Tag: Municipales

  • Soutien du centre-gauche à Benoît Payan

    Soutien du centre-gauche à Benoît Payan

    « La liste de droite de Martine Vassal n’a pas le monopole du centre. Son rapprochement avec les valeurs du Rassemblement national est incompatible avec un centre républicain et social, capable de rassembler et de gouverner », déclare-t-il dans un communiqué.

    Fondateur de l’association culturelle Pour que Marseille Vive, Hugo Roche-Poggi, est né à Marseille en 1997. Créée en 2020, son association a accompagné des centaines d’artistes, créateurs et acteurs du renouveau marseillais. Parallèlement, il exerce des responsabilités politiques en tant que fondateur du collectif Le Forum Marseillais, ainsi que représentant du Parti Radical de Gauche et de la Convention de Bernard Cazeneuve.

  • Condamné, Yann Bompard n’est plus maire d’Orange

    Condamné, Yann Bompard n’est plus maire d’Orange

    Yann Bompard n’est plus maire d’Orange. Le tribunal correctionnel de Marseille a reconnu l’élu de la Ligue du Sud coupable de recel de détournement de fonds publics – l’emploi fictif de collaborateur parlementaire du 30 novembre 2021 au 11 février 2023 – et l’a condamné à 18 mois de prison avec sursis, 40.000 euros d’amende, confiscation de 8.000 euros saisis sur son compte bancaire et surtout 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, ce qui le destitue de son mandat et lui barre la voie à une candidature aux prochaines municipales. Il était absent au délibéré. Le préfet devra démettre l’élu d’extrême droite à moins qu’il ne démissionne de lui-même. « Il n’a cessé au cours de l’enquête et de l’audience d’affirmer qu’il avait parfaitement exercé ses missions de collaborateur parlementaire, ce qui laisse songeur quant à l’utilisation qu’il sait pouvoir faire des deniers publics » a dit le tribunal.

    La députée de la 4e circonscription du Vaucluse, Marie-France Lorho, passée au Rassemblement national, est condamnée elle aussi à 18 mois de prison avec sursis, 10.000 euros d’amende et à 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, comme auteure principale du délit de détournement de fonds publics et subornation de témoins pour avoir demandé à son autre collaborateur parlementaire de mentir. « Alors qu’elle est une représentante du peuple, et non de ses électeurs, Marie-France Lorho a choisi de se positionner, puis de se maintenir sous la coupe d’un responsable politique local. Elle a choisi de favoriser les intérêts financiers de la famille de ce dernier, et ce partant de préserver son propre avenir politique au détriment du bien public » a énoncé le tribunal. La députée s’est enfuie du tribunal par une porte dérobée.

    Si elle ne faisait pas appel, elle devrait toutefois former un recours devant le Conseil constitutionnel pour pouvoir achever son mandat. Les deux élus condamnés devront solidairement rembourser à l’Assemblée nationale constituée partie civile la somme de 74.776 euros bruts de salaire de collaborateur parlementaire fictif indûment versés à Yann Bompard.

    À lire demain dans La Marseillaise.

  • Les plans de la gauche pour sortir Lunel de la précarité

    Les plans de la gauche pour sortir Lunel de la précarité

    Contrairement aux candidats se réclamant du courant socialiste dispersés sur les listes de la maire candidate Paulette Gougeon, de Stéphane Dalle, l’ex-adjoint de l’édile Pierre Soujol décédé en juin 2025 ou de Stéphane Muscat, ex-directeur de cabinet de l’ancien maire Claude Arnaud (divers droite), écologistes, insoumis et communistes ne se réclament pas de la majorité sortante. « Ça ressemble à l’après De Gaulle. Tous se revendiquent héritiers de Pierre Soujol et se tapent dessus », s’amuse l’écologiste Lise Florès. « À droite, c’est le bal des hypocrites, ils se trahissent les uns les autres », confirme l’Insoumis Bruno Gagne qui se méfie aussi de l’extrême droite qui pourrait être incarnée par Antony Belin ou Julia Plane et Thierry Razigade.

    Pour l’heure les têtes de listes de « Lunel collectif » (Lise Florès) et de « l’Union populaire Lunel, fière et solidaire » (Bruno Gagne) tracent chacun leur route. Mais un rapprochement est à l’étude, au moins dans l’entre deux-tours. « Nos portes sont grandes ouvertes. Les écologistes ne sont pas nos adversaires, faisons chacun le maximum », pose le cégétiste. « Une union est envisageable pour nous, y compris avant le 1er tour », confirme la fonctionnaire cadre territorial.

    D’ici là, chacun avance ses propositions pour redonner un élan à la 5e ville de l’Hérault (26 600 habitants) située au cœur de la vallée du Vidourle, aux portes de la petite Camargue. Une ville forte de ses traditions (bouvine) et riche de son histoire romaine mais aujourd’hui pauvre, abîmée et prise en étau entre Nîmes et Montpellier.

    Le PCF a fait le choix de rejoindre LFI qui « assume son étiquette de gauche et veut transformer les choses », insiste François Got. Le communiste veut profiter de l’immobilier libéré par le projet de nouvelle caserne au mas de Fourques et du déplacement de l’accueil 3e âge vers la clinique pour imaginer de « nouveaux logements et des crèches ». Il souhaite aussi « s’attaquer aux marchands de sommeil » et construire des logements sociaux (1 430 familles en attente). Bruno Gagne ajoute le besoin « d’attributions transparentes, d’encadrement des loyers et de contrôles sur la salubrité des logements en location ».

    Du côté de la liste d’union citoyenne de la gauche et des écologistes, Lise Florès veut privilégier la « densification ». « L’étalement urbain pour faire venir des entreprises, c’est comme la stratégie du ruissellement, ça ne marche pas. » Pour créer de l’emploi, l’écologiste préfère « partir des besoins » et cibler « les métiers en tension » (agriculture, services à la personne, rénovation énergétique…). Comme Bruno Gagne qui vise « les circuits courts, les produits locaux », veut des « cuisines centrales municipales » et « les premiers m3 d’eau gratuits », Lise Florès souhaite créer des « régies publiques » dans des fermes (insertion, bio), pour le service à la personne, pour la culture (école de musique) ou le social.

    Persuadée que « le tout sécuritaire est voué à l’échec », l’écolo prône la prévention via des « médiateurs » de quartiers. Bruno Gagne insiste aussi sur la nécessité de « redonner le pouvoir aux habitants ». L’Insoumis promet des conseils de quartiers dès 16 ans, un budget participatif et des votations citoyennes (RIC) sur les sujets majeurs comme la déviation Sud de la route nationale (RN) 113. « Il y a trop de bouchons, de bruit, de pollution. Nous allons réétudier toutes les options ». Pour « protéger les terres agricoles », Lise Florès est plus catégorique. « La déviation est un faux nez qui ne réglera pas le problème. Il faut des mini-bus inter-quartiers, des pistes cyclables et des espaces piétons. » Une manière de dire que la grande rénovation entreprise au centre-ville de Lunel n’est pas suffisante.

  • Magali Brunel face aux lecteurs à Toulon

    Magali Brunel face aux lecteurs à Toulon

    L’enseignante, actuellement conseillère municipale d’opposition, est interrogée sur le projet démocratique, social et solidaire dont elle est porteuse, en particulier ici sur les moyensà mettre en place pour juguler la crise du logement ou comment améliorer les dotations aux écoles afin de favoriser l’égalité des chances. Mais aussi comment promouvoir l’usage des transports en commun, faciliter les mobilités et rendre la ville plus solidaire, plus accueillante. Tout un programme.

    Alain Tournay : On ne va pas se mentir, l’école ne va bien du tout. Comment faire en sorte d’améliorer les dotations pour qu’elles soient à la hauteur des besoins ? Pareil pour la restauration scolaire qui a un train de retard, voire un tramway, alors qu’on sait que certains élèves ne font qu’un seul vrai repas par jour à Toulon ?

    Magali Brunel : Alors d’abord, sur la dotation scolaire, je pense qu’il est bon de resituer un petit peu les choses, puisque nous sommes trois élus d’opposition depuis six ans dans la municipalité actuelle. Et c’est un sujet sur lequel on s’est toujours mobilisés. À chaque budget, à chaque occasion où un sujet éducatif était sollicité, on est revenu sur la question d’un meilleur soutien pour l’école, que ce soit sur les dotations aux classes qui servent justement à acheter les fournitures et puis à développer des projets, ou les sorties scolaires et les classes transplantées, puisque ce ne sont pas les mêmes lignes budgétaires.

    Ce sont deux sujets sur lesquels on s’est beaucoup battus, André de Ubeda en particulier, puisqu’il était en charge de la commission éducation. Et on a obtenu d’ores et déjà des choses. La revalorisation des crédits de dotation a été marquante aux alentours de 40 000 euros. Et pareil pour les classes transplantées.

    Mais ce n’est pas suffisant. Il faut avoir une vision un petit peu globale de l’enjeu que c’est d’accompagner toute une génération dans de bonnes conditions matérielles. Et à Toulon, c’est sûr qu’on n’est pas au rendez-vous. Je crois qu’on est dans les plus bas des classements en termes de dotation par élève. Nous pensons que d’abord, on peut y répondre avec, dès la rentrée, une prise en compte de la nécessité d’équiper les enfants de kits scolaires gratuits. Ça se fait à Marseille aujourd’hui, et dans plusieurs autres communes de la région. Ça met tous les élèves à égalité.

    On sait que la pédagogie de projet et l’ouverture hors de l’école, c’est un des moyens de lutter contre les inégalités scolaire et sociale, parce que nos enfants, s’ils reçoivent tous le même enseignement, ils sont à l’école devant le même enseignant, ils n’ont pas le même environnement pour profiter de ces cours qui leur sont dispensés. Donc, c’est sur l’environnement, sur le projet, sur l’ouverture qu’il faut jouer.

    Concernant ensuite la cantine, c’est un sujet qui est, à mon sens, sous-évalué aujourd’hui. L’alimentation en général dans une collectivité, d’ailleurs. Nos seniors s’alimentent mal, et cela accentue leur problématique de vieillissement ; les personnes les plus démunies s’alimentent mal et ça accentue les problématiques de leur vie quotidienne ; et nos enfants, qui sont l’avenir, sont soit mal alimentés, soit s’alimentent mal parce que l’environnement n’est pas suffisamment favorable. Et cela a des conséquences sur leur développement, leur santé, leurs apprentissages. Nous pensons qu’il faut mettre le paquet sur la restauration scolaire.

    De ce point de vue là, on a également des références, avec des municipalités qui ont déjà mis des choses en place et qui ont très bien fonctionné. C’est le cas dans des petites communes comme Correns ou Mouans-Sartoux, qui font office de modèles. Mais c’est le cas aussi à Lyon, qui est quand même une collectivité plus importante que Toulon. Donc, nous, on se situe entre deux. Si on arrive à faire mieux que Correns et Mouans-Sartoux et juste en dessous de Lyon, on ne sera déjà pas si mal.

    Et on a des moyens de le faire, parce qu’à Toulon, tout ce qui est production alimentaire n’est pas mobilisé par des sous-traitants qui donnent des repas prêts à l’emploi. Nous avons des personnels qui sont des cuisiniers et des cuisinières et qui ont donc un savoir-faire.

    Il faut qu’on s’appuie sur ces savoir-faire. Et il faut qu’on réfléchisse à davantage nous appuyer aussi sur nos producteurs locaux, rentrer dans une boucle positive pour qu’eux vivent mieux et qu’ils nous permettent de mieux alimenter nos enfants.

    Salima Arrar : Que prévoyez-vous en termes de politique de santé, et concernant le devenir des cliniques privées ?

    M. B. : Le paysage qui se dessine, c’est celui d’une santé à deux vitesses qui a été encouragée par l’installation de groupes privés. Et puis, il y a l’hôpital public et tous les acteurs de la santé publique qui sont en grande souffrance, notamment du fait de resserrement des budgets nationaux. Avec des corps de métier qui sont en très grande tension.

    Pour ce qui concerne la gouvernance municipale, la priorité est de faire en sorte qu’il y ait une offre de soins pour tous les habitants de la ville. Et donc, de ce point de vue là, pour prendre l’exemple de la clinique Saint-Jean, quand il a été question de son éventuel déménagement sur La Crau par le groupe Sainte-Marguerite, notre rôle a été de mettre en évidence le véritable problème que cela pouvait créer pour ce quartier déjà en difficulté. Il est important de s’attacher à maintenir des systèmes qui fonctionnent là où ils sont implantés, à proximité des habitants. Nous avons eu des réserves sur les conditions de la reconfiguration et l’extension négociée par Madame Massi [maire de Toulon SE, Ndlr], parce que cela impacte un parc, et que nous pensons qu’il faut trouver d’autres solutions que de couper des arbres et de sacrifier de l’espace vert. Parce que c’est aussi une question de santé que les gens puissent bénéficier d’espaces verts. Mais, ceci étant, je le répète, nous soutenons un projet qui consisterait à permettre à une structure existante et qui fonctionne dans l’environnement de rester dans son lieu.

    Nous avons d’ailleurs voté il y a quelques semaines, un contrat local de santé et de santé mentale, qui est une manière pour la collectivité de coordonner l’action des acteurs locaux. C’est un outil intéressant, mais là encore, un outil qui nécessite de la concertation et de la co-réflexion réelle. Ces outils-là ont de valeur que si tout le monde est sollicité, tout le monde contribue : la médecine de ville, les différentes structures privées de santé, la structure publique et les autres acteurs de santé comme le CCAS. Donc nous, nous souhaitons faire vivre ce contrat local de santé pour qu’il soit un véritable organe de régulation, de concertation et d’amélioration de la politique de santé municipale.

    Je termine en évoquant les centres de santé qui sont des lieux où on peut aller se faire soigner, qui sont coordonnés avec l’hôpital et qui appartiennent au réseau de la santé publique. De notre point de vue, il y a un audit à mener pour clarifier où sont les besoins sur le territoire municipal. On a parlé de cliniques privées, d’hôpital public, mais il y a des zones blanches. Dans le quartier de Claret, par exemple, le dernier médecin généraliste va partir à la retraite et il n’y a personne pour le remplacer. Pour nous, il faut répondre à ces problématiques non pas simplement en termes de bâti, en mettant à disposition un local et en laissant faire ceux qui souhaiteraient y aller, mais bien identifier les besoins et faciliter l’installation de médecins qui pourraient être salariés et donc faire partie du personnel public. Cela nous permettrait de répondre aux besoins là où ils sont.

    Xavier Hardy : On est vraiment très soucieux du traitement réservé aux migrants, aux personnes à la rue ou en grande difficulté… Comment allez-vous permettre cet accompagnement social par les structures ?

    M. B. : Nous nous y étions engagés en 2020, nous n’avons pas changé d’avis : nous serons signataires de la charte de l’Anvita [Association nationale des villes et territoires accueillants, Ndlr]. Donc si Toulon en Commun est appelé à mener la municipalité nous assumerons les différents articles de cette charte. Et nous envisageons les actions de solidarité dans la durée. Parce qu’on n’est pas solidaires un jour par an au moment par exemple de la collecte de la Croix-Rouge ou la journée de ceci ou de cela.

    Pour moi, investir la mairie c’est respecter les trois mots qui caractérisent la vie publique : liberté, égalité, fraternité, sans en laisser un de côté. La fraternité se traduit notamment, il me semble que c’est un signe fort, dans la manière dont une ville traite les gens qu’elle accueille : les plus fragiles, les personnes qui ont subi des exils, des traumatismes, des accidents de vie. Nous avons à les accueillir avec humanité. Et c’est ensemble que nous devons le faire.

    Notre programme s’est bâti à la fois dans le collectif mais aussi grâce à des rencontres avec des acteurs associatifs, des acteurs de la solidarité, des personnes aussi qui ont cette expérience-là. Voir des enfants à la rue, des femmes passer des nuits dehors avec leurs petits gamins, ce n’est juste pas possible !

    Alors, comment on soutient ? D’abord en facilitant et en accompagnant le travail des associations. On a la chance sur Toulon d’avoir un tissu déjà créé qui sait travailler ensemble, et donc il faut s’appuyer sur les compétences et sur l’expertise existantes. Aider aussi à l’identification de ces structures, parce que quand on débarque à Toulon dans une situation souvent terrible, qu’on est à la recherche d’un toit et de quoi manger, il faut qu’on ait une solution rapidement identifiable, donc des cartographies qui permettent de savoir à qui s’adresser rapidement.

    Jean-Paul Jambon : Quelles propositions faites-vous
    pour remédier à la carence
    de logement social
     ?

    M. B. : Il y a en fait deux problématiques. Celle de la construction, pour commencer. Et on s’aperçoit que les leviers pour produire davantage de logements sociaux ne sont pas actionnés. La deuxième concerne le vieillissement du parc existant, qui fait qu’on met des habitants, des locataires qui paient leur loyer régulièrement, dans des situations d’indignité du logement. Ce qui rajoute des problèmes, parce que quand on vit dans un logement dégradé on veut légitimement en partir. Et donc on demande à muter, ce qui ajoute, en quelque sorte, une pièce supplémentaire dans la machine.

    Il faut traiter les deux problèmes en même temps et pas de manière différenciée. La construction du logement social, c’est un sujet, lui aussi, sur lequel depuis 6 ans, là dans le cas précis, c’est moi, on intervient en conseil municipal. Au début, c’était M. Falco qui me répondait « Mais Mme Brunel, là, il y a la mer, là, il y a la montagne, il n’y a pas un seul mètre carré de foncier disponible ». Bon, on a trouvé beaucoup de mètres carrés pour faire du logement privé et des belles résidences.

    A priori, il n’y en avait pas pour les classes populaires. Donc évidemment, ce traitement n’est pas admissible. Et ça veut dire qu’il faut mettre en face de cela une stratégie qui marque la rupture. Et pour commencer abaisser les seuils d’obligation à construire du logement social lorsque l’on construit des résidences. Ce qui va augmenter leur nombre dans un espace de mixité sociale.

    Parce que quand on fait cela, on ne construit pas une tour où on concentre des populations issues des mêmes milieux socio-économiques, mais on fait vivre ensemble des populations différentes avec des niveaux d’acceptabilité qui font que nous coexistons et nous coexistons avec harmonie. Donc en cela, on répond à la fois à un problème de logement et à un problème de mixité qui s’enchaîne sur la mixité scolaire. Enfin, vous voyez, c’est la chaîne vertueuse au lieu de rester dans une chaîne de blocage.

    Il est urgent également de rénover le parc social et d’améliorer la vie quotidienne des habitants, parce qu’on a laissé tomber les locataires, on a laissé tomber les cités. Et on a rajouté en plus des problèmes au moment de la rénovation urbaine du centre-ville, c’est-à-dire que les personnes qui vivaient dans le centre ancien depuis des années, on les a déracinées. J’ai rencontré des messieurs qui avaient toujours vécu ici dans ce centre-ville et qui ont été envoyés à la Beaucaire où ils sont perdus, parce que c’est ici qu’ils ont leur cercle.

    Ça, c’est très choquant. Il faut s’engager à ce qu’une rénovation urbaine ne soit pas une façon de sortir les habitants de leur lieu de vie, mais qu’on construise avec eux le logement pour eux et pour demain.

    Sandra Gérard : Nous avons un double problème à Toulon du fait du manque de logements mais aussi de la cherté des loyers. Ce qui oblige beaucoup de salariés à s’éloigner de Toulon, et provoque un engorgement de la circulation… Comment comptez-vous agir sur ces deux phénomènes ?

    M. B. : On est toujours sur la difficulté d’accès au logement. Le problème c’est qu’on est dans un enkystement de la situation qui a conduit, notamment après le Covid, à une augmentation des prix de l’immobilier qui n’a fait que s’accentuer. Et ça continue d’ailleurs du fait du nombre de résidences secondaires qui se multiplient sur la ville et qui ne sont pas découragées. Sans compter le développement des moyens de location de meublés touristiques type Airbnb, mais pas que, et qui bloquent du logement. Parce que c’est plus rentable de louer en succession à plein de touristes qu’à une famille qui en a besoin. Ce qu’on identifie dans les différentes analyses, c’est que, en plus, les effets de la pénurie de logement et la cherté des loyers touchent particulièrement les jeunes actifs et les familles avec enfants qui sont obligés comme vous le dites de quitter Toulon.

    Donc ça signifie qu’il faut absolument apporter des réponses parce qu’on dévitalise une ville aussi. Et il faut d’abord s’attaquer à la question des Airbnb. Il y a des solutions très simples, votées récemment. Donc on a les dispositifs, les outils.

    Dans le Pays Basque, ils ont fait ça de manière très volontariste avec des résultats qui sont évidents. Donc faisons en sorte de limiter les abus. Il ne s’agit pas d’interdire de louer 15 jours son appartement quand on est en vacances, mais bien les abus qui créent du blocage à la location de longue durée.

    Deuxième sujet, la question du prix des loyers. Il y a une façon très raisonnable de faire les choses, c’est de prévoir un encadrement. Un encadrement, ce n’est pas que tout le monde a le même loyer. Le loyer est analysé en fonction de l’offre et dans une marge de manœuvre raisonnable qui permet de valoriser éventuellement un appartement qui est plus attractif par rapport à un autre qui l’est moins, mais dans une proportion raisonnable de façon à permettre aux locataires de payer un juste prix.

    Et puis il y a une troisième solution qui est le permis de louer, qui fait que la municipalité est garante de ce qui est offert à louer aux locataires. Parce que quand vous vous retrouvez à payer 800 euros un taudis ou un endroit ultra-humide, c’est indigne. Et ça ne devrait pas être admissible par une collectivité qui a les moyens de régler cela. Le permis de louer permet de faire en quelque sorte un filtrage pour mettre à la location un logement qui peut effectivement être habité.

    Ça peut être d’ailleurs associé aux aides de la CAF. Donc ça veut dire qu’on a des leviers pour soutenir tout simplement des gens qui sont responsables dans la location qu’ils mettent à disposition. Il ne s’agit pas du tout de faire la guerre à des propriétaires ou à des organismes qui fonctionnent de manière tout à fait citoyenne, mais de se prémunir des abus et des positions de faiblesse dans lesquelles on met les locataires et les gens qui veulent accéder à la propriété.

    C’est-à-dire ?

    Libérer le parc, c’est permettre aussi un accès à la propriété plus facile aux ménages qui à force d’efforts ont pu faire en sorte de dégager des économies pour investir. Là aussi il y a des solutions qui permettent d’acheter le bâti et que le foncier reste à la propriété de la ville, et qui font qu’on peut devenir propriétaire à moindre coût.

    Et quand on s’attaque à la question du logement, on limite aussi les problématiques d’embouteillage automobile qui sont un poison pour les gens, pour les travailleurs en termes d’écologie et de bien vivre dans la ville. Néanmoins, évidemment, il faut faciliter la mobilité quand elle n’est pas contrainte.

    Et pour nous, l’un des points forts de notre programme c’est le tramway comme axe structurant l’ensemble de la métropole de la Seyne, au moins, à La Valette, et si possible plus loin encore. C’est-à-dire l’axe majeur de circulation au sein de notre territoire. Parce qu’il est beaucoup plus efficace et plus écologique. C’est la solution la plus adaptée à notre ville. Et que nous pensons que ce travail sur des investissements structurants, doit être associé avec une gratuité progressive.

    Parce que pour changer de mode de transport, toutes les études montrent dans des métropoles comparables que seulement l’offre ou seulement la tarification ne suffisent pas. C’est l’association des deux qui font qu’à un moment donné un usager, un habitant choisit de passer à une autre modalité de transport. C’est ce que nous voulons faire et nous comptons l’articuler avec les autres moyens de transport intra-urbains qui sont notamment les moyens ferroviaires. On a parlé d’un RER toulonnais mais il n’est pas encore à sa vitesse de croisière.

    Roland Biache : Est-ce que votre programme intègre a minima le maintien des volumes financiers en cours à destination
    des associations, voire a prévu
    de les faire progresser ?

    M. B. : Alors, nous d’abord, on est évidemment convaincus que le tissu associatif c’est le filet de la cohésion sociale. Et c’est souvent, concernant les associations de la solidarité, le filet de survie et le filet de sécurité de toute une série de populations précaires. Donc nous avons un regard absolument attentif à ce tissu associatif. Et ça fait partie aussi des sujets sur lesquels on est intervenu plusieurs fois en conseil municipal parce que le discours abusif de M. Falco était le maintien. On maintient les sommes telles qu’elles ont été accordées l’année précédente.

    Mais comme on peut en faire facilement le calcul, les 23 ans à la direction de cette municipalité de M. Falco, compte tenu à la fois de la hausse des recettes de la ville et de l’inflation, ont abouti à ce que les associations fassent les frais au final de budgets en baisse. Donc nous avons demandé chaque année, non pas qu’on nous parle de maintien, mais qu’on nous parle de réactualisation, au moins, au même taux, et sur lesquelles les associations peuvent s’appuyer. C’est notamment quelque chose qu’on a réussi à obtenir les deux dernières années, parce que notre argument a été entendu et que l’hypocrisie a été quand même levée.

    Nous allons aussi regarder de près l’utilisation de l’argent public, comment on s’en sert, quel est son usage, quel est le public qui en est bénéficiaire. Aller voir concrètement les effets, les résultats. C’est pourquoi la proposition d’une commission de concertation me paraît être une bonne solution, parce qu’elle permet à la fois de voir les bonnes pratiques, d’être clair sur les critères et donc qu’il n’y ait pas, en quelque sorte, de concurrence déloyale.

    On a parlé tout à l’heure des associations de logements. Voilà typiquement un sujet sur lequel on peut avoir des grosses inquiétudes quant à la transparence de leur action. Et donc il est certain que nous, à Toulon en Commun, qui avons une logique participative pour notre propre mode d’action, nous considérons que la concertation et la transparence sont la règle d’or du fonctionnement de toute action citoyenne et donc aussi celle des associations. La proposition de budgets pluriannuels me semble une bonne solution. Je pense que l’idée de se dire qu’on part sur une échelle plus longue pour permettre aux gens de travailler sereinement est une idée à explorer, c’est une réponse au stakhanovisme des dossiers à compléter qui occupent beaucoup les associations au détriment de leur travail sur le terrain et celui des agents municipaux. Et donc peut-être qu’on gagnerait à se faire confiance sur un temps donné, à être réellement attentifs aux bilans et donc à voir de près quels sont les bénéfices et ainsi faire travailler les gens sereinement.

    Je tiens également à dire que la culture n’est pas une variable d’ajustement dans un budget municipal. Pour nous, elle participe de la citoyenneté. Elle est un levier de citoyenneté et elle doit être partout.

    Focus sur les lecteurs

    Alain Tournay, enseignant (responsable syndical)

    Salima Arrar, aide-soignante (syndicaliste et membre du PCF)

    Xavier Hardy, retraité (collectif Migrants)

    Jean-Paul Jambon, retraité (Fondation pour le logement)

    Sandra Gérard, fonctionnaire de catégorie B à l’Arsenal de Toulon

    Roland Biache, retraité (militant associatif)

  • [Entretien] Waren Boukhecham : « C’est le bon moment pour proposer une vision nouvelle »

    [Entretien] Waren Boukhecham : « C’est le bon moment pour proposer une vision nouvelle »

    La Marseillaise : Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?

    Waren Boukhecham : J’ai 38 ans, je suis père de deux filles, je suis né à La Roque d’Anthéron, j’y vis toujours. Professionnellement je suis brigadier-chef de police municipale à Marseille. Depuis seize ans. De 2007 à 2011 j’étais militaire sur la base de Salon-de-Provence, j’ai aussi joué au rugby dans l’équipe de France Armée de l’Air et j’ai joué au Pays d’Aix rugby club. Des expériences, qui m’ont transmis le sens du collectif. J’ai également fait partie du milieu associatif à Marseille. J’ai aidé à créer des activités pour les jeunes des quartiers Nord, entre autres. Je n’ai aucune expérience politique et je n’ai jamais été candidat à une élection. Si je m’engage aujourd’hui, ce n’est pas par ambition personnelle mais par attachement profond à mon village.

    Vous êtes candidat à la tête d’un collectif citoyen. Quels sont vos projets pour le village ?

    W.B. : Oui, un collectif sans étiquette, avec des femmes et des hommes du village, de tout bord, sans appartenance aux extrêmes. On veut une équipe à l’image du village, de terrain, proche des Rocassiers. On a des gens de tous milieux. C’est une liste complémentaire. Aujourd’hui, je suis convaincu que notre village peut retrouver de l’énergie : il fonctionne, mais il a perdu une partie de son dynamisme. Or, un village, ce n’est pas seulement une gestion, c’est aussi de la vie, du lien, des projets… Aujourd’hui, il y a des attentes, beaucoup de Rocassiers veulent préparer l’avenir. C’est le bon moment pour proposer une vision nouvelle. Être candidat c’est choisir l’action plutôt que le commentaire. Aujourd’hui, le village est calme (…) Les commerces ferment les uns après les autres, le marché n’est plus assez fréquenté, on est obligés d’aller dans les communes alentour pour se divertir le week-end. J’ambitionne d’être un maire présent et proche des habitants du village.

    Où en est-on, dans votre campagne et de votre programme ?

    W.B. : On travaille tous les jours sur le programme avec mon équipe et les habitants. Les grands axes seront révélés d’ici 10 à 15 jours.

  • Le Printemps marseillais réuni pour « une ville rassemblée »

    Le Printemps marseillais réuni pour « une ville rassemblée »

    Ils étaient tous là, réunis autour de Benoît Payan. Les communistes du sénateur Jérémy Bacchi et leur chef de file Anthony Goncalvez, les écologistes de Michèle Rubirola, les socialistes du député Laurent Lhardit, de la sénatrice Marie-Arlette Carlotti et du secrétaire fédéral Yannick Ohanessian, ou encore Eric Méry, le président de Mad Mars, collectif citoyen à l’initiative du Printemps marseillais en 2019.

    Au service des Marseillais

    Avec eux Samia Ghali, la maire-adjointe (DVG), Pierre Huguet, le président (G.s) du groupe au conseil municipal, les maires de secteur Didier Jau (EELV), Olivia Fortin (Mad Mars), Anthony Krehmeier (PS) et Sophie Camard (GRS) ; des adjoints aussi, Pierre Marie Ganozzi (PM), Christine Juste et Hervé Menchon (EELV), Ahmed Heddadi (GRS) ou Hedi Ramdane (RDG) ; et de nouvelles têtes enfin, comme Pascaline Lecorché (PP) ou Cécile Vignes (GE).

    Après, une annonce de candidature très « personnelle », c’est cette fois la force collective « d’une équipe qui pendant six ans a choisi de servir les Marseillais plutôt que de se servir », qui est mis en avant. La remontée de la Canebière, en rangs serrés, bras dessus-dessous, rappelle le 4 juillet 2020. C’est ainsi que le Printemps marseillais avait débarqué à Bargemon, sous les vivats de la foule et un soleil d’été, pour prendre les clés de la mairie. Samedi, le temps était pluvieux « mais après la pluie vient toujours le beau temps et après l’hiver vient toujours le printemps », rappelle Benoît Payan.

    Face à eux, des centaines de militants et citoyens engagés sont réunies pour cette inauguration du QG de la gauche écologistes et citoyenne pour les municipales. Des écharpes et des parapluies aux couleurs du Printemps, ont été distribués. Le rendez-vous sonne le coup d’envoi de leur campagne. Un moment « historique », martèle le maire alors que l’extrême droite est donnée haute dans les derniers sondages.

    Benoît Payan, lui, veut « lever un espoir », « barrer la route aux fascistes » et « empêcher ceux qui ont abîmé cette ville pendant 25 ans de revenir au pouvoir ». Après six ans de mandats, l’insouciance et l’espoir ont laissé place à une forme de conviction. La formule, elle, reste la même. Dans le local ouvert au public, des habitants et des enfants écrivent sur une fresque militante, une expo présente la grande enquête menée à l’automne… Entre deux selfies, le maire – candidat souffle : « ça fait du bien de voir toutes ces personnes réunies avec nous pour porter l’espoir d’une ville rassemblée ».

  • Les six priorités de la liste Nîmes en Commun

    Les six priorités de la liste Nîmes en Commun

    Dans l’auditorium de Pablo Neruda, la gauche nîmoise a choisi le décor et le message : l’heure n’est plus aux intentions générales, mais au « grand oral ». Autour de Vincent Bouget, l’équipe de Nîmes en commun (union de la gauche hors LFI) a présenté ce 19 janvier ce qu’elle appelle un « projet » faisant office de programme, et insiste : « ce n’est pas un catalogue de promesses  ». Avant tout, la campagne se veut être une rupture après les 25 ans de mandat de Jean-Paul Fournier : la gauche souhaite surtout mettre un cap lisible sur la table. Avec une idée simple, martelée : la mairie ne peut pas se contenter de gérer des chantiers et des façades. Elle doit réparer le quotidien – logement, écoles, santé, transports, sécurité – et retisser du commun.

    Une méthode : « Rendre le pouvoir aux Nîmois »

    Le collectif met d’abord en avant sa manière de faire. Film participatif, dizaines de réunions publiques, 3 000 contributions : le projet se revendique issu du terrain. « Aucune décision importante ne doit être prise sans les habitants », insiste Vincent Bouget, qui promet des conseils de quartier renforcés, des débats municipaux transparents et des outils concrets de participation. Sur des dossiers sensibles comme les Halles, la gauche veut tourner la page des décisions descendantes et « repartir sur une large concertation ».

    En finir avec « Nîmes
    à deux vitesses »

    Le diagnostic est partagé par toute l’équipe : Nîmes est aujourd’hui une ville fragmentée. La campagne se construit donc autour d’un fil rouge, celui de l’unité. « Les Places communes » en deviendront le symbole : des lieux ouverts dans les quartiers pour se retrouver, monter des projets, recréer du lien. « On a besoin de se parler, de se retrouver ensemble », répète Bouget. Une dizaine de sites sont évoqués à l’échelle du mandat. Derrière cette idée, une exigence simple : que chaque quartier bénéficie du même soin, de la même attention, de la même présence des services publics.

    Remettre de la dignité

    Sur le logement, le candidat attaque frontalement : « Nous voulons loger tous les Nîmois. » Observatoire du logement, lutte contre les logements vacants, développement du logement social, guichet unique : la gauche assume un virage social face à une ville qu’elle juge excluante. Sur la santé, la médecin Catherine Fenech pose un constat simple : « Il y a 70 médecins pour 100 000 habitants dans cette ville, dont la moitié partiront à la retraite en 2030. » D’où la proposition d’un centre de santé municipal pluriprofessionnel et universitaire, d’une mutuelle communale et d’une approche globale liant santé, environnement et conditions de vie.

    Sécurité : la proximité

    Sur un thème souvent confisqué par la droite et l’extrême droite, la liste avance une ligne sans ambiguïté. La police municipale resterait armée, mais davantage tournée vers la proximité, avec des horaires élargis, des postes mobiles et un maillage plus équilibré dans la ville. Le commissariat de plein exercice à Pissevin est présenté comme une priorité, tout comme le renforcement des médiateurs, dont le rôle est jugé essentiel pour apaiser les tensions. Et pour couper court aux caricatures : « Le RN ment. Nous ne voulons pas désarmer la police municipale. »

    Jeunesse : « Une ville
    à hauteur d’enfant »

    La jeunesse traverse tout le projet. Vincent Bouget parle d’une ville pensée à hauteur d’enfant, où on lutte contre le décrochage, où on accompagne chaque parcours. Cela passe par un réseau de réussite, la gratuité des transports pour les scolaires et une mesure qui marque les esprits : « 1 000 enfants partiront en vacances chaque année. » Marianne Bernède prolonge cette vision dans l’espace public : abords d’écoles piétonnisés, cours végétalisées, rues sans voiture expérimentées. Elle y associe un combat plus large pour l’égalité. « Nous voulons faire de Nîmes une ville féministe », dit-elle en évoquant notamment des transports nocturnes adaptés pour permettre aux femmes de circuler sans crainte.

    Économie et finances : reprendre la main

    Sur le développement économique, Pierre Jaumain (PS) décrit un territoire trop cloisonné. Il plaide pour une agence locale capable de fédérer les acteurs, d’accompagner les entreprises et de redonner une dynamique à la ville. La gauche entend aussi rouvrir plusieurs dossiers emblématiques : gestion publique des monuments romains, avenir des Halles, défense du site universitaire des Carmes. Enfin, la question budgétaire est abordée sans détour. Gilles Guillaud dresse un constat sévère – 758 M€ de dette cumulée entre la Ville et l’Agglo – et assume une ligne de rigueur sélective : pas d’augmentation d’impôts, mais un recentrage des dépenses pour retrouver des marges d’investissement. En conclusion, il résume l’enjeu du mandat à venir d’une formule limpide : « Ce sont des choix politiques. »

  • L’Union pour Arles veut dérouler le tapis rouge de la Ville aux médecins

    L’Union pour Arles veut dérouler le tapis rouge de la Ville aux médecins

    À Salin-de-Giraud, on a un médecin présent 2 jours par semaine pour 2 200 habitants », déplore Charlie Scandagliari, ancien directeur du CCAS, lors d’un rendez-vous de presse de l’Union pour Arles vendredi matin. Situation semblable à Mas Thibert pour Serge Meyssonnier, plus de 70 ans et médecin généraliste depuis 1984, qui « continue, car si je m’arrête il n’y a pas de succession ». Le docteur, ancien adjoint de Patrick de Carolis, alerte : « Il est urgent de faire venir des généralistes à Arles car beaucoup ont plus de 70 ans et ne sont pas éternels. »

    Alors, Nicolas Koukas (PCF) et son équipe ont pris le sujet à bras-le-corps, développant 7 propositions dont la première est de « dérouler le tapis rouge » aux médecins pour faciliter leur installation. « Des locaux municipaux il y en a, on veut les mettre à disposition des médecins pour y établir leur cabinet en priorisant l’exercice regroupé, plus attrayant », détaille le candidat, rappelant qu’il y avait « 53 médecins en 2018 à Arles contre 35 en 2025 ».

    Défendre l’hôpital

    L’hôpital est également dans le viseur de l’Union pour Arles. « Les agents s’inquiètent de la fermeture de lits suite à la fusion des services de gastro et cardiologie », indique Nicolas Koukas. De la même manière que « tout sera fait pour maintenir la maternité d’Arles », également source d’inquiétudes.

    Pour ce faire, le candidat compte composer la liste de l’Union pour Arles avec « au moins 10 personnes qui travaillent dans le domaine de la santé réparties en plusieurs endroits du territoire ». Cette composition devrait être révélée en février.

  • À La Ciotat, Karim Ghendouf candidat aux municipales

    À La Ciotat, Karim Ghendouf candidat aux municipales

    À moins de soixante jours du scrutin, j’ai décidé de prendre mes responsabilités et d’être candidat aux prochaines élections municipales », a déclaré, devant plus de 150 personnes, salle St-Marceaux, le communiste Karim Ghendouf.

    Quelques minutes plus tard, il a lancé : « L’histoire de La Ciotat le montre : la gauche gagne lorsqu’elle est unie. » D’accord. Et c’est pour cela que Karim Ghendouf se présente sous les seules couleurs de La Ciotat nous rassemble ? Après les discours, l’homme a accepté de faire une – bien utile – explication de texte. « Cela fait de nombreux mois qu’on discute avec le PS, LFI, le collectif Nouveau front populaire, EELV. Mais les discussions pour l’union de la gauche aux municipales n’aboutissent pas. J’ai donc pris mes responsabilités, et je les assume. Cela suffit, les palabres. La loi impose de déposer les listes entre le 9 et le 26 février. Si ça peut provoquer un électrochoc… On a un bilan, une expérience, et en même temps on dit qu’on n’est pas fermé », explicite Karim Ghendouf. Le PS de Toni Delogu voulait, lui, placer Martine Cuccaroni en tête de liste de l’union de la gauche ciotadenne.

    2 000 logements sociaux de plus

    À l’exact opposé du « clinquant, du show perpétuel de la municipalité actuelle », a épinglé Albert-Jean Morazzini ; « nous devons faire du commun », a plaidé Karim Ghendouf. « Le mandat de la majorité de droite [Alexandre Doriol, DVD, est maire depuis 2023, Ndlr.] s’achève avec une commune dont les impôts, le prix du mètre carré du foncier et le coût du logement sont les plus élevés du département, creusant les inégalités et empêchant, contrairement à ce qu’ils disent, une ville équilibrée et solidaire », a mis en exergue le communiste. « L’école est la priorité de La Ciotat nous rassemble », a posé Sylvie Demoulin. Le programme promet « la gratuité des fournitures scolaires, de l’accès à la culture, des temps périscolaires ». Mais surtout, LCNR veut agir pour le logement, « alors que les jeunes ménages quittent la ville », faute de pouvoir se loger. Aujourd’hui, le taux de logements sociaux est de 21%. LCNR veut le porter à 30%, selon son estimation des besoins, soit « au minimum 2 000 logements sociaux de plus », a exposé Hervé Watteau.

  • Paul-Roger Gontard sur un frêle fil jusqu’au-boutiste

    Paul-Roger Gontard sur un frêle fil jusqu’au-boutiste

    Depuis qu’en juin dernier, Paul-Roger Gontard s’est positionné dans la course aux municipales pour prendre la suite de Cécile Helle à Avignon, l’adjoint (La Convention) à l’urbanisme est adepte du louvoiement. D’abord sans afficher clairement son intention, parlant d’idées et pas de casting, puis en se disant prêt à endosser le costume de maire tout en assurant vouloir élargir la majorité actuelle. « Nous arriverons à l’union, c’est une exigence », assurait-il dans nos colonnes il y a un mois et demi. Entre-temps, son possible allié le plus proche, Joël Peyre, s’est retiré de la course et la maire (PS) Cécile Helle a apporté son soutien à David Fournier (PS).

    Si quelques-uns des soutiens initiaux de Joël Peyre l’ont depuis rejoint, son espace politique s’est assez restreint. Virer vers le centre droit d’Olivier Galzi est une option qui a été très vite rejetée. Ce vendredi matin devant la presse, Paul-Roger Gontard avait pour but de présenter son projet culturel et patrimonial avec 15 propositions. Mais à moins de deux mois du premier tour, avec qui porter ce programme ? « Il n’est ni questions d’ego ou de posture mais d’une candidature aujourd’hui qui propose une offre politique claire aux Avignonnais », défend-il, pensant incarner « l’espace social-démocrate, progressiste, écologiste ».

    Pour justement clarifier, Paul-Roger Gontard, qui ne souhaite pas d’accord avec les insoumis et la liste de Mathilde Louvain au second tour (la réciproque est vraie), reproche à David Fournier de ne pas s’engager sur la question. « C’est un sujet important mais pas le seul », poursuit-il, évoquant « une charte éthique, un élément décisif dans l’exercice des responsabilités publiques ». Sur la question de LFI, David Fournier renvoyait, il y a une semaine, sa réponse au soir du 1er tour. « Ce sera une décision collégiale », indiquait-il, guidée par les scores des listes respectives.

    Pour l’heure, Paul-Roger Gontard confirme « absolument » qu’il sera candidat le 15 mars. « Nous sommes prêts à aller jusqu’au bout, nous ne voulons pas tomber dans une gouvernance de majorité qui serait instable et prise en otage par les extrêmes et les alliances », martèle-t-il. Mais en gardant la porte ouverte « à une main tendue et discours d’ouverture » car « personne ne pourra gagner seul ». Manière d’accentuer la pression sur David Fournier avec qui une rencontre est encore prévue en début de semaine ?