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  • La relève progressiste en ordre de bataille

    La relève progressiste en ordre de bataille

    à la faveur des élections, une salve de nouveaux élus arrive dans les hémicycles des différents départements, à Marseille, Le Rove, Martigues, Arles, Aix-en-Provence, Aubagne, La Seyne-sur-Mer, Avignon, Sisteron ou Gap.

    Militants associatifs ou politiques, ils ont été motivés par leur engagement, leur volonté de changer la vie des gens ou de prolonger une action dans laquelle ils se retrouvaient.

    Au sein d’une majorité municipale ou sur les bancs de l’opposition, comment envisagent-ils leur travail ? « Humilité », « envie », « enthousiasme » mais aussi « travail collectif », « solidarité », « exigence », « respect des engagements »…

    Autant de mots qui résonnent dans leurs témoignages et qui augurent d’une motivation très forte. Ces nouveaux élus, tous engagés à gauche, se sont confiés à « La Marseillaise ».

    Amine Kessaci, militant associatif, élu de la majorité (Marseille)

    « Que les mères endeuillées ne soient plus abandonnées »

    Militant engagé très jeune, Amine Kessaci avait créé son association Conscience pour sensibiliser à l’écologie. Avant de voir sa vie bouleversée par l’assassinat de son frère aîné en 2020, sur fond de narcotrafic. De quoi forger son engagement, en réorientant le travail de son association pour aider les familles de victimes, jusqu’à interpeller le président de la République en visite à Marseille, en 2021. Accompagné un temps par le préfet délégué à l’égalité des chances, il a finalement rallié les écologistes, dont il a été le candidat sur la liste des européennes, puis lors des dernières législatives dans la 3e circonscription des Bouches-du-Rhône, où il n’a échoué face au RN que de 800 voix.

    L’assassinat de son petit frère Mehdi, le 13 novembre dernier, par un commando qui voulait l’intimider, a violemment ajouté au drame. Et fait du jeune homme de 23 ans une figure nationale de la lutte contre le narcotrafic, malgré lui. Si elle l’a profondément affecté, la tragédie ne l’a pas fait renoncer à son combat, même placé sous protection policière. Jusqu’à faire campagne dans toute la France pour alerter et s’engager auprès du maire de Marseille (DVG) sortant, Benoît Payan. « Je veux continuer le travail engagé par le Printemps marseillais, pour réparer cette ville, qu’il n’existe plus d’inégalités entre le nord et le sud, qu’il n’y ait plus de zones où on laisse les gens mourir, faire en sorte que ces mères endeuillées ne soient plus laissées de côté, abandonnées », partage-t-il. Dès le lendemain de l’élection, témoigne le jeune militant, il s’est mis au travail, pour aller à la rencontre des associations. Avec une envie de travailler sur les enjeux liés au narcotrafic, « avec une approche très globale ». « Nous signerons tout de suite la charte du relogement des familles de victimes », annonce-t-il.

    Lucile Venet, professeure, élue d’opposition (Arles)

    « Je veux être une représentante »

    Syndicaliste depuis 1989 au sein du Snes-FSU, Lucile Venet n’a jamais été ni sur une liste, ni dans un parti. Mais depuis dimanche, elle est devenue conseillère municipale d’opposition avec la liste de Nicolas Koukas (PCF) à Arles. Son investissement dans la campagne municipale commence avant même son arrivée sur la liste. « Avec une dizaine de personnes, on a co-créé l’Appel d’Arles. Notre but, c’était que la gauche soit unie pour être élue et éviter que l’extrême droite ne passe et que M. de Carolis ne rempile. »

    Une mobilisation apparue comme évidente pour cette professeure : « Sur le terrain, on voit que ses politiques sont en défaveur des quartiers ou des villages. Les gens se sentent abandonnés. » Le mouvement organise donc, pendant plusieurs mois, des ateliers pour réunir citoyens et militants « de gauche » autour de thématiques diverses. C’est par cet investissement que Lucile Venet décide donc de rejoindre la liste de Nicolas Koukas, qui représentait pour elle « cette volonté d’union ».

    À présent élue, elle espère continuer à travailler en atelier pour préparer les conseils municipaux. « J’ai vraiment envie d’être une représentante, de ne pas parler en tant qu’individu. J’aimerais bien essayer de maintenir la dynamique qui a été installée de travail collectif avant chaque conseil », insiste cette militante, pour qui la démocratie participative est essentielle.

    Mohamed Itrisso, travailleur social, élu de la majorité (Marseille)

    « Apporter un peu de mon vécu »

    Engagé très jeune aux Jeunesses communistes, après son grand frère, issu d’une fratrie de neuf enfants « où il fallait que chacun puisse aider l’autre », Mohamed Itrisso avait 18 ans en 1995, lorsqu’Ibrahim Ali, d’un an son cadet et d’origine comorienne comme lui, a été tué par des colleurs d’affiches du FN. « Cela a été mon vrai déclic », explique celui qui a intégré le collectif Ibrahim Ali et s’est battu pendant vingt-sept ans avant que, finalement, une avenue puisse porter son nom à Marseille.

    Engagé au PCF en 1998, « quand Marie-George Buffet était ministre de la Jeunesse et des Sports », il a multiplié les engagements. En créant avec d’autres jeunes franco-comoriens, en 2008, l’association MDH, « pour faire le lien entre ici et là-bas, avec des valeurs qui mélangeaient culture et solidarité ». Si une nouvelle génération a pris la relève, elle organise toujours la fête de l’Indépendance des Comores sur le Vieux-Port, de l’aide aux devoirs, des journées culturelles. Après le crash de la Yemenia Airlines en 2009, il cofonde l’association Ushababi, pour accompagner les familles de victimes.

    « Il y a beaucoup de mépris envers les quartiers populaires, je me bats pour qu’on puisse apporter des solutions pour améliorer leur quotidien », partage le travailleur social qui veut « apporter un peu de (s)on vécu » après avoir été candidat aux départementales et aux municipales : « Le travail fait par la majorité actuelle nous donne envie d’apporter notre pierre à l’édifice. »

    Mickaël Tedesco, technicien de distributeurs automatiques, élu de la majorité (Aubagne)

    « Je ne reconnaissais plus ma ville »

    Déjà candidat en 2020, c’est la première fois que Mickaël Tedesco est élu au conseil municipal. Il y entre grâce à la victoire de la liste d’union de la gauche (hors LFI), Aubagne en commun, menée par Jean-Pierre Squillari. Pour cet Aubagnais de naissance, c’est le passage à droite de la municipalité qui a motivé son engagement sur les listes municipales.

    « J’étais militant en 2014, mais je ne ressentais pas le besoin de faire plus. Mais voir ma ville se dégrader m’a poussé à m’investir d’avantage. Je suis né ici, mais je ne reconnaissais plus ma ville », confie-t-il.

    Adhérent du Parti communiste depuis plus d’une dizaine d’années, c’est en 2020 qu’il s’engage une première fois, mais ne sera pas élu. Puis il réitère cette année : « Je me suis dit que c’était le moment. Que je devais tout faire pour que l’on récupère la mairie. »

    C’est à présent chose faite. Et de son siège au conseil municipal, ce père de deux enfants compte en faire bon usage. « Le plus important pour moi, c’est redynamiser le centre-ville, insiste le trentenaire. Cela pourra créer un poumon qui permettra aux commerces de revenir. »

    Pour cet enfant du quartier des Passons, où il vit encore avec sa famille, la question des logements est également une priorité : « Je veux me battre contre les logements indignes et pour les enfants aussi, car ils représentent notre avenir. »

    Ilhem Delmas Zeghadi, chercheuse, 2e adjointe au maire (Le Rove)

    « Agir pour le progrès social »

    Néo-rovenaine, Ilhem Delmas Zeghadi a fait son entrée en force dans la majorité du maire du Rove, Paul Sabatino (PCF), en tant que 2e adjointe. « À l’élection du maire et de la liste des adjoints, j’ai ressenti beaucoup de reconnaissance. Reconnaissance envers mes camarades du PCF qui m’ont fait confiance et envers Paul Sabatino », relate-t-elle, la voix pleine d’émotion.

    D’autant que c’est sa « première expérience à ce niveau en politique ». Mais elle a le « communisme municipal » chevillé au corps et ne vient pas de nulle part : « J’ai grandi dans une petite commune communiste en Lorraine. Je suis issue d’une famille ouvrière et je dois tout au service public. » Cette chercheuse, qui a fait un doctorat à l’école des Mines à Paris, entame son mandat avec « beaucoup d’humilité ». « Entrer au conseil municipal, voir la Marianne : c’est le symbole de notre démocratie, ça représente notre République. Et derrière cela, c’est le combat des communistes pour sa défense », explique Ilhem Delmas Zeghadi.

    Elle se dit « très enthousiaste » pour le mandat, notamment car sa liste a battu avec la manière « les idées xénophobes de l’extrême droite ». « Nous sommes une liste de rassemblement de gauche, de citoyens. Et l’échelle de la commune, c’est justement la solidarité et la fraternité citoyenne, c’est ce qui nous a liés tout au long de la campagne », développe-t-elle. Elle entend « agir pour le progrès social » et axer le mandat sur « la proximité avec la population ».

    Anthony Gonçalves, professeur d’oncologie, élu de la majorité (Marseille)

    « Transformer la vie des gens »

    Issu d’une famille ouvrière, le chef de file des communistes pour ces municipales à Marseille, Anthony Gonçalves, reconnaît qu’il a toujours eu « une vieille conscience politique et sociale depuis tout petit », avec une culture générale puisée dans la lecture quotidienne de l’Humanité et de La Marseillaise, « que j’étais le seul à lire pour de bon et à acheter à la maison, malgré le fait que j’étais plus dans les études et le boulot ».

    Professeur de médecine à Aix-Marseille Université et responsable du département d’oncologie médicale de l’Institut Paoli-Calmettes, il s’est en effet dans un premier temps surtout consacré à son travail, « une vie tout entière dédiée aux malades du cancer et à la recherche clinique ». Avant de passer le cap en 2014 et de rejoindre le Parti communiste français, « de ne pas seulement regarder ça en spectateur mais d’intervenir ». Candidat à plusieurs reprises, depuis les législatives de 2017 aux élections européennes et lors des dernières municipales en position inéligible, il a cette fois été désigné chef de file pour le PCF. « Je me suis mis à disposition des communistes qui m’ont sollicité », explique-t-il. Insistant sur le travail mené pour ancrer le programme bien à gauche. « Nous allons tout faire pour ce que l’on a présenté comme objectifs devienne réalité, pour transformer la vie des gens », s’engage-t-il, se disant « à disposition du collectif ». « La lutte contre le RN passe par l’amélioration de la vie quotidienne : quand on rénove une école, qu’on crée des lieux de culture, qu’on améliore l’accès au sport, on tarit les conditions qui le font monter. » Et il précise : « Comme tous les élus communistes, je vais reverser la totalité de mes indemnités à mon parti. »

    Marc Beltran, ancien proviseur, élu de la majorité (Martigues)

    « Il faut faire confiance à la jeunesse »

    « C’est la première fois que je suis élu quelque part. Je me suis d’abord engagé pour défendre mes valeurs. » Marc Beltran est l’un des nouveaux visages du conseil municipal de Martigues. À 59 ans, il a décidé de se présenter sur la liste du maire sortant (PCF) Gaby Charroux, par crainte de la montée de l’extrême droite dans sa ville. Sympathisant de longue date du Parti communiste, il choisit, il y a trois ans, de devenir adhérent et militant. Un engagement qu’il traduit cette année en participant à la liste de son maire sortant.

    Habitant dans la commune depuis 2022, lorsqu’il est devenu proviseur du lycée Langevin, il souhaite notamment mettre en place des mesures en faveur de la jeunesse martégale. Pour le quinquagénaire, « il faut leur faire confiance et ne pas en avoir peur ». Les questions de formation pour les jeunes martégaux seront au cœur de son combat en tant qu’élu de la majorité. Cet ancien proviseur veut « que les jeunes puissent faire au maximum leurs études dans la ville. Car c’est un enjeu de justice sociale que d’avoir accès à cela sans avoir besoin de faire beaucoup de transports ou de déménager », affirme-t-il.

    Il porte également des valeurs d’inclusion, continuité de son ancien poste de proviseur. Atteint d’une maladie dégénérative qui lui a fait perdre la vue il y a deux ans, il ne peut plus exercer son métier. « Mon investissement militant n’était pas lié à ma maladie, mais c’est vrai que le vivre soi-même change mon regard sur ces questions », affirme le nouveau conseiller municipal, qui siégera pour la première fois dans l’hémicycle, ce vendredi.

    Sophie Delfino, enseignante, conseillère municipale d’opposition (Gap)

    « Maintenir le lien avec les citoyens »

    « Une opposition critique et constructive », voilà ce que souhaite incarner Sophie Delfino au conseil municipal de Gap, où elle siégera dans l’opposition, aux côtés des dix autres représentants de la liste d’union de la gauche « Agir ensemble pour Gap », dont elle était la directrice de campagne. Secrétaire départementale de la fédération communiste des Hautes-Alpes, Sophie Delfino, enseignante de français et de théâtre, elle était en charge de la thématique action sociale sur la liste d’Élie Cordier.

    Petite-fille de Résistant, elle s’est engagée en 1981 au PCF, elle avait alors 18 ans et voulait, elle s’en souvient avec un sourire, « tirer la veste du nouveau gouvernement par sa manche gauche ». Militante pendant plusieurs années à Marseille, elle a été élue à la tête de la fédération du Parti communiste des Hautes-Alpes en 2018 et au sein de la direction nationale du parti. Elle promet de « maintenir le lien avec les citoyens », créé pendant la campagne depuis deux ans et de créer une lettre d’information sur les débats au conseil municipal.

    Pour elle, siéger comme élue dans la première ville du département permettra de donner « plus de visibilité au Parti communiste et aux actions des camarades élus », comme Vincent Berchaud, deuxième adjoint auprès de Maurice Brun, nouveau maire de Laragne-Montéglin, ou Aloïs Eymard, élu d’opposition à Embrun.

    En parallèle, elle souhaite aussi poursuivre « la reconstruction de l’adhésion populaire au PCF », par le contact de proximité et notamment par « la culture et la convivialité ». Elle cite en exemple le succès notoire de la fête de la fédération locale, moment musical et festif qui connaît une belle affluence depuis sa réédition il y a deux ans.

    Rémy Blanc, professeur des écoles, conseiller municipal d’opposition (Avignon)

    « Défendre les quartiers populaires »

    Déjà conseiller départemental sur le canton de Montfavet et Morières, Rémy Blanc va entamer un nouveau mandat, toujours dans l’opposition. Difficile encore à chaud d’analyser la défaite de dimanche face à Olivier Galzi (DVD), entre « démobilisation de certains quartiers populaires, une part du bilan de Cécile Helle qui a été repoussé ou une entrée en campagne tardive ».

    Pas question pour autant de mettre la gauche en sourdine. Rémy Blanc entend continuer « de défendre les intérêts des quartiers populaires », fil rouge du programme autour de l’urgence sociale et écologique. « On aura un regard très serré sur la question du CCAS, de comment on répond aux besoins des plus précaires et des plus démunis ». Même s’il est encore loin, le prochain budget sera scruté de près. « On veillera à ce que tout l’argent ne soit pas dilapidé sur l’aspect sécuritaire, avec plein de caméras au détriment de la médiation et de la proximité ». Le tout sans quitter le terrain, « porter un message éclairant à la population, parce qu’on a quand même vécu une campagne avec beaucoup de manipulations et de promesses ».

    L’élu communiste ne quittera pas des yeux « la qualité du service public, notamment sur les cantines ». « Il faudra regarder ce qu’envisage M. Galzi sur cette gestion en régie publique actuellement », prévient-il, sans occulter la réforme des rythmes scolaires où le futur maire souhaite revenir à 4 jours. « Cela signifie la fin du périscolaire, que vont devenir tous les agents et animateurs ? », questionne Rémy Blanc, qui envisage d’être constructif, « en espérant être entendus et écoutés ». Mais il ne se leurre pas : « Les choses vont nous échapper pendant 6 ou 7 ans, mais on va essayer d’avoir les espaces et les leviers les plus efficaces pour résister ».

    Brigitte Cheinet, conseillère municipale d’opposition (La Seyne-sur-Mer)

    « Être sur le terrain est essentiel »

    Forte de son engagement syndical de longue date, Brigitte Cheinet va faire ses débuts en tant qu’élue. À 69 ans, la secrétaire générale de l’Union syndicale des retraités CGT du Var (poste qu’elle occupe depuis 2017), ancienne employée municipale à Alès, sa commune d’origine, puis à Bourges et Bagnolet, n’en reste pas moins une militante politique de la première heure, ayant rejoint le PCF à l’âge de 16 ans.

    Celle qui occupait la deuxième place sur la liste d’union de gauche de Stéphane Sacco fait donc partie des quatre élus progressistes qui siégeront au conseil municipal seynois. Une nouvelle aventure qui s’inscrit dans « la continuité de (ses) convictions. Je suis membre du PCF, très attachée au social, je vais me battre pour faire entendre la voix communiste et de l’ensemble des forces de gauche », promet-elle.

    Et le challenge sera de taille : lutter contre l’influence du Rassemblement national, porté par le nouveau maire Dorian Munoz, en position de force (37 sièges) dans la deuxième ville du Var. « Notre objectif sera de défendre la population contre toutes les attaques qu’elle va subir, les salariés aussi, avec les trois autres colistiers », assure-t-elle, affirmant son « intention de lutter, avec les citoyens qui ont envie de combattre ce qu’il se passe actuellement ». Et pour cela, « être sur le terrain nous semble essentiel. On pourra compter sur nous. On sera présent, on ne se laissera pas endormir. »

    Une nouvelle casquette qui n’empêchera pas cette militante hyperactive de poursuivre son engagement à l’USR CGT. Deux fonctions qu’elle considère « ne pas être antinomiques. Quand je suis à la CGT, je suis indépendante du parti. Mais en tant que citoyenne, je m’exprime à travers mes idées. »

    Zoé Lerouge, enseignante et conseillère municipale d’opposition (Sisteron)

    « Etre une force de proposition »

    « Notre objectif pour le mandat à venir, c’est d’être à la fois une force de vigilance et de proposition sur les sujets qui nous tiennent à cœur : la défense des services publics, la lutte contre la discrimination, la transition écologique. » Malgré le relativement faible score réalisé par la liste citoyenne d’union de la gauche Demain Sisteron au second tour (14,91%), qui ne garde que deux sièges au conseil municipal, la tête de liste et nouvelle conseillère municipale d’opposition Zoé Lerouge reste motivée à peser sur les décisions de la municipalité.

    La professeure d’histoire-géographie a emménagé à Sisteron « il y a trois ans et demi », avec « l’envie d’un mode de vie plus calme et de campagne ». Elle a grandi entre Marseille, Lille et Bordeaux, et a étudié les sciences politiques à Paris. « J’ai toujours été engagée dans le milieu militant et associatif, notamment dans les milieux écologistes et féministes. Mais je n’avais jamais fait de campagne politique avant celle-ci », explique la nouvelle élue, également syndiquée chez SUD Éducation.

    Elle se réjouit de participer à ses premiers conseils municipaux, même si elle espérait plus de sièges pour Demain Sisteron. « On va voir comment on peut faire pour faire avancer ces sujets qui nous tiennent à cœur », comme salarier des médecins ou créer une maison des associations. « On va se demander pour chaque politique publique mise en œuvre si elle va dans le sens de la justice sociale, de la solidarité, de la transition écologique, de la transparence et de la participation citoyenne », affirme-t-elle. Elle espère « réussir à identifier les actions qui ont le meilleur ratio investissement efficacité ».

    David Tessier, enseignant, conseiller municipal d’opposition (Aix-en-Provence)

    « Porter la voix des travailleurs »

    Engagé dans la campagne de la liste Aix Avenir, née d’une union des forces de gauche et écologistes, menée par Marc Pena, David Tessier (PCF) siégera pour la première fois au conseil municipal, aux côtés de huit autres élus d’opposition issus de la liste. Pour rappel, Marc Pena est arrivé derrière Sophie Joissains (maire sortante) au second tour. Dans ce conseil municipal siégeront également deux élus issus de la liste de Philippe Klein (Horizons), et trois élus issus de la liste de Jean-Louis Geiger (RN). « J’attends de la gauche, au cours de ce mandat, qu’elle tienne les engagements qu’elle a pris pendant la campagne électorale, c’est-à-dire de porter au conseil municipal toutes les propositions sur le logement, sur le transport, la solidarité, sur la sécurité, pour les faire vivre. Et si possible, d’essayer de leur donner une dimension concrète, déroule David Tessier. J’attends la possibilité pour nous, à gauche, de proposer des mesures qui soient utiles à tous et à partir de là, voir s’il est possible de dégager une majorité réelle qui permette de construire. » Enseignant et militant pour le Parti communiste, l’élu rappelle qu’il aura « aussi cette place particulière de l’élu communiste qui est de porter la voix des travailleurs, du mouvement social et d’être à leurs côtés pendant toutes ces années où je serais en fonction. Ce mandat, tant que je l’exercerai, sera évidemment, et bien sûr, un mandat et un travail de conseiller municipal d’opposition, mais il sera aussi celui d’un élu communiste qui, s’il y a une grève, est d’être à cinq heures du matin sur le piquet pour apporter son soutien aux salariés », poursuit-il. Si différents partis de gauche composent cette équipe (PS, Écologistes, PCF…), « je n’ai aucune inquiétude sur la capacité collective qu’on aura à y arriver, y compris avec des différences », assure-t-il.

    Hanifa Taguelmint, militante associative, élue de la majorité (Marseille)

    « Donner de la force au programme »

    Au surlendemain du second tour des municipales, « je suis entre la joie et l’angoisse », souffle Hanifa Taguelmint, militante des luttes antiracistes des années 1980. Un engagement qui a commencé avec le meurtre de Lahouari Ben Mohamed, tué par un policier aux Flamants en 1980. « Quand ça se passe près de chez toi, ça n’a pas la même résonance qu’à la télévision, témoigne-t-elle. Ma conscience militante est née à ce moment-là. Après, je n’ai pas arrêté. »

    Dans le même temps, celle qui allait devenir la première bachelière de sa famille voit sa vie bousculée par le décès de son frère, et doit abandonner les études pour commencer à travailler dans l’animation. Après la marche pour l’égalité et contre le racisme en 1983, elle travaille à la maison pour tous de Kléber (3e) avant de rejoindre Marseille Habitat pour s’attaquer à la résorption des bidonvilles de l’Estaque, où elle s’est installée. Au centre social Picon-Busserine en 1993, elle rencontre Martine Aubry, qui venait de créer sa fondation contre l’exclusion : cela la convaincra de prendre sa carte au PS quand la Lilloise remporte le congrès de 2009, jusqu’en 2015. Après avoir repris ses études, elle a aussi travaillé pour le bailleur Logirem sur des projets éducatifs, s’est impliquée dans de nombreuses associations. « Je suis une touche à tout, avec une spécialité sur le retour à l’emploi », résume la militante. Un temps à LFI où elle rejoint le comité électoral, elle quitte le mouvement, rebutée par « le côté influenceur Tiktok ». C’est à l’occasion du déplacement du maire de Marseille à Alger qu’elle se rapproche du Printemps marseillais, avant de le rejoindre en janvier, face à la menace du RN. « Pour continuer ce qui a été entamé, donner de la force au programme et éviter que le Front ne récupère la ville », résume-t-elle, voulant « agir sincèrement pour ne pas trahir les électeurs et donner de l’ambition aux Marseillais ».

  • [Entretien] Maurice Brun : « Les deux thèmes de notre projet sont proximité et solidarité »

    [Entretien] Maurice Brun : « Les deux thèmes de notre projet sont proximité et solidarité »

    La Marseillaise : Quels axes de votre campagne ont suscité l’adhésion ?

    Maurice Brun : Les deux thèmes principaux de notre projet, c’est d’un côté la proximité et, de l’autre, la solidarité. Pour moi, la proximité, c’est de rendre des services à la population. Les Laragnaises et les Laragnais doivent primer avant tout. Ensuite, la solidarité, c’est tendre la main vers son prochain, vers ceux qui sont en difficulté, ceux qui sont seuls, qui sont isolés, et les personnes à mobilité réduite. Ces deux principes forment le socle numéro un. Le numéro deux, c’est la rénovation complète de notre ville. Laragne a mal vieilli. Tous les villages à 360 degrés autour ont été refaits à neuf, sauf notre commune. Nous avons annoncé une programmation pour rénover l’ensemble de la ville, avec la propreté et la sécurité que cela implique.

    Vous avez plusieurs expériences de direction sur le territoire. Cela a-t-il pu convaincre ?

    M.B. : J’ai été président de la Chambre de commerce et d’industrie de la région Paca et de la chambre départementale, tout en étant à la tête d’une TPE (très petite entreprise). Ce qui est assez original. Je pense ne pas avoir été le plus mauvais. Le plus important, c’est d’être sérieux sans se prendre au sérieux. Sans prétention, je crois que ces expériences m’ont aidé à gagner la confiance des Laragnais et à bâtir ma méthode. Un exemple : j’ai été élu maire avec l’équipe, vendredi soir. Eh bien hier soir [lundi], à la salle des fêtes de Laragne, j’ai réuni au complet l’ensemble des élus et du personnel pour se présenter. C’est l’expérience qui m’a appris à être comme ça. Élus vendredi soir, nous nous présentons dès le lundi aux salariés pour dire que nous les soutenons et nous les respectons. Ça a vraiment été une belle soirée, conviviale, où le personnel, qui n’était pas tranquille, pas serein, parce qu’il y a eu un changement de gouvernance, a été rassuré. Et je leur ai expliqué ce qu’on attendait dans l’audit financier et dans l’audit social de manière très positive. Je suis convaincu que cette méthode vient de mon expérience de trente ans de gestion d’un établissement public dans les chambres de commerce.

    De quelle manière votre méthode va-t-elle se traduire dans l’action municipale ?

    M.B. : Je pense que le terme proximité a beaucoup plu aux Laragnaises et aux Laragnais. On ne fera pas des projets inconsidérés pour faire voyant et plaire. On va gérer au jour le jour pour rendre des services concrets à notre population. C’est pour ça que j’ai nommé un adjoint à la proximité, poste qui n’existait pas avant, qui sera en charge de faire remonter les besoins des habitants. L’équipe précédente a totalement délaissé la population. Aucune réunion de quartier, peu de rencontres avec les citoyens, ni de projets présentés au comité des fêtes. Le manque de considération de la municipalité envers la population, en six ans, a affecté les Laragnais.

    Quels seront les principaux chantiers à venir ?

    M.B. : On souhaite développer un secteur très important : l’intergénérationnel. Nous allons créer des parcs pour les tout-petits. Pour ceux un peu plus grands aussi, avec la création d’un parc des sports autour du stade Pierre-Bini, rénovation de la piscine, création d’un pump track et d’un parcours de santé. Mais aussi un parc intergénérationnel, que l’on le fera en bas de la résidence Autonomie Soleil, à la fois pour les tout-petits et pour que les seniors puissent aller sur des bancs, à l’ombre, et voir ce qu’il se passe avec les petits. Ce que j’appelle de l’intergénérationnel. Et, bien sûr, nous mettrons en route cette rénovation de l’ensemble de la commune, avec un gros chantier : la rénovation des écoles. Tout a été délaissé petit à petit, donc il y a tout à faire. D’abord, nous ferons un audit financier et un audit social, ensuite nous reconstruirons. Nous mettrons le temps qu’il faut pour repartir sur des bases saines.

  • Région Sud : pas de percée et peu d’implantation insoumise

    Région Sud : pas de percée et peu d’implantation insoumise

    Si les insoumis remportent quelques mairies au niveau national, comme Saint-Denis et Roubaix, et réalisent des scores parfois importants comme à Lille ou Toulouse, le constat et tout autre dans la région Sud. Pas de prise de ville d’importance, ni de ville tout court, et des scores relativement faibles dans la plupart des départements où la stratégie des listes autonomes et des fusions tardives n’a pas porté ses fruits.

    L’exemple avignonnais est particulièrement parlant. Les scores montrent que la stratégie de la fusion avec la liste PS à l’entre-deux-tours n’a pas fonctionné : la ville n’est plus à gauche alors que l’ex-maire socialiste, Cécile Helle, avait su l’emporter largement dans une quadrangulaire en 2020 avec 45,72% des suffrages exprimés. L’alliance de 2026 entre Mathilde Louvain (LFI) et David Fournier (PS) n’arrive qu’à 38,01%. Elle améliore pourtant son nombre de voix cumulées entre le premier et le second tour. Le 15 mars, la liste PS comptait 5 431 votes et LFI comptait 5 197 votes, pour un total de 10 628 voix. Une semaine après elle en totalise 11 077. Des chiffres à mettre au regard de la hausse de la participation entre les deux tours : de 47,66% à 51,25%.

    C’est pourtant la circonscription du député insoumis Raphaël Arnault, sous la bannière du NFP, qui avait reçu 18 863 votes lors des législatives de 2024. Au final, LFI n’a que deux places au conseil municipal d’Avignon… sur tout le département. Il faut dire que la gauche en général n’a pas brillé par ses hauts faits sur la zone. À Marseille, les ambitions insoumises étaient grandes puisque Jean-Luc Mélenchon y arrivait en tête au premier tour des présidentielles de 2022 et 2017. Mais elles ont été douchées suite au retrait du député de la 7e circonscription des Bouches-du-Rhône et tête de liste LFI, Sébastien Delogu.

    Pas de miracle marseillais

    Ses moins de 12%, 33 808 voix, au 1er tour et l’absence de fusion ont condamné les chances d’une représentation au conseil municipal. Mais le maintien dans plusieurs secteurs permet une implantation locale. Le mouvement devrait totaliser, au mieux, une quinzaine d’élus dans ces hémicycles. Sur les quatre secteurs où LFI s’est maintenue au 2nd tour, le mouvement est systématiquement arrivé derrière le Printemps marseillais. Et même derrière le RN, sauf dans les 2e et 3e arrondissements. Y compris sur le périmètre géographique de la circonscription de Sébastien Delogu. Laquelle englobe les 15e et 16e arrondissements et où la liste LFI ne totalise que 4 594 voix au second tour… À titre de comparaison, le député en récoltait 6 904 lors du premier tour des législatives de 2024.

    Échec dans les villes moyennes

    Le constat est encore plus accablant lorsqu’on se penche sur les scores dans des villes dites moyennes des Bouches-du-Rhône. La plupart des listes LFI n’étaient même pas qualifiées pour le second tour. À Martigues, ville communiste où Mélenchon arrivait 2e avec 24,65% à la présidentielle de 2022, la liste soutenue par LFI n’arrive même pas à 8%. Même principe à Aubagne où la liste insoumise, contre celle d’union de gauche qui a pris la ville à la droite, ne dépasse pas les 5% (791 voix). Bien loin des 13,03% (2 188 voix) de la liste de Manon Aubry aux européennes de 2024. Dans les Alpes-de-Haute-Provence, si les insoumis soutenaient des listes citoyennes comme celle de Demain Sisteron, ils n’implantent pas d’élus dans les conseils municipaux. Dans les Hautes-Alpes, LFI n’avait investi que Jacques Patron à Gap, éliminé dès le premier tour (2,90%). Dans le Var, là encore, on constate que la stratégie autonomiste n’a pas fonctionné : à La Seyne comme à Toulon, les listes soutenues par LFI ne pouvaient pas passer le 1er tour, à la différence des listes d’union de gauche. Pourtant, les insoumis recueillaient 5 200 voix aux européennes sur la première ville du Var, quand ils n’en comptaient plus que 2 242, le 15 mars.

  • [Ces villes face à l’emprise de l’extrême droite] À Fos-sur-Mer, les résultats laissent les progressistes sonnés

    [Ces villes face à l’emprise de l’extrême droite] À Fos-sur-Mer, les résultats laissent les progressistes sonnés

    Dans la petite zone commerciale à proximité de l’école Joseph-d’Arbaud, les municipales sont dans toutes les bouches. En sortant du Vival, une habitante glisse à son ami : « Je suis allée au meeting de Maurizot. »

    Dimanche, celui qui était conseiller municipal d’opposition depuis des décennies a remporté le scrutin municipal, avec 48,24% des suffrages exprimés. S’il se présentait comme candidat divers droite, il avait rallié le label La Provence qu’on aime créé par le RN. Jean-Philippe Murru, membre de l’Union locale CGT, n’est pas dupe : « Il est affilié à l’extrême droite, même si lui ne le présente pas comme ça. »

    Élue communiste à la mairie pendant trois mandats avant de raccrocher en 2014, Rita Serafini est « furieuse » de ce résultat. « En 1995, j’ai monté le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples à Fos. On faisait la semaine de l’éducation. À l’époque, on pensait que ce n’était pas utile, tout le monde vivait en bonne harmonie. Je m’aperçois maintenant que ça a changé. C’est affolant comme ça a glissé vers le RN. L’entreprise de normalisation a bien fonctionné. »

    La militante anti-raciste l’a vu venir : « Aux dernières législatives, on a perdu un super député en la personne de Pierre Dharréville. À Fos, l’extrême droite a fait 62%. Quand on a eu le résultat, on aurait pu faire des actions, dénoncer. On n’a rien fait et on en paie le prix fort. » Elle appelle désormais à un sursaut des forces progressistes : « On a perdu une ville de gauche quoi, j’ai l’impression qu’on ne se rend pas compte. »

    Car les risques existent. « On a quand même des services publics développés, une solidarité envers la population, note Rita Serafini. Il ne faut pas qu’on y touche. » Jean-Philippe Murru s’inquiète aussi des rapports que la CGT pourra avoir avec la future majorité. « Jusqu’ici, on avait de bons rapports en termes de moyens, de relais d’information… qu’on risque de perdre. On aura probablement moins d’appui politique pour faire remonter les problèmes hors du giron de l’entreprise. Alors qu’on a de grosses batailles à mener. »

  • [Rue de la République] Posez vos questions à notre invitée Tina Biard-Sansonetti

    [Rue de la République] Posez vos questions à notre invitée Tina Biard-Sansonetti

    [#RueDeLaRépublique] Posez vos questions à notre invitée Tina Biard-Sansonetti (DVG).

    Marseille, victoire face au RN dans les 13-14, vie quotidienne, sécurité, logement, solidarité, métropole…

    À vous la parole ⬇️

  • Le PCF varois pointe la « désunion » de la gauche

    Le PCF varois pointe la « désunion » de la gauche

    Au terme d’élections municipales qui ont vu l’extrême droite se maintenir ou l’emporter dans six communes du département (Fréjus, La Seyne-sur-Mer, La Valette-du-Var, Six-Fours, Salernes, Puget-sur-Argens), la fédération varoise du PCF fait le bilan.

    Si « la gauche était unie au premier tour dans plusieurs villes », la désunion, notamment à La Seyne et à Toulon, « les deux villes les plus importantes du département », fruit « de petits calculs politiciens irresponsables », est pointée du doigt. Au même titre que l’éloignement « des préoccupations du monde du travail et des quartiers populaires, avec une image brouillée au niveau national par les votes à l’Assemblée nationale », responsable du « recul » global des forces progressistes. « Les communistes ont agi pour rassembler les habitants sur des enjeux de progrès. Cela n’a pas suffi pour remporter des victoires », déplore le PCF 83, qui salue tout de même « les élus de gauche qui, dans leur diversité, vont siéger dans des conseils municipaux ».

    « Un travail en direction des abstentionnistes »

    Les communistes soulignent aussi « l’effondrement de la droite aux manettes depuis des décennies. Cette droite qui, par son implication dans différentes affaires judiciaires, ses allers-retours vers la macronie, sa porosité avec l’extrême droite, a ouvert la voie à cette dernière ».

    Pour contrer cette avancée, il faudra donc « poursuivre l’engagement contre l’urbanisation à outrance, la spéculation immobilière, la casse des services publics, leur privatisation », tout en défendant « l’emploi, le pouvoir d’achat, des logements accessibles, l’accès à des soins de qualité, le vivre ensemble ».

    Enfin, eu égard au taux d’abstention qui dépasse les 40% dans le département, le PCF Var mènera « un travail en direction des abstentionnistes, notamment pour les salariés ouvriers, employés, le monde du travail, qui attendent un positionnement politique qui corresponde à leurs attentes. »

  • Nouveau souffle

    Nouveau souffle

    Ces élections municipales auront été l’occasion, dans de nombreuses communes, de faire entrer dans les assemblées communales de nouveaux élus progressistes.

    Qu’ils siègent dans la majorité ou dans l’opposition, ces femmes et ces hommes promettent de mettre toute leur énergie pour changer le quotidien des habitants et défendre les idées de justice sociale, de préservation de l’environnement,
    de lutte contre les discriminations…

    Ils sont les visages du renouveau progressiste dans une région qui a déjoué le scénario du raz-de-marée brun mais où le RN progresse et où la droite reste influente.

    Changer de société

    Aux côtés d’élus plus expérimentés, ils mèneront des politiques progressistes dans les villes gérées par la gauche et feront entendre leurs exigences et leurs contre-propositions partout ailleurs.

    Ils auront la lourde tâche d’être des points d’appui pour le monde
    du travail et des oreilles attentives aux préoccupations de la population.

    Dans la crise politique que nous connaissons, où le dégoût de la politique s’accroît et où le sens de l’engagement altruiste s’estompe, ces élus apportent de l’oxygène à la démocratie de proximité.

    Parmi eux, les communistes, en reversant leurs indemnités d’élus à leur parti, démontrent qu’il est possible de faire de la politique « autrement » : de manière désintéressée et sincère.

    Pour les gauches dans leur ensemble, ce réseau d’élus est précieux : il doit donner un nouveau souffle à la perspective de changement de société.

  • À peine élu, un adjoint forcé de démissionner

    À peine élu, un adjoint forcé de démissionner

    Élu en conseil municipal vendredi, l’adjoint Marc Gras a été contraint de démissionner dès le lendemain, après la révélation de publications problématiques dont il était l’auteur. « Cette démission fait suite à la publication de contenus sur ses réseaux sociaux en contradiction avec les valeurs que nous défendons et avec les responsabilités liées à l’exercice d’un mandat d’élu », a écrit la nouvelle mairie de Château-Arnoux-Saint-Auban, dans un communiqué diffusé sur Facebook, samedi soir. La décision a été prise « à la suite d’une réunion de l’équipe municipale », ajoute-t-elle.

    Contacté, le nouveau maire, Philippe Bertrand (DVC), qui a battu le communiste René Villard de quatre voix au second tour, n’a pas souhaité répondre, ni détailler le contenu des publications en question. Selon l’équipe de René Villard, qui a déposé un recours, dénonçant des « irrégularités » dans le scrutin, il s’agirait de « publications racistes, sexistes et islamophobes ». « Il montrait une famille blanche en disant “bientôt, il n’y en aura plus” », explique le directeur de campagne de René Villard. « Ils ont adopté la méthode du Rassemblement national : écarter les brebis galeuses », selon lui.

    Des publications racistes

    Sur des captures d’écrans du profil Facebook de Marc Gras, on peut en effet voir des publications racistes, islamophobes et insultantes. L’élu partageait également de nombreuses publications du RN. Il a depuis restreint l’accès à son compte Facebook et supprimé les publications en question.

    « Philippe Bertrand a souhaité convaincre cet électorat et c’est comme ça qu’il s’est retrouvé avec des personnes proches du RN sur sa liste », avance Mehdi Rachid, colistier de René Villard. Le nouveau deuxième adjoint Romaric Giacomino a notamment été membre du RN, de LR et de Debout la France. « C’est une tactique du RN d’intégrer leurs représentants avec des indépendants pour ensuite se présenter sous l’étiquette RN », selon Mehdi Rachid. Philippe Bertrand avait revendiqué le soutien du RN, ce que le parti avait nié.

  • « Les Aubagnais ont refusé que l’extrême droite mène la ville »

    « Les Aubagnais ont refusé que l’extrême droite mène la ville »

    La Marseillaise : Alors que vous étiez en troisième position au premier tour, c’est finalement vous qui arrivez en tête au second, devant la liste de Joëlle Melin (RN) et celle du maire sortant (DVD), Gérard Gazay. Comment traduisez-vous ces scores ?

    Jean-Pierre Squillari : Ces résultats montrent que les Aubagnais et les Aubagnaises ont refusé que l’extrême droite mène la ville. Et que les habitants ont aussi rejeté le maire sortant (DVD), Gérard Gazay. C’est ma première analyse. Et puis, pour moi, cela traduit aussi une volonté d’avoir plus de proximité, en faisant confiance à une personne qui connaît bien sa ville.

    Vous avez notamment fusionné avec la liste divers centre menée par Giovanni Schipani. Comment allez vous travailler ensemble ?

    J.-P.S. : D’une manière très naturelle, puisque leur programme a de grandes similarités avec le nôtre. Donc, ça ne pose pas de problème. Les quelques problèmes qu’il pourrait y avoir, on va les aplanir très rapidement. On a déjà eu une réunion de travail et on va se répartir les rôles. Comme convenu à l’avance, ils auront 8 sièges au conseil municipal.

    Après douze ans de droite, Aubagne revient donc à gauche…

    J.-P.S. : C’est quelque chose de pratiquement exceptionnel dans la zone, puisque c’est, je pense, la seule ville de cette importance qui bascule de droite à gauche. Ce qui veut dire que le travail qui a été accompli a été formidable. Parce qu’au début, nous n’étions pas favoris, parce que nous partions de pas grand-chose. Mais, au fur et à mesure de la campagne, qui a duré pour nous trois ans, on a vu les bénéfices de cela. Car on s’est mis en ordre de marche, il y a trois ans, pour faire cette liste citoyenne et de gauche. Je pense aussi que M. Gazay [maire sortant, DVD] nous a facilité la tâche par sa politique de constructeur, bétonneur et démolisseur. Les Aubagnais et les Aubagnaises ont été fatigués de cette politique. C’est d’ailleurs sûrement pour cela qu’il est arrivé troisième à la fin de ce second tour, derrière le Rassemblement national. Il y a eu un rejet de sa politique par les habitants.

    … mais le score de la liste du Rassemblement national, portée par Joëlle Melin, reste haut, avec 33,71%.

    J.-P.S. : D’abord, si vous comparez avec les élections législatives de 2022, les résultats de l’extrême droite sont en baisse, donc on voit que c’est fluctuant. Mais c’est vrai qu’il y a une montée du Rassemblement national dans la France entière. On peut toutefois dire quand même que sur Aubagne, on l’a contenu. Car c’est Joëlle Melin qui avait remporté la mise en 2022 [pour les élections législatives].

    Qu’est-ce que cela révèle, selon vous ?

    J.-P.S. : Ça montre qu’il y a sans doute eu un basculement des voix de droite, de la droite traditionnelle sur le Rassemblement national. Puisque Monsieur Gazay perd 10 points au premier tour [par rapport au premier tour de 2020]. Notre liste quant à elle, a conservé et consolidé son électorat. Mais ce que révèle cette élection, c’est la perte pour la droite traditionnelle de ses électeurs au profit du Rassemblement national à Aubagne, comme dans toute la France.

    Qu’est-ce qui, selon vous, pourrait résorber cette montée de l’extrême droite ?

    J.-P.S. : C’est un problème général, mais lorsque les Aubagnais et Aubagnaises verront que leur ville redevient accueillante, souriante et intéressante avec un centre-ville plus dynamique par exemple, naturellement, ils adhéreront à notre politique. On ne va pas faire de l’anti-RN basique. C’est naturellement que les citoyens vont revenir dans notre politique. On va également travailler dans les quartiers, et surtout avec les associations à qui on a coupé beaucoup d’aides et qui n’ont plus de budget pour faire leur travail.

    Vous voulez donc augmenter
    les subventions aux associations
     ?

    J.-P.S. : Oui. Les responsables des maisons de quartier font un travail extraordinaire avec quatre bouts de ficelle. Ils essaient de faire vivre un quartier, mais c’est très difficile. Car pour emmener les jeunes à la mer ou à la montagne, il faut louer un bus, et sans financement, ils ne pouvaient plus le faire.

    Quelles vont être vos priorités dans les prochaines semaines et mois ?

    J.-P.S. : Une fois que je serai élu officiellement maire, c’est-à-dire samedi à 11h, nous allons tout d’abord rassurer les commerçants du cour Voltaire en leur précisant que le marché reviendra sur le cour, une fois qu’on aura fait les aménagements nécessaires. Ce qui sera fait en plusieurs étapes, en faisant d’abord ce qu’on peut réaliser le plus rapidement et qui ne coûte pas grand-chose. Au mois de mai ou de juin, ensuite, comme on l’a dit dans nos propositions, programmer une braderie dans le centre-ville. Un événement festif qui se renouvellera tous les mois. Puis on va également entamer des négociations pour municipaliser ce qui peut l’être au détriment du privé.

    Que voulez-vous municipaliser ?

    J.-P.S. : Tout d’abord, on va créer une mutuelle municipale. On va également entamer des négociations pour les frais d’obsèques. Car municipaliser cette partie de la vie est important, au profit du pouvoir d’achat des habitants. L’idée est de réduire les coûts de nos administrés. Et puis on va étudier tous les contrats qui ont été signés, pour tenter de voir ceux que l’on peut annuler, ou ceux où l’on doit attendre la fin du contrat. On va également faire un audit [procédure de contrôle de la gestion, Ndlr.] sur la comptabilité pour savoir où en est la ville.

    Et quels sont les projets sur le plus long terme ?

    J.-P.S. : Il y a nos projets phares. Tout d’abord, la rénovation de la piscine centrale avec un grand parc urbain. Nous souhaitons également mettre en place un plan Marshall pour les écoles, c’est-à-dire qu’il faut que, durant la mandature, nous ayons pu rénover les écoles qui sont dans un état de délabrement. Nous allons également créer une zone agricole protégée, afin qu’aucune construction ne puisse exister sur les parcelles agricoles irriguées. Nous allons aussi mettre en place un plan particulier des risques d’incendie concernant les forêts et les constructions dans les collines.

    Enfin, nous allons travailler sur le domaine culturel. Là aussi, depuis deux mandatures, les artistes désertent Aubagne, alors qu’auparavant la ville était une pépinière de jeunes talents. Aujourd’hui, ils fuient et vont se réfugier ailleurs. Il y a donc un immense chantier autour de cette thématique.

    Avez-vous un dernier mot pour les Aubagnais et Aubagnaises ?

    J.-P.S. : Mon dernier mot, ce serait pour remercier les électeurs et les électrices qui nous ont fait confiance. Je voudrais également remercier et encourager les employés du service public qui ont subi pendant des années des suppressions de postes. On leur a dit de tenir bon, et on est là maintenant.

    « Il y a sans doute eu un basculement des voix de droite sur le RN »

  • Danielle Milon repart officiellement pour un quatrième mandat à Cassis

    Danielle Milon repart officiellement pour un quatrième mandat à Cassis

    La majorité de la première magistrate dispose de 23 élus et l’opposition de six sièges.