Tag: Municipales

  • [1er-Mai] À Toulon, tous ensemble aussi contre les idées d’extrême droite

    [1er-Mai] À Toulon, tous ensemble aussi contre les idées d’extrême droite

    C’est devant le temple du syndicalisme que les Toulonnais ont commencé à se rassembler un peu avant 10h. Contents d’être à nouveau là, ensemble et debout contre l’adversité, pour la paix et les droits des travailleurs. Mais aussi pour s’opposer à tous ceux qui s’emploient à torpiller les conquis sociaux, comme en témoigne cette offensive des forces de la réaction contre cette journée de lutte et de revendication.

    « Cette année, le 1er-Mai a une saveur particulière, grâce à la mobilisation, nous avons fait reculer ceux qui voulaient nous voler cette journée », lance le secrétaire départemental de la FSU Alain Tournay. Une première victoire, poursuit le responsable syndical, « contre le patronat et les grands groupes soutenus par Gabriel Attal, la droite et l’extrême droite ». Mais pour autant, rien n’est joué, prévient-il. D’autres assauts vont devoir être repoussés.

    Le secrétaire de l’Union départementale CGT, Richard Roméo-Giberti, précise : « C’est aussi une journée de mobilisation et de lutte contre l’extrême droite qui progresse et qui prend des municipalités. Pour dire que non, ce n’est pas banal. On le voit d’ailleurs avec toutes les décisions qu’ils prennent, souvent contre la CGT d’ailleurs, comme à Carcassonne ou à Liévin. »

    « Une extrême droite qui cherche à diviser les travailleurs et les travailleuses », ajoute Pascal Brun (CGT), contrairement au « syndicalisme, lui internationaliste, qui prône la solidarité et lutte contre le racisme et la xénophobie ».

    « Notre 1er-Mai porte évidemment, en effet, toutes les valeurs antifascistes du mouvement ouvrier », confirme Olivier Rosay (Sud). « Et dans un contexte de racisme débridé porté par une partie, hélas, du patronat et de la classe politique qui se traduit par des agressions de militants et des dégradations de locaux syndicaux ou de partis politiques de gauche, il y a vraiment de quoi se mobiliser », ajoute-t-il.

    Plus loin dans le cortège, l’ancien conseiller municipal communiste de Toulon en Commun André de Ubeda, en appelle à un sursaut républicain : « Le symbole du 1er-Mai est particulièrement important cette année puisque l’oligarchie veut, tout aussi symboliquement, l’attaquer puis, comme toujours, le supprimer. Il est important aussi pour la bataille des idées contre les injustices sociales, et face au danger d’une extrême droite qui rêve d’Ancien Régime sous toutes ses formes, y compris les privilèges de la noblesse fût-elle des deux Siciles. »

    Dans sa prise de parole, l’intersyndicale rappelle que « le 1er-Mai, ce n’est pas juste une tradition mais une journée de lutte qui vient de loin, des combats du mouvement ouvrier, des conquêtes arrachées par la mobilisation, comme celle du Front populaire ». Et de poursuivre : « Nous affirmons une fois de plus notre volonté de ne pas laisser les puissants dicter notre avenir. Nous refusons d’être pris pour des sous-citoyens, nous refusons de laisser les riches se gaver sur notre dos pendant que les plus précaires souffrent. L’heure est à la mobilisation et à la lutte collective face à l’extrême droite qui se nourrit des crises. »

    Dans le cortège arrivé à présent à hauteur de la place de la Liberté Stéphane Sacco (GRS), élu à La Seyne, insiste : « La bataille politique doit se jouer d’abord sur le terrain des valeurs, celles du progrès et de la justice sociale, et cette journée est un repère, tout à la fois un héritage et un cap pour les combats à mener. »

    L’élu d’opposition « Alternative progressiste » dit la responsabilité de son groupe face à la majorité d’extrême droite, d’incarner une opposition lucide, déterminée, utile et vigilante face aux dérives, et toujours au service de l’intérêt général.

    Et de conclure : « Leur projet repose sur des réponses simplistes, nourries par les peurs et le repli sur soi, alors que nous, à l’inverse, nous portons une véritable ambition. »

    De quoi donner envie de se retrouver ensemble plus souvent sur le pavé du Port du Levant, plus nombreux, plus fort. Dans la cité « résistante » qui a à nouveau dit non au parti à la flamme.

    « Le syndicalisme, prône
    la solidarité et la lutte contre le racisme et la xénophobie »

  • Le budget de l’agglomération dignoise contesté mais adopté

    Le budget de l’agglomération dignoise contesté mais adopté

    « Aucune perspective », « absence de vision consolidée », « très fragile »… Des conseillers d’opposition ont fortement critiqué mercredi le budget présenté par la majorité du président de l’intercommunalité, le maire de Digne Julien di Benedetto (SE). « Gérer une collectivité, ce n’est pas juste équilibrer un budget, mais voter un cap, et ce cap n’est pas clair », a déploré Pascal Rovere, conseiller communautaire et municipal d’opposition à Digne-les-Bains. « On nous présente un budget prudent, mais nous, on voit un budget qui avance sans vraiment choisir. On a du mal à voir où on va. Plusieurs millions d’euros sont prévus en investissement sans qu’on sache exactement de quoi il s’agit », a-t-il lancé.

    « On n’a aucune visibilité sur ce que ces investissements vont financer. Le minimum, c’est de donner une visibilité aux nouveaux élus que nous sommes. Aujourd’hui, la façon dont cela nous a été présenté est très fragile », a martelé la conseillère (Ren.) Sandrine Cosserat, qui a demandé au président de reporter le vote de la partie investissement. Elle a par ailleurs déploré l’absence de plan pluriannuel d’investissement.

    « Un budget de début

    de mandat »

    « Si on était arrivés avec un plan pluriannuel d’investissement tout prêt, vous nous auriez dit que c’était antidémocratique. Si on était allés très vite, on n’aurait pas fait les choses correctement, vous nous l’auriez reproché et vous auriez eu raison », lui a répondu le président. « Il ne faut pas oublier que ce budget est un budget de début de mandat, donc il n’y a pas de miracles. Chaque chose en son temps », a-t-il ajouté. « Le recours à l’emprunt est en hausse, mais la capacité de désendettement est très favorable. Le taux d’endettement a permis d’envisager de beaux projets », a affirmé le vice-président délégué aux finances, Marc Bondil. Ce dernier a proposé de conserver les mêmes taux d’imposition que les années précédentes, ce qui a été adopté à 93,5% des votes. « On ne peut pas approuver des projets, puis venir contester les moyens de les financer », a de son côté défendu le vice-président Bruno Acciaï.

    Le budget a finalement été adopté avec 65 voix pour, 5 contre et 8 abstentions. « Il y a des défis immenses à relever. Nous devons donner l’image d’une agglomération forte qui va se battre pour exister et pour ses services publics », a lancé Julien di Benedetto.

    Les délégations des vice-présidents et des conseillers délégués ont également été attribuées à l’occasion de ce conseil. Le premier vice-président Philippe Bertrand sera ainsi délégué à l’aménagement du territoire, tandis que Lila Desjardins, septième vice-présidente et maire DVG de Peyruis, sera chargée du développement économique et numérique.

  • À la manœuvre, le RN a du mal à donner un véritable cap à la ville

    À la manœuvre, le RN a du mal à donner un véritable cap à la ville

    Aucune surprise dans le budget primitif présenté ce mardi étant donné la proximité du débat d’orientation budgétaire qui a eu lieu il y a quelques semaines à peine. L’opposition de gauche Alternative progressiste a tout de même essayé de lever quelques lièvres et rectifier des propos erronés énoncés par le maire d’extrême droite Dorian Munoz.

    Stéphane Sacco (GRS), a donc tenu, pour commencer, à apporter quelques éclaircissements, en rappelant que contrairement à ce qu’a affirmé lors des précédents conseils municipaux le premier magistrat, « le contexte budgétaire a profondément évolué, grâce notamment au travail engagé au cours des deux mandatures de gauche ». Et de préciser : « Aujourd’hui, la situation financière de la commune est nettement assainie : l’endettement représente environ 8,3 années, contre près de 100 ans en 2008. » Un horizon éclairci qui aurait dû permettre, selon lui, une politique d’investissement qui réponde aux besoins des habitants. Contrairement à celle timorée dans laquelle le Rassemblement national engage la deuxième ville du Var sous couvert de prudence contrainte.

    Budget de « transition »

    S’agissant du tissu associatif, interroge-t-il ensuite, « quels critères ont été retenus pour l’attribution ou l’évolution des subventions ? » La question étant de savoir si les associations de quartier, qui jouent un rôle essentiel de proximité vont être touchées par des amputations.

    Sur le fonctionnement global de la collectivité, le groupe Alternative progressiste a également souhaité connaître précisément le nombre estimé de postes non remplacés et les conséquences concrètes de ces choix sur la qualité du service public rendu aux habitants.

    Et puis connaissant le climatoscepticisme de l’extrême droite, Stéphane Sacco a demandé malicieusement quelle part réelle de ce budget est consacrée à la transition écologique ?

    Pour le chef de file de l’opposition de gauche, « ce budget montre une ambition limitée ». Et de conclure : « Il faut investir en faisant les bons choix avec une véritable vision d’avenir. »

    Le maire a répondu très sobrement que concernant les associations, la Ville est dans la continuité. « Mais comme c’est de l’argent public, on va contrôler, on va vérifier que l’argent public est bien utilisé. Pour quoi ? quand ? et pour qui ? », a-t-il précisé.

    Concernant la transition écologique, Dorian Munoz a mis en avant les 500 000 euros pour désimperméabiliser des cours d’école.

    Sinon, sur le peu d’empressement à adopter un nouveau cap pour la Ville, ce budget étant peu ou prou celui de l’équipe précédente : « C’est une question de prudence », répondra-t-il.

    Son adjointe aux finances Isabelle Delyon préfère parler, elle, d’« un budget de transition ». Pas pour autant écologique, malheureusement.

  • [Entretien] Hélène di Vita-Danchesi : « Rétablir une mixité des offres d’habitat à Aubagne »

    [Entretien] Hélène di Vita-Danchesi : « Rétablir une mixité des offres d’habitat à Aubagne »

    La Marseillaise : Vous êtes encore en plein diagnostic de la crise du logement à Aubagne. Qu’en est-il ?

    Hélène di Vita-Danchesi : En 2025, sur les 11 425 demandes de logement social, seulement 222 ont fait suite. Cela correspond à un taux de 1,94% d’attributions. C’est une goutte d’eau dans les besoins d’habitation à Aubagne. Les demandes augmentent, alors même que l’on constate une diminution des offres entre 2023 et 2025. Freiner la production des logements sociaux au profit de la construction de logements privés dans la commune était une volonté politique, portée par la précédente municipalité, que nous ne partageons pas. Ainsi, nous prévoyons de rétablir une mixité dans les offres d’habitat à Aubagne. Nous allons aussi nous concentrer sur certains logements du centre-ville, là où de nombreux locataires vivent dans des appartements dégradés, négligés par leurs propriétaires.

    Comment comptez-vous agir ?

    H.V.-D. : Nous nous opposerons à la vente, et à la privatisation des logements sociaux. À ce sujet, nous avons prévu de rencontrer prochainement les bailleurs sociaux afin d’en discuter ainsi qu’évoquer les projets à venir face à cette demande croissante. Par ailleurs, nous mettrons en place plusieurs dispositifs pour permettre à tous les ménages d’accéder à des logements dignes. Nous voulons instaurer le permis de louer et l’encadrement des loyers. Le propriétaire privé qui mettra en location un logement devra le signaler à un service qui vérifiera l’état du bien avant de le proposer sur le marché. Sans oublier un programme de rénovation urbaine. Actuellement, dans le vieux Aubagne, 28 procédures de sécurité sont lancées sur des appartements qui se dégradent. Nous avons lancé une étude et programmerons les opérations nécessaires quant à la rénovation des habitats. Évidemment, le tout en conservant l’identité provençale d’Aubagne, particulièrement importante pour le maire.

    Nicolas Isnard, maire de Salon-de-Provence est arrivé, mardi 7 avril,
    à la tête de la Métropole Aix-Marseille-Provence. Qu’attendez-vous des six années d’action à venir sur le territoire
     ?

    H.V.-D. : La Métropole a son rôle à jouer au niveau des communes autour d’Aubagne, qui ne respectent pas les nombres de logements sociaux légaux, et préfèrent payer des amendes plutôt que de respecter les taux requis. Je pense notamment aux 11 communes du Pays d’Aubagne qui ont reçu des pénalités financières cette année encore. Plus de 600 logements manquants à Auriol et Roquevaire, près de 300 à Roquefort-la-Bédoule. C’est une situation qui doit faire partie des priorités de la Métropole. Nous espérons une politique locale, qui s’adresse à tous les habitants, et ne laisse personne à l’écart, avec notamment un soutien de tous les maires quant à la gratuité des transports dans la région.

    Quelles sont vos autres priorités
    de mandat, notamment sur l’action sociale
     ?

    H.V.-D. : Nous récupérons une ville après 12 ans de politique municipale qui ne partage pas les mêmes priorités que nous. Sur l’action sociale, nous sommes en plein constat. Nous n’avons pas encore le recul nécessaire pour enclencher des projets, mais sommes déjà conscients que certains dispositifs sont à améliorer, comme le budget du CCAS. Je me suis rendue, la semaine dernière, à l’épicerie sociale. Une trentaine de personnes dans le besoin la fréquentent chaque semaine. L’une des premières étapes pourrait être de trouver davantage de donateurs alimentaires.

    Entretien réalisé par Calypso Sadousty

  • À Digne-les-Bains, le maire fait voter un budget qui n’est « pas le sien »

    À Digne-les-Bains, le maire fait voter un budget qui n’est « pas le sien »

    « On a dû assumer un budget qui n’est pas le nôtre », a répondu le nouveau maire (SE) de Digne-les-Bains à l’opposition qui l’interrogeait sur « le manque de vision politique » du budget mis au vote par ses soins. Le budget voté « reflète la reconduction technique de ce qu’il faut pour que la commune vive », a précisé Julien di Benedetto, affirmant que le budget 2027 « sera le premier vrai budget » de sa municipalité.

    Le nouveau maire a par ailleurs alerté sur la situation financière difficile de la ville préfecture. « La commune ne va pas se désendetter », « nos marges de manœuvre sont nulles », a-t-il prévenu. Il a ainsi dit miser sur les subventions, notamment de l’État, pour réussir à mener des projets pour la commune. Julien di Benedetto a par ailleurs annoncé sa volonté de candidater à la présidence du conseil de surveillance de l’hôpital de Digne, qui vient de subir une réorganisation, alors que les médecins se font rares dans le département et que les difficultés de recrutement sont importantes.

    Un nouvel organigramme

    Le maire a également fait voter une augmentation des subventions à l’association de commerçants Cœur de ville, « parfaitement assumée ». « La commune compte sur eux et ils peuvent compter sur la commune », a affirmé Julien di Benedetto.

    Le nouveau maire a par ailleurs proposé au conseil municipal la création d’un poste de collaborateur de cabinet, ce que l’opposition a déploré. « Nous ne pouvons comprendre la logique de création de ce poste », a lancé Nadia Tsalamlal. « Dans le contexte des contraintes financières importantes, ça va être difficile », a abondé Marie-Claude Paire. Le maire a défendu un « collaborateur essentiel du maire et du conseil municipal », « indispensable pour fonctionner correctement ». « Il y a des économies à faire sur d’autres postes », a-t-il ajouté, précisant que son équipe travaillait sur « un nouvel organigramme ». Le maire de Digne a par ailleurs tenu sa promesse de ne pas augmenter le taux de fiscalité en 2026, et a promis de le faire baisser à partir de 2029.

    L’opposition s’est plainte de ne pas être suffisamment représentée dans les commissions. Le maire leur a répondu que la majorité était largement représentée car « les commissions correspondaient aux délégations des adjoints ». Julien di Benedetto a par ailleurs annoncé « le passage à deux heures de stationnement gratuit dans les parkings de la commune, effectif dès le 1er juillet ».

  • À Istres, l’opposition à Robin Prétot se structure pour le mandat

    À Istres, l’opposition à Robin Prétot se structure pour le mandat

    « Nous ne serons pas une opposition de principe, ni de co-construction », affirmait Patrick Grimaldi (PCF) lors d’une réunion de travail, mardi 21 avril, à laquelle La Marseillaise était conviée. Un mois après la victoire de leur adversaire (LR) Robin Prétot, devenu maire d’Istres, les élus de l’ancien maire François Bernardini (DVG), passés dans l’opposition, sont au travail.

    Une équipe « renouvelée » composée de « sept personnes qui travaillent, analysent, réfléchissent » avec pour « objectif de défendre le modèle istréen », comme l’illustre Patrick Grimaldi (PCF), expert de l’industrie de l’ancienne majorité et conseiller métropolitain.

    Les services publics

    en ligne rouge

    Le dialogue avec le nouvel édile est apaisé. « Robin Prétot nous a reçus avec les autres groupes lundi 20 avril. Nous voulons travailler avec lui », affirme Suzelle Ayot (ex-LR), également 2e vice-présidente de la Région Sud. « On n’est pas là pour tendre des pièges », abonde David Gibaud (PCF).

    « Plus que de la bonne foi, c’est de l’intelligence pour le territoire » que revendique Patrick Grimaldi, mais avec une ligne rouge : « La défense des services publics, au cœur de notre action. On ne sera jamais d’accord avec leur réduction ou suppression », souligne l’élu. Cette vigilance s’exerce notamment à la lumière de la crise de la régie Nexus, la maison du numérique récréatif, soulevée lors du conseil municipal du 10 avril. La structure affiche un déficit de 254 000 euros pour l’année 2025. « Nous avions pris la mesure de la situation », affirme Suzelle Ayot. La nouvelle majorité avance sur une ligne de crête, entre rigueur budgétaire -pointant une trop grosse masse salariale-, et volonté de « trouver une solution pour les gens qui travaillent », selon le maire, lors du conseil.

    Sur le volet social, Patrick Grimaldi rappelle avoir travaillé, en tant qu’adjoint au numérique lors du dernier mandat, à « une solution douce » : reconvertir l’espace et les personnels en une « maison de l’inclusion numérique sur le modèle des Espaces publics numériques de Martigues », ouverte aux jeunes et adultes. « Créer une boîte mail, paramétrer son ordinateur, faire de la musique… Il est possible de s’accorder avec l’éducation nationale et d’attirer du monde. »

    Mais l’inquiétude persiste. « Le maire se retrouve avec du personnel dont il ne sait pas quoi faire », faute de projet de reconversion. « On s’attend à une boucherie », ose Patrick Grimaldi, tout en se disant prêt à « lui donner mon projet pour Nexus ». « On ne s’affole pas, mais on s’inquiète quand on parle de réduire le train de vie de la mairie de 30% et réduire les charges », illustre David Gibaud. « Il a dit qu’il ne déchirerait pas la page, laissons-lui le bénéfice du doute », conclut Suzelle Ayot.

  • Montpellier, une hausse d’impôts à la Métropole ?

    Montpellier, une hausse d’impôts à la Métropole ?

    Dix jours après le débat d’orientation budgétaire (DOB) de la Ville de Montpellier, place à celui de la Métropole, ce 21 avril, pour les 102 élus communautaires. Dans un contexte budgétaire dégradé, le vice-président délégué aux Finances a annoncé la couleur. « La situation financière des collectivités n’est pas facile, ici comme ailleurs. Cela nous impose une gestion extrêmement précise et rigoureuse pour que chaque euro dépensé le soit utilement », fait valoir Renaud Calvat, également maire PS de Jacou.

    En effet, la collectivité socialiste va devoir composer avec moins de recettes de l’État, notamment via la Dotation globale de fonctionnement (DGF). « Depuis 12 ans, nous sommes la métropole qui touche la DGF par habitant la plus basse de France. Par exemple, Lille touche 167 euros tandis que nous en avons 85. Nous ne demandons pas d’être au même niveau, mais d’avoir la même moyenne nationale, ce qui nous permettrait de récupérer 20 millions d’euros », précise Renaud Calvat. Le président Michaël Delafosse ira d’ailleurs à Paris le 4 mai afin de négocier avec Bercy à ce sujet. Autre difficulté, l’augmentation des ponctions de l’État de 12,4 millions d’euros.

    Le budget prévisionnel de 2026 est donc moins ambitieux que celui de la précédente mandature. Notamment en termes de dépenses d’équipement, revues à la baisse. « Entre 2020 et 2024, le budget équipement dépassait les 400 millions d’euros. Ça, c’est fini, notamment car une grande partie des travaux a été réalisée. Nous mettrons 371 millions d’euros, ce qui permettra de financer la fin de la ligne 5, le début des bustrams, l’achat de matériel, etc. 30 millions seront investis sur l’espace public et la voirie [dans le cadre du plan de marchabilité, Ndlr] », énumère Renaud Calvat. Les recettes de fonctionnement envisagées progressent de 7% pour s’établir à 813 millions d’euros, tout comme les dépenses, qui elles, augmentent de 5% (709 millions d’euros). Des orientations qui ne convainquent pas l’opposition. « Dans ce contexte de crise, on attend des orientations pour les régies publiques de manière à garantir les services publics communaux pour couvrir les besoins essentiels de l’existence, d’engager la planification écologique en refusant notamment d’accorder des permis pour des activités polluantes », soutient Nathalie Oziol, élue LFI.

    Cruel dilemme

    Toute la question pour la majorité est de savoir comment maintenir le même niveau de services publics dans l’une des métropoles les plus intégrées de l’Hexagone, possédant notamment 15 médiathèques et autant de piscines « Nous dépensons 1 055 euros par an et par habitant alors que la moyenne des métropoles s’élève à 595 euros », poursuit Renaud Calvat. Deux pistes de réflexion sont envisagées. Tout d’abord, une baisse des investissements. « Notre trajectoire est celle d’être une Métropole qui investit 200 millions d’euros pour financer les projets », promet Michaël Delafosse. Ce qui permettra de baisser le niveau de la dette. Surtout, le socialiste prévoit d’augmenter la fiscalité foncière intercommunale, qui devrait passer de 0,16 à 5,8%. « Il y a trois choix. Soit on demande un effort aux communes, certaines seraient dans des situations compliquées, ce que nous refusons au nom de la solidarité. Soit on ferme des services publics, s’il y a des volontaires, qu’ils lèvent le doigt », développe Michaël Delafosse. Reste donc, selon le président, la hausse d’impôt intercommunal. Le vote est prévu le 28 avril.

  • [Entretien] Joël Bonnafoux : « Les JO sont une opportunité, mais il ne faut pas faire n’importe quoi »

    [Entretien] Joël Bonnafoux : « Les JO sont une opportunité, mais il ne faut pas faire n’importe quoi »

    La Marseillaise : Vous avez été réélu pour la quatrième fois. Qu’avez-vous mis en place pour gagner cette confiance sur le long terme ?

    Joël Bonnafoux : Ça fait deux élections où je n’ai pas d’adversaire. Je suis élu à La Bâtie depuis 1983 ; j’ai d’abord été conseiller, puis adjoint, puis maire. Et ça fait trois mandats que je suis maire, j’attaque le quatrième. On a eu 55% de participation avec une seule liste. Il y a des endroits où, même avec plusieurs listes, ils n’ont pas 50%. On est satisfaits. En sachant que moi, sur La Bâtie, quand j’ai été élu la première fois, on était 800 habitants. À l’heure actuelle, on est 2 900. Pour ce qui est du cadre de vie de nos concitoyens depuis que je suis en place, j’ai obtenu qu’il y ait un collège à La Bâtie et l’agrandissement des écoles. On a fait aussi plusieurs équipements sportifs, la crèche, le centre de loisirs, la médiathèque et, dernièrement, la maison médicale avec la communauté de communes, dont je suis président aussi. Pour ce nouveau mandat, on réfléchit à repenser la mairie, où on est un peu à l’étroit maintenant. On va refaire le stade aussi, parce qu’on a un stade en stabilisé, en gravier ; on va en faire un en synthétique et refaire les deux courts de tennis qu’on avait supprimés aussi. Après, on va être sur la végétalisation dans le village ancien pour respirer un peu plus, végétaliser des places de parking dans le village et faire plus d’espaces verts.

    Plusieurs de vos pairs au département ont exprimé des inquiétudes quant à l’avancement des travaux liés aux JO à venir. Les partagez-vous ?

    J. B. : Du côté du département, il y a un axe majeur : c’est le rond-point qui va être aménagé à Montgardin. On est à la fois sur une nationale et une départementale. Mais c’est le département qui a la maîtrise d’œuvre, pas l’État. C’est un projet qui va être réalisé dans les deux ou trois ans. Pour ceux gérés par l’État, je vois que les mois avancent et qu’on n’a pas trop de décisions qui sont prises. Nous, le département, on agit quand c’est dans nos compétences, mais après, on se doit de tirer un peu l’oreille de l’État sur certains retards. Je pense à l’intervention de Michel Cannat, à la dernière séance du conseil, à propos du pont de Savines-le-Lac, qui ne supporte pas un certain tonnage, ce qui pose quand même problème en vue des chantiers à venir.

    Ces Jeux représentent un bel événement, mais ils suscitent aussi une certaine appréhension chez les élus chargés de les organiser ?

    J. B. : Je pense que les JO, c’est une opportunité, mais il ne faut pas faire n’importe quoi non plus. En sachant qu’il y a quand même bagarre avec les Alpes du Nord. On a obtenu quelque chose dans le Sud pour une fois, et les Alpes du Nord auraient bien voulu tout récupérer. Je ne sais pas du tout où on en est à l’heure actuelle au sujet de certaines décisions, ce qui va être fait par rapport à la patinoire à Nice. J’ai peur que tout soit remis en question et aille finalement sur Lyon. Et puis, à Nice, le changement de la municipalité ajoute de l’incertitude, sans compter les changements à venir à la Région aussi… Tout ça, c’est un peu inquiétant pour les prises de décision à venir, ça peut remettre des choses en question.

    Il y a aussi des craintes que les Jeux laissent d’importantes charges financières aux collectivités locales ?

    J. B. : Ça, il faut l’entendre aussi. Il ne faut pas qu’on fasse n’importe quoi non plus, c’est clair. Ce sont des financements d’État ; il y a une petite participation du Département, d’accord, mais il ne faut pas que ce soit le Département qui en subisse les conséquences, comme ça avait été le cas pour Grenoble après les Jeux de 1968. Après, quand ça amène des aménagements, comme à Montgardin, c’est bien aussi.

    Concernant les Jeux, vous faites partie des élus qui alertent sur le fait que, malgré la modernisation des voies ferrées, certaines communes ne bénéficieront pas du retour du train.

    J. B. : C’est difficile d’être entendu à ce niveau. Le train, on demandait simplement des arrêts, on ne demandait pas l’ouverture de la gare, qui est en piteux état. On voudrait l’acquérir, d’ailleurs, mais la SNCF ne souhaite pas vendre pour l’instant. Moi, j’ai les lycéens qui vont sur Embrun et qui prennent le train à Chorges le matin, donc je ne vois pas où est l’économie. C’est une compétence de la Région. Il y a six ans, on nous avait promis des trains pendulaires entre Embrun et Gap, mais il n’y a toujours rien. Il y a des promesses électorales… Mais celui qui a les données là-dessus, c’est le vice-président de Région chargé des transports.

    En tant qu’élu de longue date sur le territoire, comment avez-vous accueilli l’annonce de la candidature du président de Région, Renaud Muselier, aux élections sénatoriales ?

    J. B : J’ai trouvé cela regrettable, finalement. Parce que, pour moi, c’était quelqu’un de dialogue. Malgré le fait qu’on ne partageait pas toujours les mêmes opinions politiques, c’était quelqu’un qui était à l’écoute, abordable. Il y a le côté humain de la personne et ça, j’apprécie beaucoup. Je n’ai pas forcément les mêmes orientations politiques que lui, mais on pouvait passer outre et discuter.

  • Les délégations des élus sisteronais dévoilées

    Les délégations des élus sisteronais dévoilées

    Sports, vie associative, écoles, travaux… Les délégations des adjoints et des conseillers municipaux de la majorité, à Sisteron, ont été annoncées par la mairie, mercredi. Le premier adjoint Sylvain Jaffre sera ainsi en charge des sports et de la vie associative, tandis que la deuxième adjointe Stéphanie Sebani s’occupera des écoles, de la cuisine centrale et des garderies.

    Le troisième adjoint, Franck Perard, est désormais délégué aux travaux, à l’eau, l’assainissement, l’aménagement du territoire, la propreté urbaine et la coordination des services techniques. Nicole Peloux, quatrième adjointe, sera elle en charge de la culture, du patrimoine et des forêts. L’urbanisme, le logement, l’environnement et l’économie verte seront gérés par le cinquième adjoint, Jean-Louis Clément.

    Tous les conseillers

    de la majorité délégués

    La sixième adjointe, Djamila Girard Belhaoues, s’occupera des finances et du foncier, tandis que Christian Gallo sera délégué à la sécurité publique locale, aux pompiers et aux commissions d’appels d’offres. La huitième adjointe a, elle, été chargée des affaires sociales, de la santé, des personnes âgées et de la protection animale.

    Le maire de Sisteron, Jean-Pierre Templier (DVD), a également donné des délégations aux treize conseillers municipaux de sa majorité : démocratie locale, transports, grands événements, outils numériques, tourisme, commerces, prévention des violences intrafamiliales, promotion de l’égalité homme femme, affaires militaires, devoir de mémoire, petite enfance, agriculture, handicap ou encore artisanat.

    Jean-Pierre Templier a pris la suite de l’historique maire de Sisteron depuis 1983, Daniel Spagnou (DVD), en mars.

  • [Entretien] Chantal Eyméoud : « Les JO sont une opportunité unique pour les Hautes-Alpes »

    [Entretien] Chantal Eyméoud : « Les JO sont une opportunité unique pour les Hautes-Alpes »

    La Marseillaise : Vous avez
    été confortablement reconduite à la tête d’Embrun et de la communauté de communes
    de Serre-Ponçon. Qu’est-ce qui, dans votre bilan et vos propositions, a selon vous convaincu les électeurs
     ?

    Chantal Eymeoud : Nous avons obtenu 74% des voix, ce qui est, pour un cinquième mandat que je briguais, une véritable reconnaissance de la part des Embrunaises et des Embrunais, à mon égard et à l’égard de la liste que je conduisais. On est honorés et fiers aussi de ce beau résultat, surtout quand le dégagisme était un peu le leitmotiv de la liste que nous avions en face. Depuis 2001, je suis réélue au premier tour systématiquement et je pense que le lien de simplicité et de réactivité avec les concitoyens que je pratique à Embrun, depuis le début, a fait beaucoup. Ensuite, vient la trajectoire que nous avons engagée depuis plusieurs années avec la mise en valeur des bâtiments culturels et cultuels, la politique du logement et la construction de logements pour tous, y compris social, et la lutte contre la vacance des logements. Et il y a tout le volet autour de la protection de l’environnement, du développement des voies douces, notamment du vélo, des sentiers pédestres, entre la ville et les quartiers.

    On a également mis en place une navette gratuite qui passe dans tous les quartiers, plusieurs fois par jour, qui récupère nos habitants et les amène dans le centre-ville, de façon à leur éviter d’utiliser leur véhicule quand ils en ont. On a également poursuivi la mise en place d’une politique d’animation pour toutes les générations et pour tous les goûts, qui est essentiellement gratuite aussi. Ça participe aussi au bien vivre ensemble, faire en sorte que nos habitants puissent se rencontrer le plus souvent possible. J’ai par ailleurs considérablement renouvelé mon équipe municipale. La plus jeune a 20 ans, j’ai quatre jeunes de moins de 30 ans, et sept ou huit entre 30 et 40.

    L’arrivée des JO en 2030 est
    un moment historique pour le département. En tant que vice-présidente de Région, entendez-vous aussi les craintes liées à leur impact environnemental
    et aux surcoûts pour
    les collectivités ?

    C.E. : Je pense qu’il faut tout écouter et, ensuite, avoir la capacité à répondre aux inquiétudes. Concernant les Jeux olympiques, c’est, pour un département comme celui des Hautes-Alpes, une opportunité absolument unique en matière d’aménagement du territoire. Plus jamais on aura la possibilité d’injecter autant d’argent public, notamment de l’État et de la Région, un peu du Département, pour réaménager les routes, les calibrer à la hauteur de la fréquentation que l’on a en période touristique. C’est une opportunité historique aussi de pouvoir améliorer la voie ferrée, le cadencement des trains et d’avoir le maintien du train de nuit, puisque des millions d’euros vont être injectés pour la rénovation de la voie ferrée. Plus jamais on aura cette possibilité. Par ailleurs, c’est une chance de traduire concrètement les engagements politiques pris par la Région en matière de respect de l’environnement. D’ailleurs, l’État, le CIO et le Cojop nous imposent des normes assez strictes de respect de l’environnement : pas de destruction de forêt, utilisation des équipements déjà existants et réutilisation de ceux qui seront créés… Tout est fait dans une logique d’économie, de façon à ce que la question de l’héritage de l’événement ne soit pas négligée. Personne ne peut imaginer qu’on investisse des millions d’euros pour un mois seulement. De plus, la transition écologique est une réalité que l’on ne peut nier. Les Jeux sont aussi une opportunité pour penser la montagne de demain et lui permettre de négocier un virage vers la transition qu’on aurait eu, de toute façon, parce qu’on ne peut pas échapper à cette remise en question.

    Plusieurs communes restent sans arrêt de train ni guichet, malgré l’apport des JO, au grand dam des maires et des habitants. La Région compte-t-elle agir ?

    C.E. : Bien sûr. Je suis en contact avec tous les maires des Hautes-Alpes et j’entends leurs attentes, leur volonté que leurs communes ne soient pas oubliées des Jeux. Ça ne peut pas être les Jeux d’un seul secteur du territoire. Pour la réouverture de guichets dans certaines gares, moi, je dis « pourquoi pas ? » Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs, attendons, mais il faut l’envisager. Jean-Pierre Serrus, vice-président en charge des transports, est aujourd’hui même à Savines-le-Lac. Il rencontre le maire pour discuter de l’éventuelle ouverture de la gare de Savines qui, si elle devait être rouverte, serait couplée avec l’ouverture de la gare de la Bâtie-Neuve et d’autres dans le département. Il faut avoir une analyse globale. On ne peut pas s’engager directement en disant « oui, oui, on va le faire ». Il faut que ça corresponde à une réalité de la fréquentation du train et des arrêts dans ces gares et ne pas vouloir le faire à tout prix, parce que ça coûte. L’argent public est rare. Mais, si effectivement il y a, et il peut y avoir, un sujet, il faut être en capacité de l’anticiper et donc démarrer les échanges aujourd’hui avec les élus concernés.

    Quelle a été votre réaction à l’annonce de la candidature de Renaud Muselier aux élections sénatoriales, et au fait que François de Canson, maire (divers droite) de La Londe-les-Maures (Var), soit pressenti pour lui succéder à la tête de la Région ? Avez-vous, vous-même, envisagé cette fonction ?

    C.E. : Renaud Muselier a fait ce choix, on le respecte, et pour le reste, François de Canson s’est positionné. C’est un élu qui travaille, un maire vraiment au boulot aujourd’hui, qui est président de son intercommunalité, qui connaît bien le terrain, connaît bien la région. Je pense que les choses se dirigent dans ce sens. D’autres conseillers régionaux avec lesquels on est en contact ont une approche qui pourrait être similaire. Personnellement, Renaud Muselier ne m’a pas sollicité. Son choix s’est porté sur François de Canson, dont acte.