Tag: Municipales

  • Le milliardaire Mohed Altrad veut jouer son match retour à Montpellier

    Le milliardaire Mohed Altrad veut jouer son match retour à Montpellier

    Novice en politique en 2020, le milliardaire Mohed Altrad a échoué à devenir maire de Montpellier. Troisième avec 13,31% au premier tour (6 899 voix) et à la même place au second tour avec seulement 18,12% (9 226 voix), il a fini d’être plombé par son alliance opportuniste incomprise avec Alenka Doulain (proche des Insoumis) et l’humoriste Rémi Gaillard.

    Pas de quoi refroidir l’homme d’affaires qui jure avoir appris de ses « erreurs ». « Trébucher, tomber, me relever, c’est toute ma vie », a-t-il confié à ses 500 soutiens venus l’écouter au Dièze Warehouse. Parmi eux figuraient le sénateur Jean-Pierre Grand (parti Horizons d’Édouard Philippe), l’ex-secrétaire d’État macroniste Patricia Mirallès, le maire de Saint-Georges d’Orques Jean-François Audrin (Horizons). Des anciens compagnons de l’ancien maire Philippe Saurel également à l’instar de Stéphanie Jannin ou Annie Yague. Mais aussi le professeur Charles Sultan, fâché avec Michaël Delafosse. Sans oublier le fidèle Salim Jawari élu d’opposition. Actuel président de la commission des finances, celui-ci fustige « l’endettement multiplié par 5 de la Ville de Montpellier » et « l’écologie dogmatique financée par vos impôts » avec des plantations à « 435 000 euros l’arbre place de la Comédie ».

    Ultra-protégé avant sa montée sur scène, Mohed Altrad n’a lui aussi pas tardé à dégainer. « Montpellier est dirigée comme une section du PS. Je suis venu pour démanteler ce système et rendre Montpellier à ses habitants », prévient le patron du club de rugby (MHR) en conflit avec la municipalité au sujet du stade et de son projet de « village rugby ». Il projette de revoir les attributions de subventions aux associations pour « mettre fin au clientélisme ».

    Cantines gratuites

    et couvre-feu dès 22h

    Pour convaincre les curieux, il a d’abord recyclé sa parabole de « l’enfant du désert » parti de rien pour devenir richissime. Plutôt qu’un « politicien de plus » dont Montpellier dit-il n’a pas besoin, il se présente comme un « bâtisseur ». Fort de son succès dans les affaires, il promet – sans dire comment – de créer 30 000 emplois et de faire de Montpellier une « ville zéro chômeur », ce qui n’existe nulle part ailleurs.

    Au risque que cela déplaise à la frange droitière de son électorat, il souhaite doubler le nombre d’habitats sociaux et favoriser l’accession à la propriété après 15 ans. « Le logement social ne doit pas être une prison. » Pour transformer « l’une des villes de sa taille parmi les plus pauvres de France », Mohed Altrad entend « passer de la politique des discours à la politique des actes ».

    Procès en appel en 2026

    Jonglant avec les paradoxes, il critique le coût de la gratuité des transports – « Un jour quelqu’un devra payer la note » – mais n’y touchera pas puisqu’elle est appréciée. Il fustige la « Ville qui vit à crédit » mais promet « des cantines scolaires gratuites pour tous les enfants sans conditions ». Le tout sans hausse d’impôts. Acrobatique.

    Comme inspiré par Robert Ménard (extrême droite) à Béziers, Mohed Altrad prévoit « pour protéger » un couvre-feu dès 22h pour les mineurs de moins de 16 ans. « Traîner dans les rues à 12-14 ans, ce n’est pas la liberté, c’est l’abandon. » Il veut aussi créer une brigade municipale de propreté et un plan « anti-bouchons ». S’il est élu maire, celui qui n’a jamais mis un pied au conseil municipal avant de démissionner en 2024, jure d’abandonner le projet de chaudière CSR (Combustible solide de récupération) pour brûler les déchets. « Je ne veux pas de scandale sanitaire. Montpellier ne sera pas un énième cobaye. La santé des Montpelliérains ne se négocie pas. »

    À bientôt 78 ans, l’entrepreneur qui vise aussi la présidence de la Métropole de Montpellier, conclut son entrée en campagne sur une note populiste. « Je ne prendrai pas un centime. Mes indemnités seront reversées aux associations. » Quand on pèse plusieurs milliards d’euros, c’est plus simple. En revanche pas un mot sur sa condamnation en première instance pour « corruption active, trafic d’influence et abus de biens sociaux » dans l’affaire qui le lie à la Fédération française de rugby. En septembre 2026, les compteurs seront remis à zéro lors du procès en appel. Fin 2022, Mohed Altrad avait écopé de 18 mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité.

  • Gard : Cendras, la culture du vivre ensemble…

    Gard : Cendras, la culture du vivre ensemble…

    À deux mois des municipales, Cendras semble à mille lieues des luttes politiciennes qui fracturent le pays. Niché au beau milieu d’un territoire composé de forêts à 85%, et situé à 10 minutes à peine de la ville d’Alès, il y règne une tranquillité singulière.

    Du haut de ses 1 600 habitants, ses multiples quartiers et hameaux, affichent aussi un dynamisme étonnant et une fibre sociale assumée. « Pour moi, un maire doit être l’animateur du vivre ensemble. On pourrait vite devenir une cité-dortoir parce qu’on n’est pas loin de la ville. Mais on cultive une vraie vie de village », résume Sylvain André, en poste depuis la démission de son prédécesseur Yannick Louche (en 2017). Ici, le jeune quadra n’a pas encore de concurrent déclaré. Acquise à la gauche depuis plus de 60 ans, la commune fait donc figure d’exception à l’échelle du Gard. Voire même de laboratoire…

    Dans les cuisines de la cantine municipale, située au beau milieu du centre socioculturel Lucie-Aubrac, Myriam s’affaire derrière une énorme marmite d’eau frémissante. « Le centre socioculturel, c’est le bijou de Cendras », confie le maire. Alors quand la structure a failli plier, asphyxiée par la baisse drastique des subventions de l’État, l’élu a mis toute son énergie de militant cégétiste au service de ce cœur battant. En décembre 2024, il a fléché 72 000 euros d’aides directes et presque autant en charges supplétives. « La mairie était un gros partenaire, elle nous a sauvés », explique Farida Ihamouchène, la présidente des lieux. Ici, 14 salariés et 54 bénévoles continuent donc de tisser du lien social à tour de bras, à l’occasion d’ateliers cuisine, de sorties, d’atelier couture, de séance de jardinage partagé, et de papotage à la friperie solidaire qu’ils chapeautent…

    Le long des ruelles proprettes du centre-ville, rénové à hauteur de 580 000 euros au fil du dernier mandat, l’ambiance est familiale. Une atmosphère que la charismatique Karine Tell, la gérante de l’épicerie-boucherie, ne quitterait pour rien au monde. « Cendras, c’est ma vie », souffle la native du cru qui accueille ses clientes comme elle accueillerait des amies dans son salon. Dernièrement, elle n’a pas hésité à interpeller le maire pour protester contre la mise en place d’une navette destinée à conduire les personnes âgées dans les hypermarchés de périphérie. Mais dans le fond, elle comprend la démarche. « Les gens ont moins d’argent. C’est compliqué pour tout le monde », concède la commerçante, qui n’a de cesse de s’inquiéter pour ses mamies, dont les conversations s’éternisent souvent dans les allées du magasin. « Ici on n’est pas là pour faire du cash, on fait un boulot humain », confirme le gérant du bar-tabac à quelques mètres de là.

    40% de logements sociaux

    Cité de mineurs par excellence, Cendras dispose de 40% de logements sociaux et a pris les problèmes de sécurité du quartier des Fonzeaux à bras-le-corps ces dernières années. Régulièrement, la commune accueille aussi des réfugiés ; syriens puis ukrainiens, victimes notamment des guerres. « Ça a pu faire débat, mais dès qu’on a des noms et des visages, cela ne pose plus de problème à qui que ce soit », raconte le maire. Des familles en exil dont les bambins se retrouvent aussi sur les pelouses du club de foot de l’AS Cendras, qui fait jouer ses 175 licenciés sans distinction de niveau de jeu, d’origine ou de classe. « Notre devise, c’est : si tu veux faire du foot, tu viens ! », résume son président Sébastien Fabre, qui bénéficie d’une enveloppe annuelle de 3 100 euros pour faire tourner ses équipes. « Toutes les associations n’ont pas autant… Nous avons décidé de privilégier le foot et le tennis, parce que ce sont les deux clubs qui accueillent les enfants », précise le maire, lui-même entraîneur à ses heures par le passé.

    Oxygénée par la vallée du Galeizon -classée Natura 2000- la commune a fait de la transition écologique une autre de ses priorités. Ici, on mise sur la filière bois, dont les essences locales ornent le pôle de santé créé en 2016. C’est aussi par ce biais que la municipalité chauffe toutes ses structures. « Je me considère comme rouge et vert », résume le maire, qui a aussi activement favorisé l’installation et la diversification de deux agriculteurs sur le secteur. Pour l’heure, pour lui l’avenir semble assez clair. Ici, pas l’ombre d’une droite, ni d’un RN… Ciel dégagé à l’horizon.

  • Aix-Marseille : le patronat compte bien peser sur les municipales

    Aix-Marseille : le patronat compte bien peser sur les municipales

    Sur la scène du palais des congrès du parc Chanot, ce lundi soir, le président de la Chambre de commerce et d’industrie Aix-Marseille-Provence ne pouvait s’empêcher de renverser les propos de l’ancien maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin. « La politique n’est pas tout, mais la politique est partout », sourit Jean-Luc Chauvin face aux 1 500 personnes venues assister aux vœux du monde économique. En cette année de scrutins municipaux, c’est en effet sous le thème de l’engagement que les 179 organisations patronales du collectif Tous acteurs avaient placé cette soirée.

    « Pour moi l’engagement, c’est le dépassement de soi, de son propre intérêt pour faire bouger les lignes et avancer », lance-t-il à l’issue d’une série de tables rondes célébrant mécénat de compétences et fonds de dotations entre quelques citations de Mandela ou Saint-Ex. Et le président de la CCI d’aller dans le concret : 42 propositions ont été élaborées par ce consortium de réseaux consulaires, syndicaux patronaux ou associations commerçantes, qui seront dévoilées dans une semaine. « Le monde économique a un grand rôle à jouer, pour répartir la richesse il faut d’abord la créer », interpelle Jean-Luc Chauvin. Et d’insister : « Les entrepreneurs ne sauraient être étrangers au débat qui s’ouvre. »

    L’extrême droite absente

    Mais pour peser sur les choix des décideurs qui seront élus dans moins de sept semaines, encore faut-il parler d’une même voix. « La voix des entreprises est plus forte lorsque le monde économique est uni », réclame le président de la chambre consulaire. Alors il ne se hasarde pas au moindre propos polémique, pas même pour dénoncer la menace d’une extrême droite qui désormais s’affiche ostensiblement « pro-business », espérant mordre davantage sur ce qui reste d’une droite républicaine. Assise dans les premiers rangs, la candidate (DVD) Martine Vassal ne manque d’ailleurs pas de répliquer, pointant l’absence du chef de file du RN, Franck Allisio, malgré l’invitation de la CCI. « L’économie locale ne l’intéresse pas », tweete-t-elle dès la fin des discours.

    La politique cependant se décide aussi à un échelon national toujours pris dans les turbulences de la dissolution. « Cela a des incidences, beaucoup de projets sont bloqués, il y a un manque d’investissements », s’inquiète la présidente du directoire de Onet Émilie de Lombarès, administratrice du Club Top 20, qui rassemble les plus grosses entreprises du territoire. « Les effets de l’attentisme sont là », alerte-t-elle. La seule demande exprimée dans la soirée pourtant est celle de plus de dérégulation. « Le monde économique ne demande pas de privilège, mais simplement qu’on ne lui mette pas de freins inutiles », réclame la présidente de l’union des entreprises de proximité des Bouches-du-Rhône, Catherine Vales. Comme pour mettre des mots sur le « CCI blues » improvisé sur scène par le saxophoniste Raphaël Imbert.

  • Ces gestions calamiteuses des villes varoises par l’extrême droite

    Ces gestions calamiteuses des villes varoises par l’extrême droite

    Dans un département qui a envoyé sept députés RN sur huit à l’Assemblée nationale, mieux vaut rafraîchir les mémoires en cette période préélectorale. C’est ce que s’applique à faire ici la Codex, qui a passé au crible les frasques de ces élus, ou anciens élus, ainsi que leurs déboires judiciaires.

    à commencer par Le Luc, aujourd’hui sorti des griffes du RN. En 2014, l’élection de Philippe de La Grange tourne court : il jette l’éponge quelques mois plus tard. Patricia Zirilli lui succède pour une petite année avant de renoncer, elle aussi. Pourquoi ? « À cause des pressions d’une équipe qui n’arrive pas à se projeter, qui me reproche de ne pas être assez FN… », déclare-t-elle alors. Pascal Verrelle prend donc la suite en mars 2016, avant que la majorité n’enregistre deux nouveaux départs.

    À part ces frasques, rien de bien glorieux à mettre à leur actif, si ce n’est le recrutement de copains, l’augmentation des indemnités des élus et une concession d’aménagement à la société d’économie mixte, la Sagep, jugée « catastrophique ». La Ville devra lui verser 1,8 million d’euros, suite à la décision du tribunal administratif.

    « Se servir et faire du bien à leurs amis »

    À Cogolin, ce n’est guère mieux, avec une extrême droite toujours aux manettes. Même si Marc-Étienne Lansade, élu en mars 2014 sous l’étiquette FN, a été démissionné en juillet 2025 après sa condamnation en appel pour abus de faiblesse. Devenu entre-temps proche d’Éric Zemmour, il dirigeait la délégation locale de Reconquête. Lorsqu’il s’assoit dans son fauteuil de maire, il recrute comme conseiller spécial en urbanisme Jean-Marc Smadja, un cousin d’Isabelle Balkany ayant piloté la bétonisation de Levallois-‑Perret. Dans le Sud, ce sont 1 846 logements qui sortent de terre entre 2020 et 2025. Pas du logement social, bien sûr. Devenue première magistrate après l’empêchement de Marc-Étienne Lansade, Christiane Lardat porte plainte en décembre contre son prédécesseur, « qui s’est lancé dans une campagne de dénigrement ».

    À Fréjus, tout le monde a en tête les démêlés judiciaires de David Rachline, élu lui aussi en 2014 à seulement 26 ans, avec un avenir alors prometteur dans le parti de Jean-Marie Le Pen. La Codex met en avant la dilapidation des « bijoux de famille » pour réduire la dette de 16 millions d’euros en quatre ans. « Pour arriver à ce résultat, le maire vendait des terrains municipaux à ses amis entrepreneurs », dénonce la Codex. Une stratégie court-termiste puisqu’en 2024, le préfet menace de prendre la main. La dette de la Ville est alors de 151 millions d’euros. Et il est exigé que la commune rectifie le tir.

    Contraint de démissionner de la vice-présidence du RN en décembre 2025, David Rachline n’a même pas obtenu l’investiture du parti à la flamme. Grandeur et décadence. « Dans ces quatre villes, si on ajoute Toulon, ça a été une catastrophe, un naufrage », analyse Pascal Brun, pour Visa, l’association antifasciste membre de la Codex. Et de poursuivre : « Nous, ce qu’on dit, à la lumière de ces fiascos, c’est “est-ce que vous avez réellement envie de retenter l’expérience en 2026 ?” »

    « À un moment donné, il est difficile de ne pas prendre conscience, vu la somme de tous les problèmes judiciaires, que ces gens-là veulent le pouvoir, non pas que pour appliquer leurs programmes, mais aussi pour pouvoir se servir et faire du bien à leurs amis », conclut-il.

    Le problème, c’est qu’il n’y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir.

  • L’équipe de Saint-Cyr à gauche pour une ville plus solidaire

    L’équipe de Saint-Cyr à gauche pour une ville plus solidaire

    Avant de décrire ses ambitions pour Saint-Cyr-sur-Mer et ses habitants, la capitaine de l’équipe Saint-Cyr à gauche, Sylvie Vinceneux, a présenté les membres* de son équipe, composée de 17 femmes et 16 hommes qui « représentent la diversité générationnelle, sociologique et de parcours ». Seulement huit d’entre eux sont encartés politiquement (quatre au PS et quatre au PCF). « Ils sont tous profondément attachés à ce que la politique réponde aux besoins de nos concitoyens avec des services publics de qualité et pour que l’indispensable transition écologique ne laisse personne au bord du chemin », explique-t-elle.

    L’occasion, pour la tête de liste, de rappeler les priorités de la gauche, en matière de logement, par exemple. Elle met en avant le nombre « de travailleurs essentiels » rencontrés sur la commune qui, face à la pénurie de logements, « sont obligés de vivre dans les villes environnantes ». Sylvie Vinceneux insiste : « Refuser de construire du logement social quand 70% de la population y est éligible, c’est pousser vers la sortie de jeunes couples d’actifs et conduire, peu à peu, la ville à péricliter. »

    Saint-Cyr à gauche propose donc un programme ambitieux pour tous, sur ce sujet, concernant aussi bien la location que l’accession à la propriété.

    * Les premiers noms sont Sylvie Vinceneux (PCF), Dominique Olivier (PS) , Claire Ayard professeure (SE), Joel Duret (SE), Sitti Said Hachim (SE) et Richard Pivarot (SE).

  • Le narcotrafic au cœur des municipales : en Vaucluse, chaque candidat a son plan

    Le narcotrafic au cœur des municipales : en Vaucluse, chaque candidat a son plan

    Fusillade mortelle à Avignon, qui a empêché le tramway de circuler pendant une semaine ; arrêté préfectoral pris à Orange pour interdire la distribution gracieuse de fournitures scolaires par un cartel local de drogue ; progression du trafic dans les campagnes… Le narcotrafic n’épargne pas le Vaucluse. Seule éclaircie, selon les autorités : la disparition des points de deal dans la cité du Dr Ayme à Cavaillon.

    À Avignon, la sécurité est l’un des thèmes majeurs de campagne. Avant la présentation exhaustive des programmes, beaucoup de candidats ont déjà ciblé des propositions sur ce thème : Paul-Roger Gontard (La Convention) souhaite un débat, Stéphan Fiori (DVD) compte prendre la délégation sécurité, David Fournier (PS) sollicitera « le ministre de l’Intérieur toutes les semaines », Olivier Galzi (DVD) veut plus de « bleu dans les rues » et Mathilde Louvain (LFI) souhaite une police municipale de proximité tournée vers la médiation.

    Du côté de Carpentras, le maire sortant et candidat Serge Andrieu (DVG) a mis en place, l’an passé, des mesures fortes et médiatiques. En avril, il a instauré un couvre-feu pour les mineurs de moins de 13 ans -voire 16 ans selon les quartiers – entre 23h et 6h « pour protéger nos jeunes et limiter leur implication dans les trafics de stupéfiants ». Une mesure prolongée, en décembre, pour six mois. En sept mois, « les mises en cause de mineurs pour des faits liés aux stupéfiants ont diminué de 78,26% et le nombre de mineurs victimes de coups et blessures a reculé de 46% », se félicite la municipalité. Autre dispositif, la création d’une brigade mobile d’intervention, à l’automne dernier. Une unité de la police municipale, unique en Vaucluse, exclusivement dédiée « au contrôle du domaine public pour prendre la place des guetteurs et ainsi éloigner les clients qui alimentent le trafic ». Fin 2022, Serge Andrieu avait porté à l’Élysée 5 000 lettres types d’habitants réclamant davantage de moyens humains en matière de police et de justice pour sa ville. Dix postes de policiers ont été créés depuis.

  • À Châteauneuf-les-Martigues, la gauche veut protéger et réparer

    À Châteauneuf-les-Martigues, la gauche veut protéger et réparer

    Châteauneuf-les-Martigues n’avait pas vu une telle union de la gauche depuis « au moins deux mandatures », estime Laurence Jouanaud (PCF). Alors, au moment d’inaugurer le local de campagne ce vendredi 23 janvier, la tête de liste et ses colistiers, représentants des diverses composantes partisanes et citoyennes d’« un Élan pour l’avenir », ont partagé la parole.

    Parmi les priorités du groupe : un nouveau mode de gouvernance « plus à l’écoute de la population afin de développer une intelligence et une solidarité collectives », explique Marie-Thérèse Rochedix, des écologistes. Élodie Thiebaut, représentante d’un mouvement citoyen du centre et conseillère municipale d’opposition, dénonce le « comportement autoritaire et antidémocratique » de l’actuelle majorité. Les forces de gauche entendent donc mettre en place des consultations participatives pour les grands projets, qu’elles souhaitent orienter vers le social.

    Elles proposent notamment de rétablir une maison de la solidarité, de rouvrir un foyer pour seniors à la Mède ou encore de mettre en place un bus administratif afin que les services publics de proximité puissent aller au-devant des publics précaires.

    Sécurité et centres-villes

    Un sujet tient particulièrement à cœur à Élodie Thiebaud, infirmière de profession : la santé. « Les communes peuvent être actrices dans ce domaine », maintient-elle. La liste compte mettre à disposition des locaux et instaurer des aides au financement d’équipements, des bourses et des aides aux internes pour attirer les jeunes soignants.

    Marc Lopez, conseiller municipal d’opposition et colistier PS, insiste quant à lui sur la sécurité, ne voulant pas laisser ce sujet au maire sortant (DVD), Roland Mouren, et au candidat RN, Alain Vaccaluzzo : « Il faudra qu’on embauche rapidement des fonctionnaires municipaux et qu’on renforce les actions de proximité et de prévention, avec des médiateurs devant les écoles. (…) En 1970, il y avait un bureau de police nationale à Châteauneuf. Aujourd’hui, on est trois fois plus et on n’a rien du tout. On mettra tous les moyens nécessaires pour faire revenir les corps d’État. »

    La liste veut aussi redynamiser les centres-villes de la commune de 18 000 habitants « laissés à l’abandon pendant douze ans », selon Marc Lopez. La tête de liste Laurence Jouanaud (PCF) explique : « Tout le monde doit pouvoir s’épanouir dans une ville facile et apaisée, agréable à vivre autour de centres-villes qui proposent des lieux d’échanges et de rencontres. On a l’idée de mettre en place un cyber café municipal. Il faut aussi soutenir l’attractivité pour avoir des commerces attrayants dans des quartiers où les problèmes de circulation seront réglés, avec la mise en commun de transports par exemple. » Tout un programme, qui sera dévoilé dans son entier mi-février.

  • Le PCF du Rove prêt pour le combat

    Le PCF du Rove prêt pour le combat

    Les communistes du Rove attaquent 2026 de pied ferme. Entre élections municipales à venir et situation internationale, les militants ont répondu massivement présents pour la traditionnelle cérémonie des vœux de la section du PCF de la ville. Elle a rassemblé près de deux cents personnes, vendredi soir, à la salle des fêtes Lanteri, qui était comble pour l’occasion.

    Au nom des communistes rovenains, Michel Bartoli, l’un des secrétaires de section, a prononcé une allocution marquée par un ton combatif et déterminé. Une prise de parole qui s’inscrit évidemment dans une année d’échéance électorale plus qu’importante pour la commune. D’où la confirmation par le maire communiste de la ville, Paul Sabatino, que la liste de rassemblement de la gauche et des citoyens qu’il conduira sera largement renouvelée et rajeunie. Pour rappel, ce dernier a pris le relais de l’emblématique Georges Rosso en mars 2025, avant son décès quelques semaines après.

    Cette dynamique s’est d’ailleurs poursuivie, le samedi matin, avec plus d’une cinquantaine de militants rassemblés devant la mairie pour distribuer, dans les 2 800 boîtes aux lettres de la commune, le courrier de candidature de Paul Sabatino annonçant la présentation officielle de la liste « Continuons ! », qui se tiendra le 6 février. De quoi lancer les hostilités pour l’élection.

    Enfin, notons qu’au cours de la soirée la section du Rove a remis un chèque de soutien de 500 euros au journal La Marseillaise.

  • Amine Kessaci est candidat aux côtés de Benoît Payan

    Amine Kessaci est candidat aux côtés de Benoît Payan

    Un soir tout particulier… Tout sourire devant la foule qui a envahi l’Après M à Sainte-Marthe (14e), Amine Kessaci (EELV) est venu, ce lundi 26 janvier, se porter candidat aux municipales aux côtés du maire DVG sortant de Marseille, Benoît Payan. « Oui à une vie meilleure, c’est ce que l’équipe du Printemps marseillais a porté. Il y a une volonté de dire que notre ville est généreuse et unie. Il était évident pour moi de dire que Marseille doit être vitrine de la lutte contre le narcotrafic. On portera cet accompagnement des familles de victimes. Je dis : Debout ! Et on y arrivera », lance le jeune homme.

    Après avoir perdu son petit frère, Mehdi, assassiné par un commando le 13 novembre dernier, alors que son aîné avait été retrouvé en 2020 carbonisé dans le coffre d’une voiture, le fondateur de l’association Conscience avait promis de ne pas lâcher son combat contre le narcotrafic. À la suite de son soutien au maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, puis à Magali Brunel (PS), candidate de la gauche et des écologistes à Toulon, il s’engage encore plus franchement pour et dans sa ville.

    « Pour Amine, ce n’est pas rien. C’est avec beaucoup de respect que nous avons décidé d’engager ce chemin ensemble », a déclaré, ému, Benoît Payan. Et de revenir sur les engagements du Printemps « dans la conviction que nous devrions protéger les Marseillaises et les Marseillais, mais aussi les rassembler, quelle que soit leur couleur de peau, quel que soit leur quartier. »

    « Je suis ici pour dire

    qu’on ne se résignera pas »

    Sous les bravos, en présence de sa mère, de ses sœurs et de la plupart des adjoints au maire, celui qui donne un coup d’accélérateur à une campagne atone, avec son combat à la résonance internationale, a martelé sa volonté de rester « debout » comme il l’avait fait lors de la marche blanche en hommage à son frère Mehdi.

    « Je suis ici pour dire qu’on ne se résignera pas. Nous avons su nous lever par milliers pour dire non, mais surtout pour dire oui à la paix, oui à la justice, oui à une vie meilleure. C’est ce que l’équipe municipale du Printemps marseillais a porté, tout au long de ses six années », enchaîne Amine Kessaci. Une majorité qui a agi selon lui « pour l’égalité, pour l’équité des territoires, pour les transports, pour l’école. Et comme le disait Nelson Mandela, l’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde ».

    Son ennemi premier : l’extrême droite, contre laquelle il avait déjà bataillé aux législatives de 2024 sous la bannière du Front populaire, dans la 3e circonscription des Bouches-du-Rhône. Il avait alors perdu de 835 voix son duel, au second tour, contre Gisèle Lelouis (RN). « Un engagement naturel » insiste-t-il, tant il était évident pour lui « de dire que jamais Marseille ne tombera aux mains des extrémistes. Jamais Marseille ne sera dirigé par le Rassemblement national. Ce n’est pas possible ».

    Le désormais candidat n’a pas manqué non plus de remettre sur l’ouvrage la charte du relogement des familles de victimes du narcotrafic avec les bailleurs sociaux. Il en est persuadé, « Benoît Payan sera le premier maire à la signer ».

    La force d’un destin.

    La sécurité, mantra de Martine Vassal

    La candidate de la droite et du centre à la Ville de Marseille a clairement fait de la sécurité un de ses thèmes favoris, bien avant la campagne, quitte à empiéter sur les plates-bandes du RN. Martine Vassal propose de créer une Brigade anticriminalité (BAC) municipale et de faire du centre-ville un lieu d’expérimentation de l’intelligence artificielle, avec « des drones et la police présente ». Le recours à la vidéosurveillance serait également renforcé. Celle qui est déjà présidente de la Métropole a, par ailleurs, déjà armé les 99 agents du Groupement d’assistance et de protection de la RTM de matraques et de bombes lacrymogènes. « La sécurité est la première de nos libertés », a-t-elle martelé.

  • La justice clôt l’ère Bompard à Orange, et après ?

    La justice clôt l’ère Bompard à Orange, et après ?

    À Orange, l’adage « tel père, tel fils » n’a jamais été aussi bien porté chez les Bompard. Comme son père Jacques, Yann est donc condamné par la justice et rendu inéligible alors qu’il occupe les fonctions de maire. Absent lors du jugement à Marseille, lundi, l’intéressé n’a pas souhaité réagir dans l’immédiat. Peu importe s’il fait appel de la décision -il dispose de dix jours pour le faire- celle-ci s’applique immédiatement. Il est donc contraint de démissionner dès la notification de justice reçue. S’il refuse, le préfet est en mesure de prendre un arrêté pour le démettre de ses fonctions.

    Malgré la forte proximité des municipales (15 et 22 mars), le conseil municipal devra se réunir pour élire un nouveau maire. En novembre 2021, il s’était passé une dizaine de jours entre la condamnation définitive de Jacques Bompard et l’élection de son fils Yann. Impossible dans l’immédiat de savoir qui, au sein de la majorité, souhaitera endosser le costume de maire ultra-transitoire. Voire de se lancer en même temps dans la campagne électorale, avec l’appui de la famille Bompard. Joëlle Eickmayer, toute nouvelle 1ère adjointe, ou l’adjoint à la culture, Jonathan Argenson, sont parmi les cités. Notons que ce dernier est le suppléant de Yann Bompard au Département et deviendra donc, sous peu, conseiller départemental, le maire déchu perdant aussi l’intégralité de ses mandats. Il faudra également élire un nouveau président à la communauté de communes du Pays d’Orange.

    Du côté de Marie-France Lorho, pas de réaction non plus. La députée RN était pourtant présente à Marseille, à l’énoncé du verdict, mais s’est échappée par une porte dérobée pour éviter la presse. Si elle ne fait pas appel, son suppléant Philippe de Beauregard est appelé à lui succéder. Maire de Camaret, il ne pourra toutefois pas cumuler les deux mandats. Si, en revanche, Marie-France Lorho conteste la décision, elle peut rester députée jusqu’à l’épuisement de tous les recours. Elle ne peut cependant briguer de nouveau mandat et perd son poste de conseillère municipale d’Orange.

    Le RN, qui rêve de reconquérir Orange, a déjà préparé le terrain en investissant Jean-Dominique Artaud comme tête de liste. Élu avec la majorité Bompard, il est depuis sa désignation, en novembre, passé dans l’opposition, entraînant avec lui plusieurs élus comme son beau-père et ex-premier adjoint, Denis Sabon. Sollicité, le délégué du RN 84 n’a pas donné suite. Pas plus que Carole Normani, élue d’opposition centriste et candidate aux municipales.

    « Orange mérite une alternative exemplaire »

    À gauche en revanche, Fabienne Haloui (PCF) exprime sa « grande satisfaction » après la condamnation. « Quand on est élu, on l’est pour servir l’intérêt général et pas pour se servir », note la conseillère municipale, pour qui la décision « met fin à une baronnie familiale » entamée en 1995. « Cela va rebattre les cartes sur le plan électoral et j’espère que ce jugement sera de nature à faire réfléchir les électeurs quant à la manière de gérer par l’extrême droite », espère-t-elle. Tête de liste du collectif Tous Orangeois, Antoine Boudet estime que « la condamnation met en lumière une défaillance grave dans la manière de gérer les affaires publiques, fragilise la confiance des citoyens et appelle une réflexion collective sur l’exigence d’exemplarité que nous devons à nos concitoyens ». Le chef de file d’Orange cœur citoyen l’assure : « Plus que jamais, l’avenir d’Orange mérite une alternative sérieuse et exemplaire, résolument tournée vers l’intérêt général. »