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  • [Exclusif] À Marseille, un écrin bouliste en mode capitale

    [Exclusif] À Marseille, un écrin bouliste en mode capitale

    Sa toiture en forme de vague n’est pas sans évoquer la couverture du stade Vélodrome. « C’est un clin d’œil, glisse Benoît Payan, il est beau, il s’intègre au paysage, dans la continuité de cette architecture de vagues », symbole du côté maritime et vallonné de la ville. Le maire (DVG) de Marseille a les yeux qui pétillent au moment de présenter ce projet inscrit au programme du Printemps marseillais en 2026. C’est qu’il lui tient particulièrement à cœur. « Ça va plaire aux gens et c’est un équipement dont le rapport utilisation – satisfaction – financement – entretien, est optimal », poursuit-il.

    Avec 3 500 m2 indoor annoncés, pour plus d’une quarantaine de jeux couverts, des gradins configurés pour accueillir a minima plus d’un millier de spectateurs, des terrains extérieurs, un espace muséal et des zones de loisirs et détente, le futur boulodrome couvert de Marseille a, en tout cas, fière allure sur le papier.

    Un site à Saint-Marcel

    Depuis plus de quarante ans, ce serpent des mers est apparu et réapparu aux quatre coins de la ville. À Sainte-Marthe (14e), aux Trois-Lucs (12e), à la Batarelle (13e)… Dans le milieu bouliste local, berceau de la pétanque, plus personne n’ose y croire. Le dernier projet annoncé avait pris forme sous l’ultime mandature de Jean-Claude Gaudin, en 2019. À un an des municipales, le maire des 6e et 8e arrondissements l’annonçait du côté de l’avenue de Hambourg à Bonneveine (8e) en lieu et place d’un ancien gymnase municipal. « J’ai proposé ce site qui existait à la mairie et à la Métropole et ils ont accepté. Il appartient à la Ville, donc il n’y a pas de problématiques de foncier », expliquait alors Yves Moraine (LR). Un an après, rien n’était lancé. Le projet tombait une nouvelle fois aux oubliettes.

    Sept années plus tard, le boulodrome couvert ressort donc, du côté de Saint-Marcel cette fois, dans le 11e arrondissement, quelque part entre la bretelle d’autoroute de la Valentine et l’échangeur Florian. Le site de l’ancienne usine Rivoire et Carret a été évoqué, mais n’est pas confirmé. L’endroit exact ne peut être précisé pour le moment, mais « il aura un accès facilité malgré l’absence de transports en commun, avec la possibilité d’un parking, note Benoît Payan. On est sur un secteur qui compte beaucoup de boulistes et de clubs. Saint-Marcel, Saint-Loup, le 9e arrondissement… Les boules, c’est surtout le Nord et l’Est de la ville, dans le centre-ville, on joue un peu moins. Et puis avec la L2, on arrive vite par ici ».

    Le projet, qui est en réflexion depuis l’inauguration en 2022 d’un terrain de pétanque sur le Vieux-Port à l’occasion des festivités de l’Été marseillais, n’est pas chiffré au centime d’euros près, reconnaît le maire, sans en dévoiler le montant, « mais objectivement, ce n’est pas un équipement qui est d’une complexité effarante. On n’est pas dans un stade indoor avec des équipements ultra-spécifiques. Il faut des pistes en terre délimitées et une armature la plus simple et la plus écologique possible. » Sur le visuel présenté, la surface du toit recouvert de panneaux solaires doit permettre à l’enceinte d’être autosuffisante d’un point de vue énergétique en matière « d’éclairage, de chauffage, de climatisation et de maintien de son hygrométrie ».

    La gestion de ce boulodrome municipal sera confiée à « des gens qui savent faire : les boules et la pétanque, c’est un métier », résume Benoît Payan, évitant au passage l’épineuse question du club résident. La ville de Marseille en compte pas moins de 65…

    À Sin-le-Noble, dans le département du Nord, où le plus grand boulodrome d’Europe, (8 000 m2) a vu le jour en 2022, elle avait été confié à l’un deux seuls clubs du secteur. L’équipement, qui a coûté 9,5 millions et compte 64 jeux couverts, vient d’accueillir en quelques mois les championnats du monde féminins de pétanque, le Grand huit de la Coupe de France, la finale du PPF, et attend les championnats de France triplette et la Coupe d’Europe des clubs.

    Compétitions internationales

    Son mode de gestion a depuis évolué en délégation de service public. Et les comités boulistes départementaux et régionaux qui y avaient été adossés en ont été éloignés. « Tout peut être envisagé. À côté des pistes, il y aura le Musée de la pétanque qui est très important et il peut y avoir des bureaux pour les assos, les comités. C’est un lieu qui est bien desservi et accessible », poursuit le maire, quand même chagriné lorsqu’on lui fait remarquer que l’enceinte marseillaise ne dépassera pas en taille le boulodrome du Douaisis.

    Les boulistes marseillais qui l’attendent depuis des décennies sauront sans doute s’en accommoder. « Ce sera le plus grand stade de boules couvert, on peut l’appeler ainsi, du Sud de la France, admet Benoît Payan, ça m’énerve un peu, mais mon problème est technique. On n’arrive pas à rentrer 64 pistes… pas encore ». Ce chiffre magique permettrait d’accueillir dans des conditions optimales un championnat de France de pétanque ou de Jeu Provençal à 128 équipes. Pour l’heure, une quarantaine de pistes couvertes sont annoncées. Les règlements fédéraux prévoient des terrains de 15 mètres par 4 pour la pétanque et 24 par 4 pour du jeu provençal.

    Le maire de Marseille se donne trois ou quatre ans pour y voir jouer une première partie, évoque des stages pour les plus jeunes, l’accueil de scolaires et bien évidemment la tenue de grands rendez-vous internationaux, en plus de ceux inscrits à l’agenda du territoire. « On est vraiment sur un équipement local qui peut recevoir des compétitions nationales et internationales en hiver », conclut Benoît Payan.

    3 500

    C’est en mètres carrés la superficie intérieure envisagée pour la construction du boulodrome couvert de Marseille. L’équipement dans la phase actuelle pourrait accueillir une quarantaine de pistes de jeu intéreures et des gradins pour un millier de spectateurs.

  • Var : Cogolin, champion de l’extrême droite

    Var : Cogolin, champion de l’extrême droite

    L’extrême droite est en ordre de bataille dans le Var, avec 32 listes dans 28 communes. En particulier à Cogolin, où quatre listes d’extrême droite se présentent. En plus de Philippe Vallet, investi par le RN, les (ex) proches de Marc-Etienne Lansade se livrent une guerre de succession : la maire par intérim et ex-première adjointe Christiane Lardat (qui a depuis porté plainte contre lui pour harcèlement), ses anciens adjoints aux sports Pascal Cordé (2014-2016) et Francis Laprade (2020-2025, ce dernier partant avec une étiquette DVD), et… sa sœur, Véronique Lansade, novice en politique, dont la candidature de dernière minute – et invisible sur la place publique -, ressemble à une contre-attaque de l’ex-maire, condamné à 3 ans d’inéligibilité en juillet dernier pour abus de faiblesse, et qui semble avoir perdu prise sur ses anciens colistiers.

    Lavalette, Rachline, Boccaletti…

    Mais au premier rang des listes d’extrême droite figure celle conduite à Toulon par Laure Lavalette. La députée RN de la 2e circonscription du Var, également porte-parole du parti, tente de dissimuler son ancrage en se présentant sans étiquette. Une manœuvre qui ne saura faire oublier ses prises de position contre l’IVG, le mouvement LGBT, la PMA, les droits des travailleurs étrangers, ou en faveur de l’OAS.

    Plus sulfureux encore : Frédéric Boccaletti. Le député RN de la 7e circonscription se présente pour la 4e fois à Six-Fours. Ex d’Égalité et Réconciliation, mouvement d’Alain Soral, proche de Jean-Marie Le Pen, admirateur de Charles Mauras, il a détenu une librairie négationniste à Toulon, de 1997 à 1998. Accusé de violences par son épouse en 1999, il fut ensuite condamné, en 2000, à 1 an de prison dont 6 mois fermes pour « violence en réunion avec arme », après avoir poursuivi un groupe d’hommes en compagnie d’autres militants FN, et fourni une arme à l’un d’eux, qui en avait fait usage.

    Enfin, maire de Fréjus depuis 2014, David Rachline va briguer un 3e mandat. Soupçonné de prise illégale d’intérêt, il a été relaxé en janvier mais le parquet a fait appel. Il doit également être jugé en septembre pour favoritisme quant à l’attribution de marchés publics. Deux affaires qui ont poussé le RN à lui retirer son investiture, alors qu’il en était l’une des figures de proue dans le Sud.

  • Vaucluse : royalistes, ou « à bas les rouges » dans les parages

    Vaucluse : royalistes, ou « à bas les rouges » dans les parages

    Comment faire l’impasse sur l’inénarrable cas orangeois ? Ancien maire de la cité des Princes entre 1995 et novembre 2021, Jacques Bompard (Ligue du sud), 83 ans, brigue un 6e mandat dans dix jours. Il postule après avoir purgé une peine d’inéligibilité – raccourcie – pour prise illégale d’intérêts. Jacques Bompard compte donc reprendre la main à son fils maire, Yann, lui aussi condamné pour emploi fictif fin janvier et déclaré inéligible. Une sanction qui frappe également la députée RN Marie-France Lorho, conseillère municipale sortante, qui ne peut figurer sur les listes.

    Mais au-delà de ces cas médiatiques, d’autres profils, pas forcément condamnables judiciairement, éclairent sur le côté très réactionnaire du parti. À Morières, après avoir été directeur de cabinet du maire RN Grégoire Souque, Joris Varjabédian est cette fois candidat sur la liste [en 2020, il l’était aussi mais à… Marseille dans les 11-12, sur la liste de Stéphane Ravier]. Un homme à la forte conviction royaliste, le collectif No Pasaran épinglant ses publications à la gloire de Louis XVI. En véritable nostalgique de l’ancien Régime, chaque 21 janvier, il regrette la décapitation de l’ancien roi. « Depuis, la France continue de purger sa peine pour l’assassinat de ce monarque innocent », écrit-il en 2019. Contacté, il assume son opinion : « Je n’ai strictement rien à me reprocher. Si déplorer la décapitation d’un homme relève du fascisme, je laisse ces admirateurs de Robespierre à leurs délires », réagit Joris Verjabédian renvoyant No Pasaran à son soutien à la Jeune garde. « Plutôt que de décréter de véritables fatwas contre ceux qui ne pensent pas comme eux, ces gens-là feraient donc mieux de balayer devant leur porte et de faire profil bas », pique-t-il.

    Dans la ville centre d’Avignon, certains profils interrogent aussi. Comme celui de Clément Gautier. S’il n’est pas candidat sur la liste RN d’Anne-Sophie Rigault, il la soutient ardemment. « Avignon mérite la droite. Sus aux gauchistes », écrit-il sur son profil Facebook toujours actif, au sujet d’une réunion publique d’Anne Sophie Rigault mi-février. Un style trivial pour ce membre influent de l’Action française, dont il dirige l’une des éditions. Après la mort du militant identitaire Quentin Deranque, il relaie une réaction de l’Action française, estimant que « l’heure est à la réaction française et populaire contre l’engeance gauchiste, par tous les moyens, même légaux ». Et conclut « à bas les rouges ».

    Une colistière veut prendre les armes

    Caroline Lopez est, elle, en revanche candidate (25e position). « Employée de pharmacie, artiste peintre, défenseure des animaux », présentait Anne-Sophie Rigault, vendredi soir lors d’un meeting dévoilant sa liste. Elle aurait pu ajouter : appel à la sédition par la violence. Dans des publications sur Facebook, supprimées depuis, elle enjoint à défendre la France par les armes ou relaie des pseudo-blagues racistes. Rappelons qu’elle a été candidate FN aux départementales 2015 sur le canton de Pernes, accédant au second tour.

  • À Gardanne, un candidat de la liste RN le bras tendu

    À Gardanne, un candidat de la liste RN le bras tendu

    Presque autant que les têtes de liste, les dernières places servent souvent à envoyer un signal fort. C’est le cas à Gardanne pour la liste investie par le Rassemblement national, au détriment peut-être de son candidat et actuel élu d’opposition Bruno Priouret. Celui-ci a fait le choix de placer en 37e et dernière position un militant fidèle, la vingtaine habitué des tractages et collages du RN, Lucas Conill. Mais à l’inverse de certains militants de l’extrême droite échaudés d’être épinglés par la presse pour leurs publications passées, celui-ci n’a pas fait le ménage de ses réseaux sociaux au moment d’entrer en campagne. Ainsi sur son profil Facebook, entre deux commémorations et maraudes, le voit-on rendre hommage à Jean-Marie Le Pen, célébrer la dirigeante italienne Giorgia Meloni, publier ses selfies avec les cadres du Rassemblement national. Ou encore s’afficher, le 15 octobre dernier, devant le Parlement d’Aix-en-Provence à l’occasion d’une manifestation relayée par les milieux identitaires.

    Mais il n’oublie pas aussi de publier ses photos du carnaval de Fuveau, du 16 mars 2024, bonnet de bain sur la tête, avec lunettes de piscine et pince-nez, en peignoir. Et sur une photo postée plus tard, le 11 avril, debout sur le marchepied du tracteur qui tire un char figurant une barque, on le voit en noir et blanc le bras résolument tendu. Un geste qui apparaît immédiatement sur le cliché comme un salut fasciste. Une seconde photo le montre cette fois en couleur, souriant, le bras toujours fermement tendu mais incliné cette fois un peu plus vers le bas.

    Sollicité sur son profil Facebook, ce carnavalier n’a pas donné suite. Finalement, le candidat Bruno Priouret lui aussi contacté répond par téléphone. « J’ai demandé qu’il m’envoie les photos, c’est une photo sortie de son contexte, assure l’élu. C’est un carnaval, il était sur un char, il a un bonnet, un pince-nez. » Et d’assurer rapidement qu’il n’y a rien de fasciste dans ce bras tendu : « Il fait le gars qui nage. » Le ton de la tête de liste se fait même menaçant à l’autre bout du fil : « Je lui conseillerai de déposer recours en diffamation », annonce-t-il, si jamais la moindre ligne est écrite à ce sujet. « C’est un monsieur qui a un handicap, il est suivi, il est sous traitement et il est en 37e position, pas éligible », le défend-il. Expliquant l’avoir mis sur la liste « comme c’est un garçon dévoué, qui distribue des tracts, c’est tout ». Peu importe le cliché équivoque, crawl ou pas.

  • À Marseille, une liste RN de la justice aux outrances

    À Marseille, une liste RN de la justice aux outrances

    À défaut d’avoir été fait dans les rangs, le ménage a bien été fait sur les réseaux sociaux des candidats de la liste RN aux municipales à Marseille. De nombreux colistiers de Franck Allisio présentent désormais des profils fantômes, ou expurgés de pans significatifs de leur passé. C’est le cas pour l’ancien responsable de Reconquête dans la Drôme, aujourd’hui parachuté tête de liste du RN dans les 4-5, Thomas Battesti (17e sur la liste, ou pour l’ex-candidat de la Cocarde étudiante, syndicat étudiant d’extrême droite nationaliste, Hugo Cartallier (11e).

    Mais il y a ceux qui sont connus de la justice. À commencer par le député RN de Marignane lui-même, visé par une enquête suite à un signalement du conseil régional suspecté d’avoir détourné les moyens mis à sa disposition. Il se disait « à disposition de la justice ». Tête de liste dans les 13-14, Sandrine d’Angio (6e) a, elle, bien été condamnée pour favoritisme, pour l’attribution de marchés publics dans la mairie de secteur qu’elle dirigeait alors. Elle a fait appel. Antoine Baudino (23e), qui se demandait en novembre dernier « en quoi l’abolition de la peine de mort est une avancée de la civilisation » a été condamné en 2022 pour violences volontaires contre un militant RN.

    « Le fascisme c’est la fête ! »

    Ancien vice-président du Modem dans les Bouches-du-Rhône désormais rallié à l’extrême droite, Patrick Thevenin (37e) était convoqué en appel, en septembre 2014, après avoir été condamné en première instance à une peine d’emprisonnement de deux mois avec sursis pour « violence suivie d’incapacité n’excédant pas huit jours ». Une situation similaire avait conduit le RN à écarter l’ex-adjoint de secteur Romain Brument.

    Les archives ont conservé les sorties de Caroline Sicard (28e) qui écrivait sur son mur Facebook « le grand remplacement est là », avec la photo d’une fillette blonde barrée des mots : « dites non au génocide des blancs ». Les militants de Reconquête ne sont pas en reste. Jean-Marc Graffeo (21e) estimait que « le danger numéro 1 de notre civilisation, c’est le grand remplacement, et l’islam conquérant », et reprochait au RN d’avoir rompu avec les militants de l’AFD en Allemagne « parce qu’ils prônaient la remigration ». Élu dans les 9-10, Richard Dubreuil (69e), partisan de l’interdiction « tout court » du voile assurait que « ce que les Français combattent, ce n’est pas une génération (leurs enfants) qui remplace l’autre, mais une civilisation qui remplace la leur ».

    Au RN, la députée Monique Grisetti (8e) avait suscité un tollé lors des législatives. Sur son fil Facebook, elle partageait une interview de la figure antivax Christian Perronne ou réclamait que maître Gims « retourne de là où il vient » avec « toute sa tribu » pour qu’il « aille traire la chèvre ». En 2020, rendant hommage à un militant royaliste, le conseiller municipal Bernard Marendat (39e) célébrait : « Le fascisme c’est la fête ! » Après avoir traité en septembre 2022 l’adjointe (PCF) aux solidarités Audrey Garino d’assassin, il mimait à son encontre un égorgement deux ans plus tard. « C’est ce que font les communistes », justifiait-il.

    Et il y a les discrets : Gabrielle Occuly (42e) abonnée aux pages pro-Poutine, Vincent Vendredi (61e) qui se dit « pour la peine de mort ». Et Mireille Casassi, nostalgique de l’Algérie française, qui accuse « le sénateur rat-vier, de l’espèce des surmulots accouillus [sic] » , d’avoir émis un avis favorable pour une mosquée « faute de réponse dans les délais ».

    Sollicité, le porte-parole et directeur de campagne Olivier Rioult n’a pas donné suite.

  • Paradoxe

    Paradoxe

    Alors que l’extrême droite est indéniablement en dynamique dans tout le pays et qu’elle est en mesure de conquérir les trois plus grandes villes de notre région : Marseille, Nice et Toulon, le RN et ses alliés ne parviennent pas à présenter de listes dans une majorité de communes de plus de 3 500 habitants. Sur 243 communes de cette catégorie dans notre région, le RN ou ses alliés n’ont été en mesure de présenter de listes que dans une centaine d’entre elles.

    Un fait statistique qui interroge alors que les dernières législatives ont montré la capacité de l’extrême droite à l’emporter dans une grande majorité de circonscriptions de notre région.

    Dans la proximité, il est peut-être encore difficile de s’afficher comme relais des idées haineuses. Assurément, il est aussi compliqué pour les organisations politiques qui se réclament de cet espace politique de trouver des candidats « présentables ».

    Perte de repères et courte vue

    Comme nous le rappelle ce dossier, de nombreux colistiers du RN dans notre région ont eu affaire avec la justice, ou tenus des propos sulfureux.

    À Gardanne, c’est un candidat qui tend le bras qui se trouve sur la liste du RN.

    Dans une France en pleine perte de repère, où l’antisémitisme, le racisme, la misogynie, l’homophobie sont banalisés, ces profils sont particulièrement inquiétants.

    Ce paradoxe qui consiste à constater que la stratégie nationale de ripolinage de l’extrême droite trouve ses limites lors des municipales, n’en est pas vraiment un. Lorsqu’on zoome, on y voit plus clair.

  • Le RN peine à renforcer son ancrage

    Le RN peine à renforcer son ancrage

    La victoire du candidat RN à Rognac, le 24 novembre 2024, à l’issue d’une improbable quadrangulaire, avait constitué un choc. Pour la première fois depuis 1997 à Vitrolles, le parti lepéniste remportait une commune dans les Bouches-du-Rhône. L’extrême droite a beau réaliser des scores élevés dans la région, elle peine en effet à trouver cet ancrage local, avec dix municipalités sous sa gestion dans la région.

    Et pourtant, le nombre de ses électeurs a bondi. Entre les européennes de 2019 et de 2024, le RN a gagné quelque 230 000 voix dans la région, atteignant 38,6% des votes exprimés. Trente députés de la région siègent désormais à l’extrême droite, soit neuf de plus qu’en 2022. Malgré cela, le président du RN, Jordan Bardella, ne se hasardait pas, lors de ses vœux à la presse le 12 janvier dernier, à donner le moindre « objectif chiffré » de conquête aux municipales. Le regard plutôt rivé vers les sénatoriales et la présidentielle. « Le fait de remporter des municipalités à quelques mois de la présidentielle va évidemment donner du poids à la dynamique et à l’enracinement du RN », expliquait l’héritier désigné.

    Encore faut-il présenter des candidats, un obstacle auquel s’est longtemps heurté le RN. Leur nombre, cependant, augmente de scrutin en scrutin. Dans les communes de plus de 3 500 habitants, pour lesquelles elles doivent attribuer des nuances politiques, les préfectures de la région ont classé, cette année, 115 listes à l’extrême droite, dont 63 ont reçu directement l’investiture du RN. Soit au total 4 523 candidats.

    L’extrême droite assure ainsi sa présence dans 100 municipalités de plus de 3 500 habitants pour ce 1er tour, contre 85 lors du précédent scrutin. Soit quatre communes sur dix dans la région, pour les villes concernées par l’attribution de ces nuances politiques. Un nombre qui reste en deçà de la réalité. Le RN a en effet réussi à présenter des candidats dans certaines municipalités pour lesquelles les préfectures n’attribuent pas de nuance politique. Dans les Alpes-de-Haute-Provence, il a investi Aurélie Abeille à Peyruis (2 794 habitants), Pascal Gaugue à Gréoux-les-Bains (3 088 habitants). Dans d’autres, malgré les « faisceaux d’indices » évoqués par la circulaire du ministère de l’Intérieur, certains candidats restent classés divers droite. C’est le cas à Bollène (Vaucluse) pour Sophie Lorenzo, pourtant candidate investie en 2020 par Marine Le Pen pour les municipales au Teil (Ardèche). C’est aussi le cas pour éric le Dissès à Marignane, pourtant suppléant du délégué départemental du RN Franck Allisio aux législatives et fondateur avec lui d’un « RPR », créé pour faciliter le passage de la droite à l’extrême droite. Peut-être que le nom de la liste, « Marignane aux Marignanais », allusion transparente au slogan nationaliste « la France aux Français », ne suffisait pas.

    Députés en tête

    Mais cette progression dissimule aussi des reculs. Le RN n’a pas pu présenter cette fois de liste à Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence) ni à Valréas (Vaucluse). Surtout, il n’a pas réussi à débaucher de maires sortants. En janvier 2025, Franck Allisio avait pourtant lancé son label, « la Provence qu’on aime », comme une investiture sans logo pour les candidats des municipales. Moyennant un soutien aux sénatoriales et une compatibilité sur le programme, ils n’auraient pas de liste RN face à eux. Un procédé qui avait suscité l’ire de la présidente (DVD) du Département. « ça suffit de menacer les personnes, s’indignait Martine Vassal à l’occasion du salon des maires des Bouches-du-Rhône. ça correspond à quoi ? Si tu prends le label, tu n’as pas de candidat face à toi ? » Auprès de France 2, le délégué départemental du RN revendiquait, fin février, 15 adhérents. à Fos-sur-Mer, l’opposant Philippe Maurizot (DVD) a ainsi franchi le pas et fait sauter les digues entre la droite et l’extrême droite. Mais aucun maire sortant n’a franchi le Rubicon.

    Alors, pour assurer son ancrage, l’extrême droite a misé sur ses parlementaires. Ils sont 24 députés sur les listes, dont 13 figurent en tête, à commencer par Franck Allisio à Marseille et Laure Lavalette à Toulon. Des figures locales ont été débauchées aussi, comme le président de la Chambre des métiers et de l’artisanat Daniel Salenc, candidat à La Ciotat. Au risque de créer des dissensions. Ainsi dans douze communes de la région y a-t-il plusieurs listes concurrentes d’extrême droite en lice, jusqu’à quatre différentes à Cogolin (Var). Fait significatif : toutes ont réussi à rassembler assez de colistiers pour se présenter. Preuve que les aspirants candidats se bousculent de plus en plus au portillon de l’extrême droite.

    En chiffres

    115

    listes ont été classées à l’extrême droite par les services de l’état pour ces élections municipales en Provence-Alpes-Côte d’Azur, contre 90 lors du dernier scrutin en 2020.

    100

    communes auront des listes d’extrême droite en lice pour les municipales, contre 85 lors des élections de 2020. Cela représente 4 communes sur 10 pour celles qui ont plus de 3 500 habitants.

    4 523

    candidats figurent sur les listes de l’extrême droite dans la région, pour les municipales, soit 1 200 candidats de plus qu’en 2020, dont 24 députés (13 têtes de liste) et un eurodéputé.

    27%

    Seulement des candidats de l’extrême droite dans la région sont des femmes, soit 31 candidates sur les 115 têtes de liste. à peine mieux que la moyenne régionale, qui s’élève à 23,7%.

  • Municipales en Occitanie : l’avenir de la jeunesse est aussi un enjeu local

    Municipales en Occitanie : l’avenir de la jeunesse est aussi un enjeu local

    « Les jeunes nous disent qu’ils ont d’abord confiance dans les citoyens eux-mêmes pour changer les choses, dans la famille perçue comme un refuge, dans les acteurs locaux et dans l’entreprise. »* Interrogé en février 2022, le directeur général de l’institut de sondage Ifop, Frédéric Dabi, brossait le portrait de la jeunesse française à l’occasion de la publication d’un livre, La Fracture (Les Arènes, 2021) détaillant 60 ans d’enquête auprès de la jeunesse c’est-à-dire plus d’un demi-siècle d’un même questionnaire posé aux générations, toutes classes sociales confondues, de 1957 à 2020.

    Si l’auteur constate, chez les jeunes générations d’aujourd’hui, une montée des individualités et, surtout, une non-expérience (autre que livresque) des grandes mobilisations collectives spécifiques à la jeunesse – la dernière en date, contre le Contrat Première Embauche (CPE), remonte à 2006 – Frédéric Dabi souligne qu’en 60 ans « les questions sociales, le chômage, les inégalités, la vie chère sont des préoccupations importantes qui ressortent toujours de l’enquête. Le mot capitalisme est un des plus rejetés par les jeunes. »

    Quelques années plus tard, en 2025, une autre enquête menée par l’institut IPSOS** a sondé « l’état d’esprit des jeunes français ». Ses auteurs résument l’étude en ces termes : « À l’instar des Français dans leur ensemble, la première préoccupation des jeunes est le pouvoir d’achat (38%). En revanche, les inégalités sociales arrivent en seconde position (27%), marquant ici une différence importante avec les Français toutes tranches d’âges confondues. Fait notable, les femmes sont plus préoccupées par les inégalités sociales que les hommes (34% contre 20 %) ». À la veille des élections municipales des 15 et 22 mars, les préoccupations de la jeunesse ne peuvent donc rester sur le bord du chemin et en dehors des programmes (lire ci-contre). L’emploi est la première des préoccupations des jeunes. Dans l’enquête de l’Ipsos, 70% des 20-21 ans estiment que le monde du travail « est plus stressant qu’épanouissant ».

    Autre résultat, seuls 38% pensent que « l’école donne la même chance de réussite à tout le monde » et 39% que « les études supérieures sont accessibles à tout le monde. » D’une manière générale, soulignent les auteurs, « les inégalités liées aux origines sociales, géographiques, culturelles ou ethniques sont importantes en France pour 82% » des 20-21 ans et « sont un frein dans l’accès à l’emploi pour 80%. » d’entre eux.

    Des jeunes de plus en plus endettés

    Et lorsqu’emploi il y a, la précarité ne s’évanouit pas pour autant. Une récente étude de la Banque de France***, publiée le 17 février, révèle qu’entre 2024 et 2025, les dossiers de surendettement déposés par les jeunes de 18 à 29 ans ont bondi de 36% et représentent 12% de la totalité des dossiers de surendettement sur la période, soit 17 000 en 2025 contre 12 500 en 2024. La hausse est de 65% pour les 18-25 ans. Leur profil ? « Ces jeunes sont plus souvent des femmes, davantage au chômage, souvent hébergés chez leurs parents et en grande partie employés ou ouvriers ». Les difficultés d’accès à l’emploi et au logement, indispensables pour démarrer dans la vie, expliquent en grande partie la dureté de la condition de nombreux jeunes. Une question de choix politiques qui doit irriguer la campagne des municipales.

    *Entretien dans Cause commune, janvier-février 2022.

    **Avoir 20 ans, état d’esprit des jeunes, Ipsos pour Article 1, 2025.

    ***Les Échos, 18 février 2026.

  • Le Grau-du-Roi : une commune littorale au bord de la saturation

    Le Grau-du-Roi : une commune littorale au bord de la saturation

    Le Grau-du-Roi (8 700 habitants à l’année) n’est pas une commune comme les autres : en saison, la ville peut accueillir jusqu’à 120 000 lits touristiques, tandis qu’elle compte près de 20 000 résidences secondaires. Un modèle économique qui fait vivre la station… mais qui écrase le quotidien des habitants permanents. Particularité : la bataille se joue surtout entre listes situées à droite et à l’extrême droite

    À la tête de « Gardons le Cap », Robert Crauste (maire depuis 2014, sans étiquette) met en avant un bilan d’investissements et une gestion jugée solide, annonçant 14 M€ d’investissements au budget. Il promet de poursuivre la rénovation du centre ancien, les pistes cyclables, une coulée verte, un nouvel hôtel de police municipale, et un projet emblématique : parking silo au-dessus de halles gourmandes sur la zone portuaire. Sur le logement, il revendique 1 000 logements produits en deux mandats et de nouveaux programmes (maisons, locatifs, écoquartier), ainsi qu’un projet de 100 lits pour saisonniers.

    Sortir de la carte postale

    Mais le cœur de la campagne est ailleurs : la difficulté à vivre au pays de la carte postale. Loyers exorbitants, fracture depuis le Covid, absence d’encadrement : les témoignages s’accumulent et la colère monte chez les habitants à l’année. Pour les candidats, l’enjeu est clair : garantir un droit à la ville et empêcher la commune de devenir un dortoir saisonnier.

    En face, Charly Crespe (DVD), opposant depuis 2020, mène la liste « Agir avec bon sens et respect ». Il mène sa campagne sur les promesses non tenues, notamment sur la santé. Alain Guy (sans étiquette, ancien de l’UDR) fait de la sécurité et du stationnement ses priorités, dénonçant le « béton ». Bernard Luciani (RN-UDR) avance une « liste de compétences », axée sur sécurité et économie. Derrière les postures, une question tranche : quelle ville pour celles et ceux qui y travaillent et y vivent toute l’année ?

  • Le plan mobilités de « Nîmes en commun »

    Le plan mobilités de « Nîmes en commun »

    Au cœur de son projet municipal, Nîmes en commun fait des mobilités un levier central de justice sociale, de pouvoir d’achat et de transition écologique. La première mesure phare concerne la gratuité immédiate des transports scolaires, afin de mettre fin à une inégalité territoriale : à Nîmes, les familles paient encore quand la Région, ailleurs, prend en charge les déplacements des élèves. La liste conduite par Bouget propose également la gratuité pour les personnes en situation de précarité, le maintien de celle existante pour les plus de 70 ans, ainsi qu’un demi-tarif pour les retraités de moins de 70 ans. À cela s’ajoute une gratuité par l’usage, progressive, avec des trajets offerts après un certain nombre de voyages, pour encourager l’utilisation régulière du réseau.

    Des transports accessibles, fréquents et sécurisés

    Sur l’offre de transport, la liste défend un renforcement des fréquences et des amplitudes horaires, notamment tôt le matin et tard le soir, pour répondre aux besoins des salariés aux horaires décalés. Tous les quartiers doivent bénéficier du même niveau de desserte, avec une attention particulière portée à la mobilité des femmes le soir et à la desserte des équipements publics, comme l’hôpital ou les zones d’activité. Autre pilier du programme : un plan vélo ambitieux, avec la création d’environ 50 km de pistes cyclables supplémentaires sur le mandat. L’enjeu n’est pas seulement d’augmenter le linéaire, insiste Nîmes en commun, mais de garantir la continuité, la lisibilité et la sécurité des itinéraires en reliant les quartiers, les établissements scolaires, les pôles d’emploi et les gares. Des stationnements sécurisés et un accompagnement à la pratique, notamment pour les jeunes et les seniors, sont également prévus.

    Enfin, sans opposer les modes de transport, la liste propose un plan pluriannuel d’investissement sur la voirie, partagé avec les habitants et les comités de quartier. Objectif : sécuriser les déplacements, améliorer l’état des routes et des trottoirs, désengorger les axes saturés et offrir de véritables alternatives à la voiture individuelle pour celles et ceux qui n’en ont pas aujourd’hui.