Tag: Montpellier

  • Mobilisations à Montpellier et à Alès

    Mobilisations à Montpellier et à Alès

    À Ales

    Ce matin l’intersyndicale s’est joint au mouvement lycéen. À la demande de la sous-préfète d’Ales Lucie Roesch, une délégation a été reçue en sous-préfecture à 11h. Pendant ce temps, le millier de personnes présent a convergé vers le lycée Jean-Baptiste Dumas, lieu de rassemblement lycéens à Ales. Les jeunes ont alors multiplié les prises de parole pour saluer le soutien de la CGT, réaffirmer leurs revendications pour une éducation digne, s’opposer aux violences policières et redire leur hostilité aux idées d’extrême droite.

    A Montpellier

    Un énorme cortège descend le Jeu de Paume en entonnant « la jeunesse emmerde le Front national ! »
    Un énorme cortège défile à Montpellier derrière la banderole lycéenne, les jeunes étant rejoints par les étudiants, les salariés, les chômeurs et les retraités. La dénonciation des violences policières est au cœur des slogans entonnés par la jeunesse.

    Arrivés en bas du Jeu de Paume, le cortège montpelliérain entame une Marseillaise.

    «Aux armes, citoyens !» «Étudier est un droit, pas un privilège !» «Jeunesse, études, dignité», sont les mots d’ordre scandés par le cortège montpelliérain.

    «La police fait son travail… Ça crève les yeux !» Les violences policières sont ciblées dans tout le cortège montpelliérain.

    La tête du cortège est arrivé sur la Comédie, le temps de mobiliser les Trois Grâces avant de poursuivre vers la préfecture.

    Environ 10 000 personnes (8 000 selon la police), dans leur immense majorité des jeunes, défilent à Montpellier en soutien au mouvement lycéen.

    «Trop jeune pour être écouté, assez grand pour se faire gazer»…

  • Le Diagonal devrait rouvrir le 21 octobre

    Le Diagonal devrait rouvrir le 21 octobre

    C’est une date attendue avec impatience par tous les cinéphiles montpelliérains : la réouverture du « Diago  ». Le 5 mai dernier, l’emblématique cinéma indépendant du centre-ville a baissé le rideau le temps de gros travaux de rénovation et de modernisation qui avaient déjà été reportés d’un an en raison de leur coût important : près de 3 millions d’euros – dont environ 500 000 euros d’aides allouées par le CNC, la Ville de Montpellier et la Région-.
    «
     Comme dit l’adage : les travaux on sait quand ça commence, on ne sait pas quand ça finit… », plaisante Martin Bidou, dirigeant de la société de production et distribution Haut et Court, qui gère le Diagonal depuis 2023. « Mais je pense qu’on rouvrira mercredi 21 octobre. On a vraiment besoin de reprendre notre activité pour les vacances de la Toussaint.
    5 mois de fermeture pour un cinéma indépendant, c’est très long. Sans compter qu’il va falloir rembourser nos emprunts maintenant…
    [de l’ordre de 2,2 millions d’euros, Ndlr] ».

    C’est donc un Diago rénové du sol au plafond – sauf la salle 3 : « on n’avait pas assez d’argent » – que vont retrouver les spectateurs. Toute l’électricité, la plomberie et le lot CVC (chauffage, climatisation, ventilation) ont été refaits, ainsi que la toiture, l’isolation des salles, la déco (fauteuils, tentures murales, moquettes, luminaires…).

    Des projections qui vont gagner en qualité

    Malgré une surface contrainte – « on ne peut pas pousser les murs » –, des espaces d’attente avec des banquettes ont été créés devant les salles, où les spectateurs pourront désormais patienter, afin de désengorger le hall d’entrée. Enfin, les projections vont gagner en qualité grâce au passage à la projection laser, à l’installation d’équipements pour un son haute fidélité et au remplacement de certains écrans. La prochaine étape sera le lancement d’une campagne de crowdfunding auprès du public et d’entreprises mécènes pour recréer à l’identique l’ancienne façade style art déco du bâtiment.

    Mais pour l’heure, l’équipe, inchangée, se concentre sur la réouverture, qui devrait être marquée par « 10 jours festifs, du 21 au 31 octobre, avec un point d’orgue le soir d’Halloween où on imagine un événement rigolo ». Côté programmation, « on va rouvrir avec les films qui sortent à cette date-là et rattraper les films importants qu’on n’a pas pu passer cet été, comme la Palme d’or [Fjord, de Cristian Mungiu, Ndlr] ». Les tarifs des séances, quant à eux, augmenteront très raisonnablement : de 9 à 9,50 euros. « Dans les grandes villes, les cinémas privés sont tous à 11,50 ou 12 euros. On a voulu rester accessible », insiste Martin Bidou.

    A.G.

  • Nîmes et Montpellier, de rivales à partenaires ?

    Nîmes et Montpellier, de rivales à partenaires ?

    Le Vidourle n’a pas bougé, mais la frontière semble moins épaisse. Vendredi 25 septembre, Michaël Delafosse (PS) était à Nîmes à l’invitation de Vincent Bouget (PCF). Après une réunion de travail à l’hôtel de ville, les deux maires ont pris la direction du cadereau d’Uzès, où Nîmes Métropole déploie depuis des décennies sa stratégie contre les inondations. Un déplacement technique, mais aussi politique : depuis l’élection de Bouget, les deux élus multiplient les occasions de s’afficher ensemble.

    Cette fois, c’est Montpellier qui venait regarder le savoir-faire nîmois. Depuis le traumatisme des inondations de 1988, Nîmes a investi massivement dans la prévention. Le dispositif Papi 3 Vistre, prévu jusqu’en 2028, représente plus de 126 millions d’euros, dont environ 100 millions de travaux. Les tunnels des cadereaux d’Uzès et des Limites doivent notamment faire passer leur capacité d’écoulement de 8 à 80m³ par seconde. Une expérience que Delafosse, confronté aux risques liés au Lez, à la Mosson et aux épisodes méditerranéens, est venu observer. Un sujet loin d’être théorique : cinq jours plus tard, le Gard et l’Hérault étaient placés en vigilance rouge pluie-inondation face à un nouvel épisode méditerranéen remarquable.

    Des selfies aux dossiers

    « Les sujets de coopération et les ambitions collectives ne manquent pas ! Les rendez-vous sont pris », a résumé Vincent Bouget à la fin de la visite. Une formule qui dépasse largement les eaux pluviales. En effet depuis mars, les images communes s’accumulent. Au handball d’abord, terrain idéal pour mettre en scène la nouvelle relation. Le 6 juin à la Sud de France Arena, puis le 13 septembre au Parnasse, Delafosse et Bouget ont posé côte à côte à l’occasion des derbys entre le MHB et l’Usam. Avec une règle du jeu affichée par le maire de Montpellier sur les réseaux sociaux : « Notre seul sujet de rivalité est sportif, et seulement 60 minutes, car à la troisième mi-temps, c’est la convivialité qui gagne ! »

    Il faut dire que la donne politique a changé. En mars, Bouget a remporté Nîmes à la tête d’une liste d’union de la gauche, tandis que Delafosse était réélu à Montpellier. Deux des principales villes de l’ex-Languedoc sont désormais dirigées par des majorités de gauche. Mais leur proximité s’exprimait déjà en amont du suffrage. Pendant la campagne nîmoise, l’expérience montpelliéraine sur la gratuité des transports avait déjà servi de référence. Delafosse était venu à Nîmes défendre le dispositif et, en février, Julie Frêche, vice-présidente de Montpellier Méditerranée Métropole chargée des mobilités, s’affichait aux côtés de Bouget sur ce dossier.

    La rivalité n’a pas totalement disparu pour autant, le transport aérien restant le principal dossier sensible. Delafosse plaide pour une rationalisation des plateformes du littoral et envisage pour Nîmes une spécialisation davantage tournée vers la Sécurité civile, la maintenance ou la logistique. Bouget défend lui aussi ces activités, tout en cherchant à assurer la pérennité de l’aéroport nîmois. Un désaccord de fond, même si les échanges entre les deux collectivités se veulent aujourd’hui plus apaisés.

    À voir Bouget et Delafosse multiplier les signes de rapprochement, Louis Nicollin aurait sans doute trouvé quelques mots fleuris pour commenter cette nouvelle entente cordiale. Mais par-delà les vieilles rivalités, et derrière les selfies de derby, les deux exécutifs ont surtout des dossiers très concrets à partager : mobilités, climat, logement, développement économique ou services publics. Autant de sujets qui dépassent les frontières administratives et sur lesquels chacun veut désormais s’inspirer de l’expérience du voisin, pour une coopération à double sens dont les contours restent à définir. Sur le parquet, chacun garde son maillot ; en dehors, Bouget et Delafosse semblent bien décidés à jouer collectif.

  • À Montpellier, Delafosse promet de mieux loger les syndicats

    À Montpellier, Delafosse promet de mieux loger les syndicats

    Non, les syndicats ne sont pas des pestiférés voués à se faire chasser des Bourses du travail comme dans les mairies détenues par l’extrême droite.

    À Montpellier, si l’intersyndicale s’attend à quitter ses locaux d’Antigone (474, allée II de Montmorency) d’ici deux ou trois ans, c’est dans l’idée d’être mieux relogée.

    Lors d’une réunion début septembre, Michaël Delafosse (PS) a commencé à donner vie à l’une de ses promesses de campagne : proposer une maison des syndicats plus moderne. « Notre démocratie a besoin des syndicats pour être pleinement une démocratie sociale. Les syndicats ont besoin de moyens pour assurer la défense, l’accompagnement et le soutien des travailleurs. Leur rôle est indispensable », a indiqué le maire socialiste. Et d’insister sur le volet politique. « À l’inverse, lorsque le RN dirige des communes, il fait le choix de fermer maison des syndicats, Bourse du travail, à l’image de ce qui s’est passé à Carcassonne affaiblissant les moyens de protection des salariés ».

    « La première chose que le maire nous a dite c’est qu’il veut faire un contre-exemple aux villes d’extrême droite où les Bourses du travail sont attaquées », se souvient Mathieu Guy, présent autour de la table. Faire de Montpellier l’antithèse de Carcassonne, Béziers, Bagnols-sur-Cèze ou Arles, voilà un engagement qui plaît aux organisations. « C’est tout à son honneur d’être dans cette démarche  », salue le membre du bureau de l’Union départementale CGT de l’Hérault.

    Dans l’ancien ou du neuf ?

    Bien entendu, il y a aussi des raisons pratiques à ce choix politique. L’actuelle maison des syndicats conçue par Ricardo Bofill en 1985 dans le cadre du projet Antigone, commence à faire son âge. « Le bâtiment est très vétuste avec un chauffage et une clim’ qui fonctionnent à moitié », décrit Mathieu Guy. « Les services de maintenance galèrent à réparer la chaudière qui tombe régulièrement en rade parce qu’ils ne trouvent plus certaines pièces », illustre-t-il. Durant cet été en partie passé avec une climatisation défectueuse, le cégétiste se souvient que « des salariés ont dû être renvoyés chez eux à cause de la chaleur ».

    Fragile énergétiquement, le bâtiment n’est pas un modèle logistique non plus en dépit de son parking souterrain bien pratique. « On est un peu à l’étroit, il nous manque des bureaux pour loger toutes nos structures », assure Mathieu Guy. Selon lui, l’intersyndicale manque aussi d’espaces de stockage pour les tracts ou ranger l’encombrant matériel de manifestation (sonorisation). « On reçoit des grosses palettes qui n’entrent pas dans les ascenseurs qui ne sont pas des monte-charges. »

    Pour ce qui est du futur lieu, aucune décision n’a encore été prise. « L’idée de M. Delafosse c’est de partir des besoins de chaque syndicat », raconte le cégétiste Mathieu Guy. Voilà pourquoi les services de la Ville visitent actuellement chacune des centrales réparties sur les 6 étages du Carré Montmorency. La Ville prospecte l’existant mais ne ferme pas la porte à un bâtiment neuf.

    « Notre souhait, c’est d’être à proximité des transports en commun, près de la gare et d’avoir des places de parking à proximité », liste Mathieu Guy. Une seule certitude : l’actuelle Bourse du travail ne sera pas rénovée ni reconstruite sur elle-même. « La Ville a un projet immobilier. » À terme, c’est sans doute toute l’allée II de Montmorency qui pourrait être repensée. Michaël Delafosse ayant dans l’idée de mieux relier le quartier Antigone à l’Esplanade.

  • Toulon à Montpellier pour confirmer sa première victoire de la saison

    Toulon à Montpellier pour confirmer sa première victoire de la saison

    Le premier succès de la saison face à Vannes (28-10), samedi dernier, a permis au RC Toulon de sortir de la zone rouge, et a, forcément, fait du bien dans les têtes. « Une victoire, c’est toujours positif et stimulant pour le groupe dans la préparation du prochain match », confirme Franck Azéma, avant d’aborder le 5e round du Top 14, dimanche, à Montpellier.

    Pas l’adversaire le plus évident pour confirmer, même si les hommes de Joan Caudullo ont chuté d’entrée à domicile, face à Pau, et que la rencontre sera délocalisée à la Mosson, en raison de l’état de la pelouse du Septeo Stadium. Et ce, même si le terrain de l’antre habituel du MHSC, club de foot de la ville, souvent victime de problèmes d’inondations par le passé, risque d’avoir souffert des intempéries qui ont copieusement arrosé l’Hérault cette semaine. Le MHR n’y a, en tout cas, évolué qu’une seule fois dans son histoire (en 2011), et n’y a donc guère plus de repères que le RCT. « C’est l’affluence qui importe, mais c’est excitant de voir ce stade. Ce sera un match stimulant, aussi pour la qualité de l’équipe en face », affirme Franck Azéma.

    Car se présente le finaliste du dernier championnat, vainqueur de la Challenge cup, et qui poursuit sa progression, selon l’entraîneur des Rouge et Noir : « Ils repartent sur les mêmes standards, sur la conquête, avec une grosse défense, mais ils sont aussi en train d’étoffer leur jeu. Ils ont pris des certitudes ».

    « On a besoin de gagner

    et d’un peu de temps »

    Des certitudes que ses hommes n’ont pas encore emmagasinées. Car les cinq points pris samedi et la solidité défensive retrouvée depuis le début de saison (2e défense du championnat) n’ont pas masqué les manques offensifs, matérialisés par les trop nombreuses maladresses, alors qu’on avait vu du mieux de ce côté-là, à Castres, il y a deux semaines. « Il faut déjà trouver pourquoi. On a toujours envie que ça aille vite, mais on a besoin de gagner pour valider ces choses-là et d’un peu de temps », tempère Franck Azéma. « On change beaucoup de système, ça demande des automatismes, de la répétition », justifie le centre toulonnais Mathieu Smaïli. « On a plus de liberté, même si ça ne se voit pas trop pour l’instant. C’est frustrant car on n’arrive pas à mettre ce qu’on veut en place. Il va falloir mettre la disquette (sic), car si tu perds trop de points d’entrée, c’est difficile de les rattraper. »

    Autre axe de progression : enfin gagner à l’extérieur, ce qui n’est arrivé que deux fois l’an passé, dont une à… Montpellier, où le RCT reste sur deux victoires. « On a montré notre caractère, car à chaque fois, on a perdu que d’un ou deux points », affirme le technicien varois, qui prévient toutefois : « Je ne veux pas voir une pièce de théâtre, mais qu’on soit dans le vrai sur ce qu’on a travaillé ».

  • La gauche résiste dans l’Hérault, le RN s’incruste

    La gauche résiste dans l’Hérault, le RN s’incruste

    À gauche, il y a deux manières d’analyser les résultats des sénatoriales dont l’officialisation en préfecture de l’Hérault aura été laborieuse, dimanche 27 septembre, en raison de la mystérieuse disparition du procès-verbal du 11e bureau.

    La première lecture, c’est de se dire qu’avec la réélection d’Hussein Bourgi (PS) et l’accession de Julie Frêche (PS) au palais du Luxembourg, la liste d’union PS/PCF/Place Publique a réussi son coup. Difficile de dire autre chose au vu des 793 voix recueillies sur 2710 votants (2730 inscrits) alors que PS et PCF n’en avaient obtenu que 561 et 84 en partant séparés en 2020. Pour le maire de Montpellier, Michaël Delafosse (PS), c’est la preuve que « la très belle dynamique de rassemblement de la gauche unie avec le PCF et Place publique » a porté ses fruits.

    De même que le travail de terrain mené depuis 2020 par H. Bourgi. Lequel a tout de suite salué Julie Frêche comme la « première femme socialiste élue au Sénat dans l’Hérault ». « Je serai la sénatrice de tous les territoires : urbains, ruraux, du littoral, de la montagne », a tenté de rassurer l’élue Montpelliéraine qui va devoir laisser son poste de vice-présidente à la Métropole.

    Revers pour K. Mesquida

    La seconde manière de lire le scrutin, c’est se souvenir que la gauche héraultaise comptait trois sénateurs (Hussein Bourgi, Christian Bilhac et Henri Cabanel) et n’en a plus que deux. La faute à la division. Car les 5 autres listes de gauche ont toutes échoué. En dépit d’un faible nombre d’élus locaux, Les Écologistes d’Agnès Gizard-Carlin (49 voix) et les Insoumis d’Alexia Laforge (119 voix) ont préféré se compter plutôt que s’entendre. Même échec au Département de l’Hérault, où la dissidence de la divers gauche (DVG) Audrey Imbert (147 voix) a empêché l’élection d’Aurélien Manenc (DVG, 275 voix), infligeant au passage un revers au président Kléber Mesquida (La Convention) présent sur sa liste. Quant à l’élue régionale Florence Brutus (PRG, 139 voix), elle n’a pas capitalisé sur l’héritage de Christian Bilhac.

    Le prix de la division est identique à droite (5 listes dont Nouvelle Énergie de Malik Hamadache, 164 voix) qui ne conserve qu’un député et tente de se réinventer. Exit le sénateur Jean-Pierre Grand (Horizons, 145 voix), victime de son départ des Républicains (en échec avec Alain Berthet, 129 suffrages) et de la perte de Castelnau-le-Lez. À bientôt 76 ans, le gaulliste a lui-même annoncé sa retraite politique à Hérault Tribune. « Je regarderai la politique depuis mon poste de télévision ». Après maintes tentatives, l’entrepreneur Joseph Francis (DVD, 427 voix) a enfin gagné un scrutin sur son nom, sans l’UDI. « Une nouvelle page de la droite et du centre est en train d’être écrite.
    Je serai le sénateur de la ruralité
      », a promis… le Montpelliérain.

    Le corollaire de ce double constat, c’est que le RN a tiré les marrons du feu. Certes, grâce à la prise d’Agde et surtout la fragilisation du plafond de verre, le RN obtient quasi trois fois plus de voix (328) qu’en 2020 (118). Mais sans la division des forces républicaines, jamais Manon Bouquin n’aurait pu se faufiler au Sénat.

  • Les Lanceurs d’Arlettes plantent leurs chapiteaux à Odysseum

    Les Lanceurs d’Arlettes plantent leurs chapiteaux à Odysseum

    Après trois années passées au parc Sophie-Desmarets, dans le quartier de La Mosson, avec le festival « Arlette ton cirque », les Lanceurs d’Arlettes étrennent un nouveau projet. Du 3 octobre au 21 novembre, le collectif investit un terrain situé boulevard Télémaque, à Odysseum, pour y installer « Arlette ton Chap’ », un lieu culturel éphémère à la fois scène, espace de création et lieu de convivialité. Deux chapiteaux rouges et jaunes accueilleront, pendant sept semaines, spectacles, concerts, ateliers, artistes en résidence et rendez-vous festifs.

    « On reprend notre itinérance, grâce notamment à l’acquisition d’un chapiteau », explique Léalou Brau, co-coordinatrice de la manifestation. Achetée en 2025 grâce au budget participatif de la Ville de Montpellier, cette structure permet au collectif d’imaginer de nouvelles implantations.

    Sept semaines
    sous les chapiteaux

    Pour cette expérience à Odysseum, un deuxième chapiteau a été prêté par une association amie. Le premier sera transformé en ring du 15 octobre au 1er novembre pour accueillir « Arlette ton Catch », une création des Lanceurs d’Arlettes réunissant huit artistes autour d’un mélange de cirque, théâtre, catch spectacle et humour absurde. Douze représentations sont prévues, du jeudi au dimanche. Un spectacle créé par le collectif, « qui a ensuite pour ambition d’être joué sous chapiteau en itinérance », précise Léalou Brau.

    L’autre chapiteau cultivera l’esprit guinguette. On pourra y manger, boire un verre au Bar’Arlette, écouter de la musique ou découvrir un spectacle. Les mercredis seront tournés vers les familles, avec ateliers de clown et d’initiation aux arts du cirque, spectacles jeune public et café des parents. En octobre, les jeudis proposeront des jams musicales, avec des instruments à disposition. Les vendredis et samedis soirs, concerts et spectacles prolongeront les soirées jusqu’à 0h30.

    La programmation, « à l’image d’Arlette : populaire, curieuse, festive et un peu imprévisible » entend également faire circuler les artistes. Des compagnies locales seront invitées à se produire. Et lorsque le spectacle maison « Arlette ton Catch » aura quitté le chapiteau, en novembre, celui-ci accueillera des compagnies en résidence. « On a à cœur de faire de cette manifestation une plateforme d’échanges, de rencontres, de partage avec les publics, mais aussi entre artistes », souligne Léalou Brau.

    Parmi les temps forts annoncés, le festival Cosmos investira les lieux du 13 au 15 novembre, pour « trois jours de propositions artistiques, entre spectacles, cabaret et univers cosmique » et le 21 novembre, le duo de musique électronique il:lo clôturera cette première édition. Deux vide-greniers sont également prévus, les 18 octobre et 1er novembre.

    Contrairement au festival Arlette ton Cirque, cette nouvelle aventure est entièrement autoproduite. « On va donc devoir mettre en place une billetterie », indique la coordinatrice, mais les tarifs resteront accessibles (entre 8 et 12 euros, gratuit pour les enfants).

    * Toute la programmation sur les réseaux sociaux (Facebook et Instagram) des Lanceurs d’Arlettes.

  • La quasi-totalité des lycées de Nîmes et de Montpellier bloqués par les jeunes

    La quasi-totalité des lycées de Nîmes et de Montpellier bloqués par les jeunes

    À Nîmes, le mouvement touche quasiment tous les lycées ce jeudi 1er octobre. Il y a eu des blocages ou tentatives de blocage à Camus, Daudet, Mistral, Voltaire, Saint-Vincent, Lamour, Hemingway, Raimu ou encore Gaston-Darboux. La situation a été assez tendue par endroits, avec feux de poubelles et de palettes.

    Face à quelques dégradations la police est intervenue, notamment à Camus et Saint-Vincent où il y a eu usage de gaz lacrymogène. À Mistral, le portail a été dégondé et les cours ont été annulés. Mercredi 30 septembre, le maire de Nîmes Vincent Bouget (PCF) est allé à la rencontre des jeunes. « Les lycéens nîmois, comme dans de nombreuses autres villes du pays ont manifesté un profond mal-être sur leurs conditions d’apprentissage et sur les perspectives d’avenir », a déclaré le maire dans un message sur les réseaux sociaux. « Quelques violences, qui relèvent d’une minorité, ont émaillé la mobilisation et je le regrette. Dans le même temps, il faut garantir la liberté de manifestation et l’expression pacifique des revendications », insiste-t-il.

    Soutien de la CGT

    de l’Hérault

    Dans l’Hérault, selon la préfecture une quinzaine de lycées du département étaient concernés ce jeudi matin par le mouvement. La préfète Chantal Mauchet a fait un point de situation jeudi matin. « Le phénomène est inquiétant et prend de l’ampleur. Il y a plusieurs points de blocages, notamment à Montpellier. Des interventions de la police ont eu lieu. C’est une situation très délicate que je suis attentivement. » Dans un communiqué, l’Observatoire des libertés publiques de Montpellier rapporte que dès le mardi 29 septembre, des actes de violences policières ont été constatés.

    Dans un communiqué, l’Union départementale CGT de l’Hérault, dénonce la répression « Ce 1er octobre, alors qu’ils poursuivent leur mobilisation, la répression monte d’un cran. Des nuages de gaz lacrymogènes toxiques flottent sur Montpellier. Cette situation est inacceptable. La colère d’une jeunesse qui revendique. Cette situation est inacceptable. La colère d’une jeunesse qui revendique des moyens pour étudier, se former et construire son avenir doit être entendue, pas réprimée. » Pour la CGT, « un lycéen qui revendique n’est pas une menace. La réponse doit être claire : des moyens pour l’École, des services publics renforcés et un avenir digne pour toutes et tous, pas l’austérité et la répression. » Le gouvernement a mis en place une cellule de crise.

  • À Montpellier, Robert Ménard fait de son procès une tribune politique

    À Montpellier, Robert Ménard fait de son procès une tribune politique

    Même la pluie n’aime pas les fachos ! » Mercredi 30 septembre, les torrents d’eau qui tombaient devant le tribunal judiciaire de Montpellier n’ont pas douché la détermination des manifestants venus huer Robert Ménard pour son refus, le 7 juillet 2023, de marier la Française Eva Marty à Mustapha Belkacemi, sous prétexte que l’Algérien était alors sous Obligation de quitter le territoire français (OQTF).

    Avec l’alerte rouge, la pluie battante était-elle annonciatrice d’une audience fleuve qui allait dépasser les bornes ? Toujours est-il qu’elle dura 9 heures dans un climat électrique, 9 heures à l’issue desquelles le procureur a requis une simple amende de 7 500 euros, la peine bien plus lourde prévue par le Code pénal ayant pour lui une « valeur symbolique ». Ménard dont « l’intention coupable est éclatante », n’en a pas moins commis une « infraction caractérisée » au droit « en connaissance de cause ». « Les faits sont établis, reconnus voire revendiqués ». Contrairement aux allégations de la défense, « il n’y a aucune contradiction entre les normes légales. Le maire n’avait aucune marge d’appréciation. Sans empêchement du Parquet, un maire ne peut refuser de célébrer un mariage », insiste Thierry Lescouarc’h.

    Or, en dépit du forcing du maire d’extrême droite auprès du ministère, du sous-préfet et du Parquet pour faire expulser Mustapha Belkacemi avant le mariage (il le sera 13 jours après la cérémonie annulée, sans respect de ses droits selon les parties civiles), les soupçons de mariage blanc (seule entrave possible) avaient été écartés par le procureur de l’époque.

    En dépit des mises en garde de ses services municipaux, Ménard s’est entêté et fait le « choix personnel », en « reprenant la main sur l’adjoint d’astreinte », d’annuler la cérémonie. Un « coup médiatique prémédité » selon les avocats des associations parties civiles (LDH, SOS Racisme, Amoureux au ban public…). Car ce 7 juillet 2023, la presse avait été conviée par le maire d’extrême droite pour assister à une « humiliation publique » selon l’avocate d’Eva Marty, qui accuse Robert Ménard d’avoir orchestré et « dissimulé un traquenard  ».

    « Sale arabe, bougnoule ! »

    Avec son compagnon et ses invités, Eva Marty se souvient avoir été coincée dans la cour de l’hôtel de Ville, devant les portes closes de la salle des mariages. « Une alarme s’est déclenchée, les couloirs étaient bondés. Des gens nous insultaient ». « Racaille, sale arabe, bougnoule. Rentre chez toi en Algérie ! », rapporte le Canard enchaîné. Ménard apparaît et porte le coup de grâce. Comme il s’en était vanté la veille dans une interview au Figaro et le matin même en recevant au débotté Eva Marty en mairie, le mariage n’aura pas lieu. C’est en robe de mariée que la victime déposera plainte l’après-midi.

    Depuis 3 ans, Eva Marty multiplie les allers-retours en Algérie avec ses enfants pour voir son mari avec qui elle a pu se marier le 14 juillet 2026 près Oran, ville native de… Robert Ménard. Elle décrit son « traumatisme ». « J’étais une personne lambda et me suis retrouvée objet d’un débat national, d’une instrumentalisation. Mustapha a été accusé à tort de viol. On ne traite pas les gens comme cela. »

    Une « situation ubuesque »

    À la barre, le maire d’extrême droite n’exprime aucun remords tout en prétendant qu’il n’y a rien de personnel. « Je n’ai rien contre Madame Marty. Ça aurait été un Chinois, j’aurais fait la même chose ». L’accusation le conteste si bien qu’une requalification pénale a été demandée, en plaidant la « discrimination ». Pour le prouver, les mots de Ménard dans l’interview au Figaro sont notamment exhumés. « Il est Algérien. 6 ans plus jeune qu’elle, déjà mère de trois enfants. Elle ne travaille pas, elle vit des aides sociales. Ça sent le mariage blanc à plein nez ! » Un véritable « bingo de la discrimination » pour le conseil d’Amoureux au ban public.

    Mais de droit, il fut finalement peu question à l’audience. Ménard et ses avocats prenant soin de politiser le procès. Comme il n’a cessé de le faire sur les plateaux de Cnews ou BFM TV, le maire estime avoir été « écartelé entre deux obligations contradictoires ». Devoir marier en tant qu’officier d’état civil et assurer la sécurité en tant qu’officier de police judiciaire. Devant « ce truc de fou », cette « situation ubuesque » et « conscient des risques », Robert Ménard dit avoir choisi « l’intérêt collectif contre l’intérêt individuel ». Car à ses yeux, l’OQTF qui aurait dû être appliquée par le préfet signifie qu’il existait forcément une menace à l’ordre public.

    Cités à la barre pour témoigner, trois grands élus de droite – le sénateur Stéphane Demilly (UDI), l’ex-ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau (LR) et le président de l’Association des maires de France (AMF) David Lisnard (Nouvelle Énergie) – voleront au secours de Robert Ménard.

    Dans une salle majoritairement acquise à l’édile d’extrême droite, en présence de maires de droite (Baillargues, Saint-Brès…) ou du député RN Aurélien Lopez-Liguori, Stéphane Demilly fait valoir qu’il a déposé une proposition de loi adoptée au Sénat. « 75% des Français la soutiennent », affirme le sénateur. Le texte, pas encore voté à l’Assemblée nationale et donc hypothétique, stipule « qu’il faudra être en situation régulière pour être marié ». Dans tous les cas, une loi n’est pas rétroactive.

    Retailleau, Lisnard et Demilly au secours

    Derrière lui, Bruno Retailleau apporte son « éclairage ». Ménard a dû « composer avec sa conscience ». Il aurait été « pris en tenailles dans une sorte d’injonctions contradictoires » entre « la liberté du mariage et le séjour irrégulier ». « Célébrer le mariage aurait participé à faire annuler l’OQTF », estime l’ex-ministre de l’Intérieur. Voilà pourquoi ce candidat à la Présidentielle veut changer la loi pour que, sur ce point, la France déroge, comme le Danemark, à la Convention européenne des droits de l’Homme (CEDH). La priorité de Bruno Retailleau étant la « lutte stricte contre l’immigration illégale ». Que Mustapha soit entré légalement en France à 16 ans dans le cadre d’un regroupement familial, y ait fait ses études avant d’y travailler et que son titre de séjour ne soit pas renouvelé, ne pèse pas lourd à ses yeux… Enfin, David Lisnard argumente que les maires sont de plus en plus amenés à « prendre des décisions dans l’urgence » dans des « dilemmes cornéliens ». À l’image de la loi SRU et de celle sur le zéro artificialisation des sols, lui aussi évoque des « injonctions contradictoires » comme alibi.

    Autant de soutiens à visée politique plus que juridique – Stéphane Demilly confondant la loi avec un acte administratif que constitue l’OQTF – que les avocats des parties civiles ont tenté de discréditer. « Vous n’avez pas eu accès au dossier, vous ne connaissez pas les parties, vous n’étiez pas là le jour du mariage. Vous n’êtes témoins de rien du tout. Que faites-vous ici ? »

    Le « bon sens » plaidé

    Chaque témoin gardera son calme au contraire de Robert Ménard. Celui-ci qualifie volontiers Mustapha Belkacemi de « clandestin » sans connaître l’objet de son OQTF mais perd son sang-froid quand, au vu des trois mentions à son propre casier judiciaire, les avocats de la partie adverse lui demandent s’il se considère comme un « délinquant multirécidiviste » qui « menacerait l’ordre public ». « C’est une saloperie de dire ça. J’ai passé 25 ans à défendre les droits à Reporters sans frontières. Je porte cette condamnation* comme une légion d’honneur ». Et plus tard en vociférant : « Non mais vous vous foutez de moi ? »

    Pour tenter de minimiser l’infraction plus ou moins assumée par Robert Ménard – « Je savais que c’était illégal mais c’est légitime. Si le cas se reproduisait, je ferais pareil. J’ai défendu mes convictions comme d’autres avant moi ont pris des risques » – ses avocats invoquent dans leur plaidoirie de relaxe une notion chère à l’extrême droite : le « bon sens ». « Les maires ont le bon sens et l’intérêt général chevillé au corps ». Un argument opportun balayé par l’avocat de SOS racisme. Comme ses trois confrères, il réclame des dommages et intérêts. « Le bon sens, tout le monde croit en avoir, c’est dangereux. Il ne figure dans aucun article du Code pénal. Ici, on juge le droit ». Le délibéré sera rendu le 1er décembre.

    * Pour avoir occupé l’office de tourisme de Tunisie sous Benali.

  • Une belle démonstration de force et d’unité autour des services publics

    Une belle démonstration de force et d’unité autour des services publics

    Ce 29 septembre, les cortèges ont fait le plein dans l’Hérault et le Gard
    à l’appel d’une large intersyndicale de la fonction publique (la CGT, FO,
    la CFDT, l’Unsa, la FSU, Solidaires, la CFE-CGC et la FA-FP). Un coup de pression à la veille des arbitrages du gouvernement pour le prochain budget – dont la présentation avait lieu le 1er octobre – afin de protester contre le recul du pouvoir d’achat et demander davantage de moyens.
    À Montpellier, 7 000 personnes ont défilé selon les syndicats, 4 500 selon la police. La manifestation nîmoise, elle, a rassemblé 2 500 manifestants selon les syndicats. Des cortèges denses qui ont réuni des agents des trois fonctions publiques (État, collectivités, hôpital), auxquels se sont joints
    de nombreux jeunes, étudiants mais aussi lycéens, mobilisés dès le début de la journée avec le blocage de leurs établissements.

    Philippe Enjelmann, Infirmier aux urgences psychiatriques du CHU de Montpellier :
    « J’ai des collègues à l’hôpital qui dorment dans leur voiture »

    L’hôpital est attaqué et déconstruit méthodiquement depuis des années par le gouvernement main dans la main avec la direction de l’hôpital, si bien qu’on a de moins en moins de budget pour prendre en charge les patients. En psychiatrie, où je travaille, deux unités entières ont fermé ces 7 dernières années. Ce qui conduit à des situations comme samedi dernier [26 septembre, NDLR] : aux urgences, on avait un patient qui devait être hospitalisé rapidement, mais sa prise en charge a tardé faute de place et un collègue infirmier a été victime d’une agression qui lui a valu 10 jours d’ITT.

    C’est catastrophique en premier lieu pour les patients, qui voient leur prise en charge dégradée et sont accueillis dans des locaux qui ne sont pas adaptés, avec des personnels pas formés comme il faudrait. Et nous, en tant que travailleurs, non seulement on perd le sens de notre travail mais on se demande comment on va rentrer le soir… Quelle est la prochaine étape ? Se faire tuer au travail ? Tout ça pour un salaire qui fait que le 10 du mois, j’en suis déjà à attendre ma paie ? Et encore, je ne suis pas le plus mal loti : j’ai des collègues à l’hôpital qui n’ont pas un salaire assez important pour payer un loyer, si bien qu’ils dorment dans leur voiture et se douchent discrètement dans les vestiaires… On en est là. La réalité de l’hôpital aujourd’hui, c’est que les gens qui vous soignent galèrent à vivre. C’est cet avenir de précarité et de déconstruction du service public qu’on combat. »

    Audrey Amiel, Sapeur-pompier à Lunel
    « On n’a pas les moyens de faire bien le travail qu’on devrait faire »

    On n’a pas les moyens de bien faire le travail qu’on devrait faire. Ça m’attriste car c’est la population qui est touchée en premier. Manque de moyens financiers, humains, matériels : tout est imbriqué. Il y a une espèce d’étouffement général de la fonction publique, qui se ressent au quotidien.

    Je suis sapeur-pompier professionnel depuis 2010. Les conditions de travail ont beaucoup évolué, notamment avec ces départs de carence d’ambulances privées, qui se sont multipliés. Ce sont des interventions qui, normalement, ne font pas partie de notre travail. Mais quand vous avez un problème en France et que personne ne peut y répondre, on envoie les pompiers. Donc quand il n’y a plus d’ambulanciers privés pour emmener quelqu’un à l’hôpital, c’est nous qu’on sollicite. Or quand on fait ça, on ne peut pas faire une vraie urgence derrière. On nous sollicite tellement qu’on se retrouve en manque d’effectifs, parce qu’on ne peut pas faire le travail des autres et le nôtre. On a juste envie de revenir aux fondements de notre métier : faire du secours, de l’urgence. Pas du transport.

    Outre des recrutements, on voudrait également avoir des outils de travail qui permettent de protéger notre santé. Depuis des années, on intervient sur des feux de forêt sans se protéger… Enfin, s’agissant des salaires, le dégel du point d’indice des fonctionnaires est un des mots d’ordre de la mobilisation auquel nous nous associons en tant que fonctionnaires territoriaux. »

    Corinne Place, Enseignante dans le 1er degré à Nîmes

    « On encaisse, on encaisse, mais là ce n’est plus possible »

    Je suis enseignante dans le premier degré, avec une classe de CP, CE1 et CE2 dans le nord du Gard. Si je suis là aujourd’hui, c’est pour défendre le service public, mais aussi nos conditions de travail et notre pouvoir d’achat. Cela fait des années que nos rémunérations stagnent et que notre niveau de vie se dégrade. On encaisse, on encaisse, mais à un moment, ce n’est plus possible.

    Dans les écoles, ce manque de moyens se voit partout. Le symbole qui parle pour tous les autres, c’est les AESH, indispensables pour accompagner les élèves en situation de handicap mais qui restent dans une très grande précarité. Nous demandons qu’elles aient enfin un véritable statut, qu’elles soient formées, reconnues et suffisamment nombreuses.

    Et puis il y a l’état des bâtiments. Cette année encore, avec les fortes chaleurs dès le mois de mai, certaines classes sont devenues très difficiles à supporter. On sait depuis des années qu’il faut adapter les écoles au réchauffement climatique. Parfois, il suffirait déjà de choses simples : des stores, des volets, des brasseurs d’air, la possibilité d’aérer les bâtiments tôt le matin. Les collectivités font avec leurs moyens, mais ils sont limités. Au bout du compte, ce sont les personnels et surtout les élèves qui subissent. Défendre une école publique forte, cela suppose de lui donner réellement les moyens de fonctionner. »

    Francis Foussard, Ingénieur hydraulique au CD30 à Nîmes.
    « Par ces chaleurs, c’est surtout le point d’indice qu’il faut dégeler »

    Nous sommes là pour défendre le service public, les conditions de travail de ses agents et leurs rémunérations. Ce qui nous inquiète aujourd’hui, c’est la perspective d’un nouveau budget d’austérité qui viendrait encore réduire les moyens de la fonction publique. Mais cet été a aussi montré très concrètement ce que signifie le manque de moyens face au dérèglement climatique. Au Conseil départemental, on le voit notamment pour les collègues qui travaillent sur les routes. Lors des épisodes de canicule, certains se retrouvent exposés à des températures très importantes et nous demandons encore qu’un véritable plan de travail adapté soit mis en place. On ne peut pas demander aux agents d’assurer leurs missions en mettant leur santé en danger.

    Même constat pour les services d’incendie et de secours. Cet été a montré jusqu’où peut aller cette impréparation : en Gironde, les incendies ont entraîné le plus grand déplacement de population depuis la seconde guerre mondiale, tandis que plusieurs agents ont perdu la vie et que des dizaines d’autres ont été blessés lors des interventions. On demande des moyens humains, des conditions de travail dignes et, évidemment, une revalorisation salariale. Le dégel du point d’indice est indispensable. Et par ces fortes chaleurs, c’est peut-être bien le dégel que les fonctionnaires attendent le plus ! »