Tag: Municipales

  • Le nouveau conseil municipal de Martigues s’installe ce vendredi à 18h

    Le nouveau conseil municipal de Martigues s’installe ce vendredi à 18h

    La liste d’union de la gauche emmenée par Gaby Charroux (PCF), arrivée en tête avec 44,14% des suffrages, remporte 32 sièges sur 43. La liste RN, avec ses 35,05%, gagne 7 sièges, soit 5 de plus que lors de la dernière mandature. Jean-Luc Di Maria (DVD), qui a récolté 20,81% au second tour, a 4 sièges, soit un de moins qu’en 2020.

    À l’ordre du jour : élection des adjoints de quartier, fixation du nombre de collaborateurs de cabinet et élection du maire.

  • À Aix, nouvelle configuration pour le conseil municipal

    À Aix, nouvelle configuration pour le conseil municipal

    Les nouveaux maires ont jusqu’à dimanche pour installer leur conseil municipal. À Aix-en-Provence, la première séance de cette nouvelle mandature se tiendra ce vendredi 27 mars (10h), à l’Hôtel de Ville. À la tête de la majorité, Sophie Joissains, maire sortante (UDI), réélue avec 47,35% des suffrages exprimés, sera reconduite dans ses fonctions et revêtira l’écharpe tricolore. Ses élus recevront également leurs délégations et leurs écharpes.

    Comme le veut la tradition, la doyenne des élus, Marie-Pierre Sicard-Desnuelles, déjà présente durant le précédent mandat, ouvrira la séance. Les plus jeunes élus seront chargés du dépouillement.

    De nouveaux visages feront leur entrée pour siéger autour de Sophie Joissains, la liste ayant été largement renouvelée pour ces municipales : 22 élus étaient déjà en poste, 19 sont de nouveaux arrivants. Parmi eux figurent notamment Patrick Ardizzoni, référent aixois de la Chambre de commerce, Loris Martin, étudiant et cofondateur de la Guinguette étudiante, ou encore Mireille Lazare, ancienne commandante de police.

    Plus de sièges à gauche

    L’opposition connaît elle aussi des évolutions. À commencer du côté de la gauche, qui se renforce. La liste Aix Avenir
    – union des forces progressistes et écologistes menée par Marc Pena, arrivée deuxième au second tour avec 31,03% des voix – obtient neuf sièges. En 2020, sous la bannière Aix-en-Partage, la gauche n’occupait que six sièges.

    « Nous serons une opposition exigeante, fidèle à nos valeurs et entièrement tournée vers l’intérêt des Aixois », déclarait mardi Marc Pena. Six nouveaux élus rejoignent le groupe, parmi lesquels Clément Frel-Cazenave, 23 ans, chef de file des écologistes durant la campagne, ou encore Magali Bailleul, membre de Place Publique et suppléante de Marc Pena à l’Assemblée nationale. David Tessier, chef de file du PCF, rejoint également le groupe, aux côtés d’Agnès Daures (DVG), déjà élue d’opposition lors du précédent mandat. « Dès demain, une nouvelle étape de notre combat commence. Nos deux élus, communiste et apparentée, y prendront toute leur place, pour porter les voix des salariés et des quartiers populaires », soulignait, ce jeudi, la section locale du PCF.

    Le Rassemblement national, en revanche, revient siéger au conseil : la liste menée par Jean-Louis Geiger, troisième au second tour avec 13,66% des voix, obtient trois sièges.

    Philippe Klein, investi par le parti Horizons et crédité de 7,96% des suffrages, ne pourra quant à lui constituer un groupe. L’ancien bâtonnier, déjà élu d’opposition en 2020, siégera aux côtés de Laurence Demarchi.

    À noter que trois délibérations urgentes doivent être soumises au vote à l’issue de cette installation.

  • Des femmes oui, mais progressistes !

    Des femmes oui, mais progressistes !

    La loi qui a étendu le scrutin de liste paritaire aux communes de moins de 1 000 habitants a mécaniquement provoqué une progression notable du nombre de conseillères municipales. Mais il est toujours très difficile pour une femme d’accéder au fauteuil de maire. Le plafond de verre est loin d’avoir disparu et les femmes sont encore barrées pour les têtes de liste et restent cantonnées à certaines délégations que les vieilles idées reçues persistent à voir comme « féminines ».

    Si la parité est un vrai combat, il ne saurait être déconnecté de la bataille politique, ni coupé des autres faits marquants de cette élection. La grande tendance est celle de la progression à droite et de l’implantation de l’extrême droite. Tendance qui se retrouve dans les résultats de notre région.

    Double combat

    Les trop rares femmes élues sont souvent de droite ou d’extrême droite. Difficile de ne pas se réjouir qu’une Laure Lavalette n’ait pas accédé à la tête de la mairie de Toulon, fut-elle une femme. Comment ne pas avouer qu’à Aix-en-Provence, on aurait préféré voir la liste progressiste prendre les clés de la mairie, fut-ce par un homme, Marc Pena, et à une femme, Sophie Joissains ? Et personne ici n’oublie Mme Thatcher ou ne votera Marine Le Pen parce qu’elle est une femme.

    Si la gauche met davantage que les autres partis politiques des femmes tête de liste, c’est manifestement encore insuffisant. Les femmes progressistes sont donc confrontées à un double combat : faire progresser des idées de progrès social et prendre leur juste place dans cette bataille.

  • Femmes et progressistes : le double combat

    Femmes et progressistes : le double combat

    C’était la grande nouveauté de ce scrutin 2026 pour les communes de moins de 1 000 habitants : l’obligation de listes paritaires. Cette loi vise à améliorer la représentativité des femmes dans les conseils municipaux. Pourtant, cette année, elles ne seront par exemple que 38, dans les Alpes-de-Haute-Provence, à être maires, contre 50 en 2020. Dans le Vaucluse également, elles seront moins nombreuses, passant de 36 à 29, pour ce nouveau mandat. Les Bouches-du-Rhône voient toutefois leur nombre de femmes maires augmenter, passant de 17 à 20 (hors mairies d’arrondissement à Marseille).

    Au niveau national, le nombre d’édiles féminines a quelque peu augmenté par rapport aux élections de 2020, passant de 21,1% à 22,6%. Une hausse continue depuis la première loi imposant la parité en 2000, mais qui reste lente et tend même à s’essouffler. Au sein des conseils municipaux, on comptait 42% d’élues en 2020.

    Même si la parité est établie dans les listes engagées lors de ce scrutin 2026, dans la région, moins d’un quart d’entre elles étaient menées par des femmes. C’est donc dès le choix des têtes de liste que le plafond de verre se fait sentir pour elles.

    Selon Sandrine Raymond Lucarini, maire (SE) réélue à Saint-Pierre-de-Vassols, dans le Vaucluse, et initiatrice d’un groupe WhatsApp pour les maires vauclusiennes, le manque de femmes à la tête de municipalité s’explique avant tout par un manque de représentativité. « à chaque élection, on a le droit au portrait-robot d’un maire. Et souvent, c’est un homme de 60 ans. Il faut que nous, les femmes, nous nous inspirions entre nous, pour montrer que l’on peut être maire. Car beaucoup se disent que ce n’est pas un rôle pour elles. »

    Pour la membre du bureau de l’association des maires de France et des maires ruraux, l’autocensure est l’un des facteurs explicatifs de cette sous représentation, mais n’est pas le seul : « Il y a aussi un problème financier. Car les indemnités pour les maires ruraux sont très faibles, et les femmes étant plus souvent dans des situations de précarité, elles envisagent moins de s’investir dans ce rôle. »

    Sans étiquette

    L’édile vauclusienne évoque aussi la question de la parentalité : « Souvent, on vous fait des reproches, on vous demande comment vous pouvez vous occuper de vos enfants… Alors qu’on ne fait jamais ce genre de remarques aux hommes. […] Et puis, il y a plus de femmes monoparentales qui ne peuvent donc pas faire garder leurs enfants », explique la mère de famille.

    Des barrières qui semblent un peu moins présentes dans les Hautes-Alpes, où les petits villages sont surreprésentés. Le rôle de maire est légèrement plus féminisé dans ce département, avec 22,6% de femmes maires en 2026, soit autant qu’au niveau national, alors qu’elles représentent 19,59% dans l’ensemble de la zone regroupant Bouches-du-Rhône, Var, Vaucluse, Hautes-Alpes et Alpes-de-Haute-Provence.

    Par ailleurs, l’absence d’affiliation à un parti politique semble leur être favorable. Alors qu’elles n’étaient qu’un peu plus de la moitié à mener des listes sans étiquette (SE), celles-ci représentent au final 84,5% des femmes maires, dans toute la zone des cinq départements. Au niveau national, les élus sans étiquette ne représentent pourtant qu’un peu plus de la moitié des maires français.

    à droite toute

    Et lorsqu’elles portent des couleurs politiques, elles sont très souvent bleues, voire brunes. Les deux plus grandes villes de la région Sud ayant installé des femmes dans le fauteuil du maire sont toutes deux situées à droite de l’échiquier politique : Sophie Joissains (UDI) à Aix-en-Provence et Josée Massi (DVD) à Toulon.

    Car ce que révèlent également ces élections, c’est la quasi-absence de femmes élues marquées à gauche. En effet, les femmes étaient moins présentes à la tête de listes de gauche ou d’extrême gauche (52) que sur des listes de droite ou extrême droite (63), dans la zone des cinq départements. Une féminisation de l’extrême droite qui a notamment pour but aussi de féminiser son électorat, autrefois majoritairement masculin. Il est donc urgent que le camp progressiste brise ce plafond de verre s’il souhaite porter plus haut et plus loin son ambition d’une société plus juste.

    En chiffres

    155

    femmes ont été élues maires, en 2026, dans les 791 communes des Bouches-du-Rhône, Var, Vaucluse, Hautes-Alpes et Alpes-de-Haute-Provence. Soit 19,59% de l’ensemble des édiles.

    22,8%

    C’est le taux de femmes élues maire dans les Hautes-Alpes. Un meilleur chiffre que les Bouches-du-Rhône, Var, Vaucluse et Alpes-de-Haute-Provence. Le Var affiche seulement 16,9%.

    52

    listes affiliées à la gauche ou l’extrême gauche ont été portées par des femmes dans les cinq départements, contre 31 pour l’extrême droite et 32 pour la droite.

    84,5%

    des femmes élues sont sans étiquette.

  • Un conseil municipal renouvelé de moitié à Montpellier

    Un conseil municipal renouvelé de moitié à Montpellier

    Il y a ceux qui siégeaient depuis longtemps (Philippe Saurel, Max Lévita, Jacques Domergue, Mustapha Majdoul…) et qu’on ne verra plus. Et il y a ceux qui vont connaître leur baptême du feu.

    Si les électeurs montpelliérains ont joué la continuité avec Michaël Delafosse, le conseil municipal va changer de visages. Sur les 69 nouveaux élus qui siégeront pendant au moins 6 ans (probablement 7), 33 vont faire leurs premiers pas. 22 sont issus de la liste Delafosse, 7 de chez Oziol et 4 de la liste Altrad.

    Dans la majorité municipale, on connaissait déjà Muriel Ressiguier pour avoir été députée LFI avant de se fâcher avec Jean-Luc Mélenchon. À ses côtés, siégeront le doyen de la fac de droit Guylain Clamour, la médecin biologiste Tal Anahory, l’ancienne candidate PS aux législatives Fatima Bellaredj, l’ex-Verte Jacqueline Markovic (Place Publique) ou Stéphane Hernandez, voix de la communauté gitane. On peut ajouter la jeune Émilie Biondi (PRG), la militante du collectif de la 5e ligne Éliane Urtado ou l’écolo Grégoire Delforge. À noter que Jean-Louis Gély, l’ex-adjoint d’Hélène Mandroux ainsi que la directrice de la SPA, Annie Benezech, font leur retour. Et que Serge Guiseppin était jusqu’ici élu dans l’opposition.

    Côté LFI, seule Alenka Doulain siégeait déjà. Font leur entrée : Nathalie Oziol, Antoine Bertrand, l’ex-chef de cabinet de René Revol, l’ex-écolo Julia Mignacca, l’enfant de Saint-Martin Rhany Slimane, Livia Jampy, suppléante du député Sylvain Carrière, Kamel Moufid et Nicolas Hillaire. Enfin, chez Mohed Altrad, vont faire leurs gammes Marie-France Boisbault, Lilit Aghajanyan, David Nocca et Jérémy Orzechowski. Stéphanie Jannin et Patricia Mirallès étaient jusque-là élues sur la liste de Philippe Saurel.

  • Les conseillers municipaux doivent élire leur maire d’ici dimanche

    Les conseillers municipaux doivent élire leur maire d’ici dimanche

    Aix-en-Provence

    Vendredi (10h), les 55 conseillers, dont 41 de la liste victorieuse de Sophie Joissains (UDI), éliront la maire sortante pour son deuxième mandat.

    Aubagne

    Ce samedi, à 11h, les nouveaux élus , majoritairement membres de la liste de Jean-Pierre Squillari (DVG) feront repasser le conseil municipal à gauche, après les deux mandats de Gérard Gazay, du parti LR.

    Arles

    Ce samedi à 16h, les 33 nouveaux conseillers municipaux de la liste de Patrick de Carolis (DVC) pourront réélire le maire sortant, face au 12 élus d’opposition, dont 8 de la liste d’union de gauche portée par Nicolas Koukas (PCF).

    Avignon

    Ce samedi, à 11h, la cité des Papes repassera officiellement dans le giron de la droite avec l’élection de la tête de liste (DVD) Olivier Galzi.

    Carpentras

    À 19h, ce vendredi, se réuniront à l’hôtel de ville les 39 nouveaux élus. La conseil passe de la gauche à l’extrême droite, menée par Hervé de Lépinau (RN).

    Digne-les-Bains

    À 9h, ce samedi, c’est un conseil marqué la le succès de la liste Toujours Digne, estampillée divers gauche, qui se réunira pour élire Julien Di Benedetto.

    Gap

    Vendredi soir, les 43 sièges seront une nouvelle fois majoritairement tenus par les soutiens de Roger Didier (DVD), maire depuis 2007 et réélu pour un nouveau mandat.

    La Seyne-sur-Mer

    C’est un conseil passé aux couleurs de l’extrême droite qui se réunira, ce samedi à 11h, pour élire Dorian Munoz (RN).

    Marseille

    Les 111 nouveaux conseillers municipaux sont convoqués pour le premier conseil, ce samedi à 10h, où Benoît Payan (DVG) sera élu pour poursuivre sa mission de maire.

    Martigues

    Vendredi à 18h, les élus participeront à leur premier conseil de la nouvelle mandature. Gaby Charroux (PCF) sera reconduit pour son quatrième mandat.

    Toulon

    Vendredi matin, la maire sortante Josée Massi (DVD) briguera officiellement son premier mandat après avoir été élue sur son nom. Elle avait après avoir remplacé Hubert Falco en 2023.

    Vitrolles

    Maire depuis 2009, Loïc Gachon (DVG) devrait être reconduit par le conseil municipal, ce dimanche à 11h, après avoir battu de peu le RN.

  • La relève progressiste en ordre de bataille

    La relève progressiste en ordre de bataille

    à la faveur des élections, une salve de nouveaux élus arrive dans les hémicycles des différents départements, à Marseille, Le Rove, Martigues, Arles, Aix-en-Provence, Aubagne, La Seyne-sur-Mer, Avignon, Sisteron ou Gap.

    Militants associatifs ou politiques, ils ont été motivés par leur engagement, leur volonté de changer la vie des gens ou de prolonger une action dans laquelle ils se retrouvaient.

    Au sein d’une majorité municipale ou sur les bancs de l’opposition, comment envisagent-ils leur travail ? « Humilité », « envie », « enthousiasme » mais aussi « travail collectif », « solidarité », « exigence », « respect des engagements »…

    Autant de mots qui résonnent dans leurs témoignages et qui augurent d’une motivation très forte. Ces nouveaux élus, tous engagés à gauche, se sont confiés à « La Marseillaise ».

    Amine Kessaci, militant associatif, élu de la majorité (Marseille)

    « Que les mères endeuillées ne soient plus abandonnées »

    Militant engagé très jeune, Amine Kessaci avait créé son association Conscience pour sensibiliser à l’écologie. Avant de voir sa vie bouleversée par l’assassinat de son frère aîné en 2020, sur fond de narcotrafic. De quoi forger son engagement, en réorientant le travail de son association pour aider les familles de victimes, jusqu’à interpeller le président de la République en visite à Marseille, en 2021. Accompagné un temps par le préfet délégué à l’égalité des chances, il a finalement rallié les écologistes, dont il a été le candidat sur la liste des européennes, puis lors des dernières législatives dans la 3e circonscription des Bouches-du-Rhône, où il n’a échoué face au RN que de 800 voix.

    L’assassinat de son petit frère Mehdi, le 13 novembre dernier, par un commando qui voulait l’intimider, a violemment ajouté au drame. Et fait du jeune homme de 23 ans une figure nationale de la lutte contre le narcotrafic, malgré lui. Si elle l’a profondément affecté, la tragédie ne l’a pas fait renoncer à son combat, même placé sous protection policière. Jusqu’à faire campagne dans toute la France pour alerter et s’engager auprès du maire de Marseille (DVG) sortant, Benoît Payan. « Je veux continuer le travail engagé par le Printemps marseillais, pour réparer cette ville, qu’il n’existe plus d’inégalités entre le nord et le sud, qu’il n’y ait plus de zones où on laisse les gens mourir, faire en sorte que ces mères endeuillées ne soient plus laissées de côté, abandonnées », partage-t-il. Dès le lendemain de l’élection, témoigne le jeune militant, il s’est mis au travail, pour aller à la rencontre des associations. Avec une envie de travailler sur les enjeux liés au narcotrafic, « avec une approche très globale ». « Nous signerons tout de suite la charte du relogement des familles de victimes », annonce-t-il.

    Lucile Venet, professeure, élue d’opposition (Arles)

    « Je veux être une représentante »

    Syndicaliste depuis 1989 au sein du Snes-FSU, Lucile Venet n’a jamais été ni sur une liste, ni dans un parti. Mais depuis dimanche, elle est devenue conseillère municipale d’opposition avec la liste de Nicolas Koukas (PCF) à Arles. Son investissement dans la campagne municipale commence avant même son arrivée sur la liste. « Avec une dizaine de personnes, on a co-créé l’Appel d’Arles. Notre but, c’était que la gauche soit unie pour être élue et éviter que l’extrême droite ne passe et que M. de Carolis ne rempile. »

    Une mobilisation apparue comme évidente pour cette professeure : « Sur le terrain, on voit que ses politiques sont en défaveur des quartiers ou des villages. Les gens se sentent abandonnés. » Le mouvement organise donc, pendant plusieurs mois, des ateliers pour réunir citoyens et militants « de gauche » autour de thématiques diverses. C’est par cet investissement que Lucile Venet décide donc de rejoindre la liste de Nicolas Koukas, qui représentait pour elle « cette volonté d’union ».

    À présent élue, elle espère continuer à travailler en atelier pour préparer les conseils municipaux. « J’ai vraiment envie d’être une représentante, de ne pas parler en tant qu’individu. J’aimerais bien essayer de maintenir la dynamique qui a été installée de travail collectif avant chaque conseil », insiste cette militante, pour qui la démocratie participative est essentielle.

    Mohamed Itrisso, travailleur social, élu de la majorité (Marseille)

    « Apporter un peu de mon vécu »

    Engagé très jeune aux Jeunesses communistes, après son grand frère, issu d’une fratrie de neuf enfants « où il fallait que chacun puisse aider l’autre », Mohamed Itrisso avait 18 ans en 1995, lorsqu’Ibrahim Ali, d’un an son cadet et d’origine comorienne comme lui, a été tué par des colleurs d’affiches du FN. « Cela a été mon vrai déclic », explique celui qui a intégré le collectif Ibrahim Ali et s’est battu pendant vingt-sept ans avant que, finalement, une avenue puisse porter son nom à Marseille.

    Engagé au PCF en 1998, « quand Marie-George Buffet était ministre de la Jeunesse et des Sports », il a multiplié les engagements. En créant avec d’autres jeunes franco-comoriens, en 2008, l’association MDH, « pour faire le lien entre ici et là-bas, avec des valeurs qui mélangeaient culture et solidarité ». Si une nouvelle génération a pris la relève, elle organise toujours la fête de l’Indépendance des Comores sur le Vieux-Port, de l’aide aux devoirs, des journées culturelles. Après le crash de la Yemenia Airlines en 2009, il cofonde l’association Ushababi, pour accompagner les familles de victimes.

    « Il y a beaucoup de mépris envers les quartiers populaires, je me bats pour qu’on puisse apporter des solutions pour améliorer leur quotidien », partage le travailleur social qui veut « apporter un peu de (s)on vécu » après avoir été candidat aux départementales et aux municipales : « Le travail fait par la majorité actuelle nous donne envie d’apporter notre pierre à l’édifice. »

    Mickaël Tedesco, technicien de distributeurs automatiques, élu de la majorité (Aubagne)

    « Je ne reconnaissais plus ma ville »

    Déjà candidat en 2020, c’est la première fois que Mickaël Tedesco est élu au conseil municipal. Il y entre grâce à la victoire de la liste d’union de la gauche (hors LFI), Aubagne en commun, menée par Jean-Pierre Squillari. Pour cet Aubagnais de naissance, c’est le passage à droite de la municipalité qui a motivé son engagement sur les listes municipales.

    « J’étais militant en 2014, mais je ne ressentais pas le besoin de faire plus. Mais voir ma ville se dégrader m’a poussé à m’investir d’avantage. Je suis né ici, mais je ne reconnaissais plus ma ville », confie-t-il.

    Adhérent du Parti communiste depuis plus d’une dizaine d’années, c’est en 2020 qu’il s’engage une première fois, mais ne sera pas élu. Puis il réitère cette année : « Je me suis dit que c’était le moment. Que je devais tout faire pour que l’on récupère la mairie. »

    C’est à présent chose faite. Et de son siège au conseil municipal, ce père de deux enfants compte en faire bon usage. « Le plus important pour moi, c’est redynamiser le centre-ville, insiste le trentenaire. Cela pourra créer un poumon qui permettra aux commerces de revenir. »

    Pour cet enfant du quartier des Passons, où il vit encore avec sa famille, la question des logements est également une priorité : « Je veux me battre contre les logements indignes et pour les enfants aussi, car ils représentent notre avenir. »

    Ilhem Delmas Zeghadi, chercheuse, 2e adjointe au maire (Le Rove)

    « Agir pour le progrès social »

    Néo-rovenaine, Ilhem Delmas Zeghadi a fait son entrée en force dans la majorité du maire du Rove, Paul Sabatino (PCF), en tant que 2e adjointe. « À l’élection du maire et de la liste des adjoints, j’ai ressenti beaucoup de reconnaissance. Reconnaissance envers mes camarades du PCF qui m’ont fait confiance et envers Paul Sabatino », relate-t-elle, la voix pleine d’émotion.

    D’autant que c’est sa « première expérience à ce niveau en politique ». Mais elle a le « communisme municipal » chevillé au corps et ne vient pas de nulle part : « J’ai grandi dans une petite commune communiste en Lorraine. Je suis issue d’une famille ouvrière et je dois tout au service public. » Cette chercheuse, qui a fait un doctorat à l’école des Mines à Paris, entame son mandat avec « beaucoup d’humilité ». « Entrer au conseil municipal, voir la Marianne : c’est le symbole de notre démocratie, ça représente notre République. Et derrière cela, c’est le combat des communistes pour sa défense », explique Ilhem Delmas Zeghadi.

    Elle se dit « très enthousiaste » pour le mandat, notamment car sa liste a battu avec la manière « les idées xénophobes de l’extrême droite ». « Nous sommes une liste de rassemblement de gauche, de citoyens. Et l’échelle de la commune, c’est justement la solidarité et la fraternité citoyenne, c’est ce qui nous a liés tout au long de la campagne », développe-t-elle. Elle entend « agir pour le progrès social » et axer le mandat sur « la proximité avec la population ».

    Anthony Gonçalves, professeur d’oncologie, élu de la majorité (Marseille)

    « Transformer la vie des gens »

    Issu d’une famille ouvrière, le chef de file des communistes pour ces municipales à Marseille, Anthony Gonçalves, reconnaît qu’il a toujours eu « une vieille conscience politique et sociale depuis tout petit », avec une culture générale puisée dans la lecture quotidienne de l’Humanité et de La Marseillaise, « que j’étais le seul à lire pour de bon et à acheter à la maison, malgré le fait que j’étais plus dans les études et le boulot ».

    Professeur de médecine à Aix-Marseille Université et responsable du département d’oncologie médicale de l’Institut Paoli-Calmettes, il s’est en effet dans un premier temps surtout consacré à son travail, « une vie tout entière dédiée aux malades du cancer et à la recherche clinique ». Avant de passer le cap en 2014 et de rejoindre le Parti communiste français, « de ne pas seulement regarder ça en spectateur mais d’intervenir ». Candidat à plusieurs reprises, depuis les législatives de 2017 aux élections européennes et lors des dernières municipales en position inéligible, il a cette fois été désigné chef de file pour le PCF. « Je me suis mis à disposition des communistes qui m’ont sollicité », explique-t-il. Insistant sur le travail mené pour ancrer le programme bien à gauche. « Nous allons tout faire pour ce que l’on a présenté comme objectifs devienne réalité, pour transformer la vie des gens », s’engage-t-il, se disant « à disposition du collectif ». « La lutte contre le RN passe par l’amélioration de la vie quotidienne : quand on rénove une école, qu’on crée des lieux de culture, qu’on améliore l’accès au sport, on tarit les conditions qui le font monter. » Et il précise : « Comme tous les élus communistes, je vais reverser la totalité de mes indemnités à mon parti. »

    Marc Beltran, ancien proviseur, élu de la majorité (Martigues)

    « Il faut faire confiance à la jeunesse »

    « C’est la première fois que je suis élu quelque part. Je me suis d’abord engagé pour défendre mes valeurs. » Marc Beltran est l’un des nouveaux visages du conseil municipal de Martigues. À 59 ans, il a décidé de se présenter sur la liste du maire sortant (PCF) Gaby Charroux, par crainte de la montée de l’extrême droite dans sa ville. Sympathisant de longue date du Parti communiste, il choisit, il y a trois ans, de devenir adhérent et militant. Un engagement qu’il traduit cette année en participant à la liste de son maire sortant.

    Habitant dans la commune depuis 2022, lorsqu’il est devenu proviseur du lycée Langevin, il souhaite notamment mettre en place des mesures en faveur de la jeunesse martégale. Pour le quinquagénaire, « il faut leur faire confiance et ne pas en avoir peur ». Les questions de formation pour les jeunes martégaux seront au cœur de son combat en tant qu’élu de la majorité. Cet ancien proviseur veut « que les jeunes puissent faire au maximum leurs études dans la ville. Car c’est un enjeu de justice sociale que d’avoir accès à cela sans avoir besoin de faire beaucoup de transports ou de déménager », affirme-t-il.

    Il porte également des valeurs d’inclusion, continuité de son ancien poste de proviseur. Atteint d’une maladie dégénérative qui lui a fait perdre la vue il y a deux ans, il ne peut plus exercer son métier. « Mon investissement militant n’était pas lié à ma maladie, mais c’est vrai que le vivre soi-même change mon regard sur ces questions », affirme le nouveau conseiller municipal, qui siégera pour la première fois dans l’hémicycle, ce vendredi.

    Sophie Delfino, enseignante, conseillère municipale d’opposition (Gap)

    « Maintenir le lien avec les citoyens »

    « Une opposition critique et constructive », voilà ce que souhaite incarner Sophie Delfino au conseil municipal de Gap, où elle siégera dans l’opposition, aux côtés des dix autres représentants de la liste d’union de la gauche « Agir ensemble pour Gap », dont elle était la directrice de campagne. Secrétaire départementale de la fédération communiste des Hautes-Alpes, Sophie Delfino, enseignante de français et de théâtre, elle était en charge de la thématique action sociale sur la liste d’Élie Cordier.

    Petite-fille de Résistant, elle s’est engagée en 1981 au PCF, elle avait alors 18 ans et voulait, elle s’en souvient avec un sourire, « tirer la veste du nouveau gouvernement par sa manche gauche ». Militante pendant plusieurs années à Marseille, elle a été élue à la tête de la fédération du Parti communiste des Hautes-Alpes en 2018 et au sein de la direction nationale du parti. Elle promet de « maintenir le lien avec les citoyens », créé pendant la campagne depuis deux ans et de créer une lettre d’information sur les débats au conseil municipal.

    Pour elle, siéger comme élue dans la première ville du département permettra de donner « plus de visibilité au Parti communiste et aux actions des camarades élus », comme Vincent Berchaud, deuxième adjoint auprès de Maurice Brun, nouveau maire de Laragne-Montéglin, ou Aloïs Eymard, élu d’opposition à Embrun.

    En parallèle, elle souhaite aussi poursuivre « la reconstruction de l’adhésion populaire au PCF », par le contact de proximité et notamment par « la culture et la convivialité ». Elle cite en exemple le succès notoire de la fête de la fédération locale, moment musical et festif qui connaît une belle affluence depuis sa réédition il y a deux ans.

    Rémy Blanc, professeur des écoles, conseiller municipal d’opposition (Avignon)

    « Défendre les quartiers populaires »

    Déjà conseiller départemental sur le canton de Montfavet et Morières, Rémy Blanc va entamer un nouveau mandat, toujours dans l’opposition. Difficile encore à chaud d’analyser la défaite de dimanche face à Olivier Galzi (DVD), entre « démobilisation de certains quartiers populaires, une part du bilan de Cécile Helle qui a été repoussé ou une entrée en campagne tardive ».

    Pas question pour autant de mettre la gauche en sourdine. Rémy Blanc entend continuer « de défendre les intérêts des quartiers populaires », fil rouge du programme autour de l’urgence sociale et écologique. « On aura un regard très serré sur la question du CCAS, de comment on répond aux besoins des plus précaires et des plus démunis ». Même s’il est encore loin, le prochain budget sera scruté de près. « On veillera à ce que tout l’argent ne soit pas dilapidé sur l’aspect sécuritaire, avec plein de caméras au détriment de la médiation et de la proximité ». Le tout sans quitter le terrain, « porter un message éclairant à la population, parce qu’on a quand même vécu une campagne avec beaucoup de manipulations et de promesses ».

    L’élu communiste ne quittera pas des yeux « la qualité du service public, notamment sur les cantines ». « Il faudra regarder ce qu’envisage M. Galzi sur cette gestion en régie publique actuellement », prévient-il, sans occulter la réforme des rythmes scolaires où le futur maire souhaite revenir à 4 jours. « Cela signifie la fin du périscolaire, que vont devenir tous les agents et animateurs ? », questionne Rémy Blanc, qui envisage d’être constructif, « en espérant être entendus et écoutés ». Mais il ne se leurre pas : « Les choses vont nous échapper pendant 6 ou 7 ans, mais on va essayer d’avoir les espaces et les leviers les plus efficaces pour résister ».

    Brigitte Cheinet, conseillère municipale d’opposition (La Seyne-sur-Mer)

    « Être sur le terrain est essentiel »

    Forte de son engagement syndical de longue date, Brigitte Cheinet va faire ses débuts en tant qu’élue. À 69 ans, la secrétaire générale de l’Union syndicale des retraités CGT du Var (poste qu’elle occupe depuis 2017), ancienne employée municipale à Alès, sa commune d’origine, puis à Bourges et Bagnolet, n’en reste pas moins une militante politique de la première heure, ayant rejoint le PCF à l’âge de 16 ans.

    Celle qui occupait la deuxième place sur la liste d’union de gauche de Stéphane Sacco fait donc partie des quatre élus progressistes qui siégeront au conseil municipal seynois. Une nouvelle aventure qui s’inscrit dans « la continuité de (ses) convictions. Je suis membre du PCF, très attachée au social, je vais me battre pour faire entendre la voix communiste et de l’ensemble des forces de gauche », promet-elle.

    Et le challenge sera de taille : lutter contre l’influence du Rassemblement national, porté par le nouveau maire Dorian Munoz, en position de force (37 sièges) dans la deuxième ville du Var. « Notre objectif sera de défendre la population contre toutes les attaques qu’elle va subir, les salariés aussi, avec les trois autres colistiers », assure-t-elle, affirmant son « intention de lutter, avec les citoyens qui ont envie de combattre ce qu’il se passe actuellement ». Et pour cela, « être sur le terrain nous semble essentiel. On pourra compter sur nous. On sera présent, on ne se laissera pas endormir. »

    Une nouvelle casquette qui n’empêchera pas cette militante hyperactive de poursuivre son engagement à l’USR CGT. Deux fonctions qu’elle considère « ne pas être antinomiques. Quand je suis à la CGT, je suis indépendante du parti. Mais en tant que citoyenne, je m’exprime à travers mes idées. »

    Zoé Lerouge, enseignante et conseillère municipale d’opposition (Sisteron)

    « Etre une force de proposition »

    « Notre objectif pour le mandat à venir, c’est d’être à la fois une force de vigilance et de proposition sur les sujets qui nous tiennent à cœur : la défense des services publics, la lutte contre la discrimination, la transition écologique. » Malgré le relativement faible score réalisé par la liste citoyenne d’union de la gauche Demain Sisteron au second tour (14,91%), qui ne garde que deux sièges au conseil municipal, la tête de liste et nouvelle conseillère municipale d’opposition Zoé Lerouge reste motivée à peser sur les décisions de la municipalité.

    La professeure d’histoire-géographie a emménagé à Sisteron « il y a trois ans et demi », avec « l’envie d’un mode de vie plus calme et de campagne ». Elle a grandi entre Marseille, Lille et Bordeaux, et a étudié les sciences politiques à Paris. « J’ai toujours été engagée dans le milieu militant et associatif, notamment dans les milieux écologistes et féministes. Mais je n’avais jamais fait de campagne politique avant celle-ci », explique la nouvelle élue, également syndiquée chez SUD Éducation.

    Elle se réjouit de participer à ses premiers conseils municipaux, même si elle espérait plus de sièges pour Demain Sisteron. « On va voir comment on peut faire pour faire avancer ces sujets qui nous tiennent à cœur », comme salarier des médecins ou créer une maison des associations. « On va se demander pour chaque politique publique mise en œuvre si elle va dans le sens de la justice sociale, de la solidarité, de la transition écologique, de la transparence et de la participation citoyenne », affirme-t-elle. Elle espère « réussir à identifier les actions qui ont le meilleur ratio investissement efficacité ».

    David Tessier, enseignant, conseiller municipal d’opposition (Aix-en-Provence)

    « Porter la voix des travailleurs »

    Engagé dans la campagne de la liste Aix Avenir, née d’une union des forces de gauche et écologistes, menée par Marc Pena, David Tessier (PCF) siégera pour la première fois au conseil municipal, aux côtés de huit autres élus d’opposition issus de la liste. Pour rappel, Marc Pena est arrivé derrière Sophie Joissains (maire sortante) au second tour. Dans ce conseil municipal siégeront également deux élus issus de la liste de Philippe Klein (Horizons), et trois élus issus de la liste de Jean-Louis Geiger (RN). « J’attends de la gauche, au cours de ce mandat, qu’elle tienne les engagements qu’elle a pris pendant la campagne électorale, c’est-à-dire de porter au conseil municipal toutes les propositions sur le logement, sur le transport, la solidarité, sur la sécurité, pour les faire vivre. Et si possible, d’essayer de leur donner une dimension concrète, déroule David Tessier. J’attends la possibilité pour nous, à gauche, de proposer des mesures qui soient utiles à tous et à partir de là, voir s’il est possible de dégager une majorité réelle qui permette de construire. » Enseignant et militant pour le Parti communiste, l’élu rappelle qu’il aura « aussi cette place particulière de l’élu communiste qui est de porter la voix des travailleurs, du mouvement social et d’être à leurs côtés pendant toutes ces années où je serais en fonction. Ce mandat, tant que je l’exercerai, sera évidemment, et bien sûr, un mandat et un travail de conseiller municipal d’opposition, mais il sera aussi celui d’un élu communiste qui, s’il y a une grève, est d’être à cinq heures du matin sur le piquet pour apporter son soutien aux salariés », poursuit-il. Si différents partis de gauche composent cette équipe (PS, Écologistes, PCF…), « je n’ai aucune inquiétude sur la capacité collective qu’on aura à y arriver, y compris avec des différences », assure-t-il.

    Hanifa Taguelmint, militante associative, élue de la majorité (Marseille)

    « Donner de la force au programme »

    Au surlendemain du second tour des municipales, « je suis entre la joie et l’angoisse », souffle Hanifa Taguelmint, militante des luttes antiracistes des années 1980. Un engagement qui a commencé avec le meurtre de Lahouari Ben Mohamed, tué par un policier aux Flamants en 1980. « Quand ça se passe près de chez toi, ça n’a pas la même résonance qu’à la télévision, témoigne-t-elle. Ma conscience militante est née à ce moment-là. Après, je n’ai pas arrêté. »

    Dans le même temps, celle qui allait devenir la première bachelière de sa famille voit sa vie bousculée par le décès de son frère, et doit abandonner les études pour commencer à travailler dans l’animation. Après la marche pour l’égalité et contre le racisme en 1983, elle travaille à la maison pour tous de Kléber (3e) avant de rejoindre Marseille Habitat pour s’attaquer à la résorption des bidonvilles de l’Estaque, où elle s’est installée. Au centre social Picon-Busserine en 1993, elle rencontre Martine Aubry, qui venait de créer sa fondation contre l’exclusion : cela la convaincra de prendre sa carte au PS quand la Lilloise remporte le congrès de 2009, jusqu’en 2015. Après avoir repris ses études, elle a aussi travaillé pour le bailleur Logirem sur des projets éducatifs, s’est impliquée dans de nombreuses associations. « Je suis une touche à tout, avec une spécialité sur le retour à l’emploi », résume la militante. Un temps à LFI où elle rejoint le comité électoral, elle quitte le mouvement, rebutée par « le côté influenceur Tiktok ». C’est à l’occasion du déplacement du maire de Marseille à Alger qu’elle se rapproche du Printemps marseillais, avant de le rejoindre en janvier, face à la menace du RN. « Pour continuer ce qui a été entamé, donner de la force au programme et éviter que le Front ne récupère la ville », résume-t-elle, voulant « agir sincèrement pour ne pas trahir les électeurs et donner de l’ambition aux Marseillais ».

  • [Entretien] Maurice Brun : « Les deux thèmes de notre projet sont proximité et solidarité »

    [Entretien] Maurice Brun : « Les deux thèmes de notre projet sont proximité et solidarité »

    La Marseillaise : Quels axes de votre campagne ont suscité l’adhésion ?

    Maurice Brun : Les deux thèmes principaux de notre projet, c’est d’un côté la proximité et, de l’autre, la solidarité. Pour moi, la proximité, c’est de rendre des services à la population. Les Laragnaises et les Laragnais doivent primer avant tout. Ensuite, la solidarité, c’est tendre la main vers son prochain, vers ceux qui sont en difficulté, ceux qui sont seuls, qui sont isolés, et les personnes à mobilité réduite. Ces deux principes forment le socle numéro un. Le numéro deux, c’est la rénovation complète de notre ville. Laragne a mal vieilli. Tous les villages à 360 degrés autour ont été refaits à neuf, sauf notre commune. Nous avons annoncé une programmation pour rénover l’ensemble de la ville, avec la propreté et la sécurité que cela implique.

    Vous avez plusieurs expériences de direction sur le territoire. Cela a-t-il pu convaincre ?

    M.B. : J’ai été président de la Chambre de commerce et d’industrie de la région Paca et de la chambre départementale, tout en étant à la tête d’une TPE (très petite entreprise). Ce qui est assez original. Je pense ne pas avoir été le plus mauvais. Le plus important, c’est d’être sérieux sans se prendre au sérieux. Sans prétention, je crois que ces expériences m’ont aidé à gagner la confiance des Laragnais et à bâtir ma méthode. Un exemple : j’ai été élu maire avec l’équipe, vendredi soir. Eh bien hier soir [lundi], à la salle des fêtes de Laragne, j’ai réuni au complet l’ensemble des élus et du personnel pour se présenter. C’est l’expérience qui m’a appris à être comme ça. Élus vendredi soir, nous nous présentons dès le lundi aux salariés pour dire que nous les soutenons et nous les respectons. Ça a vraiment été une belle soirée, conviviale, où le personnel, qui n’était pas tranquille, pas serein, parce qu’il y a eu un changement de gouvernance, a été rassuré. Et je leur ai expliqué ce qu’on attendait dans l’audit financier et dans l’audit social de manière très positive. Je suis convaincu que cette méthode vient de mon expérience de trente ans de gestion d’un établissement public dans les chambres de commerce.

    De quelle manière votre méthode va-t-elle se traduire dans l’action municipale ?

    M.B. : Je pense que le terme proximité a beaucoup plu aux Laragnaises et aux Laragnais. On ne fera pas des projets inconsidérés pour faire voyant et plaire. On va gérer au jour le jour pour rendre des services concrets à notre population. C’est pour ça que j’ai nommé un adjoint à la proximité, poste qui n’existait pas avant, qui sera en charge de faire remonter les besoins des habitants. L’équipe précédente a totalement délaissé la population. Aucune réunion de quartier, peu de rencontres avec les citoyens, ni de projets présentés au comité des fêtes. Le manque de considération de la municipalité envers la population, en six ans, a affecté les Laragnais.

    Quels seront les principaux chantiers à venir ?

    M.B. : On souhaite développer un secteur très important : l’intergénérationnel. Nous allons créer des parcs pour les tout-petits. Pour ceux un peu plus grands aussi, avec la création d’un parc des sports autour du stade Pierre-Bini, rénovation de la piscine, création d’un pump track et d’un parcours de santé. Mais aussi un parc intergénérationnel, que l’on le fera en bas de la résidence Autonomie Soleil, à la fois pour les tout-petits et pour que les seniors puissent aller sur des bancs, à l’ombre, et voir ce qu’il se passe avec les petits. Ce que j’appelle de l’intergénérationnel. Et, bien sûr, nous mettrons en route cette rénovation de l’ensemble de la commune, avec un gros chantier : la rénovation des écoles. Tout a été délaissé petit à petit, donc il y a tout à faire. D’abord, nous ferons un audit financier et un audit social, ensuite nous reconstruirons. Nous mettrons le temps qu’il faut pour repartir sur des bases saines.

  • [Ces villes face à l’emprise de l’extrême droite] À Marseille, la gestion RN sous vigilance accrue dans les 9-10

    [Ces villes face à l’emprise de l’extrême droite] À Marseille, la gestion RN sous vigilance accrue dans les 9-10

    Dans les locaux de la rue Augustin-Aubert (9e), Karim Lali, directeur général et cofondateur de l’Association de promotion de l’ingénierie socio-éducative – qui gère notamment cinq centres de loisirs dans le 9e arrondissement – ne se dit pas inquiet. « Je suis dans l’associatif depuis 35 ans. Je suis incollable, je connais par cœur les compétences de chaque collectivité. Je serai intransigeant », assure-t-il, confiant.

    Présent sur la liste du Printemps marseillais (PM) pour la mairie des 9-10, il siégera parmi les neuf conseillers d’opposition face à la nouvelle majorité de secteur dirigée par Éléonore Bez (RN), élue dimanche avec un peu plus de 50% des suffrages exprimés. « Si la Ville était tombée aux mains de l’extrême droite, je mettais la clé sous la porte en 3 ans. Mais, au niveau du secteur, leurs compétences sont réduites, souligne-t-il. Je suis curieux de voir ce qu’ils vont faire, car ils ont basé toute la campagne sur la sécurité, qui n’est pas du tout de leur ressort. »

    Des points qui inquiètent

    Gestion des équipements sportifs de proximité, des centres aérés municipaux ou encore des maisons de quartier : même limitées, les compétences d’une mairie de secteur peuvent peser sur la vie quotidienne d’un quartier. « Il y a bien sûr quelques points d’inquiétudes, note Sophie Guérard (PM), elle aussi élue d’opposition. Vont-ils trier les enfants à l’entrée des centres aérés, comme avec leur projet de trier des gens sur la plage [Franck Allisio (RN) proposait dans son programme de filtrer l’accès aux plages et aux parcs, Ndlr] ? L’utilisation des gymnases sera-t-elle réservée à certaines associations, en fonction de leur activité ? Nous serons extrêmement attentifs. »

    Au cœur de la Cayolle (9e), quartier prioritaire au pied des calanques, Ouahiba Sadou Hambli, présidente de l’association Parents, espère que l’arrivée du RN n’affectera pas le bon vivre ensemble. « Depuis 17 ans que notre structure existe, nous essayons de favoriser le lien social dans notre quartier, en valorisant la culture, en accompagnant les habitants et en facilitant les relations entre les familles et les institutions, détaille la maman de 57 ans. On lutte quotidiennement contre la haine, la division, pour montrer qu’ensemble, on peut faire de très belles choses. J’espère que le RN n’abîmera pas ce travail, en montant les gens les uns contre les autres. »

    Olivier Rioult retourne à l’Assemblée

    Après avoir remporté, dimanche, l’élection dans les 11e et 12e arrondissements, le délégué du RN à Marseille, Olivier Rioult, va aussi pouvoir faire son retour à l’Assemblée nationale. Après avoir échoué aux législatives en 2024, il avait en effet été embauché comme collaborateur par la députée Monique Griseti. S’il s’était retiré le temps de la campagne, il est depuis mardi enregistré de nouveau sur le site de l’Assemblée. Va-t-il cumuler avec la mairie de secteur ? Sollicité, il n’a pas donné suite.

    Y.S.

  • Région Sud : pas de percée et peu d’implantation insoumise

    Région Sud : pas de percée et peu d’implantation insoumise

    Si les insoumis remportent quelques mairies au niveau national, comme Saint-Denis et Roubaix, et réalisent des scores parfois importants comme à Lille ou Toulouse, le constat et tout autre dans la région Sud. Pas de prise de ville d’importance, ni de ville tout court, et des scores relativement faibles dans la plupart des départements où la stratégie des listes autonomes et des fusions tardives n’a pas porté ses fruits.

    L’exemple avignonnais est particulièrement parlant. Les scores montrent que la stratégie de la fusion avec la liste PS à l’entre-deux-tours n’a pas fonctionné : la ville n’est plus à gauche alors que l’ex-maire socialiste, Cécile Helle, avait su l’emporter largement dans une quadrangulaire en 2020 avec 45,72% des suffrages exprimés. L’alliance de 2026 entre Mathilde Louvain (LFI) et David Fournier (PS) n’arrive qu’à 38,01%. Elle améliore pourtant son nombre de voix cumulées entre le premier et le second tour. Le 15 mars, la liste PS comptait 5 431 votes et LFI comptait 5 197 votes, pour un total de 10 628 voix. Une semaine après elle en totalise 11 077. Des chiffres à mettre au regard de la hausse de la participation entre les deux tours : de 47,66% à 51,25%.

    C’est pourtant la circonscription du député insoumis Raphaël Arnault, sous la bannière du NFP, qui avait reçu 18 863 votes lors des législatives de 2024. Au final, LFI n’a que deux places au conseil municipal d’Avignon… sur tout le département. Il faut dire que la gauche en général n’a pas brillé par ses hauts faits sur la zone. À Marseille, les ambitions insoumises étaient grandes puisque Jean-Luc Mélenchon y arrivait en tête au premier tour des présidentielles de 2022 et 2017. Mais elles ont été douchées suite au retrait du député de la 7e circonscription des Bouches-du-Rhône et tête de liste LFI, Sébastien Delogu.

    Pas de miracle marseillais

    Ses moins de 12%, 33 808 voix, au 1er tour et l’absence de fusion ont condamné les chances d’une représentation au conseil municipal. Mais le maintien dans plusieurs secteurs permet une implantation locale. Le mouvement devrait totaliser, au mieux, une quinzaine d’élus dans ces hémicycles. Sur les quatre secteurs où LFI s’est maintenue au 2nd tour, le mouvement est systématiquement arrivé derrière le Printemps marseillais. Et même derrière le RN, sauf dans les 2e et 3e arrondissements. Y compris sur le périmètre géographique de la circonscription de Sébastien Delogu. Laquelle englobe les 15e et 16e arrondissements et où la liste LFI ne totalise que 4 594 voix au second tour… À titre de comparaison, le député en récoltait 6 904 lors du premier tour des législatives de 2024.

    Échec dans les villes moyennes

    Le constat est encore plus accablant lorsqu’on se penche sur les scores dans des villes dites moyennes des Bouches-du-Rhône. La plupart des listes LFI n’étaient même pas qualifiées pour le second tour. À Martigues, ville communiste où Mélenchon arrivait 2e avec 24,65% à la présidentielle de 2022, la liste soutenue par LFI n’arrive même pas à 8%. Même principe à Aubagne où la liste insoumise, contre celle d’union de gauche qui a pris la ville à la droite, ne dépasse pas les 5% (791 voix). Bien loin des 13,03% (2 188 voix) de la liste de Manon Aubry aux européennes de 2024. Dans les Alpes-de-Haute-Provence, si les insoumis soutenaient des listes citoyennes comme celle de Demain Sisteron, ils n’implantent pas d’élus dans les conseils municipaux. Dans les Hautes-Alpes, LFI n’avait investi que Jacques Patron à Gap, éliminé dès le premier tour (2,90%). Dans le Var, là encore, on constate que la stratégie autonomiste n’a pas fonctionné : à La Seyne comme à Toulon, les listes soutenues par LFI ne pouvaient pas passer le 1er tour, à la différence des listes d’union de gauche. Pourtant, les insoumis recueillaient 5 200 voix aux européennes sur la première ville du Var, quand ils n’en comptaient plus que 2 242, le 15 mars.