Tag: Politique

  • Le pari risqué de Renaud Muselier

    Le pari risqué de Renaud Muselier

    Le président de la Région ne le sera plus en septembre. Sa décision est prise : il sera tête de liste aux sénatoriales pour peser de tout son poids sur la droite et le centre au moment où son camp semble prêt à l’éparpillement le plus complet lors de la présidentielle de 2027.

    Certains y verront un choix de confort alors que les régionales de 2028 s’annoncent particulièrement rudes. C’est sans doute l’une des dimensions de la décision de Renaud Muselier. Son élection au Sénat est acquise. En vieux routier de la politique, il sait compter. Même en cas de dissidence d’insatisfait(e)s dans son camp, il dispose d’un socle de grands électeurs suffisant pour être assuré d’entrer au palais du Luxembourg.

    Son pari risqué ne réside pas dans cette candidature mais dans le rôle unificateur qu’il souhaite se donner.

    Mise en orbite

    Renaud Muselier ne prétend pas à une retraite politique sous les ors de la République mais à compter – jusque sur le plateau du Sénat ? – pour convaincre son camp d’avancer uni vers 2027. Rien n’est moins sûr tant les ego semblent gonflés à bloc à l’approche de l’échéance. Il fait aussi le pari d’une transmission réussie de la présidence de Région à François de Canson alors que la droite a essuyé des déconvenues à Marseille et Nice lors des municipales. Une manière de mettre en orbite un visage nouveau face à une extrême droite conquérante deux ans avant les prochaines régionales.

    Les gauches, elles, pour cesser de jouer les figurantes comme depuis 2015, ont le devoir de préparer l’échéance en nourrissant un projet de justice sociale, de développement écologique et de progrès démocratique. Un projet ambitieux et transformateur. C’est la condition pour repousser l’extrême droite et ses menées haineuses. Notre région mérite le meilleur, pas le moins pire.

  • Le nouveau maire de Sisteron élu à la tête de l’intercommunalité

    Le nouveau maire de Sisteron élu à la tête de l’intercommunalité

    Après 43 ans à la tête de la mairie de Sisteron et neuf ans de présidence de l’intercommunalité, c’est avec émotion que Daniel Spagnou (DVD) a laissé son siège à son successeur mardi. « Je me souviens du moment où l’État a décidé d’unir sept communautés de communes dans trois départements et deux régions. C’était un véritable pari », s’est-il rappelé. « Peu de personnalités pensaient que nous allions réussir, et moi le premier. »

    Jean-Pierre Templier, qui lui a déjà succédé à la mairie de Sisteron, était le seul candidat pour prendre sa suite à la tête de l’intercommunalité. « Je suis devenu maire de Sisteron après 43 ans de mandat et 24 années de premier adjoint », a-t-il tenu à rappeler aux élus. « Ma vision sera fondée sur la solidarité, fondement de notre intercommunalité, la considération pour chacune des communes quelle que soit sa taille, le respect de leur souveraineté, la concertation et le dialogue », a-t-il promis.

    Le nouveau président échoue à s’entourer

    « Cette confiance m’engage, et je veux vous l’affirmer, j’en serai digne et je ne la trahirai pas », s’est-il engagé au moment de son élection à 83% des voix. « Le développement de notre territoire ne peut se faire que si nos plus grandes communes, comme Sisteron, jouent ce rôle de moteur, de catalyseur, et garantissent aux plus petites les moyens de se développer et d’offrir des services de qualité à leurs habitants. »

    Alors que Jean-Pierre Templier assurait déjà que Gérard Tenoux, maire de Valdoule (Hautes-Alpes) et premier vice-président sortant, serait « son binôme, son premier vice-président », pour ce mandat, c’est finalement Lionel Tardy, maire de Rosans (Hautes-Alpes), qui a été élu avec 50 voix, contre 32 pour Gérard Tenoux.

    Le nouveau président n’a fait élire qu’un seul vice-président, n’ayant « pas eu le temps » de composer une équipe pour l’entourer. « Le délai imparti s’est avéré être très court, avec les fêtes de Pâques au milieu », a-t-il avancé. « La composition du bureau sera complétée lors de la prochaine réunion du conseil », a-t-il promis.

    La communauté de communes rassemble 60 municipalités des Alpes-de-Haute-Provence, des Hautes-Alpes et de la Drôme.

  • Le défi des nouvelles présidences

    Le défi des nouvelles présidences

    À Aix-Marseille, Toulon ou Avignon, une même musique semble résonner : l’heure est à la recherche de consensus et au retour
    à des intercommunalités plus lisibles, plus proches et moins fracturées. Après des créations menées tambour battant, parfois contre les élus eux-mêmes, les maires entendent reprendre la main.

    Nicolas Isnard à Aix-Marseille, Josée Massi à Toulon TPM, Olivier Galzi au Grand Avignon : trois visages différents, mais
    un défi commun, renforcer le lien entre territoires et institutions, dans un contexte où les élus RN se font plus nombreux.

    Depuis plusieurs années, les intercommunalités
    ont pris une place considérable dans la vie locale. Elles concentrent désormais des compétences structurantes, mobilités, habitat ou encore développement économique, qui conditionnent le quotidien des habitants. Leur montée en puissance
    en fait des acteurs incontournables,
    mais aussi des espaces politiques plus sensibles, où la gouvernance doit être à la hauteur des responsabilités.

    Les urgences sont là

    Partout, la promesse est identique : remettre les métropoles au service des communes, après des périodes de tensions et de défiance envers des structures souvent jugées trop technocratiques.

    Les urgences sont là, pressantes : logement, mobilités, transition écologique, réindustrialisation.

    Si ces nouvelles présidences veulent incarner un « nouveau départ », elles devront démontrer que l’intercommunalité peut redevenir un outil efficace, et non un échelon supplémentaire. L’apaisement est un début. L’action, elle,
    ne peut plus attendre.

  • Les syndicalistes de la flottille ont l’internationalisme au cœur

    Les syndicalistes de la flottille ont l’internationalisme au cœur

    Il y a du monde qui s’active le long du quai de la friche portuaire abandonnée du Rio, à l’ouest du quartier de l’Estaque. Une vingtaine de navires de plaisance arborant le drapeau palestinien l’ont quitté après escale samedi, cap vers la Sicile. Ils font partie de la flottille Thousand Madleen, dont le but est de briser le blocus organisé par l’armée israélienne à Gaza. « Mille Madleen », la traduction, est un hommage au navire éponyme qui participait à la flottille de la liberté, en 2025, intercepté en eaux internationales dont l’équipage avait été arrêté et détenu avant d’être expulsé d’Israël.

    « Engagés contre l’impérialisme »

    Les équipages sont composés de syndicalistes, militants d’associations et membres de partis politiques. À l’image d’Anouk Brunet, assistante d’éducation au collège Edgard-Quinet de Marseille et syndicaliste CGT Éduc’action : « C’est important de participer à cette initiative en tant que syndicat. » Elle souhaite « apporter un soutien à la communauté éducative sur place ».

    Idée similaire pour Denis Vemclefs, représentant l’Union départementale CGT de Seine-Saint-Denis : « Nous sommes engagés contre l’impérialisme et on soutient Gaza, dans le cadre de la solidarité internationale de la CGT. » L’UD CGT 93 a d’ailleurs financé le navire Nour, prenant part à la flottille, « en même temps que des panneaux solaires à Cuba », précise Denis Vemclefs. Pour ce dernier, « l’internationalisme n’a pas de frontières », et se dit aussi solidaire « du peuple libanais, congolais ou soudanais ».

    Lors de la conférence de presse de Thousand Madleen, la coordinatrice du mouvement Esther Le Cordier a affirmé que cette flottille était un « outil politique », comme celle de 2008. « Nous ne lâcherons rien jusqu’à l’autodétermination de la Palestine », promet-elle. Tout en appelant à des actions à terre contre « le génocide et les guerres impérialistes et coloniales ». L’étudiante à l’Ehess a remercié les habitants de l’Estaque pour « leur accueil et leur solidarité » indispensables. Marseille a répondu présent.

  • Le maire de Forcalquier réélu à la tête de l’intercommunalité

    Le maire de Forcalquier réélu à la tête de l’intercommunalité

    Réélu avec 23 voix sur 28, le maire de Forcalquier s’est remémoré, jeudi, sa première élection, en 2020, à la tête de la communauté de communes, lors de laquelle il avait déclaré : « Nous avons l’impérieuse nécessité de faire de cette collectivité un outil de développement du territoire, sous peine de quoi elle sera condamnée. »

    à l’époque, « si ça avait été une entreprise, elle aurait été placée en redressement judiciaire, voire pire », a-t-il affirmé. Il s’est félicité d’avoir, depuis, développé les services publics avec le centre de soins non programmé, les transports à la demande et la maison France Services, « qui se déplace maintenant dans les 13 communes ».

    Deux nouveaux vice-présidents issus du conseil municipal de Forcalquier ont fait leur entrée : Thomas Cherbakow, délégué aux finances et Marjorie Hubeau, chargée de la santé. Les trois autres restent inchangés : Christian Chiapella, Patricia Paul et Maryse Blanc.

  • [Entretien] Rémi Roux : « Agir pour préserver les services publics à L’Argentière »

    [Entretien] Rémi Roux : « Agir pour préserver les services publics à L’Argentière »

    La Marseillaise : Maintenant que vous êtes installés, quels sont vos principaux axes de travail ?

    Rémi Roux : La première chose sera de recréer un lien de confiance avec la communauté de communes du Pays des Écrins. Les relations n’étaient pas forcément au beau fixe avec la municipalité précédente. Travailler à ce niveau-là est la priorité pour faire avancer le projet de rénovation de la friche industrielle, qui appartient justement à la communauté de communes, et la rénovation du bâtiment de la trésorerie, dans le centre-ville, qui lui appartient également pour moitié.

    Cette rénovation vise à créer davantage de logements ?

    R.R. : Notre priorité est de faire un inventaire des logements communaux afin de savoir lesquels ont un réel besoin de rénovation. Beaucoup ne sont pas occupés à cause de leur état vétuste. Il y a un besoin urgent de s’en occuper pour pouvoir y loger des familles. Rénover la trésorerie nous donnera aussi la possibilité de créer des logements. La communauté de communes a aussi acheté à la SNCF un tènement, à côté de la gare, pour un projet immobilier qu’on voudrait faire avancer. Il y a environ 3 000m2, un bel endroit où l’on pourrait faire des logements. Enfin, il y a aussi la rénovation de la maison planche, une grande bâtisse, qui appartient en partie à la commune et où on pourrait faire du logement.

    Vous avez également cité la friche industrielle, inoccupée depuis 2012. Quelle est votre idée pour ce site ?

    R.R. : Étant donné la dépollution nécessaire du site, le fait de rechercher les financements, de rénover le bâtiment qu’on veut garder, à savoir la première centrale hydroélectrique… On est sur un projet sur dix à quinze ans, donc au-delà d’un seul mandat. Déjà, il faut donner un cap à ce projet, montrer où on veut aller. Nous, en l’occurrence, nous souhaitons y regrouper des services publics qui sont dans des installations qui ne sont plus aux normes, le centre social, la bibliothèque et la crèche. Ensuite, l’installation d’entreprises. On sait que ça ne peut pas se faire du jour au lendemain. Le plus important est de se donner un horizon de long terme, sinon, on avance au jour le jour.

    L’Argentière est également confrontée à des baisses d’heures d’enseignement et à des risques de fermeture de classe. Quelles sont vos actions sur ce sujet ?

    R.R. : Notre équipe est en ce moment en discussion pour obtenir un poste de professeur des écoles pour l’école maternelle du Plan d’Ergue, afin de rouvrir une classe de petite section, qui a fonctionné pendant des années, dès la rentrée 2026. Le poste avait été gelé, l’an dernier, et nous avons fait les démarches auprès de l’académie pour avoir également la création d’un poste d’Atsem (agent territorial spécialisé des écoles maternelles) et la remise en place d’un service continu de cantine. De notre côté, nous nous engageons à pérenniser cette classe pour les deux à trois ans, dès la rentrée 2026. Cela veut dire attirer et maintenir les familles et les jeunes sur le territoire. Pour cela, il faut agir pour préserver les services publics, y compris ceux qui ne sont pas du ressort de la mairie. En ce sens, nous sommes en discussion avec La Poste pour maintenir une continuité du service et le remplacement des effectifs absents, ou encore avec le rectorat concernant la baisse des dotations horaires du collège de la commune, baisse contre laquelle les enseignants ont fait grève, ce mardi. Nous voulons que ces services publics restent en état de marche. On n’a pas toutes les cartes en main, mais on veut impulser une volonté, être une municipalité pro-active en ce sens.

    Entretien réalisé par Ange Fabre

  • Le député insoumis Raphaël Arnault sort du silence

    Le député insoumis Raphaël Arnault sort du silence

    Si je décide de prendre la parole aujourd’hui, c’est pour une raison évidente : poursuivre mon mandat. » Le député de la 1ère circonscription de Vaucluse, Raphaël Arnault (LFI), s’est exprimé dans un entretien vidéo de plus d’une heure au média Blast, ce mercredi 1er avril, après un quasi-silence de plus d’un mois, sans aucune apparition publique. Cela fait suite à l’implication supposée de l’un de ses attachés parlementaires, Jacques-Ellie-Favrot, dans la mort du militant identitaire à Lyon, le jeudi 12 février.

    Alors que Mathilde Panot, cheffe de file du groupe insoumis à l’Assemblée, assurait ce mardi qu’il serait bientôt de retour, la confirmation n’aura pas tardé, avec une apparition dès ce mercredi, au palais Bourbon.

    Interrogé par la journaliste Soumaya Benaïssa, Raphaël Arnault explique d’abord que « beaucoup de personnes se posent des questions sur l’affaire en elle-même et le contexte politique, sur l’antifascisme et ses méthodes, des outils que l’on se donne et des critiques capables de se donner pour une lutte plus saine et efficace que possible ».

    Quant à son long silence et à ses absences, notamment à l’Assemblée nationale, il les justifie par « des menaces de mort, mais pas que ». « Il y a un besoin, dans le Vaucluse, et plus généralement à l’Assemblée nationale. Les travaux reprennent après une pause pendant les municipales », ajoute-t-il, précisant avoir été sollicité ces derniers jours au sujet des fermetures de classes prévues dans le département. Il évoque également une « volonté de prendre de la hauteur sur le moment », par « peur que la situation ne s’embrase dans le pays ».

    « La version de néonazis »

    Tout en rappelant « avoir été horrifié par la mort d’un jeune homme » et en affirmant qu’il « redoutait » un événement tragique de la sorte « depuis des années à Lyon », Raphaël Arnault assure qu’il « pensait à la famille » du défunt. Le député souligne également le profil inquiétant de celui-ci et affirme que la classe politique, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez en tête, reprenait « tous unanimement la version donnée par des néonazis ».

    Concernant la situation de son ancien attaché parlementaire, Raphaël Arnault confirme avoir eu « des nouvelles à travers son avocat » et assure que celui-ci « ne sait pas pourquoi il s’est retrouvé là » et qu’il « n’aurait jamais voulu qu’une telle violence se déchaîne ».

  • Le maire de Manosque réélu président de l’agglomération

    Le maire de Manosque réélu président de l’agglomération

    Seul candidat à sa réélection à la tête de la communauté d’agglomération, le maire (DVD) de Manosque, Camille Galtier, a été largement réélu avec 55 voix sur 59 au conseil communautaire d’installation, mardi soir. « Merci de la confiance que vous placez en moi, aujourd’hui, pour mener les intérêts de cette agglomération au service de ses 25 communes », a-t-il réagi, au micro, à l’annonce des résultats.

    Le maire de Manosque a avancé le souhait « d’aider les communes dans leurs projets de restructuration urbaine, de travaux d’éclairage public, de voirie ou encore de gestion des eaux fluviales », ainsi que de fournir « l’assistance administrative dont les plus petites communes ont besoin pour mener à bien leurs projets, dans le cadre de l’avancée de leurs dossiers de subventions auprès de nos partenaires institutionnels, l’État et les fonds européens ».

    Camille Galtier a également insisté sur la volonté de « faire en sorte que notre territoire puisse avancer à l’échelle environnementale », notamment sur la question des ressources en eau, des déchets, de la gestion des risques d’inondation et de la préservation des parcs et des forêts. « On s’est engagé auprès de la Société du canal de Provence à faire en sorte que tous nos agriculteurs soient branchés au plateau d’irrigation de Valensole à un coût de 600 000 euros par an sur les dix prochaines années », a-t-il rappelé.

    Le « grand débat » à venir sera la formation et l’emploi des jeunes, ainsi que le logement « avec la reconquête de nos centres historiques », selon le président réélu de la communauté d’agglomération. « L’enjeu de ce prochain mandat » sera aussi le développement des transports en commun, a affirmé Camille Galtier.

    Les quinze vice-présidents et les quatre conseillers communautaires délégués ont ensuite été élus, pour la première fois au vote électronique, avec des boîtiers nominatifs « pour gagner du temps et assurer la confidentialité des votes à bulletin secret ».

    Une équipe masculine et très peu renouvelée

    Le premier adjoint au maire d’Oraison (Renaissance), Vincent Allevard, a été réélu premier vice-président délégué aux politiques contractuelles, aux fonds européens, à la gestion des déchets et au centre aqualudique. Jean-Claude Castel, maire de Corbières-en-Provence, qui avait soutenu Éric Zemmour en 2022 et Marine Le Pen en 2017, a lui aussi été réélu deuxième vice-président délégué aux relations avec les communes et à l’éclairage public.

    Pascal Antiq, conseiller municipal manosquin délégué au budget, reste également troisième vice-président délégué au pacte fiscal et financier, au projet de territoire et aux marchés publics. Les quatrième et cinquième vice-présidents demeurent aussi les mêmes : Paul Audan, maire de Gréoux-les-Bains, et Gérard Aurric, maire de Valensole.

    L’équipe des vice-présidents de la communauté d’agglomération reste très majoritairement masculine (4 femmes sur 15) et connaît peu de changements.

  • Robert Deledda, maire de la Cadière-d’Azur : « Mon leitmotiv, c’est servir dans l’intérêt général »

    Robert Deledda, maire de la Cadière-d’Azur : « Mon leitmotiv, c’est servir dans l’intérêt général »

    La Marseillaise : Vous prenez la succession de René Jourdan, qui a passé 37 ans à la tête de la mairie. Que ressentez-vous ?

    Robert Deledda : Une grande joie. Je veux prendre une belle succession car j’ai un profond respect pour René Jourdan. C’était un maire aimé. Je veux poursuivre toutes ses belles réalisations avec un nouveau projet, mais aussi penser à l’avenir.

    Vous n’aviez pas reçu son soutien, qu’il avait apporté à Marc Benoît. Vous étiez son premier adjoint : comment l’avez-vous vécu ?

    R.D. : C’est démocratique. Il y a des élections, il y avait une équipe en place. Les adjoints en place n’ont pas voulu se présenter et c’est Marc Benoît qui s’est présenté avec une partie de l’équipe. Moi, j’ai fait le choix de partir avec quelques conseillers municipaux, mais une équipe nouvelle, compétente et expérimentée, vraiment ancrée dans la vie locale. Ce qui nous a différenciés, c’est la méthode. La mienne, c’est écouter, agir justement, avec beaucoup de proximité, que ce soit avec les mondes associatif ou économique, et les quartiers. Ça a été un atout majeur, car on me connaissait depuis longtemps dans la commune. J’avais aussi mené des projets intéressants, au CCAS, à la résidence autonomie, au sein de l’Audat [Agence d’urbanisme de l’aire toulonnaise et du Var, Ndlr.], dont j’étais le 3e vice-président.

    La Cadière est une commune historiquement ancrée à gauche. Comment vous positionnez-vous personnellement ?

    R.D. : Notre liste était sans étiquette. Toutes les personnes n’étaient pas intégrées dans un parti politique. Une élection locale se base sur ce qu’on a fait en tant qu’élu, et ce qu’a fait son équipe : est-elle ancrée localement ? J’ai « recruté » dans le milieu associatif, en ciblant tous les quartiers, toutes les catégories socioprofessionnelles et les professions utiles pour notre projet. Moi-même, je n’ai pas de positionnement particulier. J’ai pris mes fonctions dimanche. On va se mettre très rapidement au travail, on va faire ce qu’on a dit et on va le prouver, en étant toujours à l’écoute. Je serai le maire de tous les habitants sans exclusivité. Mon leitmotiv, c’est servir dans l’intérêt général à La Cadière-d’Azur, et je ne dévierai pas de cet emblème.

    Le paysage politique s’est redessiné au sein de la communauté d’agglomération sud Sainte Baume. Quels seront les grands défis ?

    R.D. : On va bientôt faire une réunion avec le bureau des maires. Il faudra trouver un candidat rassembleur pour la présidence. Il y a trois projets sujets aux litiges : le remboursement de la dette du Grand prix F1, l’eau, et le désenclavement de la zone industrielle de Signes. Les communes doivent travailler ensemble et mutualiser certaines compétences. Il faudra trouver des solutions pour régler les problèmes de manière paisible et concertée, au bénéfice des habitants.

  • Lila Desjardins, première femme maire de Peyruis

    Lila Desjardins, première femme maire de Peyruis

    Être la première femme à occuper ces fonctions, qui plus est une femme issue de l’immigration, me remplit de fierté et montre avec force à quel point Peyruis est une commune tolérante, juste et accueillante, qui rassemble plutôt qu’elle ne divise, comme certains voudraient le faire croire », a déclaré Lila Desjardins en regardant en direction des deux nouveaux élus RN du conseil municipal. La nouvelle maire a également tenu à s’adresser à sa petite-fille, présente lors du conseil d’installation : « Je veux lui dire que, si naître fille est plus simple aujourd’hui, le combat pour l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas terminé. Le chemin est encore long. Je lui souhaite de devenir elle aussi cheffe de son village, mais elle a beaucoup plus d’ambition que moi, puisque son village, c’est Lyon ».

    Seule candidate au poste de maire, Lila Desjardins a été élue par 18 voix contre cinq bulletins blancs, équivalents aux cinq sièges de l’opposition.

    « Opposition constructive »

    L’ancien maire, Patrick Vivos, qu’elle a largement battu dimanche dernier, a pris la parole pour lui souhaiter « beaucoup de courage » et promettre une « opposition constructive ». Les deux nouveaux élus RN n’ont eux pas demandé la parole.

    L D.

    Les adjoints

    Premier adjoint, Joël Mercadier, directeur d’ASA. 2e adjointe, Chantal Michel, cadre de la fonction territoriale. 3e adjoint, Frédéric Julien, agent territorial. 4e adjointe, Françoise Crest, professeure de français. 5e adjoint, Hafid Essaidi, retraité. 6e adjointe, Floriane Idini, agent immobilier.Les délégations seront attribuées lors du prochain conseil municipal qui se tiendra le 14 avril.