Tag: Municipales

  • Paradoxe

    Paradoxe

    Alors que l’extrême droite est indéniablement en dynamique dans tout le pays et qu’elle est en mesure de conquérir les trois plus grandes villes de notre région : Marseille, Nice et Toulon, le RN et ses alliés ne parviennent pas à présenter de listes dans une majorité de communes de plus de 3 500 habitants. Sur 243 communes de cette catégorie dans notre région, le RN ou ses alliés n’ont été en mesure de présenter de listes que dans une centaine d’entre elles.

    Un fait statistique qui interroge alors que les dernières législatives ont montré la capacité de l’extrême droite à l’emporter dans une grande majorité de circonscriptions de notre région.

    Dans la proximité, il est peut-être encore difficile de s’afficher comme relais des idées haineuses. Assurément, il est aussi compliqué pour les organisations politiques qui se réclament de cet espace politique de trouver des candidats « présentables ».

    Perte de repères et courte vue

    Comme nous le rappelle ce dossier, de nombreux colistiers du RN dans notre région ont eu affaire avec la justice, ou tenus des propos sulfureux.

    À Gardanne, c’est un candidat qui tend le bras qui se trouve sur la liste du RN.

    Dans une France en pleine perte de repère, où l’antisémitisme, le racisme, la misogynie, l’homophobie sont banalisés, ces profils sont particulièrement inquiétants.

    Ce paradoxe qui consiste à constater que la stratégie nationale de ripolinage de l’extrême droite trouve ses limites lors des municipales, n’en est pas vraiment un. Lorsqu’on zoome, on y voit plus clair.

  • Le RN peine à renforcer son ancrage

    Le RN peine à renforcer son ancrage

    La victoire du candidat RN à Rognac, le 24 novembre 2024, à l’issue d’une improbable quadrangulaire, avait constitué un choc. Pour la première fois depuis 1997 à Vitrolles, le parti lepéniste remportait une commune dans les Bouches-du-Rhône. L’extrême droite a beau réaliser des scores élevés dans la région, elle peine en effet à trouver cet ancrage local, avec dix municipalités sous sa gestion dans la région.

    Et pourtant, le nombre de ses électeurs a bondi. Entre les européennes de 2019 et de 2024, le RN a gagné quelque 230 000 voix dans la région, atteignant 38,6% des votes exprimés. Trente députés de la région siègent désormais à l’extrême droite, soit neuf de plus qu’en 2022. Malgré cela, le président du RN, Jordan Bardella, ne se hasardait pas, lors de ses vœux à la presse le 12 janvier dernier, à donner le moindre « objectif chiffré » de conquête aux municipales. Le regard plutôt rivé vers les sénatoriales et la présidentielle. « Le fait de remporter des municipalités à quelques mois de la présidentielle va évidemment donner du poids à la dynamique et à l’enracinement du RN », expliquait l’héritier désigné.

    Encore faut-il présenter des candidats, un obstacle auquel s’est longtemps heurté le RN. Leur nombre, cependant, augmente de scrutin en scrutin. Dans les communes de plus de 3 500 habitants, pour lesquelles elles doivent attribuer des nuances politiques, les préfectures de la région ont classé, cette année, 115 listes à l’extrême droite, dont 63 ont reçu directement l’investiture du RN. Soit au total 4 523 candidats.

    L’extrême droite assure ainsi sa présence dans 100 municipalités de plus de 3 500 habitants pour ce 1er tour, contre 85 lors du précédent scrutin. Soit quatre communes sur dix dans la région, pour les villes concernées par l’attribution de ces nuances politiques. Un nombre qui reste en deçà de la réalité. Le RN a en effet réussi à présenter des candidats dans certaines municipalités pour lesquelles les préfectures n’attribuent pas de nuance politique. Dans les Alpes-de-Haute-Provence, il a investi Aurélie Abeille à Peyruis (2 794 habitants), Pascal Gaugue à Gréoux-les-Bains (3 088 habitants). Dans d’autres, malgré les « faisceaux d’indices » évoqués par la circulaire du ministère de l’Intérieur, certains candidats restent classés divers droite. C’est le cas à Bollène (Vaucluse) pour Sophie Lorenzo, pourtant candidate investie en 2020 par Marine Le Pen pour les municipales au Teil (Ardèche). C’est aussi le cas pour éric le Dissès à Marignane, pourtant suppléant du délégué départemental du RN Franck Allisio aux législatives et fondateur avec lui d’un « RPR », créé pour faciliter le passage de la droite à l’extrême droite. Peut-être que le nom de la liste, « Marignane aux Marignanais », allusion transparente au slogan nationaliste « la France aux Français », ne suffisait pas.

    Députés en tête

    Mais cette progression dissimule aussi des reculs. Le RN n’a pas pu présenter cette fois de liste à Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence) ni à Valréas (Vaucluse). Surtout, il n’a pas réussi à débaucher de maires sortants. En janvier 2025, Franck Allisio avait pourtant lancé son label, « la Provence qu’on aime », comme une investiture sans logo pour les candidats des municipales. Moyennant un soutien aux sénatoriales et une compatibilité sur le programme, ils n’auraient pas de liste RN face à eux. Un procédé qui avait suscité l’ire de la présidente (DVD) du Département. « ça suffit de menacer les personnes, s’indignait Martine Vassal à l’occasion du salon des maires des Bouches-du-Rhône. ça correspond à quoi ? Si tu prends le label, tu n’as pas de candidat face à toi ? » Auprès de France 2, le délégué départemental du RN revendiquait, fin février, 15 adhérents. à Fos-sur-Mer, l’opposant Philippe Maurizot (DVD) a ainsi franchi le pas et fait sauter les digues entre la droite et l’extrême droite. Mais aucun maire sortant n’a franchi le Rubicon.

    Alors, pour assurer son ancrage, l’extrême droite a misé sur ses parlementaires. Ils sont 24 députés sur les listes, dont 13 figurent en tête, à commencer par Franck Allisio à Marseille et Laure Lavalette à Toulon. Des figures locales ont été débauchées aussi, comme le président de la Chambre des métiers et de l’artisanat Daniel Salenc, candidat à La Ciotat. Au risque de créer des dissensions. Ainsi dans douze communes de la région y a-t-il plusieurs listes concurrentes d’extrême droite en lice, jusqu’à quatre différentes à Cogolin (Var). Fait significatif : toutes ont réussi à rassembler assez de colistiers pour se présenter. Preuve que les aspirants candidats se bousculent de plus en plus au portillon de l’extrême droite.

    En chiffres

    115

    listes ont été classées à l’extrême droite par les services de l’état pour ces élections municipales en Provence-Alpes-Côte d’Azur, contre 90 lors du dernier scrutin en 2020.

    100

    communes auront des listes d’extrême droite en lice pour les municipales, contre 85 lors des élections de 2020. Cela représente 4 communes sur 10 pour celles qui ont plus de 3 500 habitants.

    4 523

    candidats figurent sur les listes de l’extrême droite dans la région, pour les municipales, soit 1 200 candidats de plus qu’en 2020, dont 24 députés (13 têtes de liste) et un eurodéputé.

    27%

    Seulement des candidats de l’extrême droite dans la région sont des femmes, soit 31 candidates sur les 115 têtes de liste. à peine mieux que la moyenne régionale, qui s’élève à 23,7%.

  • Municipales en Occitanie : l’avenir de la jeunesse est aussi un enjeu local

    Municipales en Occitanie : l’avenir de la jeunesse est aussi un enjeu local

    « Les jeunes nous disent qu’ils ont d’abord confiance dans les citoyens eux-mêmes pour changer les choses, dans la famille perçue comme un refuge, dans les acteurs locaux et dans l’entreprise. »* Interrogé en février 2022, le directeur général de l’institut de sondage Ifop, Frédéric Dabi, brossait le portrait de la jeunesse française à l’occasion de la publication d’un livre, La Fracture (Les Arènes, 2021) détaillant 60 ans d’enquête auprès de la jeunesse c’est-à-dire plus d’un demi-siècle d’un même questionnaire posé aux générations, toutes classes sociales confondues, de 1957 à 2020.

    Si l’auteur constate, chez les jeunes générations d’aujourd’hui, une montée des individualités et, surtout, une non-expérience (autre que livresque) des grandes mobilisations collectives spécifiques à la jeunesse – la dernière en date, contre le Contrat Première Embauche (CPE), remonte à 2006 – Frédéric Dabi souligne qu’en 60 ans « les questions sociales, le chômage, les inégalités, la vie chère sont des préoccupations importantes qui ressortent toujours de l’enquête. Le mot capitalisme est un des plus rejetés par les jeunes. »

    Quelques années plus tard, en 2025, une autre enquête menée par l’institut IPSOS** a sondé « l’état d’esprit des jeunes français ». Ses auteurs résument l’étude en ces termes : « À l’instar des Français dans leur ensemble, la première préoccupation des jeunes est le pouvoir d’achat (38%). En revanche, les inégalités sociales arrivent en seconde position (27%), marquant ici une différence importante avec les Français toutes tranches d’âges confondues. Fait notable, les femmes sont plus préoccupées par les inégalités sociales que les hommes (34% contre 20 %) ». À la veille des élections municipales des 15 et 22 mars, les préoccupations de la jeunesse ne peuvent donc rester sur le bord du chemin et en dehors des programmes (lire ci-contre). L’emploi est la première des préoccupations des jeunes. Dans l’enquête de l’Ipsos, 70% des 20-21 ans estiment que le monde du travail « est plus stressant qu’épanouissant ».

    Autre résultat, seuls 38% pensent que « l’école donne la même chance de réussite à tout le monde » et 39% que « les études supérieures sont accessibles à tout le monde. » D’une manière générale, soulignent les auteurs, « les inégalités liées aux origines sociales, géographiques, culturelles ou ethniques sont importantes en France pour 82% » des 20-21 ans et « sont un frein dans l’accès à l’emploi pour 80%. » d’entre eux.

    Des jeunes de plus en plus endettés

    Et lorsqu’emploi il y a, la précarité ne s’évanouit pas pour autant. Une récente étude de la Banque de France***, publiée le 17 février, révèle qu’entre 2024 et 2025, les dossiers de surendettement déposés par les jeunes de 18 à 29 ans ont bondi de 36% et représentent 12% de la totalité des dossiers de surendettement sur la période, soit 17 000 en 2025 contre 12 500 en 2024. La hausse est de 65% pour les 18-25 ans. Leur profil ? « Ces jeunes sont plus souvent des femmes, davantage au chômage, souvent hébergés chez leurs parents et en grande partie employés ou ouvriers ». Les difficultés d’accès à l’emploi et au logement, indispensables pour démarrer dans la vie, expliquent en grande partie la dureté de la condition de nombreux jeunes. Une question de choix politiques qui doit irriguer la campagne des municipales.

    *Entretien dans Cause commune, janvier-février 2022.

    **Avoir 20 ans, état d’esprit des jeunes, Ipsos pour Article 1, 2025.

    ***Les Échos, 18 février 2026.

  • Le Grau-du-Roi : une commune littorale au bord de la saturation

    Le Grau-du-Roi : une commune littorale au bord de la saturation

    Le Grau-du-Roi (8 700 habitants à l’année) n’est pas une commune comme les autres : en saison, la ville peut accueillir jusqu’à 120 000 lits touristiques, tandis qu’elle compte près de 20 000 résidences secondaires. Un modèle économique qui fait vivre la station… mais qui écrase le quotidien des habitants permanents. Particularité : la bataille se joue surtout entre listes situées à droite et à l’extrême droite

    À la tête de « Gardons le Cap », Robert Crauste (maire depuis 2014, sans étiquette) met en avant un bilan d’investissements et une gestion jugée solide, annonçant 14 M€ d’investissements au budget. Il promet de poursuivre la rénovation du centre ancien, les pistes cyclables, une coulée verte, un nouvel hôtel de police municipale, et un projet emblématique : parking silo au-dessus de halles gourmandes sur la zone portuaire. Sur le logement, il revendique 1 000 logements produits en deux mandats et de nouveaux programmes (maisons, locatifs, écoquartier), ainsi qu’un projet de 100 lits pour saisonniers.

    Sortir de la carte postale

    Mais le cœur de la campagne est ailleurs : la difficulté à vivre au pays de la carte postale. Loyers exorbitants, fracture depuis le Covid, absence d’encadrement : les témoignages s’accumulent et la colère monte chez les habitants à l’année. Pour les candidats, l’enjeu est clair : garantir un droit à la ville et empêcher la commune de devenir un dortoir saisonnier.

    En face, Charly Crespe (DVD), opposant depuis 2020, mène la liste « Agir avec bon sens et respect ». Il mène sa campagne sur les promesses non tenues, notamment sur la santé. Alain Guy (sans étiquette, ancien de l’UDR) fait de la sécurité et du stationnement ses priorités, dénonçant le « béton ». Bernard Luciani (RN-UDR) avance une « liste de compétences », axée sur sécurité et économie. Derrière les postures, une question tranche : quelle ville pour celles et ceux qui y travaillent et y vivent toute l’année ?

  • Le plan mobilités de « Nîmes en commun »

    Le plan mobilités de « Nîmes en commun »

    Au cœur de son projet municipal, Nîmes en commun fait des mobilités un levier central de justice sociale, de pouvoir d’achat et de transition écologique. La première mesure phare concerne la gratuité immédiate des transports scolaires, afin de mettre fin à une inégalité territoriale : à Nîmes, les familles paient encore quand la Région, ailleurs, prend en charge les déplacements des élèves. La liste conduite par Bouget propose également la gratuité pour les personnes en situation de précarité, le maintien de celle existante pour les plus de 70 ans, ainsi qu’un demi-tarif pour les retraités de moins de 70 ans. À cela s’ajoute une gratuité par l’usage, progressive, avec des trajets offerts après un certain nombre de voyages, pour encourager l’utilisation régulière du réseau.

    Des transports accessibles, fréquents et sécurisés

    Sur l’offre de transport, la liste défend un renforcement des fréquences et des amplitudes horaires, notamment tôt le matin et tard le soir, pour répondre aux besoins des salariés aux horaires décalés. Tous les quartiers doivent bénéficier du même niveau de desserte, avec une attention particulière portée à la mobilité des femmes le soir et à la desserte des équipements publics, comme l’hôpital ou les zones d’activité. Autre pilier du programme : un plan vélo ambitieux, avec la création d’environ 50 km de pistes cyclables supplémentaires sur le mandat. L’enjeu n’est pas seulement d’augmenter le linéaire, insiste Nîmes en commun, mais de garantir la continuité, la lisibilité et la sécurité des itinéraires en reliant les quartiers, les établissements scolaires, les pôles d’emploi et les gares. Des stationnements sécurisés et un accompagnement à la pratique, notamment pour les jeunes et les seniors, sont également prévus.

    Enfin, sans opposer les modes de transport, la liste propose un plan pluriannuel d’investissement sur la voirie, partagé avec les habitants et les comités de quartier. Objectif : sécuriser les déplacements, améliorer l’état des routes et des trottoirs, désengorger les axes saturés et offrir de véritables alternatives à la voiture individuelle pour celles et ceux qui n’en ont pas aujourd’hui.

  • À Peyruis, le maire sortant candidat face au RN

    À Peyruis, le maire sortant candidat face au RN

    Élu municipal depuis 2008 et maire depuis 2014, Patrick Vivos est candidat à sa réélection, face à la candidate RN Aurélie Abeille et l’élue d’opposition Lila Desjardins. Il se présente avec une liste renouvelée à 80%, avec la volonté de « finaliser des projets structurants pour la commune » : un parking devant la salle des fêtes, un réseau de chaleur géothermique pour alimenter les deux écoles, la rénovation de l’école élémentaire et le réaménagement de la place Fauchier pour créer « une poche commerciale », des logements sociaux et une place végétalisée, alors que le village manque cruellement de commerces.

    « Un porteur privé s’est déjà positionné et a eu une lettre d’engagement de l’enseigne U et d’un bailleur social, et un particulier est intéressé pour ouvrir un bar-tabac », affirme le maire sortant. Il souhaite par ailleurs créer un pôle culturel avec une bibliothèque et une salle d’exposition, ainsi qu’un pôle sportif.

    « Je serai toujours face au RN »

    Peyruis fait partie des rares communes du département où le RN a investi un candidat, alors que 55% des votes étaient pour le parti d’extrême droite au second tour des législatives de 2024 dans le village. « Je serai toujours face au RN et je combattrai toujours les idées du RN », promet Patrick Vivos. Ancien militant communiste, le candidat garde « une sensibilité de gauche bien marquée ». Sa liste est elle sans étiquette.

    Âgé de 62 ans, ancien cadre commercial dans l’agroalimentaire, le maire sortant prévient : s’il est réélu, ce sera son dernier mandat. Ce mandat a été « très compliqué », explique-t-il, entre les inondations, le Covid, l’explosion des coûts suite à la guerre en Ukraine et les changements de gouvernement successifs.

  • La gauche briançonnaise en mission à Milan-Cortina

    La gauche briançonnaise en mission à Milan-Cortina

    « Nous voulions comprendre concrètement ce que ça veut dire d’avoir les JO sur son territoire », explique Johanna Jelensperger. Avec la tête de liste, Stéphane Regnier, ils se sont rendus à Cortina, Milan et dans la région alentour du 18 au 21 février. Habitants, commerçants, élus locaux, jeunes, chefs d’entreprise, chercheurs… Au total, ils ont collecté une quarantaine de témoignages.

    Leur rapport relève le positif, comme la « magie des Jeux » qui a bien opéré dans les rues de Cortina, en ébullition pendant la compétition. « Mais les travaux comme la tenue des Jeux ont globalement fait fuir les touristes et ont été négatifs pour les commerçants locaux », selon eux. Les habitants rencontrés regrettaient surtout des projets onéreux, sans rapport avec les besoins du territoire. « On nous a parlé d’une piste de bobsleigh à 120 millions d’euros à Cortina, alors qu’ils n’ont même pas de piscine publique, rapporte la délégation. Les habitants déploraient de ne pas avoir été informés ni consultés sur les Jeux, ils s’en sont sentis dépossédés », raconte Johanna Jelensperger.

    « On peut organiser des événements joyeux »

    Un manque de concertation qu’ils ne veulent pas reproduire à Briançon lors de la prochaine édition de 2030. « Il y a un vrai espoir de faire différemment, on sollicite la concertation mais la Solideo, [la société de livraison des ouvrages olympiques, Ndlr] et le Comité d’organisation des Jeux sont des mastodontes avec qui on ne dialogue pas facilement », prévient la tête de liste. Pour les deux colistiers, certains chantiers, comme la promesse d’améliorer le réseau de train entre Briançon et Marseille, peuvent être bénéfiques pour le territoire. « Mais les projets hors-sol, comme le village olympique au Fort des têtes, à très fort impact environnemental et au coût exorbitant pour les collectivités, sont en décalage par rapport aux besoins locaux », s’alarme Stéphane Régnier.

    Si elles ont pu voir les risques d’une arrivée des Jeux, les deux élus restent positifs. « On peut organiser des événements joyeux qui impliquent les habitants, comme c’est le cas avec le mondial d’escalade ou le Freeride World tour », rappelle Johanna Jelensperger. La liste de gauche promet de promouvoir et d’organiser la consultation sur le sujet avec les habitants.

  • La Vague mandréenne déferle sur la presqu’île

    La Vague mandréenne déferle sur la presqu’île

    Il rappelle qu’en mars 2020, dans le contexte si particulier de la pandémie, La Vague a recueilli 36.31% des suffrages alors qu’elle était inconnue 3 mois plus tôt.

    Son ambition pour la commune : restaurer un véritable échange démocratique à Saint-Mandrier. Avec comme points forts programmatiques, la création d’une Maison de santé communale et la révision du Plan local d’urbanisme « pour l’ériger en bouclier contre l’urbanisation excessive issue d’une vision d’un autre temps qui menace aujourd’hui l’âme même de notre territoire ».

  • La maire sortante de Toulon Josée Massi à l’offensive

    La maire sortante de Toulon Josée Massi à l’offensive

    « Quand je regarde cette salle, je pense à notre devise : Concordia Parva Crescunt. Par la concorde, les petites choses deviennent grandes », commence la maire sortante de Toulon Josée Massi devant un public qui s’est déplacé en masse pour assister à son dernier meeting de campagne d’avant le 1e tour.

    Et de poursuivre : « Si nous sommes réunis ce soir, à une semaine et demie d’une élection décisive pour l’avenir de notre ville, c’est précisément parce que nous avons tenu ensemble. Parce que malgré les embûches, les tempêtes, les moments d’incertitude, nous avons choisi la concorde plutôt que la division. »

    L’ex-prof de maths mesure en effet le chemin parcouru depuis notamment l’été dernier où son prédécesseur Hubert Falco, après l’avoir désignée pour lui succéder, l’a brusquement lâchée parce que pas suffisamment docile à son goût.

    Ce qui l’a aidée à tenir face à l’adversité explique-t-elle, ce sont « ces poignées de main, ces “tenez bon, Madame le Maire, ne nous lâchez pas” ». « Ça donne une force immense. Et une responsabilité », insiste la chef de file de « Toulon, mon parti ».

    Et de rappeler que son engagement au service de la ville pendant 30 ans, dans le monde associatif, a précédé son entrée en politique.

    La concorde plutôt que la division

    « Tous mes choix sont guidés par l’envie et le souci de servir », reprend Josée Massi. Et « non pas par une ambition personnelle, ou un agenda national », glissera-t-elle plus tard. Contrairement à la candidate d’extrême droite Laure Lavalette suggère-t-elle ainsi sans la nommer, pour l’instant. Tout comme lorsqu’elle rappelle un peu plus tard son ancrage dans la cité : « Je n’ai pas appris Toulon sur le tard. Toulon, j’y ai grandi », lance-t-elle avec un sourire malicieux. Et de préciser : « À Bon Rencontre, dans un HLM où j’ai été très heureuse. Où l’on vivait bien, ensemble. »

    Pour continuer à gérer la ville, Josée Massi explique vouloir, comme elle l’a fait pendant trois ans, écouter. Et pour cela « ne pas se contenter de réunions formelles, mais aller sur le terrain, accepter la contradiction, entendre la colère parfois, comprendre les attentes profondes ». Et cela avant d’agir c’est-à-dire « arbitrer entre des intérêts contradictoires, quand il faut prioriser un chantier plutôt qu’un autre, quand il faut tenir un cap malgré les critiques ». Et de poursuivre avec encore un petit tacle bien senti en direction de la candidate RN, reine des plateaux et des réseaux sociaux : « Gérer Toulon, ce n’est pas gérer un fil d’actualité ou répondre à des commentaires en ligne, c’est piloter près de 400 millions d’euros de budget, encadrer plus de 2 500 agents municipaux, engager la responsabilité de la ville pour des décennies. »

    Et de préciser : « J’ai hâte de transformer l’essai et de concrétiser nos engagements avec un programme financé (…) Ensemble, nous allons continuer à bâtir une ville apaisée. Une ville sereine. »

    Et de balancer à l’occasion qu’« on ne gouverne pas en excitant les peurs. Et en désignant des boucs émissaires ». Et pour être plus claire encore : « Soyez-en sûrs : si Laure Lavalette prend Toulon, la ville sera divisée, fragmentée. » La maire sortante affirme qu’elle se battra au contraire pour rassembler. Puis de remuer un sentiment que nous sommes beaucoup dans la salle à avoir hélas éprouvé, elle lance : « Je ne veux pas, comme en 95, qu’on ait honte de dire : j’habite Toulon. »

    Des frémissements qui secouent comme un électrochoc pour ceux qui ont vécu le traumatisme du FN à la tête de la ville.

  • À Hyères, le tombolo symbole de l’union de la gauche

    À Hyères, le tombolo symbole de l’union de la gauche

    Pour sa première campagne municipale, Caroline Moulin peut compter sur le soutien d’une gauche varoise qui a tenté l’union tant que faire se pouvait. « On a cravaché pour rassembler », affirme Jean-Pierre Luquand, coanimateur des Écologistes du Var et candidat à Solliès-Pont. Car à onze jours des municipales, c’est une autre échéance électorale qui imprègne les esprits : « On veut une issue autre aux présidentielles que le pire qui peut arriver. On a besoin d’union, de se connaître, créer des solidarités. Et même si on n’est pas d’accord sur tout, certains enjeux dépassent nos différences. »

    En marge de son meeting de présentation de ses colistiers, et pour symboliser la représentativité des forces à ses côtés (PCF, LFI, REV, l’Après, Debout !, Génération.s), la tête de liste écologiste de Hyères, unie à gauche, était ainsi entourée de candidats des villes voisines qui, comme Jean-Pierre Luquand, ont répondu à l’appel donné sur la plage de l’Almanarre, un lieu qui n’a pas été choisi au hasard. « Ce site est emblématique avec ce tombolo ouest, ce bras de terre qui rejoint Giens, menacé par le dérèglement climatique », appuie Caroline Moulin. « On ne peut pas éternellement sauvegarder quelque chose sans étudier la faisabilité technique. »

    Des désaccords, mais un process démocratique

    Pour trouver des solutions, cette professeure de biologie promet des études et un référendum citoyen « pour savoir ce qu’on fait de cet élément difficile à entretenir, qui sert de desserte à la route de la Capte, via la route du Sel, et est saturé de voitures en été. » Et si les associations écologistes, du côté desquelles elle semble pencher, veulent en faire « un lieu réservé aux cyclistes et aux piétons » plutôt que créer « la digue en béton immergée proposée par le maire actuel », elle reconnaît que ses colistiers « ne sont pas tous d’accord entre eux », y compris sur les autres aspects liés à la préservation du tombolo (activités, biodiversité…).

    « Et le fait qu’il n’y ait pas d’accord est rassurant », veut croire Cyrielle Chatelain, présidente du groupe Écologiste et social à l’Assemblée nationale, présente à Hyères pour soutenir la candidate. « On est sur une liste de citoyens qui se mobilisent, qui peuvent avoir des avis différents mais proposent une méthode : plutôt qu’arriver avec une idéologie à appliquer coûte que coûte, ils ont l’écoute, la consultation, qui va se baser sur des faits et études scientifiques, puis la délibération. C’est un changement de méthode avant d’imposer des solutions. » Avec la démocratie comme juge de paix.