Tag: Municipales

  • Villeneuve-lès-Maguelone : une mairie à deux visages se met aux fourneaux

    Villeneuve-lès-Maguelone : une mairie à deux visages se met aux fourneaux

    Un brin de nouveauté règne dans la mairie de Villeneuve-lès-Maguelone, près de Montpellier. Si une nouvelle municipalité est aux commandes depuis la défaite de Véronique Négret (DVG) aux dernières municipales, le rôle d’édile ne sera pas assuré par un mais deux élus. En effet, Virginie Martos-Ferrara et Olivier Noguès (DVD) ont décidé de se partager la tâche et d’assurer le rôle de maire à deux. Une première dans l’Hérault. « Ce dispositif existe déjà en France mais ce sont des duos homme/homme. Un duo homme/femme, c’est plutôt inédit. On partage la gouvernance, les dossiers, les charges. Et si quelqu’un est absent en mairie, les habitants pourront toujours voir l’autre », détaille Olivier Noguès. Même le bureau est partagé.

    Partage des tâches

    Néanmoins, ce n’est pas la première expérience politique de ce duo qui travaille déjà depuis une dizaine d’années ensemble. « En 2014, nous étions élus dans la majorité avec, déjà, des délégations complémentaires et on travaillait ensemble. Ça s’est fait presque tout seul, naturellement », rembobine Virginie Martos-Ferrara. En 2020, le duo siège dans l’opposition avant de reprendre le flambeau pour la campagne municipale de 2026. Parvenu aux commandes, le duo sera-t-il toujours efficace, notamment dans la prise de décision ? « Ce qu’il y a de bien, c’est cette discussion que l’on a sur une prise de décision car on n’est pas seuls à prendre la responsabilité. Suite à l’échange, on prendra la meilleure décision. C’est un peu un contre-pouvoir qui est intéressant », soutient Olivier Noguès. « On a des différences mais on se ressemble. Parfois le ton monte, mais on arrive toujours à s’entendre », complète Virginie Martos-Ferrara.

    Le tandem met en avant cette option pouvant potentiellement résoudre la crise de vocation que connaissent nombre de communes rurales. « On aimerait faire reconnaître ce statut. Quand on voit le désengagement des élus dans les petites communes, ça peut être une alternative intéressante à étudier », insiste Olivier Noguès. Une piste de réflexion pour les 68 communes sans candidat pour les dernières municipales ?

  • Résister face à la guerre culturelle du RN

    Résister face à la guerre culturelle du RN

    « Nous lancerons un festival apolitique du film et du livre, développerons la feria et ferons revivre nos traditions comme la fête du cochon de dame Carcas. Nous n’avons pas de temps à perdre. » Mardi 5 mai, le nouveau maire RN de Carcassonne (Aude), Christophe Barthès, a présenté « ses projets en matière de culture et d’événementiel » et sa vision très particulière, à l’extrême droite toute.

    Les choix du maire de Carcassonne cochent en effet toutes les cases de la vision ethnocentriste et identitaire, pour ne pas dire fantasmée, de la culture par l’extrême droite. En creux mais le message est limpide, son projet de « festival apolitique du film » est une réponse directe au Festival du film politique organisé chaque année par l’association CinéBastide. Ses membres ont annoncé le 15 avril qu’ils ne demanderaient pas de subventions à la mairie (10 000 euros par an, environ 5 % du budget) et se passeraient du prêt des locaux. Un geste de résistance au cœur de la cité fortifiée (lire page 6). D’ailleurs, les priorités de Christophe Barthès sont ailleurs : « Plus de sécurité, plus de propreté, plus de proximité. »

    Au-delà des coupes budgétaires pour les associations qui ne sont pas à son goût, l’extrême droite impose sa vision de la culture. C’est le cas depuis 2014 à Béziers, dirigé par Robert Ménard, explique Richard Vassakos, historien et auteur de l’ouvrage La Croisade de Robert Ménard : Une bataille culturelle d’extrême droite (éditions Libertalia, 2021). « Sur le fond, [Robert Ménard] a une vision réactionnaire, une sorte de national-catholicisme qui s’inscrit dans la longue tradition de l’extrême droite depuis Charles Maurras. Ménard a des usages de l’Histoire qui sont problématiques et idéologiques » (lire page 7).

    Une orientation que l’on constate aussi à Beaucaire dans le Gard, dirigée aussi par l’extrême droite depuis 2014. Par exemple, « à Beaucaire, on met en place ces fêtes américaines pour effacer le 1er mai des calendriers », confirme Jean Vanhaute, président de l’institut d’histoire sociale de la CGT du Gard. (lire Page 7). Drapeaux US en place de la fête internationale des travailleurs !

    Le maire de Montpellier Michaël Delafosse (PS), fustige ces attaques de l’extrême droite. Pour lui, le « premier acte de l’extrême droite gagnant une mairie » c’est « massacrer la culture » a-t-il déclaré au moment de l’annulation du Festival Jazz à Vauvert par la nouvelle mairie RN. A contrario, il rappelle que « dans un contexte financier pourtant très contraint, – baisse des dotations de l’État, explosion des coûts de l’énergie, hausse des taux d’intérêt  nous avons décidé de sanctuariser les moyens dédiés à la culture. C’est un choix politique clair. Un acte de résistance face à la montée des forces réactionnaires à l’œuvre partout dans le monde » (lire aussi page 8) Outre le festival de jazz la municipalité RN de Nicolas Meizonnet aurait deux autres associations dans le collimateur : les avocats du Diable et Atout philo. Benjamin Rouvière, fondateur de cette dernière, a été convoqué par le maire mais n’a pas souhaité se rendre au rendez-vous (lire page 6). Des subventions sont drastiquement baissées.

    Mais le RN ne se contente pas de supprimer. Il investit aussi le terrain des récits. Identité, patrimoine, roman national, histoire locale : tout devient matière à conquête idéologique. « Ils pratiquent le retournement », analyse l’adjoint à la culture de Nîmes, Denis Lanoy, étonné d’entendre des élus d’extrême droite citer Gramsci ou Walter Benjamin. « Ils ont très bien lu les auteurs marxistes et ils essayent d’en tirer profit, mais pas du tout pour l’émancipation. Pour imposer un autre récit » (lire page 9). Le milliardaire Vincent Bolloré l’a bien compris. Pour l’éditrice gardoise Marion Mazauric, cette prédation dans le milieu de l’édition, « est avant tout la conséquence du manque de régulation de la concentration industrielle sur ce marché, mais c’est aussi la conséquence de l’arrivée d’industriels qui investissent désormais dans la production des idées, pour prendre le contrôle de la fabrique des opinions et de l’idéologie du pays ». (lire ci-contre).

    Le politologue Emmanuel Négrier insiste non pas tant sur les budgets que sur le contenu de la politique culturelle de l’extrême droite. « L’offre continue d’exister, elle n’est plus tout à fait la même, et effectivement les nostalgies coloniales, discours contre-révolutionnaires et récits révisionnistes y ont une place de choix, tandis que les projets d’action culturelle dans les quartiers populaires y sont châtiés » (lire page 9).

  • Une Quinzaine des Fiertés très engagée

    Une Quinzaine des Fiertés très engagée

    Si le Collectif Fiertés Toulon se dit « apartisan », ses « luttes restent politiques », martèle Elsa Nardini, sa porte-parole. Un constat particulièrement d’actualité au sortir d’élections municipales durant lesquelles il s’est ouvertement engagé et mobilisé. « On a eu peur pour l’avenir des marches. Mais on a encore beaucoup de droits à défendre », clame-t-elle.

    Car la montée en puissance de l’extrême droite, désormais à la tête de deux des cinq plus grandes villes varoises, et plus généralement des idées réactionnaires, est un état de fait. Ce qui fait craindre au Collectif un recul de ses libertés, comme en ont récemment témoigné l’annulation d’une exposition photo par la mairie de La Garde, ou encore les craintes de structures culturelles seynoises qui n’accueilleront pas certains événements par peur de se voir retirer leurs subventions. « On perd une visibilité importante », constate Elsa Nardini. Car si « la communauté est sous-représentée dans l’espace public, les jeunes LGBT viennent à manquer de modèles. »

    Un collectif de commerçants en soutien

    C’est pourquoi pour cette Quinzaine des Fiertés 2026, un mot d’ordre clair a été choisi : « Être soi-même est un droit, pas un privilège ». « Cette année, encore plus que les autres, nous voulons dire qu’on est là, pour que nos jeunes aient les possibilités culturelles de s’exprimer », appuie la porte-parole du collectif LGBT. Cette volonté de rappeler que « la marche des fiertés reste une révolte, une marche militante, même si on défile dans une ambiance festive » sera appuyée dès le 29 mai, pour le début de la quinzaine, par une exposition photo à l’Atelier l’Impression, retraçant les origines de la Pride. Ce même jour aura lieu la soirée d’ouverture, avec un grand concert place de l’Équerre. De nombreux événements rythmeront la quinzaine, entre soirées thématiques, drag shows, concerts, projections, spectacles, pièces de théâtre ou encore dépistages de MST gratuits.

    Cette année, pour la première fois, un collectif de 28 commerçants s’est formé pour soutenir l’événement. « Grâce à eux, on pouvait organiser la marche sans subvention, car on n’était pas sûr d’en avoir en début d’année selon les résultats des élections », salue Elsa Nardini. Ainsi, la librairie Charlemagne organisera, jusqu’au 11 juin, une vente de livres LGBT « que les gens pourront acheter et laisser en dons pour créer la bibliothèque du centre LGBT de Toulon », explique la militante.

    Enfin, le 13 juin marquera le point d’orgue de ces deux semaines, avec la traditionnelle Marche des Fiertés. Une quarantaine de partenaires, dont 22 stands associatifs, animeront le village des fiertés, installé place d’Armes. C’est d’ici que partira, à 17h, la marche, avec plus de 4 000 participants attendus. « C’est la plus grosse manifestation du département », se félicite Elsa Nardini. « Des personnes viennent de loin, dont des familles hétérosexuelles avec enfants. » Car, dans ce cortège, il est important « d’accueillir aussi nos alliés », souligne la porte-parole du collectif, qui espère que la maire Josée Massi sera présente pour répondre à l’engagement du collectif, en sa faveur, durant les élections.

    Programme : fiertés-toulon.fr

  • [1er-Mai] À Toulon, tous ensemble aussi contre les idées d’extrême droite

    [1er-Mai] À Toulon, tous ensemble aussi contre les idées d’extrême droite

    C’est devant le temple du syndicalisme que les Toulonnais ont commencé à se rassembler un peu avant 10h. Contents d’être à nouveau là, ensemble et debout contre l’adversité, pour la paix et les droits des travailleurs. Mais aussi pour s’opposer à tous ceux qui s’emploient à torpiller les conquis sociaux, comme en témoigne cette offensive des forces de la réaction contre cette journée de lutte et de revendication.

    « Cette année, le 1er-Mai a une saveur particulière, grâce à la mobilisation, nous avons fait reculer ceux qui voulaient nous voler cette journée », lance le secrétaire départemental de la FSU Alain Tournay. Une première victoire, poursuit le responsable syndical, « contre le patronat et les grands groupes soutenus par Gabriel Attal, la droite et l’extrême droite ». Mais pour autant, rien n’est joué, prévient-il. D’autres assauts vont devoir être repoussés.

    Le secrétaire de l’Union départementale CGT, Richard Roméo-Giberti, précise : « C’est aussi une journée de mobilisation et de lutte contre l’extrême droite qui progresse et qui prend des municipalités. Pour dire que non, ce n’est pas banal. On le voit d’ailleurs avec toutes les décisions qu’ils prennent, souvent contre la CGT d’ailleurs, comme à Carcassonne ou à Liévin. »

    « Une extrême droite qui cherche à diviser les travailleurs et les travailleuses », ajoute Pascal Brun (CGT), contrairement au « syndicalisme, lui internationaliste, qui prône la solidarité et lutte contre le racisme et la xénophobie ».

    « Notre 1er-Mai porte évidemment, en effet, toutes les valeurs antifascistes du mouvement ouvrier », confirme Olivier Rosay (Sud). « Et dans un contexte de racisme débridé porté par une partie, hélas, du patronat et de la classe politique qui se traduit par des agressions de militants et des dégradations de locaux syndicaux ou de partis politiques de gauche, il y a vraiment de quoi se mobiliser », ajoute-t-il.

    Plus loin dans le cortège, l’ancien conseiller municipal communiste de Toulon en Commun André de Ubeda, en appelle à un sursaut républicain : « Le symbole du 1er-Mai est particulièrement important cette année puisque l’oligarchie veut, tout aussi symboliquement, l’attaquer puis, comme toujours, le supprimer. Il est important aussi pour la bataille des idées contre les injustices sociales, et face au danger d’une extrême droite qui rêve d’Ancien Régime sous toutes ses formes, y compris les privilèges de la noblesse fût-elle des deux Siciles. »

    Dans sa prise de parole, l’intersyndicale rappelle que « le 1er-Mai, ce n’est pas juste une tradition mais une journée de lutte qui vient de loin, des combats du mouvement ouvrier, des conquêtes arrachées par la mobilisation, comme celle du Front populaire ». Et de poursuivre : « Nous affirmons une fois de plus notre volonté de ne pas laisser les puissants dicter notre avenir. Nous refusons d’être pris pour des sous-citoyens, nous refusons de laisser les riches se gaver sur notre dos pendant que les plus précaires souffrent. L’heure est à la mobilisation et à la lutte collective face à l’extrême droite qui se nourrit des crises. »

    Dans le cortège arrivé à présent à hauteur de la place de la Liberté Stéphane Sacco (GRS), élu à La Seyne, insiste : « La bataille politique doit se jouer d’abord sur le terrain des valeurs, celles du progrès et de la justice sociale, et cette journée est un repère, tout à la fois un héritage et un cap pour les combats à mener. »

    L’élu d’opposition « Alternative progressiste » dit la responsabilité de son groupe face à la majorité d’extrême droite, d’incarner une opposition lucide, déterminée, utile et vigilante face aux dérives, et toujours au service de l’intérêt général.

    Et de conclure : « Leur projet repose sur des réponses simplistes, nourries par les peurs et le repli sur soi, alors que nous, à l’inverse, nous portons une véritable ambition. »

    De quoi donner envie de se retrouver ensemble plus souvent sur le pavé du Port du Levant, plus nombreux, plus fort. Dans la cité « résistante » qui a à nouveau dit non au parti à la flamme.

    « Le syndicalisme, prône
    la solidarité et la lutte contre le racisme et la xénophobie »

  • Le budget de l’agglomération dignoise contesté mais adopté

    Le budget de l’agglomération dignoise contesté mais adopté

    « Aucune perspective », « absence de vision consolidée », « très fragile »… Des conseillers d’opposition ont fortement critiqué mercredi le budget présenté par la majorité du président de l’intercommunalité, le maire de Digne Julien di Benedetto (SE). « Gérer une collectivité, ce n’est pas juste équilibrer un budget, mais voter un cap, et ce cap n’est pas clair », a déploré Pascal Rovere, conseiller communautaire et municipal d’opposition à Digne-les-Bains. « On nous présente un budget prudent, mais nous, on voit un budget qui avance sans vraiment choisir. On a du mal à voir où on va. Plusieurs millions d’euros sont prévus en investissement sans qu’on sache exactement de quoi il s’agit », a-t-il lancé.

    « On n’a aucune visibilité sur ce que ces investissements vont financer. Le minimum, c’est de donner une visibilité aux nouveaux élus que nous sommes. Aujourd’hui, la façon dont cela nous a été présenté est très fragile », a martelé la conseillère (Ren.) Sandrine Cosserat, qui a demandé au président de reporter le vote de la partie investissement. Elle a par ailleurs déploré l’absence de plan pluriannuel d’investissement.

    « Un budget de début

    de mandat »

    « Si on était arrivés avec un plan pluriannuel d’investissement tout prêt, vous nous auriez dit que c’était antidémocratique. Si on était allés très vite, on n’aurait pas fait les choses correctement, vous nous l’auriez reproché et vous auriez eu raison », lui a répondu le président. « Il ne faut pas oublier que ce budget est un budget de début de mandat, donc il n’y a pas de miracles. Chaque chose en son temps », a-t-il ajouté. « Le recours à l’emprunt est en hausse, mais la capacité de désendettement est très favorable. Le taux d’endettement a permis d’envisager de beaux projets », a affirmé le vice-président délégué aux finances, Marc Bondil. Ce dernier a proposé de conserver les mêmes taux d’imposition que les années précédentes, ce qui a été adopté à 93,5% des votes. « On ne peut pas approuver des projets, puis venir contester les moyens de les financer », a de son côté défendu le vice-président Bruno Acciaï.

    Le budget a finalement été adopté avec 65 voix pour, 5 contre et 8 abstentions. « Il y a des défis immenses à relever. Nous devons donner l’image d’une agglomération forte qui va se battre pour exister et pour ses services publics », a lancé Julien di Benedetto.

    Les délégations des vice-présidents et des conseillers délégués ont également été attribuées à l’occasion de ce conseil. Le premier vice-président Philippe Bertrand sera ainsi délégué à l’aménagement du territoire, tandis que Lila Desjardins, septième vice-présidente et maire DVG de Peyruis, sera chargée du développement économique et numérique.

  • À la manœuvre, le RN a du mal à donner un véritable cap à la ville

    À la manœuvre, le RN a du mal à donner un véritable cap à la ville

    Aucune surprise dans le budget primitif présenté ce mardi étant donné la proximité du débat d’orientation budgétaire qui a eu lieu il y a quelques semaines à peine. L’opposition de gauche Alternative progressiste a tout de même essayé de lever quelques lièvres et rectifier des propos erronés énoncés par le maire d’extrême droite Dorian Munoz.

    Stéphane Sacco (GRS), a donc tenu, pour commencer, à apporter quelques éclaircissements, en rappelant que contrairement à ce qu’a affirmé lors des précédents conseils municipaux le premier magistrat, « le contexte budgétaire a profondément évolué, grâce notamment au travail engagé au cours des deux mandatures de gauche ». Et de préciser : « Aujourd’hui, la situation financière de la commune est nettement assainie : l’endettement représente environ 8,3 années, contre près de 100 ans en 2008. » Un horizon éclairci qui aurait dû permettre, selon lui, une politique d’investissement qui réponde aux besoins des habitants. Contrairement à celle timorée dans laquelle le Rassemblement national engage la deuxième ville du Var sous couvert de prudence contrainte.

    Budget de « transition »

    S’agissant du tissu associatif, interroge-t-il ensuite, « quels critères ont été retenus pour l’attribution ou l’évolution des subventions ? » La question étant de savoir si les associations de quartier, qui jouent un rôle essentiel de proximité vont être touchées par des amputations.

    Sur le fonctionnement global de la collectivité, le groupe Alternative progressiste a également souhaité connaître précisément le nombre estimé de postes non remplacés et les conséquences concrètes de ces choix sur la qualité du service public rendu aux habitants.

    Et puis connaissant le climatoscepticisme de l’extrême droite, Stéphane Sacco a demandé malicieusement quelle part réelle de ce budget est consacrée à la transition écologique ?

    Pour le chef de file de l’opposition de gauche, « ce budget montre une ambition limitée ». Et de conclure : « Il faut investir en faisant les bons choix avec une véritable vision d’avenir. »

    Le maire a répondu très sobrement que concernant les associations, la Ville est dans la continuité. « Mais comme c’est de l’argent public, on va contrôler, on va vérifier que l’argent public est bien utilisé. Pour quoi ? quand ? et pour qui ? », a-t-il précisé.

    Concernant la transition écologique, Dorian Munoz a mis en avant les 500 000 euros pour désimperméabiliser des cours d’école.

    Sinon, sur le peu d’empressement à adopter un nouveau cap pour la Ville, ce budget étant peu ou prou celui de l’équipe précédente : « C’est une question de prudence », répondra-t-il.

    Son adjointe aux finances Isabelle Delyon préfère parler, elle, d’« un budget de transition ». Pas pour autant écologique, malheureusement.

  • [Entretien] Hélène di Vita-Danchesi : « Rétablir une mixité des offres d’habitat à Aubagne »

    [Entretien] Hélène di Vita-Danchesi : « Rétablir une mixité des offres d’habitat à Aubagne »

    La Marseillaise : Vous êtes encore en plein diagnostic de la crise du logement à Aubagne. Qu’en est-il ?

    Hélène di Vita-Danchesi : En 2025, sur les 11 425 demandes de logement social, seulement 222 ont fait suite. Cela correspond à un taux de 1,94% d’attributions. C’est une goutte d’eau dans les besoins d’habitation à Aubagne. Les demandes augmentent, alors même que l’on constate une diminution des offres entre 2023 et 2025. Freiner la production des logements sociaux au profit de la construction de logements privés dans la commune était une volonté politique, portée par la précédente municipalité, que nous ne partageons pas. Ainsi, nous prévoyons de rétablir une mixité dans les offres d’habitat à Aubagne. Nous allons aussi nous concentrer sur certains logements du centre-ville, là où de nombreux locataires vivent dans des appartements dégradés, négligés par leurs propriétaires.

    Comment comptez-vous agir ?

    H.V.-D. : Nous nous opposerons à la vente, et à la privatisation des logements sociaux. À ce sujet, nous avons prévu de rencontrer prochainement les bailleurs sociaux afin d’en discuter ainsi qu’évoquer les projets à venir face à cette demande croissante. Par ailleurs, nous mettrons en place plusieurs dispositifs pour permettre à tous les ménages d’accéder à des logements dignes. Nous voulons instaurer le permis de louer et l’encadrement des loyers. Le propriétaire privé qui mettra en location un logement devra le signaler à un service qui vérifiera l’état du bien avant de le proposer sur le marché. Sans oublier un programme de rénovation urbaine. Actuellement, dans le vieux Aubagne, 28 procédures de sécurité sont lancées sur des appartements qui se dégradent. Nous avons lancé une étude et programmerons les opérations nécessaires quant à la rénovation des habitats. Évidemment, le tout en conservant l’identité provençale d’Aubagne, particulièrement importante pour le maire.

    Nicolas Isnard, maire de Salon-de-Provence est arrivé, mardi 7 avril,
    à la tête de la Métropole Aix-Marseille-Provence. Qu’attendez-vous des six années d’action à venir sur le territoire
     ?

    H.V.-D. : La Métropole a son rôle à jouer au niveau des communes autour d’Aubagne, qui ne respectent pas les nombres de logements sociaux légaux, et préfèrent payer des amendes plutôt que de respecter les taux requis. Je pense notamment aux 11 communes du Pays d’Aubagne qui ont reçu des pénalités financières cette année encore. Plus de 600 logements manquants à Auriol et Roquevaire, près de 300 à Roquefort-la-Bédoule. C’est une situation qui doit faire partie des priorités de la Métropole. Nous espérons une politique locale, qui s’adresse à tous les habitants, et ne laisse personne à l’écart, avec notamment un soutien de tous les maires quant à la gratuité des transports dans la région.

    Quelles sont vos autres priorités
    de mandat, notamment sur l’action sociale
     ?

    H.V.-D. : Nous récupérons une ville après 12 ans de politique municipale qui ne partage pas les mêmes priorités que nous. Sur l’action sociale, nous sommes en plein constat. Nous n’avons pas encore le recul nécessaire pour enclencher des projets, mais sommes déjà conscients que certains dispositifs sont à améliorer, comme le budget du CCAS. Je me suis rendue, la semaine dernière, à l’épicerie sociale. Une trentaine de personnes dans le besoin la fréquentent chaque semaine. L’une des premières étapes pourrait être de trouver davantage de donateurs alimentaires.

    Entretien réalisé par Calypso Sadousty

  • À Digne-les-Bains, le maire fait voter un budget qui n’est « pas le sien »

    À Digne-les-Bains, le maire fait voter un budget qui n’est « pas le sien »

    « On a dû assumer un budget qui n’est pas le nôtre », a répondu le nouveau maire (SE) de Digne-les-Bains à l’opposition qui l’interrogeait sur « le manque de vision politique » du budget mis au vote par ses soins. Le budget voté « reflète la reconduction technique de ce qu’il faut pour que la commune vive », a précisé Julien di Benedetto, affirmant que le budget 2027 « sera le premier vrai budget » de sa municipalité.

    Le nouveau maire a par ailleurs alerté sur la situation financière difficile de la ville préfecture. « La commune ne va pas se désendetter », « nos marges de manœuvre sont nulles », a-t-il prévenu. Il a ainsi dit miser sur les subventions, notamment de l’État, pour réussir à mener des projets pour la commune. Julien di Benedetto a par ailleurs annoncé sa volonté de candidater à la présidence du conseil de surveillance de l’hôpital de Digne, qui vient de subir une réorganisation, alors que les médecins se font rares dans le département et que les difficultés de recrutement sont importantes.

    Un nouvel organigramme

    Le maire a également fait voter une augmentation des subventions à l’association de commerçants Cœur de ville, « parfaitement assumée ». « La commune compte sur eux et ils peuvent compter sur la commune », a affirmé Julien di Benedetto.

    Le nouveau maire a par ailleurs proposé au conseil municipal la création d’un poste de collaborateur de cabinet, ce que l’opposition a déploré. « Nous ne pouvons comprendre la logique de création de ce poste », a lancé Nadia Tsalamlal. « Dans le contexte des contraintes financières importantes, ça va être difficile », a abondé Marie-Claude Paire. Le maire a défendu un « collaborateur essentiel du maire et du conseil municipal », « indispensable pour fonctionner correctement ». « Il y a des économies à faire sur d’autres postes », a-t-il ajouté, précisant que son équipe travaillait sur « un nouvel organigramme ». Le maire de Digne a par ailleurs tenu sa promesse de ne pas augmenter le taux de fiscalité en 2026, et a promis de le faire baisser à partir de 2029.

    L’opposition s’est plainte de ne pas être suffisamment représentée dans les commissions. Le maire leur a répondu que la majorité était largement représentée car « les commissions correspondaient aux délégations des adjoints ». Julien di Benedetto a par ailleurs annoncé « le passage à deux heures de stationnement gratuit dans les parkings de la commune, effectif dès le 1er juillet ».

  • À Istres, l’opposition à Robin Prétot se structure pour le mandat

    À Istres, l’opposition à Robin Prétot se structure pour le mandat

    « Nous ne serons pas une opposition de principe, ni de co-construction », affirmait Patrick Grimaldi (PCF) lors d’une réunion de travail, mardi 21 avril, à laquelle La Marseillaise était conviée. Un mois après la victoire de leur adversaire (LR) Robin Prétot, devenu maire d’Istres, les élus de l’ancien maire François Bernardini (DVG), passés dans l’opposition, sont au travail.

    Une équipe « renouvelée » composée de « sept personnes qui travaillent, analysent, réfléchissent » avec pour « objectif de défendre le modèle istréen », comme l’illustre Patrick Grimaldi (PCF), expert de l’industrie de l’ancienne majorité et conseiller métropolitain.

    Les services publics

    en ligne rouge

    Le dialogue avec le nouvel édile est apaisé. « Robin Prétot nous a reçus avec les autres groupes lundi 20 avril. Nous voulons travailler avec lui », affirme Suzelle Ayot (ex-LR), également 2e vice-présidente de la Région Sud. « On n’est pas là pour tendre des pièges », abonde David Gibaud (PCF).

    « Plus que de la bonne foi, c’est de l’intelligence pour le territoire » que revendique Patrick Grimaldi, mais avec une ligne rouge : « La défense des services publics, au cœur de notre action. On ne sera jamais d’accord avec leur réduction ou suppression », souligne l’élu. Cette vigilance s’exerce notamment à la lumière de la crise de la régie Nexus, la maison du numérique récréatif, soulevée lors du conseil municipal du 10 avril. La structure affiche un déficit de 254 000 euros pour l’année 2025. « Nous avions pris la mesure de la situation », affirme Suzelle Ayot. La nouvelle majorité avance sur une ligne de crête, entre rigueur budgétaire -pointant une trop grosse masse salariale-, et volonté de « trouver une solution pour les gens qui travaillent », selon le maire, lors du conseil.

    Sur le volet social, Patrick Grimaldi rappelle avoir travaillé, en tant qu’adjoint au numérique lors du dernier mandat, à « une solution douce » : reconvertir l’espace et les personnels en une « maison de l’inclusion numérique sur le modèle des Espaces publics numériques de Martigues », ouverte aux jeunes et adultes. « Créer une boîte mail, paramétrer son ordinateur, faire de la musique… Il est possible de s’accorder avec l’éducation nationale et d’attirer du monde. »

    Mais l’inquiétude persiste. « Le maire se retrouve avec du personnel dont il ne sait pas quoi faire », faute de projet de reconversion. « On s’attend à une boucherie », ose Patrick Grimaldi, tout en se disant prêt à « lui donner mon projet pour Nexus ». « On ne s’affole pas, mais on s’inquiète quand on parle de réduire le train de vie de la mairie de 30% et réduire les charges », illustre David Gibaud. « Il a dit qu’il ne déchirerait pas la page, laissons-lui le bénéfice du doute », conclut Suzelle Ayot.

  • Montpellier, une hausse d’impôts à la Métropole ?

    Montpellier, une hausse d’impôts à la Métropole ?

    Dix jours après le débat d’orientation budgétaire (DOB) de la Ville de Montpellier, place à celui de la Métropole, ce 21 avril, pour les 102 élus communautaires. Dans un contexte budgétaire dégradé, le vice-président délégué aux Finances a annoncé la couleur. « La situation financière des collectivités n’est pas facile, ici comme ailleurs. Cela nous impose une gestion extrêmement précise et rigoureuse pour que chaque euro dépensé le soit utilement », fait valoir Renaud Calvat, également maire PS de Jacou.

    En effet, la collectivité socialiste va devoir composer avec moins de recettes de l’État, notamment via la Dotation globale de fonctionnement (DGF). « Depuis 12 ans, nous sommes la métropole qui touche la DGF par habitant la plus basse de France. Par exemple, Lille touche 167 euros tandis que nous en avons 85. Nous ne demandons pas d’être au même niveau, mais d’avoir la même moyenne nationale, ce qui nous permettrait de récupérer 20 millions d’euros », précise Renaud Calvat. Le président Michaël Delafosse ira d’ailleurs à Paris le 4 mai afin de négocier avec Bercy à ce sujet. Autre difficulté, l’augmentation des ponctions de l’État de 12,4 millions d’euros.

    Le budget prévisionnel de 2026 est donc moins ambitieux que celui de la précédente mandature. Notamment en termes de dépenses d’équipement, revues à la baisse. « Entre 2020 et 2024, le budget équipement dépassait les 400 millions d’euros. Ça, c’est fini, notamment car une grande partie des travaux a été réalisée. Nous mettrons 371 millions d’euros, ce qui permettra de financer la fin de la ligne 5, le début des bustrams, l’achat de matériel, etc. 30 millions seront investis sur l’espace public et la voirie [dans le cadre du plan de marchabilité, Ndlr] », énumère Renaud Calvat. Les recettes de fonctionnement envisagées progressent de 7% pour s’établir à 813 millions d’euros, tout comme les dépenses, qui elles, augmentent de 5% (709 millions d’euros). Des orientations qui ne convainquent pas l’opposition. « Dans ce contexte de crise, on attend des orientations pour les régies publiques de manière à garantir les services publics communaux pour couvrir les besoins essentiels de l’existence, d’engager la planification écologique en refusant notamment d’accorder des permis pour des activités polluantes », soutient Nathalie Oziol, élue LFI.

    Cruel dilemme

    Toute la question pour la majorité est de savoir comment maintenir le même niveau de services publics dans l’une des métropoles les plus intégrées de l’Hexagone, possédant notamment 15 médiathèques et autant de piscines « Nous dépensons 1 055 euros par an et par habitant alors que la moyenne des métropoles s’élève à 595 euros », poursuit Renaud Calvat. Deux pistes de réflexion sont envisagées. Tout d’abord, une baisse des investissements. « Notre trajectoire est celle d’être une Métropole qui investit 200 millions d’euros pour financer les projets », promet Michaël Delafosse. Ce qui permettra de baisser le niveau de la dette. Surtout, le socialiste prévoit d’augmenter la fiscalité foncière intercommunale, qui devrait passer de 0,16 à 5,8%. « Il y a trois choix. Soit on demande un effort aux communes, certaines seraient dans des situations compliquées, ce que nous refusons au nom de la solidarité. Soit on ferme des services publics, s’il y a des volontaires, qu’ils lèvent le doigt », développe Michaël Delafosse. Reste donc, selon le président, la hausse d’impôt intercommunal. Le vote est prévu le 28 avril.