Tag: Marseille

  • Les Amis de La Marseillaise vous ouvrent les portes du journal

    Les Amis de La Marseillaise vous ouvrent les portes du journal

    Serge Baroni, président des Amis de La Marseillaise et Pierre Pradel, trésorier de l’association étaient tout sourire ce mardi « aux rotatives de La Marseillaise », l’espace qui accueille désormais de nombreux événements publics. « Nous avons décidé de faire partager au plus grand nombre les locaux rénovés et la toile de Pierre Ambrogiani dont les Amis de La Marseillaise ont financé la restauration », explique Serge Baroni lors de la première matinée portes ouvertes initiée par son association.

    L’occasion de dialoguer autour des activités des Amis de La Marseillaise.

    Pierrette Forest fait partie des lecteurs qui ont répondu à l’appel. Impressionnée par la toile monumentale représentant les ouvriers du livre de La Marseillaise. Une œuvre trône désormais au cœur de la rédaction. Ravie d’avoir pu la contempler à l’œil nu, elle souligne ses couleurs éclatantes.

    Les Amis de La Marseillaise l’ont déclinée sous forme d’affiches, de cartes postales ou encore de sacs en toile pour soutenir le développement de notre journal. De quoi garder un souvenir de la visite ou faire plaisir à un proche.

    Ils vous donnent à nouveau rendez-vous dans ces lieux chargés d’histoire ces mercredi et jeudi matin.

    Mercredi 17 et jeudi 18 juin de 9h à 12h. Place du journal La Marseillaise, 15 cours d’Estienne d’Orves Marseille (1er).

  • Les travailleurs sociaux dénoncent la réforme des diplômes

    Les travailleurs sociaux dénoncent la réforme des diplômes

    C’est pour s’opposer à cette réforme concernant les formations aux métiers du secteur social que plusieurs travailleurs sociaux se sont rassemblés, mardi à Marseille, à l’appel de la CGT et de la FSU. Cette réforme doit entrer en vigueur à la rentrée universitaire prochaine. Elle concerne notamment cinq diplômes d’État, de niveau licence, qui se retrouvent fusionnés : ceux d’assistant de service social, d’éducateur spécialisé, d’éducateur de jeunes enfants, d’éducateur technique spécialisé et de conseiller en économie sociale et familiale.

    Présentée par le gouvernement comme un moyen de favoriser le recrutement et l’attractivité des métiers du social, cette réforme suscite une vive inquiétude. « On demande à la fois un moratoire pour que la réforme ne passe pas à la rentrée et son abrogation. Elle rabaisse le niveau de formation, c’est une catastrophe », déplore Valérie Marque, secrétaire générale du syndicat CGT du Département des Bouches-du-Rhône.

    Devant la préfecture, les avis sont unanimes. Evelyne (son prénom a été modifié), assistante en prévention sociale depuis plus de 25 ans, compare son parcours à la situation actuelle : « J’ai bénéficié d’une formation de qualité avec suffisamment de moyens humains et financiers. Aujourd’hui, il est question de complètement déconstruire ce diplôme, probablement pour une question de coût. »

    Des inquiétudes pour

    le secteur

    Selon la CGT, les prérequis pour accéder aux formations ont été fortement abaissés, avec la suppression du concours en 2020 et son remplacement par une sélection via Parcoursup. Depuis ce changement, Gaëlle, éducatrice spécialisée, constate une baisse de motivation chez des étudiants : « Je reçois des stagiaires qui ont pu accéder aux formations par Parcoursup sans avoir connaissance de ce qu’est le métier. Parfois, c’est un choix qui est fait par défaut. »

    Au-delà de la réforme, Valérie Marque souhaite alerter sur l’absence de réponse concrète à la crise du secteur social. « On manque cruellement de moyens, et cela se répercute sur nos salaires. À 60 ans, avec 37 ans de carrière en tant qu’assistante sociale, je gagne 2 800 euros brut par mois. »

  • Une carte de transport d’été à 10 euros pour les jeunes et contre la fraude

    Une carte de transport d’été à 10 euros pour les jeunes et contre la fraude

    Alors que le préfet publiait son arrêté pour le budget de la Métropole, la RTM rendait, ce mardi, les conclusions de son audit [contrôle de comptabilité] flash, demandée par Samia Ghali à son arrivée à la présidence, en avril dernier. Un rapport qui révèle une RTM « saine en matière de budget », affirme la présidente, malgré une flotte vieillissante coûteuse en entretien. L’occasion, aussi, de proposer des pistes d’économies possibles.

    Face aux économies exigées ce mardi par le préfet, la présidente de la RTM met en avant la décision du conseil d’administration d’un versement de 5,7 millions d’euros de la régie au profit de la Métropole. « Nous faisons l’effort pour aider la Métropole, mais nous n’enlèverons pas de l’exploitation, car les transports sont un service public », insiste la maire adjointe (DVG), affirmant que les efforts demandés ne pourront pas être portés seule par la RTM.

    La gratuité dans le viseur

    La RTM était par ailleurs épinglée dans l’avis de la chambre régionale des comptes au sujet de la fraude. D’après les chiffres de la régie, un usager sur quatre utiliserait les transports marseillais sans titre, pour un coût estimé à 24 millions d’euros. Un fléau que Samia Ghali envisage de réduire, en plus des contrôles, par une tarification adaptée aux revenus et à la catégorie sociale de chacun. Elle a annoncé vouloir mettre en place, pour les mois de juillet et août 2026, un pass pour les moins de 26 ans à 10 euros, « car ces jeunes n’ont souvent pas de titre de transport au quotidien, mais l’été, ils veulent aller à la plage et s’ils n’ont pas les moyens, ils fraudent », développe la présidente de la RTM. Une proposition qui devrait être soumise au vote lors du conseil métropolitain, le 24 juin.

    Autre piste d’économie, Samia Ghali évoque le renouvellement de la flotte vieillissante, qui représente un certain coût en entretien. Elle espère également mettre fin à la gratuité pour les seniors et les enfants, remplacée par une tarification sociale « plus équitable », affirme-t-elle, sans en donner les contours précis. Dernière piste évoquée lors de cette conférence de presse : l’augmentation du versement mobilité payé par les entreprises également soumise au vote du conseil métropolitain.

    L’association des usagers réagit à l’avis de la CRC

    L’association des usagers des transports des Bouches-du-Rhône reconnaît le manque de recettes de la RTM, après l’avis de la chambre régionale des comptes (CRC). Pour eux, cela « conduit à un manque d’ambition ». Elle rappelle l’urgence de « développer l’offre de transport qui présente un retard important ». Ils soutiennent la fin de la gratuité pour les enfants et les seniors, au profit d’une tarification sociale.

  • Pierre-Emile Højbjerg attire la convoitise de l’Atalanta

    Pierre-Emile Højbjerg attire la convoitise de l’Atalanta

    Après la Juventus de Turin, désireuse de lui mettre le grappin dessus depuis le dernier mercato hivernal, l’Atalanta Bergame est entrée dans la course pour s’offrir les services de Pierre-Emile Højbjerg, d’après Gianluca Di Marzio, l’un des spécialistes du mercato.

    Le milieu de terrain international danois de 30 ans, auteur de 75 apparitions sous le maillot olympien depuis son arrivée dans la cité phocéenne à l’été 2024, figure parmi les départs potentiels susceptibles de renflouer les caisses de l’OM.

    Dans un contexte économique toujours surveillé de près, et alors que le club phocéen pourrait être fixé ce mercredi sur une éventuelle sanction de l’UEFA pour non-respect de l’« accord de règlement » signé en 2022, la direction olympienne reste contrainte d’envisager certaines ventes importantes pour équilibrer ses comptes.

    Malgré son statut de cadre et son rôle central dans l’entrejeu de Roberto de Zerbi, Højbjerg n’est donc pas considéré comme totalement intransférable. L’ancien joueur de Tottenham, qui a même porté le brassard de capitaine en l’absence de Leonardo Balerdi, séduit particulièrement le nouveau staff bergamasque.

    Désormais dirigée par Maurizio Sarri, fraîchement nommé sur le banc de l’Atalanta, la formation lombarde entend bâtir un milieu de terrain à la fois technique, discipliné et expérimenté. Le profil du Danois correspond parfaitement aux exigences du technicien italien, qui apprécie les joueurs capables de structurer le jeu tout en assurant un important volume de course.

    Transfert supérieur

    à 10 millions d’euros

    Dans ce projet de reconstruction, Sarri et son nouveau directeur sportif Cristiano Giuntoli – les deux hommes ayant déjà collaboré avec succès à Naples – souhaitent donner une nouvelle identité à l’Atalanta après la fin du cycle Gasperini. Le dossier Højbjerg s’inscrit ainsi dans une réflexion plus large sur le renouvellement de l’entrejeu, d’autant que le départ du Brésilien Éderson vers Manchester United, estimé à environ 45 millions d’euros, pourrait offrir une importante marge de manœuvre financière aux dirigeants bergamasques.

    Prêté à l’Olympique de Marseille en provenance de Tottenham à l’été 2024, avec une option d’achat de 13,5 millions d’euros levée à l’issue de sa première saison, Pierre-Emile Højbjerg ne fera pas l’objet d’un départ à bas prix. L’OM a déjà repoussé une première offre avoisinant les 10 millions d’euros, formulée par le club turc de Besiktas. La direction marseillaise reste ferme : aucun départ ne sera étudié en dessous de la valeur réelle du joueur, estimée autour de 15 millions d’euros par Transfertmarkt, voire davantage en cas de concurrence entre clubs.

    La campagne de réabonnements décalée

    La campagne de réabonnements du club marseillais devait initialement commencer ce mardi, mais le flou autour du renouvellement des abonnements a gagné du terrain. Et pour cause : face à l’incertitude liée aux sanctions de l’UEFA, l’OM a finalement décidé de la décaler, selon La Provence. Elle ne commencera donc qu’une fois que les dirigeants olympiens auront été informés par l’instance européenne, vraisemblablement ce mercredi ou jeudi. Cette attente a également empêché toute communication concernant les tarifs des abonnements. Aucune information n’a en effet filtré sur les prix qui devaient être proposés aux fidèles du stade Vélodrome. Ces derniers devront donc encore patienter un peu avant d’être définitivement fixés. C.K.

  • À Marseille, un policier municipal condamné pour violences

    À Marseille, un policier municipal condamné pour violences

    Un policier municipal de Marseille a été reconnu coupable de violences par personne dépositaire de l’autorité publique. Il a été condamné à 3 mois de prison avec sursis pour un tir de pistolet-taser qui avait atteint la victime aux testicules. Le tribunal a fait droit à une dispense d’inscription de sa condamnation au bulletin n°2 du casier judiciaire.

    Le parquet avait requis, à l’audience du 7 mai, une peine de 8 mois de prison avec sursis, un an d’interdiction d’exercer et deux ans d’interdiction de port d’armes, estimant que le policier de 40 ans « avait joué au cow-boy et fait un faux pour se couvrir » sur ce qui n’était pas un refus d’obtempérer.

    Le 15 mai 2024 à 16h, trois policiers municipaux en patrouille décidaient de contrôler un scooter roulant sans casque, avenue de Corot (13e). Le pilote de 31 ans s’était garé pour entrer dans le snack vide. Alors qu’il sortait vivement des toilettes, un premier tir de taser l’atteignait dans le dos. Foudroyé, il tombait d’un bloc au sol, entraînant dans sa chute une policière. Il reprenait ses esprits. Jugé menaçant, il était à nouveau électrisé, toujours dans le snack, par un second tir dont les aiguillons atteignaient ses parties intimes. L’homme menotté relatait avoir ensuite été frappé à bord du véhicule. Les marins pompiers n’avaient pas été appelés alors que la règle l’exige dès que l’arme d’impulsion électrique est engagée. Après 12 années dans la police nationale et 6 ans de police municipale, c’était son premier emploi du taser.

    « La légitime défense était caractérisée pour le premier tir », a dit la présidente au délibéré, l’individu étant sorti des toilettes en mode bélier avec son casque en avant. S’agissant des coups de poing portés à son visage à bord du véhicule de police, « il n’est pas démontré que le policier en est l’auteur, la partie civile ayant chuté à deux reprises, d’abord dans le snack puis en sortant du véhicule de police », a dit la juge.

    Le policier répondait en outre de faux. Son procès-verbal pour refus d’obtempérer indiquait que le véhicule de police avait poursuivi sur 200 mètres le scooter alors que l’enquête établit que le scooter ne s’est déplacé que de 25 mètres pour se garer devant le snack. Bien que le policier ait reconnu le faux en déclarant « avoir mal actualisé les données du rapport en faisant un copié-collé d’un autre rapport qui a erroné certaines données », le tribunal l’a relaxé, « le procès-verbal de mise à disposition ne figurant pas dans la procédure ».

    Trois caméras-piétons hors service

    « Nous sommes très satisfaits car nous avons le sentiment d’avoir été écoutés par la juridiction. Nous aurions certes aimé que le second tir puisse être retenu comme légitime aussi », a commenté Me Sandrine Pauzano, conseil du policier. Dans cette affaire, aucune des caméras-piétons dont sont porteurs les trois policiers n’a fonctionné. La caméra du pistolet-taser, prévue pour se déclencher automatiquement, n’a pas davantage opéré. Quant à la vidéosurveillance de la ville, la caméra n’a pas fixé la scène. Les seules images ont été prises par un passant (ci-dessus).

    « Une condamnation pour violences policières est toujours appréciable. On a eu la chance d’avoir un procureur qui a immédiatement levé la garde à vue de mon client et décidé de poursuivre le policier à la suite de notre plainte », s’est félicitée hier Me Camille Latimier-Theil, pour la partie civile. Le tribunal a ordonné une expertise médicale de son client. Le médecin désigné devra rendre son rapport avant la fin de l’année. L’audience sur les intérêts civils est fixée au 21 mai 2027.

  • Le préfet coupe dans le budget métropolitain et renvoie la balle aux élus

    Le préfet coupe dans le budget métropolitain et renvoie la balle aux élus

    La deuxième Métropole de France peut de nouveau reprendre la main sur ses finances. Près de deux mois après le refus des élus de voter le budget pour protester contre des coupes budgétaires, celui-ci a été notifié ce mardi matin à l’intercommunalité par le préfet de région.

    «Je suis resté volontairement silencieux tout au long du processus pour ne pas perturber le débat, cette phase est terminée», partage Jacques Witkowski. Lui souligne le «choix surprenant» qu’a fait l’hémicycle métropolitain, en assurant que «ce n’est pas une collectivité qui est en faillite, […] on n’était pas dans une situation d’urgence qui aurait nécessité une intervention majeure». De quoi écarter tout recours à une hausse des impôts locaux. Il exonère aussi l’État de toute responsabilité dans le déficit de 144 millions d’euros : «Les concours financiers sont supérieurs à ce qu’ils étaient en 2023, cela reste une collectivité aidée au-dessus de ce que l’on fait habituellement.»

    «Je remets le ballon au centre»

    Aussi reprend-il à son compte les coupes claires préconisées jeudi par la chambre régionale des comptes dans son avis budgétaire, avec 91 millions d’euros d’économies dont 25 millions pour les transports, 12 millions pour les subventions aux associations et opérateurs métropolitains, 4,5 millions sur la masse salariale.

    Mais là où les magistrats financiers prévoyaient de retirer 53 millions dans la dotation de solidarité communautaire (DSC) versée aux communes pour compenser les inégalités du territoire, lui propose de tailler dans les attributions de compensation (AC), reversées aux municipalités sur la base de l’ancienne taxe professionnelle. «Le préfet doit faire respecter les lois et les règlements de la République», justifie-t-il. Or, la chambre régionale des comptes avait pointé 178 millions d’euros d’attributions de compensation considérées comme indues. Tandis que la DSC est une obligation légale.

    Il ne désigne cependant pas les villes qui verront leurs reversements coupés. Ce sera à l’hémicycle métropolitain de répartir ces 53 millions de coupes entre ses communes, à une majorité qualifiée des trois cinquièmes, suivi d’un vote des conseils municipaux. A moins que les élus ne décident désormais de voter une décision budgétaire modificative pour changer la copie rendue par le préfet et piocher malgré tout dans la dotation de solidarité. «Dans ces deux chemins, il y a une condition absolue, la Métropole doit équilibrer son budget», rappelle le représentant de l’Etat. Et d’imager : «Cela ne fait jamais plaisir quand un arbitre de terrain siffle une faute de jeu. C’est ce que je fais, je remets le ballon au centre.» Ce qui est certain, c’est que les communes devront revoir leurs budgets déjà votés.

    Enjeux parlementaires

    Face à l’appel des maires de déconstruire l’édifice intercommunal, «l’Etat n’est pas saisi d’un débat de modification de la Métropole, ce n’est pas à l’ordre du jour, indique le préfet. S’ils veulent un débat on s’en saisira, mais ça prendra du temps». Quant à la hausse demandée du versement mobilité pour faire contribuer davantage les entreprises au financement des transports, «c’est un choix du Parlement», rappelle-t-il. Comme toute évolution du statut de la RTM évoquée en conférence des maires la veille.

  • [Contre les Violences faites aux mineurs] À Marseille, associations, collectifs et citoyens ne lâchent rien

    [Contre les Violences faites aux mineurs] À Marseille, associations, collectifs et citoyens ne lâchent rien

    Un long cri poussé devant les grilles du Palais de justice de Marseille comme un symbole de leur détermination. Représentants d’associations, de collectifs, élus et citoyens sont réunis ce lundi 15 juin pour rappeler au gouvernement qu’il est plus que temps d’agir après la mort de la petite Lyhanna. « Nous sommes à un tournant, il faut transformer cette colère en action, on sent que ça bouge, il ne faut pas lâcher », analyse Nathalie Tessier (PCF), adjointe au maire de Marseille en charge du droit des enfants.

    Au micro, Annick Karsenty, présidente de Femmes Solidaires Marseille, une des 150 associations de la coalition féministe et enfantiste, prévient : « Tant que la loi intégrale et les moyens ne seront pas votés, tant que continuera l’impunité, nous n’arrêterons pas. » Elle rappelle l’existence de cette proposition de loi issue du travail de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), qui « prévoit des mesures contre la pédocriminalité en ligne, le renforcement des moyens et détections, des mesures prises en réponse au signalement, le suivi et l’accompagnement des victimes dès le signalement, la création d’une juridiction spécialisée dotée de moyens financiers et humains. » Ne reste plus qu’à la voter.

    Pas de démagogie

    Pour Anne-Cécile Mailfert, présidente fondatrice de la Fondation des Femmes, également présente, le constat « implacable » ne fait que renforcer la détermination. « Notre colère n’est pas de la démagogie, c’est le refus de l’habitude », insiste Stéphanie, du collectif enfantiste 13. Promettant de se rassembler tous les lundis, les manifestants prévoient une grande manifestation le 4 juillet.

  • [Entretien] « En Afghanistan, les premiers résistants sont les chercheurs d’eau »

    [Entretien] « En Afghanistan, les premiers résistants sont les chercheurs d’eau »

    La Marseillaise : Êtes-vous d’accord si l’on dit que votre création cherche à illustrer les atteintes impérialistes en Afghanistan, l’accaparement des richesses du pays par ses suppôts, mais aussi la manière dont les Afghans y résistent ?

    Feda Wardak : C’est plutôt bien résumé. Moi, je travaille en Afghanistan à la réparation de voies d’eau. Au départ, mon travail concernait la recherche et les archives de ces hommes qui passent leurs vies à réparer les voies d’eaux qui ont été détruites par les bombardements. Avec cette création, la question des points de vue s’est imposée à moi car je veux confronter trois contextes spatiaux : les ciels, les sols et les sous-sols. Les ciels, car c’est l’endroit depuis lequel les Afghans ont beaucoup été observés et décrits, aussi bien médiatiquement que par la vision des drones. On a toujours regardé l’Afghanistan de haut. À travers les drones, ils étaient représentés comme des taches thermiques. Ils n’avaient pas de forme humaine et les pilotes de drones eux-mêmes les décrivent comme tels. En ce qui concerne les sous-sols, ce sont des endroits de résistance : c’est là où l’on répare des galeries d’eau souterraines creusées il y a 3 000 ans. Quant aux sols, ce sont les interfaces entre ces deux espaces : là où l’on voit les stigmates de la guerre, toujours présents sur la peau des corps ou la roche des paysages. Et d’autres enjeux viennent mettre en tension ces trois contextes spatiaux : ceux d’extractivisme. C’est-à-dire l’enjeu des matières premières et du pillage des ressources, puis les corps contraints à l’exil, ceux qui n’ont pas eu d’autre choix que de partir car il y avait la guerre. Et enfin, on parle des identités culturelles car, dès lors que corps sont contraints à l’exil, on assiste à une perte de la langue, des systèmes de pensée, des croyances et des rituels.

    Vous-même êtes le fruit de cette diaspora afghane en France. Avez-vous connu cette perte d’identité ?

    F.W. : Je suis de la première génération car je suis arrivé à 4 ans. Si j’ai grandi ici, ma relation avec l’Afghanistan était entretenue dans ma culture. Et encore plus depuis une quinzaine d’années car j’y fais des allers-retours et que j’ai appris à recomposer des choses afghanes pour moi-même. J’appartiens à la diaspora tout en étant aussi là-bas. Je me suis construit à travers le prisme des identités afghanes mais j’ai aussi un point de vue occidental. Deux aspects qui entrent en tension et cohabitent en même temps.

    Le Festival de Marseille attache « Ce que le ciel ne sait pas » à une « scénographie monumentale »…

    F.W. : Je parlerais plutôt d’une installation avec une œuvre monumentale activée par une création chorégraphique. Elle représente une foreuse, une vis sans fin : comme si, à mesure qu’on perçait dans du bois, de la poudre s’en extrait. Là, on perce le sol et on en extrait la matière. Le public fait face à un grand escalier en colimaçon qui tourne dans un sol incliné. Cette inclinaison permet de raconter le déséquilibre d’une société par des agents extérieurs qui viennent opérer dessus. La vis sans fin raconte elle l’extractivisme des matières premières, des corps et des identités culturelles.

    Vous évoquez « un déséquilibre » du pays par « des agents extérieurs ». Quelles cicatrices les impérialismes, atlantistes comme soviétiques, ont-ils laissées sur l’Afghanistan ?

    F.W. : De nos jours, on a des territoires entiers pollués, des populations entières traumatisées. C’est le plus gros impact. On voit des traumatismes de guerre qui durent sur plusieurs générations, des silences qui en découlent, des tabous dans des familles divisées, des personnes amputées, beaucoup de formes de bipolarité et de malnutrition, aussi… Des terres sont polluées à certains endroits où Trump a aussi fait en 2017 des tests de ce qu’ils appellent « the mother of all bombs », la mère de toutes les bombes : la plus puissante en dehors des bombes nucléaires. Là-bas, des gens ont des maladies de la peau, des malformations. Et tous les aliments qui viennent de la terre sont toxiques, mais les gens n’ont pas d’autres choix que de les manger. Tout cela ne peut pas s’effacer du jour au lendemain.

    Il vous arrive aussi de parler
    de votre création en évoquant
    une «
     résistance par les baguettes de sourcier »…

    F.W. : Je travaille depuis quelques années pour retrouver la trace de ces galeries souterraines. Il y a des sourciers qui, par un travail et un savoir-faire ancestral, mais pas rationalisable, entretiennent des formes de magnétisme avec les eaux sous les sols. Une fois leurs traces retrouvées, j’essaie de refonder le chemin de ces galeries qui ont disparu. On bouche, on répare, on les étayer et essayons de faire revenir l’eau. En Afghanistan, les premiers résistants sont les chercheurs d’eau. Beaucoup d’entre eux sont d’ailleurs pris pour cible par les drones. Car, dès lors qu’on s’en prend au réseau hydraulique, le peuple ne plus survivre. Et quand il n’y a plus une population sur une terre, cette terre n’est plus défendable. C’est une stratégie vieille comme le colonialisme. On s’en prend à l’eau pour faire disparaître les corps et, une fois qu’il n’y a plus de corps, on prend le contrôle des terres.

    Mardi 16, mercredi 17 et jeudi 18 juin
    à la Vieille Charité à 22h. 10 euros. www.festivaldemarseille.com

  • Quinze artisans distingués par le label « Fabriqué à Allauch »

    Quinze artisans distingués par le label « Fabriqué à Allauch »

    Pièces textiles en crochet, coutelleries, santonniers, vignerons… Ce lundi, 15 artisans ont été labellisés « Fabriqué à Allauch ». Parmi eux, Camille Mougel, qui réalise des pièces textiles en crochet, comme des sacs ou des vestes colorées : « Ça valorise toute sorte d’artisan. Surtout dans l’ère de la plateforme Shein, où je me sens noyée. C’est super d’être reconnue par la qualité de son travail. »

    Crée en 2022, ce label traduit la volonté de la Ville de proposer une valorisation de l’artisanat local. « Il constitue un véritable engagement en faveur du patrimoine économique, artisanal et agricole. Il permet de consommer des produits issus d’un savoir-faire local », souligne Sandrine Freire, adjointe au maire, déléguée à l’économie locale et aux services en faveur de nos aînés.

    Pour obtenir ce label, plusieurs conditions sont requises : réalisation sur place, origine locale des matières premières, mais aussi s’inscrire dans une démarche responsable. L’objectif étant de supporter la tendance du « made in France » qui valorise la fabrication en circuit court. « Le zéro kilomètre est devenu important dans cette société. Il faut penser à notre avenir », affirme Daniel Salenc, président de la Chambre de métiers et de l’artisanat des Bouches-du-Rhône.

    Mélanie et Justine Nivaggioli sont éleveuses à la Chèvrerie d’Allauch. Elles veulent perdurer cette tradition familiale. « Avec les produits industriels, on ne sait plus trop ce qu’on mange, ça vient souvent de loin. Ici, on a une agriculture raisonnée. Tout est réalisé sur la commune », expliquent-elles.

    Projet d’association

    Allauch a été la première commune de la Métropole à créer une marque de reconnaissance envers ses artisans, entrepreneurs et créateurs. « Nous sommes à jamais les premiers », sourit Daniel Salenc. Loin de mettre en concurrence ses artisans, le label a pour but avant tout de regrouper et de favoriser la cohésion. Un projet d’association des artisans labellisés va être mis en place à partir du 1er juillet. L’objectif : valoriser le savoir-faire, soutenir l’économie locale et fédérer les artisans autour de projets communs.

    Raphaël Ambrosino, maître artisan à la Coutellerie d’Alau, est reconnaissant de vivre dans une commune qui met en valeur ses artisans : « On vit dans un monde où avec un simple clic, on peut se faire livrer ce qu’on veut. Plus que le label, ma vraie récompense, c’est quand un client revient et qu’il a le sourire. »

  • À Marseille, Albert Corrieri saisit la Cour européenne

    À Marseille, Albert Corrieri saisit la Cour européenne

    Débouté par la juridiction administrative qui a considéré qu’une loi de 1951 avait déjà statué sur les « personnes contraintes au travail en pays ennemi », le Marseillais Albert Corrieri, 104 ans, un des derniers survivants des 800 000 déportés du Service du travail obligatoire (STO) instauré par le régime collaborationniste de Vichy, a saisi, vendredi, la Cour européenne des Droits de l’homme pour être indemnisé.

    « Ce combat est pour la mémoire, l’Histoire et l’honneur. Le STO a été le plus grand déplacement de travailleurs forcés de la Seconde Guerre mondiale. Il est temps que l’Europe des droits de l’homme l’admette et en tire les conséquences », déclare son avocat, Me Serge Pautot, qui a posté vendredi la saisine officielle dans laquelle il demande à l’État français 43 200 euros au titre des heures de travail forcé accompli par Albert Corrieri, au camp 6, baraque 2 023 à Ludwigshafen, en Allemagne, du 13 mars 1943 jusqu’au 15 avril 1945, jour de sa libération.

    L’avocat se fonde sur l’article 3 de la Convention européenne des Droits de l’homme qui énonce que « nul ne peut être soumis à des peines ou traitements inhumains ou dégradants » et sur l’article 4 qui pose que « nul ne peut être tenu en esclavage ni en servitude, nul ne peut être astreint à accomplir un travail forcé ou obligatoire ».

    « J’attends ce moment depuis des décennies. En vérité, j’ai été réduit à l’état d’esclave contraint d’effectuer les travaux les plus pénibles sous la menace des armes », a dit ce lundi Albert Corrieri, un centenaire qui frappe par la ténacité et la résilience qu’il a chevillées au corps. « Par miracle, j’ai survécu à ce traitement inhumain qui constitue un crime contre l’humanité, puisque je l’ai subi en groupe et parce que c’est l’État français qui l’a provoqué et qu’il n’est pas prescrit. »

    « Que la Cour européenne valide sa dignité »

    « Albert mène ce combat pour l’Histoire et la mémoire. Albert n’attend pas seulement une réparation financière, il attend que la Cour européenne valide sa dignité avant qu’il ne soit trop tard, soulignait lundi son avocat. L’État français aurait dû créer un Fonds d’indemnisation pour les rescapés comme Albert qui se comptent sur les doigts d’une main ! La Cour est donc notre ultime espoir. »

    Albert Corrieri avait 21 ans, quand il a été raflé le 13 mars 1943. De garçon de cuisine au restaurant La Daurade, rue Fortia, il se retrouve dans le complexe chimique d’IG Farben. « J’ai vu de mes yeux des gars brûler vivants, touchés par des crayons au phosphore. Ce sont des images qui m’ont hanté », avait relaté cet invisible, dont La Marseillaise a été le premier média à relater sa vie et son combat (La Marseillaise, 3 août 2019, « Travail forcé : à 97 ans, Albert ne lâche pas l’affaire »). 95 de ses camarades seront tués dans le long bombardement du 6 septembre 1943. « J’ai un ange gardien qui m’a sauvé plusieurs fois », dit celui qui rappelle que 60 000 des 800 000 travailleurs forcés du STO sont morts en Allemagne. Ni le président de la République, ni le Chancelier fédéral d’Allemagne, n’ont répondu à ses requêtes.