Tag: Municipales

  • Les nouveaux visages de l’équipe Delafosse à Montpellier

    Les nouveaux visages de l’équipe Delafosse à Montpellier

    Des jeunes, des moins jeunes, des actifs ou des retraités. La liste de Michaël Delafosse qui doit être déposée en préfecture ce vendredi 20 février, est renouvelée environ au tiers.

    Parmi les nouveaux visages, certains se présentent à une élection pour la première fois. Comme Émilie Biondi. À 26 ans, cette fonctionnaire contractuelle en mairie (hors Métropole) a été séduite par « le respect des engagements pris » lors du mandat qui s’achève. Membre du PRG, elle se dit attachée au principe de laïcité érigé comme totem par le maire PS. Elle veut « agir sur des choses concrètes du quotidien » et « faire entendre la parole de la jeunesse ». « J’ai fait 5 ans d’études pour comprendre comment marche une administration, un budget. On ne donne pas les clés aux citoyens pour s’intéresser à la politique », déplore Émilie passionnée de démocratie participative.

    Comme elle, Éliane Urtado, 64 ans, se présente pour la première fois. Mais l’engagement citoyen, la militante au collectif pour la ligne 5 de tramway le connaît par cœur. « Je me suis investie 30 ans dans la vie associative. Pour le parc Clemenceau, puis le collège et le tramway qui change nos vies dans le quartier », se réjouit celle qui aime le « mode de gouvernance apaisée » de M. Delafosse. Ex-enseignante en maternelle aujourd’hui retraitée, elle se verrait bien travailler sur la problématique « Grandir dehors » entre enfants et jardins.

    Grégoire Delforge a lui déjà une expérience d’élu (à Villeneuvette). S’il a rejoint le maire sortant quitte à se faire suspendre de son parti, c’est parce que l’écologiste trouve que « M. Delafosse a une capacité d’écoute, il sait garder un cap malgré les critiques ». Alors que J-L. Roumégas « est dans une logique de rupture, de posture et N. Oziol mène avec LFI une campagne nationale ». Passionné d’éducation populaire, il est convaincu que « les gens sont prêts à la transition écologique si les politiques publiques sont justes, simples et compréhensibles ».

    Ancienne membre d’EELV aujourd’hui à Place Publique, Jacqueline Markovic sera aussi sur la liste Delafosse. Tout comme Muriel Ressiguier, ancienne députée LFI fâchée avec Mélenchon et aujourd’hui pragmatique face à la montée de l’extrême droite. « Soit on continue à se déchirer pour des virgules dans un tract, soit on prend notre place. Je laisse la haine aux haineux et je choisis mon camp sans aucune hésitation », explique M. Ressiguier qui se verrait bien travailler sur le logement.

    Qui dit renouvellement dit aussi départs. On sait déjà que Hind Emad ne soutient plus Delafosse. Démissionnaire, la vice-présidente à l’économie pourrait rebondir sur une autre liste…

  • Parité, fin du panachage : des avancées non sans difficultés

    Parité, fin du panachage : des avancées non sans difficultés

    Pour les quelque 25 000 communes françaises de moins d’un millier habitants dont 175 (sur 341) dans l’Hérault et 208 (sur 351) dans le Gard, ces municipales auront le parfum de la nouveauté. Pour la première fois la parité sera obligatoire et le panachage, cette pratique qui permettait de rayer ou d’ajouter des noms sur les listes, interdit.

    Pour l’Association des maires de France, la réforme adoptée au printemps 2025 est positive. Avoir autant de femmes que d’hommes élus dans les mairies est bien entendu progressiste. Quant à la fin du panachage, le nouveau mode de scrutin permet de « voter pour une liste et un projet » plutôt que de se livrer à un « règlement de comptes », estime Frédéric Roig, président de l’AMF de l’Hérault.

    La fin du « tir au pigeon »

    « Le panachage, c’était un peu le tir au pigeon », explique Michel Crespy. « Les voisins mécontents réglaient leurs comptes au détriment des idées », illustre le politologue.

    Pour autant, ce changement drastique n’est pas sans conséquences. « On ne peut pas parler de bouleversement du scrutin mais la parité rend plus compliquée la constitution des listes. Plus la commune est petite, plus c’est difficile », résume Michel Crespy. Par ailleurs, les conseils municipaux des petites communes étant majoritairement constitués d’hommes, il va falloir apprendre laisser la place. « C’est très bien, cela va renouveler les conseils municipaux et mettre fin au male gaze [le regard masculin, Ndlr]. »

    En 2020, la réforme s’était déjà imposée aux communes de 1 000 à 3 500 habitants. La conséquence avait été une baisse des candidatures avec 48% des communes concernées avec une seule liste. Couplé à la fin du panachage, le risque pour l’électeur en l’absence de suspens est une perte d’intérêt au vote qui peut se traduire par une abstention en hausse. D’un autre côté, « s’il n’y a qu’une liste déclarée c’est que les citoyens ne sont pas si mécontents que cela de la municipalité en place », tempère Michel Crespy.

    Dernière conséquence et pas des moindres, une crise des vocations pourrait toucher certains villages. Actuellement plusieurs dizaines de communes françaises (contre seulement 17 en 2020) pourraient se retrouver sans aucune liste. Pour elles, le risque serait d’être placées sous administration provisoire de la préfecture voire d’être rattachées à une autre commune.

  • Grünt Municipales, la tournée contre l’extrême droite est à Marseille

    Grünt Municipales, la tournée contre l’extrême droite est à Marseille

    Ponctué de discours engagés, ce concert s’inscrit dans la « Tournée Municipales » lancée par le média spécialisé dans le rap « Grünt » le 5 février dernier.

    Une lutte qui se veut être « un rassemblement contre la haine », contre l’extrême droite et son idéologie « xénophobe, autoritaire, antisociale et climatosceptique ». Lors d’une table ronde organisée par Streetpress, le fondateur de Grünt, Jean Morel, alerte sur la mise en péril de la culture engendrée par la coupe de subventions.

    Dès lors, il avertissait sur « la disparition culturelle » et « l’augmentation de l’obscurantisme : De moins en moins de gens peuvent accéder à des choses qui font qu’on s’aime les uns les autres ». Après Marseille, Tours, Saint-Brieuc, Laval et Nice, la tournée se poursuivra à Lyon, Tourcoing, Caen et Strasbourg.

    Emma Kerbourc’h

    Concert complet

  • À Marseille, l’hypothèse d’une majorité sur le fil

    À Marseille, l’hypothèse d’une majorité sur le fil

    Et si la prochaine majorité du Printemps marseillais ne tenait qu’à un siège ? Avec toutes les précautions que nécessite un tel exercice, c’est bien la composition de l’hémicycle municipale qui ressort du sondage Elabe publié par La Provence, BFMTV et Le Figaro ce mercredi soir, en projetant les intentions de vote pour le second tour dans le scénario d’une quadrangulaire.

    La réforme du scrutin des municipales à Paris, Lyon et Marseille (dite loi PLM) rebat en effet les cartes des équilibres politiques. Pour la première fois depuis 1959, les Marseillais désigneront directement les élus du conseil municipal, lesquels choisiront le prochain maire dans ce « troisième tour » du scrutin.

    Prime majoritaire

    Avec cette réforme, le candidat arrivé en tête du second tour obtiendra automatiquement un quart des sièges de l’hémicycle, soit 28 élus, tandis que les sièges restants sont attribués proportionnellement entre les listes présentes au second tour. Cette prime majoritaire reste en deçà du droit commun, ce qui avait suscité un débat à l’Assemblée nationale : dans les autres communes, la moitié des sièges est attribuée au vainqueur, assurant une confortable majorité. Et bouscule tout le jeu politique de l’hémicycle. Les majorités en effet s’en retrouvent beaucoup plus tenues. Ils sont aujourd’hui quatre candidats, selon le sondage Elabe, à se placer au-dessus de la barre des 10% à partir de laquelle ils peuvent se qualifier pour le second tour. De quoi rendre possible une quadrangulaire de plus en plus probable. Martine Vassal en effet a répété que quoi qu’il arrive elle se maintiendrait, tandis que si les Insoumis répètent « tendre la main à toutes les forces progrès », le Printemps marseillais déplore, par la voix de Benoît Payan, l’« ambition personnelle » de Sébastien Delogu. Or dans cette hypothèse, le Printemps marseillais obtient la majorité minimale dans l’hémicycle, de 56 sièges. De quoi comprendre la pression exercée par l’union de la gauche face aux Insoumis pour qu’ils ne se maintiennent pas au second tour, mais aussi l’importance des équilibres, au sein de la liste de Martine Vassal, face aux différents scénarios du « troisième tour » qui détermineront l’élection du futur maire.

    Ainsi dans le cas d’un retrait des Insoumis au second tour, alors que Sébastien Delogu annonçait ce jeudi soir sur BFMTV qu’il « ferai[t] tout pour faire barrage », le maire sortant pourrait s’appuyer sur une majorité de 65 sièges pour 111 élus, une majorité assez confortable notamment pour faire passer ses budgets alors que le mandat passé a pu démontrer l’érosion de la majorité face à l’exercice du pouvoir. Face à un retrait aujourd’hui peu probable de la candidate de l’union de la droite et du centre, c’est en effet l’extrême droite qui serait la plus grande vainqueure, obtenant 35 sièges dans l’opposition. Un quart seulement des électeurs de Martine Vassal irait vers Benoît Payan, 45% vers l’extrême droite. Et 28% s’abstiendraient.

    Reste la possibilité, encore moins probable, d’un duel entre le maire sortant (DVG) Benoît Payan et le candidat du RN Franck Allisio, un duel dans lequel les deux obtiendraient logiquement le plus grand nombre de sièges. Au prix de la disparition de la droite républicaine et de LFI des scrutins.

    Reste que ces chiffres ne sont que le fruit de sondages, le reflet temporaire de dynamiques de campagne. Dans l’entourage du maire, on souligne ainsi la fragilité de ces données du second tour, sondées quelques secondes au téléphone après le premier tour. De quoi éluder le poids de l’entre-deux tours. À droite, on souligne l’espoir de voir le scrutin se municipaliser davantage, pour jouer sur la stature d’une présidente de collectivité. « Je ne crois pas dans ces sondages qui nous mettent aussi bas », lance le porte-parole de Martine Vassal, Romain Simmarano. Espérant au moins 25 sièges quand le RN recule. Et de souligner que les 25 prochains jours feront la différence, avec une campagne qui va pouvoir s’accélérer pour remplacer les projections par le verdict des urnes.

  • Des médecins cubains à Alès ? « Nous sommes prêts »

    Des médecins cubains à Alès ? « Nous sommes prêts »

    Il y a un peu moins d’an, une quarantaine d’élus locaux et responsables associatifs du haut-Gard se réunissaient à Alès. Deux questions dominaient les débats : comment faire face à la pénurie locale de personnel sanitaire ? Comment renforcer les capacités et l’efficience de l’hôpital public alésien ? L’établissement compte près de 880 lits, mais souffre d’un manque chronique de personnel, malgré les efforts intenses de la direction qui recourt déjà aux PADHUE (personnel hors Union européenne).

    Les conséquences sont lourdes : des délais de consultation pouvant atteindre près de deux ans en dermatologie, et des urgences régulièrement « régulées ». Le centre hospitalier rayonne également sur cinq structures d’accueil et d’hébergement pour personnes âgées, où interviennent plusieurs médecins généralistes. Il coiffe aussi le centre hospitalier de Ponteils, qui comprend notamment 75 lits (médecine, chirurgie, obstétrique) ainsi que l’hôpital d’Uzès.

    La pénurie ne touche pas seulement l’hôpital. Dans le territoire de l’agglomération alésienne, où vivent près de 136 000 personnes, on comptait 71 médecins en 2021. Ils ne sont plus que 55 aujourd’hui. À Alès, sous-préfecture de 46 000 habitants, on ne recense que vingt médecins du secteur 1. Résultat : 16 000 résidents de l’agglo sont privés de médecin traitant ; on compte un médecin pour 2 400 habitants.

    Pour le seul bassin alésien, l’estimation des besoins humains fait apparaître un manque global d’environ quatre-vingt-quatre professionnels de santé, toutes catégories confondues. Face à cette carence qui nuit gravement à la santé des habitants, la direction hospitalière et les élus locaux se tournent de plus en plus vers les praticiens diplômés hors Union européenne, devenus indispensables au maintien de l’offre médicale. Mais une autre option prend corps : faire appel, à titre provisoire, à des médecins cubains dans le cadre de l’hôpital local. L’expérience existe déjà en Calabre (Italie), où le personnel cubain est réparti dans quatre grands centres hospitaliers. Une coopération reconduite chaque année.

    Alès, un test national

    Forts de ces expériences réussies, fin du printemps dernier, une quarantaine de maires et élus du haut-Gard, conduits par Sylvain André, ont engagé une démarche commune auprès du sous-préfet d’Alès pour soutenir la venue de médecins cubains. À l’échelle nationale, la démarche est défendue par André Chassaigne, député communiste durant 23 ans et ex-président du groupe de la Gauche démocrate et républicaine. Fin connaisseur du dossier, il travaille à lever les obstacles réglementaires, en lien avec le ministère des Affaires étrangères et celui de la Santé. « Ce n’est pas une démarche individuelle » insiste André Chassaigne. « Les praticiens sont sélectionnés, formés, et payés par l’État cubain. Ce sont des missions qui concernent aujourd’hui une cinquantaine de pays dans le monde. » Ce fut notamment le cas lors de la covid 19, avec des interventions en Caraïbe aux côtés de PADHUE en Martinique et en Guadeloupe.

    Pour Jean Michel Suau, du Comité de défense de l’hôpital, l’établissement public d’Alès « pourrait devenir un test à valeur nationale ». L’Alésien figure parmi les chevilles ouvrières de ce projet santé, soutenu par André Chassaigne, qui coordonne les nombreuses demandes formulées par les élus à travers le pays. La possibilité d’un renfort cubain intéresse également les centres et antennes de santé Filieris, issus de la Caisse Autonome Nationale de la Sécurité Sociale des Mines, présents notamment aux Mages, Saint-Florent/Auzonet, La Grand-Combe, Saint-Martin-de-Valgalgues, Bessèges, Saint-Ambroix, Salindres et Saint-Christol. D’ores et déjà vingt maires sont prêts à mettre à disposition des locaux pour accueillir les praticiens.

    Dans un territoire confronté à une désertification médicale accélérée, la venue de médecins cubains pourrait-elle marquer un tournant ? « Les besoins ont été évalués à 84 médecins environ » pour le bassin sanitaire, précise Jean-Michel Suau. Un bassin de 180 000 habitants (qui comprend aussi la basse Ardèche et la basse Lozère) dont 146 000 vivent dans l’agglo d’Alès (72 communes). La rencontre du 23 février pourrait bien ouvrir une nouvelle page pour la santé dans le haut-Gard.

    Lundi 23/02 à 18h, soirée au Prolé d’Alès en solidarité à Cuba.

  • [Entretien] « Il est aberrant qu’on soit obligés d’imposer la parité »

    [Entretien] « Il est aberrant qu’on soit obligés d’imposer la parité »

    La Marseillaise : Pourquoi avez-vous décidé de ne pas vous représenter ?

    Michèle Bizot-Gastaldi : Je vais avoir 76 ans. J’ai fait 38 ans de mandat, six mandats et demi. Je pense qu’il y a un moment où on peut pas être pour la retraite à 60 ans et rester à vie. J’ai pris la suite de Paul Corrotti, qui était dans la même conjoncture que moi, c’est-à-dire une municipalité de gauche à direction communiste. Quand il est décédé, en 1987, ses adjoints n’ont pas souhaité ou pu prendre sa suite. J’ai été élue conseillère municipale puis maire en 1988. Ce n’est pas par lassitude, mais je pense qu’il faut un autre dynamisme, un renouvellement.

    Quelle liste soutenez-vous pour les municipales ?

    M.B.-G. : À la Palud, il n’y a qu’une seule liste. Il y a quatre personnes de ma liste qui reprennent, il était prévu depuis longtemps que la tête de liste reprenne ma suite. Il y a d’autres personnes plus jeunes de manière à rajeunir la municipalité. Ils ont mis une étiquette divers gauche. La conseillère municipale Christine Passard mène la liste, et je pense qu’elle a toutes les capacités pour être maire.

    Quelles conclusions tirez-vous de ces six mandats et demi ?

    M.B.-G. : La conclusion, c’est que c’est une fonction magnifique qui vous laisse à proximité immédiate des gens. J’étais médecin généraliste donc ça fait partie de ma sensibilité d’être proche, d’aider et d’apporter ma pierre à l’édifice. Je viens d’un milieu politisé, syndicaliste. C’était logique pour moi que cela se transforme en investissement électoral. Dans une petite commune, l’approche d’un élu est fondamentalement différente. Outre la charge politique, le maire d’une petite commune a une fonction d’organisation, il gère tout. C’est la débrouille. Mon téléphone devait toujours rester allumé. Il fallait une disponibilité totale, en permanence.

    Avez-vous vu évoluer les contraintes administratives ?

    M.B.-G. : Bien-sûr. Quand j’ai commencé à travailler à la mairie, on était en capacité de monter un dossier et de le suivre de bout en bout. Maintenant, il vous faut un bureau d’études pour monter un dossier pour demander une subvention, vous êtes obligé de prendre un maître d’œuvre pour vous aider à réaliser le projet… Cela devient très compliqué et long de monter des projets. Vous n’arrivez pas à réaliser les gros projets dans une mandature. Cela prend des années.

    A-t-il été difficile de respecter
    la parité pour la liste qui se présente
     ?

    M.B.-G. : Pas du tout. Au contraire, on a toujours eu plus de filles que de garçons. Si on les cherche, on les trouve.

    Avez-vous déjà eu le sentiment d’être traitée différemment parce que vous étiez une maire femme ?

    M.B.-G. : J’étais la seule maire femme du secteur. Au conseil départemental, j’ai été la seule femme sur 30 conseillers départementaux. J’avais un ami au conseil général qui faisait une blague : « Quel est le féminin de conseiller général ? », « suppléante ». C’était loin d’être dans les mœurs à l’époque. Quand les conseillers généraux ont eu des suppléants, l’immense majorité, c’étaient des hommes avec une suppléante. J’ai toujours pensé que la parité obligatoire était un mal nécessaire. Au XXIe siècle, c’est aberrant qu’on soit obligés d’imposer une parité. Il faut solliciter les femmes, aller les chercher. Un homme a beaucoup plus de facilités à se mettre en avant qu’une femme.

    Qu’avez-vous réussi à accomplir pour le village ?

    M.B.-G. : La réhabilitation du château qui tombait en ruines, c’était un symbole, le château ayant été récupéré par la population à la Révolution. On s’est beaucoup attachés à ce que l’école soit la plus démocratique possible, en fournissant la totalité des fournitures scolaires, ça fait partie de notre sensibilité sociale, solidaire. On finance une classe de découverte par an. On est dans un village où certaines familles n’ont pas les moyens ni le temps de montrer autre chose à leurs gamins. Donc on s’est toujours attachés à ce que l’école puisse apporter un maximum de choses. On a réussi à réaliser six logements sociaux neufs de type HLM.

    Réunion publique le jeudi 5 mars à 17h30 au château de La Palud-sur-Verdon pour présenter le programme.

  • [Entretien] « Notre objectif à Carnoux, c’est essayer de promouvoir le vivre-ensemble  »

    [Entretien] « Notre objectif à Carnoux, c’est essayer de promouvoir le vivre-ensemble  »

    La Marseillaise : Pouvez-vous vous présenter?

    Marc Vincent : Je suis ingénieur de formation et je travaille dans des collectivités territoriales depuis maintenant une quinzaine d’années. Actuellement en poste à la ville de Marseille, je dirige un pôle de lutte contre l’habitat indigne. J’habite à Carnoux depuis vingt-cinq ans. C’est une commune où deux tiers des habitants votent pour le RN. C’est aussi tout l’enjeu pour nous de monter une liste citoyenne pour essayer de mettre en avant d’autres valeurs. La commune, c’est un peu l’échelon de base de la démocratie. Notre objectif, c’est essayer de promouvoir ce vivre-ensemble. C’est ce qui manque dans la gestion municipale depuis vingt-cinq ans. L’équipe sortante s’est toujours placée dans une position de décision en disant en gros, les électeurs nous ont fait confiance, on va décider pour eux. Il n’y a pas de concertation, pas de dialogue. Dans l’opposition, minoritaire, on a beaucoup de mal à s’exprimer.

    Quelles sont les grandes lignes de votre projet municipal?

    M.V : On souhaite vraiment que les habitants de Carnoux soient beaucoup plus acteurs de la vie communale, en étant davantage associés aux décisions. Par exemple, le centre-ville a été récemment réaménagé avec la reconstruction complète de l’hôtel de ville. Pour autant, il reste derrière la mairie un certain nombre de salles communales qui servent pour les associations. Elles sont complètement vétustes et demandent à être reconstruites. Il y a besoin de se concerter pour en définir l’aménagement. La participation, c’est aussi informer davantage sur les conseils municipaux. Nous voulons créer un conseil municipal des jeunes, peut-être mettre en place des budgets participatifs. Et rendre l’accès plus facile aux équipements sportifs et culturels de Carnoux à l’ensemble des associations. Les deux grands stades de foot pour lesquels la commune a investi énormément d’argent sont par exemple réservés à une association sportive quasi-professionnelle. Nos équipements culturels sont en délégation de service public à un gestionnaire privé. Ces salles sont très sous-utilisées, ça coûte cher à la commune, parce que c’est elle qui paye l’essentiel du fonctionnement et tout l’investissement qui va avec. On veut aussi recréer un Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).

    Une commune peut porter un tel projet?

    M.V : Pas seule. Puisque tout ce qui est social dépend plutôt du Département, ça suppose effectivement des liens entre d’autres acteurs. On voudrait en recréer un parce que le précédent, du groupe Korian, a fermé il y a deux ans. La population à Carnoux est assez âgée. Les gens ont envie de rester sur place. Mais il n’y a pas forcément de structure pour les accueillir. Et donc l’idée ce serait de créer un nouvel établissement qui pourrait être justement en centre-ville, dans les salles communales évoquées tout à l’heure. On peut imaginer des activités intergénérationnelles qui permettent aux résidents de l’Ehpad de ne pas se retrouver à l’écart.

    Quelle politique souhaitez-vous mener pour la jeunesse carnussienne?

    M.V. : La commune a une population assez âgée et un de nos objectifs est justement de favoriser le maintien des jeunes sur Carnoux. On est actuellement à 16% de logements sociaux contre 25% exigés, c’est à dire qu’en gros, il nous manque 300 logements sociaux. Mais la ville est relativement restreinte en termes d’espace. Cependant on a encore des possibilités, pas pour faire de grandes barres d’immeubles, mais quelques logements par-ci par-là et plutôt des logements sociaux parce que c’est une vraie demande. Les jeunes carnussiens ont beaucoup de mal à se loger, à rester en ville. C’est aussi ce qui contribue au vieillissement de la population, au manque de dynamisme culturel. L’objectif est qu’on puisse trouver des solutions pour développer un peu plus de logements accessibles aux plus jeunes.

    Quelles sont vos orientations en matière d’environnement?

    M.V : Avec le changement climatique, il faut que les communes s’adaptent, et peut-être ici mieux prendre en compte les risques feux de forêt, et inondations. Le centre-ville est très minéralisé, avec des esplanades bétonnées. En période de canicule, ça fait des îlots de chaleur avec des habitants dans les immeubles à côté qui souffrent. On pourrait donc développer un peu la végétalisation de ce centre-ville. On a par ailleurs un jardin partagé, qu’on a mis en place il y a quelques années, qui pourrait être agrandi. On pourrait peut-être même en utiliser une partie pour la confier à un maraîcher, pour alimenter un peu le marché de Carnoux en circuit court ou les cantines scolaires.

  • À Avignon, le chant du cygne des Républicains sans soutien officiel

    À Avignon, le chant du cygne des Républicains sans soutien officiel

    C’est une page politique symbolique qui se tourne à Avignon : les Républicains n’auront pas de candidat ni de soutien officiel. « Le parti n’a investi personne », nous annonce Julien Aubert, vice-président LR, qui a longtemps mené une précampagne avant de renoncer en novembre.

    Cela ne veut pas dire pour autant que le parti de droite historique ne sera pas représenté au conseil municipal. Depuis le retrait de Julien Aubert, Serge Perramond avait reçu mandat du parti pour discuter avec des partenaires potentiels (notre édition du 13 janvier). Celui-ci devrait être sur la liste d’Olivier Galzi, mais avec sa casquette de secrétaire du mouvement Avignon Passion, lancé par Julien Aubert, et qui s’est rallié à Olivier Galzi, mi-janvier. À titre personnel et associatif mais donc pas avec sa casquette partisane. « La campagne n’est pas encore arrivée à son terme », temporise Serge Perramond, embarqué dans une curieuse dichotomie.

    « Olivier Galzi n’a pas souhaité demander l’investiture LR, ce qui signifie que si Serge Perramond est sur sa liste, ce sera davantage au nom de son action au sein d’Avignon Passion que de LR », décrypte Julien Aubert. Olivier Galzi, qui a eu l’appui de l’UDI et d’Horizons, n’en désire pas plus, ne « croyant plus aux partis pour relever notre ville ». Le recul annoncé de LR devrait avoir des conséquences aux sénatoriales de septembre alors que le parti a deux sénateurs sur trois en Vaucluse.

  • Au Pontet, Jean-Firmin Bardisa parle projet pour déloger le RN

    Au Pontet, Jean-Firmin Bardisa parle projet pour déloger le RN

    En quelques secondes, la colonne d’affichage municipal, à deux pas du marché ce jeudi, est vite recouverte d’affiches de Joris Hébrard. Le maire (RN) sortant tente de briguer un 3e mandat et arrive sur place. Pourtant, il a bien moins de chances que d’écraser la concurrence comme en 2020 où, face à trois listes DVD, il avait été réélu au 1er tour (57,20% des voix).

    La dynamique est cette fois inverse. « Le fond de cette campagne, c’est que l’extrême droite se divise et que les autres forces se rassemblent », constate Michel Lovera, militant communiste, et candidat sur la liste de Jean-Firmin Bardisa. Ce dernier, cadre territorial au Département, concourt pour la 3e fois et a réussi à bâtir une liste citoyenne et républicaine. « On se présente comme alternative entre une liste RN officielle et une liste RN dissidente [Patrick Suisse, frais ex-premier adjoint, Ndlr.] », expose-t-il, en distribuant tracts et trombinoscope de liste, aux côtés également de Christophe Roux, candidat (UDI) en 2020. « Sans être investi par aucun parti politique, on a rassemblé des citoyens, de gauche, de droite ou du centre qui se trouvent ensemble sur des dénominateurs communs comme la santé », fait valoir Jean-Firmin Bardisa.

    Entre la météo maussade et le ramadan, les étals ne débordent pas. Les candidats font aussi leur marché et certains Pontétiens ont, dans leurs mains, plus de tracts que de fruits et légumes. « La situation est assez pagnolesque avec le premier adjoint démissionnaire qui explique qu’il va faire mieux que ce qu’il n’a fait en 12 ans », raille la tête de liste. Pour rappel, alors élu député en juin 2022, Joris Hébrard avait laissé l’Hôtel de ville à Patrick Suisse avant de l’éconduire quelques mois plus tard quand il a préféré revenir en mairie. « J’avais dit à M. Suisse, si tu veux rester dans le fauteuil de maire, faut se présenter devant les Pontétiens, ne fais pas ton usurpateur, je m’occuperai de toi si tu me mets dans l’opposition », campe aujourd’hui Joris Hébrard, bien obligé de « renouveler 70% de son équipe », une partie ayant rejoint Patrick Suisse.

    « L’occasion est unique »

    Semblant assez détaché, le maire ne se dit « pas forcément inquiet » mais convient que le match sera serré. « La liste de M. Bardisa, c’est une mosaïque de partis mais les rassembler ne signifie pas rassembler l’électorat, ici des gens non RN votent pour moi », estime-t-il. Pour autant, « l’occasion est unique de déloger l’extrême droite », reconnaît Patrice Enjolras. Cet ouvrier chez Liebig, militant CGT, est 25e de liste. « On veut changer les choses en place et si on peut inverser la tendance du projet qu’on nous promet au national avec un tapis rouge déroulé… », espère-t-il. Marie-Claude, retraitée, n’a jamais supporté de voir sa ville passer au RN. « Je n’ai jamais mis les pieds en mairie, pas même pour récupérer le colis de Noël, chacun a ses idées au niveau national mais l’intérêt de la ville est plus important », apprécie-t-elle au sujet de la liste Bardisa.

    Mais, comme à Orange avec la liste citoyenne d’Antoine Boudet, faire campagne contre l’extrême droite n’est pas un fonds de commerce électoral. « Ce qui m’a séduit c’est le projet, je ne serai jamais engagé si c’était une liste d’opposition au RN », commente Najibe Lmoumène, 5e de liste. Ce médecin est aux premières loges pour constater la désertification médicale de la commune « avec l’absence de médecin traitant et des délais de six mois pour prendre des rendez-vous ». Jean-Firmin Bardisa prévoit la création d’un centre municipal de santé. « On se retrouve aussi sur la jeunesse ou les aînés », appuie Michel Lovera. Création d’un pass job étudiant, d’une salle municipale d-esport ou d’une navette sécurisée les soirs de week-end pour se rendre à Avignon sont annoncés. Un principe décliné aussi pour les seniors en journée pour le centre-ville.

  • À La Seyne, l’union derrière Stéphane Sacco prend chaque jour de l’ampleur

    À La Seyne, l’union derrière Stéphane Sacco prend chaque jour de l’ampleur

    Ça y est c’est officiel Génération.s rejoint la cohorte des parties et mouvements qui ont choisi de faire bloc à La Seyne derrière la liste Uni.e.s à gauche conduite par Stéphane Sacco (GRS) pour battre la droite et l’extrême droite.

    « Face aux urgences sociales, démocratiques et écologiques, le large rassemblement autour de Gauche républicaine et socialiste, du Parti communiste français, de l’Après, du Mouvement républicain et citoyen et de l’association citoyenne La Seyne à venir, constitue une alternative crédible, cohérente et ambitieuse pour l’avenir de la ville et de l’ensemble des Seynoises et des Seynois », explique dans un communiqué le mouvement lancé par Benoît Hamon.

    Et de poursuivre : « Cette démarche et dynamique unitaire de transformation locale, fidèle aux valeurs de la gauche et tournée vers l’avenir, incarne pleinement les valeurs et l’esprit de rassemblement que Génération.s appelle de ses vœux à tous les niveaux de responsabilité publique. »

    Génération.s affirme ainsi par ce soutien, sa volonté de contribuer au rassemblement de la gauche et des écologistes à l’échelle locale et appelle les habitantes et habitants de La Seynes-sur-Mer à se mobiliser autour de la liste Uni.e.s à Gauche pour La Seyne pour construire une ville plus juste, plus écologique et plus démocratique.

    À qui le tour ? Plus que jamais l’unité est de rigueur face à la menace du RN.