Tag: Municipales

  • À Fos, un macroniste au cabinet d’un maire d’extrême droite

    À Fos, un macroniste au cabinet d’un maire d’extrême droite

    « Recruter un collaborateur de cabinet n’est pas exceptionnel, tous les maires en ont », justifiait Philippe Maurizot, maire d’extrême droite de Fos-sur-Mer, au moment de voter la création du poste de directeur de cabinet au conseil municipal du jeudi 16 avril.

    Pas exceptionnel, à moins de se pencher sur le parcours politique de l’intéressé. Pierre Langeron-Saez fut collaborateur du député Modem Michel Fanget de début 2020 à fin 2022, et parallèlement candidat Modem aux départementales de 2021 à Clermont-Ferrand, soutenu par Gabriel Attal. Après six mois au cabinet d’Anne-Marie d’Estienne d’Orves, maire (DVD) de secteur à Marseille, puis collaborateur de la députée (Ren.) Laurence Heydel Grillere de 2023 à 2024, Pierre Langeron-Saez a terminé comme collaborateur d’Éliane Barreille, présidente LR du conseil départemental des Alpes-de-Haute-Provence jusqu’au 1er avril, après une éphémère apparition aux municipales avec le centriste Francis Kuhn à Digne-les-Bains (04).

    Un pedigree souligné par Philippe Maurizot lors du conseil municipal. « Nous avons pris la décision de n’embaucher que des gens brillants comme lui », insistait le nouvel édile.

    « La personne et le projet »

    « C’est un nouvel élan, une nouvelle dynamique, une nouvelle méthode » que défend Pierre Langeron-Saez, en poste depuis lundi. « Je me suis rapproché du maire autant pour la personne que pour le projet, c’est tout ce qui m’intéresse », réagit le directeur de cabinet de Philippe Maurizot à l’évocation de ce changement de bord. « Il faut sortir des aspects politico-politiques et se concentrer sur le projet », conclut-il à ce propos.

    Sollicitée, Éliane Barreille indique « ne pas souhaiter s’exprimer sur ce sujet ».

  • [Parole de maire] William Bouquet (Entraigues-sur-la-Sorgue) : « Maire, le plus beau des mandats car on touche la réalité »

    [Parole de maire] William Bouquet (Entraigues-sur-la-Sorgue) : « Maire, le plus beau des mandats car on touche la réalité »

    Un petit mois à peine après son élection à la tête de la commune du Grand Avignon de 9 000 habitants, le premier magistrat livre ses premières impressions et feuille de route pour assurer la relève de Guy Moureau (PCF), qui après 42 ans à la tête d’Entraigues ne se représentait pas.

    La Marseillaise : Commencez-vous à prendre la mesure de ce nouveau costume ?

    William Bouquet : Oui, j’ai fait déjà deux mandats en tant qu’adjoint, mais c’est vrai que le poste de maire, c’est une marche assez importante entre les deux. Là, j’ai encore mon activité de responsable de formation jusqu’à fin mai. Cela me prend un jour par semaine le temps d’accompagner jusqu’au diplôme. Donc à partir du 1er juin, je serai vraiment à 100% pour la commune. Le costume, on est vite obligé de l’endosser parce que les affaires et la vie ne laissent pas le temps à l’installation. Il faut prendre des décisions sur des choses assez importantes et rapidement, comme l’installation du conseil, les délégations des élus, les différentes commissions… Et les parapheurs [dont plusieurs sont posés sur son bureau], c’est le quotidien. C’est très important, parce que ça permet au maire d’être au courant de tout. Quand j’ai un doute, j’appelle la DGS [directrice générale des services] pour avoir des compléments d’information. J’ai la chance d’avoir des services qui sont réactifs. Je dois rencontrer cette semaine le préfet, j’ai déjà vu les sénateurs Jean-Baptiste Blanc (LR) et Lucien Stanzione (PS) mais également Olivier Galzi [maire DVD d’Avignon] dans le cadre du Grand Avignon.

    Avez-vous été surpris par un aspect du rôle de maire ?

    W.B. : Pour l’instant, non. Car j’avais de très bons contacts avec l’ancien maire, Guy Moureau. Il m’avait proposé de prendre la suite au niveau de la tête de liste, depuis 2022, donc j’avais une vue sur les dossiers importants et il m’avait familiarisé avec le fonctionnement de la mairie. J’avais participé au jury de recrutement de la nouvelle DGS qui vient d’arriver. Mais on passe au stade supérieur. Avant, j’étais plutôt sur l’enfance-jeunesse, sur le sport, moins sur le CCAS avec les demandes de personnes qui sont dans le besoin.

    Est-ce difficile de passer après Guy Moureau, quelle sera la patte Bouquet ?

    W.B. : Ah, c’est sûr qu’il y a un historique ! Que je ne rattraperai pas car je ne serai pas maire pendant 42 ans (rires). Un des avantages que j’ai, c’est que je suis un enfant du village. Donc les gens me connaissaient d’avant, m’ont connu dans mon rôle d’adjoint. La transition s’est fait plus naturellement que quelqu’un qui n’est pas connu. Pendant la campagne, il a été à nos côtés pour vraiment dire qu’on était sur une continuité de l’existant. Souvent, ce qu’on me dit, c’est que j’ai une plus grande écoute que lui-même si je n’ai jamais eu ce problème avec lui. En tant que formateur et avant directeur d’une plateforme logistique, l’écoute et le management issus de ma vie professionnelle m’aident dans cette prise de poste. Ma patte sur les projets sera davantage sur la partie environnement et surtout énergie renouvelable, c’est là où on pèche un petit peu. Mais on ne lâchera pas le social, on va faire le maximum pour aider les gens qui ont des problèmes.

    Vous parliez du préfet. De quoi allez-vous lui parler en priorité ?

    W.B. : Il veut recevoir tous les nouveaux maires. Aujourd’hui, on a deux dossiers qui nous sont chers : un, qui est tombé la semaine dernière, celui d’une fermeture d’une classe en maternelle. On a déjà fait un courrier à l’inspection académique. Et l’autre, c’est au niveau de la gendarmerie, avec la création du centre pénitentiaire. Le sénateur Blanc a rencontré le directeur de cabinet de M. Lecornu. On avait neuf gendarmes en 1984, alors qu’on était à 4 500, 5 000 habitants. Aujourd’hui, on a toujours neuf gendarmes, pour 9 000 personnes avec une coopération entre Pernes-les-Fontaines et Entraigues et le commandement est à Pernes. Nous demandons à ce que le commandement puisse être ici, en même temps que des renforts qui ne seront pas de trop avec l’ouverture du centre pénitentiaire d’ici à au 1er décembre a priori. D’après le préfet, les futurs détenus seront tous en fin de peine et réinsérables.

    Lors de votre discours d’installation, vous disiez que « être maire, c’est le plus beau des mandats ». Pourquoi ?

    W.B. : Le plus beau est le plus dangereux. Guy Moureau disait souvent que « le maire c’est le seul élu à portée de baffe ». Et c’est peut-être pour ça que c’est beau. Dans le sens où on est là pour résoudre les problèmes, trouver des solutions, et quand on y parvient, les gens sont contents et reconnaissants. C’est le mandat de la proximité, de l’action concrète, des réalisations visibles, utiles. On touche la réalité. C’est aussi le mandat du lien, qui fait la force et l’âme de notre commune. On voit les décisions qu’on prend. Alors que quand on n’est pas maire, on signe des papiers, on vient peut-être pour l’inauguration d’une école de musique ou autre chose, mais on ne vit pas avec.

    Entraigues est l’une des dernières communes à gauche en Vaucluse et vous avez très largement battu la candidate RN. Comment l’expliquez-vous ?

    W.B. : Je ne pense pas qu’au niveau de la mairie, on soit dans une vive histoire droite-gauche, parce que quand on regarde les élections autres que les municipales, c’est le RN qui arrive en tête [48,01% pour Jordan Bardella aux Européennes de 2024 ou 61% pour Marine Le Pen au second tour de la présidentielle 2022]. Les gens voulaient vraiment quelqu’un de la commune, qui connaît sa ville et surtout qui veut rester dans la même politique et garder cette âme de village, les gens sont très attachés à ça. Et notre programme, il est vraiment sur ça. Quant à l’opposante RN [Catherine Chavrier] il semblerait qu’elle ne soit pas dans une démarche d’opposition systématique.

    Quelles premières réalisations devraient aboutir ?

    W.B. : Il y a un gros projet qui est en préparation depuis quelques années, le quartier de la gare qui va démarrer. La commercialisation va attaquer dans quelques jours, c’est plus de 254 logements. Après, il y a la transition écologique : des panneaux photovoltaïques seront posés sur la salle des sports et alimenteront en énergie la cuisine centrale, les services techniques, le stade de foot, le tennis, le boulodrome. C’est un investissement, mais quand on voit aujourd’hui les fluctuations énergétiques, on a tout intérêt à arriver à une indépendance complète. La création d’un pump track est en bonne voie aussi du côté du stade Nardini. Enfin, l’autre projet qui est très intéressant pour la cohésion sociale, c’est un parc dont les études sont en train d’être lancées, non loin de la maison de retraite. Notre but c’est de garder ce lien, que les gens puissent se rencontrer, discuter. Qu’il y ait toujours cette bonne atmosphère dans la ville, cela fait partie de notre ADN.

  • L’extrême droite RN s’empare de la Petite Camargue

    L’extrême droite RN s’empare de la Petite Camargue

    S’il était attendu, c’est tout de même un coup de tonnerre qui s’est déroulé au conseil communautaire de Petite Camargue mercredi 15 avril. Et ce, pour deux raisons. D’abord parce que pour la première fois un élu du Rassemblement national va gérer une intercommunalité dans le Gard. Mais c’est aussi l’ampleur du score qui interroge : Nicolas Meizonnet l’a en effet emporté avec 25 voix sur les 30 possibles et aucun candidat n’a osé se présenter face à lui.

    Tous les maires l’ont ainsi soutenu, que ce soit Jean-Paul Franc, maire d’Aimargues et ancien secrétaire CGT chez Perrier, le président sortant réélu à Aubord André Brundu, le nouveau maire de Beauvoisin Frédéric Meseguer ou encore l’édile du Cailar, Joël Tena. Des soutiens d’autant plus incompréhensibles que dans l’histoire de la Communauté de communes, le maire de Vauvert, la ville centre, n’a jamais eu la présidence de l’interco.

    « C’est déconcertant, il n’y a eu aucune opposition, aucune résistance », s’indigne Magali Nissard, nouvelle leader de l’opposition à Vauvert depuis le retrait de Jean Denat. « Il y a la droite dans toutes les villes et on voit qu’elle bascule. Meizonnet a dit que la Communauté de communes ne serait pas la vitrine du RN mais on a du mal à y croire. J’ai tenté de pousser le président sortant à y aller mais il n’a jamais donné d’explications sur son retrait. Ce qui m’inquiète c’est comment ils vont se positionner face à lui par la suite ? Est-ce qu’ils vont laisser tout passer ? »

    La gauche s’élargit

    à l’Agglo d’Alès

    Toute la semaine, les présidents des intercommunalités ont été élus avec une forme de continuité. C’est par exemple le cas pour le maire de Cardet, Fabien Cruveiller, qui était seul en lice pour récupérer la présidence du Piémont Cévenol où la majorité de Saint-Hippolyte-du-Fort a retrouvé la première vice-présidence, tournant ainsi la page de l’opposition frontale qui avait entaché le mandat précédent. Les élus régionaux socialistes Régis Bayle et Fabrice Verdier ont également été réélus respectivement à la tête du Pays Viganais et du Pays d’Uzès. Du côté des changements, l’opposant à Pierre Martinez et maire de Montpezat, Jean-Michel Andriuzzi, a été élu président du Pays de Sommières. Elu à Montfrin, Philippe Marchesi, a pris la suite de Pierre Prat à la tête de l’intercommunalité du Pont du Gard sur fond de divisions.

    Côté Alès Agglomération, Christophe Rivenq (LR) a été réélu confortablement dans le fauteuil de président qu’il occupe depuis 2020. Mais pour cela, il a plié devant les demandes de la gauche qui lui demandait plus de responsabilités. Ainsi, le PCF a récupéré un poste de vice-président supplémentaire (Sylvain André (Cendras), Claude Cerpedes (Saint-Martin-de-Valgalgues), Pascale Eugène (La Grand-Combe) et Ghislain Chassary (Rousson). Avec l’écologiste Aurélie Génolher et Nathalie Montoro Teissier (DVG), la gauche compte six vice-présidents sur 15 à l’Agglo. « Il y a les vice-présidents mais il y a aussi les responsabilités et on peut affirmer que la gauche prend une place plus importante à l’Agglo, en compromis avec Christophe Rivenq », réagit Sylvain André.

  • Des structures municipales dans le viseur de Maurizot

    Des structures municipales dans le viseur de Maurizot

    « Nous ne savons pas si nous allons garder Fame », lançait le maire d’extrême droite de Fos-sur-Mer Philippe Maurizot jeudi soir au conseil municipal. La régie autonome Festivités actions manifestations événement (Fame), établissement public organisateur de festivités locales, doit accueillir 6 représentants titulaires et autant de suppléants du conseil municipal à son conseil d’administration, sur proposition du maire.

    Aucun membre de l’opposition n’y figurant, Nicolas Féraud (PCF) demande à ce titre : « Allez-vous inviter un membre de Notre Fos ? », la liste conduite par Rémi Esnault, absent à la séance. « Ou allez-vous expliquer aux Fosséens que votre situation de majorité rend la transparence moins nécessaire que lorsque vous la défendiez », poursuit-il.

    Des audits internes

    À cela, Philippe Maurizot répond que « des audits démarrent sur les structures annexes de la commune » comme Fame, « il n’y a aucune garantie que Fame soit conservée, modifiée ou que nous faisions appel à une autre organisation ». Face à l’insistance de l’élu communiste de répondre à la question, l’édile explique n’avoir « rien à cacher, si un élu veut venir il pourra nous expliquer ce qui a été fait ».

    Dans la même veine, le maire envisage d’« arrêter certains projets comme la SPL sens urbain », la société d’aménagement à capitaux et direction publique associant les communes environnantes, un outil pour l’urbanisme. Même idée pour la Maison pour tous (MPT). « Ces organisations, au-delà du matériel, représentent un budget conséquent » justifie le nouvel édile, obsédé par la rigueur budgétaire (notre édition du 17/04).

    Un détricotage annoncé dans la lignée des mairies tombées à l’extrême droite.

  • Jean-Michel Grès : « L’idée, c’est de trouver un consensus tous ensemble »

    Jean-Michel Grès : « L’idée, c’est de trouver un consensus tous ensemble »

    La Marseillaise : Qu’avez-vous pensé du conseil communautaire Pays de Forcalquier – montagne de Lure de mardi ?

    Jean-Michel Grès : La breaking news, c’était l’abandon de la piscine couverte, projet pharaonique du programme de David Gehant (maire réélu et président de la communauté de communes). Un gros budget de 2,5 millions d’euros est prévu pour l’école de musique. Il y a une grosse attente, les gens y viennent de partout, ils sont à l’étroit. Mais le terrain n’a toujours pas été acheté. Les deux projets phares sont donc mis en balance. C’est pas ce qu’il avait promis. C’était de l’esbroufe.

    La situation de la montagne de Lure a également été évoquée ?

    J.-M.G. : C’est une station où il n’y a plus de neige. Il y a eu cette année la première neige depuis cinq ans. Avant le réchauffement climatique, il neigeait tous les hivers. Les installations de la station de ski ont été démontées il y a une quinzaine d’années. Un projet de montagne en quatre saisons a été initié en 2020. David Gehant a raison, la montagne de Lure se suffit à elle-même, c’est un beau lieu de nature sauvage, préservé, avec des chamois, des loups.

    Considérez-vous être dans l’opposition ?

    J.-M.G. : On n’est pas vraiment dans l’opposition. On se considère comme une minorité. L’idée, c’est de travailler en concertation et de trouver un consensus tous ensemble. C’est ce qu’on voulait faire en tant que majorité, il n’y a pas de raison qu’on ne le fasse pas en tant que minorité. Le conseil des maires rééquilibre la gouvernance. C’était clairement un de nos éléments de programme. On ne peut être que d’accord, si David Gehant utilise nos arguments. On pourrait dire “attendez, ça on l’a dit avant vous”, mais c’est pas l’idée non plus.

    Trouvez-vous que David Gehant fait des propositions qui vont dans le sens de votre programme ?

    J.-M.G. : Oui, je pense, il a clairement fait une campagne de centre gauche. Il n’a pas eu tort. Ses propositions rejoignent les convictions centre gauche, socialistes de certains électeurs. S’il se tient bien droit dans l’arc républicain, cela ne posera aucun souci de travailler avec lui.

    Quels sont vos objectifs pour ce mandat ?

    J.-M.G. : D’arriver à ce que les idées sur lesquelles on est d’accord puissent vraiment être réalisées. D’arriver à faire des propositions sur des éléments passés sous silence. Par exemple, dans le programme de David Gehant, il n’y a aucune allusion aux personnes en situation de handicap. On sera vigilants sur différents projets d’aménagement, qu’on reste le plus possible dans le cadre des préoccupations écologiques. On ne s’opposera pas bec et ongles. On fera des contre budgets. On veut avoir un fonctionnement municipal apaisé.

    Pensez-vous que David Gehant aurait sa place en tant que président de la Région ?

    J.-M.G. : S’il est vraiment capable de faire barrage au RN, oui. Il y a une nuance entre l’ennemi mortel et l’ami imparfait. S’il reste dans l’arc républicain, au moins on peut discuter avec lui. Si on se retrouve avec une présidence RN, on va tous souffrir. On a un ennemi commun.

    Vous pensez donc qu’il y a du potentiel pour travailler ensemble ?

    J-M.G. : C’est ce qu’il dit. Il tend la main : jouons ce jeu. On verra jusqu’où il est prêt à aller. Par exemple, on a les moyens d’arrêter l’augmentation de la taxe d’habitation. Le budget festivités municipal est quand même passé de 80 000 euros en 2019 à 400 000 euros en 2025. Il y a des moyens d’économiser.

  • Julia Peironet poursuit son combat dans l’opposition à La Garde

    Julia Peironet poursuit son combat dans l’opposition à La Garde

    « Ces dernières semaines, je me suis faite discrète. Il m’a fallu finaliser les comptes de campagne, reprendre pleinement ma vie de famille, mise entre parenthèses pendant près de deux ans, retrouver mon activité professionnelle à temps plein et m’accorder une courte pause pour retrouver l’énergie nécessaire à la suite », commence celle qui a mené en tête de liste la bataille pour les municipales à La Garde. En soulignant que « la campagne a été particulièrement éprouvante, marquée par des contre-vérités et des attaques personnelles ».

    Julia Peironet tient à remercier toutes celles et ceux qui lui ont accordé leur confiance et leur soutien, ainsi que toute son équipe pour la loyauté et l’énergie exemplaires de chacun. « Dans les moments de doute comme dans ceux d’espoir, ils ont toujours été présents avec conviction et générosité dans cette aventure humaine », insiste l’ex-candidate, en se disant fière du chemin parcouru à leurs côtés. Et de poursuivre : « Je continuerai, avec énergie et passion, à exercer pleinement mon rôle d’élue d’opposition : contrôler l’action municipale, garantir la transparence et défendre l’intérêt général. »

    Puis en s’adressant à celles et ceux qui ont choisi de faire confiance à l’équipe sortante, qu’elle n’est donc pas parvenue à convaincre sur la pertinence du projet porté par les progressistes, elle déclare : « Vous apprendrez à me connaître lors des six prochaines années. L’engagement ne s’arrête pas à une élection. Il se poursuit chaque jour, ensemble, au service de tous. »

    Le combat plus que jamais va continuer, donc.

  • [Entretien] Camille Feller : « Tous les actes sont politiques dans les petits villages »

    [Entretien] Camille Feller : « Tous les actes sont politiques dans les petits villages »

    La Marseillaise : Comment s’est passé le conseil communautaire de mardi ?

    Camille Feller : La situation financière de la communauté de communes est catastrophique, les caisses sont vides, les capacités d’autofinancement sont faibles. Cela s’est vraiment mal passé sur le mandat précédent, à cause notamment du problème de l’eau en gestion publique, et là je pense que David Gehant [président de la communauté de communes] essaye de repartir sur des bonnes bases, en tout cas c’est ce qu’il nous a dit.

    Pourquoi vos relations se sont-elles dégradées lors du précédent mandat ?

    C.F. : David Gehant voulait qu’on passe l’eau à la communauté de communes, qu’on transfère la compétence. Sauf que Forcalquier est déjà à la SEM (Société des eaux de Marseille), et donc il voulait qu’on aille tous à la SEM. Nous, on n’était pas du tout d’accord. On a fait des réunions publiques, des pétitions… Peut-être que j’ai un peu exagéré, mais en même temps, sinon, on ne compte pour rien à la communauté de communes. On a fait pas mal de bruit, on a pas mal mobilisé, et du coup, ça l’a beaucoup agacé.

    Pourquoi la situation financière est-elle si détériorée ?

    C.F. : Il y a eu un transfert des charges de la commune de Forcalquier sur la communauté de communes, notamment une augmentation de la masse salariale. Par exemple, on a refait un terrain de foot à 800 000 euros qui était avant à Forcalquier. Là, ils vont faire la crèche et la déchetterie à Saint-Étienne-les-Orgues, mais ça sera la première fois qu’ils vont investir pour des bâtiments ailleurs qu’à Forcalquier… Notre commune a porté le projet du bistrot de pays, alors qu’ailleurs, c’est la communauté de communes qui le porte.

    Considérez-vous être une municipalité de gauche ?

    C.F. : On est bien à gauche, je suis bien à gauche. En face, pour les municipales, il y avait une autre liste avec à sa tête quelqu’un qui est très proche de David Gehant. Cela nous a encore plus motivés à aller contre. C’est drôle parce qu’il y a quand même des gens pas du tout de gauche qui ont voté pour nous. On accueille la marche des fiertés. Ils n’arrivent pas à avoir de salles, parce qu’ailleurs, c’est compliqué. Les gens disent que dans les petits villages, il n’y a pas de politique, mais moi, je trouve que c’est le contraire. Je trouve que tous les actes sont politiques.

    Quelle est la principale problématique à Montlaux ?

    C.F. : On a un ancien camping qui a été récupéré par un promoteur véreux qui a fait une résidence légère de loisirs et qui a séparé ça en 36 habitations. La commune a attaqué l’autorisation d’urbanisme qu’il avait eue pour faire ça, et elle a gagné au bout de 7 ans au Conseil d’État. Du coup, les constructions sont devenues illégales, et elles le sont toujours. Elles ne sont pas régularisables, parce qu’en fait, si vous construisez quelque chose et que personne ne vous dit rien, au bout de 6 ans, on ne peut plus rien vous dire. On est en train de changer le document d’urbanisme pour rendre la zone constructible, et pour pouvoir leur redonner des permis. Ils vont devoir redéposer des permis de construire sur des choses qui existent déjà. Les habitants sont en grande précarité, ils habitent dans des chalets, des caravanes et des mobil-homes. Les biens n’existent pas sur le papier donc ils n’ont pas de factures à leur nom et ne peuvent pas toucher d’aides.

    Pourquoi avez-vous tenu à évoquer la montagne de Lure au conseil communautaire ?

    C.F. : La montagne de Lure appartenait précédemment à la commune de Saint-Étienne-les-Orgues. Il y avait une station de ski qui marchait très bien dans les années 1950, 1960, 1970. Et puis, à un moment, la communauté de communes l’a reprise dans ses compétences. Avant 2020, il y a eu des gros investissements, des gros travaux qui ont été faits avec un local qui s’appelle le Caillou, qui a coûté 49 000 euros. Il devait y avoir des agents pour louer des bouées, des luges, mais tout cela a été abandonné…

  • À Montpellier, LFI se pose en première force d’opposition à Michaël Delafosse

    À Montpellier, LFI se pose en première force d’opposition à Michaël Delafosse

    Nous sommes la première force d’opposition et de proposition à la Ville et à la Métropole. » À l’aune de cette nouvelle mandature, le groupe insoumis à Montpellier entend jouer les premiers rôles, bien qu’arrivé au second tour loin derrière Michaël Delafosse (50,13%) avec 25,06%, talonné par le milliardaire Mohed Altrad (24,8%). « Nous sommes le groupe qui est le plus intervenu dans les conseils. Nous ne sommes pas là pour faire de la figuration ni pour accompagner la politique [du maire PS] Michaël Delafosse comme le fait le groupe de Mohed Altrad », soutient Nathalie Oziol, cheffe de file du groupe LFI-Verts Populaires (LFIVP). Elle met en avant « la bataille sur le budget, commencée avec le débat d’orientation budgétaire, un budget à rebours des attentes des Montpelliérains : pas de propositions sur le logement, sur le maillage des transports », ose l’insoumise.

    Avec huit élus à la Ville et trois à la Métropole, le groupe revendique tout de même la présidence de la commission des finances. « Cette commission revient normalement au premier groupe d’opposition [c’est le cas à l’Assemblée nationale mais pas dans les communes, Ndlr.]. Nous le revendiquons. Je m’engage à accomplir ce travail et à contrôler les finances de la Ville », déclare Antoine Bertrand. Et ainsi chiper la place au groupe de Mohed Altrad, qui compte également huit conseillers. « Mais ils sont plutôt sept, Mohed Altrad ne siège jamais et nous sommes arrivés en seconde position aux élections », se justifie Antoine Bertrand.

    Le règlement contesté

    Une opposition que LFI veut la plus vivante possible, option réalisable grâce à la constitution d’un groupe. Or, si les insoumis ont pu le créer à la Ville, ce n’est pas le cas à la Métropole. « Michaël Delafosse empêche le pluralisme. Le règlement intérieur a été changé en catimini afin de museler l’opposition. C’est un double verrou : le nombre de conseillers et le nombre de communes représentées ont été augmentés pour constituer un groupe, ce qui témoigne d’une vision dépolitisée de la Métropole », déplore Julia Mignacca. Alors qu’il ne fallait que trois élus auparavant, il en faut maintenant six, issus de trois communes différentes, pour créer un groupe. « Si déposer un recours juridique est pertinent, nous le ferons », annonce Rhany Slimane. Sur les dossiers, les insoumis entendent avancer leurs pions sur la gratuité totale de la cantine scolaire et un plan d’investissement pour faire face à la crise énergétique.

  • Un budget de consolidation pour l’intercommunalité de Forcalquier

    Un budget de consolidation pour l’intercommunalité de Forcalquier

    Le vice-président en charge des finances, Thomas Cherbakow, a présenté mardi soir les orientations budgétaires prévues pour la communauté de communes, avec une consolidation des projets lancés sur le mandat précédent, comme la crèche de Saint-Etienne-les-Orgues et la déchetterie. « Il sera aussi proposé, lors du vote du budget 2026, des enveloppes d’études pour la construction d’un pôle des arts et d’un centre aqualudique », a-t-il ajouté. « Le pôle des arts aurait vocation à récupérer l’école de musique intercommunale, qui est aujourd’hui à l’étroit », a précisé David Gehant, le président (DVD) de l’intercommunalité. Concernant le centre aqualudique, l’idée est que « les enfants puissent apprendre à nager, une nécessité vitale », souligne-t-il.

    Le maire réélu de Forcalquier a cependant renoncé à une mesure phare de son programme, celle d’une piscine couverte : « Le scénario de la piscine couverte ne sera pas retenu, parce qu’on n’aurait pas les moyens de la faire vivre, ou alors on mettrait en difficulté les finances de l’intercommunalité pour les 20 prochaines années… » En introduction, Thomas Cherbakow a tenu à rappeler le contexte budgétaire difficile, l’inflation et l’augmentation des prix de l’énergie, qui appellent à la « vigilance ».

    « Malgré ces éléments de contexte à l’échelle nationale, il n’est pas prévu de baisse significative des dotations globales de fonctionnement versées par l’État à destination des communes et des communautés communes », a-t-il rassuré. « On a aujourd’hui une situation budgétaire de transition : après une période de très forts investissements, forcément, on doit reconstituer nos capacités pour pouvoir investir », a expliqué David Gehant.

  • Une orientation budgétaire très politique et contestée à La Seyne

    Une orientation budgétaire très politique et contestée à La Seyne

    Le débat d’orientation budgétaire à l’ordre du jour de cette séance publique a permis un décryptage politique en règle par la gauche du cap pris par la nouvelle majorité RN. Et ce même si l’adjointe aux finances, Isabelle Delyon, a tenu en préambule à désamorcer les critiques, en avouant que c’était davantage « un budget de transition » que « de rupture » construit dans l’urgence et dans un grand climat d’incertitude. Mais qu’on pouvait y lire néanmoins « les premières inflexions ». Et d’insister sur l’environnement géopolitique international particulièrement tendu, l’augmentation du prix des matières premières, l’inflation… Bref, c’est pas terrible mais ce n’est pas de notre faute.

    La conseillère municipale d’opposition du groupe Alternative progressiste, Brigitte Cheinet (PCF) a qualifié ce qui se dessine de politique « d’austérité, sécuritaire plus que de véritable projet pour la ville ».

    Et de pointer clairement les responsabilités. Gouvernemen-tales pour commencer, avec des dotations de l’État en baisse continuelle. L’occasion de rappeler la complicité du RN à l’Assemblée nationale sur ce sujet avec « l’ensemble de l’hémicycle de la droite au RN validant une perte de 5 milliards pour les collectivités [en janvier] ». Et de poursuivre : « Aujourd’hui, à la réponse au besoin de la population, vous proposez moins de services publics en parlant de rationalisation de la masse salariale et en ne remplaçant pas les départs à la retraite des titulaires. »

    Pour Brigitte Cheinet ce budget reflète « une vision à court terme » qui fait l’impasse sur des projets structurants comme celui de la piscine, équipement dont la 2e ville du Var ne dispose pas, ou la construction du tant attendu groupe scolaire Verne-Mabily.

    Peu d’ambition

    Le maire RN Dorian Munoz a nié en bloc accusant même la gauche de mentir, en revendiquant une augmentation du budget consacré à l’école pour la rénovation des établissements dont certains sont dans un piteux état. Et de poursuivre : « Ce n’est pas totalement notre budget […] Un budget en 15 jours c’est impossible […] J’hérite d’une situation. »

    Le premier magistrat dira plus tard partager les constats de l’opposition sur la situation. Et de lâcher : « Depuis que je suis élu j’en découvre des choses ! Sauf de l’argent ! »

    Le chef de file de l’opposition de gauche Stéphane Sacco (GRS), évoque « un budget de repli, davantage guidé par la rigueur comptable que par une véritable ambition pour la ville et pour ses habitants ».

    Pour l’élu le contexte contraint ne suffit pas à expliquer « les choix peu ambitieux » opérés.

    Sur « la rationalisation des subventions » évoquée par la majorité d’extrême droite, Stéphane Sacco met en garde sur les conséquences concrètes sur le tissu associatif et sur « l’affaiblissement de la richesse humaine et sociale de notre territoire ».

    Le conseiller municipal conclut : « Ce budget est insuffisamment tourné vers l’avenir. Il gère plus qu’il ne transforme. Il organise la contrainte plus qu’il ne prépare le développement de demain. » La gauche s’est donc abstenue.

    Le maire a pour sa part affirmé ne pas réduire les subventions aux associations.

    Dont acte.