, président de la Région Aura, disait lui que Vincent Roberti lui « a fait très bonne impression. C’est un grand serviteur de l’État et il a toutes les qualités qu’il faut ». L’heure est maintenant au travail pour celui qui devrait donc être nommé dès lundi. Plusieurs missions s’offrent directement à lui. Comme évoqué lors de la conférence de presse de la Solideo, la semaine dernière, Alpes Françaises 2030 a jusqu’à début juin pour dévoiler la ville hôte du hockey sur glace. Outre Nice, Lyon et Paris sont désormais candidates et le CIO n’accordera pas davantage de délais pour étudier les différentes options.

    L’anneau de patinage de vitesse doit également se trouver un lieu d’accueil. Nous savons déjà qu’il sera situé hors de France : les Pays-Bas et l’Italie sont les deux pistes envisagées. Autrement dit, la finalisation de la carte des sites constitue le chantier prioritaire. Dans la même dynamique, le Cojop va devoir désigner les sports additionnels que le Comité international olympique devra ensuite valider. Ce dernier a fermé la porte aux sports sans neige, c’est-à-dire le trail ou le gravel. Reste donc le ski et snowboard freeride, l’escalade sur glace, alors que le ski-alpinisme doit encore être confirmé.

    Les premiers mois de Vincent Roberti seront donc décisifs pour éviter que le Cojop n’entre dans une zone critique et pour maintenir le cap fixé.

  • La Ville attaque le Airbnb illicite d’un « faux Marseillais »

    La Ville attaque le Airbnb illicite d’un « faux Marseillais »

    Vivant au Mexique, le propriétaire domicilié à Paris d’un appartement exploité illicitement depuis 2022 en locations saisonnières était assigné hier en référé par la Ville de Marseille. Les deux premières condamnations en février obtenues par la commune pour réguler le marché, portaient sur des fraudes en résidences secondaires. La présente affaire instruite par la brigade de contrôle du logement est « un premier cas de fausse déclaration en résidence principale pour échapper à l’autorisation de changement d’usage ».

    Placé sur les sites Airbnb et Booking à 400 euros la nuit, l’appartement de 145 m² au 4e étage du 118 rue Dragon (6e) proposait six chambres, plus une chambre de bonne de 16 m2 soit 14 couchages. Les deux plateformes rapportent 127 nuitées en 2022, 192 en 2023, 200 en 2024, soit un chiffre d’affaires de 207 600 euros, hors nuitées louées en direct. « Ces chiffres sont incompatibles avec la définition légale de la résidence principale. Le propriétaire a quatre appartements à Marseille, des sociétés à Paris et il travaille au Mexique », déroule Jorge Mendes l’avocat de la Ville. À considérer même que ce fut sa résidence principale, elle ne pouvait être louée en Airbnb plus de 120 jours par an, seuil abaissé en début d’année à 90 jours.

    « Il faut que ce commerce illégal cesse »

    « Les photos de cet appartement impersonnel parlent d’elles-mêmes. Pas d’effet personnel, pas de nom à l’interphone, c’est juste une résidence touristique », poursuit Me Mendes. « Ce business illégal aggrave la crise du logement pour les familles marseillaises. Sans compter les nuisances des groupes de visiteurs rapportées par les voisins, le syndic. Il faut que ce commerce illégal cesse. Il n’y a pas de “c’est Marseille bébé”, mais l’application de la loi nationale. 12 000 appartements sont enlevés aux Marseillais par des gens de passage », conclut l’avocat qui réclame 200 000 euros d’amende et une astreinte de 3 000 euros par jour pour le retour en bail classique.

    En défense, Me Victor Steinberg dénonce la « tonalité très politique et sans nuances d’un maire qui veut “faire la guerre aux Airbnb”, mais qui pour faire un exemple s’est trompé de cible ». Il décrit son client, Paul C., 37 ans, comme un « jeune travailleur ultra-connecté qui voyage beaucoup, fait de l’accompagnement au management de transition à l’international. Imaginer qu’il ait vécu chez ses parents à Paris est une thèse loufoque de la Ville qui vient traquer quelques incohérences administratives pour y voir une fraude organisée ». De produire une déclaration fiscale, des factures d’électricité et cent pages de factures de trottinettes comme preuve de son « ancrage marseillais ». Selon Me Steinberg, Paul C. aurait perçu « juste 6 900 euros de recettes » une fois retranchés les charges et travaux. L’appartement est depuis loué en bail mobilité à 4 étudiants colocataires à 680 euros mensuels chacun. Paul C. est désormais titulaire d’une carte de résident au Mexique. Il n’est pas rapporté que le Pastis lui manque.

    Décision le 30 juin.

  • La bataille pour les sénatoriales est lancée

    La bataille pour les sénatoriales est lancée

    Les élections sénatoriales ne se dérouleront que le 27 septembre prochain, mais ça s’agite déjà sur l’échiquier politique.

    C’est même le branle-bas de combat à droite et au centre. Après l’annonce de la candidature du président de la Région Sud, Renaud Muselier (Renaissance) pour un siège au Palais du Luxembourg, voilà que c’est la Marseillaise et ministre déléguée à l’Enseignement, Sabrina Roubache, qui envisage d’être candidate. L’information a été révélée par La Tribune Dimanche puis confirmée, ce lundi, par nos confrères de Marsactu.

    De quoi provoquer des remous dans le camp présidentiel. Renaud Muselier avait déjà jugé cette candidature « inamicale ». Il en rajoute une couche en invitant « le Premier ministre et le Président à s’occuper de cette affaire (…). On va voir qui sera ridicule dans cette histoire ». Autant dire que le groupe vit bien… Et, pour ajouter un peu de piquant, la sénatrice sortante Valérie Boyer (Les Républicains) a également annoncé être candidate à sa réélection dans Valeurs Actuelles, ce lundi. Cette dernière développe, sur le site de Public Sénat cette fois, être « ouverte à tout », dont à un accord avec Renaud Muselier. Lequel a d’ailleurs été élu via une large alliance des formations de la droite et du centre, et pourrait reproduire la manœuvre, ou pas. Il ne ferme d’ailleurs pas la porte à Valérie Boyer : « Pour additionner, il faut discuter. »

    Voilà qui contraste avec ses propos vis-à-vis de Sabrina Roubache. Une chose est sûre, c’est que l’Aixoise Brigitte Devésa (UDI) est aussi « candidate à sa réélection avec Renaud Muselier », confie-t-elle, ce mardi. Plus que ça, elle entend ne pas « descendre en dessous de la 4e place » sur la liste à venir. Et pour cause, il n’y a que huit sièges à se partager et, en 2020, la gauche avait raflé trois sièges, la droite trois, le RN avec Stéphane Ravier (il a quitté le RN depuis) et Jean-Noël Guérini (ex-PS) complétant l’affaire. « Ça se bouscule au portillon », résume le sénateur communiste Jérémy Bacchi. Qui s’inquiète : « Mais la multiplication des listes à droite pourrait favoriser l’extrême droite. »

    À gauche, le PCF plaide pour l’union

    Pour l’heure, les forces de gauche ne prennent pas le même chemin que leurs homologues de droite. « En 2020, on a conduit une liste d’union de la gauche entre communistes, socialistes et écologistes, qui a bien marché en faisant élire trois sénateurs de gauche dans le département », campe Jérémy Bacchi, sénateur communiste élu aux côtés de la socialiste Marie-Arlette Carlotti et de l’écologiste Guy Benarroche en 2020.

    Il note positivement que, depuis ce scrutin, il y a eu « une poussée de la gauche avec une augmentation du nombre d’élus à la faveur d’une union des forces de gauche aux municipales ». Ce qui implique donc une hausse du nombre de grands électeurs et conforte par là même les positions à gauche. « À titre personnel, je pense qu’il faut prolonger cette stratégie d’union qui s’est avérée gagnante pour la séquence sénatoriale. » Mais la prudence est de mise, puisque Jérémy Bacchi attend « les discussions souveraines au sein des communistes pour établir la stratégie et la représentation aux sénatoriales », avec une réunion prévue le 27 mai. En tout cas, on pourrait repartir sur le même trio sortant. Mais quid de Mireille Jouve, qui avait remplacé Jean-Noël Guérini, réélu sénateur en 2020 avant d’être déclaré inéligible par la justice ? « Je poursuis ce que j’ai entrepris depuis des années pour soutenir les communes […], je ne m’interdis rien », glisse-t-elle.

    Nul doute que les discussions sont loin d’être terminées pour ce scrutin.

  • Les vice-présidents de l’intercommunalité du Sisteronais-Buëch élus

    Les vice-présidents de l’intercommunalité du Sisteronais-Buëch élus

    Le nouveau président de la communauté de communes, le maire de Sisteron Jean-Pierre Templier (DVD), a à nouveau échoué à faire élire les vice-présidents de son choix. Alors qu’il proposait Maurice Brun, maire de Laragne-Montéglin (Hautes-Alpes), comme deuxième vice-président, c’est Florent Armand, maire de Saint-Pierre-Avez (Hautes-Alpes), qui a été élu à 62% des voix.

    Personne ne s’est présenté face à Véronique Arlaud, première adjointe de Serres (Hautes-Alpes), qui a ainsi été élue troisième vice-présidente à 96% des voix. Bernard Codoul (DVD), qui s’était présenté face à Jean-Pierre Templier pour les municipales, s’est porté candidat pour être quatrième vice-président, mais a échoué face au candidat proposé par le président, Robert Gay, maire de Mison, élu à 62%. Damien Duranceau, maire de Garde-Colombe (Hautes-Alpes), a été élu cinquième vice-président à 91,7% des voix.

    Bernard Codoul s’est à nouveau porté candidat pour être le sixième vice-président, mais a échoué face à Nicole Peloux, élue à Sisteron. Philippe Magnus, maire de Lachau (Drôme), a été élu septième vice-président. L’élection du huitième vice-président a elle été mouvementée, avec trois tours organisés, faute de majorité. C’est finalement Sylvain Jaffre, élu à Sisteron, qui a remporté l’élection devant Gérard Tenoux, vice-président du conseil départemental des Hautes-Alpes.

    Anne Truphème, première adjointe de Laragne-Montéglin (Hautes-Alpes), a été élue neuvième vice-présidente face à Bernard Codoul, à nouveau candidat. Jean-Michel Magnan, maire des Aires, a été élu dixième; Florent Martin, maire d’Upaix (Hautes-Alpes), onzième; Béatrice Allirol, première adjointe de Ribiers (Hautes-Alpes), douzième; et Pascal Lombard, maire de Saléon (Hautes-Alpes) treizième.

  • [Incendies] À Digne, une feuille de route pour faire face aux risques

    [Incendies] À Digne, une feuille de route pour faire face aux risques

    « On sait qu’à la fin du siècle, les bois de Vincennes et de Boulogne à Paris brûleront aussi bien que nos forêts dans le département. On est vraiment tous concernés », a insisté le pompier Carlo Zaglia à l’ouverture de la table ronde organisée mercredi en préfecture. « L’objectif de cette feuille de route, c’est de placer au cœur les maires, qui sont les directeurs des opérations de secours, les patrons sur la commune », a avancé Sylvain Besson, le directeur du Sdis 04.

    « 1% de la population engagée comme pompier »

    Mathias Borsu, directeur adjoint à la DDT (direction départementale des territoires), a lui insisté sur l’importance de « faire en sorte que l’urbanisation se fasse dans des zones qui ne sont pas exposées aux risques ». Enzo Fontani, jeune adolescent sapeur-pompier originaire de Vinon-sur-Verdon, a également témoigné lors de cette table ronde. « Dès petit, je rêvais des camions rouges. En devenant plus grand, je me suis rendu compte que les pompiers, ce n’est pas seulement le camion rouge, c’est un engagement, c’est une famille », a-t-il expliqué.

    « On est un territoire de la résilience, parce qu’on est un territoire où des crises sont susceptibles d’intervenir. Sur l’ensemble des risques qui ont été listés, vous voyez que beaucoup pèsent sur ce département », a rappelé la préfète, Isabelle Tomatis. « Ce territoire est assez extraordinaire, parce que c’est un territoire de risque, de résilience et d’engagement. C’est un territoire dans lequel 1% de la population est engagée comme sapeur-pompier volontaire. Ça n’existe nulle part ailleurs », a-t-elle affirmé. La feuille de route résilience comprend quatre axes : connaître les risques, former, planifier et garantir une réponse opérationnelle.

  • [Entretien] Elsie Nicolas : « Si on est honnête dans ce qu’on fait, ça marche bien »

    [Entretien] Elsie Nicolas : « Si on est honnête dans ce qu’on fait, ça marche bien »

    La Marseillaise : En parallèle de votre engagement politique, vous êtes infirmière de formation. Exercez-vous toujours ?

    Elsie Nicolas : Je suis infirmière de métier depuis 2008, d’abord en milieu hospitalier. En 2023, j’ai fait un changement, je suis venue à Saint-Bonnet dans ce qu’on appelle une CPTS, une communauté professionnelle territoriale de santé. Je suis chargée de mission sur de la santé publique. On travaille sur les parcours de soins des patients, on fait beaucoup de prévention, on a aussi un volet sport-santé. On aide les professionnels libéraux des territoires pour organiser au mieux leur travail.

    En tant que maire, avez-vous donc une sensibilité particulière à ce secteur public en souffrance ?

    E.N. : Oui, même si ce n’est pas mon premier mandat, puisque j’ai été avant conseillère et adjointe, notamment sur la communauté de communes. Ce lien que j’ai avec la santé et cette connaissance du territoire, c’était pour moi aussi une façon de relayer la parole de mon milieu et de pouvoir donner mon sentiment et apporter ma voix, en tant qu’élue, mais aussi en tant que professionnelle. Je ne me proclame pas porte-parole de tout le monde dans mon secteur, mais disons que ça permet de sensibiliser un peu plus les élus qui ne sont pas du tout du milieu, de leur faire comprendre ce que ressent chaque professionnel, parce qu’on a toujours nos points de vue à nous, mais quand on ne se met pas à la place des autres, c’est parfois difficile de comprendre pourquoi ça ne va pas.

    Les Hautes-Alpes présentent un certain paradoxe : il y a beaucoup de médecins, mais mal répartis.

    E.N. : Oui, nous sommes un milieu rural avec un grand territoire, mais une population qui est minime par rapport à celui-ci, puisqu’on n’est que 140 000 habitants. D’autres régions sont bien plus densément peuplées. On était parfois, je dirais… pas les personnes oubliées, mais au vu du peu d’habitants, on avait moins de moyens. Maintenant, ça commence à changer. On a aussi le problème de la distance. Certains départements ont beaucoup d’agglomérations, un professionnel de santé n’a pas beaucoup de distance à y faire. À Chabottes, on a un professionnel qui vient de s’installer en libéral, mais il est conscient qu’il va avoir aussi un vaste territoire à couvrir, de route à faire pour avoir une patientèle et pouvoir survivre. Ce sont des choses qui freinent un peu l’installation des personnes. C’est pourquoi dans mon travail, au CPTS, nous essayons de promouvoir notre territoire et d’aider au maximum à l’installation. Maintenant, sur notre garde, le Champsaur-Valgaudemar, on est assez bien lotis, on a pas mal de médecins, on a trois maisons de santé pluriprofessionnelles, deux cabinets médicaux de montagnes, beaucoup d’infirmières, de kinés… Mais la situation est assez variée sur les Hautes-Alpes, d’autres endroits, comme le Buech-Dévoluy, sont en manque de professionnels, parce qu’ils ont autant de population, mais un territoire plus vaste.

    Parvenez-vous à concilier cette activité avec la charge de maire ?

    E.N. : Oui, même si j’ai diminué mon temps de travail à la CPTS parce que sinon, ça ne marchait pas. Et j’ai aussi une vie de famille, j’ai deux enfants, je suis maman et je suis veuve. Donc, je ne peux pas non plus compter sur mon mari le soir pour s’occuper des enfants. J’ai fait ce choix-là parce que je voulais vraiment m’impliquer dans la mairie. Pour le moment, ça se passe plutôt bien. L’installation au poste de maire est toujours compliquée parce qu’il y a beaucoup de sollicitations des différents acteurs, des personnes du village aussi, qui veulent se présenter… Petit à petit, je pourrai avoir un peu plus un rythme de croisière et une meilleure organisation.

    Ensuite, pour la conciliation de deux postes, j’arrive assez bien à faire la différence, à être objective dans mes décisions. Quand je suis au travail, il m’arrive de prévenir à haute-voix : « Attention, là je vais vous parler en tant qu’élue parce que j’ai cette expérience-là ». Ce qui permet de mettre des barrières là où elles ont besoin d’être. Mais, si on dit les choses et si on est honnête dans ce qu’on fait, ça marche bien. Il faut garder ce côté impartial, éviter les conflits d’intérêts. Déjà, lorsque j’étais à la Communauté de communes, je n’ai jamais travaillé sur des dossiers qui concernaient la CPTS car elle la subventionne. Et je me suis toujours retirée des votes pour être hors de décision et ne pas avoir de conflit d’intérêts, ce qui est normal. Je peux apporter mon expérience, mais il faut savoir se dégager de ce genre de projet quand on sait qu’on peut avoir un intérêt de quelque manière que ce soit.

  • À Martigues, la majorité fait le choix de la résistance budgétaire

    À Martigues, la majorité fait le choix de la résistance budgétaire

    « Notre budget est fidèle aux engagements pour lesquels nous avons été élus, ce n’était pas des intentions », lance le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux, à son opposition lors du conseil municipal du 30 avril.

    La séance budgétaire a été marquée par la présentation du budget primitif 2026 par le 1er adjoint (SE), Henri Cambessédès. Le projet affiche un équilibre à 192 millions d’euros de dépenses et de recettes, dont 161 millions dédiés au fonctionnement et 30 millions à l’investissement. Parmi les évolutions notables figurent une hausse de 2% des recettes de fonctionnement par rapport à 2025, ainsi qu’une « baisse de 19,3% des compensations de l’état pour les exonérations de taxes sur les locaux industriels », a précisé l’adjoint, soit un manque à gagner d’environ un million d’euros.

    Autre point abordé : la masse salariale, en augmentation de 1,92%. Celle-ci s’explique principalement par « la hausse des cotisations retraite d’1,13 million d’euros et la tenue des élections municipales, car on mobilise les personnels pour la démocratie », rapporte l’adjoint.

    C’est sur l’investissement que l’opposition a concentré ses remarques. 23 millions d’euros sont mobilisés. Principalement pour la reconstruction du pont de Lareraille, à Carro pour plus d’1 million d’euros, pour l’extension à 600 000 euros des locaux de la piste d’athlétisme au parc Julien-Olive, et pour la poursuite du programme de mise en accessibilité à 800 000 euros. Les écoles bénéficient également d’un million d’euros, destiné aux rénovations et à la création d’îlots de fraîcheur.

    Mais Jean-Luc Di Maria (DVD) n’est pas convaincu : « Les montants sont là et les annonces sont nombreuses, mais quel est le cap ? Cela fait 37 000 euros par établissement, mais pour rénover, mettre aux normes, ou déguiser de l’entretien en investissement ? » se demande l’élu. À l’extrême droite, le double discours d’Emmanuel Fouquart (RN), lui, relève « un bon budget éloigné de l’effet ciseau », mais pointe aussi « la baisse de l’investissement net, passé de 20 millions d’euros à 15 cette année ».

    « Subir ou résister »

    La réponse est unanime. « Le budget est fidèle à notre trajectoire politique », souligne l’adjoint Gilles Picard (PCF). « La fraîcheur des écoles montre notre volonté de justice sociale et environnementale », abonde l’adjoint. Saoussen Boussahel (PS) insiste sur le fait que « ce budget est élaboré dans un cadre contraint. Entre subir ou résister, nous avons choisi le service public fort, le bouclier martégal ».

    Le maire relève « un seul point d’accord » avec son opposition. « Oui, un budget traduit une vision et des choix politiques. Derrière les chiffres, la réalité : des écoles entretenues, modernisées, comme les équipements sportifs aussi rendus accessibles, des espaces publics entretenus et un service municipal présent au quotidien. Bref, tout ce qui contribue à l’amélioration de la qualité de vie », argumente l’édile. Le budget a été adopté sans les voix de l’opposition.

  • Gardanne : Sabrina Roubache en visite au lycée de l’étoile

    Gardanne : Sabrina Roubache en visite au lycée de l’étoile

    Dernière étape de la visite de la ministre déléguée Sabrina Roubache, ce lundi : la section professionnelle du lycée Fourcade de Gardanne, site du lycée de l’Étoile. Celui-ci regroupe plus de 300 élèves contre 1950 sur la totalité du site. Après ses visites à Istres et Salon-de-Provence, Sabrina Roubache a rencontré les équipes pédagogiques avant d’échanger avec les élèves en formation dans les services d’aide à la personne.

    Une problématique bien spécifique a été portée à sa connaissance par le proviseur, Jean-Paul Peyrache. Il y a 9 ans, le lycée professionnel de l’étoile a été rattaché au lycée général et technologique (LGT) de Fourcade. « Une fusion qui demeure insatisfaisante à ce jour. Les professionnels que nous sommes ont su s’adapter. Mais, là ou l’école doit œuvrer à la mixité sociale et l’intégration, nos élèves de la Section d’enseignement professionnel (SEP) vivent leur scolarité à un kilomètre de leurs camarades du LGT », a expliqué le proviseur. Il a aussi rappelé que « le LGT affiche un IPS [indice de position sociale] de 126,8, quand celui de la SEP est de 92,3, soit 34 points de moins. Quand le recrutement des filières générale et technologique s’effectue à 75% sur un secteur résidentiel privilégié, celui de la SEP a le même taux sur des quartiers marseillais défavorisés et éloignés. Ce qui pourrait n’être qu’un constat classique des différences habituelles entre enseignement pro, général et technologique, prend une dimension bien plus stigmatisante dans ce lycée ». Une seule solution pour Jean-Paul Peyrache : implanter l’étoile sur le site du lycée général et technologique. Le foncier, selon lui, est disponible.

    « La voie pro attire »

    « Vous avez une ministre qui a été choisie par le président pour reprendre ce portefeuille qui, depuis 2024, n’existait plus trop, rappelle Sabrina Roubache. Je suis venue vous voir pas seulement pour visiter, mais pour prendre votre dossier, travailler et vous apporter le maximum de solutions. » La ministre a précisé que, sur ce dossier, « ce qu’on nous demande, c’est d’avoir quelque chose qui ressemble plus à une cité scolaire, plutôt que deux pans de formation qui ne se croisent pas. C’est un problème de bâti, de structure, de foncier ».

    Ce point local abordé, la ministre a élargi les échanges aux enjeux plus globaux de la voie professionnelle, qu’elle affirme toujours attractive. Et rappelle que « 650 000 lycéens professionnels représentent un tiers des lycéens ». En apprentissage, les apprentis seraient passés de 300 000 en 2017 à un million à ce jour. « Que la voie professionnelle n’attire pas, ce n’est pas vrai », assure la ministre, qui souhaite « déployer les internats, donner des possibilités d’hébergement aux familles pour que chaque enfant qui a envie de faire une formation [puisse la faire] ».

    Elle réitère son projet de « réforme de carte des formations professionnelles » articulée autour d’une question : « Comment créer, dans des bassins d’emploi, notamment chez nous avec Gardanne, Istres, Fos et Berre, des formations qui vont donner d’ici 2030 entre 6 000 et 10 000 emplois ? » Et assure, sur les baisses des aides aux entreprises pour le recrutement en alternance : « Il n’y a pas de baisse drastique, il y a un réajustement à la maille, mais c’est une politique qui a démarré il y a 9 ans. »

  • Les traqueurs de fuites de gaz plaident pour leur résorption

    Les traqueurs de fuites de gaz plaident pour leur résorption

    Tout semble normal dans la zone de Lavéra, vendredi 24 avril dernier. À côté de la station d’épuration d’Ineos, une voiture s’arrête devant une plus petite installation du transporteur de gaz NaTran. Trois personnes en sortent, dont l’une caméra au poing. Mais ce n’est pas de tourisme industriel dont il s’agit au regard des images produites. Braquée sur les tuyaux de gaz, cette caméra infrarouge révèle une sorte de panache de fumée invisible à l’œil nu, s’échappant d’un caisson rouillé.

    « Cette boîte rouillée est un indicateur de fuite de méthane » montre Théophile Humann-Guilleminot, de l’ONG Clean air task force, ou force opérationnelle pour l’air pur. Autant scientifique que politique, le militant affiche un objectif clair : « Montrer le côté systémique des fuites » sur le réseau de distribution, à la fois pour le signaler aux entreprises, mais aussi pour inciter à légiférer. Cette fuite, selon le militant, « n’est pas impressionnante. Mais sur 20 sites visités dans le cadre de la campagne, on a trouvé des fuites sur 14 d’entre eux. C’est un échec technique de la part de l’exploitant, mais ce n’est pas un scandale, c’est systémique, et il faut souligner que NaTran fait des efforts » nuance-t-il.

    « Réparer est rentable »

    La campagne de détection fut menée avec l’ONG Les amis de la Terre du 20 au 30 avril entre la Nouvelle-Aquitaine et les Bouches-du-Rhône, en passant par l’Occitanie. Anna-Lena Rebaud, chargée de campagne gaz fossile et transition juste pour Les amis de la Terre, explique que « ces fuites ont un impact puissant sur la hausse des températures, à court terme : le méthane est 80 fois plus réchauffant que le CO2 sur 20 ans ».

    Régler le problème serait pourtant vertueux. « Réparer les fuites est rentable : 70% d’entre elles auraient un coût négatif » selon la militante. L’agence internationale de l’énergie affirme que « presque toutes les mesures de réduction des émissions de méthane du secteur de l’énergie seraient rentables à mettre en œuvre ». C’est aussi une question de gaspillage. « Si l’on avait des mesures prescriptives des fuites et des mises à l’évent [ou torchage, Ndlr] à l’échelle mondiale, la moitié de la consommation européenne de gaz, soit 200 milliards de mètres cubes, serait économisée » insiste Théophile Humann-Guilleminot. La logique est connue : « Produire vite sans résoudre les fuites permet un plus rapide retour sur investissement », complète-t-il. La commission européenne a entériné l’obligation de rapporter ces émissions aux autorités administratives depuis 2025, notamment pour compenser la sous-estimation chronique du problème. « Le régime de sanctions est en attente de vote depuis août 2025 » depuis le droit européen, rapporte Anna-Lena Rebaud. Un sujet éminemment politique dans ce territoire, à l’heure des inquiétudes pour l’emploi et la décarbonation.