Tag: Municipales

  • Nicolas Koukas prône l’union des villages arlésiens

    Nicolas Koukas prône l’union des villages arlésiens

    Les villages se sentent abandonnés », assure Nicolas Koukas (PCF). Alors, pour y remédier, le candidat de l’Union pour Arles qui a déposé sa liste mercredi 18 février présente les élus qui deviendront, en cas de victoire, les adjoints spéciaux des composantes de la ville la plus étendue de France.

    Ils seront deux pour Salin-de-Giraud : Sandy Scandagliari et Katy Vrontos, tous deux retraités de la fonction publique territoriale et originaires de la commune camarguaise. Située à 40 km d’Arles et donc de son hôpital, celle-ci rencontre une problématique de désertification médicale. « Aujourd’hui, on a un médecin deux jours par semaine, témoigne Sandy Scandagliari. L’accès aux soins est le premier dossier à porter pour le village. » À ce sujet, la liste porte notamment un projet de maison de santé pluridisciplinaire. Éloignés, les villages rencontrent aussi des problématiques de mobilité et d’isolement. Gisèle Beltrando, désignée pour Raphèle, explique : « Les habitants se détournent d’Arles pour Saint-Martin-de-Crau pour leurs besoins de la vie quotidienne. Les seniors sont obligés d’aller à Pont-de-Crau pour avoir accès à un foyer et aucune navette n’est mise en place, ce qui isole ceux qui ne peuvent plus conduire. » L’Union pour Arles compte travailler avec le Centre communal d’action sociale pour y remédier. « Nous allons aussi travailler avec la communauté d’agglomération pour revoir les tracés, cahiers des charges et horaires des transports en commun », affirme Nicolas Koukas.

    Des moyens propres

    Pour obtenir un « choc de confiance », comme l’appelle le conseiller municipal d’opposition Mohamed Rafaï, les villages seront dotés « de moyens financiers propres pour qu’ils aient une latitude totale avec une enveloppe dédiée qu’on est encore en train de chiffrer », précise la tête de liste. Le candidat veut également mettre trois réunions par an en place, afin de « faire le point, avec les services municipaux, sur les sujets du quotidien », mais aussi déconcentrer les services publics. « C’est l’équité territoriale, l’égalité républicaine », appuie Mohamed Rafaï.

    L’Union pour Arles souhaite aussi mettre le paquet sur la culture en réinstaurant le Relais du sel à Salin-de-Giraud, mais aussi en créant un festival de la ruralité pour mettre en lumière les traditions de ces communes. « Ces villages sont un trésor, il faut exploiter leur attractivité. »

  • À Reillanne, une liste de gauche pour prendre la succession

    À Reillanne, une liste de gauche pour prendre la succession

    Dans sa lettre aux habitants où elle annonçait ne pas se représenter, la maire sortante de Reillanne avait souhaité « un rassemblement de gauche très large et très ouvert ». C’est désormais chose faite avec la liste menée par Simone Chagniard-Marand, déposée en préfecture mercredi matin. Deux communistes et un militant de l’Après font notamment partie de cette liste. « Le programme qu’on défend s’inscrit vraiment dans la continuité de ce qu’a fait la mairie. On envisage de terminer les projets engagés, pas par obligation, mais par conviction », la maire sortante, élue depuis 11 ans, laissant sa place, explique la tête de liste.

    Au cœur des priorités de la liste, nommée Reillanne en commun, la justice sociale, la lutte contre la précarité et le soutien aux associations. « J’ai été élue au cours d’une élection sans candidat. Il y avait un groupement de personnes ouvert à tous, chacun a dit une qualité que devait avoir un maire, puis on a tous voté pour quelqu’un qui y correspondait », explique Simone Chagniard-Marand. Agée de 61 ans, elle travaille depuis 42 ans dans les collectivités locales. « Dans ma carrière, j’ai eu à monter des dossiers pour les élus. Je mets mon expérience au service de mon village, ayant grandi entre Marseille et Reillanne. Même si ma vie m’en a éloignée, j’y suis toujours revenue », avance-t-elle.

    Garder la municipalité

    à gauche

    Garder la municipalité à gauche et veiller à ce que la commune ne vrille pas à droite sont des enjeux importants pour Simone Chagniard-Marand. « Il y a eu des résultats inquiétants aux législatives », regrette-t-elle. « On a voulu que tous les Reillannais soient représentés, et conserver la démocratie, parce que c’était pas le cas s’il n’y avait qu’une seule liste », explique-t-elle. Sa liste est composée de personnes d’âges très variés, comptant notamment des jeunes de 20 et 25 ans, « des gens qui ont choisi de s’installer à Reillanne ». Selon la tête de liste, « cela montre que la vie est belle ici, que le monde est meilleur ici, et donc on va essayer de conserver ça ».

    La liste n’a pour autant pas été constituée sans encombres. « On a eu beaucoup de mal à trouver des femmes qui souhaitaient s’engager. On a beaucoup prospecté. 21 personnes, ça fait beaucoup sur un village », raconte Simone Chagniard-Marand. Parmi les projets de l’équipe, la construction de logements sociaux, l’urbanisation, l’aide aux associations, la création d’une maison des jeunes, la rénovation de l’école, la rénovation énergétique des bâtiments communaux, renforcer l’action du CCAS, rompre l’isolement des personnes âgées, créer un réseau de compostage collectif, des jardins partagés…

    La liste Reillanne en commun est également attachée à « la démocratie vivante », avec un conseil municipal des jeunes, des « comités villageois », un budget participatif et des référendums « pour les grandes décisions ». « Pour tout ce qui impacte la vie des Reillannaises et des Reillannais, on va leur demander leur avis », résume Simone Chagniard-Marand. La liste a par ailleurs la volonté de « maintenir des loyers modérés pour les commerces » afin de les garder.

    « On va assumer de faire une liste et un programme de gauche », promet la tête de liste. « On a des idées communes et on a ce sens du bien commun, l’idée que l’intérêt général doit primer sur les intérêts particuliers », avance-t-elle.

    Sur le marché tous les jeudis
    et dimanches matin. Réunion publique pour présenter la liste le dimanche 8 mars à 10h30
    à la salle des fêtes.

  • Mohamed Laqhila (Modem) appelle la droite à changer de candidat à Marseille

    Mohamed Laqhila (Modem) appelle la droite à changer de candidat à Marseille

    Dans un communiqué de presse ce vendredi , le vice-président du MoDem 13 Mohamed Laqhila appelle la droite marseillaise à changer de tête de liste. «J’en appelle solennellement à M. Romain Simmarano, porte-parole de la liste et numéro deux, pour qu’il prenne ses responsabilités et reprenne le flambeau», écrit-il. L’ancien député, en effet, considère que les exigences « de la responsabilité, de clarté républicaine, du refus des ambiguïtés et des arrangements de circonstances […] ne sont pas réunies ».

    L’interpellation intervient après que la candidate de la droite et du centre Martine Vassal, qui n’avait pas reçu l’investiture du Modem, a énuméré en plein débat sur BFMTV ce jeudi soir «le mérite, le travail, la famille, la patrie» comme ses valeurs personnelles. Une reprise de la devise du régime pétainiste qu’elle a réitéré sur l’antenne, interpellée par le maire (DVG) Benoît Payan, et qui a suscité un scandale.

    « Je ne suis pas pétainiste »

    «Je comprends que l’énumération que j’ai faite a créé de l’émoi», répond-elle ce vendredi, interrogée par La Marseillaise. «Mais il ne faut pas déformer mes propos, poursuit la présidente (DVD) de la Métropole et du Département. Parce qu’on a déformé mes propos, notamment M. Payan, en faisant allusion à cette devise, je reçois des menaces de mort depuis ce matin

    Elle assure qu’on a «sorti trois mots de leur contexte» et dénonce une «manipulation politique». «J’ai commencé mon propos par le mérite et j’ai terminé mes propos par l’humanité et la solidarité, insiste la candidate. Ce sont des valeurs qui sont morales, sociales, auxquelles je suis très attachée.» En d’appuyer : «Je ne suis pas pétainiste, je suis gaulliste. J’ai une seule devise : Liberté, Égalité, Fraternité.»

  • Les nouveaux visages de l’équipe Delafosse à Montpellier

    Les nouveaux visages de l’équipe Delafosse à Montpellier

    Des jeunes, des moins jeunes, des actifs ou des retraités. La liste de Michaël Delafosse qui doit être déposée en préfecture ce vendredi 20 février, est renouvelée environ au tiers.

    Parmi les nouveaux visages, certains se présentent à une élection pour la première fois. Comme Émilie Biondi. À 26 ans, cette fonctionnaire contractuelle en mairie (hors Métropole) a été séduite par « le respect des engagements pris » lors du mandat qui s’achève. Membre du PRG, elle se dit attachée au principe de laïcité érigé comme totem par le maire PS. Elle veut « agir sur des choses concrètes du quotidien » et « faire entendre la parole de la jeunesse ». « J’ai fait 5 ans d’études pour comprendre comment marche une administration, un budget. On ne donne pas les clés aux citoyens pour s’intéresser à la politique », déplore Émilie passionnée de démocratie participative.

    Comme elle, Éliane Urtado, 64 ans, se présente pour la première fois. Mais l’engagement citoyen, la militante au collectif pour la ligne 5 de tramway le connaît par cœur. « Je me suis investie 30 ans dans la vie associative. Pour le parc Clemenceau, puis le collège et le tramway qui change nos vies dans le quartier », se réjouit celle qui aime le « mode de gouvernance apaisée » de M. Delafosse. Ex-enseignante en maternelle aujourd’hui retraitée, elle se verrait bien travailler sur la problématique « Grandir dehors » entre enfants et jardins.

    Grégoire Delforge a lui déjà une expérience d’élu (à Villeneuvette). S’il a rejoint le maire sortant quitte à se faire suspendre de son parti, c’est parce que l’écologiste trouve que « M. Delafosse a une capacité d’écoute, il sait garder un cap malgré les critiques ». Alors que J-L. Roumégas « est dans une logique de rupture, de posture et N. Oziol mène avec LFI une campagne nationale ». Passionné d’éducation populaire, il est convaincu que « les gens sont prêts à la transition écologique si les politiques publiques sont justes, simples et compréhensibles ».

    Ancienne membre d’EELV aujourd’hui à Place Publique, Jacqueline Markovic sera aussi sur la liste Delafosse. Tout comme Muriel Ressiguier, ancienne députée LFI fâchée avec Mélenchon et aujourd’hui pragmatique face à la montée de l’extrême droite. « Soit on continue à se déchirer pour des virgules dans un tract, soit on prend notre place. Je laisse la haine aux haineux et je choisis mon camp sans aucune hésitation », explique M. Ressiguier qui se verrait bien travailler sur le logement.

    Qui dit renouvellement dit aussi départs. On sait déjà que Hind Emad ne soutient plus Delafosse. Démissionnaire, la vice-présidente à l’économie pourrait rebondir sur une autre liste…

  • Parité, fin du panachage : des avancées non sans difficultés

    Parité, fin du panachage : des avancées non sans difficultés

    Pour les quelque 25 000 communes françaises de moins d’un millier habitants dont 175 (sur 341) dans l’Hérault et 208 (sur 351) dans le Gard, ces municipales auront le parfum de la nouveauté. Pour la première fois la parité sera obligatoire et le panachage, cette pratique qui permettait de rayer ou d’ajouter des noms sur les listes, interdit.

    Pour l’Association des maires de France, la réforme adoptée au printemps 2025 est positive. Avoir autant de femmes que d’hommes élus dans les mairies est bien entendu progressiste. Quant à la fin du panachage, le nouveau mode de scrutin permet de « voter pour une liste et un projet » plutôt que de se livrer à un « règlement de comptes », estime Frédéric Roig, président de l’AMF de l’Hérault.

    La fin du « tir au pigeon »

    « Le panachage, c’était un peu le tir au pigeon », explique Michel Crespy. « Les voisins mécontents réglaient leurs comptes au détriment des idées », illustre le politologue.

    Pour autant, ce changement drastique n’est pas sans conséquences. « On ne peut pas parler de bouleversement du scrutin mais la parité rend plus compliquée la constitution des listes. Plus la commune est petite, plus c’est difficile », résume Michel Crespy. Par ailleurs, les conseils municipaux des petites communes étant majoritairement constitués d’hommes, il va falloir apprendre laisser la place. « C’est très bien, cela va renouveler les conseils municipaux et mettre fin au male gaze [le regard masculin, Ndlr]. »

    En 2020, la réforme s’était déjà imposée aux communes de 1 000 à 3 500 habitants. La conséquence avait été une baisse des candidatures avec 48% des communes concernées avec une seule liste. Couplé à la fin du panachage, le risque pour l’électeur en l’absence de suspens est une perte d’intérêt au vote qui peut se traduire par une abstention en hausse. D’un autre côté, « s’il n’y a qu’une liste déclarée c’est que les citoyens ne sont pas si mécontents que cela de la municipalité en place », tempère Michel Crespy.

    Dernière conséquence et pas des moindres, une crise des vocations pourrait toucher certains villages. Actuellement plusieurs dizaines de communes françaises (contre seulement 17 en 2020) pourraient se retrouver sans aucune liste. Pour elles, le risque serait d’être placées sous administration provisoire de la préfecture voire d’être rattachées à une autre commune.

  • Grünt Municipales, la tournée contre l’extrême droite est à Marseille

    Grünt Municipales, la tournée contre l’extrême droite est à Marseille

    Ponctué de discours engagés, ce concert s’inscrit dans la « Tournée Municipales » lancée par le média spécialisé dans le rap « Grünt » le 5 février dernier.

    Une lutte qui se veut être « un rassemblement contre la haine », contre l’extrême droite et son idéologie « xénophobe, autoritaire, antisociale et climatosceptique ». Lors d’une table ronde organisée par Streetpress, le fondateur de Grünt, Jean Morel, alerte sur la mise en péril de la culture engendrée par la coupe de subventions.

    Dès lors, il avertissait sur « la disparition culturelle » et « l’augmentation de l’obscurantisme : De moins en moins de gens peuvent accéder à des choses qui font qu’on s’aime les uns les autres ». Après Marseille, Tours, Saint-Brieuc, Laval et Nice, la tournée se poursuivra à Lyon, Tourcoing, Caen et Strasbourg.

    Emma Kerbourc’h

    Concert complet

  • À Marseille, l’hypothèse d’une majorité sur le fil

    À Marseille, l’hypothèse d’une majorité sur le fil

    Et si la prochaine majorité du Printemps marseillais ne tenait qu’à un siège ? Avec toutes les précautions que nécessite un tel exercice, c’est bien la composition de l’hémicycle municipale qui ressort du sondage Elabe publié par La Provence, BFMTV et Le Figaro ce mercredi soir, en projetant les intentions de vote pour le second tour dans le scénario d’une quadrangulaire.

    La réforme du scrutin des municipales à Paris, Lyon et Marseille (dite loi PLM) rebat en effet les cartes des équilibres politiques. Pour la première fois depuis 1959, les Marseillais désigneront directement les élus du conseil municipal, lesquels choisiront le prochain maire dans ce « troisième tour » du scrutin.

    Prime majoritaire

    Avec cette réforme, le candidat arrivé en tête du second tour obtiendra automatiquement un quart des sièges de l’hémicycle, soit 28 élus, tandis que les sièges restants sont attribués proportionnellement entre les listes présentes au second tour. Cette prime majoritaire reste en deçà du droit commun, ce qui avait suscité un débat à l’Assemblée nationale : dans les autres communes, la moitié des sièges est attribuée au vainqueur, assurant une confortable majorité. Et bouscule tout le jeu politique de l’hémicycle. Les majorités en effet s’en retrouvent beaucoup plus tenues. Ils sont aujourd’hui quatre candidats, selon le sondage Elabe, à se placer au-dessus de la barre des 10% à partir de laquelle ils peuvent se qualifier pour le second tour. De quoi rendre possible une quadrangulaire de plus en plus probable. Martine Vassal en effet a répété que quoi qu’il arrive elle se maintiendrait, tandis que si les Insoumis répètent « tendre la main à toutes les forces progrès », le Printemps marseillais déplore, par la voix de Benoît Payan, l’« ambition personnelle » de Sébastien Delogu. Or dans cette hypothèse, le Printemps marseillais obtient la majorité minimale dans l’hémicycle, de 56 sièges. De quoi comprendre la pression exercée par l’union de la gauche face aux Insoumis pour qu’ils ne se maintiennent pas au second tour, mais aussi l’importance des équilibres, au sein de la liste de Martine Vassal, face aux différents scénarios du « troisième tour » qui détermineront l’élection du futur maire.

    Ainsi dans le cas d’un retrait des Insoumis au second tour, alors que Sébastien Delogu annonçait ce jeudi soir sur BFMTV qu’il « ferai[t] tout pour faire barrage », le maire sortant pourrait s’appuyer sur une majorité de 65 sièges pour 111 élus, une majorité assez confortable notamment pour faire passer ses budgets alors que le mandat passé a pu démontrer l’érosion de la majorité face à l’exercice du pouvoir. Face à un retrait aujourd’hui peu probable de la candidate de l’union de la droite et du centre, c’est en effet l’extrême droite qui serait la plus grande vainqueure, obtenant 35 sièges dans l’opposition. Un quart seulement des électeurs de Martine Vassal irait vers Benoît Payan, 45% vers l’extrême droite. Et 28% s’abstiendraient.

    Reste la possibilité, encore moins probable, d’un duel entre le maire sortant (DVG) Benoît Payan et le candidat du RN Franck Allisio, un duel dans lequel les deux obtiendraient logiquement le plus grand nombre de sièges. Au prix de la disparition de la droite républicaine et de LFI des scrutins.

    Reste que ces chiffres ne sont que le fruit de sondages, le reflet temporaire de dynamiques de campagne. Dans l’entourage du maire, on souligne ainsi la fragilité de ces données du second tour, sondées quelques secondes au téléphone après le premier tour. De quoi éluder le poids de l’entre-deux tours. À droite, on souligne l’espoir de voir le scrutin se municipaliser davantage, pour jouer sur la stature d’une présidente de collectivité. « Je ne crois pas dans ces sondages qui nous mettent aussi bas », lance le porte-parole de Martine Vassal, Romain Simmarano. Espérant au moins 25 sièges quand le RN recule. Et de souligner que les 25 prochains jours feront la différence, avec une campagne qui va pouvoir s’accélérer pour remplacer les projections par le verdict des urnes.

  • Des médecins cubains à Alès ? « Nous sommes prêts »

    Des médecins cubains à Alès ? « Nous sommes prêts »

    Il y a un peu moins d’an, une quarantaine d’élus locaux et responsables associatifs du haut-Gard se réunissaient à Alès. Deux questions dominaient les débats : comment faire face à la pénurie locale de personnel sanitaire ? Comment renforcer les capacités et l’efficience de l’hôpital public alésien ? L’établissement compte près de 880 lits, mais souffre d’un manque chronique de personnel, malgré les efforts intenses de la direction qui recourt déjà aux PADHUE (personnel hors Union européenne).

    Les conséquences sont lourdes : des délais de consultation pouvant atteindre près de deux ans en dermatologie, et des urgences régulièrement « régulées ». Le centre hospitalier rayonne également sur cinq structures d’accueil et d’hébergement pour personnes âgées, où interviennent plusieurs médecins généralistes. Il coiffe aussi le centre hospitalier de Ponteils, qui comprend notamment 75 lits (médecine, chirurgie, obstétrique) ainsi que l’hôpital d’Uzès.

    La pénurie ne touche pas seulement l’hôpital. Dans le territoire de l’agglomération alésienne, où vivent près de 136 000 personnes, on comptait 71 médecins en 2021. Ils ne sont plus que 55 aujourd’hui. À Alès, sous-préfecture de 46 000 habitants, on ne recense que vingt médecins du secteur 1. Résultat : 16 000 résidents de l’agglo sont privés de médecin traitant ; on compte un médecin pour 2 400 habitants.

    Pour le seul bassin alésien, l’estimation des besoins humains fait apparaître un manque global d’environ quatre-vingt-quatre professionnels de santé, toutes catégories confondues. Face à cette carence qui nuit gravement à la santé des habitants, la direction hospitalière et les élus locaux se tournent de plus en plus vers les praticiens diplômés hors Union européenne, devenus indispensables au maintien de l’offre médicale. Mais une autre option prend corps : faire appel, à titre provisoire, à des médecins cubains dans le cadre de l’hôpital local. L’expérience existe déjà en Calabre (Italie), où le personnel cubain est réparti dans quatre grands centres hospitaliers. Une coopération reconduite chaque année.

    Alès, un test national

    Forts de ces expériences réussies, fin du printemps dernier, une quarantaine de maires et élus du haut-Gard, conduits par Sylvain André, ont engagé une démarche commune auprès du sous-préfet d’Alès pour soutenir la venue de médecins cubains. À l’échelle nationale, la démarche est défendue par André Chassaigne, député communiste durant 23 ans et ex-président du groupe de la Gauche démocrate et républicaine. Fin connaisseur du dossier, il travaille à lever les obstacles réglementaires, en lien avec le ministère des Affaires étrangères et celui de la Santé. « Ce n’est pas une démarche individuelle » insiste André Chassaigne. « Les praticiens sont sélectionnés, formés, et payés par l’État cubain. Ce sont des missions qui concernent aujourd’hui une cinquantaine de pays dans le monde. » Ce fut notamment le cas lors de la covid 19, avec des interventions en Caraïbe aux côtés de PADHUE en Martinique et en Guadeloupe.

    Pour Jean Michel Suau, du Comité de défense de l’hôpital, l’établissement public d’Alès « pourrait devenir un test à valeur nationale ». L’Alésien figure parmi les chevilles ouvrières de ce projet santé, soutenu par André Chassaigne, qui coordonne les nombreuses demandes formulées par les élus à travers le pays. La possibilité d’un renfort cubain intéresse également les centres et antennes de santé Filieris, issus de la Caisse Autonome Nationale de la Sécurité Sociale des Mines, présents notamment aux Mages, Saint-Florent/Auzonet, La Grand-Combe, Saint-Martin-de-Valgalgues, Bessèges, Saint-Ambroix, Salindres et Saint-Christol. D’ores et déjà vingt maires sont prêts à mettre à disposition des locaux pour accueillir les praticiens.

    Dans un territoire confronté à une désertification médicale accélérée, la venue de médecins cubains pourrait-elle marquer un tournant ? « Les besoins ont été évalués à 84 médecins environ » pour le bassin sanitaire, précise Jean-Michel Suau. Un bassin de 180 000 habitants (qui comprend aussi la basse Ardèche et la basse Lozère) dont 146 000 vivent dans l’agglo d’Alès (72 communes). La rencontre du 23 février pourrait bien ouvrir une nouvelle page pour la santé dans le haut-Gard.

    Lundi 23/02 à 18h, soirée au Prolé d’Alès en solidarité à Cuba.

  • [Entretien] « Il est aberrant qu’on soit obligés d’imposer la parité »

    [Entretien] « Il est aberrant qu’on soit obligés d’imposer la parité »

    La Marseillaise : Pourquoi avez-vous décidé de ne pas vous représenter ?

    Michèle Bizot-Gastaldi : Je vais avoir 76 ans. J’ai fait 38 ans de mandat, six mandats et demi. Je pense qu’il y a un moment où on peut pas être pour la retraite à 60 ans et rester à vie. J’ai pris la suite de Paul Corrotti, qui était dans la même conjoncture que moi, c’est-à-dire une municipalité de gauche à direction communiste. Quand il est décédé, en 1987, ses adjoints n’ont pas souhaité ou pu prendre sa suite. J’ai été élue conseillère municipale puis maire en 1988. Ce n’est pas par lassitude, mais je pense qu’il faut un autre dynamisme, un renouvellement.

    Quelle liste soutenez-vous pour les municipales ?

    M.B.-G. : À la Palud, il n’y a qu’une seule liste. Il y a quatre personnes de ma liste qui reprennent, il était prévu depuis longtemps que la tête de liste reprenne ma suite. Il y a d’autres personnes plus jeunes de manière à rajeunir la municipalité. Ils ont mis une étiquette divers gauche. La conseillère municipale Christine Passard mène la liste, et je pense qu’elle a toutes les capacités pour être maire.

    Quelles conclusions tirez-vous de ces six mandats et demi ?

    M.B.-G. : La conclusion, c’est que c’est une fonction magnifique qui vous laisse à proximité immédiate des gens. J’étais médecin généraliste donc ça fait partie de ma sensibilité d’être proche, d’aider et d’apporter ma pierre à l’édifice. Je viens d’un milieu politisé, syndicaliste. C’était logique pour moi que cela se transforme en investissement électoral. Dans une petite commune, l’approche d’un élu est fondamentalement différente. Outre la charge politique, le maire d’une petite commune a une fonction d’organisation, il gère tout. C’est la débrouille. Mon téléphone devait toujours rester allumé. Il fallait une disponibilité totale, en permanence.

    Avez-vous vu évoluer les contraintes administratives ?

    M.B.-G. : Bien-sûr. Quand j’ai commencé à travailler à la mairie, on était en capacité de monter un dossier et de le suivre de bout en bout. Maintenant, il vous faut un bureau d’études pour monter un dossier pour demander une subvention, vous êtes obligé de prendre un maître d’œuvre pour vous aider à réaliser le projet… Cela devient très compliqué et long de monter des projets. Vous n’arrivez pas à réaliser les gros projets dans une mandature. Cela prend des années.

    A-t-il été difficile de respecter
    la parité pour la liste qui se présente
     ?

    M.B.-G. : Pas du tout. Au contraire, on a toujours eu plus de filles que de garçons. Si on les cherche, on les trouve.

    Avez-vous déjà eu le sentiment d’être traitée différemment parce que vous étiez une maire femme ?

    M.B.-G. : J’étais la seule maire femme du secteur. Au conseil départemental, j’ai été la seule femme sur 30 conseillers départementaux. J’avais un ami au conseil général qui faisait une blague : « Quel est le féminin de conseiller général ? », « suppléante ». C’était loin d’être dans les mœurs à l’époque. Quand les conseillers généraux ont eu des suppléants, l’immense majorité, c’étaient des hommes avec une suppléante. J’ai toujours pensé que la parité obligatoire était un mal nécessaire. Au XXIe siècle, c’est aberrant qu’on soit obligés d’imposer une parité. Il faut solliciter les femmes, aller les chercher. Un homme a beaucoup plus de facilités à se mettre en avant qu’une femme.

    Qu’avez-vous réussi à accomplir pour le village ?

    M.B.-G. : La réhabilitation du château qui tombait en ruines, c’était un symbole, le château ayant été récupéré par la population à la Révolution. On s’est beaucoup attachés à ce que l’école soit la plus démocratique possible, en fournissant la totalité des fournitures scolaires, ça fait partie de notre sensibilité sociale, solidaire. On finance une classe de découverte par an. On est dans un village où certaines familles n’ont pas les moyens ni le temps de montrer autre chose à leurs gamins. Donc on s’est toujours attachés à ce que l’école puisse apporter un maximum de choses. On a réussi à réaliser six logements sociaux neufs de type HLM.

    Réunion publique le jeudi 5 mars à 17h30 au château de La Palud-sur-Verdon pour présenter le programme.

  • [Entretien] « Notre objectif à Carnoux, c’est essayer de promouvoir le vivre-ensemble  »

    [Entretien] « Notre objectif à Carnoux, c’est essayer de promouvoir le vivre-ensemble  »

    La Marseillaise : Pouvez-vous vous présenter?

    Marc Vincent : Je suis ingénieur de formation et je travaille dans des collectivités territoriales depuis maintenant une quinzaine d’années. Actuellement en poste à la ville de Marseille, je dirige un pôle de lutte contre l’habitat indigne. J’habite à Carnoux depuis vingt-cinq ans. C’est une commune où deux tiers des habitants votent pour le RN. C’est aussi tout l’enjeu pour nous de monter une liste citoyenne pour essayer de mettre en avant d’autres valeurs. La commune, c’est un peu l’échelon de base de la démocratie. Notre objectif, c’est essayer de promouvoir ce vivre-ensemble. C’est ce qui manque dans la gestion municipale depuis vingt-cinq ans. L’équipe sortante s’est toujours placée dans une position de décision en disant en gros, les électeurs nous ont fait confiance, on va décider pour eux. Il n’y a pas de concertation, pas de dialogue. Dans l’opposition, minoritaire, on a beaucoup de mal à s’exprimer.

    Quelles sont les grandes lignes de votre projet municipal?

    M.V : On souhaite vraiment que les habitants de Carnoux soient beaucoup plus acteurs de la vie communale, en étant davantage associés aux décisions. Par exemple, le centre-ville a été récemment réaménagé avec la reconstruction complète de l’hôtel de ville. Pour autant, il reste derrière la mairie un certain nombre de salles communales qui servent pour les associations. Elles sont complètement vétustes et demandent à être reconstruites. Il y a besoin de se concerter pour en définir l’aménagement. La participation, c’est aussi informer davantage sur les conseils municipaux. Nous voulons créer un conseil municipal des jeunes, peut-être mettre en place des budgets participatifs. Et rendre l’accès plus facile aux équipements sportifs et culturels de Carnoux à l’ensemble des associations. Les deux grands stades de foot pour lesquels la commune a investi énormément d’argent sont par exemple réservés à une association sportive quasi-professionnelle. Nos équipements culturels sont en délégation de service public à un gestionnaire privé. Ces salles sont très sous-utilisées, ça coûte cher à la commune, parce que c’est elle qui paye l’essentiel du fonctionnement et tout l’investissement qui va avec. On veut aussi recréer un Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).

    Une commune peut porter un tel projet?

    M.V : Pas seule. Puisque tout ce qui est social dépend plutôt du Département, ça suppose effectivement des liens entre d’autres acteurs. On voudrait en recréer un parce que le précédent, du groupe Korian, a fermé il y a deux ans. La population à Carnoux est assez âgée. Les gens ont envie de rester sur place. Mais il n’y a pas forcément de structure pour les accueillir. Et donc l’idée ce serait de créer un nouvel établissement qui pourrait être justement en centre-ville, dans les salles communales évoquées tout à l’heure. On peut imaginer des activités intergénérationnelles qui permettent aux résidents de l’Ehpad de ne pas se retrouver à l’écart.

    Quelle politique souhaitez-vous mener pour la jeunesse carnussienne?

    M.V. : La commune a une population assez âgée et un de nos objectifs est justement de favoriser le maintien des jeunes sur Carnoux. On est actuellement à 16% de logements sociaux contre 25% exigés, c’est à dire qu’en gros, il nous manque 300 logements sociaux. Mais la ville est relativement restreinte en termes d’espace. Cependant on a encore des possibilités, pas pour faire de grandes barres d’immeubles, mais quelques logements par-ci par-là et plutôt des logements sociaux parce que c’est une vraie demande. Les jeunes carnussiens ont beaucoup de mal à se loger, à rester en ville. C’est aussi ce qui contribue au vieillissement de la population, au manque de dynamisme culturel. L’objectif est qu’on puisse trouver des solutions pour développer un peu plus de logements accessibles aux plus jeunes.

    Quelles sont vos orientations en matière d’environnement?

    M.V : Avec le changement climatique, il faut que les communes s’adaptent, et peut-être ici mieux prendre en compte les risques feux de forêt, et inondations. Le centre-ville est très minéralisé, avec des esplanades bétonnées. En période de canicule, ça fait des îlots de chaleur avec des habitants dans les immeubles à côté qui souffrent. On pourrait donc développer un peu la végétalisation de ce centre-ville. On a par ailleurs un jardin partagé, qu’on a mis en place il y a quelques années, qui pourrait être agrandi. On pourrait peut-être même en utiliser une partie pour la confier à un maraîcher, pour alimenter un peu le marché de Carnoux en circuit court ou les cantines scolaires.