Tag: Montpellier

  • Mille Formes lance sa saison 2 à Montpellier

    Mille Formes lance sa saison 2 à Montpellier

    Mille Formes change de saison, mais pas de cap. Ouvert en février dernier à Montpellier, le centre d’initiation à l’art pour les 0-6 ans, installé en plein cœur de Montpellier, quartier Antigone, a lancé le 16 septembre sa saison 2 après avoir accueilli près de 55 000 visiteurs.

    Gratuit et ouvert à tous, ce lieu culturel porté par la Ville et développé en partenariat avec le Centre Pompidou propose aux tout-petits de découvrir l’art en expérimentant, manipulant, construisant ou écoutant. La programmation de cette nouvelle saison s’inspire d’un album intemporel de Leo Lionni publié en 1970 : Petit Bleu et Petit Jaune. « À travers l’histoire de ces deux personnages qui, malgré leurs différences, deviennent des amis inséparables, l’album fait écho à l’esprit de Mille formes : la rencontre, le partage, le vivre ensemble », présente Lydie Marchi, directrice de l’établissement.

    Trois nouvelles propositions sont notamment à découvrir. Dans la Bulle aux Bébés, « Habiter les formes », du duo sétois Les Crafties, plonge les 0-2 ans dans un paysage sensoriel fait de feutre, de couleurs et de volumes. Il s’agit du premier dispositif artistique entièrement produit par Mille Formes Montpellier. Dans la Galerie, l’artiste Paul Cox transforme l’espace en immense terrain de construction : des milliers de blocs de bois et de mousses colorées permettent de construire routes, ponts, édifices et villes. Enfin, dans la Fourmilière, « Tisser en liberté », d’Émilie Queney, propose de revisiter le tissage à partir d’une machine itinérante et de matériaux insolites.

    Alternative aux écrans

    « À Mille Formes, on a l’ambition de travailler aussi avec les enfants, pas seulement pour eux », souligne Lydie Marchi. Cette philosophie se retrouve dans le MiMu, le mini-musée du centre, dont la nouvelle édition a été imaginée avec des enfants de deux centres de loisirs municipaux. « Ce sont les enfants qui ont choisi les œuvres et objets présentés, imaginé la scénographie et réalisé textes et cartels sonores. »

    Pour le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, Mille Formes constitue une alternative aux écrans pour les tout-petits. « Là, on les stimule, on les éveille, on les sensibilise », explique-t-il. La Ville assume un choix de service public, avec 16 agents publics mobilisés et des moyens consacrés au lieu. « Depuis que je suis maire, nous affirmons qu’il faut construire, penser la Ville à hauteur d’enfant, dans l’espace public mais aussi à travers une politique culturelle dont Mille Formes est le fer de lance », déclare le maire qui cite également l’implantation d’un « futur cinéma à hauteur d’enfants dans le quartier de Celleneuve ».

    Spectacles, ateliers, musique, danse, cirque et littérature compléteront cette saison 2, avec une même ambition : frotter sa sensibilité à l‘art dès le plus jeune âge.

    A.G.

    * Entrée gratuite et sans réservation

  • [Quoi de neuf] « Le climat est la troisième étape de notre histoire »

    [Quoi de neuf] « Le climat est la troisième étape de notre histoire »

    Françoise Verna : « Montpellier 20.50 organise le 1er octobre* un colloque intitulé « Des territoires inassurables ? » Pourquoi avez-vous choisi de prendre la question climatique sous cet angle assurantiel ?

    Jean-Luc Wolf : Je suis un professionnel des assurances, courtier en grande entreprise, et cela fait pas mal de temps que je m’inquiète du déséquilibre de ce qu’on appelle le fond Cat Nat [fonds Catastrophe Naturelle].

    J’explique, en deux mots, ce qu’est ce régime : En 1981, la Saône, le Rhône, la Garonne, dans le même hiver, avaient débordé et causé de graves inondations. Pratiquement un an après, le gouvernement a mis en place un système d’assurance obligatoire instaurant un régime de protection collective. C’est-à-dire que dans tous les contrats « dommages », qu’il s’agisse de notre maison, d’une usine, d’une voiture etc, on payait une quote-part qui était dévolue à ce fonds Cat Nat. Au départ, cela coûtait 5,5%, donc c’était relativement dérisoire. Au fur et à mesure que les catastrophes naturelles ont continué à augmenter, il a fallu augmenter les cotisations. À titre d’exemple, au 1er janvier 2026 nous payons 20% de nos primes d’assurances pour ce fonds Cat Nat.

    Olivier Nottale : Cela a donc énormément augmenté…

    Jean-Luc Wolf : Oui et je dois dire qu’il y a une désinformation à propos des assurances. Les médias disent « les assureurs augmentent ». Vous savez, ils n’ont pas toujours bonne réputation… Alors que les assureurs ont une activité économique vraiment essentielle. Il a fallu encore une fois augmenter considérablement. Aujourd’hui, au-delà des augmentations, la question que nous nous posons c’est « qu’est-ce qui va se passer demain ? » et est-ce que ce sera suffisant ? On ne va pas passer de 20 à 30% et de 30 à 40% ! Quand on nous dit « les assureurs augmentent » ce n’est pas forcément eux, c’est surtout, à chaque fois, la partie qui va au fonds Cat-Nat.

    Françoise Verna : Le fonds Cat Nat est un régime qui existe depuis 1982 et, surtout, il est spécifique à notre pays, n’est-ce pas ?

    Jean-Luc Wolf : En France, nous avons le meilleur régime de protection collective au monde sur ce plan-là. La caisse centrale de réassurance est le grand organisme de réassurance de l’État qui nous garantit une couverture définitive au-delà de ce que les assureurs et leurs propres réassureurs peuvent payer.

    Olivier Nottale : Ne doit-on pas redéfinir la notion de catastrophe naturelle ? Cela a évolué depuis 40 ans ?

    Jean-Luc Wolf : Au départ, cette couverture avait pour but de garantir ce qui ne l’était pas dans les contrats classiques : inondations, débordements de fleuve… L’État a demandé aux assureurs d’ajouter aux assurances multirisques les tempêtes, la neige, la grêle.

    Joseph Mornet : C’est revenu dans l’actualité puisqu’à la suite de la tornade à Paumas [Aude], près de Limoux, la présidente de la Région Occitanie, accompagnée de deux sénateurs, ont fait une demande pour qu’il y ait une reconnaissance de la tornade comme catastrophe naturelle.

    Françoise Verna : Justement, cette question du climat est au centre de votre colloque. Précisez-nous le rôle de Montpellier 20.50 ?

    Joseph Mornet : On est né en 2011. Notre but était de réunir un certain nombre de citoyens de la ville de Montpellier et de son territoire élargi, qui avaient envie d’intervenir sur la vie de ce territoire sans pour autant être un élu ou avoir une fonction politique. Cela a été très très riche. Dans un premier temps on s’était fixé un objectif pour les municipales de 2014, d’être une force de propositions pour les candidats. On s’est appelé Montpellier 20.20. Quand on est arrivé en 2020, on a eu envie de continuer. On a, à chaque fois, essayé d’intervenir sur des événements locaux. On a beaucoup travaillé sur les échéances des régionales avec la création de la grande région Occitanie. À ce moment-là, on s’est mis en partenariat avec deux autres laboratoires d’idées à Nîmes qui s’appelle TPNA** et à Toulouse avec la Compagnie Riquet. Nous avons publié deux ouvrages et organisée une grande journée commune à Narbonne [en 2015, « Dessine moi une région »]. Nous nous inscrivons, le 1er octobre, dans la continuité puisque c’est à nouveau Joël Echevarria qui animera notre colloque ; une personnalité : c’est le directeur général délégué de la Toulouse School of Economy.

    Olivier Nottale : Revenons à la question climatique.

    Joseph Mornet : C’est la troisième étape de notre histoire. Nous nous sommes concentrés sur les problèmes de la planète, de l’écologie. On a fait deux journées consacrées à l’eau et à la Méditerranée. Et maintenant ce colloque où la question du climat est traitée sous l’angle des assurances. Nous allons faire appel à des experts notamment du Giec, Alexis Roumagnac, Denis Lacroix… On aura aussi des politiques comme Thomas Dubiez de la Métropole de Montpellier qui a mis en place tout un programme pour faire face au changement climatique.

    *Jeudi 1er octobre à partir de 9h30, colloque « Des territoires inassurables ? » Salle Voltaire, 27-29 Bd Sarrail, Montpellier, entrée gratuite.

    **Tout pour Nîmes et son agglomération.

    Écoutez l’émission en cliquant sur le lien.

  • A Montpellier et Nîmes, par milliers dans la rue pour défendre le service public

    A Montpellier et Nîmes, par milliers dans la rue pour défendre le service public

    A Montpellier, les manifestants, nombreux (7000 selon la CGT), se sont rassemblé sur la Place Albert 1er aux alentours de 14h30 ce mardi 29 septembre. Mathieu Guy, membre du bureau de l’UD 34, revient dans cette vidéo sur l’enjeu de cette mobilisation à l’appel de l’intersyndicale de la fonction publique, pour protester contre le recul du pouvoir d’achat et demander davantage de moyens.

    Un cortège dense composé des travailleurs des trois fonctions publiques (Etat, collectivités, Hôpital) mais aussi des pompiers, des lycéens ont défilé à Montpellier derrière une banderole de l’intersyndicale qui avait appelé à cette journée de grèves et de manifestations. De nombreux jeunes sont présents et le mouvement de blocage des lycées, parti de la région parisienne, essaime dans l’Hérault : ce mardi, les lycées Mermoz et Monnet de Montpellier ont été bloqués par les élèves.

    Élèves en classe de première au lycée Jean Monnet, Cali et Leoya ont rejoint le cortège de la mobilisation des agents publics. «On demande d’être écoutés et respectés, d’avoir plus de budget pour rénover le lycée, l’internat, et aussi d’avoir de l’argent pour la culture, car Jean Monet est un lycée avec options artistiques. On est inquiètes pour notre avenir».

    «Étudier est un droit, pas un privilège», scandent dans le cortège des étudiants derrière une banderole du Scum (syndicat de combat universitaire de Montpellier).

    Le pouvoir d’achat, grignoté par l’inflation et l’absence de revalorisation du point d’indice ces dernières années, est omniprésent dans les revendications du cortège montpelliérain. En grève depuis plusieurs semaines, les pompiers professionnels étaient également présents.

    À Nîmes, les manifestants se sont rassemblé au fur et à mesure devant la Maison Carrée. On y croise des agents de la fonction publique de tous les secteurs, de l’hôpital à l’école, en passant par le Département. Tous ont le même mot d’ordre : « Des salaires pour vivre, des moyens pour travailler, un service public pour tous. » Le départ initialement prévu à 14h a été repoussé et le cortège finit par s’élancer.

    Christophe Allègre (UNSA Gard) a porté la déclaration unitaire des organisations syndicales de la fonction publique. Face à la dégradation des conditions de travail et à la perte de pouvoir d’achat, les syndicats réclament « une revalorisation significative de la valeur du point d’indice » et de véritables progressions de carrière. Le représentant alerte aussi sur les moyens matériels : « Les piratages massifs et successifs montrent qu’il y a urgence à donner aux services les outils et les moyens d’assurer la sécurité de toutes les données personnelles ». Alors que les difficultés de recrutement s’aggravent et que « les risques psychosociaux se multiplient », il prévient : « C’est bien l’avenir des services publics qui est en jeu ».

    Un grand nombre de jeunes se sont joints au cortège pour cette mobilisation. Cela intervient lors d’une journée également marquée par des blocus dans plusieurs lycées Nîmois, dont Daudet et Dhuoda, et la montée de tensions avec les forces de l’ordre . Le maire de Nîmes, Vincent Bouget (PCF) a appelé « à l’apaisement et la la vigilance de toutes et tous, afin que les mobilisations lycéennes puissent se tenir dans le calme et dans le respect».

    Le message des lycéens est clair : de l’écoute, du budget pour les établissements et les personnels, et la lutte contre l’extrême-droite.

  • Refus de marier : Robert Ménard risque 5 ans de prison

    Refus de marier : Robert Ménard risque 5 ans de prison

    Sous prétexte que le droit lui semble aller à l’encontre du « bon sens », un maire peut-il s’autoriser à ne pas appliquer la loi ?

    C’est ce que prétend Robert Ménard qui comparaît mercredi 30 septembre devant le tribunal correctionnel de Montpellier pour avoir refusé, le 7 juillet 2023, de célébrer le mariage de la Française Eva Marty et de Mustapha Belkacemi (finalement mariés en Algérie le 7 juillet 2026). Alors sous le coup d’une Obligation de quitter le territoire français (OQTF), le jeune Algérien avait été arrêté 13 jours plus tard sur ordre du préfet « bulldozer » de l’époque, Hugues Moutouh, puis expulsé vers Oran.

    Un effet domino qui provoquera le dépôt d’une plainte par Eva Marty contre le maire de Béziers. Pour avoir laissé libre cours à son idéologie d’extrême droite, Robert Ménard encourt dans les textes 5 ans de prison, 75 000 euros d’amende et une peine d’inéligibilité. Car en droit français, le mariage est un droit fondamental, consacré notamment par l’article 12 de la Convention européenne des droits de l’Homme. Une procédure d’OQTF n’interdit en rien le mariage.

    Pas un mariage blanc

    Le seul cas dans pour lequel un édile est autorisé à refuser de célébrer une union est le mariage blanc. Un maire soupçonneux doit alors saisir le procureur de la République. Ce qui a été fait, ce dernier écartant la thèse d’un mariage blanc et accordant son feu vert à l’union (le 16 juin 2023) qui devait donc être célébrée par le maire en tant qu’officier d’état civil pour le compte de l’État.

    À 7 mois de la présidentielle dans un contexte de montée des idées d’extrême droite, cette décision de justice sera scrutée de près. Se sachant dans l’illégalité pour son refus d’appliquer la loi, Robert Ménard a depuis cherché à se victimiser en politisant le dossier. Tout en revendiquant son « acte de désobéissance », il évoque une législation « aberrante » et en a même appelé au soutien du président de la République, Emmanuel Macron. Devant son refus, le patron des Républicains, Bruno Retailleau, et David Lisnard (NE), président de l’Association des maires de France (AMF), sont cités à comparaître comme témoins en faveur de Ménard.

    Dans l’Hérault, plusieurs maires, dont certains non encartés, ont assuré leur soutien à Robert Ménard. Si celui-ci a refusé, le 18 février 2025, lors d’une procédure de plaider-coupable, la peine (inconnue) proposée par le procureur, c’est probablement pour s’offrir une nouvelle tribune politique au tribunal.

    Toute décision perçue comme favorable au maire de Béziers créerait un précédent et aurait des répercussions sociétales avec un risque de discriminations en raison de l’origine, la religion, l’orientation sexuelle… Jusqu’ici, en l’absence de mariage blanc, la jurisprudence est constante. Aucun maire récalcitrant (Hautmont, Bourg-lès-Valence…) n’a obtenu gain de cause. Ils ont été sommés de célébrer l’union. À Chessy, Olivier Bourgeot, condamné, a démissionné. Quant à la « clause de conscience » évoquée par d’autres (à Bollène, Arcangues…) contre le mariage homosexuel, elle a toujours été rejetée par la Justice.

  • Sénatoriales : dans l’Hérault, la gauche largement en tête mais perd un siège

    Sénatoriales : dans l’Hérault, la gauche largement en tête mais perd un siège

    Depuis 2020 dans l’Hérault, la gauche avait trois sénateurs (Hussein Bourgi, Henri Cabanel, Christian Bilhac) sur quatre (Jean-Pierre Grand). Au sortir des Sénatoriales 2026, ils ne sont plus que deux dans le camp progressiste.

    Et pourtant, la liste d’union de la gauche (PS, PCF, Place publique) a réussi son pari puisque outre le sortant Hussein Bourgi, la Montpelliéraine Julie Frêche, en seconde position sur la liste, siègera elle aussi au Palais du Luxembourg. Baptisée « Pour l’Hérault, pour la France », leur liste d’union l’emporte nettement avec 793 voix sur 2710 votants (sur 2730 inscrits) et 2694 suffrages exprimés. « Je vois dans cette victoire deux motifs : la rançon du travail accompli. Durant 6 ans, j’ai parcouru ce territoire héraultais dans toute sa diversité (…). Aux côtés de l’urbain, la ruralité a un avenir à construire », s’est félicité H. Bourgi rendant immédiatement hommage à Julie Frêche qui « entre dans l’Histoire comme la première femme socialiste élue au Sénat dans l’Hérault ».

    Et Julie Frêche d’abonder. « C’est le résultat du travail, de la rigueur, de la ténacité d’Hussein ». Les deux élus socialistes étant de Montpellier, elle rassure tout de suite. « Je serai la sénatrice de tous les territoires : urbains, ruraux, du littoral, de la montagne ». De son côté, Michaël Delafosse (PS), va devoir trouver un(e) autre vice-président(e) aux transports. Ce dimanche 27 septembre à l’annonce des résultats à la préfecture, le maire de Montpellier, grand sourire, a salué « la très belle dynamique de rassemblement de la gauche unie avec le PCF et Place Publique ».

    En seconde position, Joseph Francis crée la surprise. Habitué aux déceptions électorales sous la bannière UDI, l’entrepreneur montpelliérain partait cette fois en tant que candidat divers droite. Pari gagnant qui a convaincu 427 grands électeurs. « Une nouvelle page de la droite et du centre est en train d’être écrite. Ce n’est pas un aboutissement mais le début d’un chemin. Je serai le sénateur de la ruralité », s’est réjoui Joseph Francis.

    Mais ce que tous les démocrates redoutaient est arrivé. Avec 328 voix, la députée Manon Bouquin se hisse en troisième position du scrutin au record de listes (13 !). Suffisant pour que le RN rafle un siège de sénateur pour la première fois dans l’Hérault. Le résultat d’une « lepénisation des esprits » et de la conquête d’Agde, 4e ville de l’Hérault, aux élections municipales. À noter qu’à l’extrême droite, le vote utile a joué à plein puisque la liste Reconquête (Romain Arnoult) n’obtient que 7 voix.

    À droite, le grand perdant se nomme Jean-Pierre Grand. À 74 ans, cette l’indéboulonnable sénateur est tombé et pas qu’un peu. Récoltant à peine 145 suffrages, il est victime de la perte de son ancien fief Castelnau-le-Lez, de son départ des Républicains pour Horizons, de l’usure du pouvoir et de la division de son camp.

    Car à droite, les voix se sont éparpillées entre Malik Hamadache (Nouvelle énergie, 134 voix), Alain Berthet (Les Républicains, 129 voix) et Amaury Fretay (divers centre, 2 voix).

    Même phénomène à gauche où le PRG, qui disposait d’un sénateur sortant (Christian Bilhac), perd gros avec l’échec de la conseillère régionale Florence Brutus (139 voix). Déception également pour le conseiller départemental Aurélien Manenc (divers gauche), qui rate l’élection (4e avec 275 voix). Pour le président héraultais, Kléber Mesquida (La Convention), qui figurait sur sa liste, c’est un revers. L’élue héraultaise Audrey Imbert (DVG) n’en a pas profité (147 voix).

    Enfin, en dépit d’un faible nombre d’élus Insoumis, la liste LFI d’Alexia Laforge recueille 119 voix et celle de la piscénoise d’Agnès Gizard-Carlin (Les Écologistes) 49.

  • [Week-end] Ce signal qui précède souvent l’effondrement d’un stock de pêche

    [Week-end] Ce signal qui précède souvent l’effondrement d’un stock de pêche

    La morue du nord-ouest de l’Atlantique est un cas emblématique : après des années de pêche miraculeuse au large du Canada, les stocks s’effondrent dans les années 1970-1980. D’autres cas similaires sont bien documentés : l’anchois du Pérou ou le thon rouge à l’ouest de l’Atlantique, par exemple. « Mais nous manquions d’une cartographie globale de ces événements », indique Mathieu Pélissié, ancien doctorant à l’Institut des sciences de l’évolution de Montpellier qui a développé pendant sa thèse une méthode statistique pour détecter ces changements brutaux.

    Sont-ils communs ? Où se produisent-il ? Quelles en sont les causes ? Dans un article paru dans Science Advances, le chercheur, aujourd’hui à l’Université de Padoue (Italie), apporte des réponses en montrant que des changements brutaux de productivité se sont produits dans au moins un quart des stocks de poissons entre 1950 et 2020. « C’est sans doute sous-estimé, avertit-il. Et c’est légèrement plus souvent des déclins que des augmentations ». La productivité s’entend comme le taux de croissance d’un stock de poissons en l’absence de pêche. Un déclin abrupt de productivité est donc différent d’un effondrement de stock, défini comme le franchissement d’un seuil minimal en-dessous duquel une population n’est plus assez nombreuse pour survivre.

    Effet de la température ?

    L’étude montre que parmi les stocks qui se sont effondrés, un quart avait été précédé par un déclin abrupt de la productivité. « Cette part monte à presque 50% si on considère des déclins pas forcément abrupts, ajoute le chercheur. Cela pourrait indiquer un risque que les stocks s’effondrent dans les années à venir ». Alors qu’aujourd’hui des mesures de régulation sont prises presque uniquement à partir du moment où des seuils critiques sont atteints. Sachant que les chutes brutales de productivité ont lieu en moyenne douze ans avant l’effondrement du stock. « Cela peut être vingt ou cinq ans avant », précise le chercheur. Ce qui peut laisser du temps pour prendre des mesures.

    Pourvu que la productivité soit suivie de manière régulière. « Tous les ans, idéalement », estime Mathieu Pélissié. Et pas uniquement via les captures par les pêcheurs. « Ils tendent à cibler les endroits où il y a le plus de poissons, souligne le chercheur. Cela peut donner une vision biaisée et surestimée de l’état des populations. » Un suivi correct nécessiterait d’observer l’état des populations régulièrement et toujours aux mêmes endroits, sans chercher nécessairement les meilleurs.

    Pour ce qui est des déclins abrupts de productivité, ils se produisent plutôt là où l’océan se réchauffe vite : au nord-ouest de l’Atlantique, en mer Baltique et en mer du Nord, notamment. De là à établir une relation de causalité, il faut être prudent. « Cela reste une forte corrélation », nuance le chercheur. Mais c’est peut-être là qu’il faut être plus attentif.

    REPÈRES

    315

    C’est le nombre de séries temporelles sur lesquelles se base l’étude citée ci-contre. Issus d’une base de données en ligne, ces suivis de captures et de stocks de poissons ont permis de calculer l’évolution de la productivité – le taux de croissance de ces stocks en l’absence de pêche. Ces suivis devaient courir sur au moins 25 ans pour être pris en compte.

    Gadiformes

    Ces poissons sont ceux qui ont subi le plus de déclins abrupts de productivité entre 1950 et 2020, selon l’étude citée ci-contre. Cet ordre est celui de la morue et du merlu. Celui des clupéiformes – qui comprend le hareng, l’anchois, la sardine – a été aussi très touché.

    1992

    C’est la date à laquelle le Canada a mis en place un moratoire – qui a pris fin en 2024 – sur la pêche à la morue après l’effondrement des stocks au nord-ouest de l’Atlantique en raison de la surpêche.

  • [Entretien] Mathieu Pélissié : « L’effondrement d’un stock de pêche est parfois irréversible »

    [Entretien] Mathieu Pélissié : « L’effondrement d’un stock de pêche est parfois irréversible »

    La Marseillaise : Vous observez que, souvent, l’effondrement d’un stock de pêche est précédé d’une baisse de sa productivité – son taux de croissance en l’absence de pêche. Cela se produit en moyenne douze ans avant l’effondrement. Est-ce un délai suffisant pour réagir et inverser la tendance ?

    Mathieu Pélissié : Difficile de l’affirmer. Mais ce signal serait bon à prendre pour essayer d’être plus réactif afin d’adapter la réglementation. D’autant plus avec l’augmentation importante des températures ces dernières années.

    Pourquoi ?

    M.P. : Les baisses de productivité ont tendance à se produire où l’océan se réchauffe le plus vite. Nous n’établissons pas de lien de causalité. Mais si un tel lien existe, il est permis de douter que la tendance puisse être complètement inversée. Nous aurons beau limiter l’effort de pêche, la température continuera d’augmenter et les stocks continueront de diminuer. Nous n’avons pas le recul suffisant pour l’instant. Mais nous savons que l’effondrement d’un stock est parfois irréversible.

    D’autant que ces changements peuvent perturber durablement l’écosystème…

    M.P. : Exactement. C’est le sujet sur lequel je travaille actuellement : l’impact de ces transitions abruptes sur les interactions au niveau de l’écosystème. Des espèces dominantes peuvent devenir « dominées », et inversement. Par exemple si une proie se nourrit des larves de son prédateur, et que celui-ci n’est plus capable d’en produire assez pour maintenir ses effectifs. Ces changements d’interactions peuvent faire qu’un état dégradé le reste.

  • Solid’Art : l’art au service de la solidarité

    Solid’Art : l’art au service de la solidarité

    Trois jours pour flâner, découvrir, échanger… et pourquoi pas repartir avec une œuvre. Peintres, sculpteurs, photographes, graveurs, artistes de street art : du 25 au 27 septembre, Solid’art, le salon d’art contemporain du Secours populaire, réunira au Zénith Sud 90 créateurs, artistes confirmés comme talents émergents, sur plus de 2 000m². Parmi eux, Nasty, figure du street art français et l’artiste peintre et sculptrice Leloluce, marraine de cette 9e édition de Solid’Art Montpellier.

    Le principe est simple : les artistes proposent leurs créations à la vente et les acheteurs sont invités à effectuer un don du même montant au Secours populaire.

    Pour Lucie Heintz, directrice du Secours populaire de l’Hérault, Solid’Art défend « l’accès à l’art et à la culture pour tous ». La gratuité du salon permet en effet au public de « venir découvrir des œuvres, échanger avec des artistes sur place ». L’association souhaite aussi faire de l’événement un lieu de découverte pour les publics qu’elle accompagne tout au long de l’année. Deux classes de CM2 de l’école Diderot, dans le quartier Saint-Martin, participeront ainsi à une visite ponctuée d’un jeu de « cherche et trouve » et d’un atelier de sérigraphie.

    100 000 euros récoltés l’an dernier

    Mais surtout, derrière chaque œuvre achetée, il y a des aides concrètes. Dans le cadre de l’opération « Un sourire pour un enfant », les dons réalisés par les acheteurs permettent de financer des départs en vacances, des activités sportives, culturelles et de loisirs. « L’an dernier, on a récolté 100 000 euros », rappelle Lucie Heintz. Cette somme a notamment permis d’organiser « 30 journées bonheur » dans l’Hérault, auxquelles plus de 1 250 enfants ont participé, et d’aider plus de 600 enfants à accéder à une pratique sportive ou culturelle.

    Au fil des éditions, Solid’Art est ainsi devenu « un événement important dans le cadre de notre campagne pauvreté-précarité ». Un rendez-vous qui sensibilise aussi le public « à la précarité, à l’engagement citoyen », et crée des liens durables avec certains artistes, comme Bella Bah, qui a ensuite animé des ateliers pour l’association.

    Et alors que « la précarité gagne du terrain », le Secours populaire rappelle également que cette mobilisation repose sur l’engagement citoyen. « On a besoin de bénévoles pour faire face, pour tisser du lien, monter des actions », souligne Lucie Heintz.

    * Du 25 au 27 septembre au Zénith Sud. Entrée gratuite.

  • [Rugby] Montpellier et sa bande d’ex-Toulousains

    [Rugby] Montpellier et sa bande d’ex-Toulousains

    Ni indifférence, ni défiance. Le stade toulousain et Montpellier rugby ne vivent pas tout à fait sur la même planète même s’ils se sont croisés au sommet du rugby français le 27 juin lors d’une finale (28-20) moins inégale qu’imaginée. Et se retrouvent dimanche 27 septembre sur les bords de la Garonne.

    Entre Toulouse et Montpellier, les deux pôles de l’Occitanie, les ponts ne sont pas coupés. L’un, centenaire aux 25 titres, et l’autre, qui fête son 40e anniversaire avec un seul Brennus sous le bras, ne vivent toutefois pas sur la même rive. Le Stade est une institution dans la ville de Nougaro, le MHR tente de construire son histoire dans une période fertile, avec le manager Joan Caudullo comme nouveau guide.

    Dans un passé récent, Montpellier a cherché à s’inspirer du modèle toulousain, qui concilie style attractif et palmarès hors-norme, mais la greffe n’a jamais pris. Entre 2019 et janvier 2021, le manager Xavier Garbajosa, biberonné par l’ex-gourou Guy Novès, a vainement cherché à importer l’ADN toulousain au côté de Jean-Baptiste Elissalde.

    Caudullo y puise certains principes, comme la confiance au long cours, mais ne veut en rien imiter le jeu de mains toulousain. « Depuis quarante ans, le jeu de Montpellier a toujours été comme ça. Avec des avants forts et costauds qui doivent dominer l’adversaire pour pouvoir gagner. Le MHR a un ADN, on veut y rester fidèle. Si on y reste fidèle, si on préserve le même état d’esprit, on réalisera une bonne saison » répète-t-il. Mantra du Languedoc.

    Cela n’empêche pas Montpellier de recycler d’anciens toulousains en rupture de ban, de confiance ou de jeu. Au cours de l’été deux anciens joueurs du Stade toulousain ont rejoint l’Hérault. Le trois-quarts Dimitri Delibes, confronté à une concurrence féroce, et Sébastien Bézy, demi de mêlée qui a transité pendant plusieurs saisons à Clermont.

    « Ce n’est jamais facile de faire sortir des joueurs de ce club-là » remarque Caudullo, qui a réussi à convaincre Delibes malgré les convoitises de Toulon et Bayonne.

    Ces deux joueurs de la ligne arrière gonflent la diaspora toulousaine. Ils rejoignent quatre avants qui ont défriché la passerelle entre Ernest-Wallon et le complexe Du Manoir. L’ancien international Yacouba Camara (17 sélections), originaire de la banlieue parisienne, a été le premier à franchir le pas. Ensuite, Bastien Chalureau, en quête de rédemption après une affaire judiciaire, Florian Verhaeghe et Christopher Tolofua, passé par les Saracens et Toulon, possèdent en eux une graine toulousaine.

    Verhaeghe (29 ans), rappelé en équipe de France au cours de l’été, incarne le savoir-faire des avants du champion de France. Le seconde ligne international (5 sélections) malaxe féroce goût du combat et habileté dans le jeu. Entre ombre et lumière qu’il fuit quelque peu.

    Le discret grand échalas (2,04m), qui plane sur la touche, est aujourd’hui une valeur sûre du pack montpelliérain, mis en avant par son manager Joan Caudullo. « Florian est dans une continuité des performances qui l’ont amené à être en équipe de France cet été. Il a un objectif et on a un objectif pour lui : les tests de novembre. Il ne fait pas partie de cette fameuse liste de 33, mais en tout cas on va mettre en place les choses pour qu’il soit performant chez nous et en forme en novembre parce que je reste persuadé qu’il y sera s’il continue à être aussi performant qu’il l’est sur les deux premiers matchs », apprécie le manager.

    Ces quatre joueurs se sont fondus dans le moule montpelliérain. Trois d’entre eux, avec le pilier Mohamed Haouas, le 3e ligne Alex Bécognée et le centre Arthur Vincent, tissent le fil conducteur d’un MHR, champion en 2022, finaliste en 2026.

    Dimitri Delibes est un cas à part. Le solide trois-quarts (1,90m, 85 kg), promis à jouer à l’aile plus qu’au centre, est une pièce rapportée de la magie toulousaine. La première de l’histoire. Celle d’un jeu où l’on peut relancer du bout du terrain selon l’inspiration de Dupont, Ntamack, Ramos, Capuozzo, Gourgues ou Menoncello…

    Delibes (27 ans) peut tout à la fois asseoir la légitimité de Montpellier et donner des ailes à un jeu circonscrit pour l’heure à la force première de ses avants. Son doublé devant Perpignan peut tout à la fois élargir le champ d’action de la bande à Caudullo et inciter d’autres joueurs de son profil à rebondir de Toulouse à Montpellier. Pour le moins, il lance sa saison à l’heure de retourner dimanche à Toulouse. Loin de toute indifférence.

  • [Entretien] Mia Ferret : « L’extrême droite constitue une menace pour les droits des femmes »

    [Entretien] Mia Ferret : « L’extrême droite constitue une menace pour les droits des femmes »

    La Marseillaise : Cette année, la montée de l’extrême droite sera au cœur de la mobilisation ?

    Mia Ferret : Oui, cette marche de défense du droit à l’IVG et à disposer de son corps sera, cette année, un peu plus spécifiquement centrée sur la montée de l’extrême droite, sujet de préoccupation en vue des prochaines élections présidentielles, et sur la montée du masculinisme, notamment sur les réseaux sociaux.

    D’apparence, le RN est plus mesuré que par le passé, c’est toute sa stratégie de dédiabolisation. Mais c’est un parti qui reste structurellement extrêmement conservateur et constitue une menace pour les droits des femmes. Il vote contre toutes les avancées. À l’Assemblée nationale, le RN est le seul groupe où plus de quinze députés se sont abstenus ou ont voté contre la constitutionnalisation de l’IVG. Au Parlement européen, ses élus ont aussi voté contre plusieurs avancées concernant l’égalité salariale ou les violences de genre.

    Autre exemple : un député RN, Hervé de Lépinau, maire de Carpentras depuis le mois de mars, a supprimé toutes les subventions au Planning familial. Et c’est quelqu’un qui parle de l’IVG comme d’un génocide…

    Cette poussée de l’extrême droite, c’est aussi, très concrètement, le risque d’installation de ce qu’on appelle des centres Familya, portés et financés par le milliardaire ultra-conservateur, catholique intégriste et anti-choix Pierre-Édouard Stérin. Il souhaite installer dans les grandes villes des centres de santé sexuelle qui ressemblent aux centres du Planning familial, avec une volonté délibérée de confusion. En apparence, ce sont des lieux très neutres, mais ils portent en réalité une vision très normative de la famille et désincitent les femmes à avoir recours à l’IVG. Il y en a déjà cinq ou six en France. Pour l’instant, il n’y en a pas à Montpellier, mais il existe une volonté de s’y implanter. C’est une logique qui avance masquée.

    L’IVG est pourtant désormais inscrite dans la Constitution.
    Est-ce un filet de sécurité
     ?

    M.F. : Si un gouvernement voulait supprimer le droit à l’IVG en France, ce serait beaucoup plus compliqué, car il faudrait changer la Constitution. Mais il y a la question des moyens : si on ne donne pas assez de moyens aux hôpitaux publics – ce sont eux qui réalisent le plus d’avortements en France – et aux associations qui font du plaidoyer pour le droit à l’IVG, voire qui en réalisent comme le Planning familial, l’accès à l’IVG n’est pas garanti dans les faits.

    L’accès à l’IVG est donc fragilisé par le manque de moyens aujourd’hui en France ?

    M.F. : Totalement. On est dans une défense abstraite d’un droit concret. Au centre d’orthogénie de Montpellier, le mercredi matin, le téléphone sonne dans le vide tellement il y a de demandes et plus de places, car on manque de personnel. Et encore, on est en ville. Dans les zones rurales, avec la désertification médicale, certaines femmes n’ont même pas le choix de la méthode : chirurgicale (par aspiration) ou médicamenteuse. Or c’est important qu’elles aient ce choix, d’autant que la méthode médicamenteuse n’est pas toujours possible. Il faut aussi savoir qu’à certains endroits, il peut y avoir plus de trois semaines de délai pour décrocher un rendez-vous à l’hôpital. Ce qui est énorme compte tenu du délai légal maximal pour avorter (14 semaines).

    Quelles sont vos principales revendications ?

    M.F. : L’idée principale est une sanctuarisation du droit à l’IVG concret : que toutes les femmes puissent y avoir accès librement et gratuitement, comme le prévoit la loi, avec le choix de la méthode et un accès facile à un centre médical ou de santé. Cela passe par des moyens pour l’hôpital public et les associations. Il faut aussi une véritable politique d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle à l’école. Certaines femmes n’ont jamais bénéficié de ces cours et ne savent pas ce qu’est une IVG ou qu’elles peuvent choisir de ne pas poursuivre une grossesse. Il faut une politique publique globale autour du droit à l’IVG, qui aille au-delà du symbole de la Constitution. Nous demandons également la suppression des jours de carence lorsqu’une femme est arrêtée pour une IVG.

    La lutte contre la désinformation devrait également être une priorité ?

    M.F. : Oui. Il existe une importante désinformation portée par les réseaux conservateurs et d’extrême droite. Une association qui désinforme sur l’IVG peut être poursuivie pour délit d’entrave. Au Planning familial, on le fait très régulièrement. Mais avec la baisse des moyens de la justice, ces dossiers ne sont souvent jamais instruits. Nous nous retrouvons démunis face à des personnes qui disposent, elles, de moyens importants. Pierre-Édouard Stérin par exemple, qui a une batterie d’avocats, est complètement protégé de ces questions juridiques. Or l’État devrait être en première ligne sur ces questions. De façon générale, il y a une marginalisation des questions féministes dans les politiques publiques qui date de nombreuses années.

    Entretien réalisé par Amélie Goursaud