Tag: Municipales

  • À Avignon, Olivier Galzi se prépare à changer de costume

    À Avignon, Olivier Galzi se prépare à changer de costume

    Contrairement à dimanche, le vote prévu ce samedi matin, à l’Hôtel de ville d’Avignon, ne devrait réserver aucune surprise. C’est ce jour-là qu’Olivier Galzi deviendra officiellement maire d’Avignon, lors du conseil municipal d’installation, où les nouveaux élus voteront pour désigner le maire et ses adjoints.

    Depuis ce lundi, le désormais ex-candidat DVD s’attelle à préparer son entrée en mairie et endosser un nouveau costume. « Ma troisième vie », dit-il à Vaucluse Matin, après une carrière de journaliste, notamment sur France 2 comme présentateur du JT, puis de vice-président d’Edeis, société de conseil et ingénierie auprès des collectivités locales.

    « Il a la volonté de bien faire les choses, ne pas se précipiter », indique-t-on dans son entourage au sujet de cette semaine de tuilage au cours de laquelle il doit rencontrer, ce mercredi matin, la maire sortante Cécile Helle, pour une première présentation des rouages municipaux. La construction de son cabinet est aussi en cours, avec un directeur en passe d’être intronisé et qui n’était pas dans son équipe de campagne. Romain Lautier, qui pilotait sa campagne, ne prolongera pas l’aventure.

    Au conseil municipal, Olivier Galzi disposera d’une majorité de 38 élus, qui devront s’engager sur une charte éthique autour de l’intégrité. Doyen des conseillers municipaux et issu de sa liste, l’ex-entraîneur de foot Claude Le Roy, déjà élu lors de la mandature 2001-2008 dans l’opposition de gauche d’alors, sera chargé de présider ce premier conseil municipal. La liste de David Fournier (PS) obtient 10 élus. Il n’est pas exclu que deux groupes de gauche se montent, entre les 6 issus initialement de sa liste et les 4 venus de celle portée par Mathilde Louvain (LFI). Le RN et ses 5 conseillers compléteront le casting.

    Dans son discours d’investiture, Olivier Galzi dévoilera la liste de ses premières décisions, qui tourneront autour de son triptyque sécurité-propreté-circulation. Un audit des finances sera certainement commandé, même si la chambre régionale des comptes rendra bientôt un rapport sur la gestion de la Ville. « La tâche est immense », disait-il, dimanche soir, avec la volonté de « rassembler », aussi bien les équipes municipales – là aussi une priorité de rencontres à venir – que l’opposition, « car les Avignonnais n’ont pas besoin de logique partisane ».

  • Le PCF varois pointe la « désunion » de la gauche

    Le PCF varois pointe la « désunion » de la gauche

    Au terme d’élections municipales qui ont vu l’extrême droite se maintenir ou l’emporter dans six communes du département (Fréjus, La Seyne-sur-Mer, La Valette-du-Var, Six-Fours, Salernes, Puget-sur-Argens), la fédération varoise du PCF fait le bilan.

    Si « la gauche était unie au premier tour dans plusieurs villes », la désunion, notamment à La Seyne et à Toulon, « les deux villes les plus importantes du département », fruit « de petits calculs politiciens irresponsables », est pointée du doigt. Au même titre que l’éloignement « des préoccupations du monde du travail et des quartiers populaires, avec une image brouillée au niveau national par les votes à l’Assemblée nationale », responsable du « recul » global des forces progressistes. « Les communistes ont agi pour rassembler les habitants sur des enjeux de progrès. Cela n’a pas suffi pour remporter des victoires », déplore le PCF 83, qui salue tout de même « les élus de gauche qui, dans leur diversité, vont siéger dans des conseils municipaux ».

    « Un travail en direction des abstentionnistes »

    Les communistes soulignent aussi « l’effondrement de la droite aux manettes depuis des décennies. Cette droite qui, par son implication dans différentes affaires judiciaires, ses allers-retours vers la macronie, sa porosité avec l’extrême droite, a ouvert la voie à cette dernière ».

    Pour contrer cette avancée, il faudra donc « poursuivre l’engagement contre l’urbanisation à outrance, la spéculation immobilière, la casse des services publics, leur privatisation », tout en défendant « l’emploi, le pouvoir d’achat, des logements accessibles, l’accès à des soins de qualité, le vivre ensemble ».

    Enfin, eu égard au taux d’abstention qui dépasse les 40% dans le département, le PCF Var mènera « un travail en direction des abstentionnistes, notamment pour les salariés ouvriers, employés, le monde du travail, qui attendent un positionnement politique qui corresponde à leurs attentes. »

  • Les Istréens formulent un vœu de renouveau

    Les Istréens formulent un vœu de renouveau

    C’est un petit séisme dans la vie politique locale. Dimanche, le candidat menant une liste divers droite, Robin Prétot (LR), a détrôné François Bernardini (DVG), après plus de deux décennies de pouvoir. Jusque-là conseiller municipal d’opposition, un rôle qu’il avait endossé dès 2014, l’Istréen de 36 ans a obtenu 59,84% des suffrages au second tour, contre 31,4% pour le maire sortant. Le tout avec un taux de participation de 67,30%, dépassant largement le niveau national. Un résultat net, voire « un renversement total », preuve d’« un système qui arrivait à bout de souffle » pour Cécile Tivoli, l’une des colistières (SE) du nouvel édile, présente sur le marché du centre-ville, ce mardi matin.

    Elle qui s’est beaucoup investie dans la campagne l’assure : « Le besoin de changement revenait souvent lors des actions de tractage ou de porte à porte. » Depuis peu installée dans le quartier de la Bayanne, à proximité de la base aérienne 125, Audrey confirme : « Le renouveau peut être bénéfique. » Élu conseiller municipal dès 1977 puis adjoint, conseiller général des Bouches-du-Rhône de 1988 à 1998, député, député européen, conseiller général et enfin maire à partir de 2001 avant d’être déclaré inéligible puis de revenir à la tête de la ville en 2008, François Bernardini était l’un des piliers du paysage politique de l’Ouest des Bouches-du-Rhône.

    Une adhésion au projet de Robin Prétot

    Alors que cette page se tourne, les habitants saluent son bilan. « Il a fait beaucoup de choses bien. Moi, j’ai vu se construire Dinosaur’Istres, j’ai trouvé ça super », reconnaît Audrey. Amanda, de la pâtisserie Émotions sucrées, note les animations estivales comme « les Jeudis étoilés et le marché de nuit qui faisaient bouger la ville ». Cécile Tivoli affirme : « Tout n’est pas à jeter, au contraire. J’ai bénéficié des services publics, des activités à bas prix pour les enfants, j’en suis vraiment reconnaissante, mais on était sur la pente descendante. »

    Audrey l’assure : son vote n’était pas tant contre François Bernardini que pour Robin Prétot. « J’adhère plus à sa vision de l’urbanisation de la ville », explique-t-elle. C’était le point qui cristallisait les débats entre les deux candidats. L’un estimait : « Istres étouffe sous le béton », tandis que l’autre, maire sortant, considérait que « la construction est un signe de développement et une réponse à la demande », alors que de grands projets industriels devraient créer des milliers d’emplois dans la zone, d’ici quelques années. « Effectivement, il faudra toujours faire des habitations, mais là, c’est trop, dénonce l’Istréenne. J’espère que Robin Prétot reverra les règles pour n’avoir que des bâtiments bas, parce que c’est ce que j’ai aimé dans cette commune, quand je suis arrivée de région parisienne, il y a douze ans. »

    Deux jours après l’élection de leur nouveau maire, les habitants attendent ses premières actions, notamment pour le centre-ville « qui dépérit », d’après une commerçante. « On verra, lâche-t-elle, dubitative. C’est du sang neuf et il est motivé, mais bon. La situation est aussi due au contexte national, je sais pas s’il pourra faire des miracles. » Amanda et Alicia voudraient que « Robin Prétot exploite le plein potentiel d’Istres » : « C’est vrai que c’est un beau village, l’été c’est génial, mais l’hiver, c’est mort. »

    Alors que le conseil municipal d’installation est prévu ce samedi 28 mars à 10h dans l’hôtel de ville, Robin Prétot promet d’être « le maire de ceux qui ont voté pour nous et de ceux qui ont voté pour d’autres » : « Le meilleur moyen de les considérer sera de permettre aux élus qu’ils ont choisis de faire entendre leurs voix. »

  • Nouveau souffle

    Nouveau souffle

    Ces élections municipales auront été l’occasion, dans de nombreuses communes, de faire entrer dans les assemblées communales de nouveaux élus progressistes.

    Qu’ils siègent dans la majorité ou dans l’opposition, ces femmes et ces hommes promettent de mettre toute leur énergie pour changer le quotidien des habitants et défendre les idées de justice sociale, de préservation de l’environnement,
    de lutte contre les discriminations…

    Ils sont les visages du renouveau progressiste dans une région qui a déjoué le scénario du raz-de-marée brun mais où le RN progresse et où la droite reste influente.

    Changer de société

    Aux côtés d’élus plus expérimentés, ils mèneront des politiques progressistes dans les villes gérées par la gauche et feront entendre leurs exigences et leurs contre-propositions partout ailleurs.

    Ils auront la lourde tâche d’être des points d’appui pour le monde
    du travail et des oreilles attentives aux préoccupations de la population.

    Dans la crise politique que nous connaissons, où le dégoût de la politique s’accroît et où le sens de l’engagement altruiste s’estompe, ces élus apportent de l’oxygène à la démocratie de proximité.

    Parmi eux, les communistes, en reversant leurs indemnités d’élus à leur parti, démontrent qu’il est possible de faire de la politique « autrement » : de manière désintéressée et sincère.

    Pour les gauches dans leur ensemble, ce réseau d’élus est précieux : il doit donner un nouveau souffle à la perspective de changement de société.

  • Un recours déposé par Isabel Gamba (DVC) dénonçant “des irrégularités” à Oraison

    Un recours déposé par Isabel Gamba (DVC) dénonçant “des irrégularités” à Oraison

    Des isoloirs “pas aux normes” et, des “défaillances dans l’organisation” du scrutin… Tels sont les éléments “susceptibles d’avoir altéré la sincérité du scrutin” avancés par l’équipe d’Isabel Gamba qui a déposé vendredi un recours au tribunal administratif. Le maire sortant Benoît Gauvan (Renaissance) a été réélu dès le premier tour à 50,16%. A seulement quelques voix près, il y aurait eu un second tour. C’est également ce que dénonce la candidate et sa directrice de campagne Andréa Laurent, qui avait elle récolté 25,17% des voix.

    Dans un communiqué adressé à La Marseillaise mardi, la candidate Isabel Gamba et sa directrice de campagne Andréa Laurent dénoncent “des conditions matérielles d’organisation non conformes aux exigences relatives à la garantie du secret du vote”, ainsi que “des atteintes potentielles au principe d’égalité entre les candidats” et “la diffusion tardive d’éléments de polémique, intervenue dans des conditions ne permettant pas une réponse utile et effective, susceptible de constituer une manœuvre de nature à altérer la sincérité du scrutin”.

    Au regard de l’écart de voix particulièrement réduit, ces éléments sont susceptibles d’avoir exercé une influence déterminante sur le résultat du scrutin”, écrivent-elles. Contacté, le maire réélu en conseil municipal d’installation samedi n’a pas répondu dans l’immédiat et devrait s’exprimer à ce sujet prochainement.

  • Au Jas, à Aix, la gauche mobilise de peu les voix

    Au Jas, à Aix, la gauche mobilise de peu les voix

    Pour ce second tour qui le plaçait juste derrière Sophie Joissains, finalement réélue maire dimanche soir, Marc Pena (PS) espérait mobiliser les voix des quartiers populaires. Le candidat à la tête d’une union des forces de gauche et écologistes avait débuté sa campagne au Jas-de-Bouffan, et l’a terminée dans ce même quartier, dit populaire, avec un dernier meeting salle des Cèdres. Tout en tentant de convaincre l’ensemble des abstentionnistes du premier tour.

    Au second tour, Marc Pena, qui se maintient en seconde position avec 31,03% des suffrages exprimés, arrive légèrement en tête dans une poignée de bureaux du Jas-de-Bouffan : parmi lesquels le n°82 (École des Deux-Ormeaux), le bureau n°54 (École Joseph-d’Arbaud) et le n°81 (École Jules-Payot). Pour le reste des bureaux de vote, Sophie Joissains vire en tête.

    « Le match était de toute façon plié d’avance, estime l’une des habitantes, courses sous les bras. Moi, j’ai voté pour LFI. Mais quand j’ai vu les résultats au premier tour, je ne suis même pas allée voter au second. » Un peu plus loin, à l’arrêt de bus avenue Deffens, Danièle, retraitée, avoue avoir eu « un petit espoir » que la gauche puisse gagner. « Mais Aix est une ville de droite depuis longtemps, on le sait. Je suis seulement soulagée qu’aucun extrême ne soit passé ! » Elle ne précisera pas son vote. Parmi les personnes croisées dans le quartier, la réponse est souvent : « Non, je ne suis pas allé voter. » « La politique ? Gauche ou droite, ça ne change rien ! », lance une passante, que nous voulions interroger.

    Contacté, Djamal Achour, directeur de l’association Anonymal, en charge d’une web TV, qui connaît bien les dynamiques dans le quartier, remarque : « Mes propos n’engagent que moi. Mais j’ai l’impression d’une indifférence. L’émulation [politique], autour de moi, est celle de gens qui sont déjà impliqués. » Lui, comme d’autres, regrette le taux d’abstention au second tour à Aix-en-Provence : 53,76%. « Normalement, c’est une élection ou il y a de la participation. Dans les QPV (quartiers prioritaires de la ville), il y a des enjeux qui font voter. Dans ces quartiers-là pourtant, il y a une abstention record, poursuit Djamal Achour. Mais ce sont des territoires qui deviennent transparents. Et s’ils deviennent transparents, on ne s’en occupe pas beaucoup. Je regrette que les habitants ne se soient pas plus mobilisés, même en faveur de la candidate sortante. Le tout était de dire : on est là ! »

  • Les tractations pour la Métropole s’accélèrent en coulisses

    Les tractations pour la Métropole s’accélèrent en coulisses

    Au moment de la publication des premiers résultats ce dimanche soir, le président (Ren.) de Région Renaud Muselier estimait qu’il « n’y a pas de bouleversement majeur » à Marseille. « Benoît Payan reste maire, et la Métropole restera vraisemblablement dans notre sensibilité politique », expliquait-il. Avec le second tour des municipales ont en effet été aussi désignés les conseillers siégeant à la Métropole Aix-Marseille-Provence. Mais si l’intercommunalité reste inclinée à droite, les équilibres y sont bouleversés par l’effondrement de sa présidente (DVD) Martine Vassal. Balayée aux municipales avec à peine plus de 5% des suffrages à Marseille, elle n’a plus que quatre sièges dans son propre hémicycle, et a finalement reconnu dimanche soir qu’elle ne pourrait conserver son siège. « J’ai fait un choix de responsabilité. En politique, il faut rester fidèle à ses convictions », expliquait-elle à la presse. De quoi rebattre toutes les cartes. Et faire chauffer les téléphones.

    Une Métropole des maires

    Avec la très large victoire de Benoît Payan, Marseille amène en effet quatorze élus de gauche supplémentaires (67 au total), ce qui porte les rangs de la gauche métropolitaine à 93 élus, selon l’étiquetage préfectoral. De leur côté, les centristes comptent dans leurs rangs 18 conseillers, la droite 71. Il faut encore ajouter treize maires de petites communes, sans étiquette. Et surtout les 36 élus classés à l’extrême droite, dont 30 Marseillais portés par les scores du député RN Franck Allisio. Un hémicycle éclaté d’où il est difficile de sortir la moindre majorité.

    « La question des équilibres politiques n’est pas le sujet n°1, tempère le vice-président salonais sortant David Ytier (LR). C’est est-ce qu’il y a une vision commune partagée par l’ensemble des maires. » Chacun répète ainsi qu’il faut faire sortir la Métropole des chicayas politiques marseillo-marseillais dans lesquels elle s’était embourbée, pour qu’elle remplisse pleinement son rôle d’établissement public de coopération intercommunale (EPCI). « Dans la mesure où le législateur n’a pas pris de mesures, il faut qu’elle soit réformée de l’intérieur, avec une gouvernance plus partagée, qui soit plus respectueuse des maires », plaide ainsi la maire (UDI) d’Aix-en-Provence, Sophie Joissains. « Il faut qu’on trouve les moyens pour que chaque sujet soit travaillé avec les communes concernées », explique ainsi le maire (PS) de Vitrolles, Loïc Gachon. Beaucoup plaident ainsi pour reprendre la main sur les compétences qui touchent à leur territoire, même indirectement, à l’image du « New Deal » proposé par le maire (DVG) de Marseille Benoît Payan. « Il suffit qu’on ait la main sur les outils métropolitains qui concernent la ville de Marseille », expliquait-il au moment de présenter son programme, ne demandant qu’à « vivre notre vie de commune dans un cadre intercommunal, comme toutes les communes ».

    Cette « Métropole des maires » préservée des débats politiques, l’édile salonais Nicolas Isnard (LR) s’en est fait le promoteur, faisant campagne en coulisses pour prendre la tête de l’intercommunalité lors d’une première séance prévue le 7 avril prochain. « Il échange avec tous les maires, pour voir si tout le monde et prêt à passer à une nouvelle étape », explique David Ytier qui le présente comme « l’homme du consensus, qui fait le lien avec tout le monde ». « Le retrait très digne et immédiat de Martine Vassal permet de dépolitiser tout ça », pointe-t-il.

    Sophie Joissains

    ne s’interdit rien

    Mais le maire de Salon-de-Provence ne fait pas l’unanimité à droite, où le vide laissé à Marseille nourrit les appétits. D’autres noms circulent, à l’image du président de maire des Bouches-du-Rhône Georges Cristiani (SE), auquel on prête surtout des ambitions sénatoriales. Sollicité, celui-ci n’a pas donné suite. Le nom de la maire UDI d’Aix-en-Provence revient aussi. « Je suis plutôt attentive à tous les programmes qui pourraient se dessiner de la part des candidats potentiels », explique-t-elle. Peut-elle ambitionner de présider la Métropole ? « Je fais partie de ceux qui ne s’interdisent jamais rien, mais je n’ai absolument pas décidé quoi que ce soit », répond-elle. Rappelant malgré tout que le conseil de territoire du Pays d’Aix avait su rassembler des municipalités très différentes.

    Reste aussi le risque de voir une majorité obtenue grâce aux voix de l’extrême droite, Franck Allisio proposant fin février « un contrat de gouvernance avec des maires qui partagent nos valeurs ». Après avoir joué du chantage auprès des maires sortants, agitant la menace de listes RN face à eux s’ils ne signaient pas son label « La Provence qu’on aime ».

    S’ajoute aussi des dossiers très politiques au menu de l’intercommunalité pour les années à venir, à l’image de l’arrivée à terme des grandes délégations de service public, depuis celle de l’eau jusqu’à celle de l’incinérateur de Fos, en passant par le tunnel Prado Carénage. Un exemple parmi les nombreux dossiers qui peuvent rester clivants.

    Candidature à gauche ?

    Tandis que le maire de Marseille doit rencontrer ceux de Salon et Aix, l’hypothèse d’une candidature unique à gauche n’est pas écartée, à l’image de celle de Gaby Charroux (PCF) en 2020. Avec l’espoir de « chercher la première place même avec une majorité relative », glisse un connaisseur. « Le futur président doit être un maire, et si possible d’une ville », pointe Loïc Gachon, qui écarte les nouveaux venus comme Robin Pretot et Jean-Pierre Squillari, le temps qu’ils s’installent. « J’ai un rôle à jouer dans cette institution, je suis disponible pour le jouer », assure l’édile vitrollais. Mais il faudrait pour cela avoir le soutien de la gauche marseillaise.

    Quoi qu’il en soit, le futur président aura fort à faire entre les enjeux de la réindustrialisation et les murs budgétaires qui menacent les finances des transports et déchets. Avec des compétences au cœur du quotidien des habitants des 92 communes de la Métropole.

    Des satellites à remettre en orbite

    Derrière la Métropole se pose l’enjeu de la présidence des nombreux organismes qui gravitent autour d’elle. C’est ainsi le cas pour la Soleam, l’aménageur métropolitain, aujourd’hui présidé par Gérard Gazay (LR), battu dans les urnes dimanche à Aubagne. Avec des finances à redresser, qui ont pu pousser à accélérer certains projets comme les 1 000 logements de Vallon Régny dans le 9e. Le bailleur social Provence Métropole Logement est quant à lui aujourd’hui présidé par Solange Biaggi (LR), qui n’a pas réussi à se qualifier au second tour dans les 2e et 3e arrondissements de Marseille. Avec un parc de logements dégradé, sous le feu des critiques durant la campagne des municipales. À la RTM, l’ancienne présidente du groupe d’opposition de droite Catherine Pila (LR) ne siège plus en conseil municipal. Son successeur devra mener à bien la refonte du réseau et la « révolution des transports » amenée à se poursuivre.

    Y.S.

  • Hors-sol, Oziol et Altrad relégués dans l’opposition montpelliéraine

    Hors-sol, Oziol et Altrad relégués dans l’opposition montpelliéraine

    Avec l’assise des 40,73% de J-L. Mélenchon à la dernière Présidentielle, Nathalie Oziol apercevait une porte entrouverte vers la mairie de Montpellier. Fort de sa notoriété et de sa réussite insolente dans les affaires, Mohed Altrad s’imaginait déjà régner sur le Clapas, tel un Georges Frêche de droite. Mais les municipales et les scrutins nationaux répondent à des logiques différentes et on ne gère pas la 7e ville de France comme une multinationale.

    Telle est la leçon que les électeurs ont donnée à Nathalie Oziol (25,06%) et Mohed Altrad (24,81%), sèchement battus dimanche 22 mars dans la triangulaire qui les opposait au maire socialiste sortant, Michaël Delafosse (50,13%).

    Peut-être que les réseaux socialistes tissés par Georges Frêche et que Mohed Altrad rêvait de court-circuiter sont toujours solides à Montpellier. Peut-être qu’en dépit de certains couacs, le bilan de M. Delafosse était suffisamment convaincant pour rendre impossible un scénario dégagiste dont avait été victime Philippe Saurel en 2020. Il n’en demeure pas moins que Nathalie Oziol et Mohed Altrad ont, chacun à leur façon, loupé leur campagne.

    La députée Insoumise a mis du temps a asseoir sa légitimité dans son propre camp, au départ coupé en trois, avant de faire front. Ensuite, l’angle très agressif, parfois caricatural choisi par N. Oziol contre le maire n’a pas permis d’élargir son potentiel électoral ni de réveiller les quartiers populaires. D’aucuns ont eu le sentiment qu’elle menait une campagne nationale anti-PS pour préparer le terrain à Mélenchon. Côté Altrad, la crédibilité a clairement fait défaut après 6 ans à déserter les bancs de l’opposition puis à esquiver les débats publics. Sa liste agglomérat des déçus de P. Saurel ou du macronisme avait tout d’un règlement de comptes personnel dans le conflit qui oppose le milliardaire à M. Delafosse pour son refus de vente du stade de rugby. Le signe qu’en politique l’argent ne suffit pas.

    Avec 7 de leurs colistiers, N. Oziol et M. Altrad siégeront donc sur les bancs de l’opposition. Enfin, pour M. Altrad, rien n’est moins sûr. R.C

  • Agde : la « perle noire » emportée par une vague brune

    Agde : la « perle noire » emportée par une vague brune

    Perceptible dès le soir du 1er tour où Aurélien Lopez-Liguori était arrivé largement en tête (38,44%), la catastrophe a bien eu lieu, dimanche 22 mars en Agde. Le sage retrait du maire sortant Sébastien Frey (3e avec 20,74%) n’y a rien fait. La « perle noire de la Méditerranée » s’est fait emporter par une vague brune. Dans son duel qui l’opposait au médecin agathois divers droite Thierry Nadal (45,13%), Aurélien Lopez-Liguori (54,87%) l’a emporté avec 1 652 voix d’avance et une participation correcte (64,75%) qui ne laisse aucune place au doute.

    Quatrième ville la plus peuplée du département, Agde est donc la première ville héraultaise à basculer aux mains du RN. Terrible pour les habitants de ce territoire sinistré qui compte l’un des taux de chômage les plus élevés de France (17,6%). Mais est-ce bien étonnant ? Dès 2007, Agde avait massivement plébiscité N. Sarkozy (62,47% au 2e tour). Aux deux dernières Présidentielles de 2017 et 2022, M. Le Pen est chaque fois arrivée en tête contre E. Macron (54,37% puis 60,14%).

    Si bien qu’aux législatives 2022, l’élection du député RN Aurélien Lopez-Liguori (59,19%) au 2e tour contre le communiste Gabriel Blasco n’avait surpris personne. Pas plus que sa large réélection aux législatives anticipées de 2024. Ce qu’on n’aurait pas imaginé en revanche, c’est que le député RN soit reconduit dès le 1er tour (51,66%).

    A. Rivière (PS) contre le RN ?

    Nul besoin de se remémorer le score famélique de la gauche au 1er tour de ces municipales (Arthur Labatut 6,52%) pour savoir que depuis longtemps Agde penche très à droite. Mais jusqu’ici, Les Républicains gardaient la main localement. La folie des grandeurs de l’ancien maire démissionnaire (31 mai 2024) Gilles d’Ettore, mis en examen dans l’affaire de la voyante Sophia Martinez, a provoqué la bascule. Comptable aux yeux des électeurs de cette politique favorable aux promoteurs, son successeur depuis près de 2 ans, Sébastien Frey, n’a pas réussi à incarner le renouveau à droite. Du pain béni pour Lopez-Liguori qui laisse son siège de député à son suppléant, Bernard Chaumeil.

    Reste à savoir si l’ombre de l’extrême droite peut s’étendre jusqu’à l’Agglo Hérault Méditerranée. Brillamment réélu au 1er tour à Pézenas et en réflexion, Armand Rivière pourrait avoir des ambitions. Mais le socialiste n’a que 5 sièges à l’Agglo plus les 3 de son homologue PS Vincent Gaudy reconduit à Florensac contre 13 acquis au RN avec Agde. D’autant que le maire DVD de Bessan (4 sièges), Stéphane Pépin-Bonet, a de bonnes relations avec Lopez-Liguori. Sachant qu’il faut 30 sièges pour prendre l’Agglo, le choix des maires de Portiragnes, Lézignan ou Saint-Thibéry (…) sera prochainement décisif.

  • M. Delafosse : « L’envie de poursuivre la transformation de Montpellier »

    M. Delafosse : « L’envie de poursuivre la transformation de Montpellier »

    La Marseillaise : Quel est votre état d’esprit après votre réélection ?

    Michaël Delafosse : Je veux d’abord exprimer ma satisfaction et ma reconnaissance en direction des Montpelliérains qui nous ont accordé leur confiance et les remercier. Durant cette campagne, ils nous ont fait part de leur grande fierté d’avoir tenu nos promesses, rendu les transports gratuits, s’attaquer à la rénovation des quartiers populaires. Une campagne qui s’adresse à l’intelligence des gens, où nous avons porté un projet global pour la ville, dans chaque quartier, avec une envie de poursuivre la transformation de Montpellier. Ils nous ont également beaucoup salué dans une campagne qu’ils ont pour beaucoup trouvé très violente, comme si notre vie démocratique était en train de se trumpiser. Si ça ne s’était vu qu’à Montpellier, ce ne serait pas grave. Mais dans plein d’endroits dans notre pays, la violence s’est déchaînée dans le débat démocratique.

    Plus de la moitié des inscrits ne sont pas allés voter au second tour, comment les mobiliser ?

    M. D. : La crise démocratique ou l’abstention se passe partout en France, d’élections en élections. Je ne vais pas m’en réjouir, c’est un phénomène qui est préoccupant. À Montpellier, sans doute beaucoup de gens ont dit « l’élection est jouée » et s’en sont peut-être un peu détournés. Mais je ne veux pas tirer d’analyse hâtive sur la cause de cette abstention. Cela montre que la défiance à l’endroit de la politique est forte, comme la capacité de la politique à changer les choses. Nous nous efforçons d’y répondre. Quand on promet la gratuité des transports, on donne la date, le jour et l’heure de sa mise en œuvre. Oui, la politique peut changer les choses. Et donc, ça ce sont des éléments. Beaucoup de nos concitoyens sentent qu’aujourd’hui il y a des leaders politiques qui déclament, mais qu’à la fin les réalités sont inexistantes. Et de ce point de vue, l’action du Président Macron est assez révélatrice. Moi j’ai souvent cette phrase, la France des procédures obère la France des projets.

    Et donc la question de la perception du choix apparaît très souvent difficile et je pense que ça joue aussi dans cette abstention. Après, ça dit aussi qu’il y a des gens qui ont des problèmes et tout ça leur apparaît parfois très loin, notamment dans les quartiers populaires. Alors je le dis, je suis élu par une majorité mais je serai évidemment respectueux de tous et de toutes.

    LFI a été votre principal adversaire à Montpellier mais on a vu à l’œuvre des alliances entre insoumis et socialistes. Comment va se passer la cohabitation ?

    M. D. : C’est à eux de le dire. Ce que je constate, c’est que LFI, depuis le premier jour en conseil municipal [en 2020], combat l’action d’une des villes qui a mené l’une des politiques les plus à gauche et les plus écologistes de France. J’ai toujours dit qui était mon adversaire et mon ennemi : l’extrême droite. Et d’ailleurs je n’ai pas fait des tracts contre les autres, j’ai fait des tracts pour Montpellier et pour les gens. Moi j’ai été caricaturé, attaqué par une composante qui se réclame de la gauche. Le respect de la parole, ça compte. Quand on prend une position nationale de clarté, il faut s’y tenir. On peut prendre une position autre, mais dans ce cas-là, on s’y tient. Je constate, dans des villes où l’alliance a eu lieu, alors qu’elles apparaissaient imperdables pour la gauche, une partie des électeurs se sont détournés. À Brest, à Clermont-Ferrand, etc.

    Nous sommes très différents du style : l’outrance contre la pondération, la constance des convictions face à parfois des cheminements douteux quand on vote contre la gratuité des transports. D’ailleurs, les élus LFI au conseil municipal auront un premier test puisque c’est dans le budget que figurera la gratuité des transports. Et donc s’ils ne le votent pas, ils seront cohérents avec leur position passée, mais qu’ils ne viennent pas ensuite nous faire la leçon.

    Quels sont les premiers projets que vous allez lancer ?

    M. D. : N’espérez pas de pause dans l’action. Il y a plusieurs choses. Mais évidemment, l’installation de l’antenne du CHU à la Mosson est un sujet prioritaire pour moi. Nous allons commencer à travailler sur le plan infrastructures sportives 2035 et nous présenterons le premier gymnase qui va être rénové pour répondre à la pratique amateure. Nous allons travailler sur le musée Fabre en lançant les travaux pour son bicentenaire d’extension, ça va être le symbole de l’engagement de la ville en faveur de la culture. Nous allons travailler sur les enjeux des projets qu’on va mettre en concertation : la mise en œuvre du plan trottoir, sur le sujet des bus tram. Et d’ailleurs il y aura beaucoup de temps de participation.